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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 09:20

Un article de Thaweeporn Kummetha

Lien:

http://prachatai.org/english/node/4331

 

Les autorités thaïlandaises auraient prévu de mettre en place un dispositif de surveillance à l'encontre des internautes thaïlandais à partir du 15 septembre, ciblant spécifiquement ceux qui produisent ou lisent du contenu lèse-majesté, selon un rapport. Bien que le rapport reste encore à confirmer, il a créé un plus grand climat de peur parmi les médias.

Prachatai a reçu des informations non confirmées provenant de deux sources différentes. Elles disent que le dispositif ciblerait les mots clés liés à la lèse-majesté, qu'il serait relativement puissant et pourrait accéder à tous les types de trafic de communication d'internet. Une autre source affirme qu'il pourrait même surveiller les communications à l'aide de protocoles sécurisés.

Après avoir appris cela, l'équipe éditoriale d'un journal de niveau national en langue thaïe a, à contrecœur, eu recours à une politique de plus grande autocensure. Son rédacteur en chef a mis en garde le personnel éditorial de ne pas parcourir un site internet comportant de la lèse-majesté au travail et d'y réfléchir à deux fois avant de signaler n'importe quelle histoire liée à la lèse-majesté.

L'interception des communications en ligne est illégale en vertu du Computer Crime Act de 2007. Avant le coup, la seule agence de l'Etat qui était légalement autorisé à le faire était le Département des enquêtes spéciales (DSI). Quand le DSI soupçonnait que les informations dans un compte de messagerie ou dans une communication privée étaient liées à un crime, il pouvait demander l'approbation du tribunal pour pirater le compte e-mail suspect ou intercepter la communication - au cas par cas.

En 2010, le DSI a piraté l'email d'Emilio Esteban, que la police a identifié comme étant un Anglais résidant en Espagne et a trouvé plusieurs courriels de ressortissants thaïlandais qui lui envoyaient des liens et des vidéos contenant de la lèse-majesté afin de lui faciliter la publication sur son défunt blog "Stop Lèse Majesté" publié sur blogspot. Cela a conduit trois hommes thaïlandais à être jugés et emprisonnés pour crime de lèse-majesté.

Cependant, vu qu'un ordre du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO) de la junte ayant le statut d'une loi, le résultat est que tous les internautes thaïlandais deviennent vulnérables vis-à-vis de la surveillance de masse.

L'ordonnance no 26/2014 du NCPO, publié le 29 mai, intitulé "Pour le contrôle et la surveillance de l'utilisation des médias sociaux", indique que, pour empêcher la diffusion de fausses informations sur l'internet, le Secrétaire permanent (du MICT) peut désigner un groupe de travail afin de:

1 - Contrôler et accéder à la circulation par les ordinateurs, internet et les médias sociaux, de photos, textes, vidéos et audio qui sont censés susciter de la violence et des troubles, qui sont considérées comme illégaux et qui violent les ordres du NCPO.

2 - Avoir le pouvoir d'arrêter la diffusion sur des sites internet et des médias sociaux de photos, textes et audio qui sont jugés comme violant le paragraphe 1

3 - Utiliser le pouvoir conféré par la loi pour poursuivre les malfaiteurs et travailler avec le NCPO.

L'idée de surveillance massive des Thaïlandais n'est pas réellement nouvelle. Au début de 2010, le MICT a lancé un plan pour forcer tous les fournisseurs de services Internet (FSI) à installer des outils renifleurs, invoquant la nécessité de supprimer des contenus piratés comme principale raison.

"La surveillance du trafic suspect sur ​​le réseau Internet est la façon dont nous traitons la racine de la cause. C'est mieux que d'arrêter les malfaiteurs après que les crimes ne soient commis," avait déclaré, en 2010, Ajin Jiracheeppattana, alors Directeur du Bureau de Promotion de l'ICT du MICT, au média ASTV-Manager.

La question avait alors semblé se retourner contre le ministère après que les internautes thaïlandais et les médias aient fermement condamné l'idée.

Cependant, elle est revenue sur le tapis à nouveau à la fin de 2011, lorsque Chalerm Yoobamrung, alors vice-premier ministre, voulait se vanter du serieux de l'administration de Yingluck Shinawatra dans la répression des infractions contre la monarchie. Chalerm a déclaré aux médias que le MICT avait prévu de dépenser 400 millions de baht afin d'acheter un appareil capable de "couper le signal des sites lèse-majesté."

Depuis mercredi dernier, Prachatai a essayé d'atteindre Thanit Prapatanan, le directeur de la prévention et la répression du crime des communications, le MICT, pour une entrevue, mais il n'était toujours pas disponible au moment de la publication de cet article.

Thaweeporn Kummetha

Thaweeporn Kummetha

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Published by liberez-somyot
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