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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 02:30

Exclusif: des gens témoignent qu'ils ont été électrocutés et battus pendant leur détention par l'armée thaïlandaise

Un article de Thaweporn Kummetha
Lien:
http://prachatai.org/english/node/4395
 
Prachatai avait déjà publié des rapports exclusifs de maltraitance venus de deux groupes de militants étudiants anti-putschistes venus d'une université de Bangkok et de l'Université de Mahasarakham, une province du Nord-Est. Ils ont eu les yeux bandés, puis ont été menacés d'être tués et ont subi des agressions mineures.  
Au début d'août, Kritsuda Khunasen, une militante chemise rouge, a témoignée que les soldats lui avaient bandé les yeux, puis l'avaient roué de coups, harcelé sexuellement, et pratiqué contre elle la torture par suffocation.  
À la mi-septembre, des avocats thaïlandais pour les droits humains ont révélé dans leur rapport que 14 personnes au moins auraient été torturées physiquement et psychologiquement par l'armée. Tous étaient suspects dans les affaires liées à la violence politique et aux armes. La plupart d'entre eux sont des Chemises rouges. Parmi les méthodes de torture figuraient les coups, et l'électrocution.
Les militaires et les policiers ont toujours nié les allégations de torture et prétendu avoir bien traités tous les détenus. Malgré les appels des différentes organisations, locales et internationales, de défense des droits humains, ils ont toujours refusé de mettre en place un organisme indépendant pour enquêter sur ces cas.  
Toutefois, Prachatai a interviewé trois suspects, deux d'entre eux ont été accusés d'avoir commis des crimes liés à la violence politique au cours des manifestations des Chemises rouges en 2010 et de l'anti-électoral Comité de réforme démocratique populaire (PDRC) en 2014.
Prachatai a parlé aux trois suspects, qui ont été arrêtés après le coup d'Etat du 22 mai et auraient été torturés pendant leur détention. Deux d'entre eux sont des partisans des Chemises rouges dont les accusations sont liées à la violence politique. Le troisième a été accusé de trafic de drogues illicites.  
Les rapports de torture comprennent des décharges électriques sur les organes génitaux, de l'étouffement, des coups continus toute la nuit, et la détention dans un trou dans le sol, tandis que le trou était comblé.
 
Suspect 1:
Chatchawan Prabbamrung
Âge: 45 ans
Profession: Réparateur de systèmes de réfrigérations
Arrêté: le 6 juillet 2014
Mandat d'arrêt de la Cour délivré le: 14 juillet 2014
Inculpation de la police déposé le: 15 juillet 2014
Période de détention: 9 jours
Accusation: assassinat prémédité, bombardement ayant causé des blessures, possession d'explosifs illégaux, transport d'explosifs dans un lieu public.
Il a été accusé d'avoir tiré des grenades M79 sur l'hypermarché Big C situé sur la route de Ratchadamri lors de la manifestation du Comité de réforme démocratique populaire contre l'élection du 24 Février 2014, qui ont tué deux enfants.
Compte rendu des allégations de torture:
Environ 50 officiers de l'armée lourdement armés ont arrêté Chatchawan et sa femme à une intersection dans le nord de la province de Chiang Mai et les ont emmenés dans deux fourgons différents. Lors du voyage, les soldats leur ont bandé les yeux et ont dit à Chatchawan d'avouer sinon, ont-ils menacé, sa femme "ne serait pas sans danger".
Apres l'arrivée dans une destination inconnue, les soldats lui ont attaché les mains derrière le dos. Deux hommes, qui portaient des masques ressemblant à des animaux, l'ont battu pendant près de quatre heures. Il a ensuite été transféré dans une salle au sous-sol. Dans la salle, un fil électrique enveloppé dans du coton absorbant a été attaché à ses parties génitales, tandis qu'un autre fil a été inséré dans son anus. L'officier a projeté de l'eau sur lui et allumé l'électricité. Apres qu'il ait poussé un cri de douleur, l'homme a couvert sa tête avec un sac en plastique afin de l'étouffer. Un officier lui a ensuite mis un pistolet dans la bouche. Cela afin de le forcer à répondre à leur question; où avait-il caché les armes.
Il avait été détenu pendant plusieurs jours avant d'être présenté à une conférence de presse et formellement accusé ainsi que trois autres suspects.
Sa femme a été détenue pendant plusieurs jours avant d'être libéré. Même si elle n'a pas été battue, elle a été soumise à l'isolement dans une pièce sans fenêtres de sorte qu'elle ne pouvait pas savoir si c'était le jour ou la nuit.
 
