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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 02:17

Les diplomates de Bangkok ont reçus l'ordre de s'occuper des dissidents à l'étranger et de les faire extrader

Un article d'Asia Sentinel

Lien:

http://www.asiasentinel.com/politics/thai-generals-go-exiles-academics/

 

Le ministère des Affaires étrangères à Bangkok a appelé les ambassadeurs et consuls généraux thaïlandais de 22 pays dans le but de trouver des moyens de travailler avec les pays d'accueil afin de faire rapatrier les universitaires ainsi que d'autres critiques de la junte.

Beaucoup d'universitaires ainsi que d’autres thaïlandais vivants à l'étranger ont profondément critiqués le nouveau régime dirigé par le chef de l'armée, Prayuth Chan-ocha, à la suite du coup d'État le 22 mai dernier. La répression s'intensifie et jusqu'à 350 militants ont été forcés de comparaître devant la junte, qui vise ainsi à lutter contre la dissidence, avant d'être arrêté et détenu pendant sept jours.

Une réunion des ambassadeurs et consuls généraux s'est tenue au ministère thaïlandais des Affaires étrangères ce mercredi pour discuter des moyens de forcer le retour des militants et des autres refugiés qui sont à l'étranger. Un nombre indéterminé de militants auraient fui au Cambodge pour échapper à la junte.

15 universitaires environ seraient ciblés, selon des sources du ministère des Affaires étrangères. Parmi eux se trouve Pavin Chachavalpongpun, un professeur associé du Centre d'études sur l'Asie du Sud-est de l'Université de Kyoto et un collaborateur régulier d'Asia Sentinel.

Également sur la liste se trouve Giles Ji Ungpakorn, un critique féroce qui vit en exil au Royaume-Uni depuis plusieurs années. L'ancien prisonnier politique thaï/américain Joe Gordon, maintenant aux États-Unis, est aussi sur la liste ainsi que Jakrapob Penkair, un chef de file des Chemises rouges du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD), qui a longtemps été recherché pour des accusations de violation de la stricte loi de lèse-majesté du pays. Jakrapob est un allié de l'ancien Premier ministre déchu Thaksin Shinawatra.

Les groupes locaux des droits de l'homme estiment que quelque 200 personnes sont toujours en détention, soit à Bangkok soit dans d'autres parties du pays, notamment le Nord et le Nord-est, où le soutien pour le régime évincé du Pua Thai, dirigé par l'ancienne première ministre Yingluck Shinawatra, est le plus fort.

Dans un article publié le 25 mai dernier par Asia Sentinel, Pavin a expliqué qu'il nie la légitimité du coup d'Etat et refuse de retourner en Thaïlande. Des sources du ministère des Affaires étrangères affirment que l'ambassadeur thaïlandais à Tokyo et le consul général à Osaka ont tous les deux été informé que s'ils ne parvenaient pas à forcer l'universitaire à rentrer, ils seraient confrontés à la perspective d'être transféré ou d'être forcé de quitter le service extérieur. On ne sait pas si d'autres fonctionnaires du service extérieur ont reçu les mêmes ordres.

Il est également difficile de savoir comment l'Université de Kyoto va répondre à l'appel de la junte. Le Centre d'études de l'Asie du Sud-est a la réputation de soutenir la liberté académique et a auparavant offert une bourse à Aung San Suu Kyi avant qu'elle n'entre en politique et soit placée en résidence surveillée par la junte birmane.

Il semble y avoir peu de chose que le ministère thaïlandais des Affaires étrangères puisse effectivement faire pour contraindre ses citoyens vivant à l'étranger à revenir de leur exil dans les pays démocratiques. Ces pays seraient peu susceptibles d'extrader les universitaires ou les autres refugiés dans un pays qui serait susceptible de les jeter en prison pour avoir exercé leur liberté d'expression. Le Cambodge, qui a des relations tendues avec la Thaïlande, n'est pas non plus susceptible d'extrader quelqu'un dans ce pays.

Les observateurs en Thaïlande parlent de la "pression" appliquée contre les dissidents et les critiques, et soulignent que beaucoup de gens ont peur de parler par crainte de faire face à des tribunaux militaires d'une puissance extraordinaire.

"Ils ont ordonné aux gens de garder le silence", a déclaré une source. "Et la plupart le font car ils ont peur."

Quelques 26 éminents spécialistes des études thaïlandaises, dont Thongchai Winichakul de l'Université du Wisconsin à Madison et ancien président de l'Association des études asiatiques, ont signé une lettre dénonçant le coup d'Etat, comme l'ont fait un certain nombre de gouvernements occidentaux, y compris les États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni.

Le coup d'Etat a été condamné par la Commission Asiatique des Droits Humains (Asian Human Rights Commission AHRC). Dans un communiqué, l'AHRC a déclaré qu'elle "condamne sans équivoque le coup d'Etat et tient à exprimer sa vive préoccupation sur le déclin rapide de la protection des droits de l'homme qu'il a engendré. L'AHRC appelle le Conseil National de la Paix et l'Ordre à libérer immédiatement tous les citoyens arbitrairement détenus sans inculpation et de cesser de créer une terreur publique par l'émission d'assignation de convocation pour se signaler à l'armée".

Comme Asia Sentinel l'a rapporté le 6 Juin dernier, la junte tente d'effacer toute opposition à sa stratégie officiellement concocté de "Bonheur Rendu au Peuple". Le slogan est régulièrement répété dans des bannières et des émissions. Le régime va "augmenter le bonheur du peuple", a promis Radio Thaïlande le 4 Juin dernier.

La réponse de Joe Gordon à sa convocation par la junte

La réponse de Joe Gordon à sa convocation par la junte

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Published by liberez-somyot
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commentaires

Milos Forman 12/06/2014 14:53

Et alors? Vont-ils aussi convoquer Dieu?