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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 13:53

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/08/15/thailand-and-the-second-world-war/

 

A l'occasion du 70eme anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce court article revient sur l'attitude de la Thaïlande pendant la guerre.

Lorsque les Japonais ont envahi la Thaïlande à la fin de 1941, le gouvernement thaïlandais du Field Marshall Pibun n'a pas vraiment résisté. Pibun a ensuite déclaré la guerre à la Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Il convient de noter que l'armée thaïlandaise n'a jamais vraiment défendu le pays contre des invasions extérieures. Ses armes et son matériel sont utilisés principalement afin de renforcer son pouvoir politique et pour réprimer les citoyens radicaux et pro-démocratie.

Pibun a rapidement conclu un accord avec les Japonais qui cherchaient principalement à attaquer les Britanniques en Birmanie et en Inde. Les chemins de fer de la "mort", reliant Singapour et la Birmanie étaient un élément clé de cette stratégie et la Thaïlande a permis la libre circulation aux japonais entre Singapour occupé par le Japon et la frontière birmane.

Le chemin de fer a été construit dans des conditions terribles utilisant des travailleurs esclaves. Deux cent cinquante mille travailleurs forcés chinois, malais et autres asiatiques ont été utilisés par les Japonais et on estime que près de la moitié d'entre eux sont mort lors de ce processus. Sur les 61,000 prisonniers de guerre alliés qui ont été forcés de travailler à la construction du chemin de fer, 16,000 sont morts. Des ouvriers thaïlandais payés ont d'abord été utilisés par les Japonais, mais ils avaient tendance à échapper aux conditions difficiles.

L'alliance de Pibun avec les Japonais a été contestée par la gauche et les libéraux thaïlandais, le plus important des opposants étant Pridi Panomyong, qui était le principal rival politique de Pibun et de sa dictature militaire.

Aussi bien Pibun que Pridi avaient déjà joué un rôle de leadership lors de la révolution de 1932 contre la monarchie absolue et Pibun est resté une figure unique parmi les généraux de l'armée thaïlandaise car il était antiroyaliste. Son régime militaire a fait bâtir le "monument de la Démocratie" en 1939 comme un monument anti-monarchie. Les visiteurs du monument, qui seront assez courageux pour traverser le rond-point très fréquenté, noteront les images plutôt "héroïques" des citoyens thaïlandais. Cependant, il n'y a aucune image représentant la monarchie. Si vous visitez le monument aujourd'hui, il est préférable de ne pas ressembler à un partisan de la démocratie ou vous pourriez être arrêté par les soldats ou la police de la junte.

Malgré les points de vue anti-monarchie de Pibun, ce dernier et le général Prayut d'aujourd'hui partagent la même tendance à l'égoïsme et l'habitude de faire des déclarations stupides. Pibun a décrété que tous les Thaïlandais devaient porter des chapeaux et des chemises et que tous les hommes devaient "embrasser leurs femmes pour leur dire au revoir avant d'aller travailler le matin". C'était son idée de la civilisation moderne.

Pridi Panomyong a organisé le mouvement clandestin des Thaïlandais Libres (Seri Thai) pour s'opposer aux Japonais et utilisé le nom de code "Ruth" pendant les opérations. Le Mouvement des Thaïlandais Libres a établi des liens avec les Britanniques et les Américains pendant la guerre. Mon père, qui était étudiant en Grande-Bretagne à l'époque, a rejoint le Mouvement des Thaïlandais Libres et a été enrôlé dans la British Force 136. Ses camarades et lui ont été parachuté en Thaïlande à la fin de 1944. Leur mission était de transmettre des renseignements sur les mouvements militaires japonais aux Britanniques en Inde et aussi de faire sauter la voie ferrée à un moment opportun. Cependant, ils ont été capturés par la police thaïlandaise et emprisonnés. Malgré cela, ils eurent bientôt la liberté de se déplacer en dehors de la prison la nuit, après que l'officier de commandement japonais soit rentré chez lui. Ceci parce que les membres des Thaïlandais Libres avaient recruté le chef de la police thaïlandais dans leur mouvement. Ils étaient donc en mesure d'envoyer des renseignements aux Britanniques.

Dans la dernière année de la guerre Pibun a été poussé hors du pouvoir et Pridi est devenu la figure politique la plus influente, bien que les troupes japonaises soient encore stationnées dans le pays. Les Britanniques ont brièvement bombardé Bangkok en avril 1945, coupant l'électricité et l'approvisionnement en eau. À la fin de la guerre, la Grande Bretagne a initialement exigé des réparations sous la forme d'expéditions de riz en Malaisie et la France a exigé le retour des territoires indochinois occupés par le régime de Pibun après que les Français aient été temporairement maîtrisés par les Japonais. L'administration française en Indochine était alliée au régime de Vichy.

Le "Monument de la Victoire" à Bangkok est un autre exemple des projets architecturaux "fascistes" de Pibun, tout comme le Monument de la Démocratie, le bâtiment de la "General Post Office" et l'ancien bâtiment administratif provincial d'Ayuttaya. La soi-disant "victoire" était une guerre courte et peu concluante avec les Français qui a eu lieu à la fin de 1940. Après la victoire des Alliés en 1945, la Thaïlande a été forcé de rendre tous les territoires qu'elle avait occupés.

En novembre 1947 Pridi a perdu tout son pouvoir et son influence, après un coup d'Etat militaire pro-Pibun. Il est finalement décédé en exil à Paris en 1983.

Voir aussi :

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/05/la-thailande-et-la-deuxieme-guerre-mondiale.html

La Thaïlande et la Seconde Guerre mondiale

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Published by liberez-somyot
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