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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 09:06

Un pilote de la compagnie aérienne low-cost thaïlandaise Nok Air s’est moqué de Yingluck Shinawatra sur les réseaux sociaux et a proposé de crasher l'avion pour se débarrasser d'elle.

Yingluck Shinawatra

Yingluck Shinawatra

L'avion était à l'embarquement lorsque l'ancienne première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra est montée à bord avec son fils. Le premier Officier de l'avion a pris une photo d'elle qu'il a ensuite postée sur un "chat group" d'une trentaine de pilotes avec le commentaire suivant: "Les victimes sont à bord". Ce à quoi un autre pilote a répondu: "C'est le moment pour un CFIT" (Controlled Flight Into Terrain), un terme technique qui signifie faire s'écraser l'avion.

Capture d’écran de la discussion en ligne entre les pilotes

Capture d’écran de la discussion en ligne entre les pilotes

Cet échange de messages, qui ne s'est pas arrêté là, a été vu ultérieurement par la nièce de l'ancienne première ministre, dans des circonstances qui n'ont pas été indiquées. Elle a communiqué à sa tante la teneur des échanges et la compagnie aérienne a été contrainte de faire des excuses publiques suite au comportement de son pilote. Ce dernier a été suspendu par la compagnie aérienne.

Le rédacteur du journal thaïlandais en langue anglaise Khaosod English, Pravit Rojanaphruk, a commenté sur sa page Facebook:

"Certains Thaïs n’arrivent pas à séparer leur devoir professionnel de leur haine politique. Dimanche dernier, un pilote de Nok Air a plaisanté qu’il devrait crasher l’avion qu’il pilotait parce que Yingluck et son entourage se trouvaient à bord."

Sources:

http://www.khaosodenglish.com/politics/2016/06/13/nok-air-pilot-jokes-crashing-yinglucks-plane/

et

http://www.khaosodenglish.com/news/2016/06/14/pilot-trainee-suspended-crashing-joke-lands-hard-two-budget-airlines/

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 08:39
Le problème chronique de la politique à question unique

La politique à question unique a été un problème chronique qui a empoisonné les mouvements thaïlandais pendant de nombreuses années. La cause de cette maladie débilitante a commencé avec l'effondrement des partis communistes staliniens et le rejet de ce que les Post-Modernistes et les Anarchistes ont appelés "Théories de Grandes politiques ou Narratives".

Quand le Parti communiste de Thaïlande s’est effondré au milieu des années 1980, les militants se sont tournés vers les campagnes ciblées avec un rejet de la politique et de la nécessité de renverser l'État répressif. Ils se sont peut-être leurrés eux-mêmes sur le fait qu'ils pourraient en quelque sorte tourner le dos à l'Etat ou diriger leur voie autour de l'état, tel que préconisé par des gens comme John Holloway ou Antonio Negri et Michael Hardt, mais en réalité, ils se sont transformés en lobbyistes pour les ONG. Ces militants d'ONG étaient heureux de faire pression sur tout les gens au pouvoir, indépendamment du fait qu'ils soient élus démocratiquement ou qu’ils fassent partie de juntes militaires. Ils ont également ignoré la politique des puissantes élites et ont rejeté l'idée de la lutte des classes.

Par conséquent les militants des ONG thaïlandaise, qui se sont eux-mêmes nommés "mouvement populaire", ont d’abord soutenus avec enthousiasme le gouvernement de Taksin. Et lorsque ce dernier les a manœuvré avec ses politiques pro-pauvres et les a aussi menacés de douce répression, ils sont devenus désenchantés par Taksin. En conséquence, ils ont choisi de faire une alliance avec les éléments les plus rétrogrades et conservateurs des puissantes élites, formant le mouvement des Chemises jaunes royalistes "Alliance des Peuples pour la démocratie". Ils ont célébré la chute de Taksin lorsque l'armée l’a finalement renversé lors du coup d'Etat militaire de 2006. Certains membres d'ONG internationales basées en Thaïlande, tels que "Focus on Global South", ont appuyé cette position réactionnaire. Les ONG thaïlandaises ont continué dans cette voie, en essayant de travailler avec les diverses dictatures ou d’exercer des pressions sur elles et certains ont même rejoint les émeutes anti-démocratique de Sutep Tuaksuban.

Dernièrement les ONG sont devenues "déçues" par les réformes de la junte. Quelle farce!

Les ONG peuvent ou non avoir appris une leçon de leur soutien à la destruction de la démocratie, mais la plupart n’ont pas renoncé à la politique à question unique. Certaines des récentes critiques des ONG sur le projet de constitution de la junte, en particulier celles concernées par les questions de santé, se sont simplement concentrés sur leurs propres problèmes uniques dans leur opposition. Au contraire, elles devraient être la combinaison d'une analyse générale de la destruction de la démocratie avec une multitude de questions concrètes pour mettre en place une grande critique vis-à-vis des plans de la junte. Cette grande analyse devrait aller au-delà de la liste brute de toutes les diverses questions uniques, comme les réseaux de coordination des ONG ont tendance à le faire. Elle devrait expliquer pourquoi toutes les questions sont liées au système politique et économique. Et sur le présent projet de constitution de l’armée, des liens doivent être faits avec le régime militaire et la destruction de la démocratie depuis 2006.

Quand je me suis impliqué avec le Forum Social Thaï à Bangkok en 2006, mes camarades et moi-même avons essayé de promouvoir l'alignement entre les différentes questions, mais nous avons éprouvé une vive résistance de la plupart des ONG thaïlandaises.

