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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 14:32

Le Prince Héritier serait le déclencheur de la purge parmi les haut-gradés de la police thaïlandaise.

Des sources expliquent que la purge de la police n'aurait rien à voir avec une volonté de réforme

Un article d'Asia Sentinel

Lien:

http://www.asiasentinel.com/society/thailand-prince-said-to-trigger-police-purge/

 

Un séisme figuratif s'est produit dans la notoirement corrompue police thaïlandaise cette semaine avec l'arrestation de certains des plus importants représentants de cette institution, dont Pongpat Chayaphan, le chef du Bureau Central d'Enquête, le FBI de la Thaïlande.

Sept des collègues de Pongpat ont été arrêtés avec lui pour des accusations de corruption lors de nominations d'emploi ainsi que d'autorisation illégale de jeu et de contrebande de pétrole et ont été montré aux journalistes. L'un d'entre eux est mort en détention après avoir été démis de son poste, mais il avait été inculpé auparavant selon les autorités qui prétendent qu'il se serait suicidé en sautant d'un bâtiment, bien qu'il ait été presque immédiatement incinéré, ce qui laisse soupçonner que quelque chose d'autre lui serait arrivé.

Il serait tentant de croire que ces arrestations signifieraient que l'armée, qui a organisé le coup d'Etat du 22 mai dernier et a promis de nettoyer la Thaïlande de sa corruption endémique, ait finalement commencé par la police, six mois après que Prayuth Chan-ocha ait pris en charge le pays et chassé les forces alignées avec l'ancien Premier ministre fugitif Thaksin Shinawatra. La police était considérée comme la base du pouvoir de Thaksin, qui venait lui-même des rangs de la police.

Mais selon plusieurs sources, il y aurait une raison plus sombre et plus déroutante derrière ces arrestations.

Pongpat est l'oncle de la princesse Srirasmi Akharapongpreecha, l'épouse du Prince héritier Maha Vajiralongkorn, l'héritier du trône de Thaïlande. Cette femme de 42 ans, qui est considérée dans certains milieux de la société thaïlandaise comme une ancienne hôtesse de bar, a épousé Vajiralongkorn en 2001 et est sa troisième épouse. Une quatrième femme est déjà installée dans le palais et l'on affirme qu'elle est enceinte.

Selon plusieurs sources, le prince héritier a demandé au Conseil privé, les conseillers du roi, la permission du monarque pour divorcer de Srirasmi mais ils auraient refusé car ils ne veulent pas déranger le roi malade, Bhumibol Adulyadej, qui, âgé de 86 ans, est en très mauvaise santé après avoir subi un accident vasculaire cérébral qui l'a complètement incapacisé.

Rien de cela n'est connu du public, bien que les cercles royaux ne parlent que de cette histoire. Cela rappelle le mariage du prince avec sa seconde femme, charitablement décrite comme une actrice en herbe qui a également été nommée major de l'armée royale thaïlandaise à l'instigation du prince et qui a participé à des cérémonies royales. Il y avait des préoccupations comme quoi elle avait amassé de la puissance pour son propre compte. Accusée d'adultère, elle a été forcée de fuir au Royaume-Uni avec ses quatre enfants. Le prince, cependant, a enlevé la fille qu'il avait eu avec elle et l'a ramenée en Thaïlande afin qu'elle vive avec lui. Cette dernière a été élevée au rang de princesse tandis que l'ancienne épouse ainsi que les trois autres enfants (Note de Libérez-Somyot: en fait quatre, tous des garçons) ont été dépouillés de leurs passeports.

Avec le roi Bhumibol dans le coma et apparemment près de la mort, la Thaïlande est en proie, derrière la scène, à de graves préoccupations sur la succession, notamment parce que Vajiralongkorn est considéré comme proche du fugitif Thaksin, qui lui a construit un palais, bien qu'il se pourrait qu'ils ne soient plus proche l'un de l'autre. Le prince a été décrit dans les câbles secrets de l'ambassade américaine publiés par Wikileaks comme instable. Les membres du Conseil privé ont confié qu'ils craignaient son élévation au trône et préféreraient sa sœur, Maha Chakri Sirindhorn. Cependant, les lois de succession précisent que l'héritier du trône doit être un mâle.

En raison de la nature sensible de la succession, les autorités ont utilisé la loi de lèse-majesté, la plus dure de la planète, dans le but de supprimer toute discussion sur la question. En vertu des dispositions de cette loi, toutes les critiques du roi, de la reine, du prince héritier, du régent, des projets de développement royaux, de l'institution royale, de la dynastie Chakri, ou de tous les parents du roi sont interdites. Cela a, de manière effective, empêché toute discussion sur tout ce qui a à voir avec la famille royale dans la presse.

Ainsi, les raisons de l'arrestation des alliés de Vajiralongkorn dans les forces de police restent inconnues. Mais une chose est claire. Cela ne signale probablement pas un nettoyage plus large de la police. Vajiralongkorn aurait abandonné Thaksin afin de faire cause commune avec Prayuth et l'armée en échange du soutien de la junte pour qu'il devienne roi.

"Une véritable réforme exigerait une refonte totale du système de la police en Thaïlande car cette force s'est construite sur la corruption", a déclaré un homme d'affaires expatrié de longue date. "Elle est obligatoire pour toute recrue dès le premier mois ou elle rejoint cette force. Si vous voyez des réformes systémiques profondes mises en œuvre, alors ce serait une raison d'être optimiste. L'arrestation de quelques officiers parmi des milliers n'a pas beaucoup d'importance".

Cela dit, les autorités ont apparemment fait un boucan incroyable lors de cette arrestation y compris en montrant les actifs saisis d'une valeur de 10 milliards de baths (306,8 millions de dollars US) en espèces, or, titres fonciers, amulettes bouddhistes et antiquités.

Selon les médias locaux, les suspects auraient utilisé les allégations de liens avec le palais afin de perpétrer leurs crimes, mais Somyos (Note de Libérez-Somyot: Il s’agit du chef de la police qui possède le même prénom que le prisonnier politique que nous soutenons) a refusé d'élaborer sur les accusations de lèse-majesté, passible d'une peine allant jusqu'à 15 ans de prison.

En plus de Pongpat, les sept autres policiers arrêtés sont le chef adjoint du bureau d'enquête, le chef de la police maritime, un responsable de la Division de la police de protection des consommateurs, deux autres officiers de police [dont l'affectation est pour le moment inconnue], ainsi que le chauffeur de Pongpat.

C'était une terrible chute pour Pongpat, qui est apparu devant les journalistes, escorté par des policiers vêtu d’un T-shirt. Avant de devenir le chef de l'unité centrale du renseignement, il avait acquis une réputation de chasseur du crime, selon les médias locaux, et avait occupé plusieurs postes de haut niveau, y compris au sommet de la Division de la répression de la criminalité.

Pongpat Chayaphan en T-shirt blanc sur la photo

Pongpat Chayaphan en T-shirt blanc sur la photo

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Published by liberez-somyot
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