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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 13:09

"Je suis triste, non pas parce que je suis victime d'intimidation et que je souffre d'un sort injuste, mais parce que je suis désolé pour les agriculteurs et tous les Thaïlandais qui ont perdu leur chance et ont été forcés de vivre à nouveau dans le cycle sans fin de la pauvreté, de la dette, et de l'exploitation. Ils ont également perdu les droits de base de la démocratie, et les lois sont déformées."

Yingluck Shinawatra

Source:

https://plus.google.com/111214745126227354114/posts/gS5NpZ1RV5B

 

Yingluck Shinawatra

Yingluck Shinawatra

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 06:58
Comment avons-nous pu atteindre ce point en politique thaïlandaise?

Il y a dix ans, les militaires, les classes moyennes, et les différentes sections des élites conservatrices, ont organisés la destruction de la démocratie. Depuis 2006, il y a eu deux coups d'Etat militaires, un certain nombre de coups judiciaires et de massives manifestations anti-démocratiques des royalistes de la classe moyenne, soutenus par le Parti Démocrate. Plus d'une centaine de militants pro-démocratie ont été abattus de sang-froid par les militaires et les prisons thaïlandaises détiennent désormais plus de prisonniers politiques que lors des précédentes décennies. Le pays est maintenant dirigé par un régime militaire arrogant mais pas très lumineux. Comment et pourquoi est-ce arrivé?

La crise économique asiatique de 1997 a été l'étincelle qui a exposé les failles existantes dans la société thaïlandaise, et les actions des politiciens en réponse à cela, a finalement conduit à un contrecoup contre la démocratie par les conservateurs.

La principale raison de la crise actuelle politique thaïlandaise remonte à cette crise économique de 1997 et à la tentative de Taksin Shinawat pour moderniser la société thaïlandaise et réduire les inégalités tout en comptant sur le soutien de masse pour ses programmes politiques aux élections. Ces politiques ont également été conçues pour profiter aux grandes entreprises, augmenter les profits et la compétitivité. Taksin a appelé cela une stratégie "à deux voies", en utilisant un mélange de néo-libéralisme et de "keynésianisme local". Parmi cette série de politiques il y a le premier système de soins de santé universel.

Parce que le Parti Démocrate, et d'autres élites, avait ignoré le sort des pauvres pendant la crise, alors qu'ils dépensaient les finances de l'Etat dans la sécurisation des économies pour les riches et les classes moyennes dans les banques en faillite, Taksin a pu dire que son gouvernement serait bénéfique tout le monde, pas seulement aux riches. Le Parti Thai Rak Thai de Taksin a remporté les premières élections post-1997. Ce gouvernement était unique en étant à la fois populaire et dynamique, avec des politiques réelles, qui ont servi à gagner les élections et ont ensuite été mises en œuvre par la suite. Cependant, son gouvernement n'était pas unique par le fait qu'il a commis des violations flagrantes des droits de l'homme. Alors qu'auparavant les vieux partis achetaient des votes sans proposer de programmes, les politiques réelles de Taksin ont réduits l'achat de voix et sa base électorale écrasante est venue défier l'ancienne façon de faire de la politique, en fâchant éventuellement ceux qui ne pouvaient pas gagner les cœurs et les esprits du peuple.

La crise économique de 1997 a exposé la réalité matérielle de la société thaïlandaise qui s'était développée rapidement au cours de plusieurs décennies, mais qui était en conflit avec une "superstructure" conservatrice inchangée. Ceci est la dynamique du conflit qui a été exploitée par Taksin.

Ce serait une erreur de voir la crise actuelle comme un simple différend entre deux factions de l'élite. Il a une autre dimension importante qui ne peut être ignorée. Nous avons besoin de comprendre le rôle des chemises rouges qui avaient une relation "dialectique" avec leur idole Taksin. Il existait une sorte de "guerre parallèle" où des milliers de chemises rouges ordinaires luttaient pour la démocratie, la dignité et la justice sociale, alors que Taksin et ses alliés politiques menaient une campagne très différente afin de retrouver l'influence politique qu'ils avaient joui avant le coup d'Etat de 2006.

Malgré le fait que beaucoup de gens croient que le centre du pouvoir entre les mains des élites conservatrices est la monarchie, le véritable centre du pouvoir, qui se cache derrière le trône, est l'armée. Le Roi Pumipon est un monarque faible et sans caractère qui a passé sa vie inutile et privilégié dans une bulle, entouré de flagornerie, et de rampants flagorneurs. Il est, et a toujours été, une marionnette de l'armée et des élites conservatrices. L'hypothèse que les actuels troubles de longue durée en Thaïlande soient principalement causée par une "crise de succession", est une vision élitiste qui suppose que le monarque thaïlandais a le pouvoir réel et qu'il intervient constamment dans la politique. Ce n'est tout simplement pas le cas. Il n'y a pas de monarque absolu provoquant potentiellement, dans ses dernières années, un vide du pouvoir. Toutes les parties ont également convenu que le prince causeur de scandales et méprisable sera le prochain roi. Le fait de placer la princesse, qui n'a pas de partenaire masculin, sur le trône à la place, détruirait immédiatement toute la "tradition réinventée" à propos de la monarchie et saperait sa légitimité mythique. Qui plus est, le prince sera encore plus un outil faible au service de l'armée parce qu'il ne se soucie pas des affaires de l'Etat. La question de la succession royale est donc de peu d'intérêt ici, bien que ce soit à la mode parmi les journalistes et les universitaires de l'utiliser comme une explication standard pour la crise. [Voir http://bit.ly/2cju72D]

