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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 16:33

Le 19 mai 2010, dernier jour de la sanglante répression contre les Chemises rouges à Bangkok, leurs supporters d’Ubon manifestaient pour montrer leur colère contre cette tuerie. Peu après, la marie de la ville brulait mais heureusement, personne n’a été victime de l’incendie. Le gouvernement d’alors, dirigé par la marionnette de l’armée, le tristement célèbre Abhisit Vejjajiva, a évidemment accusé les Chemises rouges du forfait.

Quatre Chemises rouges, probablement innocents, purgent actuellement une peine de 33 ans de prison depuis qu’ils ont été arrêtés en mai 2010. Mais il y a pire. Un leader local des Chemises rouges, Pichet “DJ Toi” Tabuda, qui avait été condamné à 1 an de prison à l’époque ainsi que 2 autres Chemises rouges dont une femme, viennent d’être rejugé par les tribunaux de l’actuelle junte dont le leader, le général Prayut Chan-ocha est l’un des principaux artisans du massacre d’au minimum 91 manifestants chemises rouges à l’époque. Pichet a été condamné à la peine de mort et les 3 autres à la perpétuité mais la justice leur a «gentiment» laissé entendre qu’ils verraient leurs peines diminuées s’ils plaidaient coupable, ce qu’ils ont fait bien sûr. Résultat, Pichet a vu sa peine diminuée de la peine de mort à la perpétuité et les 2 autres de la perpétuité à 33 ans de prison.

Pichet “DJ Toi” Tabuda condamné à la prison à vie

Pichet “DJ Toi” Tabuda condamné à la prison à vie

Mais que s’est-il vraiment passé à Ubon ce jour-là?

La version des Chemises rouges d’Ubon est très différente de la version officielle. La voici:

Les manifestants étaient très en colère mais pacifistes. Ils sont arrivés devant la mairie ou se trouvait déjà de nombreux policiers et militaires et se sont rassemblés devant les grilles du bâtiment. Ils ont ensuite criés des slogans demandant l’arrêt de la répression, la démission du gouvernement et des élections libres. Puis sont apparus plusieurs hommes masqués habillés en noir qui ont poussés les Chemises rouges à renverser les grilles et à envahir le bâtiment. Ces hommes, qui ressemblaient plus à des militaires qu’à des manifestants, parlaient avec l’accent de Korat qui est très diffèrent de celui d’Ubon. Certains d’entre eux ont emprunté des foulards rouges à des manifestants et se les sont enroulés autour de la tête, genre pirate des Caraïbes. Ils ont ensuite commencé à pousser les grilles et ont encouragés les manifestants à les aider, certains se méfiaient mais d’autres, surexcités par l’action, ont suivi. Les policiers et les militaires, postés derrière les grilles, demeuraient impassibles. Ensuite, une fois les grilles tombées, les forces de l’ordre se sont écartées et ont laissé passer les hommes masques ainsi que quelques Chemises rouges et ont ensuite reformés en ligne pour empêcher le gros des manifestants de passer. Les voyous masqués ont alors amené des bidons d’essence et ont commencé à les vider dans le bâtiment puis ont lancés des cocktails molotov pour déclencher l’incendie, tout cela sous le regard passif des policiers et des militaires sur place. Puis, quand le bâtiment a commencé à bien bruler, les hommes masqués se sont retirés et les forces de l’ordre sont alors intervenues contre les manifestants chemises rouges demeurés sur place. 2 Chemises rouges ont été tués par balle et 6 autres ont été blessés (Ces victimes n’ont pas été comptabilisées dans les 91 morts officiels).

Cette version a, bien sûr, toujours été déniée par l’armée thaïlandaise mais Libérez-Somyot a reçu des photos prises par un homme qui tient à rester anonyme. Elles confirment la version des Chemises rouges. Ces photos, qui n’ont jamais été publiées dans les medias, les voici:

Photo 1 : Les Chemises rouges manifestent devant la mairie qui, comme nous pouvons le voir, est bien gardée.

Les Chemises rouges manifestent devant la mairie qui, comme nous pouvons le voir, est bien gardée.

Les Chemises rouges manifestent devant la mairie qui, comme nous pouvons le voir, est bien gardée.

Photo 2 : Les Chemises rouges devant les grilles de la mairie.

Les Chemises rouges devant les grilles de la mairie.

Les Chemises rouges devant les grilles de la mairie.

Photo 3 : Arrivée des hommes habillés en noir qui poussent les Chemises rouges à défoncer les grilles de la mairie. Sur la gauche, nous pouvons voir les forces de l’ordre toujours impassibles.

Arrivée des hommes habillés en noir qui poussent les Chemises rouges à défoncer les grilles de la mairie. Sur la gauche, nous pouvons voir les forces de l’ordre toujours impassibles.

Arrivée des hommes habillés en noir qui poussent les Chemises rouges à défoncer les grilles de la mairie. Sur la gauche, nous pouvons voir les forces de l’ordre toujours impassibles.

Photo 4 : Sous l’œil d’un homme masqué en noir, des Chemises rouges surexcités commencent à pousser les grilles. Bizarrement, les forces de sécurité, présentes lors de la photo précédente, ont mystérieusement disparu.

Sous l’œil d’un homme masqué en noir, des Chemises rouges surexcités commencent à pousser les grilles. Bizarrement, les forces de sécurité, présentes lors de la photo précédente, ont mystérieusement disparu.

