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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 09:37

L'ancienne première ministre de Thaïlande, Yingluck Shinawatra, a fêté son 49eme anniversaire le 21 juin dernier. A cette occasion, elle a souhaité la réconciliation dans le pays afin de pouvoir aller de l'avant vers la démocratie et que les gens soient heureux et en bonne santé.

L'ancienne première ministre a célébré son anniversaire avec son mari Anusorn Amornchat et son fils Supasek Amornchat à son domicile de Soi Yothinpattana.

Yingluck a déclaré que la situation économique actuelle n'était pas bonne et elle a demandé au gouvernement d'établir des politiques qui stimulent l'économie et rendent les gens plus riches.

Elle a dit qu'elle voulait que la junte évite que les conflits politiques ne dégénèrent et a exhorté les différents camps à tenter de se concilier.

"Je veux faire appel à un débat plus ouvert et inclusif au cours de la campagne pour le référendum sur le projet de constitution," a-t-elle ajouté.

Son frère, l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, lui a envoyé un bouquet de fleurs comme cadeau d'anniversaire.

Le chef de la junte, le général Prayuth Chan-Ocha a réagi à l’annonce de l’anniversaire de Yingluck. Il a déclaré aux journalistes: "Je ne suis personnellement pas son ennemi. Elle est déjà heureuse et en bonne santé pour son anniversaire. Elle est beaucoup plus jeune que moi. N’êtes-vous pas plutôt inquiet pour moi? "

Yingluck Shinawatra est la plus jeune d’une famille de 9 enfants. Son père était un député de Chiang Mai.

Elle est la descendante d'un ancien monarque de Chiang Mai par sa grand-mère, la princesse Jantip Na Chiang Mai (arrière-petite-fille du roi Dharmalangka de Chiang Mai).

Yingluck a grandi à Chiang Mai. Elle a obtenu un diplôme de la Faculté des sciences politiques et d’administration publique à l'Université de Chiang Mai en 1988 et a reçu un diplôme de spécialisation en systèmes d'information et de gestion à l'Université de Kentucky, Etats-Unis en 1991.

Elle a été première ministre de Thaïlande d’août 2011 à mai 2014.

Sources:

http://www.asianews.network/content/yingluck-calls-reconciliation-and-advises-junta-her-49th-birthday-20381

et

https://nickobongiorno.wordpress.com/2016/06/20/happy-49th-birthday-yingluck/

 

Yingluck Shinawatra

Yingluck Shinawatra

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 10:47

Le Ministère de la Justice thaïlandais étudie actuellement une proposition visant à exclure le ya ba (méthamphétamine), de la liste des stupéfiants afin d'encourager les toxicomanes à demander de l'aide.

La chaine de télévision Thai PBS a cité Paiboon affirmant que les méthamphétamines sont moins dangereuses pour la santé que les cigarettes et l'alcool (affirmation plus que douteuse), mais que la société accepte les cigarettes et l'alcool comme la norme contrairement à la méthamphétamine.

Toutefois, les experts de santé locaux ont exprimé leurs préoccupations quant à la proposition, car ils estiment que la dépénalisation ne va pas aider à réduire le nombre d'usagers de cette drogue.

 

Une Thaïlandaise de 19 ans usagère de ya ba arrêtée par la police

Une Thaïlandaise de 19 ans usagère de ya ba arrêtée par la police

En réponse aux critiques à la proposition de dépénalisation du ya ba, Paiboon affirme que permettre aux gens de posséder légalement cette drogue faisait partie des réformes secrètes et bien avancées de la politique du gouvernement vis-à-vis des drogues.

Certains thaïlandais pensent que les militaires contrôlent le trafic de drogues et chercherait à s’enrichir plus facilement.

Selon les statistiques de 2014 du Bureau du Conseil de contrôle des stupéfiants et du Bureau de la répression des stupéfiants, il y a 1,3 million de personnes en Thaïlande qui sont accros à cette drogue, ce qui représente environ 2 pour cent de la population du pays.

Source:

https://asiancorrespondent.com/2016/06/thailand-justice-ministry-ya-ba-dangerous-drugs-list/

La junte de Thaïlande souhaite dépénaliser l’usage du ya ba (méthamphétamine)
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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 07:29

Lors de sa mise à jour sur les droits humains dans le monde, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a prononcé quelques mots sur la Thaïlande.

Voici ce qu’il a dit:

“En Thaïlande, les autorités ont prévu un référendum en août afin que le peuple puisse déterminer si oui ou non il soutient le projet de constitution. Paradoxalement, elles ont également limité les débats sur le sujet. Des personnes qui avaient postées des commentaires critiques sur le projet de constitution ont été arrêtées et inculpées de "sédition". Les habitants de la Thaïlande devraient avoir le droit de discuter - et de critiquer - les décisions au sujet de leur pays, et un débat public libre, équitable et dynamique sur le projet de constitution est essentiel si le pays veut revenir à une démocratie durable. Je reste préoccupé par l'utilisation croissante des tribunaux militaires pour juger des civils. Je salue la décision du mois dernier d’adopter une loi sur la prévention et la répression des disparitions forcées et de la torture et d’avoir ratifié la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. J'espère que ces engagements seront mis en œuvre comme une question de priorité.”

Source:

http://ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/GlobalhumanrightsupdatebyHC.aspx?platform=hootsuite

 

Zeid Ra'ad Al Hussein

Zeid Ra'ad Al Hussein

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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 09:23

Il y a 54 ans, le 15 juin 1962, la Cour internationale de justice de la Haye décida par 9 voix contre 3 que Preah Vihear appartenait au Cambodge et par 7 voix contre 5, que la Thaïlande devait restituer toutes les antiquités, notamment les sculptures, qui avaient été prises dans le temple. Dans sa décision, la cour avait noté que durant les cinq décennies qui ont suivi l’établissement de la carte, les autorités thaïes n’avaient jamais protesté devant aucune instance internationale de la localisation du temple. Elles n’avaient pas non plus formulé aucune objection lorsqu’en 1930, un officiel colonial français avait reçu à Preah Vihear le prince Damrong Rajanubhab, haut dignitaire siamois (thaïlandais). De plus, toujours d’après la cour, la Thaïlande a accepté et bénéficié d’autres éléments du traité frontalier. De tout cela il découle que la Thaïlande avait accepté la carte et de ce fait que le temple revenait de droit au Cambodge.