La crise n'a pas été causée par un conflit entre la monarchie et Taksin ni par la présence supposée d'un quelconque "État profond" anti-Taksin. Il n'y a pas d'État profond en Thaïlande. Afin de plaider en faveur de l'existence d'un soi-disant "État profond", le pouvoir du Roi doit être exagéré, l'implication des mouvements de masse ignorée, et les fractures de longue durée au sein des élites militaires et conservatrices doivent être négligées. Taksin Shinawat, en tant que membre de la classe dirigeante, a eu une grande influence sur les sections de l'armée et de la justice lors de ses premiers jours en tant que Premier ministre en raison de sa promesse de moderniser la Thaïlande après la crise économique de 1997. Les conservateurs ne se sont retournés contre lui que quand ils ne pouvaient plus rivaliser avec son avantage électoral car ils n'étaient soit pas prêts à se joindre à lui, soit pas prêts à offrir au peuple le genre de politiques qui permettraient d'améliorer sa vie. La Thaïlande ne possède certainement pas de noyau immuable stable de réactionnaires conservateurs intégrés profondément dans l'état. Il existe des liaisons fluides et dynamiques entre les membres de la classe dirigeante et les diverses factions font ou défont leurs alliances de manière opportuniste. Certains membres de la faction de Taksin venaient de la gauche, tandis que d'autres venaient de l'extrême droite conservatrice royaliste et qui avaient auparavant pris part à des attaques contre la démocratie pendant la guerre froide. Samak Sundaravej est un bon exemple de ces derniers. [Voir http://bit.ly/29H0FC9]

Les résultats du référendum sur le projet de constitution de la junte, le 7 Août 2016 ont été décevants et sont un revers pour la démocratie. Mais il ne faut pas oublier que cela n'a jamais été un référendum démocratique et que 10 millions de personnes ont malgré tout voté contre l'acceptation de la constitution.

Ce n'est pas le moment de se retirer et essayer de construire une sorte de consensus politique dans la société civile, comme l'a suggéré l'universitaire en exil Somsak Jeamteerasakul. Une telle suggestion est non seulement une chimère, mais dans la pratique se traduirait par "une moitié de démocratie". Cette idée provient du manque de confiance de Somsak dans la puissance potentielle et la pertinence des mouvements sociaux pro-démocratie.

La voie à suivre est celle de construire un mouvement social de masse contre la junte. La riche expérience des mouvements de masse thaïlandais battant l'armée en 1973 et 1992 et l'énorme potentiel du mouvement des Chemises rouges devrait être revue. Il est temps d'arrêter de jouer à des jeux symboliques organisés par une poignée de héros autoproclamés. Ces vues erronées proviennent d'une analyse erronée comme quoi, à l'époque des médias sociaux, nous ne devrions pas construire des mouvements de masse. Débarrasser la Thaïlande de l'influence de l'armée prendra du temps ainsi qu'une organisation politique déterminée.

Mon papier écrit pour "10 ans de crise politico-sociale en Thaïlande", un séminaire organisé par "Les Thaïs libres pour les droits de l'homme et de démocratie" au bâtiment CCFD-Terre Solidaire, à Paris en France le 19 septembre 2016, peut être consulté ici: http://bit.ly/2bSpoF2 ou http://bit.ly/2cmZkAa

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 13:49

Auteur de la pétition: Michael Taylor

Cible de la pétition: Conseil des droits de l'homme des Nations Unies CDH

Lien pour signer la pétition (en anglais):

http://www.thepetitionsite.com/takeaction/768/038/355/?z00m=25476575&redirectID=1769153005

 

Des femmes rohingyas refugiée

Des femmes rohingyas refugiée

Texte de la pétition:

Les Rohingyas sont apatrides, indésirables et opprimés.

Leur persécution dans leur pays d'origine, l'état de Rakhine au Myanmar, a récemment augmenté - le gouvernement du Myanmar ne reconnaît pas les Rohingyas, mais les rejette comme étant des Bengalis étrangers. Fuir au Bangladesh n'est pas mieux; ils ne sont pas les bienvenus là-bas non plus. N'ayant aucun État pour protéger leur intérêt, ils font des esclaves parfaits car ils sont anonymes.

Leur triste situation à la recherche d'un havre sûr s'accompagne de leur désespoir d'échapper aux trafiquants d'êtres humains qui gagnent beaucoup d'argent en les vendant comme esclaves en Thaïlande. Une fois vendus en Thaïlande, ils finissent dans des centres de détention de l'immigration ou des camps de la jungle où ils sont détenus contre leur volonté. L'indignation ne concerne pas seulement les camps de la jungle où ils sont, torturés, violés et assassinés, les survivants étant vendus à des courtiers qui les revendent ensuite comme esclaves à des bateaux de pêche - mais aussi le fait que ce sont les fonctionnaires du gouvernement qui les récupèrent des trafiquants et les vendent à des camps de jungle dirigées par des voyous et la mafia thaïlandaise, tout cela facilité par les responsables thaïlandais et soutenu par les courtiers qui fournissent du travail migrant pas cher aux propriétaires de bateaux.

