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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 00:07

Bangkok : deux jeunes plaident coupable pour crime de lèse-majesté

Un article d'Amélie Petitdemange

Lien:

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/bankgok-deux-jeunes-plaident-coupable-pour-crime-de-lese-majeste-10344/

 

Deux jeunes Thaïlandais plaident coupable ce lundi 29 décembre dans un procès de lèse-majesté. Ils avaient été emprisonnés en août, pour avoir représenté à l’université Thammasat de Bangkok une pièce de théâtre, jugée trop subversive par la junte militaire.

Deux jeunes Thaïlandais plaident coupable ce lundi 29 décembre dans une affaire de lèse-majesté. Porntip Mankong, activiste de 25 ans, et Patiwat Saraiyaem, étudiant en musique de 23 ans, sont poursuivis pour avoir représenté une pièce de théâtre peu au goût de la junte militaire, au pouvoir en Thaïlande. La fiancée du loup («Jao Sao Ma Pa» en thaï) mettait en scène une royauté fictionnelle. Jouée à la prestigieuse université Thammasat de Bangkok, la pièce commémorait le soulèvement étudiant d’octobre 1973, réprimé dans le sang par l’armée.

L’armée, qui a pris le pouvoir dans le pays après la destitution de la Première ministre Yingluck Shinawatra en mai dernier, voit d’un mauvais œil ces souvenirs sanglants. D’autant que le général Prayuth Chan-ocha, qui devait organiser des élections en juillet, a plutôt choisi de se faire nommer Premier ministre trois mois plus tard.

Patiwat Saraiyaem et Porntip Mankong sont détenus depuis août dans l’attente de ce procès. Ils sont tous deux apparus à l’audience en costume marron clair de prisonnier, pieds nus, l’un avec des chaînes aux pieds. «Mon garçon n’avait aucune mauvaise intention», a plaidé le père de Patiwat, agent de sécurité qui avait revêtu pour l’occasion une chemise jaune, couleur du roi. Le verdict, a priori peu clément, sera prononcé le 23 février 2015.

«Spirale du silence»

Amnesty International dénonçait le 9 décembre une «répression de la liberté d’expression», qui «crée une spirale du silence» en Thaïlande. «Les autorités militaires de la Thaïlande doivent mettre un terme à la détérioration inquiétante de la liberté d’expression et de réunion pacifique, et notamment à l’utilisation effrénée de la loi relative au crime de lèse-majesté», avait déclaré l’association à l’approche de la Journée des droits de l’homme.

La junte est en effet très sévère face aux éventuelles critiques du système monarchique. Le roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, bien que dénué de rôle politique officiel, est protégé par une des législations les plus sévères du monde. Un musicien de 28 ans a ainsi été condamné fin juillet à quinze ans de prison pour des propos jugés insultants envers la monarchie.

Le 17 décembre, le pouvoir a même décidé d’étendre cette répression hors du pays. Il a promis de «traquer et arrêter [les] suspects» de lèse-majesté exilés à l’étranger, notamment en France et en Grande-Bretagne.

Le général Prayuth Chan-ocha, chef de la junte thaïlandaise

Le général Prayuth Chan-ocha, chef de la junte thaïlandaise

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Published by liberez-somyot
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