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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 14:23

Lèse-majesté : Duel fratricide au tribunal

Lien de l'article:

http://thailande.vraiforum.com/t5064-L-se-majest-Duel-fratricide-au-tribunal.htm

Nouvelle illustration des dérives engendrées par la loi sur le crime de lèse-majesté : un Thaïlandais a accusé son propre frère d’insultes envers la Couronne. Ce dernier a passé un an en prison avant d’être remis en liberté vendredi 13 septembre devant la minceur des éléments à charge.

Le cauchemar de Yuthapoom Martnok a pris fin vendredi dernier lorsqu’un tribunal d’assises thaïlandais l’a innocenté des accusations de lèse-majesté, formulé par son propre frère, Thanawat. Pour justifier son verdict, le juge a mis en avant un flagrant manque de preuves pour condamner Yuthapoom. Les autres membres de cette famille ont insisté sur le fait que l’accusé n’avait jamais manqué de respect au roi. Yuthapoom a donc recouvré la liberté, un an après avoir été mis en prison, sur les seules allégations de son frère. Il semblerait que ces accusations de lèse-majesté, pouvant conduire jusqu’à 15 ans de prison, ont été lancées suite à plusieurs différents entre les deux hommes. Les deux frères avaient des affaires en commun, et vivaient sous le même toit, mais n’étaient jamais d’accord sur rien, pas même sur leurs chiens respectifs ! Leurs relations ont pris un tour à ce point conflictuel que le litige s’est réglé au tribunal, après tout de même que le cadet de la fratrie eut passé 12 mois derrière les barreaux.

En Thaïlande, l’article 112 du code pénal punit de 3 à 15 ans de prison, quiconque reconnu coupable d’insulte envers le roi, la reine, le prince héritier ou le régent. Les opposants à cette loi n’ont de cesse de dénoncer les abus qui en découlent. Ils déplorent que cet article, non seulement, porte atteinte à la liberté d’expression dans le pays, mais favorise les règlements de compte personnels. Dans l’affaire de Yuthapoom Martnok, l’avocate de la défense déplore que, sous couvert de possible crime de lèse-majesté, tout le monde peut poursuivre en justice tout le monde dans le pays, même pour des propos tenus dans la sphère privée, ce qui est le cas dans ce dossier.

De fait, plusieurs affaires emblématiques ont secoué et secouent toujours la Thaïlande. En novembre 2011, la condamnation à 20 ans de prison d’un homme de 61 ans pour avoir envoyé des SMS jugés insultant vis-à-vis du roi, avait provoqué une vague d’indignation dans le pays. Ampon Tangnoppakul, surnommé “Oncle SMS” est mort en détention en mai 2012. Le 30 mai 2012, un tribunal de Bangkok avait condamné Chiranuch Premchaiporn, la directrice de publication du site d’information Prachatai, à 8 mois de prison avec sursis, au motif qu’elle n’avait pas été assez prompte à supprimer des commentaires jugés insultant envers la monarchie.

Début août, le journaliste pro-Thaksin Somyot Preuksakasemsuk, condamné à 10 ans de prison pour avoir publié deux articles jugés offensants, a vu sa nouvelle demande de libération sous caution rejetée par la Cour d’appel. Il s’agissait de sa quinzième tentative. Depuis son accession au pouvoir en août 2011, la Premier ministre Yingluck Shinawatra se montre intransigeante sur cette question. Les observateurs de la politique thaïlandaise estiment que la sœur cadette de Thaksin Shinawatra donne ainsi des gages d’allégeance au Palais et à l’armée, et réussit à ce prix à maintenir un équilibre précaire au pays du “coup d’État permanent”.

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Published by liberez-somyot
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