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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 17:09

Le Groupe de Travail de l'ONU sur la Détention Arbitraire a été invité à donner son opinion sur la détention sans droit à la liberté sous caution de Somyot Prueksakasemsuk, écroué depuis son arrestation le 30 avril 2011, et inculpé en vertu de la loi de lèse-majesté.
Lors de sa réunion de la fin août 2012, le Groupe de Travail a examiné son cas et a émis un avis qui sera publié dans le rapport annuel du Groupe. En résumé, le Groupe de travail de l'ONU a établi que:
"La privation de liberté de M. Prueksakasemsuk, est contraire à l'article 19 de la DUDH [Déclaration universelle des droits de l'homme] et 19 (2) du PIDCP [Pacte international relatif aux droits civils et politiques], est arbitraire, et tombe dans les catégories II des catégories applicables aux cas soumis au Groupe de Travail.
À la suite de l'avis rendu, le groupe de travail demande au gouvernement thaïlandais de prendre les mesures nécessaires pour remédier à la situation de M. Prueksakasemsuk et la mettre en conformité avec les normes et principes énoncés dans le Pacte.
Le Groupe de travail estime que, compte tenu de toutes les circonstances sur ce cas, la réparation adéquate consisterait à libérer M. Prueksakasemsuk et à lui accorder le droit à des compensations en vertu de l'article 9 (5) du PIDCP".
L'avis complet en anglais est disponible au format PDF sur ce lien http://thaipoliticalprisoners.files.wordpress.com/2012/10/ohchr-on-somyos-copy1.pdf.

 
C'est une bonne nouvelle pour Somyot et pour toutes les autres personnes inculpées et détenues en vertu de cette loi draconienne et politique qui a longtemps été utilisé pour enfermer les opposants, limiter la liberté d'expression et intimider les citoyens. Cependant, malgré l'avis, il est douteux que le gouvernement de Yingluck Shinawatra agisse, car ce dernier a adopté une stratégie politique timide et craintive face à l'élite royaliste conservatrice.

 

Liberez Somyot2

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 17:37

Traduction d'un article publié par Prachatai

Lien de l'article en anglais: 

 

http://prachatai.com/english/node/3404    

Introduction de Tyrell Haberkorn
Tanthawut Taweewarodomkul (également connu sous le nom de "Num" et de "Num Daeng Non") est un père de 40 ans, qui purge actuellement une peine de 13 ans pour des violations alléguées de l'article 112 et de la loi de 2007 sur les crimes informatiques. En septembre 2012, il a retiré sa requête d'appel dans le cadre du processus de demande de pardon. Peu de temps après, il a écrit cette lettre à son avocat, Anon Numpa, qui l'a ensuite affiché sur le site Web de l'Institut juridique Ratsadornprasong. La reconnaissance de Tanthawut que ceux qui sont emprisonnés ne sont pas différents de ceux qui restent en dehors est urgente et importante.

Le "Projet e-mail Droplet" ("e-mail gouttelettes" en français) ( โครงการ อิ เมล์ หยด น้ำ) que Tanthawut mentionne est un projet qu'il a initié pour envoyer des emails à des prisonniers politiques. Plus d'informations peuvent être trouvées sur ce projet sur ce lien en thaï http://prachatai.com/journal/2012/08/42229    , qui note que le nom vient d'un commentaire que Tanthawut a fait comme quoi les courriels, cartes postales, et les visites aux prisonniers politiques agissent comme des "gouttelettes d'encouragement" pour eux afin de continuer à se battre. Comme des gouttes d'eau pour quelqu'un qui a soif, l'encouragement leur est nécessaire.

Tanthawut Taweewarodomkul – Zone 1
33 Bangkok Special Remand Prison, Ngam Wongwan Road
Lad Yao, Chatuchak, Bangkok 10900
Email: BK_REMAND@HOTMAIL.COM; FREEDOM4PP@GMAIL.COM (Droplet Email Project)
N ° 131-2555/36A
 

Samedi 15 septembre 2012

Bonjour Khun Anon

Et juste comme ça, après une longue attente, je suis maintenant un No. Cho (1). Merci beaucoup pour toute votre aide et pour la véritable solidarité de tous les amis qui se sont présentés pour m'encourager ce jour-là, même si c'était pour retirer mon appel. Je crois, cependant, que les amis du dehors comprennent ma décision. Je n'ai pas pris cette décision pour moi. Je l'ai fait pour l'avenir de Nong Web, mon fils. Et j'ai écrit une lettre pour le dire à mon enfant. Même si je ne sais pas quand je serai libéré, ce fut un pas de plus vers la liberté. J'ai espoir que rien ne va retarder ou faire dérailler cela dans la phase finale.

Depuis un an et demi que mon cas a été décidé, je n'ai pas été dans le monde d'en dehors de la prison. Le jour [ou j'ai retiré mon appel], c'était la première fois que j'ai été en plein air. J'ai entrevu la vie ordinaire à l'extérieur, la vie comme était la mienne avant d'entrer dans la prison. J'ai regardé et ait souri avec bonheur. Je rêvais et dans mon imagination, je pouvais voir une voiture. Je conduisais et Nong Web était assis près de moi. Nous devions partir en voyage. Oh! Il m'a suffit de penser à ça et cela m'a apporté le bonheur.

J'ai reçu des courriels encourageants m’exhortant à continuer le projet "e-mail Droplet". Je tiens à remercier tous ceux qui ont envoyé des courriels ainsi que ceux qui m'ont rendu visite ici. J'essaie de trouver un moyen d'envoyer des réponses à ceux qui ont écrit, dont parmi eux, Khun Som, Khun Thanet, Khun Nucharee, Khun Karnt, Ajarn Yukti, Khun Lee, Khun Jum Jim, Khun Thiraphong, Khun Plaen, Khun Tee, Khun Joehawaii, Khun Pravitchayo, Khun Pornpit, Nong Leng, Khun Tuan, et Khun Art Chiang Mai. J'espère avoir l'occasion d'entendre plus de nouvelles d'eux à travers le projet "e-mail droplet". Je voudrais demander aux gens d'envoyer des encouragements aux amis de la prison Laksi aussi (2). Même si parmi certains d'entre nous il y a des personnes de haut niveau, ceux d'entre nous qui sont là sont des gens importants, leurs sentiments ne sont pas différents. Avec ce projet, je me suis mis à envoyer des encouragements aux amis qui sont là.

Un jeune ami est venu me rendre visite et m'a dit qu’Ajarn Somsak Jeamteerasakul a parlé de moi et m'a envoyé ses voeux. Je tiens à remercier Ajarn Somsak pour l'intérêt et la réflexion qu'il porte à une personne sans importance comme moi. Pour certains, au sein du groupe des personnes accusées en vertu de l'article 112, la majorité des gens ne connaissent que P'Somyos et Ajarn Surachai. Il est également vrai que la majorité des gens en savent plus sur Jatuporn Prompan, Jeng Dokchik, etc, que sur des gens ordinaires comme nous, qui sont emprisonnés. Nous devons persévérer et lutter avec plus de force, encore et encore, comme les gens célèbres le font. J’ai de la chance, parce que j'ai Khun Anon, Khun Pla et l'équipe de Prachatai. Ils aident à fournir un canal pour que nous, les prisonniers sans importance, puissions nous exprimer. A l'heure actuelle, les gens en dehors de la prison ont beaucoup d'informations sur nous, mais les résultats ont été médiocres. Je veux dire à Ajarn Somsak et tout le monde que "Peut-être que je n'aurais pas le devoir d'aider nos amis, si les gens [de l'extérieur] avait sympathisé plus avec nous."

