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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 13:12

Impossible de comprendre la situation politique en Thaïlande, sans revenir sur les années Thaksin. Difficile de prendre pour argent comptant les déclarations d'anciens ministres du Parti démocrate et les articles des journalistes du quotidi...en "The Nation" sans connaître le rôle qu'ils jouent depuis 10 ans, surtout quand ils parlent de corruption. Voici la première partie de l'histoire récente de la Thaïlande ...

Vingt-troisième Premier ministre de la Thaïlande, Thaksin Shinawatra est à l'origine de réformes qui ont profondément modifié l'économie, la santé publique, l'éducation, le secteur de l'énergie, l'accès aux soins et aux médicaments et les relations internationales de la Thaïlande. Toujours réélu, on lui doit des mesures particulièrement efficaces pour réduire la pauvreté en milieu rural et procurer une couverture santé abordable à tous les Thaïlandais. La base de son électorat provient essentiellement des milieux ruraux pauvres.

Thaksin Shinawatra a réuni autour de lui des universitaires, d'anciens leaders étudiants et d'anciens dirigeants du parti Palang Dharma, notamment Prommin Lertsuridej, Chaturon Chaisang, Prapat Panyachatraksa, Surapong Suebwonglee, Somkid Jatusripitak, Surakiart Sathirathai, et Sudarat Keyuraphan. Son gouvernement a souvent été accusé d'être autoritaire, de pratiquer la démagogie, d'encourager la corruption, de tirer profit de conflits d'intérêts, de ne pas respecter les droits de l'homme dans un certain nombre de cas, d'agir de manière brutale... Pour l'abattre ses adversaires ont tout essayé, avant d'avoir recours à un coup d'état et mettre un terme à un processus électoral qu'ils ne pouvaient que perdre. On l'a accusé de tout : lèse-majesté, trahison, usurpation de l'autorité religieuse et royale, vente d'actifs stratégiques à des investisseurs internationaux, profanation religieuse, et relations avec les forces des ténèbres.

Le pouvoir de Thaksin Shinawatra repose presque entièrement sur la fidélité des masses rurales, auparavant méprisées et confinées dans la pauvreté, à qui il a accordé l'accès au crédit, à des taux bonifiés pour les agriculteurs, l'accès aux soins et aux médicaments, l'accès à un système scolaire qui a bénéficié de moyens importants. Tout ceci a été accompagné par des injections directes de liquidités dans les fonds de développement villageois (le schéma SML), le développement des infrastructures et l' One Tambon One Product (OTOP) qui s'inscrit dans le cadre du programme de développement des petites et moyennes entreprises en milieu rural.

Les "Thaksinomics", mesures prises pour sortir de la pays de la grave crise financière asiatique de 1997 et relancer l'économie, sont un modèle du genre. Le PIB a progressé de 44% en 5 ans, entre 2001 et 2006 ! La Thaïlande a remboursé ses dettes envers le Fonds monétaire International avec deux ans d'avance. Les revenus des habitants du Nord-Est du pays ont progressé de 40%, la Bourse de Thaïlande a surperformé les autres marchés de la région, après deux années de déficit budgétaires en 2001 et 2002, la Thaïlande a accumulé d'importants excédents en 2003, 2004 et 2005. La dette publique est passée de 57% du PIB en janvier 2001 à 41 % en septembre 2006. Les réserves de change ont doublé, passant de 30 milliards de dollars en 2001 à 64 milliards de dollars en 2006. Les économistes du "Thailand Development Research Institute" indiquent que la reprise économique du pays doit beaucoup au développement des exportations. Il a moralisé la pratique de la loterie (Thai:
หวย), jusque là clandestine et très répandue, en créant le Government Lottery Office. Les profits du jeu sont affectés à des projets de développement et à des bourses pour des étudiants sans ressources. La junte qui a pris le pouvoir a interdit la loterie, affirmant qu'il s'agissait d' un vice social. Le gouvernement Thaksin a réduit le contrôle de l' état dans les médias en privatisant MCOT, une grande chaîne de télévision et de radio.

En matière de santé, Thaksin a instauré les soins universels subventionnés (30 bahts/visite) et l'accès à faible coût aux médicaments anti-rétro viraux contre le Sida. Le succès a été fulgurant, avec une hausse de 76% du nombre de patients qui ont pu consulter un médecin. Les financements se sont vite avérés insuffisants. De nombreux médecins ont opté pour le secteur privé, et les investisseurs ont porté tous leurs efforts sur les hôpitaux aspirés par le boom de l' industrie du tourisme médical. Principal résultat obtenu par Thaksin, le nombre de personnes infestées par le Sida a nettement diminué.