Le problème du "crétinisme à question unique " ne se limite pas seulement à certaines ONG. Lors de la Journée internationale des travailleurs cette année, le "Mouvement pour une Nouvelle Démocratie" a publié une déclaration de 8 points sur les raisons pour lesquelles les travailleurs doivent rejeter la constitution. C’était un document extrêmement limité qui parlait simplement des problèmes de vie quotidienne des travailleurs. Il a omis de mentionner l'attaque contre le système de soins de santé universels, sans doute parce qu'ils pensaient que cela n’avait "rien à voir avec les travailleurs" qui ont leur propre régime national d'assurance. Pourtant, les familles des travailleurs comptent sur le système de soins de santé universels. La pire offense faite par le "Mouvement pour une Nouvelle Démocratie" a été l’absence de mention du problème de la prolongation de la dictature et de la destruction de la démocratie. C’est comme s’ils supposaient que les travailleurs étaient trop stupides pour comprendre la politique générale de grande image.

Le mouvement syndical en Thaïlande contient des groupes progressistes qui ont une grande analyse de l'image de la politique et ont déjà rejeté la junte militaire. Pourtant, le "Mouvement pour une Nouvelle Démocratie" les a ignoré et a plutôt choisi de prendre position aux côtés des éléments les plus arriérés du mouvement ouvrier qui rejettent ou ignorent la politique.

Ceci est une honte parce que le "Mouvement pour une Nouvelle Démocratie" a un bon bilan d'organisation d'événements anti-dictature, dont le plus récent est la manifestation au monument de la démocratie lors de l'anniversaire du coup d'Etat de Prayut.

Un aspect de la maladie du style question unique des ONG est que les membres de l'ancienne direction du syndicat des travailleurs des chemins de fer a également soutenu les Chemises jaunes et a célébré le coup d'Etat militaire de 2006 parce qu'ils haïssaient Taksin. Mais maintenant, les militaires se sont retournés contre eux, menaçant de privatisation plusieurs sections des chemins de fer. Bien sûr, Taksin aurait fait la même chose que les militaires, mais il n'y a aucune excuse pour leur soutien aux réactionnaires.

Les théories et les stratégies politiques ont des effets concrets réels. Il ne s’agit pas uniquement d’un débat académique.

Nous avons besoin d'un parti marxiste révolutionnaire en Thaïlande qui puisse agir comme un pont pour relier tous les simples problèmes de vie quotidienne avec une analyse de classe du capitalisme thaïlandais afin de proposer un changement fondamental. Un tel parti serait également à l'avant-garde de la construction d'un mouvement social de masse pour se débarrasser de l'armée. Ceci est quelque chose que nous essayons de faire, mais jusqu'à présent, les progrès sont douloureusement lents.

Lectures complémentaires:

En anglais:

-Sur les ONG thaïlandaises et leur politique:

http://bit.ly/1UpZbhh

-"La crise en Thaïlande et la lutte pour la démocratie":

http://bit.ly/1TdKKYs

En français:

-"Un coup d’Etat pour les riches":

https://www.scribd.com/doc/243049902/Un-Coup-d-Etat-Pour-Les-Riches

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 10:36

Du 8 au 13 juin 1979, des dizaines de milliers de réfugiés cambodgiens sont repoussé de force dans les champs de mines par les soldats thaïlandais. Peu d'entre eux survivront.

Contexte:

En 1979, le régime khmer rouge s’effondre après l’invasion du Cambodge par le Vietnam. Fuyant la guerre, des dizaines de milliers de Khmers entrent en Thaïlande. Le royaume les repousse, provoquant un exode dramatique.

Le chef de l’armée thaïlandaise de l’époque s’appelait Prem Tinsulanonda… C’est le même homme qui est responsable du massacre des Chemises rouges en mai 2010.

Ci-dessous, un article de Patrick Sabatier paru dans le journal Libération daté du 9 juillet 1979:

Cambodge-Thaïlande: carnage à la frontière

Ne cherchez pas Dong Thuan sur la carte de Thaïlande: cet éperon rocheux qui perce les nuages gris et lourds de la mousson, aux confins de la Thaïlande et du Cambodge, pourrait tout aussi bien être une de ces planètes anonymes et invisibles à l’œil nu qui gravitent aux confins de la galaxie. Planète peuplée de morts-vivants. C’est là, en effet, que s’accroche à la vie un groupe de 900 survivants parmi les 40 000 réfugiés khmers refoulés par la Thaïlande, du 8 au 13 juin, à Preah Vihear. Thong-Kim San est l’un d’eux. Il est arrivé à Bangkok le 4 juillet et il s’y terre. Evadé de l’enfer, il a peur d’y être renvoyé. Il a une liste de 932 noms et il veut que «l’ONU fasse quelque chose… Qu’on aille les chercher, vite…» Alors il raconte, pour la première fois, ce qu’ont été les convois de la mort de Preah Vihear.

Dans la chambre minuscule, toutes fenêtres fermées, on est vite en sueur. Dehors, la nuit de Bangkok s’est fardée de néons tapageurs et le rugissement des moteurs sur les grandes avenues colle à la peau avec l’air moite et sale. Thong parle en khmer, d’une voix sourde, avec des gestes exagérés de ses grands bras maigres qui tremblent doucement. Il est sino-khmer, né au Cambodge. Il vivait depuis quarante ans à Battambang où il était ouvrier. Ce soir, nous ne parlerons pas des Khmers rouges ; dès leur repli devant l’avance des blindés vietnamiens, Thong a rassemblé les huit membres survivants de sa famille et a fui vers la Thaïlande toute proche. En mai, ils étaient au camp de Wat Kok, pleins d’espoir. «J’ai de la famille en France, nous étions sûrs d’être pris par les Français…» Mais le 12 juin, quand des membres de l’ambassade de France viennent lire la liste de noms acceptés par la France, Thong n’entend pas le sien. Silence en forme de condamnation à mort, car les réfugiés savent que, depuis le 7 juin, l’armée thaïlandaise a reçu l’ordre de vider les camps et d’en renvoyer les occupants au Cambodge. A Wat Kok, les diplomates français et américains, les larmes aux yeux, n’ont pu retenir que 1 500 des 4 500 réfugiés, sans avoir pu intervenir dans les autres camps.