Une autre chose qui m'a fait très chaud au coeur, c'est qu'aujourd'hui, P'Suchart Nakbangsai [ou Warawut Thanangkorn, de son vrai nom], ou, comme je l'ai appelé, P'Chart, mon frère aîné dont les idéaux sont très proche des miens, est venu me voir. Il a déjà été libéré et a bien tenu sa promesse: "Je ne vous oublierai pas." Il a passé la porte de sortie de la prison, il est sorti. Pour dire les choses simplement, il a fait ce qui est difficile pour certains d'entre nous (un de plus ... moi ... ee-ee). En bref, s'il vous plaît dites à P'Suchart que je suis très réconforté par ce qu'il a fait et ce qu'il a promis de faire. Un jour, si j'en ai l'occasion, je ferai les mêmes choses que P'Suchart a fait. Parce que nous sommes "le peuple". Pour me trouver une épouse, pas besoin de lui pour le faire. Au moment où je sortirai, je serai trop vieux. Hee hee.

Quelque chose d'autre qui fait que moi et d'autres amis de la famille 112 se sentent très bien est le grand retour d'un ami qui a partagé le même destin que nous, quelqu'un que je ne connaissais que pour avoir lu son histoire dans les journaux, Khun Suwicha Thakor [Suwicha a récemment été vu à nouveau actif sur certains forums internet]. Le jour où j'ai été arrêté était proche de la date à laquelle Khun Suwicha a été libéré. Je pense que, parce que Khun Suwicha est aussi le père d'un petit enfant, il peut bien comprendre ma situation. Jusqu'à aujourd'hui, je me souviens très clairement de l'image de Khun Suwicha et de ses enfants dans le Bangkok Post. Je me demandais ce qui était arrivé à Khun Suwicha après avoir été libéré de prison. Aujourd'hui, j'ai la réponse. Je le considère comme une autre force importante pour aider les personnes en Thaïlande et dans le monde à comprendre le coté néfaste de cette loi. Ce qui importe, c'est que je me rends compte que Khun Suwicha, P'Chart, et moi, partageons les mêmes pensées, idées et sentiments: c'est de se sentir reconnaissant envers les gens, nos compatriotes et nos amis dans le monde entier, ainsi que la perte de foi envers les politiciens de ce pays. Je les remercie au nom de tous les amis [détenus en vertu de l'article] 112 pour leur compassion et d'avoir été un exemple pour les gens qui partagent leurs idées, comme moi, et d'avoir la foi ainsi que parce qu'ils se réunissent et agissent pour la justice.

L'inspiration pour cela provient de ce que P'Chart m'a dit. Khun Anon, s'il vous plaît transcrivez l'enregistrement et donnez moi la transcription à lire. Ce serait un cadeau extraordinaire.

Fidèle et indéfectible
Num Daeng Non (Num Non Rouge)
Père de Nong Web

P.S., votre nouvelle coupe de cheveux est très belle!

Les notes du traducteur de la version anglaise:
(1) "No. Cho" est une translittération de l'abréviation thaïe "
นช." qui est un raccourci de "นักโทษเด็ดขาด ชาย

", ce qui signifie un prisonnier dont le cas a atteint le point final. Ce point peut être atteint, soit lorsque l'affaire arrive devant la Cour suprême, ou que le prisonnier cesse de faire appel. Lorsque Tanthawut a retiré son appel, son statut a changé et est devenu "No. Cho". Cela signifie qu'il est maintenant admissible à une demande de pardon.
(2) 47 prisonniers politiques chemises rouges sont détenus dans une prison spéciale à Laksi...

Liens en français sur le cas de Tanthawut:

 

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-prisonnier-politique-thailandais-tanthawut-taweewarodomkul-107949923.html   

 

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-le-prisonnier-politique-thailandais-tanthawut-taweewarodomkul-ecrit-une-lettre-a-amnesty-internation-108071678.html   

 

Photo ci-dessous: Tanthawut Taweewarodomkul  

tanthawut

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 13:08

La domination de la politique thaïlandaise par l'armée commença peu après la révolution de 1932. Mais sa consolidation au pouvoir est venue avec le coup d'état militaire de Sarit Thanarat en 1957. Le développement économique durant les années de dictature militaire des années 1950 et 1960 se situait dans un contexte de boom économique mondial et aussi local créé par les guerres de Corée et du Vietnam. Cette croissance économique eut un impact profond dans la société thaïlandaise. Naturellement l'importance de la classe ouvrière progressa tandis que des usines et des affaires furent développées. Cependant, sous la dictature, les droits syndicaux furent supprimés et les salaires, ainsi que les conditions d'emplois étaient bien contrôlés. Au début de 1973, le salaire minimum journalier était fixé autour de 10 baths, un taux inchangé depuis le début des années 1950 alors que le prix des marchandises avait augmenté de 50%. Des grèves illégales s'étaient déjà produites durant la période de dictature, mais celles ci se multiplièrent rapidement à cause du mécontentement dû à la situation économique générale. Les 9 premiers mois de 1973, précédant le 14 octobre, il y eu un total de 40 grèves, et l'une d'entre elle, à la Thai Steel Company, qui dura un mois, a abouti à une victoire grâce au niveau élevé de solidarité venu des autres travailleurs.

 

Une des conséquences du développement économique fut aussi l'expansion massive du nombre d'étudiants et une augmentation des admissions d'étudiants venus de la classe ouvrière. L'ouverture, en 1969, de l'université ouverte Ramkamhaeng, fut un facteur significatif. Le nombre d'étudiant passa de 15 000 en 1961 à 50 000 en 1972. La nouvelle génération d'étudiants, du début des années 1970, fut influencée par les révoltes et les révolutions qui se produisaient à travers le monde durant cette période et mai 1968 à Paris en étant un des principaux exemples. Avant cela, en 1966 le journal radical, Social Science Review, fut fondé par des intellectuels progressifs. Les étudiants commencèrent à partir pour des camps de développement rural dans le but d'apprendre sur les problèmes de la pauvreté des campagnes. En 1971, 3 500 étudiants étaient allés dans un total de 64 camps. En 1972, un mouvement pour boycotter les produits japonais fut organisé dans le cadre de la lutte contre la domination étrangère de l'économie. Les étudiants se mobilisèrent aussi contre l'augmentation des tarifs de bus de Bangkok. En juin 1973, le recteur de l'université de Ramkamhaeng fut obligé de démissionner après avoir tenté d'expulser un étudiant pour avoir écrit un pamphlet critiquant la dictature militaire. Quatre mois plus tard, l'arrestation de 11 universitaires et étudiants pour avoir distribué des tracts réclamant une constitution démocratique, eu pour résultat de faire descendre dans les rues de Bangkok des centaines de milliers d'étudiants et de travailleurs. Alors que des soldats avec des tanks ouvrirent le feu sur des manifestants désarmés, la population de Bangkok commença à répliquer. Des passagers d'autobus descendirent spontanément de leurs véhicules pour rejoindre les manifestants. Des bâtiments gouvernementaux furent incendiés. Les "Tigres jaunes", un groupe d'étudiants militants, mirent le feu au poste de police du pont Parn-Fa en y envoyant de l'essence prélevée sur un moteur dont ils avaient pris possession. Plus tôt dans la journée, la police leur avait tiré dessus.

