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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 14:06

Un article de RT

Lien:

https://francais.rt.com/international/30271-bbc-est-sous-coup-enquete-thailandaise-pour-insulte-monarchie

 

Jugé insultant pour la monarchie thaïlandaise, le portrait du roi Rama X mis en ligne par la BBC a été censuré par le gouvernement. Le crime de lèse-majesté est sévèrement puni par la loi thaïlandaise.

Le général Prawit Wongsuwan, Premier ministre (et ministre de la Défense) thaïlandais, a annoncé que les autorités thaïlandaises allaient ouvrir une enquête sur un article biographique sur le roi Rama X, publié par la chaîne britannique BBC dans son service en langue thaï. Les locaux de la BBC ont été perquisitionnés le 6 décembre par les forces de l'ordre. La chaîne britannique a pour l'instant refusé de commenter l'affaire.

La biographie du roi est inaccessible sur internet depuis le 6 décembre et «bloquée pour contenu inapproprié» par le gouvernement thaïlandais. Insulter la monarchie en Thaïlande est un grave délit passible de peine pouvant aller jusqu'à quinze ans de prison.

L'article mis en ligne le 2 décembre sur le site de la BBC avait déclenché la colère sur les réseaux sociaux d'habitants du pays le jugeant insultant. La biographie mentionnait entre autres que le nouveau roi disposait d'un prestige moindre par rapport au précédent monarque, Rama IX, mort le 13 octobre 2016 après 70 ans de règne.

La junte militaire au pouvoir depuis 2014 en Thaïlande, se présente comme protectrice de la monarchie et prend ce rôle très au sérieux. L'année dernière, des tribunaux militaires ont condamnés deux personnes à 30 ans et 28 ans de prison pour avoir insulté la monarchie sur Facebook.

L'article de la BBC sur le nouveau roi est bloqué en Thaïlande

L'article de la BBC sur le nouveau roi est bloqué en Thaïlande

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 10:17

Le 8 décembre 2015, Thanakorn Siripaiboon a été arrêté par des militaires et des policiers. Il a été accusé de violer la loi de lèse-majesté en publiant un commentaire "sarcastique" sur Facebook qui se moquait de Thong Daeng, le chien favori de l'ancien roi.
Un tribunal provincial avait conclu que le tribunal militaire de Bangkok était compétent pour juger l'affaire.
Le 29 novembre 2016, la Cour militaire de Bangkok a tenu une audience de déposition sur l'affaire, en lisant "une déclaration de la Cour provinciale de Samut Prakan, qui a conclu que la compétence pour juger Thanakorn appartient au tribunal militaire selon l'annonce n°37/2014 du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO, le nom que se donne la junte militaire)."
Cela signifie que se moquer du chien de compagnie du roi mort est considéré comme un crime impliquant la sécurité nationale.
Thanakorn fait aussi face à des accusations en vertu de la Loi sur les crimes informatiques pour le commentaire présumé de lése-majesté et pour une autre accusation de sédition non liée, le post d'une infographie sur le scandale de corruption de Rajabhakti Park sur Facebook.
Thanakorn est actuellement en liberté sous caution. Il est entré dans les ordres et est devenu un moine bouddhiste.
Source:
https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2016/12/01/more-on-dog-lese-majeste/

 

Un dessin du journal satirique français Charlie Hebdo sur cette affaire

Un dessin du journal satirique français Charlie Hebdo sur cette affaire

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 10:19

Le dirigeant révolutionnaire cubain Fidel Castro est décédé le 25 novembre 2016 suivant de peu le roi Rama IX de Thaïlande mort le 13 octobre 2016

Période de deuil:

Le roi de la Thaïlande meurt. 365 jours de deuil en Thaïlande.

Fidel Castro meurt. 9 jours de deuil à Cuba.

Le journal thaïlandais en ligne "Khaosod" écrit à propos du décès de Fidel Castro:

"Le président Raul Castro a annoncé que Cuba avait interdit de nommer des rues et des au nom de son frère Fidel, et interdit la construction de statues de l'ancien dirigeant et icône révolutionnaire en conformité avec le désir de ce dernier d'éviter un culte de la personnalité."

