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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 11:37

Un article de Pravit Rojanaphruk

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http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1446833596&typecate=06&section=

 

Cela fait-il 15, 16 ou peut-être 17 mois que nous vivons sous un régime militaire? Certains, dont moi-même, avons commencé à perdre la notion du temps alors que nous vivons sous le régime de la junte depuis le coup d’Etat de mai 2014. Et nous ne savons pas combien d'années nous devrons supporter cela.

Tandis que le général Prayuth Chan-ocha étend le passé lointain comme règle de vertu promise à l'origine, beaucoup s’estiment désormais résignés et impuissants, et acceptent cette nouvelle "normalité" de la nation. Alors que sa menace d'exécuter les journalistes avait provoqué la surprise lors des premiers mois qui ont suivis sa prise de pouvoir, une récente menace de fermer le pays du reste du monde n’a seulement provoqué que quelques haussements d'épaules.

Cependant, ceci est la dernière chose que nous devrions ressentir.

Je sais qu'il y a des millions de gens qui soutiennent la junte et n’ont aucun scrupule à voir leurs droits ou ceux des autres restreints, mais il ne faut pas généraliser ni affirmer que tous les Thaïlandais désirent cela.

En vertu de cette nouvelle "normalité" certains de nos droits civiques et politiques nous ont été supprimés contre notre volonté.

Mais peut-on vraiment accepter des procès militaires contre des civils accusés d'infractions liées à la sécurité de cette nouvelle "normalité"?

[Peut-on vraiment accepter] la détention des critiques et opposants politiques sans inculpation, une détention déguisée en euphémisme comme "changement d'attitude", ou la révocation des passeports appartenant aux critiques non tolérés [par la junte]?

Peut ont considérer le fait d’emprisonner des étudiants universitaires simplement pour avoir organisé des manifestations pacifiques contre la junte comme normal?

La restriction des droits des villageois locaux qui protestent ou font des doléances au sujet de leurs mauvaises récoltes peut-elle être considérée comme normale? Les "visites" régulières faites par des officiers militaires en uniforme contre les critiques de la junte peuvent être considérés comme saines d'esprit?

Et comment la junte, qui se surnomme elle-même le Conseil national pour la paix et l'ordre peut-elle inviter les éditeurs pour les réunions afin de "demander de la coopération", puis attendre d'être tolérée par les journalistes comme une entité "normale?"

Nous vivons vraiment dans un temps anormal […]

Malgré cela, certains médias continuent de parler du gouvernement militaire comme de toute autre administration "normale", faisant semblant de croire que l'anormal n’est simplement qu’une autre forme du normal.

La question de savoir si le régime est légitime ou non ne se pose plus pour beaucoup de gens qui haussent maintenant les épaules devant ce qu’ils considèrent comme un fait accompli.

Ceux d'entre nous qui essayent de garder leur santé mentale en se rappelant qu'il n'y a rien de normal dans la nouvelle norme, doivent utiliser certaines tactiques. Certains protestent dans les rues, malgré le risque d'arrestation ou de détention. D'autres utilisent les médias sociaux pour diffuser leurs griefs et leurs angoisses, malgré le risque d'arrestation ou de détention.

Si les gens cessent de se rappeler qu'ils ne doivent pas accepter la règle militaire comme quelque chose d’habituel, la Thaïlande court le risque de devenir une "Juntaland" permanente, un endroit où ils seront rétrogradés du niveau de citoyen, avec les droits et libertés fondamentaux, a celui de subordonné, un être sur lequel les généraux non élus règnent de manière arbitraire.

Rappelez-vous que nous le pouvons.

Pour terminer ce premier article sur un tel sujet dépressif, voici une amère blague que quelqu'un a récemment écrite sur Facebook. Les gens expliquaient de manière sarcastique à ce qu'ils diraient si la police leur demandait leur carte d'identité:

"Pourquoi devrais-je en posséder une quand mes droits de citoyen ont disparus?" a écrit une personne qui s’appelait Supachai Saibut. "On m’a tout volé."

Pravit Rojanaphruk

Pravit Rojanaphruk

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Published by liberez-somyot
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