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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 08:19

78eme semaine de détention prolongée
9 Décembre 2012
Cher P'Yot,
J'étais plus heureuse cette semaine, mais toujours très occupée à faire l'évaluation de fin d'année de mes rapports directs et à d'autres questions urgentes qui ont été planifiées et délai fixé précédemment cette semaine. Quoi qu'il en soit je suis parvenu à faire une pause avec Tian et à voir la lumière à Uttayan Road alors que je l'ai conduite au dortoir. Cette route a un autre nom, Axe (se prononce Ax-xa en thaï). Elle est située à Bhuddamonthol 4 et c'était la route la plus chère. Elle a été construite à l'époque du maréchal Por (NDT: Pibun Songkran) en 2498 (ère bouddhique, NDT correspond à 1955 de l'ère chrétienne) et a été mis en attente pendant une longue période après le coup d'Etat du maréchal Sarit. Elle a été finalement terminée en 2542 (NDT: 1999). Cette route est longue de 4 kilomètres et est décorée avec des lanternes tout le long. Quand les lanternes s'allument la nuit, c'est si beau. C'est peut-être la plus belle route de Thaïlande! J'ai pensé que si nous n'avions pas eu de coups d'Etat récurrents tant de fois, cette route aurait pu être terminée plus tôt. Quand certains prétendent que les putschs se produisaient afin de mettre un terme à la corruption et d'aider au développement national, je ne suis pas d'accord. Si c'était le cas, comment se fait-il qu'il ait fallu 44 ans pour terminer cette route? En outre, cette route est la route la plus chère jamais construite; seulement 4 kilomètres ont coûtés près de 1.100 millions de baths. Si nous divisions grossièrement par 4, le prix serait d'environ 300 millions de baths par kilomètre.
Hier, j'ai assisté à l'ouverture du lancement du livre "Rak Auy" (amour) écrit par Pa Ueh (la femme de Ah-Kong), qui a été organisée par le comité de lecture de la maison d'édition. L'événement avait débuté le matin, mais je les ai rejoints dans l'après-midi au moment où Ajarn Somsak parlait des causes de la tragédie de Ah-Kong. J'ai été invité à parler de ce livre, mais ne l'avait pas encore lu avant cet événement. Donc, je devais préparer ma connaissance et le lire. Avant cela, je craignais de pleurer et de déprimer, tu sais que c'est difficile à contrôler quand je dois faire face à l'histoire triste de d'autres gens. Cependant, quand je l'ai lu, cela n'a pas ébranlé mon cœur comme prévu. Pa Ueh décrit sa vie romantique de mariage avec Ah-Kong. C'était un beau moment quand j'ai lu que Ah-Kong avait trouvé une jupe plissée et qu'il pensait qu'elle conviendrait parfaitement à Pa Ueh. Il l'a acheté immédiatement, sans hésitation et, après avoir examiné la jupe verte, a pensé qu'elle pourrait ne pas bien convenir au teint de Pa Ueh. Ces petites choses, qui ont exprimé l'amour de Ah-Kong et Pa Ueh, sont les expressions naturelles que l'ancienne génération, comme nos parents, ont toujours faites. C'est triste que Pa Ueh n'ait pas eu la possibilité de vivre jusqu'au bout avec son bien-aimé, pas même eu la chance de lui dire au revoir avant son dernier souffle. Oh! L'injuste article 112 met nos vies en danger et en difficulté.
Il est tard et temps d'aller au lit maintenant. Je te souhaite du courage pour continuer à te battre avec la loi injuste. Tôt ou tard, nous verrons la lumière de l'équité. Nous croyons en une équité universelle, au droit de libération sous caution, à la liberté d'expression, à la liberté d'écrire et de publier ainsi qu'à la démocratie et que tous les gens, qu'ils soient riche ou pauvre, auront tous l'égalité. Cette date viendra bientôt.
Je t'aime comme toujours.
Joop
9 décembre 2012 à 21h30.

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 14:44

Voici la déclaration de Free Somyot:

"FREE SOMYOT" - CAMPAGNE "FEARLESS" EN LIGNE Soutenez et assistez Somyot Prueksakasemsuk contre la détention arbitraire! Laissez vos voix se faire entendre.

S'il vous plaît montrer votre soutien à Somyot Prueksakasemsuk, un militant syndical défenseur des droits de l'homme, à sa famille et à la liberté d'expression en Thaïlande, ce qui est aussi votre droit de l'homme! Voici comment le faire:

1. Ecrivez "Free Somyot" soit sur une feuille de papier ou sur votre paume

2. Prenez une photo de vous tenant la feuille de papier ou montrant la paume de votre main avec les mots clairement montré. Téléchargez cette photo sur la page Free Somyot de facebook.

Lien: https://www.facebook.com/pages/Free-Somyot/122999694453000?fref=tsChaque

Ce geste comptera et contribuera à soutenir Somyot dans sa lutte pour la justice, et à défendre la liberté d'expression pour tout le monde en Thaïlande. Vous pouvez également le copier et coller dans un document Word et l'imprimer.

Libérez Somyot! ปล่อย สมยศ พฤกษา เกษม สุข เดี๋ยวนี้

Un lien en anglais pour plus de détails sur Somyot et son cas:

https://www.facebook.com/pages/Free-Somyot/122999694453000?sk=info www.freesomyot,wordpress.com/

Lien pour se procurer des posters de Somyot à télécharger:

http://www.facebook.com/media/set/?set=a.272034802882821.68488.122999694453000&type=3

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 15:20

Lettre de l'épouse de Somyot à son mari, prisonnier politique pour lèse-majesté qui s'est vu refuser 11 fois la liberté sous caution et qui est détenu depuis 19 mois


76eme semaine de détention prolongée
25 Novembre 2012


Bonjour P'Yot
Je suis hésitante et incertaine de ce que je vais écrire aujourd'hui car il y a tellement de choses qui se passent en Thaïlande. Hier, c'était une journée très excitante pour moi qui n'avais jamais adhéré à aucune protestation auparavant. Un groupe appelé Pitak Siam a amené les gens de tout le pays pour protester au pont Makkhawan dès le matin, puis les manifestants se sont heurtés avec les policiers et du gaz lacrymogène a été utilisé pour arrêter et suspendre les protestataires. Cette protestation avait commencé avec la violence parce que l'émotion des manifestants était élevée et a été stimulée par les dirigeants, mais il a plu et les gens se sont senti fatigués, ils pourraient ne pas avoir un objectif commun très clair pour protester cette fois. Il n'existe pas de véritable objectif de sorte qu'ils n'ont pas eu de direction à prendre, la protestation a échoué et s'est arrêté à la fin de la journée. L'objectif de revenir en arrière et d'utiliser le système de sélection pour recruter le souverain est un état d'esprit très vieux et démodé. Aucun des pays de la communauté internationale n'utilise ce système pour trouver un bon gouvernement afin de diriger un pays. Si les gens ne sont pas heureux avec le gouvernement élu, qu'ils ne votent pas pour lui la prochaine fois, c'est vraiment simple. La raison pour laquelle Pitak Siam a manifesté n'est pas logique et semble ramener le pays en arrière. Je pense que si nous vivons dans un environnement instable, comme notre pays actuellement, cela va nous limiter de penser plus sagement et plus profondément. Nous allons observer et agir sur la situation quotidienne sans l'analyser soigneusement. Parfois, il vaut mieux rester calme et prendre le temps de réaliser et de penser plus intelligemment.

En fait, aujourd'hui j'ai prévu d'aller à Suanmok Bangkok, qui est situé à SuanRodfai (Archives BuddhadasaIndapanno - BIA) pour trouver quelques bons livres et donner de la réflexion à mon esprit, mais le temps n'était pas bon ce matin, donc j'ai changé mon intention et je suis resté à la maison ou j'ai rangé l'étagère. C'est incroyable car je viens de réaliser que nous avons tant de livres, il m'a fallu une demi-journée pour les nettoyer et les réorganiser. Il y a un livre que je t'ai donné plus tôt cette année "Seconde moitié" ou en thaï
ครึ่ง หนึ่ง ของ กันและกัน sur la vie réelle de AjarnKaruna - Ruang-uraiKusarasai (อาจารย์ กรุณา เรืองอุไร กุ ลา สั ). C'est mon livre préféré et je voudrais faire leur éloge à tous les deux pour leur endurance, leur amour et leur courage. AjarnKaruna a été détenu pendant près de 10 ans sous l'allégation selon laquelle il était communiste, une ironie dans les yeux de la nouvelle génération comme nous! (Il est amusant que AjarnKaruna soit seulement allé en Chine une fois et quand il est retourné en Thaïlande, il a été inculpé en vertu de cette loi). Ces deux là se souciaient vraiment l'un de l'autre et s'aimaient purement et profondément. Ils n'ont jamais abandonné l'autre, même dans la situation de crise et ils vécurent ensemble jusqu'à la fin de la vie de AjarnKaruna en 2009.

