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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 16:12

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Liens:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/06/28/the-militarisation-of-thai-society/

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32351

 

Alors que le régime autocratique de Big Brother, le généralissime Prayut Chan-ocha, poursuit bruyamment son chemin, nous assistons à la militarisation de la politique, de l'économie et de la société.

Tous les ministères sont contrôlés par les militaires. Les fonctionnaires qui étaient en poste avant le coup d'Etat sont remplacés par ceux qui sont de fidèles chiens lèches-bottes ou des copains de la junte.

Des nouveaux membres ont été nommés aux conseils de direction des entreprises d'Etat, avec les militaires de chaque coté et Son Excellence le Généralissime Prayut comme président général. Leurs copains civils sont soigneusement choisis parmi les rangs des foules de souffleurs de sifflets de la classe moyenne qui haïssent la démocratie. Piyasawat Amaranan, qui a été nommé à la compagnie pétrolière d'Etat PTT, est un bon exemple. Il se trouve à côté de l'assistant de Prayut, le général de l'armée Paiboon Kumchaya. Historiquement, les militaires ont toujours utilisés les entreprises d'Etat comme des vaches à lait pour se remplir les poches. Cela est particulièrement le cas avec les plus rentables comme PTT ou l'Airports Authority. Cette tradition de corruption a commencé avec les dictatures dans les années 1950. Prayut veut revenir en arrière.

Prayut s'est également nommé en charge de l'économie. Il y a un dicton du Yorkshire qui dit: "là où il y a du fumier, il y a du cuivre". Peut-être devrions nous plutôt dire "là où il y a de l'argent, il y a des gradés" (NDT: l'auteur fait un jeu de mot en anglais entre "where there’s muck, there’s brass" et "where there’s a buck, there’s top brass").

Idéalement, la soi-disant Commission contre la Corruption a déclaré que les membres de la junte n'avaient pas à déclarer leurs gains mal acquis avant et après leur prise de fonction, à la différence des politiciens précédemment élus. La commission tente désespérément de trouver une accusation de corruption douteuse à coller sur l'ancienne première ministre Yingluk. Ce serait un moyen "légal" de l'interdire de politique. Peut-être qu'il y aurait aussi un moyen de dissoudre le Parti Pua Thai.

Les écoles sont obligées de changer leurs programmes pour suivre les préceptes de la junte. La discipline, le nationalisme et l'amour de Big Brother sont soulignés dans le nouveau code moral. Mais l'éducation doit être faite à petit prix parce que le budget de l'éducation a été réduit afin de financer et gonfler le budget de la junte militaire. De nombreux projets de modernisation des infrastructures ont été annulés. Certains pourront être ressuscités, mais à condition que cela soit une nouvelle occasion pour les entreprises de proposer de nouvelles offres et de payer des pots de vin à des membres de la junte.

La junte a rassuré les médias de masse en affirmant qu'ils n'avaient "rien à craindre" de l'envoi de troupes chargées de siéger dans leurs bureaux. Les médias sont libres de rapporter les nouvelles. Ils doivent juste éviter de rapporter quoi que ce soit qui critique la junte. Comment pourrait-on être plus démocratique et plus libre que ça?

Après le coup d'Etat de 2006, la junte précédente a écrit une constitution militaire et bourré les organismes dits indépendants de fidèles supporters. Ils ont fait la même chose avec la moitié du sénat et les tribunaux. Ces organismes anti-démocratiques ont travaillé main dans la main avec les foules du Parti Démocrate de Sutep afin de faire tomber le gouvernement de Yingluk juste avant le coup d'Etat de mai 2014. Mais cela a été un processus de longue haleine et les conservateurs n'avaient pas d'autres choix que de permettre aux partis de Yingluk et Taksin de gagner d'honnêtes élections. Cette fois, la junte veut s'assurer que cette situation ne se reproduira pas. C'est le but du changement des hauts fonctionnaires et de la nomination prochaine d'une assemblée, chargée de la rédaction d'une constitution de style birman, composée de soldats et de civils anti-démocratiques. Un "excellent" candidat pour ce parlement nommé par les militaires serait Surapon Nitigraipoj, vice-chancelier de l'Université Thammasart, qui pense que le gouvernement élu de Yingluk était une dictature. Selon lui, le coup d'Etat n'a fait que la mettre en uniforme.

Le nouvel ordre de Thaïlande rejoint le style "dwifungsi" de Suharto et la démocratie guidée!

Les écoliers du nouveau régime thaïlandais

Les écoliers du nouveau régime thaïlandais

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Published by liberez-somyot
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