La révolte massive couronnée de succès du 14 octobre 1973 choqua la classe dirigeante thaïlandaise jusque dans ses fondements. Durant les quelques jours suivants, il y eu une étrange nouvelle atmosphère à Bangkok. Les officiers de l'état en uniforme disparurent des rues et des gens ordinaires s'organisèrent eux même pour nettoyer la ville. Des scouts dirigeaient la circulation. C'était la première fois que les pu-noi (petites gens) avaient réellement entamés une révolution à partir de la base. Ce n'était pas prévu et ceux qui y prirent part n'avaient que de vagues notions de la sorte de démocratie et de société qu'ils désiraient Mais la classe dirigeante thaïlandaise ne pouvait pas abattre assez de manifestants pour protéger son régime. Ce n'était pas seulement une révolte étudiante pour réclamer une constitution. Cela impliquait des milliers de gens ordinaires de la classe ouvrière et eu lieu au sommet d'une vague montante de grèves des travailleurs.

Le succès du renversement de la dictature militaire éleva énormément la confiance du peuple. Les travailleurs, les paysans et les étudiants commencèrent à se battre pour un peu plus qu'une simple démocratie parlementaire. Durant les deux mois suivant la révolte, le nouveau gouvernement de Sanya Tammasak nommé par le Roi fit face à un total de 300 grèves des travailleurs. Une fédération centrale des syndicats fut formée. De nouveaux organismes d'étudiants radicaux surgirent. Le 1er mai 1975, 250 000 personnes manifestèrent à Bangkok et, un an plus tard, un demi-million de travailleurs prirent part à une grève générale contre l'augmentation des prix. A la campagne, des petits fermiers commencèrent à bâtir des organisations et ils allèrent à Bangkok pour faire entendre leurs voix. Les ouvriers et les paysans voulaient la justice sociale et la fin des privilèges. Une Triple Alliance entre les étudiants, les ouvriers et les petits fermiers fut créé. Certains activistes désiraient la fin de l'exploitation et du capitalisme lui même. L'influence du Parti Communiste de Thaïlande (P.C.T) grandit rapidement, spécialement parmi les activistes des zones urbaines.

Comme part du processus de réforme politique, en décembre 1973, le Roi présida un Forum National (souvent appelé "l'assemblé du champ de course de chevaux" à cause de sa location) trié sur le volet. Ce forum, dont les membres avaient été choisis parmi des professions variées, eu pour tache de désigner un nouveau parlement. Kukrit Pramoj fut choisi comme président de celui ci lors de son ouverture le 28 décembre, tandis que Sanya Tammasak conservait le poste de premier ministre. Cependant, ce parlement et le gouvernement de Sanya ne purent régler les tensions grandissantes dans la société entre les Conservateurs et la Gauche ou entre les riches et les pauvres.

Les premières élections démocratiques, depuis la révolution d'octobre 1973, furent tenues en janvier 1975. Le parlement avait une représentation de Gauche et le programme du gouvernement reflétait un besoin de traiter avec la pression des questions sociales. Les partis de Gauche, comme le Parti de la Nouvelle Force, le Parti Socialiste de Thaïlande et le Parti du Front Socialiste obtinrent 37 sièges (sur un total de 269) mais ne rejoignirent aucune coalition gouvernementale. Le premier gouvernement de coalition, entre le Parti Démocrate et le Parti d'Agriculture Sociale, fut établi par Seni Pramoj. Celui ci, de centre droit, annonça qu'il allait suivre une politique "Sociale Démocrate". Cependant, il perdit le vote de confiance au parlement en mars 1975 et fut remplacé par un nouveau gouvernement de coalition avec, à sa tête, Kukrit Pramoj (le frère de Seni) du Parti d'Action Sociale. Ce dernier introduit un certain nombre de programme pour les pauvres, y compris un plan de création d'emplois. Il gouverna durant une période de tensions sociales grandissantes. Des grèves, manifestations, et assassinats politiques se produisaient régulièrement. Finalement le parlement fut dissous en janvier 1976 et des élections eurent lieu en avril. Ces dernières virent un revirement à Droite. C'était dû à une combinaison de plusieurs facteurs, comme l'intimidation de la Gauche et un déplacement électoral à Droite de la classe moyenne qui avait peur du radicalisme.

L'activisme étudiant dans la société

Dans la période qui suivit le renversement des militaires, le 14 octobre 1973, beaucoup de centres et de coalitions étudiantes furent formées dans des régions variées ainsi que des institutions d'enseignement différent. Quoi qu'il en soit, il y eu des tentatives pour coordonner les actions de ces différents groupes sous une simple organisation: The National Student Centre of Thailand (Centre National des Etudiants de Thaïlande). Cette dernière, ainsi que d'autres organisations d'étudiants, devint encore plus active dans des campagnes sociales variée, souvent en tant que membres de la Triple Alliance avec les travailleurs et les paysans. Néanmoins, ce mouvement fut obsédé par les scissions personnelles et politiques. Seksan Prasertkul, un des dirigeants étudiants du 14 octobre, forma le Free Thammasat Group (Groupe Thammasat Libre) et Tirayut Boonmi, un autre dirigeant étudiant, créa le People for Democracy Group (Peuple pour les Groupes Démocratiques). Ces soi-disant "groupes indépendants" pensaient que la direction du National Student Centre était trop conservatrice, refusant souvent de mobiliser les étudiants pour des questions importantes comme la protestation couronnée de succès contre le retour du Marechal Thanom Kittikachorn, l'ancien dictateur évincé, en 1974. Pour cette raison, ces groupes indépendants variés formèrent un centre alternatif, la “National Coalition Against Dictatorship” (Coalition Nationale Contre la Dictature) avec Sutam Sangprathum comme secrétaire général. Un important domaine d'activité pour les étudiants fut la lutte contre l'impérialisme américain et pour une soi-disant "indépendance thaïlandaise". La dictature militaire avait été une proche alliée des Etats Unis durant la Guerre Froide, envoyant un nombre symbolique de troupes thaïlandaises pour aider les Américains aussi bien en Corée qu'au Vietnam. En 1973, il y avait 12 bases militaires américaines dans le pays, avec 550 avions de combat et des milliers de soldats stationnés sur le sol thaïlandais dans le but de soutenir l'effort de guerre des Etats Unis en Indochine. Ces bases étaient légalement un territoire des Etats Unis, un point mis en lumière par l'arrestation et l'exécution d'un citoyen thaïlandais, Tep Kankla, par une cour de justice américaine pour le meurtre d'un soldat américain en décembre 1973. Mis à part ça, peu âpres la guerre du Vietnam, les Etats Unis utilisèrent la base navale d'U-Tapao pour lancer une attaque contre le Cambodge le 14 mai 1975 sans consulter le gouvernement thaïlandais

La présence d'un si grand nombre de soldats américains, ainsi que ce qui était vu comme la dominance de l'économie locale par des compagnies américaines, semblait confirmer l'analyse maoïste du Parti Communiste de Thaïlande que ce pays était une "semi-colonie" des Etats Unis. Apres 1973, il y eu donc une campagne grandissante pour flanquer dehors les bases américaines. Cette campagne, qui fut stimulée par la défaite des Etats Unis au Vietnam et les nouvelles conséquences géopolitique qui en résultèrent, conduisit le premier ministre Kukrit à réclamer le retrait des Américains en mars 1975. Ce fut renforcé par une manifestation massive contre les bases américaines le 21 mars 1976. Peu âpres cela, les Etats Unis retirèrent finalement leurs troupes de Thaïlande.