«Le 13, à 4 heures du matin, raconte Thong, les soldats thaïs nous ont rassemblés et nous ont ordonné de monter dans des cars qui venaient d’arriver. Nous nous sommes accrochés les uns aux autres. Nous ne voulions pas y monter. Ils se sont jetés sur nous et nous ont frappés à coups de crosse…» Il faut l’intervention d’un responsable civil thaïlandais, qui assure aux réfugiés qu’ils ne seront pas expulsés, pour qu’ils acceptent finalement de monter dans les cars. «Nous croyions qu’on nous amenait finalement à Buriram et que, là-bas, nous pourrions vivre dans de meilleures conditions…» : 27 bus bondés, soit environ 2 000 personnes au total, partent ainsi le 13 au matin en direction du nord-est de la province de Sisaket.

A 8 heures du soir, les cars déversent leur troupeau apeuré et implorant sur la frontière qui court le long de la crête des monts Dangrêk. Là se dresse le temple de Preah Vihear, mentionné par les guides touristiques pour sa beauté. «Il n’y avait pas de soldats à cet endroit, mais un groupe de 40 à 50 hommes jeunes, certains aux cheveux longs, habillés en civil et armés de fusils et de mitraillettes. Ils se sont jetés sur nous, nous ont battus très violemment et nous ont pris tout ce qu’ils trouvaient comme argent, bijoux, objets de valeur et même vêtements… Puis ils nous ont poussés de l’autre côté de la frontière. Il faisait encore jour. A cet endroit, la pente est si abrupte qu’il était impossible de descendre sans trouver des prises ou des points d’appui ; c’est là que beaucoup se sont blessés - et tués -, surtout des vieux ou des enfants en roulant au bas de la pente, sur une centaine de mètres. Il y avait déjà là des cadavres qui sentaient très mauvais…»

Le convoi de Thong était en effet le dernier de plusieurs convois de la mort venus de divers camps de réfugiés. Il semble que tous n’aient pas été refoulés au même endroit. Mais d’autres étaient déjà passés par le chemin emprunté par le groupe de Thong. «Nous nous sommes arrêtés cent mètres plus bas, sur une espèce de corniche. Plus loin, en dessous de nous, dans une sorte de cuvette, c’était effroyable : il y avait des milliers et des milliers de gens, ceux des convois précédents, qui gémissaient, appelaient à l’aide et n’osaient pas bouger. J’ai retrouvé un copain, qui m’a raconté ce qui s’était passé pour les premiers arrivés: ils avaient sauté sur des champs de mines qui marquaient la frontière du côté cambodgien. Ils ne pouvaient pas avancer, ils n’avaient pas d’eau et il y avait beaucoup de blessés. Alors ils ont tenté de remonter vers la frontière thaïlandaise ; les cheveux longs les ont laissés approcher, puis ils ont tiré dans le tas, il y avait des centaines de personnes, ça a été un massacre.»

Pendant une semaine, Thong et ses sept parents ont donc vécu accrochés sur la corniche. «Puis nous avons décidé de partir…» Seule voie ouverte : le flanc de la montagne entre les deux mors de la tenaille. «Nous avons été obligés d’abandonner les blessés et les vieillards.» La longue colonne des damnés ne progresse que de quelques kilomètres par jour. «Nous n’avions aucune idée d’où nous étions, ni où nous allions.» Thong était revenu en fait en Thaïlande. Sans le savoir. […] «C’est en allant faire des courses dans un des villages que j’ai rencontré des Khmero-Thaïs; je les ai suppliés de m’aider; ils ont accepté contre la promesse d’une forte somme d’argent. Ce sont eux qui m’ont amené jusqu’à Sisaket en faisant des détours à travers la jungle. Puis ils m’ont mis dans le train pour Bangkok; dès mon arrivée, je suis allé me cacher chez un ami d’où j’ai fait parvenir aux ambassades occidentales cette liste de noms…» Ces noms ce sont ceux des 932 rescapés des Dangrêk. Parmi eux, les sept membres de la famille de Thong.

Lien:

http://www.liberation.fr/monde/2011/07/09/cambodge-thailande-carnage-a-la-frontiere_748156

Le temple de Preah Vihear

Le temple de Preah Vihear

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 09:18

Déclaration de la Commission Asiatique des Droits de l’Homme

Lien en anglais:

http://www.humanrights.asia/news/urgent-appeals/AHRC-UAC-051-2016

 

Cas d'appel urgent: AHRC-UAC-051-2016

19 mai 2016

Chers amis,

La Commission Asiatique des Droits de l’Homme (AHRC) a reçu des informations mises à jour comme quoi Mlle Sirikan Charoensiri, une avocate faisant partie de l’association des avocats thaïlandais pour les droits de l'homme (Thai Lawyers for Human Rights TLHR), qui s’est elle-même rapportée au procureur le 12 mai 2016, par rapport au cas où elle a été accusée de fournir une assistance juridique aux 14 militants pro-démocratie. Le cas de Mlle Sirikan a créé une perception comme quoi les avocats assurant la représentation juridique dans les cas dits "politiques" peuvent être victimes de harcèlement de la part de police et d'autres autorités de l'Etat.

Recit de l’affaire:

Mlle Sirikan Charoensiri est une avocate des droits de l'homme qui est l'un des représentants légaux pour les 14 militants étudiants du Mouvement pour une Nouvelle Démocratie (New Democracy Movement NDM). Le NDM a été fondée par un groupe d’étudiants issus de la classe ouvrière et paysanne originaires de Bangkok et de Khon Kaen, qui ont participé activement à la campagne pour le retour de la démocratie en Thaïlande.

