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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 13:17

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/03/18/thai-junta-uses-torture-and-kidnappings/

 

Les "avocats thaïlandais des droits humains" ont publié une déclaration condamnant le traitement par la junte militaire de quatre des neuf accusés qui ont été accusés d'avoir lancé une grenade RGD-5 dans le parking de la Cour pénale de Rachadpisek à Bangkok le 7 mars 2015. L'attaque à la grenade sur le parking de la cour n'a fait aucune victime. Selon les "Avocats thaïlandais pour les droits humains" ces quatre accusés ont été soumis à des passages à tabac et des chocs électriques afin d'extraire des "aveux" de leur part. La torture physique de Sansern Si-oonrungrueng, Charnwit Jariyanukun, Norpat Luapon et Wichai Yusuk a eu lieu alors qu'ils étaient en détention militaire entre le 9 et le 15 mars 2015. Ils ont également reçu des menaces verbales de violence. Ils se sont vu refuser la liberté sous caution.

Un des quatre accusés montre des traces de torture à l'électricité

Un des quatre accusés montre des traces de torture à l'électricité

Ce n'est pas la première fois que la junte utilise la torture physique et mentale contre des détenus depuis le coup d'Etat militaire de mai 2014. Mlle Kritsuda Khunasen a fui la Thaïlande peu de temps après avoir été libérée d'une détention illégale au secret de 3 semaines et a accusé les soldats de l'avoir torturé.

En plus de tout cela, les militants pro-démocratie qui sont arrêtés en Thaïlande aujourd'hui, doivent faire face à des tribunaux militaires qui dispensent une justice sommaire d'une manière systématique.

Dans une procédure distincte, mais connexe, les soldats ont enlevés Mlle Nattathida Meewangpla, une infirmière bénévole qui est aussi un témoin clé des assassinats de civils non armés par les militaires au temple Wat Patum le 19 mai 2010. Elle a été emmenée par des soldats sans mandat pour son arrestation. Lors de l'incident sanglant de Wat Patum, six personnes, dont deux infirmières bénévoles, ont été abattues de sang-froid par des snipers militaires stationnés sur la ligne de métro aérien surplombant le temple. Wat Patum avait été désigné par les troupes du général Prayut Chan-ocha comme un "refuge sûr" au cours de leur sanglante répression contre les Chemises rouges pro-démocratie désarmés. Près d'une centaine de civils ont été tués par les soldats du général Prayut ce mois-là. Le premier ministre et le vice-premier ministre installés par les militaires étaient à l'époque Abhisit Vejjajiva et Sutep Tueksuban du Parti Démocrate. Prayut s'est lui-même nommé chef de la junte actuelle et premier ministre après le récent coup d'Etat de mai 2014.

En août 2013, la Cour de justice a statué que ceux qui avaient été abattus dans le temple Wat Patum étaient des civils non armés et que les tirs venaient de la direction de l'endroit où les forces de sécurité étaient stationnés sur la ligne de métro aérien.

Mai 2010, des militaires stationnés sur la ligne de métro aérien tirent sur le Wat Patum

Mai 2010, des militaires stationnés sur la ligne de métro aérien tirent sur le Wat Patum

Le tribunal a jugé qu'il n'y avait aucune preuve comme quoi il y aurait eu des manifestants armés ou de soi-disant "hommes en noir". Abhisit et Prayut ont longtemps essayé de mentir en prétendant que les manifestants chemises rouges étaient armés, afin de justifier les tirs de sang-froid par les militaires.

Utilisation de la torture et enlèvements de dissidents par la junte thaïlandaise

Malgré la décision du tribunal, aucun des officiers militaires, ni des fonctionnaires de l'Etat, n'ont été accusés d'assassinat et Prayut, Abhisit et Sutep n'ont jamais été tenu pour responsable de ces assassinats.

Lors d'un volte-face bizarre dans le cas de l'arrestation du témoin clé de ces évènements, les militaires ont d'abord nié qu'ils avaient arrêté Mlle Nattathida Meewangpla. Le colonel Winthai Suwaree, porte-parole de la junte, a nié que Nattathida était en détention militaire, et a attribué son enlèvement présumé à des "personnes ayant de mauvaises intentions" qui se seraient déguisés en officiers militaires. Ensuite, les militaires ont finalement dû admettre qu'elle était en fait détenue par l'armée depuis le 11 mars. Le 17 mars, elle a été transférée à la police et accusée d'être impliqué dans l'attaque à la grenade de la Cour pénale.

Nattathida Meewangpla

Nattathida Meewangpla

Le traitement de Nattathida, ainsi que les accusations portées contre elle, sont une tentative mal dissimulée par les militaires de se blanchir pour le cas de l'incident du Wat Patum et d'absoudre les tueurs de l'Etat comme Prayut et Abhisit.

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Published by liberez-somyot
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