Je ne m'attends pas à ce que nous vivions longtemps et faisions plus de choses utiles, comme eux. Personne ne connaît l'avenir, mais je pense que nous pouvons faire de notre mieux comme nous le faisons à l'heure actuelle. Nous pouvons maintenir notre conscience en permanence et faire notre devoir pour la famille et la société. J'essaie de mon mieux de jouer le rôle d'épouse et de mère pour nos 2 enfants et fais de mon mieux au travail fondée sur ma capacité et de temps dont je dispose. Tu devrais aussi être heureux de ce que tu fais pour soutenir les nouveaux prisonniers car c'est vraiment génial. Ils sont tous entrés dans la prison plein de peur et de paranoïa, mais tu les as calmé, soutenu et guidé en prison tous les jours, ce qui est la meilleure chose que tu ais pu faire dans cette situation. J'ai rencontré certains d'entre eux et ils se sentaient très reconnaissant envers toi, ils pensent toujours à toi.
Je t'aime comme d'habitude.
Joop
25 novembre 2012: 15:20 h.

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 19:19

Un incroyable double standard affiché par un système juridique défaillant et lugubre a conduit le retour du député du parti gouvernemental Pua Thai, Kokaew Pikulthong, en prison après que la Cour pénale ait révoqué sa libération sous caution pour ses remarques politiques à propos des sympathies de la Cour constitutionnelle avec l'élite royaliste. La décision de justice précise que les remarques de Kokaew ont créés la peur dans la société et la "nation". Elle met aussi en avant son affaire de terrorisme datant des sanglantes protestations chemises rouges de 2010. Cependant, cela va susciter une réaction de bon nombre de ses partisans car Kokaew est extrêmement populaire et ses remarques sont souvent exactes. Un triste jour qui explique seulement pourquoi le système judiciaire thaïlandais est classé parmi les plus bas des systèmes judiciaires du monde. Cela démontre vraiment comment les juges thaïlandais sont corrompus.

Gj Bkk 

 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 19:36

L'état thaïlandais est la cause de la violence dans le Sud de la Thaïlande

 

Par Giles Ji Ungpakorn

 

Le 25 octobre 2004, les forces de sécurité du gouvernement thaïlandais brisèrent une manifestation à Takbai dans la province méridionale de Naratiwat. En plus d'utiliser des canons à eau et des gaz lacrymogènes, les troupes ouvrirent le feu à balles réelles aux dessus de la tête des manifestants, mais certains soldats tirèrent directement sur la foule, tuant 7 personnes et en blessant beaucoup d'autres, y compris un adolescent de 14 ans. Il y avait des villageois de tous les âges et des deux sexes dans la foule. Apres cela, les troupes se dirigèrent vers elle pour capturer les jeunes musulmans malais de sexe masculin. Tandis que les femmes et les enfants se blottissaient dans un coin, les hommes furent mis torse nu et leurs mains furent attachés dans le dos. Les prisonniers durent ramper par terre tandis que les militaires leur donnaient une bordée de coups de pieds sur la tête ainsi que sur le corps et les frappaient avec des bâtons. Beaucoup d'entre eux furent liés ensemble par une longue corde et forcés de rester allongés face contre terre sur le sol. Le commandant local de la 4eme armée déclara à un journaliste de la télévision que cette action devait être une leçon pour tous ceux qui osait défier le gouvernement. "Nous recommencerons cela à chaque fois", précisa-t-il. La totalité de cet événement fut filmé ce qui eut seulement pour effet de montrer combien les forces de sécurité étaient arrogantes et sures d'elles.

 

Finalement les détenus attachés furent jetés dans la benne de camions militaires et allongés de force, couche par couche, les uns sur les autres. Les troupes se tenaient au dessus de leur cargaison humaine, écrasant occasionnellement ceux qui hurlaient pour avoir de l'eau ou de l'air en leur disant qu'ils allaient bientôt "savoir à quoi ressemblait réellement l'enfer". Plusieurs heures plus tard le premier camion arriva à sa destination, le camp militaire Inkayut. Un grand nombre de prisonniers qui se trouvaient en dessous des autres dans la benne moururent durant le transport, probablement de suffocation. Six heures après, le dernier camion arriva avec presque tous ceux qui se trouvaient dans le fond de la benne morts. Durant les six heures entre l'arrivé du premier et du dernier camion, les autorités ne firent aucune tentative pour changer les méthodes de transports des prisonniers. Environ 80 détenus moururent. Un rapport du sénat conclura que ce n'était rien d'autre "qu'une action criminelle délibérée qui avait probablement été la cause de leur mort" par les forces de sécurité. La première réaction du Premier Ministre Taksin devant cet incident fut de faire l'éloge des troupes pour leur "bon travail". Plus tard, le gouvernement affirma que la mort de plus de 80 manifestants était un regrettable "accident".

 

Tous ceux qui, en occident, regardent l'incident de Takbai auront en mémoire les méthodes nazies de transport des juifs vers les camps de concentration. Tout ceux qui connaissent l'histoire de la Thaïlande se rappelleront le massacre des étudiants à l'université Thammasat. En 1976, après avoir attaqués avec des armes automatiques un rassemblement pacifique d'étudiants, la police obligea ceux ci à se mettre torse nu et à ramper sur le sol sous une grêle de coups de pieds et de poings. Certains étudiants furent trainés en dehors du campus et pendus à des arbres, d'autres furent brulés vifs dans d'immenses feux de joies allumés par des voyous d'Extrême Droite dont certains étaient membres du mouvement d'Ultra Droite Les Scouts de Village.

 

La classe dirigeante thaïlandaise haït les pauvres et les radicaux de Gauche, mais elle déteste encore plus les gens de différentes ethnies et religions. Aussi bien après Takbai 2004 ainsi que le 6 Octobre 1976, les portes paroles du gouvernement racontèrent des mensonges délibérés. L'une de ces fables fut que les forces de sécurité ont été "obligé d'agir car la situation devenait hors de contrôle". En fait ce ne fut jamais le cas. Dans le cas de Takbai, le Sénateur Chermsak Pintong rapporta que les forces de sécurité admirent à une équipe d'investigation du Senat qu'ils brisèrent la manifestation dans le but d'arrêter 100 meneurs dont les noms et les photographies étaient sur une liste noire du gouvernement. Selon la Constitution de 1997, les citoyens thaïlandais sont supposés avoir le droit de protester pacifiquement. Toujours selon la Constitution de 1997, les citoyens sont supposés être innocents avant un procès. Les agissements de la police et de l'armée à Takbai démontrent qu'ils ne considéraient pas les villageois comme des citoyens. La manifestation était plus ou moins pacifique avant qu'elle ne soit réprimée par les forces de sécurité. Dans l'esprit des troupes et de ceux qui les commandaient, les détenus de Takbai furent capturés comme prisonniers de guerre, "mauvais étrangers" ou "ennemis de l'état" qui devaient être punis. Comme le furent les étudiants à Thammasat en 1976...

 

Apres le 6 Octobre 1976 et Takbai 2004, les portes paroles du gouvernement prétendirent aussi que les fauteurs de trouble étaient des étrangers et ne parlaient pas le Thaï. En 1976, ils étaient supposés être Vietnamiens. En 2004, l'état affirma qu'ils étaient Arabes ou Malais. Tous les prisonniers tués en 1976 et à Takbai en 2004 étaient des citoyens thaïlandais parlant le Thaï. Les portes paroles du gouvernement mentirent aussi en racontant que les étudiants en 1976 et les manifestants à Takbai en 2004 étaient armés et représentaient une menace pour les forces de sécurité. Il n'y a aucune preuve pour soutenir cela. Aucune arme de destruction massive ne fut trouvée sur chacun des deux sites. A Takbai, un fusil rustique, qui avait trainé dans la rivière pendant des années, fut montré comme "preuve". Apres le coup d'état militaire du 19 Septembre 2006, le Premier Ministre de la junte, Surayut, se rendit dans le Sud pour s'excuser de ce que le gouvernement Taksin avait fait. Il annonça que les charges contre certains manifestants seraient levées. Mais son gouvernement ainsi que le précédent gouvernement de Taksin n'ont lancés aucune poursuite judiciaire contre le moindre membre des forces de sécurité pour l'incident de Takbai. La junte de Surayut a continué à mettre l'accent sur une "solution" militaire dans le Sud. En Janvier 2007 la junte renouvela le décret d'urgence du gouvernement Taksin, qui donnait un large pouvoir aux forces de sécurité et une immunité de celles ci contre toute poursuite.

 

Alors quelles sont les causes de la violence dans les provinces du Sud de la Thaïlande? Avant 2004 il y avait bien eu quelques incidents, des tirs et des attentats, et des incendiaires mettaient régulièrement le feu dans des écoles publiques. Un académicien expliqua à l'auteur de ces lignes que les locaux surnommaient cette situation une "salade mixte de riz" (Kao-yum). En d'autres mots il apparait qu'il y a beaucoup de causes confuses. Par exemple, se pourrait-il que des officiers de l'armée mecontent aient parrainés cette violence pour prouver qu'on avait toujours besoin des militaires, par peur de perdre le lucratif marché noir transfrontalier? Apres tout, le gouvernement Taksin avait essayé de réduire le rôle de l'armée dans le Sud au profit de la police. Il y a quelques signes pour soutenir cette théorie.

