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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 03:50

Une lettre ouverte à Harvard Crimson de Robert Amsterdam, avocat de l'Organisation des Thaïlandais libres pour les droits de l'homme et la démocratie (FTHD)

Lien:

http://robertamsterdam.com/thailand/2014/08/21/harvard-must-not-endorse-military-dictatorship-in-thailand/

 

Nicholas P. Fandos

Managing Editor (Directeur de la rédaction)

Harvard Crimson

14 Plympton St.

Cambridge, MA 02138

 

Monsieur Fandos,

J'ai lu avec beaucoup d'inquiétude le récent article publié le 18 août 2014 par Harvard Crimson intitulé "Problèmes avec les études thaïlandaises" (traduction en français disponible sur ce lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/08/problemes-avec-les-etudes-thailandaises.html), qui a signalé les efforts déployés par le ministre des Affaires étrangères de Thaïlande nommé par l'armée, Surin Pitsuwan, afin d'instituer un "programme d'études thaïlandaises", doté de 6,000,000 de dollars, à l'Université de Harvard qui servirait à légitimer un gouvernement militaire illégal.

Je suis encore plus consterné d'avoir constaté que l'article avait été temporairement retiré du site après que l'auteur ait reçu des menaces de violence de la part de ces mêmes extrémistes qui ont renversé le gouvernement élu en Thaïlande. Bien que l'article ait été remis en ligne par la suite, des préoccupations légitimes subsistent.

Comme cet article le note; "La plupart des bailleurs de fonds thaïlandais du programme de Harvard sont membres d'une élite conservatrice, qui comprend l'aristocratie, les généraux et les familles riches qui dominent le pays depuis les années 1950 et sont revenus sur certaines réformes adoptées après que la monarchie absolue ait été renversé en 1932".

Ceci est en fait une assez légère façon de le dire. En tant qu'avocat international pour le mouvement des Chemises rouges, j'ai lutté pendant quatre ans afin d'obtenir la reddition de comptes pour les massacres de Bangkok en 2010, quand près de 100 manifestants non armés ont été assassinés de sang froid par l'armée thaïlandaise sous les ordres d'un gouvernement non élu. Or, ces mêmes personnes, dont les supporters ont menacé votre correspondant, ont saisi par la force les instruments du pouvoir après avoir perdu six élections démocratiques consécutives. Leur but n'est pas la réforme, mais plutôt le retour du pays à un état féodal, où les droits d'une minorité de citoyens comptent plus que les droits de la majorité.

Vu que l'Université de Harvard est internationalement reconnue comme l'un des établissements les plus prestigieux du monde de l'enseignement supérieur, c'est une déception totale de voir les courbettes de Harvard Asia Center à une junte militaire d'une brutale intolérance qui a violé à plusieurs reprises les libertés académiques.

Après sa prise du pouvoir, l'organisme de la junte, le "Conseil national pour la paix et le maintien de l'ordre", a détenu ouvertement des centaines de professeurs et d'étudiants pour des interrogatoires. Une lettre, signée par 26 universitaires basés à l'étranger, a fait valoir que "le coup d'Etat ne peut pas être une mesure pour la paix parce que le coup lui-même pratique l'utilisation de la violence", tout en exigeant un retour immédiat à l'ordre constitutionnel.

Sous la junte militaire, l'abus de la loi draconienne de lèse-majesté a proliféré, incluant l'arrestation de deux étudiants d'université la semaine dernière, qui risquent de faire face à des peines de prison pour avoir joué dans une pièce à l'occasion de l'anniversaire des étudiants de l'Université Thammasat massacrés par l'armée en 1973. Cette pièce, intitulée "La fiancée du loup", a été jouée il y a plus de 10 mois.

Pendant ce temps, la junte semble envoyer des signaux comme quoi elle aurait l'intention de conserver le pouvoir très longtemps. Dans un geste sans précédent, le leader du coup d'Etat, Prayuth Chan-ocha, s'est offert le plus haut poste civil. En effet, un parlement croupion vient de le nommer Premier ministre. Le "projet de constitution" de la junte ne contient rien sur les droits de l'homme, mais ressemble plutôt à une liste de décrets militaires.

Au nom des membres du FTHD, ainsi qu'en celui des dizaines de millions de Thaïlandais qui veulent tout simplement de rétablir leur droit fondamental au suffrage, je demande respectueusement que Harvard Crimson regarde de plus près la manière dont la junte militaire tente de détourner la réputation de l'Université afin de blanchir sa sale réputation.

Un plus grand effort pour exposer la vérité en Thaïlande est nécessaire, et, à en juger par la tentative honteuse et lâche des forces pro-putschistes en Thaïlande pour intimider votre correspondant, vous, Harvard Crimson, ne devez pas reculer.

Cordialement,

Robert Amsterdam

Amsterdam & Partners LLP

Robert Amsterdam

Robert Amsterdam

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Published by liberez-somyot
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