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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 09:12

La responsabilité honteuse d'Abhisit lors du massacre de 2010 à Bangkok

Un article de Robert Amsterdam

Lien:

http://robertamsterdam.com/abhisits-shameful-responsibility-for-the-2010-bangkok-massacre/

 

Il y a six ans, le 19 mai 2010, quelques centaines de manifestants thaïlandais pro-démocratie désarmés ont cherché refuge dans l'un des temples les plus célèbres du centre de Bangkok, le Wat Pathum. Ils y étaient allés sous la promesse des autorités thaïlandaises comme quoi le temple resterait un havre de paix désigné et qu'ils pourraient échapper aux tireurs d'élite et aux soldats envoyés sur les rues de la capitale thaïlandaise par le gouvernement de l'époque dirigé par Abhisit "Mark" Vejjajiva. A ce moment-là, après deux mois de protestation, près de 90 personnes - y compris des enfants, des soldats, et des dizaines de civils non armés - avaient été tuées et 2000 personnes avaient été blessées alors que le centre de Bangkok s'était transformé en un champ de bataille.

La nuit d'avant que ces dernières personnes désespérées se soient recroquevillés dans le Wat Pathum, des membres du sénat thaïlandais avait rencontré les dirigeants de la protestation lors d'une ultime tentative afin d'obtenir une résolution pacifique à la manifestation pro-démocratie des Chemises rouges qui avait lentement dégénéré en une crise nationale. Les sénateurs sont allés à cette réunion croyant qu’ils avaient la garantie du Premier ministre Abhisit comme quoi si les leaders de la contestation étaient d'accord pour des discussions inconditionnelles, alors les soldats de son gouvernement cesseraient leur "répression" et permettraient à la manifestation de se disperser pacifiquement.

Les preuves que nous avons publié lors de ces derniers jours - y compris une note de service de la réunion tenue entre les leaders de la contestation et les représentants du Sénat - montre maintenant, sans équivoque, que les dirigeants chemises rouges de l'UDD avaient accepté de telles négociations et étaient plus que disposés à le faire sans aucune condition et à travailler avec les autorités afin de disperser pacifiquement la protestation.

Pourtant, ce qui est arrivé le 19 mai, le jour d'après celui ou les négociations entre le Sénat et les Chemises rouges de l'UDD avaient abouties, montre clairement qu'Abhisit a non seulement agi de mauvaise foi, mais qu'il avait utilisé les représentants du Sénat dans un stratagème pour tromper les leaders de la contestation. Et, vers la fin de l'après-midi du 19 mai, les soldats de l'armée thaïlandaise qu'Abhisit lui-même avait déployé dans les rues de Bangkok, ont tirés et tués certains des civils désarmés qui se recroquevillaient dans le Wat Pathum.

Lors de la nuit du 19 mai, six des personnes qui avaient cherché refuge dans le Wat Pathum ont été tués. Mark MacKinnon, correspondant très respecté et expérimenté, travaillant pour le journal canadien "The Globe and Mail", était présent dans le Wat Pathum et un témoin oculaire des événements qui s'y sont déroulé. En 2011, il a déclaré à la BBC que le temple "était une zone de sécurité désignée" et qu'il "avait passé des heures là-bas sans n'avoir vu d'arme à feu". Le témoignage de MacKinnon est soutenu non seulement par de nombreux autres récits de témoins oculaires, mais, surtout, par les durs et froids faits incontestables d'un rapport criminel médico-légal.

Nous avons récemment publié les conclusions de ce rapport médico-légal et il établit qu'aucune des six personnes abattu dans le Wat Pathum n'avait manipulé des armes à feu ou des explosifs, que tous ont été abattus par des balles venues de la direction de l'endroit où un groupe de soldats thaïlandais étaient positionnés et qu'il n'y avait aucune preuve matérielle démontrant que ces soldats ne faisaient que répondre à des tirs (NDT: un autre témoignage, celui du journaliste australien Steve Tickner qui se trouvait lui-aussi au Wat Phatum le 19 mai, corrobore ces faits. Lien: http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/05/il-y-a-5-ans-le-massacre-d-avril-mai-2010-le-temoignage-du-journaliste-australien-steve-tickner.html)

Alors pourquoi l'ancien premier ministre Abhisit - un homme instruit dans l'une des écoles privées de l'élite les plus chères du Royaume-Uni et qui, ensuite, a été diplômé de l'Université d'Oxford - se livre-t-il à de telles méthodes fourbes et téméraires dans une telle situation volatile? Pourquoi a-t-il permit à ses troupes de mettre en danger la vie de civils thaïlandais et d'en tuer quelques-uns? Abhisit était-il au courant de ses obligations légales en tant que premier ministre de s'assurer que le montant minimum de force ait été utilisé, même lors de la dispersion de rassemblements illégaux?

Les preuves que nous avons publiées révèlent qu'Abhisit a été clairement informé par son procureur général et connaissait très bien les limites légales de l'opération de dispersion qu'il a ordonné.

Face à tout cela, une question évidente se pose - pourquoi Abhisit n'a-t-il pas été tenu pour responsable de ses actes? Avait-il perdu le contrôle des soldats qu'il avait lâché sur les personnes mêmes qu'il était de son devoir de protéger? Et s'il a perdu effectivement le contrôle, pourquoi n'a-t-il pas donné sa démission immédiate et ne s'est-il pas engagé à enclencher une poursuite pénale contre ces officiers et soldats de l'armée thaïlandaise qui avait assassiné des civils désarmés qui s'étaient refugiés dans le refuge désigné par son propre gouvernement?

Comme l'histoire le démontre, Abhisit n'a rien fait de tout cela. Les militants pro-démocratie des droits de l'homme le surnomment maintenant "Mark au 100 cadavres" démontrant son rôle dans ce chapitre sanglant de l'histoire thaïlandaise en répondant aux questions d'un intervieweur de la BBC sur le massacre de Bangkok que "malheureusement certaines personnes sont mortes".

Nous espérons que, grâce à la publication de ces documents, que le peuple thaïlandais pourra commencer à conserver un certain contrôle sur son passé et que l'impunité accordée à Abhisit prendra fin un jour ou l'autre.

Nous espérons que la mort "malheureuse" de l'ensemble des victimes du massacre de Bangkok ne sera pas oubliée et que la justice prévaudra un jour.

Cet article avait déjà été publié par Libérez-Somyot l’année dernière.

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/05/la-responsabilite-honteuse-d-abhisit-lors-du-massacre-de-2010-a-bangkok.html

 

Abhisit Vejjajiva

Abhisit Vejjajiva

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Published by liberez-somyot
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