S'il est un domaine pour lequel Thaksin a été épinglé par les associations des "Droits de l'Homme", c'est bien dans celui des moyens utilisés pour lutter contre le traffic de drogue, notamment du yabba qui fait des ravages parmi les jeunes. Toutes les mesures de prévention ayant échoué, il a ordonné la mise en œuvre "impitoyable" de mesures qui aurait causé la mort de 2.275 personnes selon certaines associations, victimes "d'exécutions extra-judiciaires". Les méthode de Thaksin ont été largement critiquée par la communauté internationale. Une commission d'enquête nommé par les militaires qui ont renversé Thaksin, n'a pas réuni de preuves suffisantes pour inculper Thaksin de meurtre.

Le classement de la Thaïlande dans le classement établi par Transparency International indique que la corruption a été moindre sous Thaksin qu'auparavant. L'Indice de perception de la corruption de la Thaïlande (IPC) est passé de 3,2 (classé 61) en 2001 à 3,8 (classé 59) en 2005.

Pour les élites qui détenaient le pouvoir depuis des générations, l'arrivée de Thaksin au pouvoir a été vécu comme une révolution. Elles ont mis quelques mois pour comprendre que le Premier ministre était installé au pouvoir pour longtemps, et que la Thaïlande allait devenir une nouvelle Singapour. A chaque scrutin, la défaite était plus profonde, et donc plus amère. Il fallait réagir, dans un premier temps de manière légale. L'opposition disposait de puissants soutiens dans les médias. La campagne de dénonciation de la violente répression contre les trafiquants de drogue s'est retourné contre ceux qui l'ont lancée. Les conditions de la vente des actions de l'opérateur de téléphonie détenu par la Shin Corporation à une entreprise de Singapour n'ont suscité que des haussements d'épaules. Thaksin est le seul Premier ministre démocratiquement élu de la Thaïlande a avoir été reconduit par les électeurs au terme de son mandat, avec une marge insolente.
Le début des évènements qui ont conduit au coup d'état est sans doute lié au licenciement de Viroj Nualkhair, président de la Krung Thai Bank (KTB), accusé d'avoir accordé d'importantes lignes de crédit à Sondhi Limthongkul, un magnat des médias qui avait soutenu Thaksin sans réserves en 2001, et qui croulait sous les pertes. La banque finançait un incinérateur à cash-flow. Thaksin a dit stop quand il a fallu épongé 1.6 milliard de dettes et remettre au pot. Sondhi Limthongkul est alors devenu son opposant le plus virulent. Sondhi Channel 11 /1 a perdu le droit d'émettre sur câblo-opérateur UBC.

Le 10 avril 2005, Thaksin Shinawatra, a présidé une cérémonie religieuse dans le Temple du Bouddha d'Emeraude, le site le plus sacré du bouddhisme thaïlandais.
Le site du journal Phoochatkarn a publié un article en octobre 2005, qui prétendait que le Premier ministre avait usurpé les pouvoirs royaux présidant cette cérémonie. Le journal "The Nation", qui n'a jamais reculé devant rien pour abattre Thaksin et les Chemises Rouges, a publié une photo qui a servi de prétexte à une campagne en faveur du Roi, et donc contre Thaksin assis sur une chaise qui serait normalement réservée au souverain. Thaïlande-insider.com, le site de Ekkayuth Anchanbutr qui est opposant virulent de Thaksin, a relayé la photo sur internet. Sondhi Limthongkul, le propriétaire de Phoochatkarn, a lancé la campagne médiatique avec le slogan "Nous aimons le roi", "Nous allons nous battre pour le roi ", et "Rendez le pouvoir au roi"
Le 9 novembre 2005, le secrétaire général du Cabinet royal, Bovornsak Uwanno, a affirmé que le roi Bhumibol Adulyadej avait accordé la permission au Premier ministre Thaksin Shinawatra de présider la cérémonie religieuse. cette autorisation a été confirmée par Chaktham Thammasak, qui était directeur général du "Bureau of National Buddhism" au moment des faits. Selon Chaktham, le Bureau de la Maison Royale avait réglé tous les aspects de la cérémonie, y compris le positionnement des chaises. Le 17 novembre 2005, la justice a interdit à Sondhi de se livrer à de nouvelles révélations mensongères.
Des universitaires et intellectuels ont immédiatement attaqué Thaksin en l'accusant de restreindre la liberté de la presse. En novembre 2005, le général Kittisak Ratprasert, un ancien chef aide-de-camp du roi Bhumibol Adulyadej, a déposé une plainte au poste de police Phra Ratchawang alléguant que Thaksin et son adjoint Visanu Krue-Ngarm avaient accompli des gestes de lèse-majesté dans le temple.