Un autre domaine important dans lequel le mouvement étudiant était actif, fut celui des droits de l'homme et de la démocratie. Les étudiants firent campagne pour rajouter plus d'amendements dans la Constitution de 1974 et ils se mobilisèrent contre la répression de l'état. Le 24 janvier 1974, les forces de sécurité du gouvernement attaquèrent et brulèrent le village de Na Sai situé dans la province du Nord-est de Nong Khai. Trois villageois furent tués par les troupes gouvernementales. Initialement, le gouvernement prétendit que cette atrocité fut commise par les communistes, mais Tirayut Boonmi, fut capable de prouver publiquement que c'était le fait du gouvernement. Des pressions du mouvement étudiant obligèrent ce dernier à admettre le crime et à payer des compensations aux villageois. Le général Saiyut Kertpol, chef de la Communist Suppression Unit (Unité de Suppression des Communistes), fut aussi forcé d'avouer que la politique gouvernementale précédente avait été "trop dure".

L'incident de Na Sai fut suivi par la révélation d'un autre crime d'état dans la province du Sud de Patalung. Il est estimé qu'entre 1971 et 1973, les forces gouvernementales ont systématiquement arrêtées et interrogées des villageois, ce qui aboutit à plus de 3000 morts. Dans ce qui deviendra connu comme l'incident des Bidons Rouges (Tang Daeng), les villageois furent tués et ensuite brulés dans des bidons d'essence ou jetés des hélicoptères.

En plus de dénoncer la répression d'état, des volontaires étudiants s'impliquèrent aussi dans la campagne, plutôt sponsorisée et patronnée par l'état, pour "diffuser les idées démocratiques parmi les gens du monde rural" lors des vacances d'été de 1974. Quoi qu'il en soit, cette campagne offrit l'opportunité pour des milliers d'étudiants urbains d'observer sur le terrain les problèmes sociaux des villages tout en renforçant la coopération future entre les étudiants et les petits fermiers dans la Triple Alliance. Cela contribua à élargir les activités des étudiants dans le domaine de la justice sociale et ils devinrent encore plus à gauche.

Sur le front culturel, les étudiants firent campagne pour l'art et la littérature pour être plus en harmonie avec la vie des gens ordinaires. C'était souvent influencé par les idées étroites et limitées du "réalisme socialiste" stalinien, qui pouvaient être trouvées dans les écrits de Jit Phumisak. Une exposition nommée "bruler la littérature" condamnait les livres conservateurs qui servaient les intérêts féodaux. Au même moment il y eu un fleurissement d'une nouvelle "littérature pour le peuple", d'un "théâtre pour le peuple" et la naissance de "chansons pour le peuple", qui parfois ajoutait des paroles thaïlandaises à la musique des "protests songs" occidentaux de la même période. Une campagne de critique fut aussi engagée contre le système d'éducation élitiste et compétitif. Cette dernière aboutie à un comité gouvernemental qui fut établi en 1975 dans le but de reformer l'éducation.

Une importante organisation qui émergea de ces activités culturelles fut la "Coalition des Artistes Thaïlandais", qui organisa une exposition de rue sur "l'Art Populaire" le long de l'avenue Rajchadamnen en octobre 1975. Ces artistes et étudiants d'art eurent aussi un rôle très important en produisant des affiches et des bannières de propagande contre l'influence de l'armée et les bases américaines. D'une certaine manière le mouvement artistique fut plus pluriel que beaucoup d'organisations estudiantines, étant influencé par les idées plus radicalement libertaires du mouvement occidental des années 1960 que par l'influence du P.C.T. Apres le bain de sang du 6 octobre 1976, beaucoup d'artistes partirent rejoindre les guérillas communistes de la jungle mais luttèrent pour maintenir leur esprit libre parmi l'étroite idéologie du P.C.T.

La politique des étudiants à l'intérieur des universités et collèges

Une importante conséquence de la victorieuse révolte du 14 octobre 1973 contre la dictature fut l'établissement de partis politiques de Gauche étudiants dans les universités et les lycées. Ces derniers se portèrent candidats pour l'union étudiante. Quelques uns gagnèrent immédiatement tandis que les autres augmentèrent graduellement leur influence au dépend de la Droite. Au milieu de l'année 1976, la plupart des universités avaient des organismes étudiants de Gauche, y compris l'université Kasetsat qui était auparavant perçue comme un bastion de la Droite. Une fois que la victoire de la Gauche fut complète, le corps étudiant fut capable de s'unifier une fois de plus autour du National Student Centre avec Kriangkamol Laohapairote comme secrétaire général. Un effet de la victoire de la Gauche fut la disparition temporaire du système de séniorité puisque les étudiants étaient devenus plus égalitaires et actifs dans leur tentative de changer la société. Des camps d'été étudiants furent organisés à la campagne dans le but de partager des expériences avec les pauvres villageois et moins d'insistance fut placée sur les matchs de football inter-universités. Malgré le fait que les divers partis étudiants de l'aile Gauche dans les institutions variées étaient plus ou moins autonomes dans les structures officielles, ils partageaient la même idéologie qui était lourdement influencée par le maoïsme du Parti Communiste Thaïlandais. Cela peut être vu dans leur concentration sur des activités à la campagne, bien que beaucoup de groupes travaillaient aussi parmi les travailleurs urbains. En gros, le mouvement étudiant était un mouvement socialiste qui partageait l'analyse du P.C.T. comme quoi la Thaïlande était une société semi-féodale semi-colonie des Etats Unies. La lutte armée du P.C.T. à la campagne était perçue comme la clé pour bâtir une société meilleure. Beaucoup d'étudiants de gauche prirent aussi parti pour la direction du P.C.T. lors de disputes idéologiques comme celle qui opposa la direction du P.C.T avec l'ancien dirigeant communiste Pin Bua-on. Ce dernier était opposé à la lutte armée adopté par le P.C.T. et voulait continuer la politique d’Alliance Inter-Classe stalinienne/maoïste que le Parti Communiste Thaïlandais avait défendue durant la période du régime de Pibul Songkram et au début de la dictature de Sarit Thanarat. Les groupes étudiants s'impliquèrent aussi aux cotés de la direction du P.C.T. sur la lutte de faction qui avait pris place en Chine vers la fin de la Révolution Culturelle.