 

Est ce le mécontentement de longue date dans la région qui dure depuis que Bangkok et Londres capturèrent et divisèrent le Sultanat de Pattani entre le Siam et la Malaisie Britannique qui est la cause du conflit? Oui, les gens parlent de cette histoire, mais des événements vieux de 200 ans mettent seulement le feu à la passion quand il y a une oppression systématique comme celle d’aujourd'hui.

 

Est ce uniquement le travail de "fanatiques Islamiste étrangers", qui se seraient débrouillés pour faire un lavage de cerveau à certains jeunes locaux dans le but de leur faire soutenir un mouvement séparatiste? C'est ce que le gouvernement thaïlandais affirme. Les encouragements de George Bush et de Tony Blair a l'Islamophobie pour soutenir leurs invasions de l'Afghanistan et de Irak incitèrent de telles vues et autorisèrent les abus des droits de l'homme contre les Musulmans dans le monde. Mais pourquoi les jeunes locaux accepteraient un tel lavage de cerveau s'il n'y avait pas une cause juste derrière?

 

Des rumeurs plus tirée par les cheveux circulèrent parmi certaines personnes. Principalement chez ceux qui avaient besoin d'une excuse pour dire que Taksin "n'était pas si mauvais que ça"... C'était d'anciens partisans du Parti Communiste Thaïlandais (P.C.T.) soutenant dorénavant le gouvernement Thai Rak Thai de Taksin. Des affirmations furent faites comme quoi la violence du Sud avait été planifiée par la C.I.A. dans le but d'augmenter l'engagement américain dans la région. Ces théoristes de la conspiration affirmaient aussi que la C.I.A. avait planifié l'attaque du 11 Septembre à New York.

 

Se pourrait-il que cela soit une dispute entre le Palais, avec le soutien de l'armée d'un coté et le "trop puissant" gouvernement Taksin de l'autre? Duncan Mc Cargo suggère que la Violence du Sud pourrait être un conflit entre le "Réseau de la Monarchie" et le "Réseau Taksin". La tentative d'augmenter le rôle de la police ne serait pas une procédure de "normalisation" selon ce point de vue. On pensait que la police était alignée sur Taksin. Ainsi l'oppression de l'état thaïlandais est complètement ignorée dans cette théorie. Comme pour la plupart des autres "théories de l'élite" l'histoire et les conflits sont confinés dans des sections de la classe dirigeante tandis que la population se compose de spectateurs passifs. D'après cette théorie, même les séparatistes ou les insurgés sont simplement des gangsters payés par les militaires pour discréditer le gouvernement Taksin.

 

Lorsque nous considérons la violence dans le Sud, nous devons écouter ce que les locaux disent. Les musulmans locaux ne détestent généralement pas leurs voisins bouddhistes. Ce n'est par une "Violence Communautaire". C'est toujours le cas aujourd'hui malgré le fait que certains moines bouddhistes aient été tués et que l'état thaïlandais ait essayé d'en faire un conflit de religion. Des commerçants locaux, des travailleurs du caoutchouc, des enseignants religieux, des villageois ordinaires, des professeurs d'école et des fonctionnaires ont été victime de la violence. La plupart de ces tués sont peut être mort dans les mains des forces de sécurité. A la fin des années 1990, la plupart des locaux ne réclamaient pas vraiment un état séparé, malgré le fait que la violence gouvernementale thaïlandaise ait peut être poussée plus de gens à soutenir la séparation. Les provinces frontalières du Sud ont été négligée économiquement et quand il y a eu un développement, ce n'est pas la majorité des musulmans malais locaux qui en ont bénéficiés. Il y a un haut niveau de chômage dans cette zone.

 

Ce que les locaux disent plus que tout, c'est qu'ils ne se sentent pas respectés. Leur religion, leur langue et leur culture ne sont pas respectés par l'état thaïlandais. Le système d'éducation publique met l'accent sur l'histoire et la culture thaïlandaise de Bangkok. C'est pourquoi les écoles sont systématiquement brulées. Durant les 60 dernières années, les gouvernements thaïlandais successifs ont arrêtés les dirigeants religieux, bannis l'enseignement du Yawi (le dialecte malais local parlé dans la région), fermés les écoles religieuses, forcés les étudiants à apprendre la langue thaïe, les a aussi obligés à dire les prières Bouddhistes à l'école, les a encore forcés à s'habiller en vêtements de style thaï, encouragés les gens a échanger leurs noms contre des noms thaïs et remplacés de force les noms des districts locaux en noms à consonance thaïe. Tout cela a été mis à exécution par les gouvernements de Bangkok qui maintiennent une armée d'occupation dans les provinces frontalières du Sud. En plus de cela, il n'y a pas de justice. Adil a catalogué une liste de 19 cas de justice majeurs concernant des crimes politiques depuis 1990 où il y eu de sérieuses erreurs judiciaires. Pas de Justice, pas de paix! L'armée d'occupation et la police sont crains et haïs.

 

Les opposants de Taksin aime prétendre que les locaux détestent la police et aime l'armée. Ce n'est tout simplement pas vrai. Le peuple local sait que leurs fils, leurs frères et leurs pères ont été embarqués dans la nuit puis torturés par l'armée et la police thaïlandaise, souvent en civil. En 2004, l'avocat Somchai Nilapaichit, qui était un activiste clé des droits de l'homme sur le problème de la torture, fut kidnappé à Bangkok et tué par des policiers de différentes unités. Il essayait de révéler les tactiques de torture des suspects par la police pour obtenir des confessions sur le vol d'armes dans un camp de l'armée début 2004. L'implication de forces de police de différentes unités indiquait un feu vert venu d'en haut, du Premier Ministre Taksin. Au moment ou j'écris, personne n'a été inculpé pour le meurtre de Somchai et son corps n'a pas été retrouvé.

 

Il n'est pas difficile de voir qu'il y a eu un feu vert venu d'en haut pour la violence de l'état thaïlandais. Personne n'a été puni pour le bain de sang de 1976 à Thammasat, ni pour le massacre de Mai 1992 ou pour la tuerie de Takbai en 2004. Le gouvernement Taksin a aussi sanctionné les exécutions extrajudiciaires de 3000 "suspects d'affaires de drogue" lors de la guerre contre la drogue. Beaucoup furent tués dans le sud, d'autres parmi les minorités ethniques du Nord. La fille de Somchai, Pratapchit Nilapaichit, a dit que la société thaïlandaise a pour tradition de ne jamais faire passer les criminels d'état en justice. De plus, elle maintient la Loi Martiale ou les Décrets d'Urgence uniquement dans le but que ce soit plus facile pour les forces de sécurité de commettre des crimes. Les lois ne sont pas pour protéger les populations locales.

 

Il y avait des soldats mécontents dans le Sud, c'est vrai. Il y avait aussi des disputes parmi la classe dirigeante thaïlandaise. Le coup d'état du 19 Septembre l'a montré. Et il y avait de petits groupes de jeunes qui ne croyaient pas au séparatisme. Mais, jusqu'à récemment, aucune organisation séparatiste ne revendiqua la responsabilité de tous ces actes.

 

En Avril 2004, une centaine de jeunes environ, portant des bandeaux de tête islamiques "magiques", attaquèrent un poste de police. Mais ils n'étaient armés que de machettes et de couteaux rustiques. Ils furent tous abattus. Le mécontentement fut certainement exprimé au travers de la religion. Mais ce n'était pas l'action d'une résistance bien organisée. L'académicien progressiste Nitti Eawsriwong expliqua que c'était une vieille forme de révolté de type "Millénariste", où les gens attaquent les symboles de l'autorité sans stratégie bien préparé. Les jeunes, lors de l'incident d'avril, furent tués par la police et l'armée. Dans un des pires incidents, l'armée attaqua l'ancienne mosquée de Krue-Sa avec de l'armement lourd après que les jeunes s'enfuirent à l'intérieur du bâtiment. Le Sénateur Kraisak Choonhavan maintient que, mis à part l'excessive force montrée par l'état, les prisonniers de cet événement furent attachés et exécutés de sang froid. Un autre groupe de jeunes d'une équipe de football locale furent aussi abattus à bout portant à Saba Yoi. L'officier de l'armée chargé du bain de sang de Krue-Sa était le General Punlop Pinmanee. En 2002, il a déclaré à un journal local qu'à une époque ancienne, l'armée avait l'habitude d'abattre les dissidents ruraux et les Communistes. Maintenant, ils envoyaient simplement des gens autour pour intimider leurs femmes. Avant le coup d'état du 19 Septembre, les partisans de Taksin accusèrent Punlop d'être derrière le complot visant à assassiner le Premier Ministre avec une bombe. Tel est la nature morale des forces de sécurité thaïlandaise.

 

Quand on aborde la question de l'insurrection du Sud, une question difficile est: pourquoi les organisations séparatistes ne s'identifient pas elle même en revendiquant leurs actions? Durant les années 1970, un mouvement séparatiste clair existait, coopérant avec les Partis Communistes de Thaïlande et de Malaisie contre l'état thaïlandais. Le Barisan Revolusi Nasiona (B.R.N.) fut créé en 1963 et le Front Uni de Libération de Pattani (sigle Anglais P.U.L.O.) fut fondé en 1968. Le P.U.L.O. n'est pas en position de contrôler beaucoup de ce qui se passe sur le terrain aujourd'hui. Un activiste du P.U.L.O. a admit à la B.B.C. que "En ce moment il y a un groupe qui a beaucoup de sang jeune. Ils sont vifs et rapides et ils ne se préoccupent pas de ce qui va arriver après qu'ils font quelque chose. Ils s'en fichent car ils veulent que le gouvernement ait une grosse réaction, ce qui causera plus de problèmes".

