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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 09:49

Thaïlande: Harcèlement contre une journaliste spécialiste de la question des droits humains

Une declaration de Front Line Defenders

Lien:

https://www.frontlinedefenders.org/fr/node/30032

 

Le 27 octobre 2015, le département de l'armée royale thaïe à Bang Sue a interrogé la journaliste Thaweeporn Kummetha à propos d'un article.

Dans l'article, publié le 20 octobre 2015 par le journal en ligne Prachatai, la journaliste recense une liste d'affaires récentes de poursuites pour diffamation de l'État ou de fonctionnaires en vertu de l'article 112 du Code pénal de Thaïlande.

Thaweeporn Kummetha, également appelée Am, est une journaliste spécialiste des droits humains, blogueuse et rédactrice en chef par intérim de Prachatai English, une version anglaise du journal en ligne Prachatai. Prachatai informe au sujet des droits humains et des violations des droits de la communauté. Thaweeporn Kummetha promeut la liberté d'expression et le droit à un accès à l'information en Thaïlande.

Le 27 octobre 2015, la journaliste a assisté à une réunion au département de l'armée royale à Bang Sue, au sujet d'un article qu'elle a écrit pour le journal Prachatai à propos des poursuites intentées pour diffamation en vertu de l'article 112 du Code pénal thaï, appelé loi sur les crimes de lèse-majesté. L'article a été publié en thaï et rassemblait une liste de cas de poursuites pour diffamation de l'État ou de fonctionnaires et était intitulé "Ce qui peut vous conduire en prison pour lèse-majesté".

Des représentants du ministère de la Justice, du département des enquêtes spéciales (DSI), de la division pour suppression des crimes technologiques (TDSD), quatre représentants de l'Association des journalistes thaïs (TJA), dont le président de la TJA Wanchai Wongmeechai, et des officiers de l'armée étaient présents à la réunion. Thaweeporn Kummetha était accompagnée par Chiranuch Premchaiporn, directeur de Prachatai, Chuwat Rerksirisuk, le rédacteur en chef de Prachatai et un représentant de l'organisation Thai Lawyers for Human Rights.

Le président de la réunion était un officier supérieur de l'armée qui a refusé de révéler son identité. Tout en faisant référence à l'article de la journaliste, il a déclaré que la liberté d'expression ne pouvait pas justifier le fait de violer la loi et que cela n'est pas sans conséquence juridique. De plus, il a informé Thaweeporn Kummetha qu'elle serait encore surveillée.

La veille, le 26 octobre, quatre officiers de l'armée et deux policiers s'étaient rendus chez elle dans l'est de Bangkok pour l'informer de la réunion. Thaweeporn Kummetha n'était pas là, mais les policiers ont informé ses parents qu'elle devrait se présenter dans le complexe militaire de Bang Sue à Bangkok. Ils ont montré à ses parents une copie imprimée de l'article en question ainsi qu'une photo de la journaliste participant à une manifestation contre l'article 112 il y a plusieurs années. Plus tôt dans la journée, au moins trois militaires ont été vu marchant et circulant en moto autour des bureaux de Prachatai pendant six heures.

Le 22 octobre, la journaliste a reçu un appel anonyme sur son téléphone; la personne qui téléphonait s'est présentée comme le représentant du Conseil national de la paix et de l'ordre (NCPO). Il a dit qu'il n'était pas satisfait par ces informations et a demandé à rencontrer Thaweeporn Kummetha le 26 octobre. Elle a refusé de le rencontrer.

Front Line Defenders est préoccupée par le harcèlement contre Thaweeporn Kummetha et pense que ces actes visent à empêcher la journaliste d'enquêter et de parler des violations des droits humains.

Thaweeporn Kummetha

Thaweeporn Kummetha

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Published by liberez-somyot
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