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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 19:13

Pour la première fois depuis 2006, les deux camps se retrouvent pour un même combat. Lutter contre un texte proposé par le gouvernement au nom de la réconciliation.

Un article de Courrier International

Lien de l'article:

http://www.courrierinternational.com/article/2013/11/08/la-loi-d-amnistie-fait-l-unanimite-contre-elle

La capitale thaïlandaise vit à nouveau au rythme des manifestations de rue. Depuis le 31 octobre, les rangs des opposants au projet de loi d'amnistie s'épaississent au centre de Bangkok. Dans les prochains jours, jusqu'à 50 000 personnes pourraient rejoindre les manifestants, estime le quotidien The Nation.

Raison de leur colère : un texte, adopté en catimini et en pleine nuit, qui, s'il était validé par le Sénat lèverait les obstacles judiciaires à un éventuel retour de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra. Thaksin, renversé par un coup d'Etat en 2006, vit en exil pour échapper à plusieurs condamnations de corruption. Mais il continue à avoir une large influence politique. Le Premier ministre actuel, Yingluck Shinawatra, est sa sœur.

"La Thaïlande se porterait bien sans Thaksin", écrit le Bangkok Post dans son édition du 7 novembre. En effet, la personnalité de l'ancien Premier ministre continue de diviser la scène politique du royaume.

"Chemises rouges" et "chemises jaunes" pour une fois dans le même camp

Mais, le texte adopté en première lecture à la Chambre des représentants dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre provoque la colère à la fois des "chemises rouges", traditionnellement partisans de Thaksin, et des "chemises jaunes", ses opposants de toujours. "La réalité est que, dès que le nom de Thaksin est prononcé, le pays devient fou", poursuit le jeune commentateur politique Voranai Vanijaka dans le quotidien conservateur.

Le texte propose de tirer un trait sur les poursuites et les condamnations liées aux violences politiques qui secouent le royaume depuis 2006. Une proposition inacceptable pour les deux camps. Les "chemises rouges" souhaitent que les responsables de la répression sanglante des manifestations de 2010 soient poursuivis, et les "chemises jaunes" et le Parti démocrate demandent que les condamnations de Thaksin pour corruption soient appliquées.

La base des "chemises rouges", qui s'est battue dans les rues en 2010 contre le gouvernement démocrate de l'époque et a soutenu le gouvernement du Pheu Thai emmené par Yingluck, est mécontente. On peut lire sur le site d'information Prachatai : "Cher gouvernement pour lequel j'ai combattu, nuit et jour, en 2010 et jusqu'aujourd'hui. Cher gouvernement pour lequel j'ai voté, s'il te plaît, retire ce texte avant qu'il ne soit trop tard." Cette supplique est signée Anuthee Dejthevaporn, l'ancien secrétaire général de la Fédération des étudiants thaïlandais, une composante importante du mouvement des chemises rouges.

"Si le parti Pheu Thai insiste à vouloir faire revenir Thaksin par le stratagème d'une loi d'amnistie, les risques de confrontation sont importants, voire inévitables", conclut The Nation.

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Published by liberez-somyot
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