 

En 1984, le B.R.N. s'est scindé en trois. Une des organisations originaire du B.R.N. est le Barisan Revolusi Nasional-Koordinasi (B.R.N.-C). En 2005 le Runda Kumpulan Kecil (R.K.K. ou Unité de la Restauration de l'Etat de Pattani) est devenu plus proéminent dans l'insurrection. On pense qu'il est constitué de gens du B.R.N.-C qui se seraient entrainés en Indonésie. Il semble y avoir beaucoup d'organisations qui opèrent aujourd'hui avec une certaine coordination entre elles. Une explication de leur absence de revendication durant ces dernières années est qu'elles sont peut être organisées de façon trop simple et approximative. Mais alternativement, certains experts pensent qu'elles ne font aucunes revendications délibérément car cela rend extrêmement difficiles pour les services secrets thaïlandais de comprendre qui est qui et laquelle de ces organisations variées prend part à telle ou telle action.

 

La résistance ne consiste pas uniquement à poser des bombes ou à tirer sur les fonctionnaires de l'état. Les communautés agissent de façon unie pour se protéger elles mêmes des forces de sécurité qui enlèvent et tuent les gens. Les femmes et les enfants bloquent les routes et empêchent les soldats de pénétrer dans les villages. Le 4 Septembre 2004 ils bloquèrent l'entrée de Ban Lahan à Naratiwat et dirent au Gouverneur Provincial que ses soldats et lui n'étaient pas bienvenus dans leur village. Deux semaines plus tard les villageois bloquèrent la route pour Tanyong Limo. Auparavant deux marines avaient été capturés par des villageois et tués ensuite par des militants inconnus. Les villageois suspectaient que ces marines étaient membres d'un escadron de la mort envoyés pour tuer les locaux. Des villageois portaient des affiches destinés aux autorités, disant "Vous êtes les vrais terroristes". En Novembre 2006, six semaines après le coup d'état, d'autres villageois protestèrent dans une école à Yala, demandant que les troupes quittent la région. Une de leurs affiches disait: "Vous tous méchants soldats... Allez vous en de nos villages. Vous venez ici et détruisez nos villages en tuant des gens innocents. Partez!". La même tactique, impliquant des mobilisations de masse de femmes, est utilisée par la résistance palestinienne.

 

Ce qui se faufile à travers le fouillis de l'explication de la "salade mixte de riz", c'est la brutalité de l'état thaïlandais et le fait que celui ci a occupé les 3 provinces frontalière du Sud pendant 200 ans comme une colonie. Durant les années 1960, la dictature militaire a installée des Bouddhistes du Nord Est dans la région pour "renforcer" l'occupation. Cela rappelle un des moyens des Anglais en Irlande du Nord ou en Palestine. Des temples bouddhistes furent construits dans des endroits peuplés principalement de Musulmans. Durant cette période, il y eu des moments ou les Musulmans devaient s'incliner devant des représentations du Bouddha. Encore maintenant ils doivent s'incliner devant des photos du Roi, ce qui est une offense à leur religion. Il y a des maisons qui sont perquisitionnées par des troupes utilisant des chiens. C'est encore une insulte vis à vis des Musulmans. Aujourd'hui, des soldats sont recrutés pour devenir moines dans ces temples et ceux ci ont des gardiens de l'armée. Les écoles publiques enseignent l'histoire en insistant sur la supériorité bouddhiste thaïe. Elles ne donnent pas de cours sur les valeurs musulmanes ou sur l'histoire de Pattani. Elles n'enseignent pas les classes en langue locale Yawi. L'extrême Sud est le seul endroit où les troupes sont installées à long terme dans un tel mode d'occupation. Les postes de police sont entourés de sacs de sable et de barbelés. Donc le lien entre les activités illégales des soldats, les disputes entre les factions des forces occupantes et la sensation des locaux d'être maltraités et pas respectés est l'occupation du Sud par l'état thaïlandais, sa violence et son oppression. 

 

L'écrivain pacifiste, Arundhati Roy, déclara que toute condamnation gouvernementale du "terrorisme" n'est justifiée uniquement que si le gouvernement peut prouver qu'il est en désaccord de façon non violente. Le gouvernement thaïlandais a ignoré les sentiments des populations locales du Sud pendant des décades. Il fut sourd à leurs demandes de respect. Il a rit au visage de ceux qui défendaient les droits de l'homme quand les gens étaient torturés. Sous l'état d'urgence, personne dans le Sud ne dispose de l'espace démocratique pour tenir des discussions politiques. Quel autre choix ont les gens que de se tourner vers la résistance violente? Dans un autre article, Roy expliqua que nous, du Mouvement Populaire, ne pouvons pas condamner le terrorisme si nous même ne faisons rien pour lutter contre la terreur d'état. Les mouvements sociaux thaïlandais ont depuis beaucoup trop longtemps été absorbés dans des campagnes à but unique. L'esprit des gens est rendu plus étroit par le nationalisme thaï. Ils ne perçoivent pas les Musulmans comme des citoyens thaïlandais. Ils pensent que tous les Musulmans viennent du Sud, alors qu'en fait il y a une ancienne communauté musulmane chinoise dans le Nord et des gens qui descendent des Perses dans la région Centrale. Cette étroitesse de vue est encouragée par une frénétique agitation autour du drapeau et un nationalisme de tous les gouvernements. Elle est aussi stimulée par des gens au sommet de l'état. Récemment, la Reine a exprimée son inquiétude pour les Bouddhistes thaïlandais dans le sud. Aucune mention ne fut faite de nos frères et soeurs musulmans ni de Takbai et, encore pire, la Reine a appelée le mouvement des Scouts de Village à se mobiliser pour sauver le pays. Heureusement, la plupart des Scouts de Village sont d'âge mûr et il y a peu de chance pour qu'ils puissent encore commettre des actions violentes.

 

Le Mouvement Populaire thaïlandais n'a pas prêté assez d'attention à l'oppression du Sud. Certains dans le mouvement se sentent concernés et en ont parlés, mais d'habitude ils le font séparément, en tant qu'individus, académiciens ou Sénateurs, mais il ne s'agit pas d'une campagne puissante et unifiée. Quelques bons exemples de ces organisations qui ont pris le problème sérieusement sont la Midnight University, l'Assemblé des pauvres, le journal en ligne Prachatai, de nouveaux groupes étudiants et le Parti de la Coalition du Peuple.

 

Au début de Décembre 2004, le gouvernement Taksin organisa une campagne pour que des millions de Thaïlandais plient des papiers en "colombes de la paix". Beaucoup de Thaïs y prirent part car ils voulaient sincèrement la paix. C'était un facteur encourageant. Mais, pour le gouvernement, ce fut un exercice de relations publiques de très mauvais gout. A l'origine, les colombes de la paix furent pliées au Japon par les victimes de violence pour pardonner à ceux qui les avaient oppressés ou fait du tort. Donc la campagne gouvernementale envoyait le message que les Musulmans du Sud étaient les violents faiseurs de tort et que "nous leur pardonnions". Les forces aériennes larguèrent des tonnes de papiers colombes sur les villes et les villages du Sud. Et au cas ou les locaux seraient tentés de mettre le feu à cette insulte, le gouvernement annonça que ces papiers colombes pouvaient être ramassés et échangés aux bureaux gouvernementaux contre des cadeaux gratuits. Au même moment, le gouvernement déclara qu'il allait renforcer les forces de sécurité et prendre des mesures énergiques contre les "militants". 

 

Lors de l'élection de 2005, le Thai Rak Thai perdit presque tous ses sièges dans le Sud à cause de sa politique. Mais il gagna une énorme majorité absolue au niveau national. Le gouvernement créa la Commission de Réconciliation Nationale sous l'autorité de l'ancien Premier Ministre Anand Panyarachun. Ce dernier avait servi comme Premier Ministre civil sous une junte militaire en 1991. La plupart des gens du Sud doutaient que cette commission puisse régler leurs problèmes. Anand fut cité dans la presse disant que l'autonomie était "hors de question" et que les gens devaient oublier le massacre de Takbai.

 

Malgré les remarques d'Anand, le rapport de la Commission de Réconciliation Nationale fut publié avec quelques déclarations et suggestions progressives. Premièrement, il signalait que les problèmes dans le Sud provenaient du fait qu'il y avait un manque de justice ainsi que de respect et que le gouvernement ne recherchait pas une solution pacifique. Il décrivait ensuite comment le gouvernement avait abusé systématiquement des droits de l'homme et était engagé dans des exécutions extrajudiciaires. La commission suggérait que les communautés locales du Sud soient autorisées à contrôler leurs propres ressources naturelles, que la société civile joue un rôle central pour amener la justice et que la langue locale Yawi soit utilisée comme langue de travail, à coté du Thaï, dans tous les services gouvernementaux. La dernière suggestion sur la langue est vitale si les populations locales ne doivent plus être discriminées, spécialement par les organismes gouvernementaux. Mais elle fut rapidement rejetée aussi bien par Taksin que par le président du conseil privé, le Général Prem Tinsulanon.