Thanakorn Pakdeepol, un déséquilibré mental âgé de 27 ans, a détruit à coup de marteaux la statue de Brahma (Phra Phrom) dans le temple d'Erawan le 21 mars 2006. La foule l'a lynché à mort. Au cours de la manifestation anti Thaksin du lendemain, Sondhi Limthongkul a affirmé que Thaksin Shinawatra avait orchestré la destruction de la divinité afin de remplacer Brahma avec par une "force obscure" qui lui était favorable, en prétendant détenir des informations très précises. On les attend toujours.

De nombreux leaders politiques se sont livrés à des attaques personnelles contre Thaksin, notamment le sénateur Karoon Sai-Ngam de la province de Buriram, qui a demandé aux femmes de passer des photos de Thaksin entre leurs jambes et maudire Thaksin trois fois pour qu'il quitte la Thaïlande et aille à Singapour.

Sulak Sivaraksa, qui a obtenu le "Right Livelihood Award" a raconté aux médias que Thaksin Shinawatra avait commis l'adultère... "je n'ai pas de preuves tangibles mais il y a beaucoup de rumeurs qui indiquent que Thaksin et ses ministres se sont livrés à des ébats sexuels illégitimes, et que Thaksin a été infidèle à sa femme. Il y a même un petit enfant qui lui ressemble étonnamment. Tout cela ne peut pas être prouvée, nous devons lui accordé le bénéfice du doute. La vie sexuelle de Thaksin sera étalée au grand jour après sa chute, comme celle du dictateur Sarit Thanarat".

L'affaire pour laquelle Thaksin peut être sérieusement être mis en cause moralement concerne la vente des actions de sa famille dans Shin Corporation pour 1.88 milliard de dollars à la Temasek Holdings basée à Singapour, trois jours après l'adoption par le Parlement de la loi "Thai Telecommunication Act". La transaction a bénéficié d'une exemption fiscale sur les plus-values, en application de la loi qui exonère les particuliers et non les entreprises.
La "Thailand Securities and Exchange Commission" a enquêté sur la légalité de la transaction. Le fils de Thaksin, Panthongtae, a été poursuivi pour ne pas avoir respecter les règles d'information entre 2000 et 2002. Il a été condamné à une amende de 6 millions de bahts. Les enquêteurs n'ont décelé aucun délit d'initiés. Les militaires qui ont organisé le coup d'état ont relancé la procédure, en accusant Thaksin d'avoir vendu un actif stratégique de la Thaïlande à des étrangers, et donc un morceau du pays. Le porte-parole du Parti démocrate, qui n'ont pas critiqué le coup d'état (euphémisme) a qualifié Thaksin d'homme politique pire que le dictateur Saddam". Le dirigeant du Parti démocrate Abhisit Vejjajiva avait critiqué Thaksin plus tôt pour ne pas avoir ouvert le secteur des télécommunications thaïlandais aux étrangers. Comique.

Bien que déclaré innocent de toutes les accusations portées contre lui lors de la vente de ses actions dans la Shin Corporation, l'affaire va servir de ferment au mouvement des Chemises Jaunes voulant "sauver la monarchie". Les manifestations ont fortement mobilisé parmi les classes moyennes et supérieures de Bangkok, qualifiés de "Blue Blood Jet Set" par le Bangkok Post. Elles ont été rejointes par la secte bouddhiste Santi Asoke du moine Luang Ta Maha Bua, très contesté, et les employés des entreprises menacées de privatisations, qui ne voulaient pas perdre leur statut de fonctionnaires. Quelques intellectuels se sont joints au mouvement.
Le 24 janvier 2006, des centaines de manifestants avec à leur tête Sondhi Limthongkul, l'ancien sénateur Pratin Santiprapop, Klanarong Chantik, et le député du NPD Kalaya Sophonpanich ont fait irruption dans Government House à minuit et demi. Ils ont occupé les bâtiment pendant 20 minutes, avant de se regrouper à l'extérieur. Une manifestation anti-Thaksin a réuni entre 40.000 et 50.000 manifestants (estimation de la presse) le 24 février 2006. Les suivantes pas plus de 5.000 à 15.000 selon les estimations de l'AFP et de Reuters.