Sources:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2016/12/05/anti-cult-of-personality/

et

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2016/11/27/mourning/

Fidel Castro

Fidel Castro

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 09:34

Aung San Suu Kyi accuse la communauté internationale d'encourager des troubles au Myanmar en soutenant les Rohingyas

La dirigeante birmane affirme que les gens de l'extérieur "ne font que se concentrer sur les côtés négatifs" sur ce que la Malaisie et la communauté internationale appellent "un nettoyage ethnique de la minorité musulmane rohingya".

Photo: Une femme musulmane porte un masque d'Aung San Suu Kyi lors d'un rassemblement contre la persécution des Rohingyas

Un article du journal britannique "The Guardian"

Lien de la version originale en anglais:

https://www.theguardian.com/world/2016/dec/03/aung-san-suu-kyi-accuses-international-community-of-stoking-unrest-in-myanmar

Une femme musulmane porte un masque d’Aung San Suu Kyi lors d’une manifestation de soutien aux Rohingyas

Une femme musulmane porte un masque d’Aung San Suu Kyi lors d’une manifestation de soutien aux Rohingyas

La dirigeante du Myanmar, Aung San Suu Kyi, a accusé vendredi la communauté internationale d'encourager le ressentiment entre les bouddhistes et les musulmans dans le nord-ouest du pays, où une répression armée a tué au moins 86 personnes et causé la fuite de 10,000 personnes au Bangladesh.

Aung San Suu Kyi a appelé à la compréhension de la complexité ethnique de son pays et a déclaré que le monde ne devait pas oublier que l'opération militaire a été lancée en réponse aux attaques contre les forces de sécurité imputées par le gouvernement aux insurgés musulmans.

"J'aimerais beaucoup que la communauté internationale nous aide à maintenir la paix et la stabilité, et à faire des progrès dans la construction de meilleures relations entre les deux communautés, au lieu de toujours critiquer et pousser à plus de haine et de ressentiment", a déclaré Aung San Suu Kyi à la chaîne de télévision singapourienne Channel News Asia lors d'une visite à la ville-état.

"Cela ne sert à rien si tout le monde se concentre sur le côté négatif de la situation en ignorant le fait qu'il y ait eu des attaques contre les postes de police" [a continué la dirigeante de Birmanie].

La violence dans le nord-ouest pose le plus grand défi au gouvernement d'Aung San Suu Kyi depuis sa prise de fonction il y a 8 mois et a renouvelé la critique internationale comme quoi le Prix Nobel de la Paix a fait trop peu pour aider la minorité rohingya musulmane du pays.

Ses déclarations viennent alors que la Malaisie a déclaré que le traitement des Rohingya par la Birmanie équivalait à un "nettoyage ethnique".

"Le fait qu'une seule ethnie particulière soit chassée de ses terres est par définition un nettoyage ethnique", a déclaré le ministère malaisien des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Cette pratique doit cesser et doit être immédiatement stoppée afin de ramener la sécurité et la stabilité dans la région d'Asie du Sud-Est".

La Malaisie, un pays à majorité musulmane, a de plus en plus critiqué la façon dont la Birmanie organise la violence dans l'État Rakhine.

Des soldats sont intervenus en masse dans le nord de l'État Rakhine, près de la frontière avec le Bangladesh, après les attaques du 9 octobre dernier sur les postes frontaliers qui ont tué neuf policiers. L'aide humanitaire a été stoppée et la zone a été fermée aux observateurs de l'étranger.

Les militaires et le gouvernement du Myanmar ont rejeté les allégations de résidents et de groupes de défense des droits de l'homme selon lesquels des soldats ont violé des femmes Rohingya, brûlé des maisons et tué des civils pendant l'opération.

Les propos d'Aung San Suu Kyi interviennent alors qu'une commission dirigée par l'ancien chef des Nations Unies, Kofi Annan, est arrivée dans l'État Rakhine, où les bouddhistes d'ethnie Rakhine et les Rohingya vivent séparément depuis les affrontements de 2012 où plus de 100 personnes ont été tuées.

