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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 16:35

Un article de Thomas Fuller du New York Times

Lien de l'article:

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BANGKOK - Avec une sonnette installée dans sa maison pour appeler ses serviteurs et un titre royal qui aide à lui obtenir les tables de choix dans les restaurants de Bangkok, Malinee Chakrabandhu est une véritable membre de l'aristocratie thaïlandaise.
Elle se décrit elle-même comme le "mouton noir" de sa famille, une championne des élections à un moment où nombreux sont ceux, parmi les classes supérieures de la Thaïlande, qui appellent à la chute du gouvernement et la suspension de la démocratie.
"Ma fille voudrait me faire taire," a déclaré Malinee, 66 ans, lors d'une interview dans son salon, décoré avec des photos du roi de Thaïlande et d'autres membres de la famille royale. "Je lui ai répondu: "Si tu ne te soucies pas des gens pauvres, c'est très bien. Tu peux rester avec les riches."
La crise politique prolongée de Thaïlande, si grave que certains analystes mettent en garde contre une guerre civile, est une lutte de pouvoir entre un mouvement politique qui a remporté toutes les élections depuis 2001 et une opposition qui prétend que le parti au pouvoir représente une "dictature de la majorité". Les deux côtés disent que si les élections ont lieu dimanche comme prévu, le parti au pouvoir gagnera presque certainement à nouveau.
D'une manière générale, la crise a également polarisé le pays entre le nord et le sud, entre les anciens et les nouveaux riches et entre Bangkok et les provinces.
Mais au niveau des Thaïs en tant qu'individus, l'éclatement de la société est plus complexe et plus personnelle. Les batailles politiques font rage au sein des familles, entre les patrons et leurs employés, dans les salles de classe de l'université et parmi les membres des organismes gouvernementaux.
Même les familles au sommet de la hiérarchie politique du pays font scission. Abhisit Vejjajiva, le chef du Parti Démocrate de l'opposition, est allié avec les manifestants et appelle au boycott des élections de dimanche prochain. Son cousin Suranand Vejjajiva est un haut conseiller de la Première ministre Yingluck Shinawatra, dont le parti se bat pour s'assurer que les élections puissent se tenir.
Malinee raconte qu'elle a vécu beaucoup de turbulences en Thaïlande, y compris un certain nombre de coups d'Etat militaires, et, selon elle, l'impasse actuelle est "la pire situation que j'ai vu dans ma vie."
Les passions politiques ont provoqué une querelle au sein de sa famille et elle-même a bloquée ses quatre sœurs sur les médias sociaux. Elle est aussi assiégée par les critiques des adversaires du gouvernement.
Quand un article sur Malinee a paru la semaine dernière dans une publication qui soutient les manifestants, les lecteurs ont publiés des centaines de commentaires désobligeants et mordants. Dans un pays réputé pour l'étiquette et la politesse, de telles invectives contre un membre de la famille royale élargie étaient autrefois impensable, maintenant cela illustre à quel point la civilité du discours public a plongé en Thaïlande. Les manifestants de tous bords ont, au cours de ces dernières années, librement utilisé des épithètes grossières, souvent sous les acclamations de la foule.
Malinee, une descendante directe de Rama IV, un roi du 19ème siècle, affirme que les manifestants l'ont conduite à prendre des positions plus publiques au sujet de ses idées.
Elle a éprouvé du ressentiment quand les manifestants ont bloqué certaines parties de la ville. "Les rues sont aussi à nous", explique-t-elle. Elle est furieuse contre le chef de la protestation, Suthep Thaugsuban, qui a dit que quiconque était en désaccord avec lui devait quitter la ville.
Suthep a promis de faire obstacle aux élections et veut remplacer le Parlement élu du peuple par un conseil non élu qui organiserait la "réforme" du pays. Malinee décrit ce conseil non élu comme un "conseil de chiens".
La semaine dernière, elle a été interviewé par la télévision et s'en est pris aux manifestants qui cherchent à supprimer les élections, les qualifiant de "voleurs avides de pouvoir".
"Nous voulons voter, nous sommes tous des êtres humains ici," explique-t-elle lors de l’interview. "Tout le monde devrait être égal, les vendeurs de rue et moi, tout le monde."
Malinee, dont le titre de noblesse est Mom Rajawongse, une estimée et signifiante preuve d'ascendance royale, a un style personnel décomplexé qui a attiré l'attention sur elle lors des soirées de cocktail à Bangkok. Lors de l'entrevue [avec Thomas Fuller du New York Times], elle portait un T-shirt arborant "Respectez mon vote".
