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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 09:27

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/09/24/inequality-in-biscuit-tin-land/

 

L'Office national de l'économie et du développement social a publié une étude récente qui a montré que près d'un quart de la population thaïlandaise (15,6 millions de personnes) vivent dans la pauvreté. Dans le même temps, 0,1% des élites les plus riches possèdent près de la moitié des actifs de la nation. Les riches propriétaires possèdent près de 80% des terres tandis que les 20% les plus pauvres n'en disposent que de 0,3%. Les Thaïs qui font partie du top des 10% gagnent 40% du revenu global, tandis les 10% les plus pauvres n'en gagnent que 1,6%.

Nous savons que le Roi est l'homme le plus riche de Thaïlande et l'un des hommes les plus riches du monde. Pourtant, il a l'audace de faire la leçon aux citoyens avec son idéologie néo-libérale "d'économie de suffisance", où les pauvres doivent apprendre à vivre selon leurs moyens. D'autres millionnaires thaïlandais approuvent ce credo tout en mettant leur museau dans l'auge.

La junte militaire de Prayut a, comme d'habitude, adopté cette idéologie réactionnaire comme une importante pierre angulaire de sa politique.

Cette semaine, il a été annoncé que les fonds publics pour le régime de soins de santé universels, créés par le gouvernement de Taksin, seraient gelés. Ils espèrent ouvrir la voie à un système de co-paiement pour remplacer les soins de santé gratuits.

Auparavant, la junte avait elle-même contribué à une forte augmentation du budget militaire.

Les Thaïlandais utilisent l'expression "sous une coque de noix de coco" pour désigner le pays, où les gens sont forcés de se soumettre à des lobotomies politiques. Maintenant, la Thaïlande est devenue le "biscuit-tin land", après qu'un universitaire pro-démocratie ait assisté à une réunion de la direction de l'université en portant une boîte de biscuits sur la tête. Il protestait contre un collègue universitaire qui avait accepté une position supplémentaire avec la junte tout en conservant son poste universitaire. Le port d'une boîte de biscuits est maintenant devenu un nouveau symbole de résistance et la junte vient d'interdire un séminaire académique sur la question à la Faculté de droit de l'Université de Chiang Mai.

Après l'interdiction d'autres séminaires universitaires à Bangkok et des arrestations d'étudiants, Prayut, le dictateur au cerveau de biscuit, a annoncé qu'il n'y avait "pas de restriction à la liberté académique". Tout ce que la junte ordonnait, c'est que la politique ne devait pas être débattue. Il a poursuivi en expliquant que les gens étaient libres de discuter de ses propres enseignements en 12 points sur la nation, la religion et la monarchie.

Durant les manifestations de la classe moyenne réactionnaires qui ont saboté l'élection plus tôt cette année, on a beaucoup parlé de la "corruption de Taksin et de Yingluk". Cela a été repris par les médias étrangers, sans aucune analyse critique. Mais maintenant, le cumul des postes et donc de plusieurs salaires est devenue une épidémie nationale sous la junte. Un commissaire électoral, célèbre pour son refus d'organiser des élections en février soutenant ainsi les protestataires de la classe moyenne, vient de s'offrir un beau et cher voyage de shopping au Royaume-Uni en prétendant "observer" le référendum écossais. Tout cela s'est fait à la charge des contribuables. Mais il ne semble pas y avoir les mêmes protestations vis-à-vis de cette corruption-là.

Le népotisme non plus n'est pas abordé bien que Prayut ait nommé son propre frère à un poste élevé dans l'armée.

Les pratiques vicieuses et incompétentes habituelles de la police thaïlandaise corrompue ont été exposées lors des meurtres horribles de deux vacanciers britanniques. Mais ce qui se passe tous les jours et c'est l'expérience de la plupart des Thaïlandais, c'est que la police n'a jamais attrapé de vrais criminels, et que ses enquêtes se fondent uniquement sur l'arrestation des boucs émissaires habituels: les travailleurs migrants, les personnes pauvres ou les Chemises rouges. A plusieurs reprises la police s'est livrée à l'assassinat. Elle a assassiné l'avocat des droits de l'homme dans le sud, Somchai Neelapaijit, qui défendait un groupe de Malais musulmans torturés par la police.

Dans le "biscuit-tin land", l'impunité va de pair avec la corruption, la répression et l'inégalité néo-libérale.

"Biscuit-tin land" (pays des boîtes de biscuits)

"Biscuit-tin land" (pays des boîtes de biscuits)

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Published by liberez-somyot
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