Le 26 juin 2015, la police a arrêté 14 militants étudiants suite à un mandat d'arrêt délivré par le tribunal militaire de Bangkok. Ils ont été accusés d'avoir violé l’Ordonnance n° 3/2015 du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO), qui interdit les rassemblements de plus de cinq personnes, et l'article 116 du Code pénal thaïlandais concernant la sédition. Le 27 juin, la Cour militaire Bangkok a ordonné la garde à vue des 14 militants étudiants pendant 12 jours. Les 13 hommes ont été détenus à la maison d'arrêt de Bangkok, et une femme à l’établissement correctionnel pour femmes.

Pendant la nuit du 26 au 27 juin, Mlle Sirikan et sept autres collègues de la TLHR ont représentés les 14 étudiants militants comme avocats.

Après avoir terminé son devoir qui était de fournir une assistance juridique aux étudiants devant la Cour militaire de Bangkok, Mlle Sirikan s’est vu réclamer par les fonctionnaires de police menés par le major-général de police Chayapol Chatchaidej, commandant de la sixième division du Bureau de la police métropolitaine, d'avoir sa voiture fouillée afin de confisquer certains téléphones mobiles, que les étudiants auraient laissés aux avocats avant d'être conduits dans les prisons. Mlle Sirikan a refusé la fouille de sa voiture car les fonctionnaires ne présentaient pas de mandat de perquisition, et qu’il n'y avait aucune preuve légitime pour procéder à la fouille sans mandat dans la nuit. Les fonctionnaires ont alors mis en fourrière sa voiture pendant la nuit, et ont apporté un mandat judiciaire pour effectuer la fouille le 27 juin 2015. Mlle Sirikan a ensuite déposé une plainte pour méfait, en vertu de l'article 157 du Code pénal thaïlandais, contre le général Chayapol Chatchayadetch et d'autres policiers pour la mise en fourrière illégale de sa voiture.

Par conséquent, la police a déposé des plaintes contre elle, l'accusant d'avoir refusé de se conformer à un ordre officiel sans aucune raison ou excuse raisonnable après avoir été informé d'une ordonnance d'un fonctionnaire donné selon le pouvoir investi par la loi, et pour l’infraction d’avoir dissimulé un objet ou un document demandé par le fonctionnaire pour envoyer à titre de preuve ou pour l'exécution de la loi, en vertu des articles 368 et 142 du code pénal thaïlandais, et l’infraction d’avoir donné de faux renseignements concernant une infraction pénale à un fonctionnaire d'enquête afin de soumettre un individu à une peine en vertu des articles 172 et 174 du code criminel.

L'enquête de police au commissariat de Chanasongkram a été achevée et le cas de Mlle Sirikan a été envoyé au procureur de la Cour de district de Dusit à Bangkok. Le 27 avril 2016, Mlle Sirikan a reçu une convocation pour se présenter au procureur. Le procureur a informé Mlle Sirikan que, le 12 mai 2016, les enquêteurs de la police ont accepté de porter plainte contre elle en vertu des articles 368 et 142 du Code pénal thaïlandais.

Toutefois, en vertu de la loi thaïlandaise, après que les policiers aient conclus une enquête et décidé de procéder à un cas, ils doivent annoncer la date à laquelle le dossier et la personne inculpée seront présentés au ministère public. Le procureur décidera ensuite de poursuivre l'affaire ou d'émettre une ordonnance de non-poursuite. Si le procureur décide d'émettre un ordre de poursuite, il doit obtenir la permission du procureur général, conformément aux articles 7 et 9 de la loi portant création des tribunaux de district et de Procédure des Cour de district 1956. La Loi ne précise pas le délai dans lequel le procureur général doit donner l'autorisation d'émettre un ordre de poursuite.

Par conséquent, Mlle Sirikan et son équipe juridique ont déposé un recours en justice auprès du procureur, afin d'interroger d'autres témoins et d'examiner ses arguments juridiques / factuelles, et de rejeter, espérons-le, le cas.

Néanmoins, selon le procureur, ils annonceront l'inculpation ou non de Mlle Sirikan le 27 juillet 2016.

Si vous désirez envoyer une lettre de soutien à Sirikan Charoensiri, cliquez sur le lien ci-dessous pour un exemple de lettre en anglais à envoyer ainsi que les adresses ou l’envoyer:

http://www.humanrights.asia/news/urgent-appeals/AHRC-UAC-051-2016

 

Sirikan Charoensiri

Sirikan Charoensiri

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 06:29
Le mythe du "pays du sourire"

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/06/05/the-myth-of-the-land-of-smiles/

 

La vidéo récente d'une famille britannique brutalement attaqué par des voyous ivres dans la station balnéaire thaïlandaise de Hua Hin devrait être suffisante pour dissiper le mythe que la Thaïlande est un "pays du sourire".

 

Famille britannique brutalement agressé à Hua Hin, Thaïlande

Associé à ce mythe est l'idée que d'une certaine manière la religion bouddhiste assure la tolérance et un mode de vie paisible. La vérité est le contraire absolu. Le comportement violent des moines fascistes en Birmanie et en Thaïlande le confirme. Voir http://liberez-somyot.over-blog.com/2016/02/troubles-avec-les-bonzes.html

et https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/02/04/fascist-monks-and-thai-politics/

La Thaïlande est une société violente à bien des égards. Sur le plan politique, la classe dirigeante a toujours eu recours à la violence pour réprimer l'opposition. Nous l'avons vu dans les rues de Bangkok plusieurs fois au cours des cinq dernières décennies. Nous l’avons également vu à Patani. En Thaïlande, le taux d'assassinat est plus élevé qu’aux États-Unis et environ cinq fois plus élevé qu’en Europe occidentale. Les gens décèdent également de mort violente sur les routes en raison de la pauvreté des transports publics, du mauvais état des routes et de la mauvaise conduite. Ceci est une forme de violence causée par l'état de la société.