Bien qu'ils aient souvent vécu au Myanmar depuis des générations, la plupart des 1,1 million de rohingyas du pays se voient refuser la citoyenneté, la liberté de circulation et l'accès aux services de base tels que la santé et l'éducation.

L'agence des droits de l'homme de l'ONU a déclaré cette semaine que les abus subis par les Rohingya peuvent constituer un crime contre l'humanité, réaffirmant une déclaration faite dans un rapport en juin dernier.

Les Rohingya ne font pas partie des 135 groupes ethniques reconnus par la loi en Birmanie, où de nombreux bouddhistes majoritaires se réfèrent à eux comme étant des "Bengalis" pour indiquer qu'ils les considèrent comme des immigrants illégaux originaires du Bangladesh.

Dans le nord de l'Etat Rakhine, l'une des régions les plus pauvres du pays, les musulmans dépassent la population ethnique bouddhiste rakhine.

"Dans le Rakhine, ce ne sont pas seulement les musulmans qui sont nerveux et inquiets", a déclaré Suu Kyi. "Les Rakhines sont inquiets aussi. Ils s'inquiètent du fait qu'ils diminuent en pourcentage en tant que population rakhine."

Des responsables de l'ONU ont déclaré cette semaine que plus de 10 000 personnes ont fui les récents combats au Bangladesh.

Des personnes continuent à fuir à travers la rivière frontalière dans de petites barques, apportant des témoignages de villages rasés, de communautés déracinées et de familles séparées.

Pourtant, Aung San Suu Kyi a déclaré que le gouvernement "a réussi à maintenir la situation sous contrôle et à la calmer".

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 11:26

Un article de "The Conversation"

Lien de la version originale en anglais:

http://theconversation.com/thailands-future-under-king-rama-x-lessons-from-three-asian-countries-67985

 

Le prince héritier de Thaïlande est devenu le roi Maha Vajiralongkorn Bodindradebayavarangkun ou Rama X, le dixième monarque de la dynastie Chakri, succédant à son père décédé le 13 octobre. Mais beaucoup d'incertitudes demeurent sur l'avenir de la Thaïlande - et sur celui de la monarchie - aussi bien dans le pays que parmi les observateurs internationaux.

Beaucoup d'attentions ont été portés sur la personnalité de l'impopulaire prince héritier. Alors que les médias internationaux ont noté sa vie personnelle erratique, de plus grandes préoccupations viennent de sa réputation d'être une personne impitoyable, ce qui pourrait nuire au respect écrasant pour la monarchie en Thaïlande.

Malgré l'apparence superficielle d'une monarchie constitutionnelle moderne (soigneusement élaborée par la propagande du palais), la monarchie thaïlandaise est en réalité profondément conservatrice. Peut-elle se moderniser après la mort du roi Bhumibol Adulyadej et survivre à un monde en mutation?

Les royalistes thaïlandais aiment prétendre qu'aucun autre pays ne peut être comparé à la Thaïlande. Mais il y a au moins trois cas comparables dans l'histoire récente de l'Asie qui peuvent faire la lumière sur l'avenir politique possible de la Thaïlande.

Le roi Maha Vajiralongkorn Bodindradebayavarangkun et sa nouvelle épouse

Le roi Maha Vajiralongkorn Bodindradebayavarangkun et sa nouvelle épouse

La Chine de Mao Zedong

Le premier de ces cas est la Chine, après la mort de Mao Zedong en 1976. La dernière décennie du mandat de Mao en Chine - comme les dix dernières années du règne du roi Bhumibol en Thaïlande - a été une période de grande agitation politique.

Bien que idéologiquement les deux dirigeants se situent dans des extrémités opposées du spectre politique, ils ont tous les deux joués un rôle crucial dans l'établissement des régimes qui sont venus à dominer leur pays: le Parti communiste de Chine et le bloc du pouvoir militaire-bureaucratie-monarchie en Thaïlande.

Les deux figures ont fait l'objet de cultes de personnalité totalitaire répandus par les médias et le système éducatif. Tous deux étaient politiquement intouchables.

