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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 12:49

A l'occasion du 7ème anniversaire du massacre du 10 avril 2010, Libérez-Somyot republie cet article de Robert Amsterdam demandant la justice pour les morts de Kok Wua

Lien de la première publication:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-justice-pour-les-morts-de-kok-wua-117080881.html

 

Terdsak Phungkinchan n'était âgé que de 29 ans quand la balle du tireur d'élite a pris sa vie. Il y a trois ans aujourd'hui, le 10 Avril 2010, il est tombé, mortellement blessé, sur le tarmac dur d'une rue de Bangkok. Le tir utilisée contre Terdsak, malgré qu'il soit très clair pour la personne qui a appuyé sur la gâchette que sa victime était complètement désarmé et ne présentant pas de menace pour quiconque, était mortel et destiné à l’être. Le seul mot qui peut être utilisé pour décrire cet acte est "assassinat" et mon cabinet d’avocat continu de faire tout son possible pour conduire les responsables à la justice.

Il ne peut pas non plus y avoir d'équivoque en ce qui concerne l'analyse de la force utilisée contre les Chemises rouges à Kok Wua cette nuit terrible d'Avril 2010, elle a été conçue exclusivement pour tuer. Et elle a tué. 21 manifestants chemises rouges sont tombés sous une grêle de balles tirées par les fusils de l'armée à qui l'ancien Premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva avait ordonné de nettoyer les rues de Bangkok. En outre, cinq soldats de l'armée thaïlandaise sont morts, leur vie se terminant dans ce qui peut seulement être décrit comme étant des circonstances mystérieuses, tandis qu'une enquête sur la mort du cameraman japonais, Hiro Muromoto, est toujours en cours. Tous ces actes ont laissés des veuves et des mères encore plus accablées de douleur.

Du fait qu’il n’y a pas eu de justice pour toutes ces victimes, la tragédie d'Avril 2010 est toujours en cours aujourd'hui. La Thaïlande n'est pas encore en paix avec elle-même et, depuis cette nuit-là, les familles des victimes ont été laissées avec plus de questions que de réponses.

Pour avoir une idée de la profondeur du sentiment qu'a suscité le massacre du 10 Avril à Kok Wua, ne cherchez pas plus loin que le livre remarquable publié en thaï par la Fondation des Martyrs de la Démocratie dont le titre se traduit approximativement par: "Les morts ont un visage et ceux qui ont été tués avaient une vie". Ce livre donne la parole aux victimes d'Avril 2010, un cri qui doit être entendu si la Thaïlande souhaite une véritable réconciliation.

Par exemple, la mère de Terdsak, Suwimon, a déclaré aux auteurs de ce livre exceptionnel:

"Au fond, j'ai toujours envie de me battre pour mon fils parce qu'il était innocent, il ne méritait pas de mourir, il n'aurait pas dû être traité comme ça. Je me sens comme quelqu'un qui ne peut pas faire grand-chose car nous sommes juste des gens ordinaires ... Je n'oublierai jamais cela. "

Ce sont ces mots de Suwimon que nous devrions méditer alors que nous commémorons le 10 Avril 2010 - "Je veux toujours me battre pour mon fils."

Les mères des Chemises rouges tombés sous les balles de l’armée, contrairement aux commentateurs, politiciens et, oserais-je dire, aux avocats, ne peuvent pas " tout simplement" oublier. Nous pouvons et devons offrir notre soutien et notre solidarité à Suwimon dans sa lutte pour la justice.

Le tailleur Wasan Puthong, âgé de 39 ans, est une autre victime du massacre de Kok Wua. Sa jeune sœur, Numthip, qui est également cité dans "Les morts ont un visage et ceux qui ont été tués avaient une vie" dit:

Aujourd'hui, il me manque toujours car nous avions travaillé ensemble pendant si longtemps. Chaque fois que je me retourne, je le vois car nous étions ensemble tous les jours et toutes les nuits.... Il est difficile pour moi d'accepter cela.

Le commentaire de Numthip sur le décès d'un frère dans des circonstances si odieuses est un reflet qui convient. Le manque de justice continuera de rendre difficile pour les victimes de Kok Wua de simplement "accepter cela".

Aujourd'hui (NDT le 10 avril 2013), mon bureau a eu l'honneur de parler au beau-frère de Wasan, Klin, et c'est avec ses paroles que nous allons terminer. Ses mots doivent être notre bannière alors que nous passons une autre année où nos proches nous ont été enlevés.

"Il n'y a pas encore de justice car les auteurs [de ces crimes] n'ont pas encore eu à rendre compte. Nous allons continuer à lutter pour cette justice."

Lors d'une manifestation le 10 avril 2011 à l'occasion du premier anniversaire du massacre, une jeune femme fait la morte pour rappeler que des gens avaient été assassinés par l'armée

Lors d'une manifestation le 10 avril 2011 à l'occasion du premier anniversaire du massacre, une jeune femme fait la morte pour rappeler que des gens avaient été assassinés par l'armée

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Published by liberez-somyot
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