Les centres de détention du gouvernement ne fournissent pas de refuge; Les responsables thaïlandais collectent les réfugiés des centres de détention, leur réclament une rançon ou les vendent aux courtiers qui les revendent ensuite aux navires négriers.

Dans un pays qui n'a pas de volonté politique pour arrêter ce commerce, et où une vente peut vous faire gagner 30.000 bahts thaïlandais ou 900 dollars US, il n'y a pas d'amélioration en vue pour les migrants rohingyas en Thaïlande.

La Thaïlande est toujours considérée comme un lieu principal de transit ainsi qu'un pays de destination pour l'esclavage, et près d'un demi-million de personnes sont actuellement asservies à l'intérieur des frontières de la Thaïlande.

Bien que le gouvernement thaïlandais ait promis que "la lutte contre la traite des êtres humains est une priorité nationale", des éléments de preuve montrent que cela est loin d'être la réalité.

Cela concerne chacun d'entre nous; Les crevettes thaïlandaises sont vendues dans les supermarchés de Walmart, Carrefour, Costco et Tesco ainsi qu'Aldi, aux États-Unis et au Royaume-Uni (ainsi qu'en France) entre autres. Si vous achetez des crevettes "made in Thailand", vous achetez le produit du travail des esclaves. L'échelle de cette pratique est hallucinante. 300.000 personnes travaillent dans l'industrie de la pêche thaïlandaise, dont 90% sont des migrants escroqués, victimes de la traite et vendus aux bateaux de pêche.

Le trafic des Rohingyas est encouragé par le manque de volonté du gouvernement thaïlandais de faire quelque chose contre le commerce illicite, ainsi que par sa complicité. Cette complicité doit être reconnue et fermement condamné par la communauté internationale. Ceci est plus qu'une pétition, c'est plus qu'une campagne pour attirer l'attention sur un cas tragique; cela donne une voix à tout un peuple ainsi que la chance d'être entendu - il s'agit de changer le sort de milliers de pères, de mères, de leurs fils et leurs filles, tous des sans-voix mais pas oubliés - c'est une question de droits humains.

Signez cette pétition avec moi, et demandez à la Commission de l'ONU sur les droits humains de condamner cela dans les termes les plus forts possibles. C'est là où notre combat commence, et c'est là où cette pratique méprisable se terminera.

Michael Taylor

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 10:07

Une déclaration d'Human Rights Watch

Lien:

https://www.hrw.org/news/2016/08/29/thailand-break-silence-day-disappeared

 

Le gouvernement thaïlandais n'a pas réussi à respecter sa promesse de faire de la disparition forcée un crime en vertu des lois thaïlandaises, a déclaré Human Rights Watch. Le 30 août était la Journée internationale des Nations Unies pour les victimes de disparitions forcées.

Après des années de plaidoyer de la part des groupes de défense des droits humains, le 24 mai 2016, le gouvernement thaïlandais, a annoncé qu'il présenterait un projet de loi à l'Assemblée nationale qui criminaliserait la torture et les disparitions forcées. Le gouvernement a également indiqué qu'il allait ratifier la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Cependant, le gouvernement n'a fourni aucun calendrier pour la mise en œuvre de ces engagements.

"Une autre année a passé sans que le gouvernement thaïlandais n'aborder le grave problème des disparitions forcées dans le pays", a déclaré Brad Adams, directeur pour l'Asie. "En conséquence les responsables de violence continuent d'échapper à la punition qu'ils méritent parce que les lois thaïlandaises ne criminalisent toujours pas ces pratiques cruelles."

Depuis 1980, le Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires a enregistré 82 cas de disparition forcée en Thaïlande. Dans bon nombre de ces cas, des responsables thaïlandais sont impliqués - y compris lors des disparitions de l'éminent avocat musulman Somchai Neelapaijit en mars 2004, et de l'activiste ethnique Karen Por Cha Lee "Billy" Rakchongcharoen en avril 2014 - mais aucun de ces cas n'a été résolu avec succès. Human Rights Watch ainsi que d'autres groupes des droits humains travaillant en Thaïlande estiment que le nombre réel de tels cas en Thaïlande est beaucoup plus élevé en raison du silence de certaines familles des victimes et des témoins par crainte de représailles, et parce que le gouvernement n'a pas de système de protection des témoins.

Au cours de la 25ème session du Groupe de travail de l'Examen périodique universel du Conseil des droits de l'homme (Human Rights Council’s Universal Periodic Review sigle anglais UPR) en mai 2016, le gouvernement thaïlandais a promis de prendre des mesures pour ratifier la Convention contre les disparitions forcées et d'aligner la législation nationale avec les obligations et recommandations internationales de la Thaïlande faites par les organes conventionnels des Nations Unies.