Dans les deux pays, la conformité aux idées idiosyncratiques du souverain a remplacé le débat politique rationnel. Dans les deux cas, les groupes idéologiquement extrêmes ont profité du vide de puissance créé par le vieillissement et l'affaiblissement du dirigeant pour saisir le pouvoir, apparemment pour protéger son héritage: la "Bande des Quatre" et les Gardes Rouges en Chine et en Thaïlande des mouvements de rue royalistes fanatiques et une clique hyper-royaliste au sein de l'armée.

Pourtant, peu de temps après la mort de Mao en 1976, la Bande des Quatre fut rapidement renversée et Deng Xiaoping a pu manœuvrer sa propre ascension au pouvoir. Alors que Deng consolidait son autorité, les partisans de Mao au sein du PCC ont finalement été mis à l'écart.

Deng a mis un terme à l'agitation de la Révolution culturelle, renforcé les relations avec l'Occident et commencé un processus de réforme de l'économie chinoise et d'ouverture du pays au monde.

Mao Zedong

Mao Zedong

L'Indonésie de Suharto

Nous pouvons trouver une autre comparaison avec le voisin régional de la Thaïlande, l'Indonésie. Les deux pays partagent de nombreuses similitudes. Le roi Bhumibol et l'ancien dictateur militaire général Suharto sont arrivés au pouvoir pendant la politique aiguë polarisée de la guerre froide en Asie du sud-est. Et des dictatures militaires ont été établies dans les deux pays.

Le roi Bhumibol et Suharto étaient de fervents anti-communistes et ont joué un rôle clé dans la suppression du communisme. Les deux dirigeants cultivèrent des relations étroites avec les États-Unis, qui soutenaient leurs régimes financièrement, militairement et diplomatiquement. Et tous les deux ont été cruciaux pour l'adoption de politiques de libéralisation économique et la transformation capitaliste de leurs pays.

Suharto, qui agissait de plus en plus comme un sultan javanais, se nommait le "père du développement", tandis que le roi Bhumibol était loué dans la propagande d'État de style nord-coréen comme le "roi du développement".

Lorsque Bhumibol est arrivé au trône en 1946, les finances de la famille royale thaïlandaise étaient en difficulté. Aujourd'hui, la monarchie thaïlandaise est la plus riche du monde, surpassant les monarques arabes de pétrole et la Reine Elizabeth II du Royaume-Uni.

Mais après la démission de Suharto en mai 1998, au milieu de la catastrophe économique de la crise financière asiatique, la dictature militaire du Nouvel Ordre s'effondra. L'Indonésie a connu un processus de réforme politique rapide et de grande envergure qui a transformé le pays. Suite à tous ses problèmes, l'Indonésie est aujourd'hui peut-être la nation la plus démocratique de l'Asie du Sud-Est.

Mais le président d'un parti communiste et le président d'une nation nouvellement formée sont des dirigeants politiques modernes. Alors qu'au contraire le roi de Thaïlande est conçu d'une part comme le descendant d'une ancienne caste de rois-guerriers, et de l'autre comme un futur Bouddha. L'héritage militaire et religieux de l'institution thaïlandaise de la monarchie remonte au XIIIème siècle.

Tandis que Mao et Suharto sont partis, le Parti communiste chinois et la présidence indonésienne restent. Pourtant, il n'est pas certain que la monarchie thaïlandaise puisse survivre de la même manière au passage du roi Bhumibol.

Suharto

Suharto

Le Shah d'Iran

La troisième comparaison est l'Iran après le Shah. À première vue, la Thaïlande bouddhiste pourrait ne pas sembler supporter la comparaison avec l'Iran islamique, mais il existe, en fait, des similitudes étonnantes.

Les deux pays possédaient de vieilles monarchies qui, contrairement à beaucoup en Asie, ont survécu indemne à l'ère coloniale. Les royaumes qu'ils gouvernaient, bien que formellement indépendants, étaient dominés par les puissances impériales européennes - en particulier l'Empire britannique. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les monarchies de ces deux pays étaient faibles, les démocraties parlementaires évoluaient et les forces politiques de la gauche prenaient de plus en plus d'importance.

