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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 10:32

THAÏLANDE: Criminalisation de la liberté d'expression des militants étudiants et défenseurs des droits humains par la junte

 

Lien de la déclaration en anglais:

http://www.humanrights.asia/news/ahrc-news/AHRC-STM-157-2014

 

La Commission asiatique des droits de l'homme (sigle anglais: AHRC) est gravement préoccupée d'apprendre que Patiwat, un étudiant en cinquième année à la faculté des Beaux-arts et arts appliqués de l'Université de Khon Kaen et un défenseur des droits de l'homme, est confrontée à une enquête criminelle suite à une plainte en vertu de l'article 112 du Code criminel de Thaïlande. La plainte contre Patiwat est en relation avec son rôle dans une pièce de théâtre, "La fiancée du loup," (Jao Sao Ma Pa), réalisée par Prakai Fai Kan Lakorn, une troupe de théâtre progressive. La pièce a été jouée en octobre 2013 à l'Université Thammasat de Bangkok dans le cadre des commémorations du quarantième anniversaire du  soulèvement populaire du 14 octobre 1973. Patiwat reconnaît avoir joué dans la pièce mais a pleinement nié avoir violé l'article 112. Patiwat a été arrêté après qu'un mandat ait été délivré et l'enquête de police est en cours. L'AHRC considère les mesures répressives contre Patiwat comme une confirmation de la crise actuelle des droits de l'homme et de la limitation de la liberté d'expression qui caractérisent la Thaïlande depuis le coup d'Etat du 22 mai par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO).

L'enquête sur Patiwat fait partie d'une expansion, après le coup d'Etat, du nombre de personnes inculpées de violations alléguées de l'article 112, qui stipule que: "Quiconque, diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l'héritier présomptif ou le régent, sera puni d'un emprisonnement de trois à quinze ans." Selon les informations recueillies par le site internet du dialogue pour ​​la réforme du droit (iLaw), il y aurait douze nouvelles affaires en cour devant divers tribunaux criminels à travers le pays dont le tribunal militaire de Bangkok. Les cas qui sont en instance devant le tribunal militaire sont ceux pour lesquels les violations alléguées ont eu lieu à la suite de l'annonce du NCPO n° 37/2557 [2014], faite le 25 mai, qui a placé les crimes contre la couronne et l'Etat dans la compétence de la juridiction militaire; l'AHRC a détaillé les dangers du traitement des civils par les tribunaux militaires dans une lettre ouverte aux titulaires des procédures spéciales mandatés par l'ONU (PAC-BTA-006-2014). L'AHRC considère cette recrudescence des accusations en vertu de l'article 112 comme une constriction politisée et inquiétante de la liberté d'expression par la junte militaire. La façon particulière dont l'action a été prise à l'encontre Patiwat, seulement maintenant dix mois après la présentation de la pièce en question, suggère que le passé est un livre ouvert des actes qui peuvent être punis rétrospectivement par la junte et ses alliés.

En outre, l'AHRC est également préoccupée par la manière dont Patiwat a été arrêté. Selon les informations publiées dans un communiqué par le Centre des étudiants thaïlandais pour la démocratie, le doyen de la Faculté des beaux-arts et arts appliqués de l'Université de Khon Kaen, où il étudiait, a été informé le 13 août que Patiwat avait reçu l'ordre de se présenter à une base militaire provinciale afin de "changer d'attitude." Patiwat, le doyen et les autres membres du personnel de la Faculté des Beaux-Arts ont fait suite à cette demande. Mais quand ils ont rencontré le militaire responsable, celui-ci, plutôt que de conduire Patiwat à la base militaire, les a informé qu'il avait été arrêté pour des violations alléguées de l'article 112 et l'ont emmené d'abord à la station de police locale à Khon Kaen, puis au poste de police Chana Songkram à Bangkok, où la plainte contre lui avait été déposée.

La Commission asiatique des droits de l'homme condamne sans équivoque le coup d'Etat dans les termes les plus forts possibles et tient à exprimer vivement sa préoccupation suite à la baisse rapide de la protection des droits humains et au déni de la liberté d'expression qu'il a engendré. L'AHRC demande la libération immédiate de Patiwat ainsi que l'annulation de l'enquête contre lui de même que celles des autres personnes poursuivies en vertu de l'article 112. En outre, l'AHRC appelle le NCPO à reconnaître que la tolérance pour les différentes idées et la dissidence font partie de la construction d'un système politique fondé sur les droits humains et la primauté du droit. Défendre les droits humains et penser différemment que la junte ne sont pas des crimes.

Patiwat appelé aussi Butiwat

Patiwat appelé aussi Butiwat

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Published by liberez-somyot
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