Suspect 2: 
Kittisak Soomsri
Âge: 45 ans
Profession: employé de la Commission de l'enseignement professionnel
Arrêté: la nuit du 5 septembre 2014
Conférence de presse de la police le 11 septembre 2014
Accusation: possession et utilisation d'armes illégales, port d'armes dans un lieu public. Le suspect a été conduit à une conférence de presse en compagnie de cinq autres suspects. Les médias ont indiqué que c'étaient les "hommes en noir" responsables de la mort du colonel Romklao Thuwatham, tués par des explosifs lors d'affrontements qui se sont déroulé le 10 avril 2010 pendant la manifestation des Chemises rouges dans l'Avenue Rajdamnoen. La police a précisé plus tard qu'ils n'étaient pas impliqués dans la mort de Romklao et que leur opération présumée aurait eu lieu à une intersection différente sur la même route.
Compte rendu des allégations de torture:
Trois hommes l'ont arrêté à son bureau sans mandat d'arrêt de la Cour. Ils ont également menacé sa femme de ne pas déposer de plainte à la police, sinon toute la famille ne serait pas en "sûreté". Il a ensuite été détenu dans un lieu inconnu.
L'interrogatoire a commencé la première nuit. Un sac a été utilisé pour couvrir sa tête de sorte qu'il ne pouvait pas voir le visage de l'interrogateur. Pendant l'interrogatoire, il a été frappé sur la tête et la bouche à plusieurs reprises. Deux hommes se sont assis sur son ventre et ses jambes. À l'heure du coucher, le bandeau a été retiré. Il a été menotté tout le temps, même quand il a mangé, dormi ou est allé à la salle de bain.
Ces méthodes de torture étaient destinées à lui faire avouer avoir commis le crime du 10 avril 2010 ainsi que d'autres.
Il a avoué le lendemain matin parce qu'il ne pouvait plus supporter la torture.
 
Suspect 3:  
Bancha Kodphuthorn
Âge: 28 ans
Profession: Travailleur en construction
Arrêté le 22 Juillet 2014
Formellement inculpé: 23 Juillet 2014
Détention avant inculpation: 1 nuit
Accusation: vol
Compte rendu des allégations de torture:
Au cours de la nuit du 22 juillet, plusieurs officiers de l'armée et de la police ont fait irruption dans la maison de son ami, où il était en visite. Bancha et le propriétaire de la maison ont été arrêtés, mis dans une voiture et on leur a bandé les yeux afin qu'ils ne sachent pas où ils allaient. Arrivé à la destination inconnue, les yeux toujours bandés, on lui a donné des coups de pieds et giflé à plusieurs reprises. Quand il a répondu qu'il ne savait pas, ils l'ont battu à nouveau. Après une heure de tabassage, il a été poussé dans un trou creusé dans le sol. Les officiers ont rempli le trou avec de la terre jusqu'à ce que le niveau atteigne au cou. Puis il a été frappé avec une arme à feu. Après une demi-heure dans le trou, il a été mis sur le sol et battu toute la nuit jusqu'au matin du jour suivant.
La torture était destinée à le forcer à nommer les membres d'un gang de trafic de drogue.

Bancha a été poussé dans un trou creusé dans le sol. Les officiers ont rempli le trou avec de la terre jusqu'à ce que le niveau atteigne au cou.

Bancha a été poussé dans un trou creusé dans le sol. Les officiers ont rempli le trou avec de la terre jusqu'à ce que le niveau atteigne au cou.

La journaliste de Prachatai Thaweporn Kummetha

La journaliste de Prachatai Thaweporn Kummetha

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Published by liberez-somyot
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