Les divisions parmi d'autres grandes familles apparaissent à ​​la télévision et sur ​​les médias sociaux. Dimanche dernier, après que des manifestants aient empêché plusieurs centaines de milliers d'électeurs d'aller voter, Ongart Klampaiboon, le dirigeant adjoint du Parti Démocrate, a déclaré aux journalistes que la position du gouvernement à propos des élections était "irréaliste" et dit que le vote était un "déchet". Quelques heures plus tard, son frère, Sirote Klampaiboon, un éminent érudit avec des vues diamétralement opposées, est allé à la télévision pour dénoncer le blocage du vote comme étant du "banditisme politique" et a affirmé que l'élection serait la "victoire des gens ordinaires qui sont contre les règle de la foule."
Les querelles au sein de la famille de Malinee sont, à certains égards, plus frappants, car les points de vue de la famille royale élargie sont rarement abordés en Thaïlande, en partie à cause d'une loi [la loi de lèse-majesté], interprétée largement par les tribunaux au cours de ces dernières années, qui impose une peine d'emprisonnement pour toute personne qui "diffame, insulte ou menace" les membres les plus anciens de la monarchie.
Seul un membre de la famille royale directe a pris publiquement parti dans la crise politique. La Princesse Chulabhorn Walailak, la plus jeune fille du Roi Bhumibol Adulyadej, a posté des photos d'elle portant ce qui semblait être l'ornementation rouge-blanc-bleu favorisée par les manifestants. Un hebdomadaire l'a appelée la "princesse de la grande masse du peuple", une référence à un slogan des manifestants.
Dans le cas de Malinee, cette dernière reste fermement ancrée dans l'aristocratie, à certains égards. Elle parle avec enthousiasme au sujet du roi et est une fervente partisane du prince héritier Maha Vajiralongkorn. Sa fille, qui travaille pour l'entreprise qui importe des voitures Ferrari en Thaïlande, a épousé un membre de la famille Bhirombhakdi, qui possède la plus ancienne brasserie du pays (Singha) et a de nombreuses connexions avec le palais. Une membre de la famille Bhirombhakdi (Chitpas Bhirombhakdi, l'héritière Singha) est une dirigeante de la protestation.
Malinee, dont le surnom est Yingmud, affirme avoir obtenu ses attitudes "libérales" de son défunt père, le prince Chakrabandh Pensiri, un musicien, proche ami du roi Bhumibol, qui a composé des chansons avec lui.
Dans le code couleur de la crise politique en Thaïlande, Malinee se définie comme rouge, tandis que le reste de sa famille est jaune.
Les rouges sont souvent considérés comme des partisans du parti fondé par le frère de la Première ministre, Thaksin Shinawatra, lui-même ancien Premier ministre, qui a été renversé par un coup d'Etat militaire de 2006. Mais la définition est en train de changer, et Malinee interprète le rouge comme la couleur des combattants pour la justice et le soutien aux Thaïlandais les plus pauvres.
Etre "jaune" en Thaïlande signifie traditionnellement soutenir fermement la monarchie. Maintenant, cependant, cela en est venu à signifier une méfiance générale de la démocratie électorale par ceux qui se sentent piétinés par la majorité.
Malinee explique qu'elle ne connait pas Thaksin, à part deux rencontres lors d'événements publics, mais qu'elle le loue pour avoir introduit des mesures visant à aider les gens à bénéficier des soins de santé universels. Quant aux allégations selon lesquelles Thaksin aurait élevé le niveau de corruption dans le pays, Malinee explique que la corruption généralisée était répandue bien avant qu'il ne devienne Premier ministre en 2001.
"Et quand vous l'avez expulsé du pouvoir, la corruption est restée", a-t'elle-dit à la télévision la semaine dernière.

Photo ci-dessous: Malinee Chakrabandhu portant un T-shirt sur lequel est écrit "Je soutiens le Prince Héritier"

MalineeChakrabandhu

Photo ci-dessous: Une couverture du magasine ASTV du dirigeant des Chemises jaunes, Sonthi Limtongkul, remerciant la Princesse Chulabhorn Walailak, la fille benjamine du Roi, pour son soutient au mouvement de Suthep Thaugsuban

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Photo ci-dessous: la Princesse Ubol Ratana Rajakanya, fille ainée du Roi, a publié récemment sur sa page facebook plusieurs photos d'elle habillée en rouge avec le poing levé

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Published by liberez-somyot
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