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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 12:35

L'ampleur de l'explosion d'une bombe mortelle à Bangkok lundi dernier signifie qu'il est peu probable que cet attentat soit motivé par la politique intérieure, écrit l'analyste Pavin Chachavalpongpun. Voici quelques considérations clés.

Lien:

http://www.bbc.com/news/world-asia-33970901

 

Le sanctuaire ciblé fournit un indice

Beaucoup peuvent négliger l'emplacement de cette attaque, mais finalement il pourrait se révéler crucial.

Le sanctuaire d’Erawan est un endroit populaire, une attraction touristique, et si l'on voulait vraiment avoir un impact maximal, ce serait la cible évidente.

Mais la culture thaïlandaise est bouddhiste et parmi ses valeurs se trouve la tolérance religieuse. Un tel symbole religieux n’est pas le genre de cible qu’un quelconque rebelle thaï choisirait, ce qui me donne à penser que ceux qui sont derrière cette attaque peuvent ne pas être thaïlandais.

Il ne s’agit pas de pointer du doigt les autres religions par une telle affirmation mais simplement de dire que si cela concernait la politique intérieure, le sanctuaire d’Erawan ne serait pas l'endroit idéal pour mettre en place ce drame particulier.

Le sanctuaire d’Erawan est populaire parmi les touristes mais aussi parmi la population locale

Le sanctuaire d’Erawan est populaire parmi les touristes mais aussi parmi la population locale

La violence politique se joue sur une plus petite échelle

L'ampleur des dégâts est trop, trop grande, trop salissante. Si quelqu'un voulait réaliser un programme national, un tel carnage serait inutile.

La Thaïlande a connu des incidents dans le passé où quelqu'un pouvait jeter une grenade qui blessait quelques personnes pour faire passer son message politique, mais cela n’allait généralement pas plus loin.

Les théories sur les séparatistes et les Ouïghours

Il y a des théories comme quoi cela pourrait être lié au conflit séparatiste musulman dans le sud de la Thaïlande, mais la violence politique a toujours été limitée aux trois provinces du sud – elle n’a jamais atteint la capitale.

D'autres ont mentionné la minorité musulmane ouïghoure en Chine. Des membres de cette dernière seraient furieux que la Thaïlande ait déporté des réfugiés ouïghours en Chine, où la minorité se plait de la persécution, et auraient voulu punir l'Etat thaïlandais, selon eux. Mais nous n’avons pas suffisamment d’indices à ce stade pour soutenir cette théorie.

Cependant, les réseaux terroristes internationaux revendiquent généralement leur responsabilité rapidement après un attentat, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent.

Une défaillance des services de sécurité

Une chose est claire – c’est qu’il s’agit d’un échec des services de renseignement du gouvernement.

La sécurité est très laxiste à Bangkok et les autorités prenaient pour acquis que, dans un pays bouddhiste personne ne ferait une telle chose.

Il a été prouvé maintes et maintes fois avec les soi-disant complots anti-monarchie qu'il n'y a pas de service de renseignement, seulement de l'imagination et des boucs émissaires.

Le gouvernement a commencé à blâmer un "groupe anti-gouvernemental basé dans le Nord-est de la Thaïlande" une référence au mouvement chemise rouge qui soutient l'ancien dirigeant en exil Thaksin Shinawatra.

Le gouvernement pourrait prendre avantage de cette situation pour affirmer sa légitimité et justifier le fait de rester au pouvoir plus longtemps.

Le gouvernement pourrait prendre avantage de cette situation pour rester au pouvoir plus longtemps

Le gouvernement pourrait prendre avantage de cette situation pour rester au pouvoir plus longtemps

Mais aucune des théories avancées n’est totalement convaincante vu le peu d'informations que nous avons jusqu'ici.

Et l'ampleur de cette attaque menace de réduire la confiance du public dans la sécurité et celle des investisseurs dans l'économie.

Aucun groupe militant international n’a revendiqué l'attentat. Mais ce dernier ne ressemble pas du tout aux tactiques adoptées par les acteurs nationaux.

Si cet attentat se révélait être une partie d'un programme de politique intérieure, cela représenterait un changement radical.

Pavin Chachavalpongpun est un professeur agrégé au Centre de l'Université de Kyoto pour Southeast Asian Studies. C’est aussi un exilé politique depuis qu’il a refusé courageusement de se rendre à la convocation du général Prayuth quelques jours après le coup d’Etat de mai 2014.

Le professeur Pavin Chachavalpongpun et Thaksin Shinawatra lors d’un diner le 18 aout dernier (hier) en Allemagne

Le professeur Pavin Chachavalpongpun et Thaksin Shinawatra lors d’un diner le 18 aout dernier (hier) en Allemagne

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Published by liberez-somyot
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