La Guerre froide a tout changé. Avec l'aide des États-Unis, les forces réactionnaires de ces deux pays ont écrasé les nouveaux régimes démocratiques - un fait célèbre dans le cas de l'Iran qui, grâce à l'aide d'un coup d'Etat parrainé par la CIA et le Mi6 britannique, a renversé le Premier ministre démocratiquement élu Mohammed Mossadegh et rétabli l'autocratique Shah.

L'Iran et la Thaïlande sont devenus les principaux alliés des États-Unis dans la lutte contre le communisme, respectivement au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. Les États-Unis ont renforcé l'autorité de ces monarchies en tant que symboles de la stabilité conservatrice.

Dans les deux pays, des réseaux de surveillance et de répression ont été mis en place pour éliminer les menaces pesant sur le régime.

Avec les forces démocratiques et gauchistes assassinées, emprisonnées ou devant se cacher, et les organisations paysannes, syndicales et partis politiques interdites ou cooptées par l'Etat, les deux monarques ont jeté leur autorité derrière des politiques de développement économique rapide qui ont transformé et polarisé leurs sociétés.

Ici, les similitudes s'arrêtent.

Le Shah Reza Pahlavi a été renversé par une révolution massive en 1978-9 qui a mis fin à la monarchie iranienne de deux millénaires et a établi la République islamique d'Iran.

En dépit de la victoire des forces communistes en Indochine et d'une insurrection communiste thaïlandaise, le roi Bhumibol de Thaïlande et sa monarchie ont survécu jusqu'à maintenant.

Le Shah Reza Pahlavi et le Roi Bhumibol Adulyadej

Le Shah Reza Pahlavi et le Roi Bhumibol Adulyadej

Point de basculement

Dans les trois pays asiatiques, le passage de dirigeants autoritaires - Mao, Suharto et le Shah Reza Pahlavi - a été suivi d'un changement politique et social radical.

La société thaïlandaise a été fortement polarisée pendant une décennie. La longue durée du conflit peut encourager la perception que le pays va juste embrouiller la succession et qu'un compromis politique sera finalement atteint - comme cela avait été le cas lors des périodes précédentes de troubles politiques au cours de la fin du règne du roi.

Mais si les expériences dramatiques des trois pays asiatiques dont nous avons parlé ici après le passage de leurs puissants dirigeants fournissent un exemple quelconque, il serait myope de ne pas considérer qu'une transformation plus profonde que celle d'une simple succession royale pourrait ne pas être aussi tenu en réserve pour le Royaume de Thaïlande.

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 12:38

Un article de Khaosod

Lien:

http://www.khaosodenglish.com/news/business/2016/11/22/govt-approves-10-year-visas-foreigners-50/

 

BANGKOK - Les riches résidents étrangers de plus de 50 ans seront bientôt en mesure de demander un visa de 10 ans, a déclaré mardi un porte-parole du gouvernement.

Destinée à promouvoir la Thaïlande comme un centre de services médicaux, la politique a été approuvée par le cabinet intérimaire mardi, selon le porte-parole Athisit Chainuwat.

Cela remplacerait les visas renouvelables d'un an et s'effectuerait en deux versements de cinq ans chacun, a indiqué Athisit (à ne pas confondre avec l'ancien premier ministre Abhisit). Il n'était pas très clair sur la date ou le plan serait mis en œuvre.

Les demandeurs doivent soit gagner un revenu mensuel d'au moins 100 000 bahts, soit avoir plus de 3 millions de bahts dans un compte bancaire, une somme qui ne pourra être retiré dans la première année suivant la réception du visa. Ils doivent également avoir une assurance maladie qui couvre les séjours à l'hôpital et fournit au moins 10 000 dollars US en couverture annuelle.

Cependant, les détenteurs de visa de 10 ans devront toujours pointer tous les 90 jours au Bureau de l'immigration, a déclaré Athisit.

Les demandeurs du visa doivent être des étrangers résidant dans des provinces comme Chiang Rai, Chiang Mai et Chonburi, a ajouté le porte-parole.

Note de Libérez-Somyot: comme d'habitude en Thaïlande, les pauvres peuvent aller se faire foutre. 