 

La seule solution à long-terme pour la violence dans le sud de la Thaïlande est de s'adresser aux vraies inquiétudes des populations locales et de mettre en place des structures ou ces dernières puissent déterminer leur propre avenir. Les gens doivent avoir le droit à l'auto-détermination de n'importe quelle forme qu'ils choisissent. Ils ont le droit d'établir un état séparé si c'est ce qu'ils veulent. Une solution peut uniquement être trouvée par des discussions démocratiques ouvertes. Mais rien ne peut être achevé tant qu'il y aura des lois répressives de sécurité, une occupation armée de la région par la police et les militaires et une atmosphère continuelle de violence d'état.

 

Le coup d'état militaire de Septembre 2006 n'eut pour seul résultat que de rendre les choses pires. Nous ne pouvons pas construire la paix quand il y a une absence de punition pour les politiciens, les militaires et les policiers de haut rang coupables de crimes d'état. Beaucoup de questions importantes doivent être posées sur la culture et le nationalisme. Tenter de détruire des identités et croyances locales à cause d'un nationalisme à l'esprit étroit est un obstacle à la paix. Le nationalisme doit être sapé.

 

Les principaux partis politiques n'offrent pas de choix. Partout dans le monde, la cause de la paix doit être reprise par les mouvements sociaux et par les organisations politiques de la Gauche. C'est vrai aussi en Thaïlande, nous avons un long chemin à faire pour construire un puissant mouvement uni.

 

La violence du Sud doit être réglée par:

1: L'abandon immédiat des lois de sécurité répressive suivie d'un retour à la démocratie.

2: Le retrait des troupes et de la police de la zone.

3: La mise en place de forums politiques où les populations locales puissent discuter de la forme de gouvernement qu'elles désirent. Il ne doit y avoir aucune pré-condition ici, comme celle de dire que les frontières actuelles de la Thaïlande ne peuvent être discutées.

4: L'état thaïlandais devrait reconnaitre l'Islam comme une religion avec le meme statut que les autres croyances, y compris le Bouddhisme. Les festivals musulmans majeurs devraient être fériés et le Yawi devrait être reconnu comme une langue importante à enseigner à l'école et utilisée dans les institutions officielles cote à cote avec les autres langues minoritaires.

5: Il devrait y avoir une reconnaissance publique de tous les crimes d'état et une investigation indépendante de la violence d'état.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 17:09

Le Groupe de Travail de l'ONU sur la Détention Arbitraire a été invité à donner son opinion sur la détention sans droit à la liberté sous caution de Somyot Prueksakasemsuk, écroué depuis son arrestation le 30 avril 2011, et inculpé en vertu de la loi de lèse-majesté.
Lors de sa réunion de la fin août 2012, le Groupe de Travail a examiné son cas et a émis un avis qui sera publié dans le rapport annuel du Groupe. En résumé, le Groupe de travail de l'ONU a établi que:
"La privation de liberté de M. Prueksakasemsuk, est contraire à l'article 19 de la DUDH [Déclaration universelle des droits de l'homme] et 19 (2) du PIDCP [Pacte international relatif aux droits civils et politiques], est arbitraire, et tombe dans les catégories II des catégories applicables aux cas soumis au Groupe de Travail.
À la suite de l'avis rendu, le groupe de travail demande au gouvernement thaïlandais de prendre les mesures nécessaires pour remédier à la situation de M. Prueksakasemsuk et la mettre en conformité avec les normes et principes énoncés dans le Pacte.
Le Groupe de travail estime que, compte tenu de toutes les circonstances sur ce cas, la réparation adéquate consisterait à libérer M. Prueksakasemsuk et à lui accorder le droit à des compensations en vertu de l'article 9 (5) du PIDCP".
L'avis complet en anglais est disponible au format PDF sur ce lien http://thaipoliticalprisoners.files.wordpress.com/2012/10/ohchr-on-somyos-copy1.pdf.

 
C'est une bonne nouvelle pour Somyot et pour toutes les autres personnes inculpées et détenues en vertu de cette loi draconienne et politique qui a longtemps été utilisé pour enfermer les opposants, limiter la liberté d'expression et intimider les citoyens. Cependant, malgré l'avis, il est douteux que le gouvernement de Yingluck Shinawatra agisse, car ce dernier a adopté une stratégie politique timide et craintive face à l'élite royaliste conservatrice.

 

Liberez Somyot2

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 17:37

Traduction d'un article publié par Prachatai

Lien de l'article en anglais: 

 

http://prachatai.com/english/node/3404    

Introduction de Tyrell Haberkorn
Tanthawut Taweewarodomkul (également connu sous le nom de "Num" et de "Num Daeng Non") est un père de 40 ans, qui purge actuellement une peine de 13 ans pour des violations alléguées de l'article 112 et de la loi de 2007 sur les crimes informatiques. En septembre 2012, il a retiré sa requête d'appel dans le cadre du processus de demande de pardon. Peu de temps après, il a écrit cette lettre à son avocat, Anon Numpa, qui l'a ensuite affiché sur le site Web de l'Institut juridique Ratsadornprasong. La reconnaissance de Tanthawut que ceux qui sont emprisonnés ne sont pas différents de ceux qui restent en dehors est urgente et importante.

Le "Projet e-mail Droplet" ("e-mail gouttelettes" en français) ( โครงการ อิ เมล์ หยด น้ำ) que Tanthawut mentionne est un projet qu'il a initié pour envoyer des emails à des prisonniers politiques. Plus d'informations peuvent être trouvées sur ce projet sur ce lien en thaï http://prachatai.com/journal/2012/08/42229    , qui note que le nom vient d'un commentaire que Tanthawut a fait comme quoi les courriels, cartes postales, et les visites aux prisonniers politiques agissent comme des "gouttelettes d'encouragement" pour eux afin de continuer à se battre. Comme des gouttes d'eau pour quelqu'un qui a soif, l'encouragement leur est nécessaire.

Tanthawut Taweewarodomkul – Zone 1
33 Bangkok Special Remand Prison, Ngam Wongwan Road
Lad Yao, Chatuchak, Bangkok 10900
Email: BK_REMAND@HOTMAIL.COM; FREEDOM4PP@GMAIL.COM (Droplet Email Project)
N ° 131-2555/36A
 

Samedi 15 septembre 2012

Bonjour Khun Anon

Et juste comme ça, après une longue attente, je suis maintenant un No. Cho (1). Merci beaucoup pour toute votre aide et pour la véritable solidarité de tous les amis qui se sont présentés pour m'encourager ce jour-là, même si c'était pour retirer mon appel. Je crois, cependant, que les amis du dehors comprennent ma décision. Je n'ai pas pris cette décision pour moi. Je l'ai fait pour l'avenir de Nong Web, mon fils. Et j'ai écrit une lettre pour le dire à mon enfant. Même si je ne sais pas quand je serai libéré, ce fut un pas de plus vers la liberté. J'ai espoir que rien ne va retarder ou faire dérailler cela dans la phase finale.

Depuis un an et demi que mon cas a été décidé, je n'ai pas été dans le monde d'en dehors de la prison. Le jour [ou j'ai retiré mon appel], c'était la première fois que j'ai été en plein air. J'ai entrevu la vie ordinaire à l'extérieur, la vie comme était la mienne avant d'entrer dans la prison. J'ai regardé et ait souri avec bonheur. Je rêvais et dans mon imagination, je pouvais voir une voiture. Je conduisais et Nong Web était assis près de moi. Nous devions partir en voyage. Oh! Il m'a suffit de penser à ça et cela m'a apporté le bonheur.

J'ai reçu des courriels encourageants m’exhortant à continuer le projet "e-mail Droplet". Je tiens à remercier tous ceux qui ont envoyé des courriels ainsi que ceux qui m'ont rendu visite ici. J'essaie de trouver un moyen d'envoyer des réponses à ceux qui ont écrit, dont parmi eux, Khun Som, Khun Thanet, Khun Nucharee, Khun Karnt, Ajarn Yukti, Khun Lee, Khun Jum Jim, Khun Thiraphong, Khun Plaen, Khun Tee, Khun Joehawaii, Khun Pravitchayo, Khun Pornpit, Nong Leng, Khun Tuan, et Khun Art Chiang Mai. J'espère avoir l'occasion d'entendre plus de nouvelles d'eux à travers le projet "e-mail droplet". Je voudrais demander aux gens d'envoyer des encouragements aux amis de la prison Laksi aussi (2). Même si parmi certains d'entre nous il y a des personnes de haut niveau, ceux d'entre nous qui sont là sont des gens importants, leurs sentiments ne sont pas différents. Avec ce projet, je me suis mis à envoyer des encouragements aux amis qui sont là.