L'influence du P.C.T. à l'intérieur du mouvement étudiant n'était pas une conspiration secrète. Elle reflétait la montée des idées de Gauche parmi beaucoup de gens dans la société thaïlandaise. En pratique, cette influence du Parti Communiste Thaïlandais dans le corps étudiant provenait de 3 sources principales. La première est que le P.C.T. était le seul parti politique de l'aile Gauche qui avait une analyse cohérente de la société et un plan d'action clair. Cela voulait dire naturellement que beaucoup de ceux qui recherchaient une réponse, se tournerait vers le Parti Communiste Thaïlandais, spécialement après les victoires des divers partis communistes dans les pays voisins d'Indochine. La seconde est que de jeunes membres (Yor) du P.C.T. ainsi que des membres ainés (Sor) étaient actifs à l'intérieur même du mouvement étudiant. Certains avaient été recrutés lorsqu'ils étaient encore au lycée et d'autres, après être entrés à l'université. Le recrutement était un long processus, impliquant des petits groupes secrets d'études organisé parmi des relations, mais cela aida à éduquer les activistes à l'idéologie du P.C.T. La troisième est que des articles exprimant la stratégie politique du Parti Communiste Thaïlandais étaient imprimés dans des journaux étudiants comme Atipat et que la station de radio du P.C.T., La Voix du Peuple de Thaïlande, était très populaire parmi beaucoup de gens à cette époque.

Il serait tout à fait faux de croire que les dirigeants étudiants, même ceux qui étaient membres du parti, recevaient des ordres direct du Comité Central du P.C.T. D'abord parce que les dirigeants du parti étaient au loin dans la campagne et ensuite parce que le parti ne vit jamais la lutte urbaine comme étant centrale dans la stratégie maoïste globale. Pour cette raison, on peut supposer que, durant la période entre 1973 et 1976, les activistes étudiants possédaient un degré élevé d'indépendance dans la direction et l'organisation, bien qu'ils acceptaient l'analyse politique globale du parti. C'est d'ailleurs confirmé par beaucoup d'activistes étudiants de cette période.

Comme déjà mentionné plus haut, entre 1973 et 1976, les partis étudiants de gauche gagnèrent graduellement les élections. A l'université Thammasat le Parti Palang Tam (Parti de la Force Morale) fut fondé juste avant la révolte d'octobre 1973 et il gagna un nombre substantiel d'élections, soutenant Peerapol Triyakasem comme son candidat. A l'université ouverte Ramkamhaeng, le Parti Sajja-Tam (Parti de la Vérité Morale) pris graduellement le dessus sur des partis plus centristes, gagnant la direction du corps étudiant en 1975. A l'université Chulalongkorn le Parti Chula Prachachon (Parti du Peuple de Chula) gagna les élections en 1976 contre un parti de droite et Anek Laothamatas devint président des étudiants. A Mahidol et Sri-Nakarin les partis de gauche gagnèrent aussi les élections et, à Chiangmai, Chaturon Chaisaeng du Parti Pracha Tam Party (Parti du Peuple Moral) gagna l'élection de l'union des étudiants en 1976.

Le glissement progressif vers des politiques de gauche parmi les étudiants pendant la période 1973-1976, jusqu'à que la Gauche devienne l'influence principale, refléta la polarisation entre la Droite et la Gauche qui prenait place dans une large société. A partir de ça nous pouvons comprendre pourquoi la classe dirigeante devint déterminé à faire n'importe quoi, y compris utiliser la force si nécessaire pour détruire le mouvement étudiant et ses tentatives aboutirent au bain de sang du 6 octobre 1976 à l'université Thammasat.

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 03:49

La Cour constitutionnelle a rendu sa décision à propos de la pétition de Somyot, la loi de lèse-majesté n'est pas inconstitutionnelle.

Déclaration de la Campagne Free Somyot:·
Chers tous, amis et camarades
Nous tenons à exprimer nos plus sincères remerciements à tout ceux qui ont soutenu la pétition en ligne et ont également présenté la lettre d'appel à la libération de Somyot aux autorités thaïlandaises et aux ambassades le 14 septembre 2012.
La lettre signée par 97 organisations et 8035 personnes du monde entier avait été présentée par les syndicats de Thaïlande aux autorités thaïlandaises le 14 septembre 2012.
Six ONG internationales avaient publié une lettre ouverte pour demander la libération de Somyot.
En outre, des forums publics et des protestations ont été organisés par les groupes pro-démocratie en Thaïlande avant l'audience de Somyot au tribunal le 19 septembre 2012.
Lien en français:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-97-organisations-internationales-soutiennent-la-lettre-pour-la-liberation-de-somyot-prueksakasemsuk-110087016.html
Cependant, un jour avant le 19 septembre 2012, le tribunal correctionnel de Thaïlande a annulé l'audience sans aucune raison et aucune date n'a été donnée pour l'audience à venir.
Le 10 octobre 2012, la Cour constitutionnelle a statué en Thaïlande que l'article controversé 112 du Code pénal, mieux connue comme la loi de lèse-majesté, n'est pas contradictoire avec la protection des droits de l'homme de la constitution du pays, y compris la liberté d'expression.
La Cour a statué sur deux pétitions soumises à la Cour pénale par Somyot Preuksakasemsuk et Ekachai Hongkangwan, qui font tous deux l'objet de procès pour violation de l'article 112. Ekachai s'est vu accordé la liberté sous caution, mais Somyot est toujours détenu malgré 11 demandes de mise en liberté sous caution.
Vous pouvez lire les articles de Prachatai et de Thai Political Prisoners pour avoir des explications sur le détail de la décision et comment elle va influer sur le verdict à venir.

Lien des articles en anglais:
http://www.prachatai.com/english/node/3401
http://www.prachatai.com/english/node/3399
http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2012/10/10/lese-majeste-constitutional/
Nous craignons que le jugement ne sera pas favorable à Somyot ni aux autres prisonniers politiques pour lèse-majesté et portera atteinte à la liberté d'expression en Thaïlande.
Nous attendons également que la Cour annonce la date de son verdict. Le tribunal pénal va faire usage de cet arrêt de la cour constitutionnelle pour rendre sa décision sur le cas de Somyot.
Camarades, s'il vous plaît, soyez en permanence prêt à apporter votre soutien, nous ne renoncerons pas et continuerons de lutter pour la libération de Somyot et des autres prisonniers politiques pour lèse-majesté en Thaïlande!
Continuer de diffuser cette pétition en ligne pour demander la libération de Somyot

Lien en anglais:
http://freesomyot.wordpress.com/2012/09/09/submit-your-protest-letter-again/

Lien en français:

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article25046
Un grand merci!
En solidarité
Campagne Free Somyot
Le 11 octobre 2012

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 17:51

Le porte-parole de l'ambassade américaine Walter Braunohler a déclaré à l'Associated Press que Joe Gordon avait été libéré de la prison de Bangkok assez tard le 10 Juillet: "Nous sommes heureux que Sa Majesté le Roi Bhumibol Adulyadej ait accordé à Joe Gordon une grâce royale, ce qui lui a permis d'être libéré de prison", a-t-il dit. "Nous exhortons les autorités thaïlandaises sur une base régulière, aussi bien en privé qu'en public, à Bangkok et à Washington, que la liberté d'expression soit protégée conformément à leurs obligations internationales."