Le 24 février 2006, Thaksin annonçait le dissolution du Parlement et de nouvelles élections pour le 2 avril, afin de mettre un terme à l'affaire de la vente des actions de la Shin Corporation. Dans son allocution hebdomadaire à la radio après l'annonce de sa décision, monsieur Thaksin a promis de nouvelles mesures populistes, notamment des augmentations de salaire pour les fonctionnaires, une augmentation du salaire minimum et des allégements de la dette pour les agriculteurs. L'opposition démocrate, les partis d'opposition Chart Thai et Mahachon ont annoncé le 27 février qu'ils boycottaient les élections.

"The Nation" a révélé sa vraie nature. Le quotidien a critiqué les élections, par ce qu'elle ne prenaient pas en compte une erreur majeure du concept de démocratie dans les pays moins développés comme la Thaïlande, où la masse des pauvres gens mal informée se laisse facilement manipulée par des gens peu scrupuleux.

Les Chemises Jaunes ont pratiqué l'escalade. Le chef bouddhiste Sulak Sivaraksa a qualifié Thaksin de "chien pitoyable" lors d'une manifestation organisée le 26 février 2006 et le président du groupe des enseignants du Nord-Est, Auychai Watha, a souhaité que les enfants de Thaksin deviennent des "prostitués infectés par des maladies vénériennes".

La manifestation en faveur du Premier ministre a réuni des 150.000 à 200.000 personnes le 3 mars 2006. Thaksin s'est alors engagé a refusé le poste de Premier ministre si son parti obtenait moins de suffrages que le nombre d'abstentions et de voix aux petits partis, alors que l'opposition refusait de prendre part au vote. Un manifestation anti-Thaksin a réuni quelques dizaines de milliers de manifestants les 5 mars 2006, avec pour mot d'ordre : "Thaksin dehors" et "Restaurons le pouvoir du Roi". A partir du 13 mars 2006, les manifestants se sont installés avec des tentes en face du Government House, au carrefour de Miskawan, rendant la circulation impossible dans le quartier. Le 15 mars 2006, les partisans de Thaksin en provenance du Nord-Est du pays se sont rassemblés à Bangkok. Ils ont garé leur " Ee Taen" dans le Parc de Chatuchak, où ils ont été rejoints par 400 "motorcycle taxi drivers" qui prostestaient contre les pots de vins qu'ils devaient verser à la police. Le 19 mars 2006, des partisans de Thaksin ont brûlé le cercueil d' Apirak Kosayothin, le gouverneur démocrate de Bangkok, qui voulait évacuer le Parc de Chatuchak. Les adversaires de Thaksin ont provoqué d'importants dégâts dans le centre d'affaires de Bangkok (Bumrungrad International Hospital, The Emporium, et Siam Square... Siam Centre, Siam Discovery, Siam Paragon). Un sondage a indiqué que 71% des habitants de Bangkok ont désapprouvé l'initiative.

Le 24 mars 2006, devant 50.000 personnes réunies à Sanam Luang, le dirigeant du Parti démocrate Abhisit Vejjajiva a demandé que le Roi Bhumibol Adulyadej nomme un nouveau Premier ministre et un nouveau Cabinet pour résoudre la crise politique. L'Alliance populaire pour la démocratie (PAD ), le Barreau de la Thaïlande, et le Conseil de la presse de la Thaïlande ont également appelé à l'intervention royale. Les demandes d' intervention royale sont restées lettres mortes. Le roi lui-même dans son discours prononcé le 26 avril devant les juges nouvellement nommés, a rejeté l'idée en disant que l'article 7 de la Constitution invoqué par les manifestants anti-Thaksin ne lui donne pas ce pouvoir. "Demander qu'un Premier ministre soit nommé royalement est antidémocratique. C'est pardonnez-moi, un gâchis. C'est irrationnel".

Les élections du 3 avril 2006 ont permis à Thaksin de réunir 16 millions de voix, avec 10 millions d' abstentions et des bulletins nuls. Il obtient 66% des suffrages exprimés et de remporter 462 sièges au Parlement. Les partis d'opposition ont demandé l'annulation du vote. Thaksin Shinawatra, est apparu à la télévision pour annoncer sa victoire et appeler à l'unité dans le royaume. Il a réitéré sa proposition de mise en place d'un gouvernement d'union nationale, et a proposé la création d'une commission de réconciliation indépendante, composée de trois anciens présidents du parlement, trois présidents Cour suprême, et trois anciens premiers ministres et recteurs des universités, pour mettre fin à l'impasse politique.