La violence du fait de voyous ivres se produit aussi régulièrement en Europe occidentale, mais les principales cibles des jeunes voyous sont d'autres jeunes hommes. Cela rend l'attaque répétée sur la femme britannique, qui est âgée de la soixantaine, particulièrement horrible. La culture thaïlandaise est censée enseigner aux gens à respecter les personnes âgées. Comment est-ce arrivé? Elle a été frappée puis a reçu des coups de pied dans la tête alors qu’elle était à terre. Bien sûr, les racistes sont connus pour attaquer les Noirs ou les musulmans en Europe, y compris les personnes âgées et le racisme joue un rôle important dans la promotion de la violence.

Cependant, pour être juste, la vidéo semble montrer qu’elle avait giflé le visage d'un homme thaïlandais plus tôt au cours de l'incident. Mais cela ne justifie pas l'attaque brutale contre elle après.

Ce n’est pas une explication suffisante de dire que l'agression à Hua Hin venait tout simplement du fait que la jeunesse locale cherchait à copier le comportement de la classe dirigeante thaïlandaise, en particulier celui de la junte militaire. Cependant, l’homme fort de la junte, Prayut, menace ceux qui partagent la vidéo ci-dessus de peines de prison parce que cela "donne une mauvaise réputation à la Thaïlande"!

Beaucoup de Thaïs peuvent sembler sourire ou rire facilement, mais c’est souvent un moyen culturel pour couvrir un embarras. En réalité, dans les lieux publics, les gens en Thaïlande sont moins polis que les citoyens de Grande-Bretagne. Certains peuvent ne pas être d’accord avec mon affirmation selon laquelle les Britanniques sont plus polis les uns envers les autres dans les lieux publics. Mais considérez la façon dont les Britanniques ont tendance à tenir les portes ouvertes pour les autres, le nombre de conducteurs qui remercient les autres conducteurs pour leur avoir cédé le passage, comment le fait de faire clignoter vos phares en Grande-Bretagne signifie "allez-y d'abord", alors que cela signifie le contraire en Thaïlande. Considérez le fait que quand les gens descendent du bus à Oxford, ils remercient le conducteur ou les sérieuses tentatives pour montrer un respect général de la vie privée et de la dignité des autres, en particulier dans les hôpitaux et les écoles. Cela vient de luttes collectives passées, en particulier du mouvement syndical, pour promouvoir l'égalité et la dignité. Il n'y a rien de spécifiquement "britannique" à ce sujet. C’est le résultat de la lutte des classes.

Les Thaïlandais sont des gens chaleureux et généreux et sont ouverts d'esprit vis-à-vis des enfants d'une manière qui n’est pas présente dans la société britannique, et ils sont plus spontané pour partager leur repas avec les gens. Donc il ne s’agit pas vraiment de se questionner sur laquelle des deux est une nation "plus agréable". Après tout, l'Empire britannique a une longue et sanglante histoire d'oppression, d'esclavage et de violence.

Biologiquement, les Thaïlandais ne sont pas plus enclins à un comportement particulier que les Européens. Mais il y a des facteurs sociaux importants qui conduisent à la violence dans la société et à un manque de politesse dans les lieux publics. Le facteur le plus important est que la société thaïlandaise est extrêmement hiérarchique. La classe dirigeante continue à faire tout son possible pour veiller à ce qu'une "culture de la citoyenneté et de l'égalité" ne puisse pas se développer. L'idée que les gens doivent respecter les personnes âgées est souvent étroitement associée à des aînés plus puissants comme les enseignants, les parents ou les personnes de rang supérieur, qu’aux pauvres gens âgés. Il n'y a pas encore d'État-providence en Thaïlande et le mouvement syndical est plus faible qu'en Europe occidentale. La lutte collective des classes n'a pas été assez forte jusqu'à présent. Ce sont tous ces facteurs qui conduisent à un manque de respect mutuel et à un manque de conscience collective chez beaucoup de gens ordinaires. Tout le monde est souvent trop occupé à essayer de faire en sorte de pouvoir défendre son mode de vie individuel ou les intérêts de sa proche famille, car il n'y a aucune garantie de la sécurité collective que l'on obtient à partir d'un état providence. Cela explique aussi pourquoi la plupart des Thaïlandais ont si mal à faire la queue.

Ceux qui sont à l'extrémité inférieure du système, comme les voyous de Hua Hin, ne peuvent avoir la sensation d'acquérir une certaine fausse dignité qu’en se saouler et agissant violemment. La violence contre les femmes et les enfants, dans le monde entier, est souvent dû au fait que les hommes opprimés tentent pathétiquement de compenser leur manque de pouvoir dans le monde extérieur par la violence contre les personnes les plus faibles à l’intérieur de leur propre famille.

Le racisme, qui est répandue dans la société thaïlandaise, en particulier vis-à-vis des personnes d'autres pays d'Asie, mais aussi contre les Occidentaux, est encouragé par le nationalisme extrême de la classe dirigeante. Cela fait partie des raisons pour lesquelles les touristes occidentaux sont parfois agressés. Ils sont considérés comme un groupe privilégié de personnes et les femmes occidentales sont considérées comme manquants de morale. Voir http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/09/la-thailande-est-une-societe-extremement-raciste.html

Dans l'ensemble la société thaïlandaise est malade parce qu'elle est gouvernée par une classe dirigeante malade et brutale. Pourtant, des millions de Thaïlandais essaient de mener une vie décente et de qualité où ils tentent de respecter les autres. Telle est la lueur d'espoir pour l'avenir. Mais pour encourager le bon et collectif côté des Thaïlandais, nous avons besoin de mettre fin à la dictature, détruire la hiérarchie, promouvoir l'idée de l'égalité et de la citoyenneté, et construire un État-providence afin de réduire les inégalités.

