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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 10:07

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/09/06/international-organisations-fail-on-lese-majeste/

 

Malgré le fait que Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l'homme, ait déclaré que "la menace de l'utilisation de la loi de lèse-majesté est un ajout aux effets de refroidissement sur la liberté d'expression observés en Thaïlande après le coup d'Etat", l'engagement des organisations internationales et des gouvernements occidentaux pour soutenir les prisonniers politiques thaïlandais détenus en vertu de cette loi draconienne est extrêmement faible.

Depuis des années, Amnesty International n'a pas réussi à faire campagne sur la question, affirmant qu'elle préfère effectuer une "douce pression" auprès du gouvernement thaïlandais. Les responsables locaux d'Amnesty International sont même favorables à l'utilisation de la loi. Finalement, AI a fini par soulever le cas de Somyot Pruksakasemsuk. Mais la campagne d'AI a été faible et hésitante.

Les gouvernements occidentaux ont montré un intérêt symbolique vis-à-vis des effets d'oppression de la lèse-majesté. Le gouvernement américain a autrefois envoyé un fonctionnaire de l'ambassade en tant qu'observateur à des séminaires sur le sujet que j'avais aidé à organiser avant d'avoir été obligé de quitter la Thaïlande à cause de cette loi. Mais le gouvernement américain n'a rien fait de significatif depuis. L'ambassadeur du Canada en Thaïlande m'a informé que son gouvernement était "préoccupé" par la lèse-majesté et était impliqué dans le "douce pression". Mais cela n'a rien entraîné de positif.

Les gouvernements occidentaux, y compris ceux de l'Union Européenne, pourraient faire des déclarations publiques s'opposant à la lèse-majesté et demander à envoyer des observateurs de l'ambassade lors des procès en vertu de cette loi. Ce genre de pression avait auparavant permis de libérer les étudiants prisonniers politiques après le bain de sang du 6 octobre 1976 à Bangkok.

Je n'ai pas d'utopiques illusions sur l'engagement des gouvernements occidentaux vis-à-vis de la liberté et à la démocratie, mais les citoyens de ces gouvernements pourraient mettre la pression sur leurs politiciens afin de soulever la question.

Certains universitaires qui sont impliqués dans des études thaïlandaises ont publié de bonnes déclarations publiques contre le crime de lèse-majesté, mais les choses doivent aller plus loin. La lèse-majesté est également une violation de la liberté académique et certains universitaires et étudiants thaïlandais sont tombés sous le couperet de la loi. Il est temps d'entamer un boycott des institutions universitaires thaïlandais ainsi que des conférences officielles qui sont liées au gouvernement thaïlandais. Jusqu'à présent, rien n'a été fait.

La lèse-majesté ne concerne pas seulement la censure, la violence et l'intimidation par l'état. L'utilisation généralisée de la loi et la promotion maniaque de la monarchie par les militaires et d'autres est un feu vert pour les voyous royalistes ainsi que d'autres acteurs non étatiques pour commettre la violence ou faire des menaces contre les citoyens. Elle s'applique à tous ceux qui sont simplement accusés de lèse-majesté par n'importe qui, qu'ils soient ou non effectivement jugés ou reconnus coupables. Cela est évident dans le cas des universitaires Somsak Jeamteerasakul et Worajet Pakeerat.

Étant donné que la junte militaire augmente son utilisation de la lèse-majesté, qui s'accompagne d'un refus systématique de la liberté sous caution aux justiciables, et étant donné que des gens comme Somyot et Da Torpedo ont été emprisonnés suite à des verdicts terriblement durs, plus de campagnes pour l'abolition de la lèse-majesté sont nécessaires de toute urgence.

En Thaïlande, tandis que les fonctionnaires de l'Etat qui massacrent des manifestants non armés et détruisent la démocratie demeurent en liberté, les gens qui expriment, simplement et de manière totalement non-violente, leur opposition au statu quo sont considérés comme des "criminels".

Somyot Pruksakasemsuk

Somyot Pruksakasemsuk

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Published by liberez-somyot
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