Sous l’œil d’un homme masqué en noir, des Chemises rouges surexcités commencent à pousser les grilles. Bizarrement, les forces de sécurité, présentes lors de la photo précédente, ont mystérieusement disparu.

Photo 5 : Les grilles tombent.

Les grilles tombent.

Les grilles tombent.

Photo 6 : Les types masqués rameutent leurs acolytes.

Les types masqués rameutent leurs acolytes.

Les types masqués rameutent leurs acolytes.

Photo 7 : Les hommes masqués en noir dans les jardins de la mairie.

 

Les hommes masqués en noir dans les jardins de la mairie.

Les hommes masqués en noir dans les jardins de la mairie.

Photo 8 : Les policiers et les soldats empêchent la plupart des Chemises rouges de suivre les hommes masqués.

Les policiers et les soldats empêchent la plupart des Chemises rouges de suivre les hommes masqués.

Les policiers et les soldats empêchent la plupart des Chemises rouges de suivre les hommes masqués.

Photo 9 : A part quelques chemises rouges qui ont franchi les grilles avec eux, les hommes masqués sont seuls. Ils préparent des cocktails molotov et apportent un bidon d’essence.

A part quelques chemises rouges qui ont franchi les grilles avec eux, les hommes masqués sont seuls. Ils préparent des cocktails molotov et apportent un bidon d’essence.

A part quelques chemises rouges qui ont franchi les grilles avec eux, les hommes masqués sont seuls. Ils préparent des cocktails molotov et apportent un bidon d’essence.

Photo 10 : Les hommes masqués devant le bâtiment. Il semble qu’il n’y a qu’un seul Chemise rouge avec eux (à gauche sur la photo)

Les hommes masqués devant le bâtiment. Il semble qu’il n’y a qu’un seul Chemise rouge avec eux (à gauche sur la photo)

Les hommes masqués devant le bâtiment. Il semble qu’il n’y a qu’un seul Chemise rouge avec eux (à gauche sur la photo)

Photo 11 : Les hommes masqués font sortir un travailleur de la mairie (le type habillé en bleu foncé avec le masque chirurgical). A l’arrière-plan, d’autres versent de l’essence.

 

Les hommes masqués font sortir un travailleur de la mairie (le type habillé en bleu foncé avec le masque chirurgical). A l’arrière-plan, d’autres versent de l’essence.

Les hommes masqués font sortir un travailleur de la mairie (le type habillé en bleu foncé avec le masque chirurgical). A l’arrière-plan, d’autres versent de l’essence.

Photo 12 : Un homme masqué entouré de ses complices verse de l’essence par la fenêtre. L’unique Chemise rouge (peut-être un de leurs complices) présent sur les lieux les regarde.

Un homme masqué entouré de ses complices verse de l’essence par la fenêtre. L’unique Chemise rouge (peut-être un de leurs complices) présent sur les lieux les regarde.

Un homme masqué entouré de ses complices verse de l’essence par la fenêtre. L’unique Chemise rouge (peut-être un de leurs complices) présent sur les lieux les regarde.

Photo 13 : Cela commence à bruler. Il serait intéressant de retrouver le seul homme sans masque de cette photo qui ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Cela commence à bruler. Il serait intéressant de retrouver le seul homme sans masque de cette photo qui ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Cela commence à bruler. Il serait intéressant de retrouver le seul homme sans masque de cette photo qui ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Photo 14 : Un homme masqué lance un cocktail molotov sur l’édifice.

Un homme masqué lance un cocktail molotov sur l’édifice.

Un homme masqué lance un cocktail molotov sur l’édifice.

Photo 15 : Apres leur forfait, les hommes masqués se retirent. Ils passent tranquillement devant une voiture à gyrophare de la police qui ne les arrête pas. Un autre d’entre eux qui a retiré son masque, ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Apres leur forfait, les hommes masqués se retirent. Ils passent tranquillement devant une voiture à gyrophare de la police qui ne les arrête pas. Un autre d’entre eux qui a retiré son masque, ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Apres leur forfait, les hommes masqués se retirent. Ils passent tranquillement devant une voiture à gyrophare de la police qui ne les arrête pas. Un autre d’entre eux qui a retiré son masque, ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Photo 16 : Apres le retrait des hommes masqués, les policiers et les militaires, qui se trouvaient sur place depuis le début, décident d’intervenir. Il y aura 2 morts et 6 blessés parmi les manifestants chemises rouges restés devant les grilles de la mairie.

Apres le retrait des hommes masqués, les policiers et les militaires, qui se trouvaient sur place depuis le début, décident d’intervenir. Il y aura 2 morts et 6 blessés parmi les manifestants chemises rouges restés devant les grilles de la mairie.

Apres le retrait des hommes masqués, les policiers et les militaires, qui se trouvaient sur place depuis le début, décident d’intervenir. Il y aura 2 morts et 6 blessés parmi les manifestants chemises rouges restés devant les grilles de la mairie.

Sur ces photos il parait évident que ceux qui ont déclenchés l’incendie sont des hommes jeunes. Cependant, parmi les 7 personnes condamnées pour cela se trouve deux femmes et cinq hommes âgés d’au minimum 40 ans. Pichet lui-même est un sexagénaire. Il n’y a pas un seul de ces condamnés qui ne soit coupable des faits qui lui sont reproché.

Aujourd’hui, la Thaïlande vit sous un régime de répression totale. Un homme a même été emprisonné pour s’être moqué du chien du roi. C’est pourquoi il est important de rétablir la vérité face aux mensonges de la classe dirigeante de ce pays.

 

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Published by liberez-somyot
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