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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 09:49

Jonathan Head de la BBC explique que les manifestants du mal-nommé Parti Démocrate sont déterminés à utiliser tous les moyens pour empêcher l'élection

Lien de l'article:

http://www.bbc.co.uk/news/world-asia-25519328u

 

Le gouvernement thaïlandais a rejeté aujourd’hui les appels à reporter les élections de février et ce durant de violentes manifestations qui ont vu la mort d’un policier, tué par balle. La Commission électorale avait demandé un report par souci de sécurité pour les candidats en campagne, mais le gouvernement a dit que le parlement avait déjà été dissous et qu’il n’y avait aucune raison juridiques pour reporter les élections. Les manifestants veulent que le gouvernement démissionne et qu’il soit remplacé par un "conseil populaire" non élu.


Scènes violentes


Dans une allocution télévisée, le vice-Premier ministre Phongthep Thepkanjana a rejeté la demande de la Commission électorale.
"La Commission électorale a affirmée que la tenue d'élections apportera la violence, mais le gouvernement estime que retarder l'élection causera encore plus de violence", a-t-il déclaré.
Le Premier ministre Yingluck Shinawatra a appelé à des élections législatives anticipées, prévues pour le 2 février, après des semaines de pression de la part des manifestants.
Les manifestants ont rejeté l'élection, et l'opposition officielle a refusé de présenter des candidats.
Les manifestants ont en outre rejeté une autre offre de Yingluck, celle de former un conseil national de réforme destiné à travailler aux côtés de son gouvernement.

Photo ci-dessous: les manifestants réclament, entre autres, l'abolition du salaire minimum journalier de 300 bath (environ 10 dollars US)

4-copie-1.JPG

 

Jeudi dernier se sont produits quelques-unes des scènes les plus violentes depuis que cette dernière vague de protestations a commencé.
Un groupe faisant partie du noyau dur de la manifestation, certains jetant des pierres et d'autres évidemment qui étaient armés, a tenté de pénétrer dans le stade où la commission électorale s'occupait de l'inscription des candidats.
Mais la police a répondu avec des gaz lacrymogènes, dispersant la foule.
Un officier de police a été abattu, une infirmière a subie des blessures par balles et des dizaines de policiers et manifestants ont été blessés, dont certains grièvement.
Le Parti Pua Thai de Yingluck a remporté la dernière élection en 2011 et dispose d'une grande majorité au parlement.
Cependant, les manifestants prétendent que c'est son frère, l'ancien dirigeant Thaksin Shinawatra, qui contrôlerait le gouvernement à partir de son auto-exil.
Il a été renversé par un coup d'Etat militaire en 2006 et s'est enfui avant d'être reconnu coupable de corruption [par un tribunal nommé par la junte].
La dernière crise a été déclenchée après que le gouvernement ait tenté de passer une loi d'amnistie qui aurait permis à Thaksin de revenir en Thaïlande.
Il est toujours très populaire dans les zones rurales et dans le nord, et les partis qui sont liés avec lui ont remporté des majorités convaincantes à chaque élection depuis 2001.
Mais de nombreux citadins continuent de s'opposer amèrement à Thaksin et ont plusieurs fois paralysés les gouvernements alliés avec lui en lançant des manifestations massives.

Photo ci-dessous: un T-shirt des manifestants prétend que le temple cambodgien de Preah Vihear appartiendrait à la Thaïlande

1-copie-1.JPG 

Dans la plupart des autres pays, une attaque sur un site d´élection par des manifestants armés de frondes et de bombes artisanales ayant pour résultat la mort d’un policier par balle, aurait déclenché une réponse robuste des autorités. Un état d’urgence peut-être, ou le déploiement de l’armée comme cela s’est produit à Bangkok en 2010.

Que cela ne se passe pas en Thaïlande, que des manifestants soient laissés libres de bloquer les routes, d’occuper des ministères et de lancer des assauts sur un stade où des partis politiques essayaient de préparer des élections démocratiques, en dit long sur l’état polarisé de la Thaïlande en ce moment
Le gouvernement a démontré qu'il pouvait remporter élections après élections. Mais il ne commande pas la fidélité de la plus puissante institution du pays ce qui limite vraiment ses options.

Jonathan Head, correspondant de la BBC à Bangkok

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Published by liberez-somyot
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