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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 11:23

Selon la stricte loi de lèse-majesté de la Thaïlande, c’est un crime d'insulter la monarchie, une infraction qui englobe un nombre surprenant d'activités.

Un article du New York Times

Lien:

http://www.nytimes.com/interactive/2015/09/18/world/asia/thailand-king-lese-majeste.html

 

Selon la loi thaïlandaise, il est illégal de diffamer, d’insulter ou de menacer le Roi Bhumibol Adulyadej, la Reine ou le Prince héritier.

Mais au cours de la dernière décennie, la loi a été utilisée plus largement, conduisant les critiques à de longues peines de prison, et largement appliquée pour couvrir toutes sortes de discours, y compris des graffitis, des pièces de théâtre et des conversations privées.

Voici six cas récents qui ont aboutis à des peines de prison:

Condamnés à 2,5 ans de prison

Une pièce de théâtre

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong

"La fiancée du Loup," une pièce de théâtre jouée une seule fois à l'Université Thammasat de Bangkok en octobre 2013, raconte l'histoire d'un royaume imaginaire, de son roi impitoyable et de ses conseillers corrompus.

Les royalistes ont été scandalisés par ses allusions apparentes à la couronne thaïlandaise quand ils ont découvert une vidéo de la performance sur Youtube et ont déposé une plainte pénale.

Les procureurs ont fait valoir que le but caché de la pièce était de dénigrer la monarchie.

M. Patiwat, un étudiant qui jouait un conseiller brahmane du roi fictif, et Mlle Pornthip, qui dirigeait le spectacle, ont été condamnés à une peine d'emprisonnement de cinq ans. Leurs peines ont été réduites de moitié après qu’ils aient plaidés coupable.

D'autres participants de la pièce sont partis en exil, selon les médias locaux.

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong escortés par des gardiens de prison en Thaïlande

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong escortés par des gardiens de prison en Thaïlande

Condamné à 1 an et demi de prison

Un graffiti dans une salle de bain

Opas Chansuksai

L’année dernière, un gardien de sécurité d’un grand magasin à Bangkok a accusé M. Opas d’avoir griffonné un texte diffamatoire sur les murs d'une salle de bain publique. M. Opas, un commerçant âgé d’environ 60 ans, a été arrêté par les militaires et jugé par un tribunal militaire. Sa peine de trois ans de prison a été plus tard réduite de moitié en raison d'une maladie.

On ne sait pas exactement ce que M. Opas aurait écrit sur le mur de la salle de bain, parce que les lois de lèse-majesté interdisent aux médias de rapporter l'insulte alléguée.

Condamné à 2 ans de prison

Un geste de la main

Yossawarit Chuklom

Les autorités thaïlandaises ont poursuivies M. Yossawarit, un politicien, pour un geste de la main qu’il avait fait tout en donnant un discours lors d'une manifestation en 2011: Il a posé ses mains sur sa bouche, dans un mouvement qui suggérait qu'il était muselé.

Dans son discours, M. Yossawarit appelait à la dissolution du gouvernement thaïlandais de l'époque (NDT: celui d’Abhisit Vejjajiva), expliquant que l'armée et le chef du Conseil privé, entre autres, voulaient le maintenir au pouvoir.

Mais il y a aussi quelqu'un d'autre, a-t-il ajouté, faisant alors le geste. "Je ne suis pas assez courageux pour dire de qui il s’agit," a-t-il dit à la foule. "Mais je sais à qui vous pensez en ce moment. Donc, je vais me taire."

Un tribunal a condamné le politicien à trois ans de prison pour crime de lèse-majesté. Sa peine a été réduite à un an en raison d'un aveu. Il a depuis été libéré sous caution.

Condamné à 10 ans de prison

L'article de quelqu'un d'autre

Somyot Pruksakasemsuk

M. Somyot, un militant des droits des travailleurs, a été emprisonné en 2011 pour son rôle dans la publication de deux articles qui ont été jugés diffamants vis-à-vis du roi.

Il n'a pas écrit les articles en question, mais ils ont parus dans une revue qu'il dirigeait et dont la publication a cessé depuis.

Lors de son procès, M. Somyot a ouvertement défié la loi de lèse-majesté thaïlandaise, faisant valoir qu'elle était un obstacle à la liberté d’expression. La Cour constitutionnelle de Thaïlande a rejeté son raisonnement, en disant que le fait d'insulter le roi "est considéré comme un acte qui blesse les sentiments des Thaïlandais qui respectent et adorent le roi et la monarchie."

M. Somyot a été reconnu coupable et condamné à 10 ans de prison.

Somyot Pruksakasemsuk lors de son procès en 2013

Somyot Pruksakasemsuk lors de son procès en 2013

Condamné à 2,5 ans de prison

Une conversation dans un taxi

Yuthasak Kangwanwongsakul

En janvier 2014, M. Yuthasak, un chauffeur de taxi à Bangkok, a discuté en passant de politique avec un passager, qui l’a dénoncé plus tard à la police pour avoir parlé de la monarchie d’une manière désobligeante.

M. Yuthasak a été arrêté en juin et a été jugé en août. L’enregistrement secret de la conversation par le passager (NDT: avec son téléphone portable) a été utilisé comme preuve.

M. Yuthasak, qui est âgé de 45 ans, a été condamné à cinq ans de prison. La sentence a été réduite de moitié, car il a plaidé coupable.

Condamné à 30 ans de prison

Des messages sur Facebook

Pongsak Sriboonpeng

L'année dernière, M. Pongsak, 48 ans, a publié six photos sur Facebook avec des commentaires qui auraient critiqués la royauté thaïlandaise. Le contenu de ces messages n’est pas connu.

M. Pongsak, un guide touristique, a été jugé par un tribunal militaire en août dernier. Un juge l’a condamné a une peine de prison de 10 ans pour chacun des six messages postés sur Facebook (NDT: soit 60 ans de prison).

Sa peine a été réduite de moitié à 30 ans, car il a plaidé coupable. C’est la condamnation pour lèse-majesté la plus sévère de l'histoire thaïlandaise moderne.

Pongsak Sriboonpeng, à droite, dans une photo que la Police royale thaïlandaise a partagée sur Facebook

Pongsak Sriboonpeng, à droite, dans une photo que la Police royale thaïlandaise a partagée sur Facebook

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Published by liberez-somyot
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