 

Photo ci-dessous: Joe Gordon dans son uniforme de prisonnier lorsqu’il était détenu:

Joe Gordon

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 16:19

Chit.jpg

 

Jit Phumisak (en thaï: จิตร ภูมิ ศักดิ์) est né le 25 septembre 1930 et a été assassiné le 5 mai 1966. C'était un auteur thaïlandais, historien, poète et rebelle communiste. Son livre le plus influent parmi les Thaïlandais est "Le vrai visage de la féodalité thaïe (โฉมหน้า ศักดินา ไทย, Chomna Sakdina thaï)", écrit en 1957 sous le pseudonyme de Somsamai Srisootarapan. Jit a été décrit comme le "Che Guevara de Thaïlande".
Jit est né dans une famille pauvre de la province de Prachinburi située dans l'est de la Thaïlande. Il a étudié à l'Université Chulalongkorn de Bangkok. Lors de ses études, il a découvert le marxisme. En 1953, il a traduit le Manifeste du Parti Communiste en thaï.
Ses écrits étaient anti-nationalistes et progressiste et étaient considérés comme une menace pour l'État par le gouvernement anti-communiste de Sarit Thanarat. Il a été arrêté en 1957, accusé d'être un communiste, et après six ans de prison a été déclaré non coupable par un tribunal et remis en liberté.
En 1965, il rejoint le Parti Communiste de Thaïlande, dont le siège se situait dans la jungle des montagnes de Phu Phan dans la province de Sakhon Nakhon. Le 5 mai 1966, après avoir été capturé, il a été abattu par l’armée. Son corps a été brûlé et aucune cérémonie proprement dite de son décès n'a eu lieu avant 1989, lorsque ses restes ont finalement été placés dans un stupa au Wat Prasittisangwon à proximité du lieu de son exécution.

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 18:42

Dans les premières heures du 6 octobre 1976, des policiers thaïlandais en uniforme se positionnèrent dans le parc du Musée National de Bangkok, voisin de l'université Thammasat et anéantirent d'une implacable grêle de balles d'armes automatiques, un rassemblement pacifique d'étudiants et de travailleurs sur le campus de cette dernière. Au même moment, une importante bande "de forces officieuses" d'ultra-droite, connues sous les noms de Scouts de Village, Krating Daeng et Nawapon, s'adonnèrent à une orgie de violence et de brutalité envers tous les gens à coté de l'entrée principale de l'université. Des étudiants et leurs partisans furent trainés en dehors de celle ci et pendus aux arbres autour de Sanam Luang, d'autres furent brulés vivant devant le Ministère de la Justice tandis que la foule dansait autour des flammes. Des hommes et des femmes, morts ou vivants, furent soumis aux plus extrêmes comportements violents et dégradants.

Dès avant l'aube ce matin là, les étudiants furent empêchés de quitter le campus par la police qui était positionnée à chaque porte. A l'intérieur du campus bouclé de l'université, la violence fut exécutée par des policiers lourdement armés de la Division de Suppression du Crime, de la Police de Patrouille des Frontières et des Unités de Forces Spéciales de la Police Métropolitaine. Des étudiants, hommes et femmes, désarmés qui avaient fuis les lieux initiaux de lourde fusillade pour se refugier à l'intérieur du bâtiment de la faculté de commerce furent poursuivis et obligés de s'allonger face à terre sur le terrain de football, sans chemises. Des policiers en uniforme tiraient sans discontinuer à la mitrailleuse au dessus de leurs têtes. La chaleur des tirs qui passaient au dessus d'eux brula la peau de leurs dos nus. D'autres étudiants qui essayèrent de s'enfuir des bâtiments du campus par l'entrée arrière de l'université, furent traqués et abattus sans pitié.

Les actions de la police et de la foule d'extrême droite lors du 6 octobre furent l'aboutissement des tentatives par la classe dirigeante d'en terminer avec le développement d'un mouvement socialiste en Thaïlande. Les événements de l'université Thammasat furent suivis d'un coup d'état militaire qui amena au pouvoir un des gouvernements les plus à droite de l'histoire de la Thaïlande. Dans les jours qui ont suivis, les bureaux et les maisons des organisations subirent des raids. Les syndicalistes furent arrêtés et les droits syndicaux réduits. Les journaux de Gauche et de Centre Gauche furent supprimés et leurs bureaux mis à sac. Les partis politiques, les unions étudiantes et les organisations paysannes furent interdits. Le nouveau régime militaire communiqua une liste de 204 livres illicites. Les bibliothèques des universités furent fouillées et des livres furent confisqués et brulés publiquement. Quand l'entrepôt et la librairie de Sulak Sivaraksa furent mis à sac, on brula plus de 100 000 livres. En plus des ouvrages communistes évidents comme Marx, Engels, Lénine, Mao ou Jit Phumisak, des auteur comme Pridi Bhanomyong, Maxime Gorky, Julius Nyerere, Saneh Chamarik, Chai-anan Samudwanij, Charnvit Kasetsiri et Rangsan Tanapornpan apparurent sur la liste des livres interdits. Le désir de la classe dirigeante thaïlandaise de détruire le développement du mouvement socialiste, spécialement dans les zones urbaines, peut être compris en observant le climat politique de l'époque. Trois ans auparavant, le mouvement de masse du 14 octobre avait renversé les militaires, qui étaient au pouvoir depuis 1957. Cependant, l'établissement d'une monarchie parlementaire ne régla pas les problèmes sociaux profondément enracinés. Donc, les protestations, les grèves et les occupations d'usines s'intensifièrent. Au même moment, les Etats Unis étaient en train de perdre la Guerre du Vietnam. En 1975, des gouvernements communistes avaient pris le pouvoir dans les pays voisins du Laos, du Cambodge et au Vietnam tandis qu'en Thaïlande, l'insurrection rurale conduite par le Parti Communiste Thaïlandais s'amplifiait. Les événements du 6 octobre et le coup d'état qui a suivi n'ont pas été un simple retour des militaires au gouvernement. Ils furent une tentative d'écraser le mouvement populaire pour la justice sociale, pour éradiquer la Gauche et renforcer la position des élites. Ce n'était ni la première, ni la dernière fois que l'élite thaïlandaise avait recours à la violence et au coup d'état pour protéger ses intérêts.

Il serait faux de penser qu'il y eut un plan détaillé et bien coordonné, de l'entière classe dirigeante, qui conduisit aux événements du 6 octobre. Inversement, il serait aussi erroné de suggérer que seul un ou deux individus ou groupes furent derrière l'écrasement de la Gauche. Ce qui est arrivé le 6 octobre fut le résultat d'un consensus parmi la totalité de la classe dirigeante sur le fait qu'un système démocratique ouvert donnait "trop de liberté" à la Gauche. Cependant, il est probable qu'il y eut aussi bien des accords que des désaccords sur comment agir exactement et qui devrait agir. Le point de vue général était que des "méthodes extra-parlementaire" devraient être utilisées, dirigées par l'établissement de divers groupes fascistes. Le rôle du Palais lors des événements à été débattu par beaucoup d'écrivains. La plupart expriment l'idée que celui-ci aida, dans un sens large, à paver la voie pour un coup d'état en donnant son soutien ouvert à la Droite. Ce que nous savons, c'est que le Palais supporta ouvertement et encouragea les Scouts de Village. De plus, il était proche de la Police de Patrouille des Frontières qui fonda le mouvement des Scouts de Village et joua aussi un rôle central dans le massacre de Thammasat. Pour finir, juste avant les sanglants événements, des membres du Palais ont rendus une visite à l'ex dictateur Thanom peu après son retour en Thaïlande.

