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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 14:57

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/04/17/why-the-juntas-draft2-of-the-constitution-should-still-be-opposed

 

Si nous observons les différentes tentatives faites par la junte et ses acolytes pour élaborer des projets constitutionnels qui leur donnent le pouvoir sur les gouvernements élus, on ne peut pas s’empêcher de penser que ces tentatives sont le travail pathétique de gens dont la vision du monde est si étroite et inférieure qu'ils ont pas la capacité ou le souhait de réellement établir des règles politiques démocratiques de base qui seraient acceptées par la majorité des citoyens. Leurs tentatives sont passées du premier projet très enfantin qui parlait constamment de la nécessité d'élire des "bonnes personnes" à cette dernière version qui est douloureusement transparente dans ses tentatives pour conserver le pouvoir de la junte. (Voir http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/08/le-projet-de-constitution-thailandaise-de-la-junte-reporte-indefiniment-le-retour-a-la-democratie.html et http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/04/arriere-antidemocratique-et-infantile-le-projet-de-la-junte-pour-la-constitution-de-2015.html).

Ce n'est pas un projet de constitution; c’est un document décrivant les préjugés de ceux qui ont pris le pouvoir à travers le canon d'une arme à feu.

Ce projet, écrit sous la direction de l’ultra-conservateur Meechai, commence par un prologue de 3 pages plein de mensonges. Le but du prologue est d'écrire un script pour le roi afin de faire la louange du généralissime Prayut et de toutes ses "réalisations", soulignant le fait que Pumipon est juste un outil de l'armée. Le prologue affirme que la constitution empêche les politiciens de prendre le pouvoir pour leurs propres fins, ce qui justifie l'utilisation de coups d'Etat par l'armée pour ses propres fins. Il parle de la démocratie "de style thaïlandais", dont l'histoire a démontré qu’elle correspondait à l'opposé de la démocratie. Il raconte des mensonges flagrants sur la façon dont la population aurait participé à toutes les étapes de la rédaction de ce morceau de papier-cul. La vérité est que les soldats ont à plusieurs reprises empêchés des réunions de discussion sur la constitution et menacé tous ceux qui prônent l'opposition à cette dernière. Enfin, il répète le vieux mensonge usé comme quoi le roi Rama VII "aurait donné la démocratie" au peuple thaïlandais, alors qu'en fait, le Parti populaire a dû mettre un pistolet sur sa tête pour le forcer à renoncer à ses pouvoirs absolus lors de la révolution de 1932.

Un document non-sens avec ce genre de prologue ne va jamais apporter la liberté et la démocratie.

L'article 5 du projet de constitution donne des pouvoirs spéciaux à un groupe de dirigeants politiques pour déterminer l'avenir du pays "en temps de crise". Ce super organisme disposera d'une majorité nommée par la junte et c’est lui qui déterminera la définition d'une crise.

Comme le précédent projet une ouverture a été créée pour que, dans certaines circonstances, un premier ministre puisse être choisi parmi une personne non élue qui ne sera pas un député. L'article 5 traite de cela, mais en particulier l'article 272, que "iLaw [1]" a mis en évidence comme permettant à un non-MP d’être choisi après la première élection. Si cela devait se produire, et qu’un militaire soit choisi comme prochain premier ministre, ils pourraient alors prolonger le régime militaire.

Selon iLaw, l'article 67 donne des privilèges spéciaux au Bouddhisme Theravada sur toutes les autres religions et supprime les phrases des constitutions précédentes sur la promotion de bonnes relations entre les religions. En plus de cela, l’article 31 ne permet la liberté religieuse que si elle n’est pas une menace pour la sécurité nationale. Cela ouvre la porte à la persécution des musulmans ou des sectes bouddhistes qui ne sont pas approuvées par les militaires.

Dans un nouveau développement, ce terrible projet détruit les droits sociaux pour les citoyens d'une manière néo-libérale typique si populaire parmi les conservateurs.

L’article 47 supprime le concept de soins de santé universels en déclarant simplement que le gouvernement a le devoir de fournir un traitement gratuit aux très pauvres. Comme si l'horloge retournait aux mauvais vieux jours.

Sur la question de l'éducation gratuite, de l'État, l'article 54 de ce projet a été vivement critiqué par de nombreux militants étudiants de l'école parce qu'il parle de fournir gratuitement l'éducation préscolaire tout en supprimant l'éducation gratuite dans les dernières années de l'école secondaire.

Comme avec le précédent projet, la méthode utilisée pour calculer le nombre de députés que chaque parti recevra est conçu pour aider les partis moyens comme le Parti Démocrate. Mais le Sénat sera maintenant à 100% nommé par les militaires et les sénateurs seront en poste pour 5 ans, soit 1 an de plus que les députés élus. Le Sénat aura des pouvoirs accrus sur les gouvernements élus.

La junte a fait en sorte que tous les amendements constitutionnels soient très difficiles à atteindre parce qu'ils auront besoin d'un vote à la majorité des deux chambres siégeant ensemble, 20% de soutien parmi l'opposition et le soutien d'au moins 1/3 des sénateurs nommés. A la fin de ce bout de papier sans valeur, l’article 16 insulte l'intelligence des citoyens, affirmant qu'ils doivent se voir "enseigner" la démocratie, sans doute par des militaires conservateurs qui détestent ce concept en premier lieu.

Ce projet de constitution n'a pas seulement un prologue, mais a aussi un épilogue. Les deux sont tout aussi épouvantables. Le prologue blanchi et justifie les crimes de la junte et fait en sorte que l'influence de l'armée continue après les élections.

Le 12 avril le généralissime Prayut aux mains tachées de sang a admis qu'il ne faisait pas confiance au peuple thaïlandais pour élire un "bon" gouvernement. Ce fut sa justification du projet de constitution. Nous n’avons certainement pas confiance en lui ou ses alliés pour apporter des réformes politiques ou la démocratie!

Parmi les politiciens notables partisans de ce document autoritaire se trouvent Sutep Teuksuban, dirigeant gangster du Parti Démocrate qui s’est violemment opposé aux dernières élections générales, et l’homme politique très corrompu Banharn Silapa-archa. Il n’y a rien d’autre à attendre de ces deux-là.

Nous devons nous opposer vigoureusement à ce projet de constitution. Même s’il passe en quelque sorte lors d’un référendum viciée où toute discussion sur le document sera interdit et que de plus en plus de gens soient entraînés dans des camps de l'armée pour "rééducation", la lutte pour renverser la dictature doit continuer.

[1] http://freedom.ilaw.or.th/en

 

Un bol appelant à voter Non lors du referendum sur la constitution

Un bol appelant à voter Non lors du referendum sur la constitution

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Published by liberez-somyot
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