La Thaïlande réagit avec véhémence. Ses dirigeants annonçaient qu’ils boycotteraient les réunions de l’Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est afin de protester contre le soutien que les États-Unis auraient accordé au Cambodge dans le différend. Ils s’appuyaient sur le vote du juge américain de la cour et le rôle de l’ancien secrétaire d’État américain Dean Acheson en faveur du Cambodge ; le gouvernement américain rétorqua qu’Acheson avait simplement agi en tant qu’avocat indépendant rémunéré par le gouvernement khmer. Des manifestations de masse furent organisées dans toute la Thaïlande contre la décision.

Finalement, la Thaïlande accepta de mauvaise grâce que le site retourne au Cambodge. Plutôt que de baisser le drapeau thaïlandais qui flottait sur le temple, les soldats préférèrent déterrer et enlever le mât qui sera érigé sur la falaise de Mor I Daeng où le drapeau flotte encore de nos jours.

Le 4 janvier 1963, le prince Sihanouk prit la tête d'un grand pèlerinage national au temple de Preah Vihear.

Janvier 1963: le prince Sihanouk à la tête d'un grand pèlerinage national à Preah Vihear.

Janvier 1963: le prince Sihanouk à la tête d'un grand pèlerinage national à Preah Vihear.

Ci-dessous, un extrait du livre "Derrière le sourire khmer" de Charles Meyer (écrit en 1971) racontant en détail cette histoire:

L'histoire des relations entre le Cambodge et la Thaïlande depuis 1953 est d'une extrême complexité et exigerait une étude approfondie du passé sortant du cadre de cet ouvrage. Il suffira donc de rappeler qu'en 1863, la France coloniale avait soustrait Norodom à la suzeraineté de la dynastie siamoise des Chakry et obligé le Siam à évacuer, en 1907, des provinces cambodgiennes annexées depuis plus d'un siècle. En 1941, profitant de la défaite française en Europe et de la "médiation" japonaise, le Siam - devenu Thaïlande - avait repris la province cambodgienne de Battambang et une grande partie de celles de Siemréap, Kompong-Thom et Stung-Treng... qu'il fut contraint de restituer en 1947. Tout rentrait dans l'ordre et, en 1953, lorsque le Cambodge recouvra son indépendance, la frontière khméro-thaïlandaise fixée par les traités franco-siamois pouvait être considérée comme définitive et, à Bangkok comme à Phnom-Penh, on admettait qu'aucun litige territorial n'existait plus entre les deux pays.

Toutes les conditions semblaient réunies pour que de bonnes relations s'instaurent entre ces royaumes bouddhistes dont les peuples avaient beaucoup d'affinités, d'autant plus que leurs familles royales et princières étaient restées très liées. Certes, le maréchal Phibul Songgram, qui avait été l'homme de l'alliance avec le Japon, avait repris le pouvoir après une éclipse de quelques années. Mais il se montrait désormais très prudent, attentif à éviter l'accusation de retour au militarisme d'antan. On avait noté la réserve avec laquelle il accueillit le roi du Cambodge lors de son escapade de juin 1953 à Bangkok d'où il comptait poursuivre son action politique pour l'indépendance. En mars 1954, les négociations sur le raccordement de la voie ferrée entre le Cambodge et la Thaïlande s'étaient déroulées dans un climat fort amical et le 15 décembre 1954 Norodom Sihanouk avait renoué à Bangkok des relations officielles avec le roi de Siam, Bhumipol Adulyadej.

Mais les Etats-Unis avaient obligé la Thaïlande à participer à l'Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est et comptaient beaucoup sur le gouvernement de Bangkok pour convaincre le Cambodge d'en accepter la protection. Devant la réaction de Phnom-Penh en août 1955, les Thaïlandais n'insistèrent pas. Puis en janvier 1956, Son Ngoc Thanh dont le maquis des Dangrek venait d'être écrasé par l'armée royale se réfugia à Bangkok où il retrouva Pok Hun et une poignée de Khmers issarak. La bienveillance témoignée à ce petit groupe de réfugiés politiques turbulents jeta le doute sur la pureté des intentions thaïlandaises. Dans les années suivantes la formation en Thaïlande d'une force Khmer sereï (libre), équipée et entraînée par la CIA américaine, sera la cause principale de la tension khméro-thaïlandaise.

Le coup d'Etat militaire de septembre 1957 contre le maréchal Phibul Songgram et la prise du pouvoir par le maréchal Sarit Thanarat marqueront en fait un changement radical de la politique thaïlandaise de bon voisinage avec le Cambodge. Phibul avait réussi à s'enfuir par la mer et à atteindre la côte cambodgienne. Le 19 septembre il était reçu avec tous les égards à Phnom-Penh, installé dans une villa du prince Sihanouk, choyé par les princes de la famille royale jusqu'à son départ pour Tokyo le 3 décembre de la même année.

En 1958, les relations entre le gouvernement cambodgien et la nouvelle junte thaïlandaise commencèrent à s'aigrir. On s'avisa à Phnom-Penh que la police thaï avait occupé le temple de Preah Vihear après en avoir chassé les gardiens et cette affaire devint la pomme de discorde entre les deux pays. Ce monument angkorien, fondé par Yaçovarman à la fin du IXeme siècle, est situé au sommet de la falaise de la chaîne des Dangrek qui constitue la frontière nord du Cambodge et, selon la carte annexée au traité frontalier franco-siamois, se trouve incontestablement en territoire khmer. Jusqu'alors Preah Vihear, difficile d'accès du côté cambodgien, très isolé du côté siamois, à l'écart de tous les circuits touristiques, n'était guère connu que des archéologues de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Mais pour les dirigeants de Phnom-Penh et de Bangkok, ce monument assez ruiné acquit soudain une importance artistique et politique extraordinaire, à tel point qu'il fut comparé à la cathédrale de Strasbourg!

Le 12 juillet 1958, le prince Sihanouk fait une visite éclair à Bangkok pour y rencontrer le roi et quelques dirigeants. Elle sera suivie, le 16 août, de l'ouverture de conversations dans la capitale thaïlandaise, entre les délégations des deux pays qui auront à chercher un motus vivendi dans le litige sur Preah Vihear. Mais, après deux semaines de discussions, ou plus exactement de double monologue, on admit qu'aucun accord n'était en vue. Les Cambodgiens proposèrent une gestion commune du temple sous réserve que son appartenance à leur pays soit confirmée; les Thaïlandais refusèrent de reconnaître les documents cartographiques annexés au traité de 1907, ce qui ouvrait la porte à une remise en question de la totalité du tracé frontalier. On se sépara sur de larges sourires et le lendemain les autorités de Bangkok lançaient une manifestation contre l'ambassade cambodgienne qui, bizarrement, se prolongea devant l'ambassade américaine...

