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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 18:39

Le Sénat thaïlandais rejette une loi d’amnistie controversée

Un article de "La Croix"

Lien de l'article:

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Le-Senat-thailandais-rejette-une-loi-d-amnistie-controversee-2013-11-12-1059571

 

La chambre haute du Parlement thaïlandais a rejeté une loi d’amnistie après de grandes manifestations de l’opposition, qui reste mobilisée.

L’opposition jugeait la loi taillée sur mesure pour un retour de Thaksin Shinawatra, l’ancien premier ministre en exil.

Que prévoyait le projet de loi ?

Prônant officiellement une politique de réconciliation, Yingluck Shinawatra, première femme chef d’un gouvernement thaïlandais, avait fait adopter, le 1er novembre, à la chambre basse du Parlement, un projet de loi d’amnistie visant à la fois les pro et anti-Thaksin Shinawatra. Le projet de loi a été rejeté par l’autre chambre, le Sénat, lundi soir, à l’unanimité de ses 141 membres.

Thaksin, frère de Yingluck Shinawatra et ancien premier ministre lui-même, est à la fois adoré et haï dans le pays. Déposé par l’armée en 2006, il avait été condamné en 2008 à deux ans de prison dans une affaire de corruption et vit en exil à Dubaï. Qualifié de populiste par les élites urbaines, ses partisans se trouvent dans les zones rurales et parmi les habitants pauvres des villes. L’opposition dénonçait une loi d’amnistie taillée sur mesure pour son retour en Thaïlande.

Qui s’oppose à cette amnistie ?

Lundi, des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis à Bangkok à l’appel de la principale formation d’opposition, le Parti démocrate. Les appels à manifester sont quotidiens depuis fin octobre et l’opposition a appelé à la grève générale de mardi jusqu’à vendredi. Elle réclame désormais la démission du gouvernement, tandis que le premier ministre, Yingluck Shinawatra, réclamait, hier, la fin des manifestations, jugeant que « nombre de leurs exigences » avaient « été satisfaites ». La police est déployée en masse à Bangkok et le quotidien Bangkok Post, généralement prudent, évoque le spectre d’une « guerre civile ».

Plusieurs personnalités de la majorité se sont aussi prononcées contre le texte, car celui-ci prévoit l’amnistie des responsables de la répression des partisans de Thaksin (les « chemises rouges ») en 2010, qui avait fait 90 morts. « Cette législation viole l’autorité de la loi. Tout le monde doit être égal devant la loi », a déclaré, lors des débats, le sénateur indépendant Manoj Kraiwong.

Le gouvernement peut-il passer en force ?

Le projet de loi d’amnistie a réveillé les vieux démons des Thaïlandais. Depuis la répression sanglante de 2010, le pays connaissait un calme relatif. Yingluck Shinawatra avait largement remporté les élections législatives en juillet 2011 à la tête de son parti, le Puea Thai. Elle a promis de respecter le choix du Sénat, mais pourra toujours passer outre à son avis dans un délai de cent quatre-vingts jours.

Rémy Pigaglio

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Published by liberez-somyot
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