L'image générale de la classe dirigeante qui émerge durant 1976 est son degré d'unité dans son besoin de détruire la Gauche mais aussi de ses désaccords sur comment le faire et, beaucoup plus important, sur qui allait diriger le pays. Cela eut des conséquences importantes sur l'évolution de la dictature post-1976. La conséquence immédiate du bain de sang de Thammasat fut que des milliers d'étudiants partirent à la campagne rejoindre la lutte menée par le P.C.T. contre l'état thaïlandais. Toutefois, au bout d'un an, le gouvernement d'extrême droite de Tanin Kraivichien fut chassé du pouvoir. Ceux qui prenaient le dessus dans la classe dirigeante étaient convaincus que, non seulement la nature des mesures prises le 6 octobre, mais aussi la façon dont le gouvernement Tanin se conduisait, créaient de grandes divisions et une instabilité à l'intérieur de la société et aidaient le Parti Communiste Thaïlandais à se développer. Il n'est pas étonnant que ces officiers de l'armée qui défendaient une ligne plus libérale fussent ceux qui étaient sur le front à combattre contre le P.C.T. Ils comprenaient, comme beaucoup de militaires dans ce cas, que la lutte contre la Gauche devait impliquer une sorte d'accord politique en plus de l'utilisation de la force. Comme le Général Prem Tinsulanonda, Premier ministre de 1980 à 1988, l'a fait remarquer lors d'une émission de la chaine de télévision ITV en 1999: "Les étudiants ont rejoints les Communistes parce qu'ils furent brutalement réprimés. Le moyen de saper les Communistes était d'établir la justice dans la société."

Trois ans après 1976, le gouvernement décréta une "amnistie" pour ceux qui étaient partis se battre au coté des communistes. Cela coïncida avec des disputes et des scissions entre les activistes étudiants et les dirigeants conservateurs du P.C.T. En 1988, les premiers étaient tous retournés en ville lorsque le P.C.T. s'effondra. La Thaïlande était revenue à un système de démocratie parlementaire presque complet mais avec une condition spéciale: c'était une démocratie parlementaire sans partis de Gauche ou représentant les intérêts des ouvriers et des petits paysans. Auparavant, les partis de Gauches, comme le Parti Socialiste, le Front Socialiste et Palang Mai (Nouvelle Force) avaient obtenus 2,5 millions de voix (14,4%) lors de l'élection législative de 1975. Ces partis avaient gagnés beaucoup de sièges dans le nord et le nord-est du pays et, en dehors de l'arène politique légale, le Parti Communiste Thaïlandais avait aussi eu une grande influence. Dorénavant, la Gauche organisée était détruite.

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 06:19

Après de nombreuses hésitations, Amnesty International Thaïlande a enfin pris position et demande la libération de Somyot Prueksakasemsuk.

Lien en anglais:

http://www.amnesty.or.th/en/component/k2/item/244-ปล่อยสมยศเดี๋ยวนี้

Voici la déclaration d’Amnesty International Thaïlande:

Des organisations syndicales et de défense des droits de l'homme insistent pour que le rédacteur en chef du magazine "Voice of Taksin" et défenseur des droits humains Somyot Prueksakasemsuk soit libéré immédiatement après avoir passé 17 mois en détention provisoire. S'il est reconnu coupable, il risque jusqu'à 30 ans de prison en vertu de l'article 112 du Code pénal (loi de lèse-majesté) pour la publication de deux articles jugés insultants envers la monarchie. Le groupe d'ONG a également appelé les autorités thaïlandaises à respecter les normes internationales de la liberté d'expression, et à cesser d'utiliser l'article 112 et la détention arbitraire qui criminalisent ou restreignent la liberté d'expression.
L'issue du procès de Somyot sera un test décisif sur la volonté de la Thaïlande de protéger les droits à la liberté d'opinion et d'expression, a indiqué le groupe.
Somyot est détenu depuis son arrestation en avril 2011, cinq jours après avoir lancé une campagne de pétition afin de recueillir les 10.000 signatures nécessaires pour un examen parlementaire de la loi de lèse-majesté. La longue détention provisoire de Somyot viole clairement les obligations de la Thaïlande à s'abstenir de détention arbitraire.
Le 18 septembre, la Cour pénale thaïlandaise a annulé une audience de son procès prévue pour le 19 septembre, prolongeant sa détention provisoire indéfiniment. La Cour pénale n'a pas fourni de raisons à cette annulation ni de nouvelle date pour l'audience.
Les autorités ont rejetée onze demandes de mise en liberté sous caution de Somyot. Le tribunal n'a pas fourni de justifications suffisantes à ce refus de liberté provisoire, comme l'exige l'article 40 (7) de la Constitution, l'article 107 du Code de procédure pénale ainsi que le Pacte International relatif aux Droits Civils et politiques (PIDCP) ratifié par la Thaïlande, qui limitent la détention provisoire à des circonstances exceptionnelles.
Au cours des deux dernières années, les tribunaux thaïlandais ont refusés à plusieurs reprises la liberté sous caution pour les personnes inculpées de crime de lèse-majesté. Le Comité des Nations Unies pour les Droits de l'Homme a rappelé aux États que la détention provisoire peut, en soi, constituer une violation des droits à la liberté et à la présomption d'innocence.
La loi de lèse-majesté thaïlandaise interdit toute parole ou tout geste qui "diffame, insulte ou menace le Roi, la Reine, l'héritier présomptif, ou le Régent". La loi l'emporte sur la Constitution thaïlandaise et place le pays en violation de ses obligations juridiques internationales de respecter les normes internationales de la liberté d'expression. Des groupes de la société civile thaïlandaise, les familles de ceux qui sont poursuivis en vertu de la loi de lèse-majesté, et des experts des droits humains des Nations Unies ont demandé à plusieurs reprises un débat public sur la réforme de la loi de lèse-majesté. Lorsque les droits humains ont été examinés en Thaïlande, en octobre 2011 lors de l'Examen Périodique Universel du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies, les Etats membres ont fait plus d'une douzaine de recommandations afin de modifier ou abroger la loi de lèse-majesté ainsi que celle de 2007 sur les crimes informatiques qui criminalise la diffamation en ligne en vertu de la même disposition. Quatre inculpés de lèse-majesté, dont Somyot, attendent que la Cour constitutionnelle rende sa décision sur la constitutionnalité de l'article 112.

Le Rapporteur spécial de l'ONU pour la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression "réitère l'appel à tous les Etats de dépénaliser la diffamation" dans son rapport (A/HRC/17/27) au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU en mai 2011. La Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'homme garantit le droit "de soumettre aux organes et organismes gouvernementaux ainsi qu'aux organismes s'occupant des affaires publiques, des propositions pour améliorer leur fonctionnement, et de signaler tout aspect de leur travail qui risque d'entraver la réalisation des droits de l'homme." La Thaïlande a de plus en plus criminalisé des écrivains et des éditeurs de publications pour des articles jugés offensants pour la monarchie.

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 09:07

Le Nation rapporte que 20 adversaires de la loi de lèse-majesté ont organisé, le 19 septembre 2012, une veillée de 112 minutes devant la cour pour protester contre l'article 112 du code pénal (la loi de lèse-majesté). Ils portaient des masques noirs avec écrit dessus "libérer les prisonniers politiques" ainsi qu'une banderole qui disait "Une justice différée est une justice refusée".