Deux mois plus tard on en venait aux injures. Chaque jour les dirigeants, les journaux et la radio des deux capitales font assaut d'imagination dans le choix de l'insulte et d'apostrophes dignes de l'antique. On en appelle aux ressources infinies des langues thaï, khmère, chinoise, française et anglaise et on épingle les trouvailles "intolérables à l'honneur national" qui justifient une nouvelle escalade verbale. D'abord surpris, les diplomates occidentaux comptent les coups comme les y invitent des "livres blancs" qui sont d'excellents répertoires des injures. Puis, à bout de souffle, le Cambodge saisit le Conseil de sécurité de "la menace que constitue la concentration d'importantes forces thaïlandaises à sa frontière", et décide de suspendre ses relations diplomatiques avec la Thaïlande, le 28 novembre 1958.

Le secrétaire général des Nations-Unies, Dag Hammarskjoeld, a pris l'affaire très au sérieux et délègue sur place le baron Beck Friis qui parviendra, sans grande difficulté, à calmer les esprits et à rétablir les relations khméro-thaïlandaises le 20 février 1959. Pendant huit mois le climat restera serein et le 11 juin le ministre des affaires étrangères Thanat Khoman viendra même signer à Phnom-Penh un communiqué conjoint réaffirmant les principes de "respect mutuel et de non-ingérence". Mais le 6 octobre, le gouvernement cambodgien décide de porter l'affaire de Preah Vihear devant la Cour internationale de justice et deux jours plus tard on en revient aux échanges d'insultes que pendant la trêve on avait eu le temps de renouveler. Il s'agit désormais d'une sorte de rite dont l'efficacité commence toutefois à s'émousser et qui lasse un peu le public.

Au maréchal Sarit Thanarat reviendra le mérite de rompre la monotonie de cette situation. Dans un discours du 20 octobre 1961, il prend à partie les dirigeants cambodgiens, et Sihanouk en particulier, en usant de termes injurieux qui provoquent une nouvelle rupture des relations diplomatiques à l'initiative du Cambodge. Il faut souligner, en outre, que depuis plusieurs mois la propagande thaïlandaise s'évertuait à présenter le petit royaume voisin comme une menace qui justifierait une intervention militaire préventive. Selon certaines informations, il est d'ailleurs probable que les services spéciaux américains poussaient les extrémistes thaïlandais à une action militaire dont ils auraient préparé les plans.

Jamais le prince Sihanouk ne pardonnera les insultes de Sarit Thanarat dont la mort le 8 décembre 1963 sera fêtée à Phnom-Penh, la population étant même invitée à manifester sa joie en arborant un petit ruban rose à la boutonnière! Il englobera d'ailleurs dans une même animosité le général Praphat Charusathien, ministre de l'intérieur, et le docteur Thanat Khoman, ministre des affaires étrangères.

Le 15 juin 1962, la Cour internationale de justice de la Haye rendit son arrêt dans l'affaire de Preah Vihear en déclarant que le temple "est situé en territoire relevant de la souveraineté du Cambodge" et que la Thaïlande est tenue d'en retirer "tous les éléments de forces armées ou de police ou autres". La défense des intérêts cambodgiens avait été confiée à l'avocat américain Dean Acheson (qui devint "un très grand ami" du Cambodge, presque un héros national) et à Messieurs Reuter et Pinto qui seront beaucoup plus discrets. 

Les avocats du Cambodge, M. Dean Acheson, M. Reuter et M. Pinto

Les avocats du Cambodge, M. Dean Acheson, M. Reuter et M. Pinto

On célébra l'événement comme la plus grande victoire depuis le retour de l'indépendance et le 15 juin deviendra fête légale en 1967. Le prince Sihanouk, imité par quelques courtisans, fit le sacrifice de ses cheveux au Bouddha et le 4 janvier 1963 prit la tête d'un grand pèlerinage national à Preah Vihear que l'on qualifiait pour les besoins de la cause de "plus beau fleuron de l'art khmer".

Le prince Sihanouk à Preah Vihear

Le prince Sihanouk à Preah Vihear

De son côté, le gouvernement thaïlandais, ulcéré et furieux, contestait le bien-fondé de l'arrêt, manifestait sa mauvaise humeur à l'endroit des pays dont les juges avaient reconnu la validité de la demande cambodgienne, lançait ses troupes en quelques opérations de harcèlement dans la région du temple et le secteur maritime de Koh Kong. C'est ainsi qu'autour de Preah Vihear se cristallisaient toutes les rancœurs accumulées durant des siècles par des générations de mandarins siamois et khmers et le risque de voir l'enjeu dépasser la possession de quelques "vieilles pierres" ne pouvait être écarté. Il ne saurait être exclu que c'est en pleine conscience de ce risque que le Cambodge et la Thaïlande demandèrent une enquête des Nations-Unies sur la situation à la frontière. En octobre 1962 le secrétaire-général de l'ONU chargea le diplomate suédois Nils Gussing d'examiner la situation alternativement à Bangkok et à Phnom-Penh... et dans la mesure du possible à la frontière elle-même.

Or, ni les Cambodgiens, ni les Thaïlandais ne désiraient que des enquêteurs internationaux circulent dans ces régions où s'entremêlaient quelques accrochages de soldats réguliers, des incursions de "Khmers sereï", le va-et-vient de petites bandes de pirates, les courants de contrebande, l'un "officiel" et l'autre clandestin. Il était en outre inutile que des étrangers puissent constater que, de part et d'autre, les militaires n'avaient aucunement l'intention de transformer leurs escarmouches folkloriques en véritable guerre. Tout cela, Nils Gussing le comprit fort bien et joua le rôle qu'on attendait de lui, à savoir éviter ici et là que les outrances de langages ne provoquent une de ces réactions violentes et soudaines inhérentes au comportement des peuples et de leurs dirigeants en cette partie du monde. Beaucoup plus qu'à une problématique et à coup sûr fugitive réconciliation le médiateur suédois avait en somme à aider la Thaïlande et le Cambodge à ne pas commettre l'irréparable.

Périodiquement, en janvier 1964, en août 1966, en juillet 1967, à plusieurs reprises en 1969, le prince Sihanouk proposera à la Thaïlande la signature d'un pacte de non-agression et la reconnaissance de la frontière actuelle entre les deux pays. Mais jamais le gouvernement de Bangkok ne répondra à ses avances.

