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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 11:00

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https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/01/20/lese-majeste-and-foreign-policy/

Les dictateurs militaires ne brillent généralement pas par leur intelligence. C'est aussi vrai en Thaïlande qu'ailleurs. Ses dirigeants militaires hésitent sur les politiques à tenir alors que quelques questions les préoccupent. Malheureusement, ce ne sont que des bêtises idéologiques qui comprennent un ultranationalisme brut entraînée par la lèse-majesté et une répression réactionnaire contre tous ceux qui sont perçus comme anti-coup d'Etat et antimilitaire. Ils n'ont que des réponses brutes et généralement peu réfléchies dans ces deux cas.

Quand la politique étrangère se trouve entre les mains des militaires, ces derniers ont tendance à être assez perdus et ont rarement les compétences des diplomates. Lorsque la lèse-majesté et la diplomatie troublent l'esprit lent d'un militaire, il n'y a pas beaucoup d'occasions pour lui d'examen approfondi.

Comme nous l'avons posté précédemment, des royalistes furieux et le ministère des Affaires étrangères, dont l'action est dirigée par le dictateur, le général Prayuth Chan-ocha, ont été frénétiques afin de contrer les efforts du HCR pour obtenir que le gouvernement de Nouvelle-Zélande offre l'asile politique à Ekaphop Luera. Ekaphop a été inculpé en Thaïlande en vertu de la loi draconienne de lèse-majesté qui a été implacablement mise en œuvre par le régime militaro/royaliste. La réponse de la Nouvelle-Zélande à la folie de la lèse-majesté a été prudente et réfléchie.

Selon un rapport de Khaosod, Prayuth a effectivement affirmé quelque chose d'un peu sensé. Toutefois ne vous arrêtez pas à ce petit éloge vis-à-vis du dictateur,.

Prayuth doit sentir la chaleur royaliste intérieure car il a déclaré aux journalistes qu'il ne pouvait pas faire beaucoup plus: "Ils prétendent qu'il s'agit d'une assistance basée sur l'aspect humanitaire, alors que puis-je faire?" Il est logique quand il explique aux royalistes fous furieux qu'attaquer le HCR et lancer un appel pour arrêter les dons à cette organisation était une erreur mélangeant la lèse-majesté et le travail de l'agence internationale.

Mais il revient au mode agréable vis-à-vis des royalistes du pays quand il prétend avoir "envoyé une lettre de protestation à l'agence pour les réfugiés des Nations Unies pour avoir aidé un homme soupçonné de crime de lèse-majesté à s'enfuir de Thaïlande." Prayuth a ajouté que "le ministère des Affaires étrangères avait envoyé des lettres de protestation" à environ "7 ou 8 pays" dont le régime pense qu'ils "hébergent des Thaïlandais suspects de lèse-majesté". Prayuth ajoute cependant "qu'aucun de ces gouvernements étrangers n'avait répondu aux lettres".

La suite de son discours est également un peu censée: "Ils ne nous ont pas donné de réponse, alors nous ne pouvons rien faire de plus à ce sujet..." Mais là où il montre son manque de connaissances et son point de vue militaire étroit, c'est quand il affirme que la Thaïlande ne peut rien faire "parce que nous ne sommes pas assez fort pour combattre le monde entier... Nous devons d'abord attendre de devenir une superpuissance avant de penser à faire quelque chose comme cela".

C'est malgré tout une déclaration raisonnable. Mais c'est dit dans le contexte de la ridicule et féodale loi de lèse-majesté de Thaïlande qui criminalise la liberté d'expression et de pensée, et des discours politiques plutôt normaux. C'est également dans le contexte de l'utilisation la plus scandaleuse de la loi depuis sa mise en place il y a plus d'un siècle. Prayuth en porte la responsabilité.

La lèse-majesté et la politique étrangère

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Published by liberez-somyot
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