Après une audience avec le roi Bhumibol, Thaksin a annoncé le 4 avril 2006 qu'il n'accepterait pas le poste de Premier ministre après la reprise des travaux parlementaires.
Le 8 mai 2006, la Cour constitutionnelle a invalidé les résultats des élections d'avril et ordonné un nouveau tour de scrutin, en octobre.

On a accusé Thaksin d'avoir organisé un complot pour renverser le souverain à la veille du 60ème anniversaire du règne du roi Bhumibol Adulyadej. Thaworn Senniam, le secrétaire général adjoint du Parti démocrate, a confirmé l'authenticité du plan "Finlande". Thaskin a menacer de poursuivre le propriétaire du quotidien Sondhi Limthongkul, son rédacteur en chef, un chroniqueur et deux cadres pour diffamation.

Thaksin a dénoncé "des gens ayant une forte aura et certaines organisations autres que celles sanctionnées par la Constitution, qui tentent de renverser le gouvernement, les règles et les lois, la Constitution et la démocratie". Plusieurs membres de la famille royale ont considéré que Thaksin faisait allusion au roi Bhumibol ou au président de son Conseil privé Prem Tinsulanonda. Sondhi Limthongkul a demandé au public de prendre position et de choisir entre le roi et Thaksin. Le 14 juillet 2006, le président du Conseil privé Prem Tinsulanonda s'est adressé aux cadets de l' Académie royale militaire de Chulachomklao, en leur disant que l'armée thaïlandaise doit obéir aux ordres du roi, pas à ceux du gouvernement.

Le 24 août 2006, une voiture contenant 67 kg d'explosifs s'est garée à proximité de la résidence de M. Thaksin à Thonburi. Selon le lieutenant général Wiroj Jantharangsee, Commissaire du Metropolitan Police Bureau, la charge était opérationnelle, équipée d'une commande à distance et prête à exploser en faisant des dégâts dans un rayon d'environ 1 kilomètre. La voiture avait été conduite par le lieutenant Thawatchai Klinchana, ancien chauffeur personnel de Pallop Pinmanee, directeur adjoint du commandement des opérations de sécurité intérieure (ISOC). La police a découvert que la voiture avait quitté le siège ISOC plus tôt ce matin.Thawatchai a été immédiatement arrêté et Pallop a été démis de ses fonctions. Pallop a nié toute implication, soulignant que "si on avait voulu le faire, je l'aurais fait plus subtilement... Dans ma carrière, j'ai dirigé des escadrons de la mort. Si j'avais voulu le tuer, le premier ministre n'aurait pas échappé". Selon les opposants au gouvernement, la voiture piégée n'était qu'un coup monté du gouvernement. Cinq officiers ont été arrêtés pour leur rôle dans le complot. Le lieutenant général Pirach Swamivat, un camarade de classe de Pallop à la Royal Military Academy de Chulachomklao, a dit qu'il pensait que Pallop avait obéi à des ordres. Trois officiers ont été libérés après le coup d'Etat.

La préparation du coup d'Etat, qui a commencé en février 2006, s'est poursuivie durant la crise. Face aux rumeurs, le général Sonthi Boonyaratglin a affirmé en mai 2006 que l'armée ne prendrait pas le pouvoir. Le 20 juillet 2006, des officiers favorables à Thaksin ont été mutés. Les commandant de la "3rd Army Area", Saprang Kalayanamitr, a indiqué que "le niveau de la politique thaïlandaise était inférieur aux standards, et que la Thaïlande ne jouissait pas d'une réelle démocratie". Les chars se sont approchés de Bangkok en août 2006. Les militaires ont évoqués des exercices militaires. Le coup d'Etat a eu lieu le 19 septembre 2006, alors que Thaksin assistait à l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies à New York.
Dans un communiqué, le Conseil de la réforme démocratique militaire a évoqué le crime de lèse-majesté du gouvernement, des interférences avec les organismes publics, et la création de divisions sociales pour justifier le putsch.

Les militaires et les opposants politiques de Thaksin ont cherché partout pour l'inculper et le discréditer aux yeux de l'opinion. En octobre 2008, il est reconnu coupable de conflit d’intérêts dans le cadre d’une transaction immobilière liée à son épouse et condamné par contumace à deux ans d'emprisonnement par la Cour suprême criminelle des délits politiques. Il n'ont rien trouvé d'autre ! (sources : wikipedia)

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Published by liberez-somyot
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