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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 07:54

Un article d’Asian Correspondent

Lien:

https://asiancorrespondent.com/2016/06/junta-muzzles-media-rohingya/

 

La junte a réprimé les tentatives des médias et des militants pour mettre l'accent sur le sort de la minorité Rohingya en Birmanie (Myanmar) pendant la très médiatisé visite officielle de Aung San Suu Kyi en Thaïlande.

Jeudi dernier, les autorités ont fait annuler une conférence de presse du "Rohingya Thailand Group" au Club des correspondants étrangers en Thaïlande (FCCT) à cause des préoccupations de la junte comme quoi la question controversée aurait bouleversé le leader de facto de la Birmanie.

Plutôt que de procéder à la conférence de presse comme prévu, les représentants des ONG ont été autorisés à faire de brèves déclarations et se sont vu interdits de répondre aux questions des médias.

Siwawong Suktavee, un activiste thaïlandais de la Coalition pour les droits des réfugiés et des apatrides (CRSP), a lu une déclaration, alors que le secrétaire général du "Rohingya Thailand Group", Hajee Ismail, a distribué une lettre ouverte adressée à Aung San Suu Kyi.

Dans la déclaration, les ONG ont demandé à la Birmanie "d’arrêter la discrimination contre les minorités ethniques" et "d’envisager d'adhérer aux traités internationaux relatifs aux droits de l'homme".

"Tous nos espoirs envers la direction des politiciens démocratiques ont disparu. En effet, nous ne nous attendions pas à ce genre de position politique dure et négative et à cette rhétorique anti-démocratique de la part de notre noble lauréat du Prix Nobel de la Paix," a-t-il dit.

Alors qu'il quittait la salle, Maung Kyaw Nu, président de l'Association Rohingya de Birmanie en Thaïlande, a déclaré à la Voix de l'Amérique qu'il avait "peu d'espoir que le sort des Rohingyas soit soulevé par Aung San Suu Kyi lors de sa visite".

"Nous ne pouvons pas obtenir quelque chose d'elle parce qu'elle viole également les droits de l'homme [de la minorité Rohingya]," a-t-il ajouté.

Selon le Bangkok Post, il y a aussi des rapports non confirmés comme quoi Hajee Ismail aurait été arrêté par la police après l'événement pour avoir donné une brève entrevue à un journaliste.

En Birmanie, même la simple mention de la minorité musulmane marginalisée est devenue une question sensible.

Plus tôt cette semaine, le ministère de l'information de Birmanie a émis une directive interdisant l'utilisation des termes "Rohingya" ou "Bengali" parmi ses fonctionnaires. Selon Yanghee Lee, rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme, Suu Kyi elle-même a dit que le gouvernement allait éviter d'utiliser les termes dans le but de se démarquer de la critique internationale sur sa complicité dans la persécution continue des Rohingyas.

Tout au long de sa visite de trois jours, les médias ont également été informés que Suu Kyi ne répondrait pas aux questions de la presse, même lors de la conférence de presse conjointe à Bangkok avec le Premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-ocha.

Le gouvernement thaïlandais semble acquiescer à la demande tacite de Suu Kyi de ne pas discuter de la question. Il a été rapporté que le general Prayuth aurait dit qu'il ne voulait pas soulever cette question avec elle au cours de sa visite car ce serait "interférer" dans les affaires intérieures de la Birmanie.

Beaucoup de Rohingyas ont tenté d'échapper à l'oppression en Birmanie et de se réfugier en Thaïlande, où il y a actuellement un nombre inconnu de réfugiés rohingyas dans les centres de détention.

 

Montage photographique du Collectif HAMEB (Halte Au Massacre En Birmanie)

Montage photographique du Collectif HAMEB (Halte Au Massacre En Birmanie)

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Published by liberez-somyot
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