Une fois encore, en 1966, les Nations-Unies auront à intervenir dans la brouille khméro-thaïlandaise. Le 3 avril, l'état-major cambodgien annonce qu'une unité thaïlandaise a occupé Preah Vihear et massacré cinq prisonniers khmers. Trois jours plus tard un communiqué affirme qu'une brillante opération a permis de reprendre le temple. En réalité on ne connaîtra jamais la vérité sur cette affaire que sans désemparer le Cambodge a soumise à l'ONU. Certes, il y a eu un incident entre soldats cambodgiens et thaïlandais à Preah Vihear, ou dans les parages, mais, selon certaines indiscrétions, il aurait été dû à une banale dispute pour une question de troc ou de femmes. Toujours est-il que la Thaïlande demanda au secrétaire général des Nations-Unies l'envoi d'observateurs et que le Cambodge s'y déclara également favorable.

En août 1966, un troisième diplomate suédois, le baron Herbert de Ribbing, représentant personnel de M. Thant, est chargé de donner satisfaction à ces deux pays dont l'interminable querelle aux rebondissements incompréhensibles commende à exaspérer toutes les organisations internationales. Sihanouk lui confirme que la reprise des relations diplomatiques avec la Thaïlande passe par la signature d'une déclaration conjointe de respect de la frontière commune. Thanat Khoman ne veut pas entendre parler de cette déclaration sans une étude "du problème du tracé de la frontière". Pendant dix-huit mois, avec un dévouement et une patience exemplaires, le baron de Ribbing fera la navette entre Bangkok et Phnom-Penh, écoutant les réquisitoires et colportant propositions, suggestions et refus. A son départ, le 25 février 1968, aucune perspective de réconciliation n'était en vue, mais la tension était retombée à un niveau normal qu'elle conservera jusqu'au coup d'Etat du général Lon Nol.

Il est certain que la dispute entre le Cambodge et la Thaïlande avait été constamment envenimée par l'action conjuguée d'Américains "bien tranquilles" installés à Bangkok et des extrémistes du mouvement pan-thaï. Elle comportait aussi un élément passionnel qui fut l'hostilité personnelle opposant le prince Sihanouk et certaines personnalités thaïlandaises, en particulier Sarit Thanarat, Thanat Khoman et Praphat Charusathien. Mais on ignore que, de son côté, la Chine prêcha toujours la patience et la modération à Phnom-Penh car Pékin sait très bien que le gouvernement thaïlandais est trop avisé pour se lancer dans une politique anachronique de conquête territoriale alors que le protecteur américain doit, à brève échéance, se retirer du Sud-Est asiatique.

En réalité, par-delà les échanges d'injures sur les ondes, et de coups de feu à la frontière, on ne doit pas oublier que le contentieux khméro-thaïlandais est essentiellement féodal et peut être liquidé le jour où les deux pays auront des gouvernements démocratiques tournés vers l'avenir.

Charles Meyer

Pages 273, 274, 275, 276, 277, 278, 279 et 280 du livre "Derrière le sourire khmer" (écrit en 1971)

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 09:06

Un pilote de la compagnie aérienne low-cost thaïlandaise Nok Air s’est moqué de Yingluck Shinawatra sur les réseaux sociaux et a proposé de crasher l'avion pour se débarrasser d'elle.

Yingluck Shinawatra

Yingluck Shinawatra

L'avion était à l'embarquement lorsque l'ancienne première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra est montée à bord avec son fils. Le premier Officier de l'avion a pris une photo d'elle qu'il a ensuite postée sur un "chat group" d'une trentaine de pilotes avec le commentaire suivant: "Les victimes sont à bord". Ce à quoi un autre pilote a répondu: "C'est le moment pour un CFIT" (Controlled Flight Into Terrain), un terme technique qui signifie faire s'écraser l'avion.

Capture d’écran de la discussion en ligne entre les pilotes

Capture d’écran de la discussion en ligne entre les pilotes

Cet échange de messages, qui ne s'est pas arrêté là, a été vu ultérieurement par la nièce de l'ancienne première ministre, dans des circonstances qui n'ont pas été indiquées. Elle a communiqué à sa tante la teneur des échanges et la compagnie aérienne a été contrainte de faire des excuses publiques suite au comportement de son pilote. Ce dernier a été suspendu par la compagnie aérienne.

Le rédacteur du journal thaïlandais en langue anglaise Khaosod English, Pravit Rojanaphruk, a commenté sur sa page Facebook:

"Certains Thaïs n’arrivent pas à séparer leur devoir professionnel de leur haine politique. Dimanche dernier, un pilote de Nok Air a plaisanté qu’il devrait crasher l’avion qu’il pilotait parce que Yingluck et son entourage se trouvaient à bord."

Sources:

http://www.khaosodenglish.com/politics/2016/06/13/nok-air-pilot-jokes-crashing-yinglucks-plane/

et

http://www.khaosodenglish.com/news/2016/06/14/pilot-trainee-suspended-crashing-joke-lands-hard-two-budget-airlines/

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 08:39
Le problème chronique de la politique à question unique

La politique à question unique a été un problème chronique qui a empoisonné les mouvements thaïlandais pendant de nombreuses années. La cause de cette maladie débilitante a commencé avec l'effondrement des partis communistes staliniens et le rejet de ce que les Post-Modernistes et les Anarchistes ont appelés "Théories de Grandes politiques ou Narratives".

Quand le Parti communiste de Thaïlande s’est effondré au milieu des années 1980, les militants se sont tournés vers les campagnes ciblées avec un rejet de la politique et de la nécessité de renverser l'État répressif. Ils se sont peut-être leurrés eux-mêmes sur le fait qu'ils pourraient en quelque sorte tourner le dos à l'Etat ou diriger leur voie autour de l'état, tel que préconisé par des gens comme John Holloway ou Antonio Negri et Michael Hardt, mais en réalité, ils se sont transformés en lobbyistes pour les ONG. Ces militants d'ONG étaient heureux de faire pression sur tout les gens au pouvoir, indépendamment du fait qu'ils soient élus démocratiquement ou qu’ils fassent partie de juntes militaires. Ils ont également ignoré la politique des puissantes élites et ont rejeté l'idée de la lutte des classes.

Par conséquent les militants des ONG thaïlandaise, qui se sont eux-mêmes nommés "mouvement populaire", ont d’abord soutenus avec enthousiasme le gouvernement de Taksin. Et lorsque ce dernier les a manœuvré avec ses politiques pro-pauvres et les a aussi menacés de douce répression, ils sont devenus désenchantés par Taksin. En conséquence, ils ont choisi de faire une alliance avec les éléments les plus rétrogrades et conservateurs des puissantes élites, formant le mouvement des Chemises jaunes royalistes "Alliance des Peuples pour la démocratie". Ils ont célébré la chute de Taksin lorsque l'armée l’a finalement renversé lors du coup d'Etat militaire de 2006. Certains membres d'ONG internationales basées en Thaïlande, tels que "Focus on Global South", ont appuyé cette position réactionnaire. Les ONG thaïlandaises ont continué dans cette voie, en essayant de travailler avec les diverses dictatures ou d’exercer des pressions sur elles et certains ont même rejoint les émeutes anti-démocratique de Sutep Tuaksuban.