Un riche expatrié et sa jeune épouse thaïlandaise

Un riche expatrié et sa jeune épouse thaïlandaise

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 11:09

Khon Kaen - Natkrita Phicharachot, 50 ans, vendeuse de saucisses arborant une chemise noire avec le slogan "Redémarrons la démocratie", monte les escaliers du 23ème Cour Cercle militaire de la province de Khon Kaen. Elle sourit en faisant le signe de la victoire sur une photo, en dépit de la sombre perspective de son mari faisant face à une possible peine de mort.

Natkrita Phicharachot fait le signe de la victoire devant le tribunal

Natkrita Phicharachot fait le signe de la victoire devant le tribunal

Mme Natkrita est l'une des membres de la famille de 26 Thailandais du Nord-est jugés pour des accusations de terrorisme et de trahison dans une affaire juridique très médiatisée.

Le lendemain du jour ou le Conseil national dirigé par les militaires pour la paix et l'ordre (NCPO) a pris le pouvoir le 22 mai 2014, les forces de sécurité de l'État ont arrêtés plus de 30 militants chemises rouges à Khon Kaen et dans d'autres provinces, saisissant soi-disant des armes, des grenades et des munitions.

Alors au pouvoir depuis moins d'une journée, le NCPO a prétendu avoir découvert un complot clandestin pour une insurrection violente qui est devenu connu sous le nom de «Modèle de Khon Kaen», et cela a servi au nouveau régime dictatorial de justification pour le renversement du parti gouvernemental Pheu Thai élu.

Mais certains parents des accusés ont expliqué en 2014 que le «Modèle de Khon Kaen» n’a jamais cherché a provoquer un soulèvement armé, comme l'armée l’affirmait, mais représentait plutôt une expression utilisée par le mouvement chemise rouge afin de décrire une vaste campagne pour la justice sociale et l'égalité .

Pendant trois mois, les suspects ont été placés en détention militaire avant d'être transféré à la prison centrale de Khon Kaen, et formellement accusés de neuf chefs d’inculpation, notamment de terrorisme, trahison et de possession d'arme. La plupart des suspects ont été libérés sous caution a la fin de 2014, mais trois d’entre eux sont toujours en détention pour des accusations de lèse-majesté.

En décembre 2015, la police a accusé un des détenus de la planification d'une attaque terroriste contre l’événement “Bike For Dad” à Bangkok, alors qu’il était emprisonné depuis 2014. Le premier ministre, le général Prayuth Chan-ocha, a prétendu que le mouvement des Chemises rouges était derrière le complot.

Un tribunal militaire gère le modèle cas Khon Kaen que le gouvernement militaire en 2014 a étendu la compétence des tribunaux militaires pour inclure les infractions contre la sécurité nationale, la violation des ordres du gouvernement, la possession et l'utilisation d'armes, et de lèse-majesté.

Le tribunal militaire de Khon Kaen

Le tribunal militaire de Khon Kaen

Environ 1.800 civils ont été jugés par des tribunaux militaires depuis 2014, selon la Commission internationale de juristes (CIJ), une organisation non gouvernementale internationale des droits humains. Les tribunaux militaires ont tendance à avoir des taux de condamnation plus élevés et il est souvent plus difficile de faire appel.

Le mari de Mme Natkrita est l'une des sept personnes accusées d'avoir fomenté une insurrection, une accusation qui peut déboucher sur une condamnation à la peine de mort.

Source:

http://isaanrecord.com/2016/10/28/trial-over-alleged-terrorist-plot-begins-in-a-khon-kaen-military-court/

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 15:01

Les autorités cambodgiennes étudient une demande du gouvernement militaire de Thaïlande d'extrader trois citoyens thaïlandais pour le crime d'insulte à la monarchie, a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Chum Sounry a confirmé que le gouvernement avait reçu une demande d'extradition "pour insulte à la monarchie thaïlandaise" de trois ressortissants thaïlandais réfugiés au Cambodge.

"En ce moment, les autorités compétentes étudient cette demande, ce n'est donc pas le bon moment pour émettre des informations détaillées", a déclaré Sounry, restant discret sur les détails des infractions présumées de ces trois personnes.

