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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 11:38

Un article de David Streckfuss

Lien de l'article:

http://www.bangkokpost.com/opinion/opinion/401769/risky-road-ahead-in-avoiding-civil-war


La situation politique en Thaïlande se dirige lentement mais sûrement vers quelque chose qui s'apparente à une guerre civile. Les guerres civiles sont, par nature, des affaires sanglantes qui font ressortir le pire en chacun, laissent la place aux pires des extrémistes de tous bords et n'ont pas de véritables héros.
Pour éviter la guerre civile, il reste quelques possibilités. Toutes, malheureusement, sont très risquées.
La première consiste à procéder de façon constitutionnelle. L'annulation de l'élection du 2 février a aigri beaucoup, sinon la majorité, de gens qui pensent qu'une fois de plus la souveraineté populaire a été déjouée.
Bien que la Constitution ne le précise pas, la réponse la plus "normale" lorsqu'une élection est annulée, est d'en organiser une nouvelle, selon les termes de l'élection annulée. Si, lors d'une première tentative, le gouvernement est invité à organiser une élection entre 45 et 60 jours après la dissolution de la Chambre des représentants, l'horloge recommence à nouveau une fois que la première élection ait été officiellement annulée. Cela signifie que la nouvelle élection devrait avoir lieu entre le 5 mai et le 15 mai prochain.
Il a été question, dans certains milieux politiques, de retarder la nouvelle élection pendant des mois et des mois. Cela ne serait pas du tout constitutionnel. Il n'y a rien dans la Constitution qui suggère que l'élection devrait ou pourrait être retardée [...]

Certains peuvent prétendre que la situation politique n'a pas été résolue, que les partis n'ont pas eu l'occasion de se réunir pour négocier. Il n'y a rien dans la Constitution qui stipule que les conflits politiques doivent être négociés avant que les élections puissent avoir lieu. Les partis politiques sont libres de le faire s'ils le souhaitent. Mais l'horloge est déjà comptée et des élections devrait être annoncée dès que possible.
Enfin, il ne fait aucun doute que Comité pour la Réforme Démocratique Populaire (PDRC) s'opposerait à une nouvelle élection sans "réformes" auparavant. C'est le choix du Comité. Mais cela n'autorise pas ses membres à entraver l'enregistrement du vote ou des urnes le jour de l’élection. Que l'élection soit annulée ou pas, l'acte d'obstruction des élections est illégal.
Une deuxième possibilité est de remettre l'ensemble du cadre gouvernemental au peuple. La présente Constitution a été mise en place à la suite d'un référendum (NDLS partiellement truqué) et il n'y a aucune raison pour empêcher que les gens puissent voter à nouveau pour dire si c'est la constitution qu'ils veulent ou pas. La charte de 2007 a été fondée sur l'illégalité de base du coup d'Etat de 2006. Son référendum était voué à l'échec. Toutes critiques de la constitution étaient sévèrement freinées et il n'y avait pas d'alternative claire au cas où elle aurait été rejetée. Pire encore, elle s'est avérée presque absolument imperméable au changement.
Lorsque les élections deviennent trop compliqué (comme elles semblent l'être devenues maintenant), les référendums sont la voie la plus directe afin que la souveraineté populaire puisse s'exprimer. Les référendums sont utilisés à bon escient en Suisse et ils limitent en général les effusions de sang comme nous avons pu le voir en Crimée et le constaterons en Ecosse.
Si, dans lors d'un choix proposé entre la Constitution de 2007 et la "constitution du peuple" plus démocratique de 1997, la première gagnait, alors la Thaïlande retournerait à son insoluble situation présente. De nouvelles élections seraient tentées et nous n'aurions plus qu'à observer la suite.
Si la Constitution de 1997 gagnait, alors les deux grands partis pourraient s'entendre sur un ensemble de réformes communes à toutes les plates-formes des partis pour la première élection. Les points les plus progressistes de la Constitution de 2007 pourraient faire partie de cet ensemble de réformes.
Avec une nouvelle constitution, les membres de tous les organismes indépendants seraient licenciés et les nouveaux membres seraient choisis dans le cadre du système bien meilleur de mise en candidature proposé par la Constitution de 1997.
Une suggestion serait d'éliminer le terme "neutre" du vocabulaire politique thaïlandais. L'approche "neutre" de la Constitution de 2007 a conduit à cette catastrophe qui a bafoué les bases de l'intégrité de la loi thaïlandaise dans son ensemble [...]
Pour avoir un débat national ouvert sur l'avenir de la Thaïlande, il faudrait que les lois restreignant la liberté de parole soient dépénalisées. La présence étouffante de l'article 112 du Code criminel doit être traitée et ceux qui sont inculpés ou emprisonnés en vertu de l'article doivent être libérés. Le dialogue doit inclure des discussions ouvertes sur le statut de la monarchie et de ses actifs. Ces lois sont un risque pour les intérêts à long terme de l'institution.
La troisième possibilité est de laisser les choses comme elles sont. La rhétorique se réchauffe sur les deux côtés. À un certain point bientôt, la Thaïlande se retrouvera dans une guerre civile. Quand ce jour viendra, cette situation créera une dynamique qui lui est propre et sera, en grande partie, hors de contrôle [...]
Le PDRC et le Parti Démocrate peuvent être opposés à de nouvelles élections ou une nouvelle constitution. Mais s'ils veulent continuer à exister dans un monde démocratique, ils doivent se rendre compte que le chemin qu'ils ont choisis, obstruer et annuler les élections, en partie grâce à la partialité des organismes "indépendants" qui décident des règles au fur et à mesure, ne fera que conduire à la ruine.
Le temps est compté.


 

David Streckfuss

David Streckfuss

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Published by liberez-somyot
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