Un jeune ami est venu me rendre visite et m'a dit qu’Ajarn Somsak Jeamteerasakul a parlé de moi et m'a envoyé ses voeux. Je tiens à remercier Ajarn Somsak pour l'intérêt et la réflexion qu'il porte à une personne sans importance comme moi. Pour certains, au sein du groupe des personnes accusées en vertu de l'article 112, la majorité des gens ne connaissent que P'Somyos et Ajarn Surachai. Il est également vrai que la majorité des gens en savent plus sur Jatuporn Prompan, Jeng Dokchik, etc, que sur des gens ordinaires comme nous, qui sont emprisonnés. Nous devons persévérer et lutter avec plus de force, encore et encore, comme les gens célèbres le font. J’ai de la chance, parce que j'ai Khun Anon, Khun Pla et l'équipe de Prachatai. Ils aident à fournir un canal pour que nous, les prisonniers sans importance, puissions nous exprimer. A l'heure actuelle, les gens en dehors de la prison ont beaucoup d'informations sur nous, mais les résultats ont été médiocres. Je veux dire à Ajarn Somsak et tout le monde que "Peut-être que je n'aurais pas le devoir d'aider nos amis, si les gens [de l'extérieur] avait sympathisé plus avec nous."

Une autre chose qui m'a fait très chaud au coeur, c'est qu'aujourd'hui, P'Suchart Nakbangsai [ou Warawut Thanangkorn, de son vrai nom], ou, comme je l'ai appelé, P'Chart, mon frère aîné dont les idéaux sont très proche des miens, est venu me voir. Il a déjà été libéré et a bien tenu sa promesse: "Je ne vous oublierai pas." Il a passé la porte de sortie de la prison, il est sorti. Pour dire les choses simplement, il a fait ce qui est difficile pour certains d'entre nous (un de plus ... moi ... ee-ee). En bref, s'il vous plaît dites à P'Suchart que je suis très réconforté par ce qu'il a fait et ce qu'il a promis de faire. Un jour, si j'en ai l'occasion, je ferai les mêmes choses que P'Suchart a fait. Parce que nous sommes "le peuple". Pour me trouver une épouse, pas besoin de lui pour le faire. Au moment où je sortirai, je serai trop vieux. Hee hee.

Quelque chose d'autre qui fait que moi et d'autres amis de la famille 112 se sentent très bien est le grand retour d'un ami qui a partagé le même destin que nous, quelqu'un que je ne connaissais que pour avoir lu son histoire dans les journaux, Khun Suwicha Thakor [Suwicha a récemment été vu à nouveau actif sur certains forums internet]. Le jour où j'ai été arrêté était proche de la date à laquelle Khun Suwicha a été libéré. Je pense que, parce que Khun Suwicha est aussi le père d'un petit enfant, il peut bien comprendre ma situation. Jusqu'à aujourd'hui, je me souviens très clairement de l'image de Khun Suwicha et de ses enfants dans le Bangkok Post. Je me demandais ce qui était arrivé à Khun Suwicha après avoir été libéré de prison. Aujourd'hui, j'ai la réponse. Je le considère comme une autre force importante pour aider les personnes en Thaïlande et dans le monde à comprendre le coté néfaste de cette loi. Ce qui importe, c'est que je me rends compte que Khun Suwicha, P'Chart, et moi, partageons les mêmes pensées, idées et sentiments: c'est de se sentir reconnaissant envers les gens, nos compatriotes et nos amis dans le monde entier, ainsi que la perte de foi envers les politiciens de ce pays. Je les remercie au nom de tous les amis [détenus en vertu de l'article] 112 pour leur compassion et d'avoir été un exemple pour les gens qui partagent leurs idées, comme moi, et d'avoir la foi ainsi que parce qu'ils se réunissent et agissent pour la justice.

L'inspiration pour cela provient de ce que P'Chart m'a dit. Khun Anon, s'il vous plaît transcrivez l'enregistrement et donnez moi la transcription à lire. Ce serait un cadeau extraordinaire.

Fidèle et indéfectible
Num Daeng Non (Num Non Rouge)
Père de Nong Web

P.S., votre nouvelle coupe de cheveux est très belle!

Les notes du traducteur de la version anglaise:
(1) "No. Cho" est une translittération de l'abréviation thaïe "
นช." qui est un raccourci de "นักโทษเด็ดขาด ชาย

", ce qui signifie un prisonnier dont le cas a atteint le point final. Ce point peut être atteint, soit lorsque l'affaire arrive devant la Cour suprême, ou que le prisonnier cesse de faire appel. Lorsque Tanthawut a retiré son appel, son statut a changé et est devenu "No. Cho". Cela signifie qu'il est maintenant admissible à une demande de pardon.
(2) 47 prisonniers politiques chemises rouges sont détenus dans une prison spéciale à Laksi...

Liens en français sur le cas de Tanthawut:

 

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-prisonnier-politique-thailandais-tanthawut-taweewarodomkul-107949923.html   

 

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-le-prisonnier-politique-thailandais-tanthawut-taweewarodomkul-ecrit-une-lettre-a-amnesty-internation-108071678.html   

 

Photo ci-dessous: Tanthawut Taweewarodomkul  

tanthawut

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 13:08

La domination de la politique thaïlandaise par l'armée commença peu après la révolution de 1932. Mais sa consolidation au pouvoir est venue avec le coup d'état militaire de Sarit Thanarat en 1957. Le développement économique durant les années de dictature militaire des années 1950 et 1960 se situait dans un contexte de boom économique mondial et aussi local créé par les guerres de Corée et du Vietnam. Cette croissance économique eut un impact profond dans la société thaïlandaise. Naturellement l'importance de la classe ouvrière progressa tandis que des usines et des affaires furent développées. Cependant, sous la dictature, les droits syndicaux furent supprimés et les salaires, ainsi que les conditions d'emplois étaient bien contrôlés. Au début de 1973, le salaire minimum journalier était fixé autour de 10 baths, un taux inchangé depuis le début des années 1950 alors que le prix des marchandises avait augmenté de 50%. Des grèves illégales s'étaient déjà produites durant la période de dictature, mais celles ci se multiplièrent rapidement à cause du mécontentement dû à la situation économique générale. Les 9 premiers mois de 1973, précédant le 14 octobre, il y eu un total de 40 grèves, et l'une d'entre elle, à la Thai Steel Company, qui dura un mois, a abouti à une victoire grâce au niveau élevé de solidarité venu des autres travailleurs.

 

Une des conséquences du développement économique fut aussi l'expansion massive du nombre d'étudiants et une augmentation des admissions d'étudiants venus de la classe ouvrière. L'ouverture, en 1969, de l'université ouverte Ramkamhaeng, fut un facteur significatif. Le nombre d'étudiant passa de 15 000 en 1961 à 50 000 en 1972. La nouvelle génération d'étudiants, du début des années 1970, fut influencée par les révoltes et les révolutions qui se produisaient à travers le monde durant cette période et mai 1968 à Paris en étant un des principaux exemples. Avant cela, en 1966 le journal radical, Social Science Review, fut fondé par des intellectuels progressifs. Les étudiants commencèrent à partir pour des camps de développement rural dans le but d'apprendre sur les problèmes de la pauvreté des campagnes. En 1971, 3 500 étudiants étaient allés dans un total de 64 camps. En 1972, un mouvement pour boycotter les produits japonais fut organisé dans le cadre de la lutte contre la domination étrangère de l'économie. Les étudiants se mobilisèrent aussi contre l'augmentation des tarifs de bus de Bangkok. En juin 1973, le recteur de l'université de Ramkamhaeng fut obligé de démissionner après avoir tenté d'expulser un étudiant pour avoir écrit un pamphlet critiquant la dictature militaire. Quatre mois plus tard, l'arrestation de 11 universitaires et étudiants pour avoir distribué des tracts réclamant une constitution démocratique, eu pour résultat de faire descendre dans les rues de Bangkok des centaines de milliers d'étudiants et de travailleurs. Alors que des soldats avec des tanks ouvrirent le feu sur des manifestants désarmés, la population de Bangkok commença à répliquer. Des passagers d'autobus descendirent spontanément de leurs véhicules pour rejoindre les manifestants. Des bâtiments gouvernementaux furent incendiés. Les "Tigres jaunes", un groupe d'étudiants militants, mirent le feu au poste de police du pont Parn-Fa en y envoyant de l'essence prélevée sur un moteur dont ils avaient pris possession. Plus tôt dans la journée, la police leur avait tiré dessus.

La révolte massive couronnée de succès du 14 octobre 1973 choqua la classe dirigeante thaïlandaise jusque dans ses fondements. Durant les quelques jours suivants, il y eu une étrange nouvelle atmosphère à Bangkok. Les officiers de l'état en uniforme disparurent des rues et des gens ordinaires s'organisèrent eux même pour nettoyer la ville. Des scouts dirigeaient la circulation. C'était la première fois que les pu-noi (petites gens) avaient réellement entamés une révolution à partir de la base. Ce n'était pas prévu et ceux qui y prirent part n'avaient que de vagues notions de la sorte de démocratie et de société qu'ils désiraient Mais la classe dirigeante thaïlandaise ne pouvait pas abattre assez de manifestants pour protéger son régime. Ce n'était pas seulement une révolte étudiante pour réclamer une constitution. Cela impliquait des milliers de gens ordinaires de la classe ouvrière et eu lieu au sommet d'une vague montante de grèves des travailleurs.

