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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 18:48

Le 8 mai dernier, les peuples et les gouvernements de la plupart des pays du Monde ont célébrés la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Mais quel a été le rôle et la participation de la Thaïlande lors de ce conflit?

Tout d'abord, il faut savoir que, dans les années 1930, le premier ministre thaïlandais de l'époque, le Marechal Pibun Songgran, était un aficionado du dictateur fasciste italien, Benito Mussolini, et que lors de son voyage en Italie en 1936, il s'était fait offrir par le Duce un portrait de ce dernier avec un autographe avec ces mots; "A mon ami Pibun Songgran qui partage les mêmes valeurs que moi." Signé: Benito Mussolini.

En 1934, le roi thaïlandais Rama VII s'est rendu à Berlin ou, après avoir signé un pacte d'alliance de son pays avec celui d'Hitler, il a donné l'accolade à ce dernier.

Rama VII serrant la main à Hitler

Rama VII serrant la main à Hitler

En 1940, à la suite de la défaite de la France face à l'Axe (l'alliance Germano-Italo-Japonaise), le Marechal Pibun Songgran a trouvé que c'était l'occasion idéale d'attaquer l'Indochine française qui avait cessé d'être protégée par la métropole suite à la défaite et qui ne pouvait plus compter que sur elle-même.
Face à la Thaïlande, forte de 300,000 soldats, d'une marine moderne équipée de navires importés d'Italie et du Japon, d'une force aérienne moderne (pour l'époque) équipée de 300 avions de chasse d'origine japonaise ainsi que d'une centaine de bombardiers et d'environ 200 véhicules blindés, l'Indochine Française, dirigée par l'amiral vichyste Decoux, ne disposait que de 60,000 hommes mal équipés à l'exception d'un bataillon de la Légion étrangère et d'un bataillon de l'infanterie coloniale, soit 20,000 hommes, ce qui représentait un tiers seulement des forces chargées de défendre l'Indochine, d'une centaine d'avions bombardiers biplans datant de la première guerre mondiale, d'une quinzaine de chasseurs monoplans "Morane", de quelques pièces d'artillerie et d'un seul navire de guerre moderne. Les forces franco-indochinoises n'avaient aucuns véhicules blindés.
Lors de la Bataille Navale de Koh Chang, le 17 janvier 1941, les 2 cuirassés modernes thaïlandais livrés par le Japon et 3 navires torpilleurs thaïlandais livrés par l'Italie furent coulés par un seul navire français, le croiseur "Lamotte-Picquet", le seul navire qui avait été laissé par la France pour défendre l'Indochine française.
Sur terre, les soldats thaïlandais réussirent à prendre la ville de Poipet située à la frontière entre le Cambodge français et la Thaïlande... mais guère plus. L'intervention des légionnaires français avait bloqué les troupes siamoises à quelques kilomètres de la ville de Battambang, restée aux mains des Français.
Le Japon, qui venait d'attaquer avec succès les forces françaises dans le Nord du Vietnam, a dû alors imposer son arbitrage afin de protéger ses alliés fascistes thaïlandais:
"Tous les territoires occupés par la France après 1893 revenaient à la Thaïlande (Battambang et Siem Reap au Cambodge ainsi que Champassak et Sanyabuli au Laos", selon les termes de la "médiation japonaise".
L’Indochine française, alors gouvernée par Vichy, a capitulé malgré ses victoires militaires contre la Thaïlande. Son gouverneur, l'amiral Decoux, a néanmoins réussi à obtenir que les temples d'Angkor restent la propriété de l'Indochine française.
Le dictateur-général Pibun Songgran a alors demandé à l'artiste fasciste italien Corrado Feroci d'élever un monument de la victoire à Bangkok.
C'est l'actuel "Victory Monument" de Bangkok qui ne célèbre en fait qu'une défaite.
En décembre 1941, peu après l'attaque de Pearl Harbour, les forces japonaises ont débarquées en Thaïlande. A part quelques escarmouches, les forces thaïlandaises n'ont pas résistés. Par contre, la police des frontières thaïlandaise a résisté contre les forces britanniques venues de Malaisie afin d'empêcher un débarquement japonais à Songkhla (une ville du sud de la Thaïlande proche de la frontière de la Malaisie britannique et appelée "Singora" à l'époque). Cette résistance de la part de la police des frontières thaïlandaise a permis aux forces japonaises de débarquer en toute tranquillité et d'envahir ensuite la Malaisie et Singapour.
Ensuite, les troupes thaïlandaises, dirigées par le général Sarit Thanarat (un futur dictateur), ont envahis la Birmanie britannique aux cotés des troupes japonaises.

Les forces thaïlandaises et japonaises main dans la main durant la Seconde Guerre Mondiale

Les forces thaïlandaises et japonaises main dans la main durant la Seconde Guerre Mondiale

Les Thaïlandais ont envahis l'Etat Chan (situé au Nord-est de la Birmanie) tandis que les troupes japonaises envahissaient le reste du pays.

Apres quelques faciles victoires contre des éléments britanniques en déroute et contre une armée chinoise mal équipée venue au secours des Anglais, la Thaïlande a annexé les territoires chans de Birmanie ainsi que le nord de la Malaisie.

Mais, en Thaïlande même, existait une résistance contre les forces de l'Axe. Cette résistance était dirigée par Pridi Phanomyong, un homme qui était un profond supporter de la démocratie.

A la suite de la victoire des Alliés, Pridi Phanomyong est devenu Premier ministre... mais à cause de ses positions socialistes, il a été renversé en 1947 par l'ancien dictateur mussolinien Pibun Songgran. Cet ancien dictateur fasciste était soutenu par les Etats-Unis dans le cadre de la guerre froide anti-communiste. En 1957, l'ancien dirigeant fasciste a été lui-même victime du coup d'Etat de la part du général Sarit Thanarat, un autre ancien collaborateur du Japon, et a dû s'exiler... au Japon.

La Thaïlande est le seul pays de l'ancien axe fasciste de la Seconde Guerre Mondiale à avoir conservé ses dirigeants fascistes dans l'après-guerre. Ceux de l'Allemagne, du Japon, de l'Italie, de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie ont été punis... Pas ceux de la Thaïlande.

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Published by liberez-somyot
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