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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 20:07

Un article de l’exilé politique Giles Ji Ungpakorn (les passages pouvant être considérés comme lèse-majesté ont été supprimés sur ce blog. Pour lire l’article dans sa totalité, cliquez sur le lien de l’article)

 

 

giles

 

Lien de l’article:

http://redthaisocialist.com/francais/424-qle-jeu-des-corpsq-de-la-thailande.html


On pourrait être tenté de célébrer le fait que Tarit Pengdit, chef du Département des enquêtes spéciales, ait transmis les affaires contre l'ancien Premier ministre Abhisit Vejjajiva et son adjoint Sutep Tuaksuban au procureur. Tarit a déclaré qu'il y avait suffisamment de preuves comme quoi ils avaient commandés le massacre des manifestants chemises rouges pro-démocratie en 2010.
Cependant, j'ai un point de vue différent. Premièrement, il n'y a aucune garantie que le procureur inculpera effectivement Abhisit et Sutep. Deuxièmement, même s'ils devaient finalement aller au tribunal, il faudrait s'interroger sur les raisons de croire qu'ils seront effectivement condamnés à la prison à vie pour assassinat en masse. Je ne crois pas en la peine de mort et je ne souhaiterais jamais qu'ils soient exécutés comme autant de "meurtriers" l'ont été dans ce pays. Troisièmement, et surtout, Tarit a annoncé qu'aucun des soldats ne seront poursuivis, continuant ainsi la tradition effroyable de permettre à l'armée d'agir en toute impunité.
C'est l'armée qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu de Taksin Shinawat en 2006. Les putschistes ont ensuite nommés une junte militaire pour diriger le pays pendant un an. Lorsque les élections ont eu lieu, ce sont les militaires qui ont à nouveau organisés en coulisse, avec les juges, le renversement du gouvernement élu. Ensuite, l'armée, sous le commandement des généraux Anupong Paojinda et son adjoint Prayut Junocha a "mis en place" un gouvernement soutenu par les militaires dirigé par Abhisit Vejjajiva et son mal nommé "Parti Démocrate". Le Parti Démocrate n'avait jamais remporté la majorité aux élections et était totalement redevable à l'armée. Formellement Abhisit était premier ministre, mais le pouvoir réel restait entre les mains de l'armée commandée par les généraux Anupong et Prayut. Ces deux officiers de l'armée avaient déjà joué un rôle clé dans le coup d'Etat de 2006.
Lorsque le Centre pour la résolution de la situation d'urgence (CRES) a été créé en réponse aux protestations des Chemises rouges exigeant des élections démocratiques, il a été créé et exploité à l'intérieur d'un camp de l'armée et a été contrôlé par les plus importants généraux de l'armée, y compris Anupong et Prayut. Prayut était le responsable pour les opérations militaires. Abhisit et Sutep avaient également un rôle central et Sutep avait la position officielle de "directeur". Cependant, il aurait été impossible pour ces deux politiciens civils d'avoir eu un réel pouvoir sur l'armée et d'avoir ordonné les opérations militaires contre les chemises rouges qui ont abouti à près de 90 morts. Les ordres devaient provenir de Prayut et d'Anupong et ont dus été approuvés par Abhisit et Sutep. Tous les quatre sont coupables d'assassinat en masse […]
Les militaires ont été laissés hors du coup dans "le jeu des corps" de la Thaïlande parce que Taksin, Yingluk et le parti Pua Thai au pouvoir ont fait il y a longtemps un pacte avec les militaires. En contrepartie d'avoir toléré l'élection du gouvernement Pua Thai en 2011, l'armée a été absous de tout acte répréhensible. Dans l'avenir Taksin sera également autorisé à retourner en Thaïlande. La loi de lèse-majesté, qui a été utilisée contre les Chemises rouges progressistes, ne sera également ni amendée ni abolie. Au début de 2012 Taksin a prononcé un discours au Cambodge, où il a affirmé qu'il n'avait pas de querelle avec l'armée et que son seul adversaire était le Parti Démocrate.
L'affaire contre Abhisit et Sutep sert un certain nombre de buts importants. Tout d'abord, il s'agit d'une "activité de déplacement" pour créer une image d'un gouvernement qui cherche à conduire les assassins des Chemises rouges devant la justice. Le gouvernement dépend du vote des Chemises rouges. Mais à moins que le fondement même de la société thaïlandaise ne soit modifié par les actions de puissants mouvements sociaux, Abhisit et Sutep ne passeront jamais le reste de leur vie en prison. Si cela se produisait, cela créerait un précédent qui pourrait conduire Taksin au tribunal pour avoir ordonné les massacres de la Guerre contre la Drogue et à Tak Bai dans le Sud. Deuxièmement, une affaire qui pèse sur Abhisit et Sutep est aussi une bonne monnaie d'échange dans les négociations pour faire revenir Taksin et modifier la Constitution en faveur des politiciens du Pua Thai. Il n'est pas prévu par le parti Pua Thai de modifier la Constitution ou de rédiger une Constitution qui assurerait une véritable démocratie. Les propositions de loi des universitaires progressistes du groupe Nitirat n'ont pas le soutien du Pua Thai. Surtout cette monnaie d'échange ne sera pas contesté par l'armée car celle-ci et le Pua Thai estiment que Abhisit et Sutep peuvent être utilisés et abusés.
Les élites des deux camps aimeraient voir un retour à leur forme de stabilité où les crimes des généraux et des politiciens sont blanchis et les prisonniers de lèse-majesté pourrissent en prison. Le seul défi contre ce plan proviendra d'un fort mouvement progressiste pro-démocratie qui peut se développer grâce aux meilleurs éléments des Chemises rouges. Ces éléments devront rejeter le Pua Thai, Taksin et la direction de l'UDD. Ils devront également à rejeter les tactiques brutales et réactionnaires des Chemises rouges du groupe "51" de Chiang Mai qui se sont comportés comme des voyous et ont eu un comportement homophobe.

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Published by liberez-somyot
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