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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 12:30

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/11/09/thailand-25-years-after-the-end-of-the-berlin-wall/

 

La fin de la guerre froide, symbolisée par la destruction du mur de Berlin il y a 25 ans, a eu un impact politique sur la Thaïlande et ses effets sont encore visibles aujourd'hui dans la crise actuelle.

La destruction du mur de Berlin a été le dernier clou dans le cercueil du Parti Communiste maoïste de Thaïlande (PCT). Le parti était déjà en déclin en raison de la désillusion des étudiants qui l'avaient rejoint dans la jungle et les montagnes après le bain de sang du 6 octobre 1976. Les étudiants étaient mécontents de la nature autoritaire du parti. Un autre facteur dans le déclin du PCT a été le nouvel alignement international où la Chine a amélioré ses relations avec la junte thaïlandaise et les Etats-Unis en devenant hostile à la Russie et au Vietnam.

Ceux qui ont quitté les fiefs du PCT dans la jungle et sont retourné vers la société tout en restant politiquement actif, se sont repartis dans trois principaux groupes.

Le premier groupe s'est finalement intégré dans le Parti Thai Rak Thai de Taksin (TRT) et les Chemises rouges. Ils ont été attirés par des politiques pro-pauvres du TRT et la politique stalinienne-maoïste d'alliances avec les "hommes d'affaires progressistes" a contribué à légitimer leur alliance avec Taksin. Pumtam Wechayachai, un homme politique de premier plan du TRT, se vantait qu'ils avaient maintenant "pris le pouvoir de l'Etat" sans les privations de la vie dans les camps de la jungle. Aussi bien Weng que Tida, les deux dirigeants des Chemises rouges de l'UDD, ont été auparavant de hauts responsables du PCT.

Le deuxième groupe de militants a organisé des ONG et tourné le dos à la grande politique de l'image. Leur but était de faire pression sur les élites et d'utiliser des fonds étrangers pour aider les villageois pauvres. Ils ont rejeté l'idée de la nécessité d'un parti politique progressiste, estimant que tous les partis ont tendance à l'autoritarisme. Ils ont également rejeté la démocratie représentative et voulaient ignorer l'état. Ces idées anarchistes ont dépolitisé et affaibli les ONG et signifié qu'ils avaient échoué à construire des mouvements de masse ainsi que tout pouvoir politique. Au lieu de cela, leurs ONG fonctionnent comme des petites entreprises autoritaires. Quand le TRT de Taksin est arrivé au pouvoir et a utilisé des fonds publics pour améliorer les conditions de vie des villageois d'une manière significative, les ONG ont été furieuses contre le gouvernement dont la politique faisait que leurs efforts précédents semblaient hors de propos. Mais les ONG ne disposaient pas d'un mouvement de masse ni d'aucune influence politique. Elles ont donc fait une alliance réactionnaire avec les chemises jaunes et ont salué l'intervention de l'armée.

Le troisième groupe de militants qui ont quitté la jungle sont devenu des universitaires. La quasi-totalité d'entre eux ont conclu que "le socialisme est terminé", malgré le fait que ce qui avait vraiment pris fin était le stalinisme et les régimes autoritaires de capitalisme d'Etat en Russie et en Europe de l'Est. Les choix du monde réel n'ont jamais été qu'un choix unique entre le capitalisme d'Etat stalinien et le capitalisme de marché libre. Il y a toujours une troisième possibilité du "socialisme venu d'en bas", représenté par les idées de Marx, Lénine, Trotsky et Rosa Luxembourg. La crise économique mondiale de 2008 l'a très clairement montré de même que l'inégalité croissante qui résulte des politiques néolibérales du marché libre en Chine, au Vietnam et en Europe de l'Est, sans mentionner le reste du monde. Ces universitaires sont devenus des apologistes de droite pour les militaires et certains peuvent maintenant être vus siégeant dans les comités anti-réformes de la junte.

En regardant en arrière au cours des 25 dernières années, il est clair que les chemins des deux côtés; qui les ont conduit à devenir soit des Chemises rouges soit des Chemises jaunes, étaient tous les deux problématiques. Ils ne disposaient pas d'une stratégie socialiste d'autonomisation de la classe ouvrière montante et des petits agriculteurs à travers la construction d'un parti et mouvement de masse indépendant des élites.

Le journal Libération lors de la chute du mur de Berlin (édition du samedi 11 et dimanche 12 novembre 1989)

Le journal Libération lors de la chute du mur de Berlin (édition du samedi 11 et dimanche 12 novembre 1989)

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Published by liberez-somyot
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