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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 13:57

Il est inculpé de lèse-majesté pour un "Like" sur Facebook

Une déclaration de Human Rights Watch

Lien:

https://www.hrw.org/news/2015/12/11/thailand-junta-critic-feared-disappeared

 

Les autorités thaïlandaises doivent immédiatement révéler où se trouve Thanakorn Siripaiboon, un critique de la junte thaïlandaise qui serait maintenu en détention militaire secrète depuis le 8 décembre, 2015, a déclaré Human Rights Watch.

Le 8 décembre dernier, les soldats et la police ont arrêté Thanakorn, un ouvrier d'usine de 27 ans, dans sa maison située dans le district Muang de la province de Samutprakarn et l'ont emmené dans un endroit inconnu pour l'interroger sur des allégations de sédition et de lèse-majesté (insulte à la monarchie). Depuis lors, la police, l'armée, et le département des corrections ont nié, à sa famille et ses avocats, toute connaissance du lieu où Thanakorn est détenu, ce qui soulève de graves inquiétudes pour sa sécurité.

"La détention secrète de Thanakorn devrait déclencher des feux rouges clignotants - surtout depuis que les autorités thaïlandaises ont échoué à résoudre les deux cas récents de décès de détenus en détention militaire", a déclaré Brad Adams, directeur pour l'Asie. "La junte de Thaïlande bafoue de plus en plus les protections juridiques internationales en détenant des civils au secret dans des camps militaires."

Thanakorn a été arrêté pour avoir partagé sur Facebook une infographie alléguant que le premier ministre, le général Prayut Chan-ocha, ainsi que d'autres membres de la junte au pouvoir qui s’est auto-nommée le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO), étaient coupable de corruption dans le projet Rajabhakti Park. Rajabhakti Park, un parc nouvellement construit sur un terrain de l'armée qui honore la monarchie en Thaïlande, est en proie à des rapports de détournement de fonds.

Thanakorn fait face à des accusations de violation de la loi sur la cybercriminalité et de l'article 116 du code pénal - l'équivalent de la sédition. Il a également été accusé d'avoir commis un crime de lèse-majesté en vertu de l'article 112 du code pénal pour avoir cliqué "Like" à une image sur Facebook que les autorités considèrent comme offensive envers la monarchie.

Selon une entrevue avec les médias le 9 décembre du major-général Wicharn Jodtaeng, chef du Bureau des affaires juridiques du NCPO, Thanakorn a d'abord été emmené à la Division de la police pour la répression de la technologie criminelle avant d'être placé en détention dans un camp militaire non divulguée pour complément d'enquête. La police de la province de Samutprakarn a dit aux parents de Thanakorn qu'il était détenu à la base militaire de la 11eme armée. Mais sa famille et ses avocats, des avocats thaïlandais pour les droits humains, n’ont pas pu obtenir la permission de lui rendre visite ou de recevoir une confirmation officielle comme quoi il serait effectivement détenu là-bas.

Human Rights Watch a soulevé à maintes reprises de sérieuses préoccupations concernant la détention militaire secrète en Thaïlande. Le risque de disparition forcée, de torture et d'autres mauvais traitements augmente considérablement lorsque les détenus sont maintenus au secret en détention militaire. Les disparitions forcées sont définies par le droit international comme étant l'arrestation ou la détention d'une personne par des agents de l'Etat suivis par un refus de reconnaitre la privation de liberté ou de révéler le sort de la personne ou le lieu où elle se trouve. Les disparitions forcées violent toute une gamme de droits fondamentaux protégés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) que la Thaïlande a signé, y compris les interdictions contre l'arrestation et la détention arbitraires, la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, et les exécutions extrajudiciaires.

Depuis le coup d’Etat de mai 2014, le NCPO a arrêté des centaines de politiciens, d’activistes, de journalistes et de personnes qu'ils accusent de soutenir le gouvernement précèdent renversé, de manquer de respect ou d'offenser la monarchie, ou d’être impliqué dans des manifestations et des activités anti-junte. Beaucoup de ces personnes ont été détenues au secret dans des camps militaires où elles ont été interrogées sans garanties contre la torture et autres mauvais traitements.

"Le gouvernement thaïlandais devrait mettre fin aux craintes comme quoi Thanakorn soit victime d’une disparition forcée en révélant immédiatement son emplacement et en lui permettant l'accès de sa famille et des avocats", a déclaré Adams. "Les agences des droits de l'homme des Nations Unies et les gouvernements concernés devraient faire pression sur le général Prayut afin que ce dernier mette fin aux détentions secrètes et fournisse un compte rendu complet sur les traitement des détenus en détention militaire."

Thanakorn Siripaiboon

Thanakorn Siripaiboon

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Published by liberez-somyot
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