Dernièrement les ONG sont devenues "déçues" par les réformes de la junte. Quelle farce!

Les ONG peuvent ou non avoir appris une leçon de leur soutien à la destruction de la démocratie, mais la plupart n’ont pas renoncé à la politique à question unique. Certaines des récentes critiques des ONG sur le projet de constitution de la junte, en particulier celles concernées par les questions de santé, se sont simplement concentrés sur leurs propres problèmes uniques dans leur opposition. Au contraire, elles devraient être la combinaison d'une analyse générale de la destruction de la démocratie avec une multitude de questions concrètes pour mettre en place une grande critique vis-à-vis des plans de la junte. Cette grande analyse devrait aller au-delà de la liste brute de toutes les diverses questions uniques, comme les réseaux de coordination des ONG ont tendance à le faire. Elle devrait expliquer pourquoi toutes les questions sont liées au système politique et économique. Et sur le présent projet de constitution de l’armée, des liens doivent être faits avec le régime militaire et la destruction de la démocratie depuis 2006.

Quand je me suis impliqué avec le Forum Social Thaï à Bangkok en 2006, mes camarades et moi-même avons essayé de promouvoir l'alignement entre les différentes questions, mais nous avons éprouvé une vive résistance de la plupart des ONG thaïlandaises.

Le problème du "crétinisme à question unique " ne se limite pas seulement à certaines ONG. Lors de la Journée internationale des travailleurs cette année, le "Mouvement pour une Nouvelle Démocratie" a publié une déclaration de 8 points sur les raisons pour lesquelles les travailleurs doivent rejeter la constitution. C’était un document extrêmement limité qui parlait simplement des problèmes de vie quotidienne des travailleurs. Il a omis de mentionner l'attaque contre le système de soins de santé universels, sans doute parce qu'ils pensaient que cela n’avait "rien à voir avec les travailleurs" qui ont leur propre régime national d'assurance. Pourtant, les familles des travailleurs comptent sur le système de soins de santé universels. La pire offense faite par le "Mouvement pour une Nouvelle Démocratie" a été l’absence de mention du problème de la prolongation de la dictature et de la destruction de la démocratie. C’est comme s’ils supposaient que les travailleurs étaient trop stupides pour comprendre la politique générale de grande image.

Le mouvement syndical en Thaïlande contient des groupes progressistes qui ont une grande analyse de l'image de la politique et ont déjà rejeté la junte militaire. Pourtant, le "Mouvement pour une Nouvelle Démocratie" les a ignoré et a plutôt choisi de prendre position aux côtés des éléments les plus arriérés du mouvement ouvrier qui rejettent ou ignorent la politique.

Ceci est une honte parce que le "Mouvement pour une Nouvelle Démocratie" a un bon bilan d'organisation d'événements anti-dictature, dont le plus récent est la manifestation au monument de la démocratie lors de l'anniversaire du coup d'Etat de Prayut.

Un aspect de la maladie du style question unique des ONG est que les membres de l'ancienne direction du syndicat des travailleurs des chemins de fer a également soutenu les Chemises jaunes et a célébré le coup d'Etat militaire de 2006 parce qu'ils haïssaient Taksin. Mais maintenant, les militaires se sont retournés contre eux, menaçant de privatisation plusieurs sections des chemins de fer. Bien sûr, Taksin aurait fait la même chose que les militaires, mais il n'y a aucune excuse pour leur soutien aux réactionnaires.

Les théories et les stratégies politiques ont des effets concrets réels. Il ne s’agit pas uniquement d’un débat académique.

Nous avons besoin d'un parti marxiste révolutionnaire en Thaïlande qui puisse agir comme un pont pour relier tous les simples problèmes de vie quotidienne avec une analyse de classe du capitalisme thaïlandais afin de proposer un changement fondamental. Un tel parti serait également à l'avant-garde de la construction d'un mouvement social de masse pour se débarrasser de l'armée. Ceci est quelque chose que nous essayons de faire, mais jusqu'à présent, les progrès sont douloureusement lents.

Lectures complémentaires:

En anglais:

-Sur les ONG thaïlandaises et leur politique:

http://bit.ly/1UpZbhh

-"La crise en Thaïlande et la lutte pour la démocratie":

http://bit.ly/1TdKKYs

En français:

-"Un coup d’Etat pour les riches":

https://www.scribd.com/doc/243049902/Un-Coup-d-Etat-Pour-Les-Riches

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 10:36

Du 8 au 13 juin 1979, des dizaines de milliers de réfugiés cambodgiens sont repoussé de force dans les champs de mines par les soldats thaïlandais. Peu d'entre eux survivront.

Contexte:

En 1979, le régime khmer rouge s’effondre après l’invasion du Cambodge par le Vietnam. Fuyant la guerre, des dizaines de milliers de Khmers entrent en Thaïlande. Le royaume les repousse, provoquant un exode dramatique.

Le chef de l’armée thaïlandaise de l’époque s’appelait Prem Tinsulanonda… C’est le même homme qui est responsable du massacre des Chemises rouges en mai 2010.

Ci-dessous, un article de Patrick Sabatier paru dans le journal Libération daté du 9 juillet 1979:

Cambodge-Thaïlande: carnage à la frontière

Ne cherchez pas Dong Thuan sur la carte de Thaïlande: cet éperon rocheux qui perce les nuages gris et lourds de la mousson, aux confins de la Thaïlande et du Cambodge, pourrait tout aussi bien être une de ces planètes anonymes et invisibles à l’œil nu qui gravitent aux confins de la galaxie. Planète peuplée de morts-vivants. C’est là, en effet, que s’accroche à la vie un groupe de 900 survivants parmi les 40 000 réfugiés khmers refoulés par la Thaïlande, du 8 au 13 juin, à Preah Vihear. Thong-Kim San est l’un d’eux. Il est arrivé à Bangkok le 4 juillet et il s’y terre. Evadé de l’enfer, il a peur d’y être renvoyé. Il a une liste de 932 noms et il veut que «l’ONU fasse quelque chose… Qu’on aille les chercher, vite…» Alors il raconte, pour la première fois, ce qu’ont été les convois de la mort de Preah Vihear.