Ces manifestants sont des opposants à la loi lèse-majesté et au système judiciaire thaïlandais qui traite Somyot comme un coupable depuis son arrestation le 30 avril 2011. On lui a refusé la liberté sous caution une dizaine de fois, il a été traîné enchainé à travers le pays et a vu son procès reporté à plusieurs reprises.

Le timing de l'événement coïncidait avec le deuxième jour du procès pour lèse-majesté de Surapak Phuchaisaeng, le premier prisonnier poursuivi et jugé durant le gouvernement de Yingluck Shinawatra.
Surapak a dit au journal Nation que c'était "dégoûtant" d'être enchainé et de porter l'uniforme des prisonniers car aucune preuve concrète n'a été produite pour le lier à la page Facebook, qui est encore active alors qu'il est en prison. Sa demande de liberté sous caution a été refusée une demi-douzaine de fois.
"Pensez-y. C'est la Thaïlande! Le processus de justice ne protège que l'élite, pas les gens ordinaires", affirme Surapak. Ce dernier explique aussi que le témoin à charge, le Major de Police Niti Inthurak de l'unité Computer Crimes, a déclaré à la cour que ce n'était pas le rôle des forces de police de rechercher l'adresse IP du suspect.
Surapak a dit qu'il avait perdu beaucoup de possibilités d'emploi en prison, ajoutant que les procureurs ne seraient jamais en mesure de prouver s'il était lié au compte Facebook ou non.
Non seulement n'y a-t-il aucune protection dans ce système judiciaire corrompu, mais les tribunaux sont actifs à pervertir le cours de la justice.
Et comme pour prouver ce point, le Nation rapporte également que le dirigeant de l'Alliance du Peuple pour la Démocratie (PAD) Sondhi Limthongkul, reconnu coupable de diffamation contre l'avocat de Thaksin Shinawatra, Noppadon Pattama, avait vu sa peine réduite par la Cour d'appel. Apparemment, la "vieillesse" de Sondhi aurait été un motif de clémence. Bien sûr, Sondhi a été immédiatement libéré sous caution, une maigre caution de100.000 baht pour lui permettre de faire de nouveau appel.
"La vieillesse"? Sondhi est âgé de 64 ans. Il n'y a pas de clémence de tribunal pour Ampol Tangnopakul, 62 ans, condamné pour lèse-majesté, pas même lorsqu'il était malade. Il n'y a eu aucune considération de la vieillesse dans le cas du condamné pour lèse-majesté Surachai Danwattananusorn, maintenant âgé de 70 ans. Le tribunal semble célébrer ses doubles standards.

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 05:31

Des organisations syndicales et de défense des droits de l'homme insistent pour que le rédacteur en chef du magazine "Voice of Taksin" et défenseur des droits humains Somyot Prueksakasemsuk soit libéré immédiatement après avoir passé 17 mois en détention provisoire. S'il est reconnu coupable, il risque jusqu'à 30 ans de prison en vertu de l'article 112 du Code pénal (loi de lèse-majesté) pour la publication de deux articles jugés insultants envers la monarchie. Le groupe d'ONG a également appelé les autorités thaïlandaises à respecter les normes internationales de la liberté d'expression, et à cesser d'utiliser l'article 112 et la détention arbitraire qui criminalisent ou restreignent la liberté d'expression.
L'issue du procès de Somyot sera un test décisif sur la volonté de la Thaïlande de protéger les droits à la liberté d'opinion et d'expression, a indiqué le groupe.
Somyot est détenu depuis son arrestation en avril 2011, cinq jours après avoir lancé une campagne de pétition afin de recueillir les 10.000 signatures nécessaires pour un examen parlementaire de la loi de lèse-majesté. La longue détention provisoire de Somyot viole clairement les obligations de la Thaïlande à s'abstenir de détention arbitraire.
Le 18 septembre, la Cour pénale thaïlandaise a annulé une audience de son procès prévue pour le 19 septembre, prolongeant sa détention provisoire indéfiniment. La Cour pénale n'a pas fourni de raisons à cette annulation ni de nouvelle date pour l'audience.
Les autorités ont rejetée onze demandes de mise en liberté sous caution de Somyot. Le tribunal n'a pas fourni de justifications suffisantes à ce refus de liberté provisoire, comme l'exige l'article 40 (7) de la Constitution, l'article 107 du Code de procédure pénale ainsi que le Pacte International relatif aux Droits Civils et politiques (PIDCP) ratifié par la Thaïlande, qui limitent la détention provisoire à des circonstances exceptionnelles.
Au cours des deux dernières années, les tribunaux thaïlandais ont refusés à plusieurs reprises la liberté sous caution pour les personnes inculpées de crime de lèse-majesté. Le Comité des Nations Unies pour les Droits de l'Homme a rappelé aux États que la détention provisoire peut, en soi, constituer une violation des droits à la liberté et à la présomption d'innocence.
La loi de lèse-majesté thaïlandaise interdit toute parole ou tout geste qui "diffame, insulte ou menace le Roi, la Reine, l'héritier présomptif, ou le Régent". La loi l'emporte sur la Constitution thaïlandaise et place le pays en violation de ses obligations juridiques internationales de respecter les normes internationales de la liberté d'expression. Des groupes de la société civile thaïlandaise, les familles de ceux qui sont poursuivis en vertu de la loi de lèse-majesté, et des experts des droits humains des Nations Unies ont demandé à plusieurs reprises un débat public sur la réforme de la loi de lèse-majesté. Lorsque les droits humains ont été examinés en Thaïlande, en octobre 2011 lors de l'Examen Périodique Universel du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies, les Etats membres ont fait plus d'une douzaine de recommandations afin de modifier ou abroger la loi de lèse-majesté ainsi que celle de 2007 sur les crimes informatiques qui criminalise la diffamation en ligne en vertu de la même disposition. Quatre inculpés de lèse-majesté, dont Somyot, attendent que la Cour constitutionnelle rende sa décision sur la constitutionnalité de l'article 112.

Le Rapporteur spécial de l'ONU pour la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression "réitère l'appel à tous les Etats de dépénaliser la diffamation" dans son rapport (A/HRC/17/27) au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU en mai 2011. La Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'homme garantit le droit "de soumettre aux organes et organismes gouvernementaux ainsi qu'aux organismes s'occupant des affaires publiques, des propositions pour améliorer leur fonctionnement, et de signaler tout aspect de leur travail qui risque d'entraver la réalisation des droits de l'homme." La Thaïlande a de plus en plus criminalisé des écrivains et des éditeurs de publications pour des articles jugés offensants pour la monarchie.


Pour plus d'informations, s'il vous plaît contactez:

- Arthur Manet
Attaché de presse
Fédération Internationale des Droits de l'Homme
(FIDH)
+ 33 1 43 55 25 18

- Isabelle Scherer
Coordinateur
Fédération Internationale des Droits de l'Homme
(FIDH)
+ 41 22 809 49 39

- Brittis Edman

Southeast Asia Programme Director

Civil Rights Defender

+46 8545 27751

- Mary McGuire

Senior Communications Officer

Freedom House

+1.202.747.7035

- Ineke Zeldenrust

International Coordinator

Clean Clothes Campaign

+31-6-51280210

- Olof Blomqvist

Press Officer Asia/Pacific, Media Programme

Amnesty International – International Secretariat

Tel: + 44 (0) 20 7413 5871

Mobile: +44 (0) 790 4391 956

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