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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 09:42

Un rédacteur en chef du journal chinois "Le Quotidien du Peuple", Ding Gang, explique que la Chine doit affirmer son opposition à toute tentative de coup d'Etat militaire en Thaïlande

Lien de l'article:

http://english.people.com.cn/90883/8529203.html

 
"Nous ne voulons certainement pas voir un coup d'Etat ou de la violence", a déclaré le porte-parole du département d'État des États-Unis Jen Psaki, lundi denier à Washington, en réponse aux questions des journalistes.
"Nous discutons directement avec tous les éléments de la société thaïlandaise afin de souligner l'importance d'utiliser des moyens démocratiques et constitutionnels pour résoudre les différends politiques", a-t-elle affirmée.
La position des États-Unis est sans doute une raison importante pour laquelle un coup d'Etat n'a toujours pas eu lieu en Thaïlande. Même dans l'Asie d'aujourd'hui, où le modèle économique ne cesse de changer, l'influence politique des États-Unis sur les pays d'Asie du Sud-est ne peut jamais être sous-estimée.
En 2006, le Premier ministre d'alors, Thaksin Shinawatra, avait été renversé par un coup d'Etat militaire. Les États-Unis s'est déclarés "déçus" suite au coup d'Etat, mais avec un ton plutôt faible. Certains législateurs ont pensés que la déclaration de Washington montrait seulement que les États-Unis avaient, à ce moment là, renoncés à soutenir la démocratie en Thaïlande.
Avant les élections de 2011 dans le pays, certains législateurs américains ont proposés que, compte tenu que la sœur de Thaksin, Yingluck, avait des chances de gagner, le gouvernement américain devrait demander que la monarchie et l'armée acceptent le résultat et n'interférèrent pas dans le processus démocratique.
Les dernières déclarations des États-Unis sur la situation actuelle en Thaïlande reflètent l'importance du pivot de la stratégie Asie de Washington, qui cherche à étendre son "effet de drapeau" en soutenant le processus démocratique des pays d'Asie. En effet, la position des États-Unis a aidé à leur obtenir le cœur des gens en Asie du Sud-est.
Le chaos politique en Thaïlande dure depuis plus de trois mois. Les rumeurs de coup d'État militaire se sont répandues. Ces rumeurs ne sont pas devenues réalité, montrant la montée en puissance de l'opposition publique à un coup d'Etat militaire.
Par rapport aux États-Unis, les intérêts de la Chine peuvent être plus pertinents pour l'évolution de la politique en Thaïlande. Cependant, jusqu'à présent, la position de la Chine est restée équilibrée comme elle l'est habituellement.
La Chine peut s'en tenir à ses principes, comme elle l'a fait lors des dernières affaires similaires, et encourager les côtés opposés à sortir de l'impasse par des moyens politiques. Néanmoins, elle doit être plus claire dans son opposition à un coup d'Etat militaire.
Cela n'a rien à voir avec l'exemple des États-Unis. Au contraire, une telle déclaration profiterait à l'intérêt général de la Chine et à celui de toute l'Asie. Un coup d'Etat militaire n'apporterait pas de véritable démocratie. Les faits ont déjà démontré qu'un putsch ne ferait que conduire à l'interruption du processus démocratique et à des divergences croissantes entre les côtés opposés.
La Thaïlande est un pays phare de l'ASEAN. La stabilité de la Thaïlande affecte celle de l'ensemble des pays d'Asie du Sud-est. La période actuelle est une période d'intégration économique de l'ASEAN. La turbulence politique en Thaïlande fera probablement traîner ce processus et aura ainsi un impact négatif sur le développement économique de toute la région.
La Thaïlande joue également un rôle de coordination dans les relations de la Chine avec l'ASEAN. La Chine est à une étape importante de la mise à niveau de la zone de libre-échange avec l'ASEAN. Par conséquent, le maintien de la stabilité en Thaïlande est vital pour les intérêts de la Chine.
Il y a une possibilité qu'un coup d'État militaire ait lieu en Thaïlande. Mais, même si cela devenait une réalité, la relation entre la Chine et la Thaïlande ne serait pas affectée en raison de la position de la Chine. Nous devons être confiants à ce sujet.
Les vrais amis ne partagent pas uniquement des éloges, mais aussi soulignent le droit chemin quand l'autre est embourbé dans ses problèmes.
Depuis 1932, lorsque la Thaïlande a établi sa monarchie constitutionnelle, le pays a suivi un processus démocratique en difficulté depuis plus de 80 ans, mais il n'a jamais réussi à se débarrasser du cercle vicieux des coups d'Etat militaires.
Personne ne s'attend à ce que les contradictions profondes entre les différents groupes d'intérêts en Thaïlande soient éliminés dans une courte période, mais, aussi longtemps que les acquis de la démocratie ne sont pas annulées par des moyens non démocratiques, c'est déjà un grand pas en avant.
La plupart des pays voisins de la Chine sont dans une phase de transition politique. Comment renforcer les liens avec ces pays dont le processus démocratique, qui connaît des fluctuations, est le principal critère des relations de la Chine avec eux à l'avenir. La Chine, en tant que grande puissance régionale, devrait encourager les côtés opposés de la Thaïlande à la réconciliation, promouvoir l'amélioration des institutions et établir des bases de bonne gouvernance par la volonté du peuple thaïlandais et des moyens politiques.
L'auteur de l'article, Ding Gang, est un rédacteur en chef du Quotidien du Peuple. Il est maintenant en poste au Brésil.

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Published by liberez-somyot
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