Dans la chambre minuscule, toutes fenêtres fermées, on est vite en sueur. Dehors, la nuit de Bangkok s’est fardée de néons tapageurs et le rugissement des moteurs sur les grandes avenues colle à la peau avec l’air moite et sale. Thong parle en khmer, d’une voix sourde, avec des gestes exagérés de ses grands bras maigres qui tremblent doucement. Il est sino-khmer, né au Cambodge. Il vivait depuis quarante ans à Battambang où il était ouvrier. Ce soir, nous ne parlerons pas des Khmers rouges ; dès leur repli devant l’avance des blindés vietnamiens, Thong a rassemblé les huit membres survivants de sa famille et a fui vers la Thaïlande toute proche. En mai, ils étaient au camp de Wat Kok, pleins d’espoir. «J’ai de la famille en France, nous étions sûrs d’être pris par les Français…» Mais le 12 juin, quand des membres de l’ambassade de France viennent lire la liste de noms acceptés par la France, Thong n’entend pas le sien. Silence en forme de condamnation à mort, car les réfugiés savent que, depuis le 7 juin, l’armée thaïlandaise a reçu l’ordre de vider les camps et d’en renvoyer les occupants au Cambodge. A Wat Kok, les diplomates français et américains, les larmes aux yeux, n’ont pu retenir que 1 500 des 4 500 réfugiés, sans avoir pu intervenir dans les autres camps.

«Le 13, à 4 heures du matin, raconte Thong, les soldats thaïs nous ont rassemblés et nous ont ordonné de monter dans des cars qui venaient d’arriver. Nous nous sommes accrochés les uns aux autres. Nous ne voulions pas y monter. Ils se sont jetés sur nous et nous ont frappés à coups de crosse…» Il faut l’intervention d’un responsable civil thaïlandais, qui assure aux réfugiés qu’ils ne seront pas expulsés, pour qu’ils acceptent finalement de monter dans les cars. «Nous croyions qu’on nous amenait finalement à Buriram et que, là-bas, nous pourrions vivre dans de meilleures conditions…» : 27 bus bondés, soit environ 2 000 personnes au total, partent ainsi le 13 au matin en direction du nord-est de la province de Sisaket.

A 8 heures du soir, les cars déversent leur troupeau apeuré et implorant sur la frontière qui court le long de la crête des monts Dangrêk. Là se dresse le temple de Preah Vihear, mentionné par les guides touristiques pour sa beauté. «Il n’y avait pas de soldats à cet endroit, mais un groupe de 40 à 50 hommes jeunes, certains aux cheveux longs, habillés en civil et armés de fusils et de mitraillettes. Ils se sont jetés sur nous, nous ont battus très violemment et nous ont pris tout ce qu’ils trouvaient comme argent, bijoux, objets de valeur et même vêtements… Puis ils nous ont poussés de l’autre côté de la frontière. Il faisait encore jour. A cet endroit, la pente est si abrupte qu’il était impossible de descendre sans trouver des prises ou des points d’appui ; c’est là que beaucoup se sont blessés - et tués -, surtout des vieux ou des enfants en roulant au bas de la pente, sur une centaine de mètres. Il y avait déjà là des cadavres qui sentaient très mauvais…»

Le convoi de Thong était en effet le dernier de plusieurs convois de la mort venus de divers camps de réfugiés. Il semble que tous n’aient pas été refoulés au même endroit. Mais d’autres étaient déjà passés par le chemin emprunté par le groupe de Thong. «Nous nous sommes arrêtés cent mètres plus bas, sur une espèce de corniche. Plus loin, en dessous de nous, dans une sorte de cuvette, c’était effroyable : il y avait des milliers et des milliers de gens, ceux des convois précédents, qui gémissaient, appelaient à l’aide et n’osaient pas bouger. J’ai retrouvé un copain, qui m’a raconté ce qui s’était passé pour les premiers arrivés: ils avaient sauté sur des champs de mines qui marquaient la frontière du côté cambodgien. Ils ne pouvaient pas avancer, ils n’avaient pas d’eau et il y avait beaucoup de blessés. Alors ils ont tenté de remonter vers la frontière thaïlandaise ; les cheveux longs les ont laissés approcher, puis ils ont tiré dans le tas, il y avait des centaines de personnes, ça a été un massacre.»

Pendant une semaine, Thong et ses sept parents ont donc vécu accrochés sur la corniche. «Puis nous avons décidé de partir…» Seule voie ouverte : le flanc de la montagne entre les deux mors de la tenaille. «Nous avons été obligés d’abandonner les blessés et les vieillards.» La longue colonne des damnés ne progresse que de quelques kilomètres par jour. «Nous n’avions aucune idée d’où nous étions, ni où nous allions.» Thong était revenu en fait en Thaïlande. Sans le savoir. […] «C’est en allant faire des courses dans un des villages que j’ai rencontré des Khmero-Thaïs; je les ai suppliés de m’aider; ils ont accepté contre la promesse d’une forte somme d’argent. Ce sont eux qui m’ont amené jusqu’à Sisaket en faisant des détours à travers la jungle. Puis ils m’ont mis dans le train pour Bangkok; dès mon arrivée, je suis allé me cacher chez un ami d’où j’ai fait parvenir aux ambassades occidentales cette liste de noms…» Ces noms ce sont ceux des 932 rescapés des Dangrêk. Parmi eux, les sept membres de la famille de Thong.

Lien:

http://www.liberation.fr/monde/2011/07/09/cambodge-thailande-carnage-a-la-frontiere_748156

Le temple de Preah Vihear

Le temple de Preah Vihear

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 09:18

Déclaration de la Commission Asiatique des Droits de l’Homme

Lien en anglais:

http://www.humanrights.asia/news/urgent-appeals/AHRC-UAC-051-2016

 

Cas d'appel urgent: AHRC-UAC-051-2016

19 mai 2016

Chers amis,

La Commission Asiatique des Droits de l’Homme (AHRC) a reçu des informations mises à jour comme quoi Mlle Sirikan Charoensiri, une avocate faisant partie de l’association des avocats thaïlandais pour les droits de l'homme (Thai Lawyers for Human Rights TLHR), qui s’est elle-même rapportée au procureur le 12 mai 2016, par rapport au cas où elle a été accusée de fournir une assistance juridique aux 14 militants pro-démocratie. Le cas de Mlle Sirikan a créé une perception comme quoi les avocats assurant la représentation juridique dans les cas dits "politiques" peuvent être victimes de harcèlement de la part de police et d'autres autorités de l'Etat.

