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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 07:33

Le 15 novembre 2015, à l’occasion de la journée mondiale des écrivains emprisonnés, PEN International a décidé de soutenir les étudiants Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong détenus pour lèse-majesté.

Une déclaration de PEN International

Lien :

http://www.pen-international.org/day-of-the-imprisoned-writer-patiwat-saraiyaem-and-pornthip-munkong/

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong

Le 23 février 2015, les étudiants activistes Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong ont été condamnés chacun à deux ans et demi de prison pour avoir violé la loi thaïlandaise de "lèse-majesté". L’accusation de "lèse-majesté", ou l’article 112 du Code pénal, criminalise les insultes alléguées contre la monarchie et est couramment utilisé pour réduire au silence la dissidence pacifique. L’affaire contre Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong concerne leur implication dans la mise en scène d’une pièce de théâtre sur un monarque de fiction appelée "La Fiancée du Loup (Jao Sao Ma Pa)" à l’Université Thammasat en Octobre 2013. Les deux étudiants sont détenus depuis leur arrestation en août 2014, et se sont vu refuser à plusieurs reprises la liberté sous caution. Ils ont plaidés coupable en décembre 2014 afin d’obtenir une réduction de peine. Pen International considère que Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong sont emprisonnés en violation des articles 9 et 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel la Thaïlande a adhéré.

Patiwat Saraiyaem a 23 ans et est un étudiant de cinquième année et activiste de la Faculté des Beaux-arts et arts appliqués à l’Université de Khon Kaen, et le Secrétaire général de la Fédération étudiante du Nord-Est. Pornthip Munkong a 26 ans et a été récemment diplômée de la Faculté de science politique à l’Université Ramkhamhaeng. C’est aussi une activiste politique. Ces deux étudiants ont joués le rôle des personnages principaux dans la représentation d’une pièce intitulée "La Fiancée du Loup", qui a eu lieu le 13 octobre 2013 à l’Auditorium de l’Université Thammasat pour commémorer le 40eme anniversaire du soulèvement populaire du 14 octobre 1973. La pièce, qui a été organisée par d’anciens membres du défunt Prakai Fai Karn Lakorn, un sous-groupe du Prakai Fai (‘Susciter le Feu’), un groupe de théâtre de gauche, dramatisait l’histoire d’un roi fictif et de son conseiller dans un royaume fantastique. Alors que le spectacle n’a été joué qu’une seule fois à l’université, il a été filmé et partagé sur les médias sociaux.

Saraiyaem a été arrêté le 14 août 2014 et Munkong a été arrêté le lendemain. Les deux ont été accusés de lèse-majesté en vertu de l’article 112, une loi qui protège la famille royale de tout ce qui est perçu comme une insulte. Pendant leur détention, ils ont été privés plusieurs fois du droit à la liberté sous caution et le 29 décembre 2014, ils ont tous deux plaidé coupable afin de réduire leurs peines; les accusés espérant que le tribunal suspendrait leurs peines de prison après leurs aveux. Toutefois, la Cour pénale de Bangkok les a condamnés à cinq ans de prison, réduite à deux ans et demi le 23 février 2015. Les juges ont déclaré que; "jouer la pièce est un acte de diffamation et injurieux pour de nombreuses personnes. En outre, elle a été diffusée sur de nombreux sites, causant des dommages à la monarchie, qui est vénéré par tous les Thaïlandais [sic.]. Une telle action est un crime grave qui ne justifie aucune suspension de la peine". Saraiyaem et Munkong n’ont pas fait appel à la condamnation, selon leurs avocats, en raison de craintes de nouvelles sanctions et de mauvais traitements. Munkong est actuellement détenue à la prison centrale des femmes de Bangkok, tandis que Saraiyaem est emprisonné à la Maison d’Arrêt de Bangkok.

Contexte

Les lois de lèse-majesté en Thaïlande figurent parmi les plus strictes lois du monde contre l’insulte et sont été resté inchangée depuis 1908. Selon l’article 112 du code pénal thaïlandais, toute personne qui "diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l’héritier présomptif ou le régent" sera puni d’un maximum de 15 ans de prison. Depuis que l’armée a pris le pouvoir en mai 2014 suite à un coup d’Etat, le nombre de procès et de détentions liés aux infractions de lèse-majesté a augmenté de façon significative, ceci afin de faire taire la dissidence.