Tel qu'il est rédigé, le projet de loi encore à introduire serait la première loi thaïlandaise à reconnaître et à criminaliser la torture et les disparitions forcées - y compris pour les crimes commis en dehors de la Thaïlande - sans exception pour des raisons politiques ou de sécurité. Le projet de loi prévoit que les fonctionnaires qui commettent des disparitions forcées ou de la torture risqueraient d'être condamné à des peines allant jusqu'à 20 ans de prison; jusqu'à 30 ans, si la disparition ou la torture forcée conduit à des blessures graves; et l'emprisonnement à vie en cas de mort des disparus. Tous les commandants ou les superviseurs pourraient faire face à la moitié de la peine s'ils ignorent volontairement la connaissance de la disparition forcée ou de la torture commises par leurs subordonnés.

Le concept de "disparitions forcées" est défini par le droit international comme l'arrestation ou la détention d'une personne par des agents de l'Etat, suivi par un refus de reconnaissance de la privation de liberté ou de révéler le sort ou le lieu de détention de la personne en question. Les disparitions forcées violent une série de droits fondamentaux protégés par le droit international, y compris les interdictions contre l'arrestation et la détention arbitraire, la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants ainsi que l'exécution extrajudiciaire. L'Assemblée générale de l'ONU a décrit à plusieurs reprises la disparition forcée comme "une offense à la dignité humaine" et "une violation grave et flagrante" du droit international sur les droits humains.

Human Rights Watch a exhorté à plusieurs reprises les autorités thaïlandaises - y compris dans une lettre adressée au Premier ministre le général Prayut Chan-ocha et datée du 14 janvier 2016 - de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à la pratique de la disparition forcée. L‘utilisation continue par l'armée de lieux de détention secrets pour les dissidents et les suspects dans les affaires de sécurité nationale en vertu de l'article 44 de la Loi sur la loi martiale de 1914 et la constitution provisoire de 2014 est particulièrement préoccupante.

"Les autorités thaïlandaises doivent respecter leurs engagements de mettre fin aux disparitions forcées, qui dévastent les familles ainsi que les victimes", a déclaré Adams. "Les familles des "disparus" de Thaïlande ont besoin de savoir que leur gouvernement fait tout son possible pour traduire en justice les responsables de cette pratique odieuse."

 

La militante Kritsuda Khunasen, détenue secrètement par les militaires en juin 2014, a finalement été libérée grâce à la pression internationale

La militante Kritsuda Khunasen, détenue secrètement par les militaires en juin 2014, a finalement été libérée grâce à la pression internationale

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 11:02
L'opportunisme et les crimes d'Abhisit Vejjajiva

Abhisit Vejjajiva est une visqueuse anguille opportuniste avec une morsure venimeuse.

Au cours du référendum constitutionnel Abhisit a dit qu'il s'opposait au projet de charte. Il a prétendu que ce projet n'allait pas assez loin dans la lutte contre la corruption. C'était juste un code pour dire qu'il voulait une constitution plus autoritaire. Il se positionnait pour bien observer les deux côtés dans le but d'être du côté des gagnants, ce qu'il n'a jamais été. Il a également révélé ses penchants pro-dictature en disant que si le référendum échouait, le généralissime Prayut devrait demeurer à la tête du pays et rédiger une nouvelle charte.

Abhisit et son compagnon du "Parti démocrate", le politicien Sutep Tuaksuban, ont joué au jeu du "bon flic - méchant flic" depuis que leur parti a saboté les élections en février 2014. Ils faisaient tous deux partie des truands souffleurs de sifflets de la classe moyenne qui ont occupés les rues et saisis les édifices gouvernementaux. Du fait que le comportement de Sutep ressemblait plus à celui d'un gangster commun, Abhisit a gardé ses distances, cultivant une image de gentleman anglais de la classe supérieure. Il est resté éloigné de toute confrontation dans les rues.

Sutep est la tête d'un réseau local de patronage d'une famille de politiciens mafieux du sud. Abhisit est issu d'une riche famille de Bangkok qui l'a envoyé étudier à Eton et à Oxford. Mais ces deux types partagent les mêmes objectifs politiques, essayer de prendre le pouvoir par un processus politique élitiste de style ancien grâce à l'utilisation du patronage et à l'influence de l'armée.

Lors des récentes discussions sur le référendum, Sutep s'est clairement prononcé en faveur de la constitution de l'armée tandis qu'Abhist a essayé de prendre une position plus discrète. Mais ce fut juste un acte du jeu "bon flic - méchant flic".

Tous les deux détestent Taksin et tout ce qu'il représentait en termes de soutien des pauvres travailleurs. Abhisit est un critique de longue date du système de soins de santé universels. Lui et son ancien ministre des Finances, Korn Chatikavanij, sont des néo-libéraux extrêmes qui croient que le gouvernement ne devrait pas fournir de soins de santé gratuits au public.

Abhisit, de même que l'ancien chef du Parti Démocrate Chuan Leekpai, était toujours là pour prétendre qu'il ne supportait pas les coups militaires, tout en ne faisant absolument rien pour s'y opposer. Le Parti Démocrate a bénéficié de la fin du régime militaire dans les années 1970 et 1990, tout en s'abstenant de participer aux luttes qui ont provoqué de telles extrémités.

La prétendue opposition d'Abhisit aux coups d'Etat militaires ne l'a jamais empêché de travailler main dans la main avec l'armée.