Recit de l’affaire:

Mlle Sirikan Charoensiri est une avocate des droits de l'homme qui est l'un des représentants légaux pour les 14 militants étudiants du Mouvement pour une Nouvelle Démocratie (New Democracy Movement NDM). Le NDM a été fondée par un groupe d’étudiants issus de la classe ouvrière et paysanne originaires de Bangkok et de Khon Kaen, qui ont participé activement à la campagne pour le retour de la démocratie en Thaïlande.

Le 26 juin 2015, la police a arrêté 14 militants étudiants suite à un mandat d'arrêt délivré par le tribunal militaire de Bangkok. Ils ont été accusés d'avoir violé l’Ordonnance n° 3/2015 du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO), qui interdit les rassemblements de plus de cinq personnes, et l'article 116 du Code pénal thaïlandais concernant la sédition. Le 27 juin, la Cour militaire Bangkok a ordonné la garde à vue des 14 militants étudiants pendant 12 jours. Les 13 hommes ont été détenus à la maison d'arrêt de Bangkok, et une femme à l’établissement correctionnel pour femmes.

Pendant la nuit du 26 au 27 juin, Mlle Sirikan et sept autres collègues de la TLHR ont représentés les 14 étudiants militants comme avocats.

Après avoir terminé son devoir qui était de fournir une assistance juridique aux étudiants devant la Cour militaire de Bangkok, Mlle Sirikan s’est vu réclamer par les fonctionnaires de police menés par le major-général de police Chayapol Chatchaidej, commandant de la sixième division du Bureau de la police métropolitaine, d'avoir sa voiture fouillée afin de confisquer certains téléphones mobiles, que les étudiants auraient laissés aux avocats avant d'être conduits dans les prisons. Mlle Sirikan a refusé la fouille de sa voiture car les fonctionnaires ne présentaient pas de mandat de perquisition, et qu’il n'y avait aucune preuve légitime pour procéder à la fouille sans mandat dans la nuit. Les fonctionnaires ont alors mis en fourrière sa voiture pendant la nuit, et ont apporté un mandat judiciaire pour effectuer la fouille le 27 juin 2015. Mlle Sirikan a ensuite déposé une plainte pour méfait, en vertu de l'article 157 du Code pénal thaïlandais, contre le général Chayapol Chatchayadetch et d'autres policiers pour la mise en fourrière illégale de sa voiture.

Par conséquent, la police a déposé des plaintes contre elle, l'accusant d'avoir refusé de se conformer à un ordre officiel sans aucune raison ou excuse raisonnable après avoir été informé d'une ordonnance d'un fonctionnaire donné selon le pouvoir investi par la loi, et pour l’infraction d’avoir dissimulé un objet ou un document demandé par le fonctionnaire pour envoyer à titre de preuve ou pour l'exécution de la loi, en vertu des articles 368 et 142 du code pénal thaïlandais, et l’infraction d’avoir donné de faux renseignements concernant une infraction pénale à un fonctionnaire d'enquête afin de soumettre un individu à une peine en vertu des articles 172 et 174 du code criminel.

L'enquête de police au commissariat de Chanasongkram a été achevée et le cas de Mlle Sirikan a été envoyé au procureur de la Cour de district de Dusit à Bangkok. Le 27 avril 2016, Mlle Sirikan a reçu une convocation pour se présenter au procureur. Le procureur a informé Mlle Sirikan que, le 12 mai 2016, les enquêteurs de la police ont accepté de porter plainte contre elle en vertu des articles 368 et 142 du Code pénal thaïlandais.

Toutefois, en vertu de la loi thaïlandaise, après que les policiers aient conclus une enquête et décidé de procéder à un cas, ils doivent annoncer la date à laquelle le dossier et la personne inculpée seront présentés au ministère public. Le procureur décidera ensuite de poursuivre l'affaire ou d'émettre une ordonnance de non-poursuite. Si le procureur décide d'émettre un ordre de poursuite, il doit obtenir la permission du procureur général, conformément aux articles 7 et 9 de la loi portant création des tribunaux de district et de Procédure des Cour de district 1956. La Loi ne précise pas le délai dans lequel le procureur général doit donner l'autorisation d'émettre un ordre de poursuite.

Par conséquent, Mlle Sirikan et son équipe juridique ont déposé un recours en justice auprès du procureur, afin d'interroger d'autres témoins et d'examiner ses arguments juridiques / factuelles, et de rejeter, espérons-le, le cas.

Néanmoins, selon le procureur, ils annonceront l'inculpation ou non de Mlle Sirikan le 27 juillet 2016.

Si vous désirez envoyer une lettre de soutien à Sirikan Charoensiri, cliquez sur le lien ci-dessous pour un exemple de lettre en anglais à envoyer ainsi que les adresses ou l’envoyer:

http://www.humanrights.asia/news/urgent-appeals/AHRC-UAC-051-2016

 

Sirikan Charoensiri

Sirikan Charoensiri

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 06:29
Le mythe du "pays du sourire"

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/06/05/the-myth-of-the-land-of-smiles/

 

La vidéo récente d'une famille britannique brutalement attaqué par des voyous ivres dans la station balnéaire thaïlandaise de Hua Hin devrait être suffisante pour dissiper le mythe que la Thaïlande est un "pays du sourire".

 

Famille britannique brutalement agressé à Hua Hin, Thaïlande

Associé à ce mythe est l'idée que d'une certaine manière la religion bouddhiste assure la tolérance et un mode de vie paisible. La vérité est le contraire absolu. Le comportement violent des moines fascistes en Birmanie et en Thaïlande le confirme. Voir http://liberez-somyot.over-blog.com/2016/02/troubles-avec-les-bonzes.html

et https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/02/04/fascist-monks-and-thai-politics/

La Thaïlande est une société violente à bien des égards. Sur le plan politique, la classe dirigeante a toujours eu recours à la violence pour réprimer l'opposition. Nous l'avons vu dans les rues de Bangkok plusieurs fois au cours des cinq dernières décennies. Nous l’avons également vu à Patani. En Thaïlande, le taux d'assassinat est plus élevé qu’aux États-Unis et environ cinq fois plus élevé qu’en Europe occidentale. Les gens décèdent également de mort violente sur les routes en raison de la pauvreté des transports publics, du mauvais état des routes et de la mauvaise conduite. Ceci est une forme de violence causée par l'état de la société.