Le succès du renversement de la dictature militaire éleva énormément la confiance du peuple. Les travailleurs, les paysans et les étudiants commencèrent à se battre pour un peu plus qu'une simple démocratie parlementaire. Durant les deux mois suivant la révolte, le nouveau gouvernement de Sanya Tammasak nommé par le Roi fit face à un total de 300 grèves des travailleurs. Une fédération centrale des syndicats fut formée. De nouveaux organismes d'étudiants radicaux surgirent. Le 1er mai 1975, 250 000 personnes manifestèrent à Bangkok et, un an plus tard, un demi-million de travailleurs prirent part à une grève générale contre l'augmentation des prix. A la campagne, des petits fermiers commencèrent à bâtir des organisations et ils allèrent à Bangkok pour faire entendre leurs voix. Les ouvriers et les paysans voulaient la justice sociale et la fin des privilèges. Une Triple Alliance entre les étudiants, les ouvriers et les petits fermiers fut créé. Certains activistes désiraient la fin de l'exploitation et du capitalisme lui même. L'influence du Parti Communiste de Thaïlande (P.C.T) grandit rapidement, spécialement parmi les activistes des zones urbaines.

Comme part du processus de réforme politique, en décembre 1973, le Roi présida un Forum National (souvent appelé "l'assemblé du champ de course de chevaux" à cause de sa location) trié sur le volet. Ce forum, dont les membres avaient été choisis parmi des professions variées, eu pour tache de désigner un nouveau parlement. Kukrit Pramoj fut choisi comme président de celui ci lors de son ouverture le 28 décembre, tandis que Sanya Tammasak conservait le poste de premier ministre. Cependant, ce parlement et le gouvernement de Sanya ne purent régler les tensions grandissantes dans la société entre les Conservateurs et la Gauche ou entre les riches et les pauvres.

Les premières élections démocratiques, depuis la révolution d'octobre 1973, furent tenues en janvier 1975. Le parlement avait une représentation de Gauche et le programme du gouvernement reflétait un besoin de traiter avec la pression des questions sociales. Les partis de Gauche, comme le Parti de la Nouvelle Force, le Parti Socialiste de Thaïlande et le Parti du Front Socialiste obtinrent 37 sièges (sur un total de 269) mais ne rejoignirent aucune coalition gouvernementale. Le premier gouvernement de coalition, entre le Parti Démocrate et le Parti d'Agriculture Sociale, fut établi par Seni Pramoj. Celui ci, de centre droit, annonça qu'il allait suivre une politique "Sociale Démocrate". Cependant, il perdit le vote de confiance au parlement en mars 1975 et fut remplacé par un nouveau gouvernement de coalition avec, à sa tête, Kukrit Pramoj (le frère de Seni) du Parti d'Action Sociale. Ce dernier introduit un certain nombre de programme pour les pauvres, y compris un plan de création d'emplois. Il gouverna durant une période de tensions sociales grandissantes. Des grèves, manifestations, et assassinats politiques se produisaient régulièrement. Finalement le parlement fut dissous en janvier 1976 et des élections eurent lieu en avril. Ces dernières virent un revirement à Droite. C'était dû à une combinaison de plusieurs facteurs, comme l'intimidation de la Gauche et un déplacement électoral à Droite de la classe moyenne qui avait peur du radicalisme.

L'activisme étudiant dans la société

Dans la période qui suivit le renversement des militaires, le 14 octobre 1973, beaucoup de centres et de coalitions étudiantes furent formées dans des régions variées ainsi que des institutions d'enseignement différent. Quoi qu'il en soit, il y eu des tentatives pour coordonner les actions de ces différents groupes sous une simple organisation: The National Student Centre of Thailand (Centre National des Etudiants de Thaïlande). Cette dernière, ainsi que d'autres organisations d'étudiants, devint encore plus active dans des campagnes sociales variée, souvent en tant que membres de la Triple Alliance avec les travailleurs et les paysans. Néanmoins, ce mouvement fut obsédé par les scissions personnelles et politiques. Seksan Prasertkul, un des dirigeants étudiants du 14 octobre, forma le Free Thammasat Group (Groupe Thammasat Libre) et Tirayut Boonmi, un autre dirigeant étudiant, créa le People for Democracy Group (Peuple pour les Groupes Démocratiques). Ces soi-disant "groupes indépendants" pensaient que la direction du National Student Centre était trop conservatrice, refusant souvent de mobiliser les étudiants pour des questions importantes comme la protestation couronnée de succès contre le retour du Marechal Thanom Kittikachorn, l'ancien dictateur évincé, en 1974. Pour cette raison, ces groupes indépendants variés formèrent un centre alternatif, la “National Coalition Against Dictatorship” (Coalition Nationale Contre la Dictature) avec Sutam Sangprathum comme secrétaire général. Un important domaine d'activité pour les étudiants fut la lutte contre l'impérialisme américain et pour une soi-disant "indépendance thaïlandaise". La dictature militaire avait été une proche alliée des Etats Unis durant la Guerre Froide, envoyant un nombre symbolique de troupes thaïlandaises pour aider les Américains aussi bien en Corée qu'au Vietnam. En 1973, il y avait 12 bases militaires américaines dans le pays, avec 550 avions de combat et des milliers de soldats stationnés sur le sol thaïlandais dans le but de soutenir l'effort de guerre des Etats Unis en Indochine. Ces bases étaient légalement un territoire des Etats Unis, un point mis en lumière par l'arrestation et l'exécution d'un citoyen thaïlandais, Tep Kankla, par une cour de justice américaine pour le meurtre d'un soldat américain en décembre 1973. Mis à part ça, peu âpres la guerre du Vietnam, les Etats Unis utilisèrent la base navale d'U-Tapao pour lancer une attaque contre le Cambodge le 14 mai 1975 sans consulter le gouvernement thaïlandais

La présence d'un si grand nombre de soldats américains, ainsi que ce qui était vu comme la dominance de l'économie locale par des compagnies américaines, semblait confirmer l'analyse maoïste du Parti Communiste de Thaïlande que ce pays était une "semi-colonie" des Etats Unis. Apres 1973, il y eu donc une campagne grandissante pour flanquer dehors les bases américaines. Cette campagne, qui fut stimulée par la défaite des Etats Unis au Vietnam et les nouvelles conséquences géopolitique qui en résultèrent, conduisit le premier ministre Kukrit à réclamer le retrait des Américains en mars 1975. Ce fut renforcé par une manifestation massive contre les bases américaines le 21 mars 1976. Peu âpres cela, les Etats Unis retirèrent finalement leurs troupes de Thaïlande.

Un autre domaine important dans lequel le mouvement étudiant était actif, fut celui des droits de l'homme et de la démocratie. Les étudiants firent campagne pour rajouter plus d'amendements dans la Constitution de 1974 et ils se mobilisèrent contre la répression de l'état. Le 24 janvier 1974, les forces de sécurité du gouvernement attaquèrent et brulèrent le village de Na Sai situé dans la province du Nord-est de Nong Khai. Trois villageois furent tués par les troupes gouvernementales. Initialement, le gouvernement prétendit que cette atrocité fut commise par les communistes, mais Tirayut Boonmi, fut capable de prouver publiquement que c'était le fait du gouvernement. Des pressions du mouvement étudiant obligèrent ce dernier à admettre le crime et à payer des compensations aux villageois. Le général Saiyut Kertpol, chef de la Communist Suppression Unit (Unité de Suppression des Communistes), fut aussi forcé d'avouer que la politique gouvernementale précédente avait été "trop dure".

L'incident de Na Sai fut suivi par la révélation d'un autre crime d'état dans la province du Sud de Patalung. Il est estimé qu'entre 1971 et 1973, les forces gouvernementales ont systématiquement arrêtées et interrogées des villageois, ce qui aboutit à plus de 3000 morts. Dans ce qui deviendra connu comme l'incident des Bidons Rouges (Tang Daeng), les villageois furent tués et ensuite brulés dans des bidons d'essence ou jetés des hélicoptères.

En plus de dénoncer la répression d'état, des volontaires étudiants s'impliquèrent aussi dans la campagne, plutôt sponsorisée et patronnée par l'état, pour "diffuser les idées démocratiques parmi les gens du monde rural" lors des vacances d'été de 1974. Quoi qu'il en soit, cette campagne offrit l'opportunité pour des milliers d'étudiants urbains d'observer sur le terrain les problèmes sociaux des villages tout en renforçant la coopération future entre les étudiants et les petits fermiers dans la Triple Alliance. Cela contribua à élargir les activités des étudiants dans le domaine de la justice sociale et ils devinrent encore plus à gauche.

Sur le front culturel, les étudiants firent campagne pour l'art et la littérature pour être plus en harmonie avec la vie des gens ordinaires. C'était souvent influencé par les idées étroites et limitées du "réalisme socialiste" stalinien, qui pouvaient être trouvées dans les écrits de Jit Phumisak. Une exposition nommée "bruler la littérature" condamnait les livres conservateurs qui servaient les intérêts féodaux. Au même moment il y eu un fleurissement d'une nouvelle "littérature pour le peuple", d'un "théâtre pour le peuple" et la naissance de "chansons pour le peuple", qui parfois ajoutait des paroles thaïlandaises à la musique des "protests songs" occidentaux de la même période. Une campagne de critique fut aussi engagée contre le système d'éducation élitiste et compétitif. Cette dernière aboutie à un comité gouvernemental qui fut établi en 1975 dans le but de reformer l'éducation.