Après le coup d'Etat de 2006 et la victoire électorale subséquente du parti de Taksin, Sutep et Abhisit sont allés main dans la main avec le coup d'Etat judiciaire qui a renversé le gouvernement élu alors que les foules chemises jaunes essayaient de bloquer le pays. Les militaires, commandés par les généraux Prayut et Anupong, ont ensuite organisé un nouveau gouvernement dirigé par le Parti Démocrate et parrainé par l'armée. Ceci en dépit du fait que le Parti Démocrate n'ait jamais remporté la majorité absolue lors de toute élection. Abhisit est devenu Premier ministre.

Bien sûr, comme Taksin, Abhisit et Sutep n'étaient pas contre l'usage de la violence.

Taksin a assassiné des gens dans les provinces musulmanes du sud malais et des petits trafiquants de drogue lors de sa soi-disant guerre contre la drogue.

Lorsque le gouvernement d'Abhisit et de Sutep a été confronté aux manifestations de masse des Chemises rouges pro-démocratie, qui appelaient à de nouvelles élections propres, il n'a pas hésité à travailler avec les généraux pour massacrer des civils non armés dans les rues. L'attitude de Abhisit et Sutep lors de cet assassinat de sang-froid a été de dire que "malheureusement certaines personnes sont mortes". Auparavant, en 2009, Abhisit avait donné, sous le nom fallacieux "d'expert de la démocratie", une conférence au Collège St John d'Oxford où il avait étudié les sciences politiques lors de sa jeunesse.

Abhisit et le Parti démocrate attendent les futures élections afin qu'ils puissent à nouveau faire partie d'un gouvernement civil, indépendamment du fait que les élections soient démocratiques ou non. Cet homme est un méprisable et violent opportuniste.

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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 10:04

Un article de Matt Wheeler

Lien:

http://www.nytimes.com/2016/08/23/opinion/can-thailand-really-hide-a-rebellion.html

 

Le 11 et le 12 août dernier, des attentats coordonnés et des incendies criminels dans les destinations touristiques de sept provinces de la Thaïlande péninsulaire ont tué quatre personnes et blessé 35 autres. Aucun groupe n'a revendiqué la responsabilité, et de hauts responsables du gouvernement militaire ont presque immédiatement décidé de déclarer que les attentats n'étaient pas des actes de terrorisme. Ils ont également rejeté tout lien avec les militants musulmans malais qui mènent une insurrection séparatiste depuis 13 ans dans les quatre provinces les plus méridionales.

Un porte-parole de la police a déclaré, "la Thaïlande n'a pas de conflits concernant la religion, l'appartenance ethnique, le territoire ou les groupes minoritaires."

C'est une déclaration étonnante, compte tenu de l'insurrection ethnique des nationalistes dans les provinces à majorité malaise musulmane où la violence a tué quelque 6.500 personnes depuis le début de l'année 2004.

Le Premier ministre, le général Prayuth Chan-ocha, s'est précipité pour suggérer que le blâme devait être jeté aux opposants politiques nationaux fidèles à deux anciens premiers ministres, Thaksin Shinawatra et sa sœur Yingluck Shinawatra, qui s'opposaient à la nouvelle constitution, rédigée par l'armée, qui assure une puissance continue et le pouvoir à la clique militaire de Thaïlande. Les électeurs ont approuvé le projet de Constitution le 7 août dernier, alors que les campagnes contre la charte faisaient face à de lourdes restrictions.

Plusieurs opposants au gouvernement, y compris les membres du mouvement des Chemises rouges, loyalistes vis-à-vis de Thaksin ont été arrêtés bien que les attaques à la bombe ne soient pas conformes au mode de fonctionnement des groupes pro-Thaksin. De même qu'elles n'ont pas de similitudes importantes avec l'attentat à la bombe du sanctuaire hindou dans le centre de Bangkok qui a tué 20 personnes en août 2015.

Cependant, ces attaques à la bombe présentent de nombreuses similitudes avec la façon d'opérer du Front national révolutionnaire des Malais de Patani, plus connu sous le nom de B.R.N. et qui est le principal groupe luttant pour l'indépendance du sud malais musulman du pays. Les attaques ont été coordonnées dans plusieurs provinces, souvent en employant deux ou plusieurs engins explosifs improvisés, et chronométrés pour exploser dans un ordre précis. Les engins étaient petits et, bien que mortels, n'étaient pas conçus ou déployés pour causer des pertes massives. Et autre chose qui est aussi compatible avec les opérations du B.R.N., il n'y a eu aucune revendication de responsabilité.

Les enquêteurs de la police thaïlandaise, qui contredisent en cela les déclarations du gouvernement, ont affirmé que les bombes étaient typiques de celles utilisées par les militants dans le sud profond de la Thaïlande. Le 15 août dernier, le vice-Premier ministre Prawit Wongsuwan a concédé que les poseurs de bombes auraient été recrutés parmi les rangs des militants du sud.

Les autorités thaïlandaises ont l'habitude d'attribuer les actes de violence à leurs rivaux politiques internes. En 1993, après que des militants aient mis le feu à 33 écoles dans les trois provinces les plus méridionales, certains hauts fonctionnaires ont blâmé "la vieille clique [précédemment] au pouvoir," qui avait perdu de son influence suite à un récent changement de gouvernement. Suite à une explosion à la voiture piégée dans le garage d'un centre commercial sur l'île touristique de Koh Samui en avril 2015, les hauts fonctionnaires ont accusé des politiciens qui avaient perdu le pouvoir après le coup d'Etat de l'année précédente.