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 09:42

Une enquête indépendante a montré que lors du référendum d’août prochain, la plupart des sondés vont voter contre le projet de constitution et la proposition de la junte thaïlandaise de permettre aux sénateurs nommés par les militaires à se joindre au vote pour élire les premiers ministres.

Selon le sondage, 84,4 pour cent des répondants ont dit qu'ils allaient refuser le projet, alors que seulement 7,6 pour cent voteront pour le Oui. 2 pour cent s’abstiendront.

Sur la proposition qui propose de donner aux 250 sénateurs nommés par la junte le pouvoir de voter conjointement avec la Chambre des représentants pour sélectionner un premier ministre, 88,8 pour cent des répondants ont dit qu'ils voteraient Non. Seul 5,0 pour cent des sondés envisagent de voter Oui.

Source:

http://prachatai.org/english/node/6218

 

Bangkok: des activistes font campagne pour le Non au referendum bien que cela soit interdit par la junte

Bangkok: des activistes font campagne pour le Non au referendum bien que cela soit interdit par la junte

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 11:40

Thanat Thanawatcharanon, 58 ans, alias Tom Dundee, un chanteur thaïlandais de country devenu militant chemise rouge, a été condamné hier à 7 ans et demi de prison pour lèse-majesté.

Ci-dessous, un article de l’AFP:

Thaïlande: plus de 7 ans de prison pour lèse-majesté pour un chanteur

Bangkok (AFP) - Un chanteur engagé thaïlandais a été condamné mercredi à sept ans et demi de prison pour lèse-majesté, dans un climat de tension politique grandissant, le chef de la junte prévenant qu'il resterait au pouvoir "quel que soit leur degré de haine".

Le chanteur populaire, connu en Thaïlande sous le nom de scène de "Tom Dundee", a été condamné par un tribunal de Bangkok pour des propos tenus en 2013 lors d'un meeting des Chemises rouges, partisans du gouvernement renversé par les militaires en 2014.

La peine maximale pour lèse-majesté est de 15 ans. Pour tout média, même international, reproduire des propos lèse-majesté est passible de poursuites, entraînant une faible couverture de ces procès en Thaïlande.

Un internaute est même poursuivi pour lèse-majesté pour avoir manqué de respect au chien du roi sur internet, une affaire révélatrice de la nervosité de la junte ultra-royaliste.

Mercredi, lors d'un forum, le chef de la junte au pouvoir depuis le coup d'Etat, le général Prayut Chan-O-Cha, a prévenu ses concitoyens qu'il resterait au pouvoir "quel que soit leur degré de haine".

"Je ne partirai pas tant que la paix et l'ordre ne sont pas de retour dans le pays. Je ne partirai pas, quel que soit votre degré de haine", a lancé ce militaire coutumier des déclarations à l'emporte-pièce.

Dans un contexte de grande inquiétude autour de la santé du roi de 88 ans, hospitalisé et invisible depuis des mois, la junte, arrivée au pouvoir au nom de la défense de la monarchie, multiplie les affaires de lèse-majesté.

A l'approche d'un référendum sur un nouveau projet de Constitution prévu le 7 août, la junte est de plus en plus nerveuse. Elle a interdit tout débat et toute campagne sur le texte, qui est jugé antidémocratique par l'opposition.

Celle-ci fait profil bas depuis le coup d'Etat, mais Yingluck Shinawatra, l'ex-Première ministre dont le gouvernement a été renversé, multiplie les déplacements en province, officiellement apolitiques, dans un pays où les manifestations politiques restent interdites depuis deux ans.

Au cœur de la stratégie de la junte: empêcher, grâce à la nouvelle Constitution, le retour au pouvoir par le jeu des élections de Yingluck et de son frère Thaksin Shinawatra, exilé volontaire depuis des années pour échapper à ce qu'il dénonce comme des poursuites judiciaires politiques.

Lien:

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160601.AFP7019/thailande-plus-de-7-ans-de-prison-pour-lese-majeste-pour-un-chanteur.html

 

Thanat Thanawatcharanon alias Tom Dundee

Thanat Thanawatcharanon alias Tom Dundee

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 09:30

En mai 2010, le syndicaliste américain Shamus Cooke publiait un article intitulé "Massacre en Thaïlande: les mains sanglantes des Etats-Unis" ou il dénonçait la responsabilité passive des Etats-Unis lors du massacre des Chemises rouges d’avril/mai 2010 par le gouvernement d’Abhisit Vejjajiva.

Voici cet article:

Massacre en Thaïlande: les mains sanglantes des Etats-Unis

Lorsque la Maison Blanche reste silencieuse alors que les manifestants sont massacrés dans les rues de Bangkok en Thaïlande, on peut avoir des soupçons. Le silence est souvent synonyme de complicité. On ne peut qu'imaginer la réaction des Etats-Unis si le gouvernement vénézuélien avait fait la même chose qu'en Thaïlande: les médias américains et le président Obama auraient hautement condamnés un tel acte, contrairement au silence face au bain de sang qui a eu lieu en Thaïlande.

L'histoire des relations américano-thaïlandaises explique pourquoi. Pendant la guerre du Vietnam, la Thaïlande était l'un des principaux états “anti-communistes" dans une zone qui comprenait la Chine, le Vietnam, la Birmanie, et d'autres pays qui contestaient le capitalisme.

La Thaïlande a ainsi été transformée en un État client des États-Unis qui a fourni de l'argent, des armes et des renseignements du gouvernement américain pour battre les "communistes" de Thaïlande. Cette relation a perduré sous de nombreuses dictatures thaïlandaises qui ont une histoire très sanglante, y compris le massacre d'un nombre incalculable de manifestants que le gouvernement thaïlandais nommait "communistes", ou leur équivalent moderne, des "terroristes".