Le monarque thaïlandais, le Roi Bhumibol Adulyadej, est sur le trône depuis six décennies et bénéficie d’un statut quasi-divin de la part de nombreux Thaïlandais. Depuis l’introduction d’une monarchie constitutionnelle en 1932, la Thaïlande a été un foyer d’instabilité politique avec des périodes alternées de la démocratie et de dictature militaire. Populairement connu comme "l’événement du 14 octobre", le soulèvement de 1973 a été mené par des étudiants activistes. Bien qu’il ait été initialement écrasé par l’armée, il a finalement abouti à la fin d’une dictature militaire qui avait duré 26 ans. En mai 2014, la Thaïlande a subi son 12eme coup d’Etat militaire réussi après environ sept mois d’escalade de la violence politique. Le coup d’Etat a imposé la loi martiale et un couvre-feu, dissous le Sénat – le seul organisme restant de gouvernement national ayant des membres élus – et a accordé de vastes pouvoirs exécutifs et législatifs aux chefs de l’armée. Dans le sillage du coup d’Etat, un contrôle strict des médias a été imposé; de nombreuses stations de télévision et de radio ont été fermées et des journalistes ainsi que des universitaires ont été arrêtés. La loi martiale a finalement été révoquée en mars 2015.

Les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies ont précisé à plusieurs reprises que les lois pénales sur la diffamation et l’insulte, y compris les lois de lèse-majesté, sont incompatibles avec les normes internationales sur la liberté d’expression. En 2011, le Rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Frank La Rue, a appelé la Thaïlande à réformer sa loi de lèse-majesté. Il a déclaré; "La menace d’une longue peine de prison et l’imprécision de ce que ce genre d’expression constituerait une diffamation, insulte ou menace envers la monarchie, encourage l’autocensure et étouffe les débats importants sur des questions d’intérêt public, mettant ainsi en péril le droit à la liberté d’opinion et d’expression".

S’il vous plaît envoyer des appels:

En demandant la libération immédiate et inconditionnelle des étudiants Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong qui sont détenus pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression, une détention qui viole les articles 9 et 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel la Thaïlande a adhéré;

En réitérant vos graves préoccupations pour la sécurité des écrivains, des universitaires et des militants en Thaïlande, qui risquent d’être emprisonnés uniquement pour l’expression pacifique de leurs opinions;

En insistant pour que les autorités modifient le Code criminel, en particulier la loi de lèse-majesté, pour s’assurer qu’elles respectent les obligations internationales de la Thaïlande afin de protéger la liberté d’expression.

Appels à envoyer au:

Premier Ministre

Gen. Prayuth Chan-o-cha

Government House

Pitsanulok Road, Dusit

Bangkok 10300

Thailand

Fax: 011 66 2 282-5131

E-mail: prforeign@gmail.com

Copies à envoyer au:

vice-Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères

Thanasak Patimapragorn

Ministère des Affaires étrangères

Sri Ayudhya Road

Bangkok 10400

Thailand

Fax: 011 66 2643 5320 / 011 66 2643 5314

Email: minister@mfa.go.th

S’il vous plaît aussi envoyer des copies de vos appels à l’ambassade de Thaïlande dans votre pays. Les adresses peuvent être trouvées sur ce lien: http://www.thaiembassy.org/main/

Solidarité

S’il vous plaît envoyer des lettres de soutien à Pornthip Munkhong et Patiwat Saraiyaem qui sont en prison:

Pornthip Munkhong

Central Women’s Prison

33/3 Ngamwongwan Road

Lad Yao, Chatuchak

Bangkok 10900

Thailand

Patiwat Saraiyaem

Bangkok Remand Prison

33 Ngamwongwan Road

Lad Yao, Chatuchak

Bangkok 10900

Thailand

Les membres du PEN sont encouragés à:

Publier des articles et des textes d’opinion dans leur presse nationale ou locale en soulignant le cas des étudiants thaïlandais.

Leurs écrits carcéraux sont disponibles pour publication:

Le poème "Friend" de Patiwat Saraiyaem a été traduit en anglais et publié sur Prachatai (lien: http://www.prachatai.org/english/node/4364)

La traduction en anglais d’une fable en 4 parties que Pornthip Munkhong a écrite en prison est disponible pour publication (lien: http://prachatai.org/english/node/4778)

Organiser des événements publics, des lectures de théâtre, des conférences de presse ou des démonstrations

Partager des informations sur Patiwat Saraiyaem et Pronthip Munkong ainsi que sur leurs activités de campagne pour eux via les médias sociaux

Médias sociaux: S’il vous plaît utiliser le hashtag #ImprisonedWriter

Tweets suggères:

#Thaïlande libérez Patiwat Saraiyaem & Pornthip Munkong emprisonnés pour la pièce "insultant" le roi #ImprisonedWriter @pen_int

La journée du #ImprisonedWriter agit pour les écrivains qui résistent à la répression de leur droit humain fondamentaux

S’il vous plaît laissez-nous connaître vos activités et envoyer nous un rapport sur elles avant le 15 décembre 2015, de sorte que nous puissions les partager avec d’autres centres PEN.

Pour plus de détails s’il vous plaît contactez Emma Wadsworth-Jones au PEN International London Office: PEN International, Unit A, Koops Mill, 162-164 Abbey Street, London SE1 2AN Tel: +44 (0) 20 7405 0338 email: emma.wadsworth-jones@pen-international.org

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Published by liberez-somyot
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