Ces allégations n'ont jamais été étayées, et la police a finalement lié l'attentat à d'autres attaques dans le sud profond. Les fonctionnaires avaient auparavant également essayé d'impliquer les Chemises rouges dans l'attentat à la bombe du sanctuaire à Bangkok l'année dernière.

Pourquoi le gouvernement militaire est-il si désireux de détourner l'attention de l'insurrection musulmane malaise?

Tout d'abord, les responsables nient le fait que la Thaïlande soit une cible pour le terrorisme, en particulier celui résultant d'une insurrection intérieure chronique. L'un des objectifs est de protéger l'industrie du tourisme, qui est vitale pour la Thaïlande car elle contribue indirectement à 20 pour cent du produit intérieur brut du pays.

Deuxièmement, l'armée décrit l'insurrection comme n'étant que des "troubles" perpétrés par des individus égarés, dans le but de minimiser ses implications politiques. Beaucoup de fonctionnaires thaïlandais ont une peur profonde d'une intervention internationale car ils croient que cela conduirait à terme à une partition du pays. En outre, reconnaitre que les récentes attaques ont été organisées par des militants malais musulmans signifierait également pour l'armée thaïlandaise le fait de devoir faire face à ses propres échecs de contre-insurrection. Les électeurs des trois provinces les plus méridionales ont catégoriquement rejeté le projet de constitution, ce qui reflète l'antipathie de la région vis-à-vis de l'armée et de la centralisation du pouvoir.

Il est vrai que les insurgés du Sud s'étaient auparavant largement abstenus d'attaquer des cibles thaïlandaises en dehors des quatre provinces les plus méridionales. Mais il y a des explications plausibles pour expliquer pourquoi ils auraient maintenant décidés d'étendre leurs activités.

L'an dernier, l'International Crisis Group, une organisation indépendante de prévention des conflits, a noté la possibilité que les insurgés, face à l'impasse et aux rendements décroissants des attaques routinières dans le sud profond, pourrait frapper les zones touristiques en dehors de la zone de conflit traditionnel. Les dirigeants du B.R.N. ont rejeté le défaillant processus de paix du gouvernement militaire, qui leur semble avoir été conçu pour maintenir un semblant de négociations sans la substance des négociations. En outre, le résultat du référendum aurait pu leur révéler l'inutilité d'attendre de coopérer avec un gouvernement élu à Bangkok, puisque le projet de Constitution consacre le pouvoir du gouvernement militaire pendant au moins six ans.

Si, comme les informations disponibles l'indiquent, les militants malais ont commis les attaques récentes, le conflit est entré dans une nouvelle phase inquiétante. Depuis 13 ans, l'insurrection a eu peu d'effet sur la vie de la plupart des Thaïlandais en dehors du sud profond. Toutefois, une insurrection plus large risquerait d'attiser le bouddhisme militant et les conflits sectaires.

Au début de l'année dernière, en dépit d'une interdiction des rassemblements politiques de cinq personnes ou plus, de grandes manifestations bouddhistes ont eu lieu contre une zone d'industrie de nourriture halal à Chiang Mai et la construction d'une nouvelle mosquée dans la province de Nan dans le nord de la Thaïlande. En octobre dernier, un moine à Bangkok a insisté afin qu'une mosquée soit brûlée pour chaque moine tué dans le sud profond.

Il serait myope et autodestructeur de la part des généraux au pouvoir en Thaïlande d'insister dans leur affirmation comme quoi ces dernières attaques ne seraient qu'une vendetta partisane sans rapport avec le conflit dans le sud. Ils devraient reconnaître l'insurrection comme un problème politique nécessitant une solution politique. Cela signifie le rétablissement des droits à la liberté d'expression et de réunion pour les citoyens thaïlandais, engager un véritable dialogue avec les militants, et trouver des façons de déléguer le pouvoir à la région.

Matt Wheeler est un analyste pour l'International Crisis Group en Asie du Sud-Est.

Scène de vie ordinaire dans le Sud de la Thaïlande

Scène de vie ordinaire dans le Sud de la Thaïlande

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 10:18

Thaïlande : Procès contre des ONG dénonçant la torture

Un article de Secours Rouge

Lien:

http://www.secoursrouge.org/Thailande-Proces-contre-des-ONG-denoncant-la-torture

 

Trois ONG thaïlandaises de protection des droits de l’homme ont publié un rapport en début d’année qui recense les cas de torture dans des camps militaires. Il s’appuie sur des témoignages précis, mais l’identité des victimes n’est pas mentionnée, afin de les protéger. L’armée a intenté un procès aux directeurs de ces ONG pour diffamation et violation de la loi informatique. Ce que les militaires reprochent surtout à ces militants, c’est d’avoir refusé de leur donner les noms des victimes. Pour les défenseurs des droits de l’homme, si l’identité des victimes est révélée, les militaires iront immédiatement les menacer.