Les relations américano-thaïlandaises ont commencé à se dégrader lorsque le premier ministre destitué Thaksin Shinawatra a formé une relation plus étroite avec la Chine qui comprenait des accords économiques et militaires. L'Asian Times en résume les conséquences:

"La volonté de M. Thaksin de promouvoir les relations de défense avec la Chine a remis en cause des achats d'armes stratégiques aux Etats-Unis et de nombreux observateurs pensent que c'est l'une des raisons du silence de Washington face au coup d'Etat militaire du septembre 2006 qui a renversé un gouvernement démocratiquement élu." (7 novembre 2008).

Le gouvernement des États-Unis a souvent renversé "des gouvernements hostiles" en achetant les militaires de ces pays, un fait d'histoire longuement développé par Tim Weiner dans son livre sur la CIA "Legacy of Ashes". Quand un coup d'Etat soutenu par les États-Unis se produit, le gouvernement américain et les principaux médias du pays donnent une approbation tacite, tandis qu'un hurlement de rage de la part de ces derniers éclate lorsqu'un coup d'Etat arrive contre un gouvernement fantoche des Etats-Unis.

L'Asian Times continue:

"Beaucoup de responsables du coup d'Etat (de 2006) étaient connus comme étant des alliés des États-Unis, y compris les cerveaux présumés et formés par la CIA, Prasong Soonsiri et le président du Conseil privé Prem Tinsulanonda. D'ailleurs, Prasong a ouvertement reconnu son rôle dans le coup..."

Le coup d'État soutenu par les États-Unis contre le premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra est à l'origine de la crise actuelle en Thaïlande. De grandes sections de la classe ouvrière thaïlandaise et de la paysannerie s'identifient encore à Thaksin et réclament son retour. Ils ont recours à des tactiques très militantes pour appuyer leurs revendications, qui, si elles aboutiraient, conduiraient à la restauration de la démocratie en Thaïlande. Le New York Times ajoute:

"La Thaïlande est secouée par une lutte acharnée entre les élites de la nation et ses pauvres privés de leurs droits, ce qui a joué dans les manifestations qui ont paralysé Bangkok pendant des semaines et menacent maintenant de se développer." (Le 15 mai 2010).

Le président Obama n'a pas dit un mot pour soutenir les pauvres de Thaïlande, et son silence a permis à l'élite thaïlandaise d'assassiner des manifestants dans les rues sans faire face à des pressions extérieures. Les États-Unis sont le principal importateur de Thaïlande, tout en fournissant une importante assistance économique et militaire. Une déclaration forte d'Obama pour dissuader les élites de Thaïlande de massacrer les manifestants aurait pu empêcher le bain de sang. Mais il est resté silencieux.

Depuis, des dizaines de manifestants ont été assassinés. Mais pour que l'élite pro-américaine de Thaïlande réussisse à maintenir sa domination politique, des centaines sinon des milliers d'autres devront être liquidés.

En travaillant à maintenir le coup d'Etat en Thaïlande qui a eu lieu à l'époque du gouvernement Bush, le président Obama doit assumer la responsabilité pénale pour les atrocités actuelles. Si la classe ouvrière thaïlandaise n'est pas en mesure de renverser ce gouvernement meurtrier, Obama portera le blâme d'avoir supporté un coup d'État ainsi que le gouvernement qui s'en est suivi et qui devra recourir à la longue à une brutalité massive pour maintenir sa domination.

Lien de la version originale en anglais de l’article:

http://www.globalresearch.ca/massacre-in-thailand-and-obama-s-foreign-policy-stance/19209

 

Shamus Cooke, citoyen des Etats-Unis, est travailleur social, syndicaliste et auteur pour le journal "Workers Action" (Action ouvrière)

 

Shamus Cooke

Shamus Cooke

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 11:18

Un article de Prachatai

Lien:

http://prachatai.org/english/node/6204

 

Après avoir été emprisonné pendant près de deux ans, un chanteur de country chemise rouge anti-establishment bien connu a rétracté ses déclarations antérieures et a plaidé coupable pour une accusation de lèse-majesté.

Lundi matin, à la Cour pénale de Ratchadaphisek à Bangkok, Thanat Thanawatcharanon, 58 ans, alias Tom Dundee, un chanteur de country devenu militant chemise rouge, a plaidé coupable pour une infraction en vertu de l'article 112 du Code criminel, la loi de lèse-majesté.

Thanat a été inculpé de deux chefs d'accusation de lèse-majesté.

Dans le premier cas, il a été accusé d'avoir diffamé la monarchie dans les discours lors de deux rassemblements chemises rouges organisés par le dirigeant chemise rouge Kotee en novembre 2013. Cette affaire est traitée par la Cour militaire alors que le clip YouTube du discours était disponible en ligne jusqu'au 27 juin 2014, soit plus d’un mois après le coup d'état. Il a été arrêté à son domicile dans la province de Phetchaburi en juillet 2014 et est demeuré en détention depuis.

Pendant son emprisonnement, il a été accusé d'une autre infraction en vertu de l'article 112 pour deux de ses discours qui ont été publiés sur YouTube et sont resté en ligne de la fin 2013 au 26 avril 2014. Dans ce cas, il a également été inculpé en vertu de l'article 14 de la loi sur la criminalité informatique, contre l'importation d'informations illégales en ligne.

Contrairement à la première inculpation de lèse-majesté, le deuxième cas est jugé par la Cour pénale car les clips vidéo prétendument diffamant la monarchie ont été supprimés avant le coup d'État de 2014.

Il n’avait jusqu'à présent plaidé coupable que pour la seconde inculpation de lèse-majesté devant la Cour pénale.

Thanat a expliqué à Prachatai qu'il avait choisi de plaider coupable parce qu'il a été emprisonné pendant près de deux ans et qu’il veut juste en terminer avec son cas le plus tôt possible afin de pouvoir demander une grâce royale. L'avocat représentant Thanat a ajouté que son client pourrait également plaider coupable à l'autre accusation de lèse-majesté devant le tribunal militaire lors de l'audience à venir le 21 juin 2016.