La violence du fait de voyous ivres se produit aussi régulièrement en Europe occidentale, mais les principales cibles des jeunes voyous sont d'autres jeunes hommes. Cela rend l'attaque répétée sur la femme britannique, qui est âgée de la soixantaine, particulièrement horrible. La culture thaïlandaise est censée enseigner aux gens à respecter les personnes âgées. Comment est-ce arrivé? Elle a été frappée puis a reçu des coups de pied dans la tête alors qu’elle était à terre. Bien sûr, les racistes sont connus pour attaquer les Noirs ou les musulmans en Europe, y compris les personnes âgées et le racisme joue un rôle important dans la promotion de la violence.

Cependant, pour être juste, la vidéo semble montrer qu’elle avait giflé le visage d'un homme thaïlandais plus tôt au cours de l'incident. Mais cela ne justifie pas l'attaque brutale contre elle après.

Ce n’est pas une explication suffisante de dire que l'agression à Hua Hin venait tout simplement du fait que la jeunesse locale cherchait à copier le comportement de la classe dirigeante thaïlandaise, en particulier celui de la junte militaire. Cependant, l’homme fort de la junte, Prayut, menace ceux qui partagent la vidéo ci-dessus de peines de prison parce que cela "donne une mauvaise réputation à la Thaïlande"!

Beaucoup de Thaïs peuvent sembler sourire ou rire facilement, mais c’est souvent un moyen culturel pour couvrir un embarras. En réalité, dans les lieux publics, les gens en Thaïlande sont moins polis que les citoyens de Grande-Bretagne. Certains peuvent ne pas être d’accord avec mon affirmation selon laquelle les Britanniques sont plus polis les uns envers les autres dans les lieux publics. Mais considérez la façon dont les Britanniques ont tendance à tenir les portes ouvertes pour les autres, le nombre de conducteurs qui remercient les autres conducteurs pour leur avoir cédé le passage, comment le fait de faire clignoter vos phares en Grande-Bretagne signifie "allez-y d'abord", alors que cela signifie le contraire en Thaïlande. Considérez le fait que quand les gens descendent du bus à Oxford, ils remercient le conducteur ou les sérieuses tentatives pour montrer un respect général de la vie privée et de la dignité des autres, en particulier dans les hôpitaux et les écoles. Cela vient de luttes collectives passées, en particulier du mouvement syndical, pour promouvoir l'égalité et la dignité. Il n'y a rien de spécifiquement "britannique" à ce sujet. C’est le résultat de la lutte des classes.

Les Thaïlandais sont des gens chaleureux et généreux et sont ouverts d'esprit vis-à-vis des enfants d'une manière qui n’est pas présente dans la société britannique, et ils sont plus spontané pour partager leur repas avec les gens. Donc il ne s’agit pas vraiment de se questionner sur laquelle des deux est une nation "plus agréable". Après tout, l'Empire britannique a une longue et sanglante histoire d'oppression, d'esclavage et de violence.

Biologiquement, les Thaïlandais ne sont pas plus enclins à un comportement particulier que les Européens. Mais il y a des facteurs sociaux importants qui conduisent à la violence dans la société et à un manque de politesse dans les lieux publics. Le facteur le plus important est que la société thaïlandaise est extrêmement hiérarchique. La classe dirigeante continue à faire tout son possible pour veiller à ce qu'une "culture de la citoyenneté et de l'égalité" ne puisse pas se développer. L'idée que les gens doivent respecter les personnes âgées est souvent étroitement associée à des aînés plus puissants comme les enseignants, les parents ou les personnes de rang supérieur, qu’aux pauvres gens âgés. Il n'y a pas encore d'État-providence en Thaïlande et le mouvement syndical est plus faible qu'en Europe occidentale. La lutte collective des classes n'a pas été assez forte jusqu'à présent. Ce sont tous ces facteurs qui conduisent à un manque de respect mutuel et à un manque de conscience collective chez beaucoup de gens ordinaires. Tout le monde est souvent trop occupé à essayer de faire en sorte de pouvoir défendre son mode de vie individuel ou les intérêts de sa proche famille, car il n'y a aucune garantie de la sécurité collective que l'on obtient à partir d'un état providence. Cela explique aussi pourquoi la plupart des Thaïlandais ont si mal à faire la queue.

Ceux qui sont à l'extrémité inférieure du système, comme les voyous de Hua Hin, ne peuvent avoir la sensation d'acquérir une certaine fausse dignité qu’en se saouler et agissant violemment. La violence contre les femmes et les enfants, dans le monde entier, est souvent dû au fait que les hommes opprimés tentent pathétiquement de compenser leur manque de pouvoir dans le monde extérieur par la violence contre les personnes les plus faibles à l’intérieur de leur propre famille.

Le racisme, qui est répandue dans la société thaïlandaise, en particulier vis-à-vis des personnes d'autres pays d'Asie, mais aussi contre les Occidentaux, est encouragé par le nationalisme extrême de la classe dirigeante. Cela fait partie des raisons pour lesquelles les touristes occidentaux sont parfois agressés. Ils sont considérés comme un groupe privilégié de personnes et les femmes occidentales sont considérées comme manquants de morale. Voir http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/09/la-thailande-est-une-societe-extremement-raciste.html

Dans l'ensemble la société thaïlandaise est malade parce qu'elle est gouvernée par une classe dirigeante malade et brutale. Pourtant, des millions de Thaïlandais essaient de mener une vie décente et de qualité où ils tentent de respecter les autres. Telle est la lueur d'espoir pour l'avenir. Mais pour encourager le bon et collectif côté des Thaïlandais, nous avons besoin de mettre fin à la dictature, détruire la hiérarchie, promouvoir l'idée de l'égalité et de la citoyenneté, et construire un État-providence afin de réduire les inégalités.

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 09:42

Une enquête indépendante a montré que lors du référendum d’août prochain, la plupart des sondés vont voter contre le projet de constitution et la proposition de la junte thaïlandaise de permettre aux sénateurs nommés par les militaires à se joindre au vote pour élire les premiers ministres.

Selon le sondage, 84,4 pour cent des répondants ont dit qu'ils allaient refuser le projet, alors que seulement 7,6 pour cent voteront pour le Oui. 2 pour cent s’abstiendront.

Sur la proposition qui propose de donner aux 250 sénateurs nommés par la junte le pouvoir de voter conjointement avec la Chambre des représentants pour sélectionner un premier ministre, 88,8 pour cent des répondants ont dit qu'ils voteraient Non. Seul 5,0 pour cent des sondés envisagent de voter Oui.

Source:

http://prachatai.org/english/node/6218

 

Bangkok: des activistes font campagne pour le Non au referendum bien que cela soit interdit par la junte

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