Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 06:19

Après de nombreuses hésitations, Amnesty International Thaïlande a enfin pris position et demande la libération de Somyot Prueksakasemsuk.

Lien en anglais:

http://www.amnesty.or.th/en/component/k2/item/244-ปล่อยสมยศเดี๋ยวนี้

Voici la déclaration d’Amnesty International Thaïlande:

Des organisations syndicales et de défense des droits de l'homme insistent pour que le rédacteur en chef du magazine "Voice of Taksin" et défenseur des droits humains Somyot Prueksakasemsuk soit libéré immédiatement après avoir passé 17 mois en détention provisoire. S'il est reconnu coupable, il risque jusqu'à 30 ans de prison en vertu de l'article 112 du Code pénal (loi de lèse-majesté) pour la publication de deux articles jugés insultants envers la monarchie. Le groupe d'ONG a également appelé les autorités thaïlandaises à respecter les normes internationales de la liberté d'expression, et à cesser d'utiliser l'article 112 et la détention arbitraire qui criminalisent ou restreignent la liberté d'expression.
L'issue du procès de Somyot sera un test décisif sur la volonté de la Thaïlande de protéger les droits à la liberté d'opinion et d'expression, a indiqué le groupe.
Somyot est détenu depuis son arrestation en avril 2011, cinq jours après avoir lancé une campagne de pétition afin de recueillir les 10.000 signatures nécessaires pour un examen parlementaire de la loi de lèse-majesté. La longue détention provisoire de Somyot viole clairement les obligations de la Thaïlande à s'abstenir de détention arbitraire.
Le 18 septembre, la Cour pénale thaïlandaise a annulé une audience de son procès prévue pour le 19 septembre, prolongeant sa détention provisoire indéfiniment. La Cour pénale n'a pas fourni de raisons à cette annulation ni de nouvelle date pour l'audience.
Les autorités ont rejetée onze demandes de mise en liberté sous caution de Somyot. Le tribunal n'a pas fourni de justifications suffisantes à ce refus de liberté provisoire, comme l'exige l'article 40 (7) de la Constitution, l'article 107 du Code de procédure pénale ainsi que le Pacte International relatif aux Droits Civils et politiques (PIDCP) ratifié par la Thaïlande, qui limitent la détention provisoire à des circonstances exceptionnelles.
Au cours des deux dernières années, les tribunaux thaïlandais ont refusés à plusieurs reprises la liberté sous caution pour les personnes inculpées de crime de lèse-majesté. Le Comité des Nations Unies pour les Droits de l'Homme a rappelé aux États que la détention provisoire peut, en soi, constituer une violation des droits à la liberté et à la présomption d'innocence.
La loi de lèse-majesté thaïlandaise interdit toute parole ou tout geste qui "diffame, insulte ou menace le Roi, la Reine, l'héritier présomptif, ou le Régent". La loi l'emporte sur la Constitution thaïlandaise et place le pays en violation de ses obligations juridiques internationales de respecter les normes internationales de la liberté d'expression. Des groupes de la société civile thaïlandaise, les familles de ceux qui sont poursuivis en vertu de la loi de lèse-majesté, et des experts des droits humains des Nations Unies ont demandé à plusieurs reprises un débat public sur la réforme de la loi de lèse-majesté. Lorsque les droits humains ont été examinés en Thaïlande, en octobre 2011 lors de l'Examen Périodique Universel du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies, les Etats membres ont fait plus d'une douzaine de recommandations afin de modifier ou abroger la loi de lèse-majesté ainsi que celle de 2007 sur les crimes informatiques qui criminalise la diffamation en ligne en vertu de la même disposition. Quatre inculpés de lèse-majesté, dont Somyot, attendent que la Cour constitutionnelle rende sa décision sur la constitutionnalité de l'article 112.

Le Rapporteur spécial de l'ONU pour la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression "réitère l'appel à tous les Etats de dépénaliser la diffamation" dans son rapport (A/HRC/17/27) au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU en mai 2011. La Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'homme garantit le droit "de soumettre aux organes et organismes gouvernementaux ainsi qu'aux organismes s'occupant des affaires publiques, des propositions pour améliorer leur fonctionnement, et de signaler tout aspect de leur travail qui risque d'entraver la réalisation des droits de l'homme." La Thaïlande a de plus en plus criminalisé des écrivains et des éditeurs de publications pour des articles jugés offensants pour la monarchie.

Partager cet article

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article

commentaires