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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 14:57

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien :

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/01/24/the-red-shirts-today/

 

Un article récent, datant de la fin de l'année dernière, publié par le journal en ligne "Prachatai" discute de l'état du mouvement chemise rouge sous la dictature militaire dans le nord-est et le nord du pays. Il est basé sur des entretiens avec des militants locaux. Tous les militants ont été visités à plusieurs reprises par des officiers militaires. Les gens ont été emmenés dans des camps militaires pour des sessions de "changement d'attitude" et certains ont reçu l’ordre de se présenter à l'armée une fois par semaine. Naturellement, cela n'a pas été le cas pour la plupart des Chemises jaunes royalistes ou des partisans de Sutep.

Alors que de nombreux militants des Chemises rouges soutiennent toujours Taksin, ils soulignent qu'ils ne sont pas ses disciples ni ses serviteurs, et qu’ils peuvent prendre des décisions politiques pour eux-mêmes. Beaucoup sont très critique vis-à-vis de la direction de l'UDD, expliquant que cette dernière semble n’avoir aucune stratégie pour la poursuite de la lutte. Certains militants plus indépendants d'esprit critiquent également Taksin et souhaitent voir une approche plus militante.

Quand ils parlent des mobilisations passées, ils brossent un tableau de l'auto-activité et sur la collecte de fonds afin de se rendre à de grandes manifestations, comme celles qui ont eu lieu à Bangkok. Beaucoup des groupes chemises rouges d’origine ont fusionnés autour des stations de radio locales après le coup d’Etat militaire de 2006. Certains groupes sont également dirigés par des "Hua Kanan" locaux (les "Hua Kanan" sont des personnes qui négocient avec les politiciens afin d'apporter les votes de leur communauté pendant les élections).

Un développement intéressant est que de nombreux militants voient la nécessité pour les populations locales de voter pour ceux qui devraient se présenter comme leur députés Pua Thai dans la région plutôt que d'avoir un candidat qui leur soit imposé d'en haut.

Après la brutale répression de l'armée en 2010, lorsque le gouvernement d’Abhisit soutenu par les militaires, en collaboration avec la bande de Prayut, a délibérément fait abattre des manifestants non armés dans les rues, un certain nombre de militants chemises rouges souffrent encore de traumatismes psychologiques. Ils craignent les fortes explosions ou les bruits semblables. Les dirigeants chemises rouges locaux aident ces personnes et aussi les familles de ceux qui ont été tués.

Compte tenu de la répression militaire à l'heure actuelle, l'activisme politique ouvert est considéré comme risqué. Cependant, de nombreux militants des Chemises rouges se réunissent lors de rassemblements ou les habitants auraient été de toute façon indépendamment de la crise politique. Ces rassemblements sociaux, qui sont difficiles à réprimer pour les militaires, fournissent des opportunités pour les discussions politiques.

Beaucoup de Chemises rouges voient cette période comme un " calme interlude" pour la réflexion, la discussion, l'étude politique et peut-être pour la réorganisation du mouvement afin de se préparer pour la prochaine lutte. Mais l'histoire des mouvements sociaux nous enseigne que l'inactivité prolongée peut conduire au dépérissement et la désintégration de ces mouvements. Quoi qu'il arrive à l'avenir, le mouvement chemise rouge est maintenant plus fragmenté et autonome qu'avant avec de nombreux militants rejetant la direction centralisée de l'UDD. Cela peut être à la fois une source d'autonomisation et une source de faiblesse, selon que les militants parviennent à reconstruire un mouvement uni à partir de la base ou qu’ils laissent la fragmentation continuer.

Les Chemises rouges à Bangkok en novembre 2013

Les Chemises rouges à Bangkok en novembre 2013

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Published by liberez-somyot
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