Lorsqu'on lui a demandé si le Cambodge faciliterait l'extradition, Sounry a refusé de donner une réponse définitive, mais a rappelé le traité d'extradition signé par la Thaïlande et le Cambodge en 2001. "Les deux pays ont un traité d'extradition, et les autorités cambodgiennes envisagent la demande," a-t-il dit.

Cependant, le traité énonce qu'une infraction, pour donner lieu à une extradition, doit être condamnable d'une peine d'emprisonnement en vertu des lois des deux pays. Insulter un roi n’est pas une infraction pénale en vertu du Code pénal du Cambodge, confirme l'expert juridique Sok Sam Oeun.

"Insulter le roi n'est pas un crime au Cambodge," a-t-il dit.

Sam Oeun a ajouté que cette exigence d'extradition avait également été inscrite dans le Code de procédure pénale du Cambodge. "Nous ne pouvons pas extrader une personne si ce pourquoi elle est accusé n'est pas un crime au Cambodge. Nous ne pouvons donc pas envoyer ces gens en Thaïlande."

Le Bangkok Post a rapporté que la Thaïlande avait également demandé la coopération des États-Unis, de la France, de l'Australie, du Japon et de la Nouvelle-Zélande pour l'extradition de Thaïlandais réfugiés et accusés de lèse-majesté.

Selon le Bangkok Post, le ministre de la Justice thaïlandais Paiboon Koomchaya a prétendu qu'il aurait reçu une "réponse positive" des ambassadeurs qu'il avait approchés, mais qu'il y avait encore "un problème en ce qui concerne le droit international".

Insulter ou diffamer la monarchie peut inclure les observations faites sur les médias sociaux à propos de la famille royale - comme par exemple un cas déconcertant d'un homme qui avait fait un commentaire "sarcastique" sur le chien de feu le roi - et peut être condamné par une peine de prison de 15 ans.

Les universitaires et les observateurs internationaux ont condamné cette loi qui est souvent utilisée par la junte militaire afin de renforcer sa légitimité.

Source:

http://m.phnompenhpost.com/national/cambodia-mulls-thai-juntas-request-three-extraditions

La Thaïlandaise républicaine Suda Rangkupan s’est d’abord réfugiée au Cambodge avant de rejoindre les USA après le coup d’Etat de 2014

La Thaïlandaise républicaine Suda Rangkupan s’est d’abord réfugiée au Cambodge avant de rejoindre les USA après le coup d’Etat de 2014

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 14:46

Des groupes d’ultra-royalistes harcèlent tous ceux qui ne montrent pas assez leur chagrin après la mort du Roi.

Winny Thanawin s’est fait violemment insulter par des inconnus sur sa page Facebook. Son crime? Avoir osé porter un T-shirt rouge pour aller dîner en bas de chez lui, au lieu du noir de rigueur en ces temps de deuil national, après la mort du souverain Bhumibol Adulyadej jeudi dernier.

«À quoi pensais-tu ce matin, quand tu es sorti de chez toi avec ce T-shirt de couleur vive? Quelle insensibilité!» l’a interpellé Teeaun Chongcharoenchaikul, un homme qui s’est donné pour mission de photographier et d’exposer sur les réseaux sociaux tous ceux qui osent déroger à la règle du noir.

Winny a expliqué avoir suivi les cérémonies funéraires au Palais puis être rentré chez lui pour se changer et avoir enfilé le premier T-shirt disponible pour aller dîner rapidement. Il s’est depuis excusé de sa «mauvaise action» et a supprimé son compte Facebook.

Les témoignages similaires se multiplient ces derniers jours. Des Thaïlandais se font siffler, conspuer, parfois frapper pour avoir osé porter autre chose que du noir. Une vidéo partagée plus de 20 000 fois mais rapidement retirée montre une dame âgée en robe bleu ciel violemment prise à partie dans un bus, parce qu’elle aurait répondu “quelque chose d’insultant pour le Roi” à une femme qui lui demandait pourquoi elle ne portait pas de noir. Un officier de police vient la chercher et une femme la frappe violemment au visage. «Je te suis depuis Yaowarat (un autre quartier de la ville) lui hurle-t-elle, tu vas aller en prison.»

