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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 02:50

Un article de Giles Ji Ungpakorn, exilé politique thaïlandais

Lien de l’article:

http://redthaisocialist.com/francais/405-birmanie-un-racisme-anti-musulman-organise-par-letat.html

Lien pour en savoir plus sur Giles Ji Ungpakorn:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-refugie-politique-pour-lese-majeste-giles-ji-ungpakorn-107494514.html

 

Qu'est-ce qui se cache derrière les attaques sanglantes contre la minorité Rohingya musulmane de Birmanie?


Plus de 650 personnes ont été tuées et 80.000 déplacées dans l'État de Rakhine en Juin dernier. D'autres violences ont eu lieu en Octobre, et maintenant une troisième vague d'émeutes anti-musulmane est en train de se produire dans la ville de Meiktila à Mandalay.
Ce n'est pas un résultat d'un antagonisme "naturel" entre les communautés. Les dirigeants birmans ont parrainés le racisme depuis le temps de l'Empire britannique.
Les différents groupes ethniques coexistaient paisiblement dans ce qui est aujourd'hui la Birmanie depuis des siècles. Mais les Britanniques ont mis au point la tactique de diviser pour mieux régner dans leurs colonies.
Ils avaient des universitaires pour les soutenir comme JS Furnivall. Ce dernier a fait valoir que dans le sud est de l'Asie il y avait une "société plurielle", où les ethnies ne se mélangeaient jamais et se rencontraient seulement dans les marchés. Il prétendait que les différents groupes ethniques avaient différentes fonctions dans la société et que les Européens étaient nés pour gouverner.
En fait, rien de tout cela n'était "naturel". Les puissances coloniales avaient limitées les différentes professions des divers groupes ethniques et les ont forcés à vivre dans des parties distinctes des principales villes.
La peur d'une révolte interculturelle de la population locale était celle qui était la plus élevée dans leur esprit.
Lorsque la main-d'œuvre principalement composée d'Indiens a fait la grève sur les quais en 1930, les Britanniques ont alors fait venir des jaunes birmans ce qui a conduit à des scènes de violence contre les Indiens.
Environ 200 personnes ont été tuées.
Le mouvement nationaliste birman Dobama Asiayone a été créée la même année que les émeutes contre les Indiens, les musulmans et les Chinois.
Son idéologie prônait un bouddhisme extrémiste et la suprématie des Birmans. Son dirigeant Aung San a fait valoir que, parmi les groupes ethniques de Birmanie, "seul les Birmans et les Shans pourrait vraiment être considéré comme ayant une nation".


Les prêteurs


Les nationalistes accusaient les travailleurs indiens de voler les emplois des Birmans. Ils ont accusés les prêteurs indiens d'être responsables de la pauvreté des paysans birmans. Mais dans la plupart des villages, les prêteurs locaux étaient eux-mêmes des Birmans.
L'armée d'Aung San a également été accusée d'atrocités contre le peuple Karen lors de la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd'hui, la classe au pouvoir en Birmanie utilise le racisme pour détourner l'attention de l'absence de démocratie et de l'écart grandissant entre les riches et les pauvres.
En 1991, la police avait organisée une répression massive contre les Rohingyas musulmans de l'Arakan. En 1997, les militaires ont mobilisés des moines bouddhistes extrémistes pour attaquer les musulmans à Bago.
Comme la Birmanie est ouvert aux investissements étrangers et au néolibéralisme, les musulmans sont blâmés pour la pauvreté et parce qu'ils "contrôleraient" les entreprises.
Les moines bouddhistes progressifs ont joué un rôle de premier plan dans les mobilisations de masse contre le régime militaire en 1988 et 2007.
Mais les militaires soutiennent les groupes bouddhistes d'extrême droite tels que l'organisation "969" qui cible les musulmans. Cette dernière est gérée par un moine connu sous le nom de Wirathu, proche de l'ancien général Khin Nyunt qui dirigeait le renseignement militaire de Birmanie.
La fille d’Aung San, Aung San Suu Kyi, s'est rangée du côté de l'armée sur la question de la violence contre les musulmans.
Elle a même affirmé que les Rohingyas n'étaient pas citoyens du pays.
Suu Kyi est la figure de proue pour donner une légitimité aux fausses "réformes" démocratiques qui ont lieu en Birmanie.
Elle est une fervente partisante du néolibéralisme et des entreprises multinationales. Elle a récemment été chahutée par les villageois qui font face à la perte de leurs terres suite à un grand projet minier.
Loin d'être neutre, l'État birman est une arme de la classe dirigeante et un obstacle à la paix et à la démocratie.

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Published by liberez-somyot
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