Après sa plaidoirie de culpabilité, les juges de la Cour pénale ont prévue de rendre leur sentence le 1er juin à 10 heures.

Avant son arrestation, il a été accusé d’avoir défié le Conseil national de la junte pour la paix et l'ordre (NCPO) en ne se signalant pas à l'armée. Il a ensuite été libéré sous caution.

Thanat s’est sérieusement engagé dans la politique en 2010 avant que le rassemblement chemise rouge ne soit brisé par le gouvernement. Il a décidé de devenir un des leaders des chemises rouges, ce qui signifiait perdre les revenus de ses tournées de concerts. Il avait l'habitude de faire 20-25 concerts par mois, mais après avoir pris part au mouvement, la plupart ont été annulés.

Le chanteur chemise rouge pourrait être emprisonné pendant 30 ans pour ces deux accusations de lèse-majesté.

 

Thanat Thanawatcharanon

Thanat Thanawatcharanon

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 08:25
Stabilité gérée ou démocratie?

J'ai eu récemment une conversation avec un chercheur associé au ministère des Affaires étrangères britannique et je fus surpris et choqué de l'entendre dire: "La Birmanie est le pays le plus démocratique en Asie du Sud-est". Il a poursuivi en affirmant que la chose la plus inquiétante à propos de la Birmanie était qu’Aung San Suu Kyi pourrait être trop rigide pour travailler avec les militaires.

Maintenant, en ce qui me concerne, les Philippines et l'Indonésie sont de loin les pays les plus démocratiques dans la région, en dépit de leurs défauts. Et avouons-le, la Grande-Bretagne et les États-Unis ne sont pas exactement des démocraties parfaites. En ce qui concerne la Birmanie, elle dispose d’une constitution qui permet une domination militaire de la politique à long terme et la chose la plus inquiétante à propos de Suu Kyi est qu'elle s’est complètement compromise avec les militaires, les idées birmanes nationalistes et islamophobes, et que c’est une néo-libérale.

Alors, que représente cette idée absurde sur la Birmanie?

Les points de vue sur la démocratisation des responsables traditionnels et des politiciens proches de gouvernements occidentaux sont fortement influencés par la théorie de droite des "politiques comparées" soutenue par des universitaires comme Guillermo O'Donnell. Pour ces gens, la transition démocratique ne concerne que le comportement des factions de l'élite et de la façon dont elles gèrent une transition stable vers ce qu'on appelle la démocratie. En fait, ils ne sont pas vraiment intéressés par la liberté, les droits démocratiques et la justice sociale pour la majorité de la population. Ils sont aveugles et terrifiée par la perspective de mouvements de masse de la classe ouvrière et des pauvres se levant pour renverser les régimes autoritaires.

Guillermo O'Donnell

Guillermo O'Donnell

En lisant, grâce à la science politique, de la littérature sur les transitions démocratiques dans les jours avant le renversement de Suharto en Indonésie ou avant le renversement de Marcos aux Philippines, vous pourrez voir que l'idée que ces dictateurs puissent être renversés par des mouvements de masse venus de la base est totalement absente. Mais, en fait, c’est exactement ce qui est arrivé. La même chose peut être dite des soulèvements du printemps arabe et des soulèvements de 1973 et 1992 contre l'armée en Thaïlande. Et la force sociale la plus importante qui peut faire avancer et développer la démocratisation dans tous ces pays, dont la Thaïlande, reste les mouvements de masse des travailleurs et des pauvres.

Même lorsque les théoriciens de droite sont obligés de faire face à la réalité lorsqu'un régime a été renversé par un mouvement de masse, ils tentent de réécrire l'histoire en prétendant que ce fut un mouvement des classes moyennes.

En d'autres termes, l’idée de droite des "politiques comparées" regarde vers le bas les travailleurs et les pauvres et voient les élites et les classes moyennes comme les seules personnes qui peuvent apporter des progrès vers la démocratie. Ceci est une vue qui correspond exactement aux vues exprimées en Thaïlande par les chemises jaunes du PAD, les manifestants antidémocratiques de Sutep, la junte militaire et les idiots responsables de la rédaction des constitutions et des programmes anti-réforme de l'armée.

Pit Pongsawat

Pit Pongsawat

Malheureusement, mon ami et politologue à l’Université Chulalongkorn, Pit Pongsawat, semble également aller de pair avec cette aile droite non-sens des "politiques comparées". Récemment, il a suggéré que nous devrions trouver des façons d'ouvrir un dialogue avec les militaires afin d'apporter la démocratisation. Mais cette "démocratisation" ne sera que de la "Stabilité gérée", très apprécié par la droite. L’actuelle semi-démocratie birmane dominée par les militaires est un exemple clair du produit final de ces idées.

La leçon à tirer est que ce serait une perte de temps de croire que les gouvernements étrangers, en particulier ceux de l'Ouest, puissent être un facteur important dans la réalisation de la démocratie en Thaïlande. Pour eux, leur seul intérêt est d'être capable de faire des affaires avec la Thaïlande. Ils veulent être en mesure de "garder les lignes ouvertes" pour parler aux élites et aux militaires et il y a des voix exprimées dans les milieux gouvernementaux britanniques qui critiquent les principes légèrement démocratiques de l’ambassadeur sortant britannique à Bangkok car ceux-ci "isoleraient" la Grande-Bretagne vis-à-vis de la junte militaire.

Nul doute que le gouvernement des États-Unis essaye également de marcher sur une ligne fine entre le fait d’être considéré comme anti-dictature et celui de pousser la junte thaïlandaise dans les bras des Chinois.

Comme nous l'avons dit à plusieurs reprises dans ce blog, la démocratie, la liberté et la justice sociale ne seront atteintes que grâce à la construction de mouvements sociaux de masse par la base.

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