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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 09:34

Aung San Suu Kyi accuse la communauté internationale d'encourager des troubles au Myanmar en soutenant les Rohingyas

La dirigeante birmane affirme que les gens de l'extérieur "ne font que se concentrer sur les côtés négatifs" sur ce que la Malaisie et la communauté internationale appellent "un nettoyage ethnique de la minorité musulmane rohingya".

Photo: Une femme musulmane porte un masque d'Aung San Suu Kyi lors d'un rassemblement contre la persécution des Rohingyas

Un article du journal britannique "The Guardian"

Lien de la version originale en anglais:

https://www.theguardian.com/world/2016/dec/03/aung-san-suu-kyi-accuses-international-community-of-stoking-unrest-in-myanmar

Une femme musulmane porte un masque d’Aung San Suu Kyi lors d’une manifestation de soutien aux Rohingyas

Une femme musulmane porte un masque d’Aung San Suu Kyi lors d’une manifestation de soutien aux Rohingyas

La dirigeante du Myanmar, Aung San Suu Kyi, a accusé vendredi la communauté internationale d'encourager le ressentiment entre les bouddhistes et les musulmans dans le nord-ouest du pays, où une répression armée a tué au moins 86 personnes et causé la fuite de 10,000 personnes au Bangladesh.

Aung San Suu Kyi a appelé à la compréhension de la complexité ethnique de son pays et a déclaré que le monde ne devait pas oublier que l'opération militaire a été lancée en réponse aux attaques contre les forces de sécurité imputées par le gouvernement aux insurgés musulmans.

"J'aimerais beaucoup que la communauté internationale nous aide à maintenir la paix et la stabilité, et à faire des progrès dans la construction de meilleures relations entre les deux communautés, au lieu de toujours critiquer et pousser à plus de haine et de ressentiment", a déclaré Aung San Suu Kyi à la chaîne de télévision singapourienne Channel News Asia lors d'une visite à la ville-état.

"Cela ne sert à rien si tout le monde se concentre sur le côté négatif de la situation en ignorant le fait qu'il y ait eu des attaques contre les postes de police" [a continué la dirigeante de Birmanie].

La violence dans le nord-ouest pose le plus grand défi au gouvernement d'Aung San Suu Kyi depuis sa prise de fonction il y a 8 mois et a renouvelé la critique internationale comme quoi le Prix Nobel de la Paix a fait trop peu pour aider la minorité rohingya musulmane du pays.

Ses déclarations viennent alors que la Malaisie a déclaré que le traitement des Rohingya par la Birmanie équivalait à un "nettoyage ethnique".

"Le fait qu'une seule ethnie particulière soit chassée de ses terres est par définition un nettoyage ethnique", a déclaré le ministère malaisien des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Cette pratique doit cesser et doit être immédiatement stoppée afin de ramener la sécurité et la stabilité dans la région d'Asie du Sud-Est".

La Malaisie, un pays à majorité musulmane, a de plus en plus critiqué la façon dont la Birmanie organise la violence dans l'État Rakhine.

Des soldats sont intervenus en masse dans le nord de l'État Rakhine, près de la frontière avec le Bangladesh, après les attaques du 9 octobre dernier sur les postes frontaliers qui ont tué neuf policiers. L'aide humanitaire a été stoppée et la zone a été fermée aux observateurs de l'étranger.

Les militaires et le gouvernement du Myanmar ont rejeté les allégations de résidents et de groupes de défense des droits de l'homme selon lesquels des soldats ont violé des femmes Rohingya, brûlé des maisons et tué des civils pendant l'opération.

Les propos d'Aung San Suu Kyi interviennent alors qu'une commission dirigée par l'ancien chef des Nations Unies, Kofi Annan, est arrivée dans l'État Rakhine, où les bouddhistes d'ethnie Rakhine et les Rohingya vivent séparément depuis les affrontements de 2012 où plus de 100 personnes ont été tuées.

Bien qu'ils aient souvent vécu au Myanmar depuis des générations, la plupart des 1,1 million de rohingyas du pays se voient refuser la citoyenneté, la liberté de circulation et l'accès aux services de base tels que la santé et l'éducation.

L'agence des droits de l'homme de l'ONU a déclaré cette semaine que les abus subis par les Rohingya peuvent constituer un crime contre l'humanité, réaffirmant une déclaration faite dans un rapport en juin dernier.

Les Rohingya ne font pas partie des 135 groupes ethniques reconnus par la loi en Birmanie, où de nombreux bouddhistes majoritaires se réfèrent à eux comme étant des "Bengalis" pour indiquer qu'ils les considèrent comme des immigrants illégaux originaires du Bangladesh.

Dans le nord de l'Etat Rakhine, l'une des régions les plus pauvres du pays, les musulmans dépassent la population ethnique bouddhiste rakhine.

"Dans le Rakhine, ce ne sont pas seulement les musulmans qui sont nerveux et inquiets", a déclaré Suu Kyi. "Les Rakhines sont inquiets aussi. Ils s'inquiètent du fait qu'ils diminuent en pourcentage en tant que population rakhine."

Des responsables de l'ONU ont déclaré cette semaine que plus de 10 000 personnes ont fui les récents combats au Bangladesh.

Des personnes continuent à fuir à travers la rivière frontalière dans de petites barques, apportant des témoignages de villages rasés, de communautés déracinées et de familles séparées.

Pourtant, Aung San Suu Kyi a déclaré que le gouvernement "a réussi à maintenir la situation sous contrôle et à la calmer".

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Published by liberez-somyot
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