Les magasins de vêtements ne vendent que du noir, provoquant une pénurie chez les grossistes et une explosion des prix. Un T-shirt noir tout simple, qui coûtait auparavant environ 150 baths (3 à 4 euros), en coûte désormais 500 (12 euros), ce qui rend impossible pour les plus pauvres de satisfaire au code vestimentaire. Le gouvernement a promis d’agir et le ministre du commerce intérieur a invité le public à «signaler tout commerçant qui vend des t-shirts noirs à prix exagérés».

Les journaux, les sites internets, Google y compris, sont passés en noir et blanc, les ventes d’espace publicitaires sont suspendues, toute la place disponible est consacrée à des hommages funéraires.

Dans un tel contexte, le moindre mot qui peut être interprété comme défavorable à la monarchie met le feu aux poudres.

Plusieurs fois ces derniers jours, on est passé près du lynchage public. Comme dans le sud à Phuket, où le fils de propriétaire d’un magasin de soja avait osé poster la phrase «tout le monde doit mourir un jour». 1 000 personnes se sont rassemblées de nuit devant le magasin en hurlant des insultes et en menaçant de tout détruire. Des incidents similaires ont été signalés dans les villes de Phangna, Chonburi… Dans l’île de Samui, une femme a été sauvée in extremis du lynchage par la police et forcée à se prosterner devant un portrait du roi.

Elle aurait posté des commentaires désobligeants à l’égard du futur nouveau Roi.

On ne sait pas exactement quels ont été ses mots exacts, puisque la loi de lèse-majesté est tellement sévère en Thaïlande qu’elle empêche aux éditeurs et journalistes de reproduire le commentaire incriminé, sous peine d’encourir à leur tour 15 ans de prison.

Source:

http://www.ouest-france.fr/monde/thailande/en-thailande-des-milices-du-deuil-traquent-les-tshirts-de-couleur-4569604

Vêtements noirs obligatoires pour les Bangkokiens

Vêtements noirs obligatoires pour les Bangkokiens

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 12:51

Une étudiante thaïlandaise, Aum Neko, réfugiée en France a été menacée de mort par les royalistes après la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux.

Un article de Lina Sankari

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http://www.humanite.fr/thailande-le-roi-est-mort-les-opposants-peut-etre-618574

 

La junte avait promis de poursuivre ses opposants hors des frontières de la Thaïlande. Ces menaces semblent redoubler en intensité depuis la mort du roi Bhumibol Adulyadej, il y a une semaine. Après la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux, Aum Neko, une étudiante thaïlandaise réfugiée en France, a été menacée de mort par les royalistes. Dans son message, elle exprimait son rejet de la monarchie et sa volonté de voir une République instaurée dans son pays. «Ma vidéo était un peu ironique puisque je sous-entendais que les royalistes eux-mêmes n’aiment pas le prochain roi», avoue Aum Neko. Et d’appuyer là où ça fait mal. La junte est en effet plongée dans un profond dilemme. Accrochée à la monarchie afin de conserver une influence sur les affaires politiques, l’armée s’inquiète de l’aptitude réelle du prince Maha Vajiralongkorn à assurer les intérêts de la couronne et des élites. En plus d’avoir demandé un délai avant de succéder à son père, le prince héritier, déjà impopulaire, est considéré comme un proche de l’ancien premier ministre destitué en 2006, Thaksin Shinawatra. Illustration de ce contexte tendu, la Thaïlande a vécu un moment de flottement, lundi, lorsqu’elle a appris qu’un militaire de 96 ans, Prem Tinsulanonda, assurerait finalement la régence pendant un an. Le temps que la junte prenne ses dispositions et façonne une constitution. Aum Neko, déjà poursuivie en Thaïlande pour crime de lèse-majesté et qui, à ce titre, avait obtenu l’asile en France, est désormais obligée de se cacher hors du territoire. En Thaïlande, ses parents font également l’objet de menaces et l’Université où elle étudie a reçu une demande d’exclusion à son encontre. Protégé par la junte, ces brigades royalistes «disent ne pas craindre la loi française», explique Aum Neko qui conclut: «ils sont même prêts à aller en prison pour avoir réduit les démocrates au silence».

Aum Neko

Aum Neko

Published by liberez-somyot
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