Un second procès concerne la mort d’un conscrit dans un camp militaire suite aux mauvais traitements. Il s’était enfui du camp militaire parce qu’il trouvait l’entraînement trop dur. Rattrapé, il a été battu avec une canne en bambou, traîné nu sur une surface en béton, et du sel a été mis sur ses plaies pour augmenter la douleur. Le conscrit est mort de ses blessures peu après. Sa nièce a rendu publique l’affaire, et l’armée, qui a pourtant reconnu les faits dans un rapport interne et dédommagé la famille, a intenté un procès en diffamation contre cette jeune femme. En Thaïlande, les lois générales ne s’appliquent aux militaires que si leur commandement l’accepte. En fait, les militaires échappent aux lois pénales dans la plupart des circonstances parce qu’une clause d’immunité juridique est très souvent ajoutée aux lois concernant les actions des militaires.

 

Naritsarawan Kaewnopparat, la nièce du conscrit tué

Naritsarawan Kaewnopparat, la nièce du conscrit tué

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 13:03

Grâce royale pour trois Thaïlandaises condamnées pour lèse-majesté

Un article de l'AFP

Lien:

http://www.liberation.fr/societe/2016/08/27/grace-royale-pour-trois-thailandaises-condamnees-pour-lese-majeste_1474965

 

Trois Thaïlandaises incarcérées pour avoir insulté la monarchie ont été libérées samedi à la faveur d’une grâce royale après avoir passé plusieurs années derrière les barreaux, a indiqué un avocat des droits de l’Homme.

"Trois femmes emprisonnées pour lèse-majesté ont été libérées aujourd’hui", a déclaré à l’AFP Weeranan Huadsri, du groupe des avocats thaïlandais pour les droits de l’Homme.

La loi de lèse-majesté, connue sous le nom d'«article 112» en Thaïlande, prévoit jusqu’à 15 ans de prison pour quiconque diffame le roi Bhumibol Adulyadej, 88 ans, ou la famille royale.

Les poursuites pour crimes de lèse-majesté se sont multipliées depuis le coup d’Etat, en 2014, de la junte ultra-royaliste. Plus de 60 personnes sont poursuivies, pour la plupart devant des tribunaux militaires. Un homme a même été arrêté pour avoir fait des commentaires sarcastiques sur l’un des chiens du roi.

Les médias s’autocensurent lorsqu’ils évoquent ces diffamations royales, pour éviter de tomber eux-mêmes sous le coup de cette loi.

Parmi les trois femmes libérées samedi, Daranee Charnchoengsilapakul avait été condamnée en 2011 à 15 ans de prison pour des discours prononcés lors de manifestations politiques. Connue sous le nom de "Da Torpedo" pour sa rhétorique percutante, elle était une fervente supportrice de l’ex-premier ministre Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d’Etat en 2006 et haï de la junte au pouvoir.

Porntip Mankong, 29 ans, avait été condamnée à 2 ans et demi de prison en 2014 pour son rôle dans une pièce de théâtre satirique, «La fiancée du loup», jugée offensante par la monarchie.

Enfin, Thitinan Kaewjantranont avait été condamnée en 2015 pour avoir insulté un portrait du roi. Le tribunal avait noté qu’en dépit de troubles mentaux, le comportement "diabolique" de cette femme âgée méritait la prison.

Au total, plus de 100 femmes incarcérées ont pu quitter samedi la prison de Bangkok après avoir bénéficié de la grâce royale.

 

Daranee Charnchoengsilapakul en gris et Porntip Mankong en blanc au moment de leur liberation

Daranee Charnchoengsilapakul en gris et Porntip Mankong en blanc au moment de leur liberation

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 14:11

Thaïlande : l'ONU appelle à un retour rapide à un régime civil

Déclaration du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme

Lien:

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=37881#.V7vBHPl97IU

 

19 août 2016 – Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a exprimé vendredi sa vive préoccupation concernant les restrictions continues et croissantes imposées à l'espace démocratique en Thaïlande.

Dans un point presse à Genève, une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, a indiqué que les sévères restrictions aux libertés d'expression, d'opinion et de réunion à travers l'utilisation de lois et d'ordonnances pénales et militaires depuis le coup d'Etat de mai 2014 ont augmenté dans la période précédant le référendum constitutionnel prévu au mois d'août.

Selon le HCDH, au moins 115 personnes ont été arrêtées ou inculpées depuis le mois de juin, en vertu d'ordres militaires, de codes pénaux et de la loi référendaire sur la constitution, pour avoir exprimé leur opinion sur le projet de constitution ou pour avoir signalé des violations des droits humains, y compris la torture.

"Nous exhortons la Thaïlande à abandonner immédiatement toutes les accusations portées contre les militants politiques et les défenseurs des droits de l'homme, et à libérer les personnes emprisonnées pour avoir exprimé leur désaccord sur le projet de charte dans la période précédant le référendum", a déclaré Mme Shamdasani.

Dans l'ensemble, au moins 1.300 personnes ont été convoquées, arrêtées ou accusées, et 1.629 civils ont été jugés devant des tribunaux militaires, selon le HCDH.

"Nous appelons également les autorités à suspendre l'utilisation de tribunaux militaires et d'ordres militaires dans les affaires impliquant des civils", a ajouté Mme Shamdasani qui rappelle que ces mesures sont nécessaires alors que la Thaïlande se dirige vers une élection en 2017 "visant à rétablir la démocratie, tel que proposé dans la feuille de route du gouvernement militaire".

"L'élection de l'année prochaine représente une opportunité pour la Thaïlande de se conformer à l'engagement pris au Conseil des droits de l'homme, lors de son examen périodique universel en mai 2016, de respecter pleinement la liberté d'expression, et donc de garantir un processus plus inclusif et participatif qui implique tous les partis politiques , la société civile et les médias dans un environnement ouvert et non menaçant", a conclu la porte-parole du HCDH.

Ravina Shamdasani

Ravina Shamdasani

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 13:29
La réponse des gouvernements occidentaux au referendum thaïlandais est faible comme on pouvait s'y attendre

Dans ce blog, je soutiens depuis longtemps que, bien que toute "mauvaise image internationale" à propos de la junte thaïlandaise, générée par les commentaires des gouvernements occidentaux est la bienvenue, surtout quand ils demandent la libération des prisonniers politiques, aucun de ces gouvernements ne peut être invoqué ou digne de confiance s'il s'agit de maintenir une position de principe contre la dictature militaire. Le changement démocratique ne peut se produire qu'en bâtissant des mouvements de masse de gens ordinaires dans le pays pour renverser le régime militaire.

Après les résultats du référendum, il est intéressant de lire les réponses officielles des États-Unis et de l'Union européenne.

L'ambassadeur des États-Unis en Thaïlande a émis la déclaration suivante. "Compte tenu du (résultat du référendum), nous, les États-Unis d'Amérique, en tant qu'ami de longue date et allié de la Thaïlande, exhortons le gouvernement à revenir à un gouvernement civil démocratiquement élu dès que possible. Dans le cadre du mouvement de retour à un gouvernement civil élu, nous exhortons le gouvernement à lever les restrictions sur les libertés civiles, y compris les restrictions à la liberté d'expression et de réunion pacifique". [Http://bit.ly/2aPzqGY]

L'Union européenne a également publié une déclaration. "Au cours de la période de campagne électorale, cependant, il y avait de sérieuses limitations aux libertés fondamentales, y compris des restrictions sur les débats et les campagnes... Il est essentiel que les restrictions actuelles à la liberté d'expression et de réunion soient levées pour permettre un processus politique ouvert, inclusif et responsable. L'UE continue d'appeler les autorités thaïlandaises à créer les conditions d'une véritable transition démocratique conduisant à des élections anticipées". [Http://bit.ly/2auzDR7]

Ce qui est évident ici, si on lit entre les lignes, c'est que l'Occident n'est pas exigeant vis-à-vis du fait que la constitution autoritaire, qui permettra de prolonger la domination militaire sur la politique thaïlandaise, devrait être mise au rebut ou modifiée. Tel est le but de tous les Thaïlandais à l'esprit démocratique. La légitimité d'un tel appel provient du fait que le référendum n'était ni libre ni équitable et que la nouvelle constitution de l'armée ne conduira pas à une véritable transition démocratique.

Les gouvernements occidentaux sont prêts à accepter des élections tenues en vertu de cette constitution tant que le gouvernement lève les restrictions sur les libertés civiles de la liberté d'expression et de réunion. La déclaration de l'UE poursuit en disant que "toutes les principales parties prenantes en Thaïlande doivent engager un dialogue inclusif et travailler ensemble pacifiquement vers ce but."

En pratique, cela signifie que l'UE voudrait voir les militants pro-démocratie coopérer avec les militaires et les conservateurs dans la perspective des élections, qui, incidemment, ne seront peut-être pas tenues avant 2018. Parler de la nécessité de "libertés civiles" est aussi vague. Est-ce que cela signifie l'abolition de la lèse-majesté? Probablement que les gouvernements occidentaux ne demanderont pas cela. Cela signifie-t-il que l'armée devrait cesser d'interdire les manifestations sous prétexte de protéger la sécurité nationale? Étant donné que des gouvernements occidentaux comme la France et les États-Unis font la même chose, ce n'est pas une question sérieuse.

Les belles déclarations des gouvernements occidentaux, qui sont principalement des gouvernements de droite pro-entreprise, sont là pour légitimer l'avenir de bonnes relations avec le gouvernement thaïlandais, indépendamment du fait que nous ayons une véritable démocratie ou non. Les déclarations sont aussi principalement faites pour l'image interne au sein de l'Occident.

Ils ne sont pas vraiment intéressés à la liberté, aux droits démocratiques et à la justice sociale pour la majorité de la population thaïlandaise. Ils sont aveugles et terrifiés par la perspective de mouvements de masse de la classe ouvrière et des pauvres se levant pour renverser les régimes autoritaires.

La leçon à tirer est que ce serait une perte de temps de croire que les gouvernements étrangers, en particulier ceux de l'Occident, pourront un jour être un facteur important dans la réalisation de la démocratie en Thaïlande. Pour eux, leur seul intérêt est d'être capable de faire des affaires avec la Thaïlande. Ils veulent être en mesure de "garder les lignes ouvertes" pour parler aux élites.

[Voir aussi http://liberez-somyot.over-blog.com/2016/05/stabilite-geree-ou-democratie.html]

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