Une importante organisation qui émergea de ces activités culturelles fut la "Coalition des Artistes Thaïlandais", qui organisa une exposition de rue sur "l'Art Populaire" le long de l'avenue Rajchadamnen en octobre 1975. Ces artistes et étudiants d'art eurent aussi un rôle très important en produisant des affiches et des bannières de propagande contre l'influence de l'armée et les bases américaines. D'une certaine manière le mouvement artistique fut plus pluriel que beaucoup d'organisations estudiantines, étant influencé par les idées plus radicalement libertaires du mouvement occidental des années 1960 que par l'influence du P.C.T. Apres le bain de sang du 6 octobre 1976, beaucoup d'artistes partirent rejoindre les guérillas communistes de la jungle mais luttèrent pour maintenir leur esprit libre parmi l'étroite idéologie du P.C.T.

La politique des étudiants à l'intérieur des universités et collèges

Une importante conséquence de la victorieuse révolte du 14 octobre 1973 contre la dictature fut l'établissement de partis politiques de Gauche étudiants dans les universités et les lycées. Ces derniers se portèrent candidats pour l'union étudiante. Quelques uns gagnèrent immédiatement tandis que les autres augmentèrent graduellement leur influence au dépend de la Droite. Au milieu de l'année 1976, la plupart des universités avaient des organismes étudiants de Gauche, y compris l'université Kasetsat qui était auparavant perçue comme un bastion de la Droite. Une fois que la victoire de la Gauche fut complète, le corps étudiant fut capable de s'unifier une fois de plus autour du National Student Centre avec Kriangkamol Laohapairote comme secrétaire général. Un effet de la victoire de la Gauche fut la disparition temporaire du système de séniorité puisque les étudiants étaient devenus plus égalitaires et actifs dans leur tentative de changer la société. Des camps d'été étudiants furent organisés à la campagne dans le but de partager des expériences avec les pauvres villageois et moins d'insistance fut placée sur les matchs de football inter-universités. Malgré le fait que les divers partis étudiants de l'aile Gauche dans les institutions variées étaient plus ou moins autonomes dans les structures officielles, ils partageaient la même idéologie qui était lourdement influencée par le maoïsme du Parti Communiste Thaïlandais. Cela peut être vu dans leur concentration sur des activités à la campagne, bien que beaucoup de groupes travaillaient aussi parmi les travailleurs urbains. En gros, le mouvement étudiant était un mouvement socialiste qui partageait l'analyse du P.C.T. comme quoi la Thaïlande était une société semi-féodale semi-colonie des Etats Unies. La lutte armée du P.C.T. à la campagne était perçue comme la clé pour bâtir une société meilleure. Beaucoup d'étudiants de gauche prirent aussi parti pour la direction du P.C.T. lors de disputes idéologiques comme celle qui opposa la direction du P.C.T avec l'ancien dirigeant communiste Pin Bua-on. Ce dernier était opposé à la lutte armée adopté par le P.C.T. et voulait continuer la politique d’Alliance Inter-Classe stalinienne/maoïste que le Parti Communiste Thaïlandais avait défendue durant la période du régime de Pibul Songkram et au début de la dictature de Sarit Thanarat. Les groupes étudiants s'impliquèrent aussi aux cotés de la direction du P.C.T. sur la lutte de faction qui avait pris place en Chine vers la fin de la Révolution Culturelle.

L'influence du P.C.T. à l'intérieur du mouvement étudiant n'était pas une conspiration secrète. Elle reflétait la montée des idées de Gauche parmi beaucoup de gens dans la société thaïlandaise. En pratique, cette influence du Parti Communiste Thaïlandais dans le corps étudiant provenait de 3 sources principales. La première est que le P.C.T. était le seul parti politique de l'aile Gauche qui avait une analyse cohérente de la société et un plan d'action clair. Cela voulait dire naturellement que beaucoup de ceux qui recherchaient une réponse, se tournerait vers le Parti Communiste Thaïlandais, spécialement après les victoires des divers partis communistes dans les pays voisins d'Indochine. La seconde est que de jeunes membres (Yor) du P.C.T. ainsi que des membres ainés (Sor) étaient actifs à l'intérieur même du mouvement étudiant. Certains avaient été recrutés lorsqu'ils étaient encore au lycée et d'autres, après être entrés à l'université. Le recrutement était un long processus, impliquant des petits groupes secrets d'études organisé parmi des relations, mais cela aida à éduquer les activistes à l'idéologie du P.C.T. La troisième est que des articles exprimant la stratégie politique du Parti Communiste Thaïlandais étaient imprimés dans des journaux étudiants comme Atipat et que la station de radio du P.C.T., La Voix du Peuple de Thaïlande, était très populaire parmi beaucoup de gens à cette époque.

Il serait tout à fait faux de croire que les dirigeants étudiants, même ceux qui étaient membres du parti, recevaient des ordres direct du Comité Central du P.C.T. D'abord parce que les dirigeants du parti étaient au loin dans la campagne et ensuite parce que le parti ne vit jamais la lutte urbaine comme étant centrale dans la stratégie maoïste globale. Pour cette raison, on peut supposer que, durant la période entre 1973 et 1976, les activistes étudiants possédaient un degré élevé d'indépendance dans la direction et l'organisation, bien qu'ils acceptaient l'analyse politique globale du parti. C'est d'ailleurs confirmé par beaucoup d'activistes étudiants de cette période.

Comme déjà mentionné plus haut, entre 1973 et 1976, les partis étudiants de gauche gagnèrent graduellement les élections. A l'université Thammasat le Parti Palang Tam (Parti de la Force Morale) fut fondé juste avant la révolte d'octobre 1973 et il gagna un nombre substantiel d'élections, soutenant Peerapol Triyakasem comme son candidat. A l'université ouverte Ramkamhaeng, le Parti Sajja-Tam (Parti de la Vérité Morale) pris graduellement le dessus sur des partis plus centristes, gagnant la direction du corps étudiant en 1975. A l'université Chulalongkorn le Parti Chula Prachachon (Parti du Peuple de Chula) gagna les élections en 1976 contre un parti de droite et Anek Laothamatas devint président des étudiants. A Mahidol et Sri-Nakarin les partis de gauche gagnèrent aussi les élections et, à Chiangmai, Chaturon Chaisaeng du Parti Pracha Tam Party (Parti du Peuple Moral) gagna l'élection de l'union des étudiants en 1976.

Le glissement progressif vers des politiques de gauche parmi les étudiants pendant la période 1973-1976, jusqu'à que la Gauche devienne l'influence principale, refléta la polarisation entre la Droite et la Gauche qui prenait place dans une large société. A partir de ça nous pouvons comprendre pourquoi la classe dirigeante devint déterminé à faire n'importe quoi, y compris utiliser la force si nécessaire pour détruire le mouvement étudiant et ses tentatives aboutirent au bain de sang du 6 octobre 1976 à l'université Thammasat.

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 03:49

La Cour constitutionnelle a rendu sa décision à propos de la pétition de Somyot, la loi de lèse-majesté n'est pas inconstitutionnelle.

Déclaration de la Campagne Free Somyot:·
Chers tous, amis et camarades
Nous tenons à exprimer nos plus sincères remerciements à tout ceux qui ont soutenu la pétition en ligne et ont également présenté la lettre d'appel à la libération de Somyot aux autorités thaïlandaises et aux ambassades le 14 septembre 2012.
La lettre signée par 97 organisations et 8035 personnes du monde entier avait été présentée par les syndicats de Thaïlande aux autorités thaïlandaises le 14 septembre 2012.
Six ONG internationales avaient publié une lettre ouverte pour demander la libération de Somyot.
En outre, des forums publics et des protestations ont été organisés par les groupes pro-démocratie en Thaïlande avant l'audience de Somyot au tribunal le 19 septembre 2012.
Lien en français:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-97-organisations-internationales-soutiennent-la-lettre-pour-la-liberation-de-somyot-prueksakasemsuk-110087016.html
Cependant, un jour avant le 19 septembre 2012, le tribunal correctionnel de Thaïlande a annulé l'audience sans aucune raison et aucune date n'a été donnée pour l'audience à venir.
Le 10 octobre 2012, la Cour constitutionnelle a statué en Thaïlande que l'article controversé 112 du Code pénal, mieux connue comme la loi de lèse-majesté, n'est pas contradictoire avec la protection des droits de l'homme de la constitution du pays, y compris la liberté d'expression.
La Cour a statué sur deux pétitions soumises à la Cour pénale par Somyot Preuksakasemsuk et Ekachai Hongkangwan, qui font tous deux l'objet de procès pour violation de l'article 112. Ekachai s'est vu accordé la liberté sous caution, mais Somyot est toujours détenu malgré 11 demandes de mise en liberté sous caution.
Vous pouvez lire les articles de Prachatai et de Thai Political Prisoners pour avoir des explications sur le détail de la décision et comment elle va influer sur le verdict à venir.

Lien des articles en anglais:
http://www.prachatai.com/english/node/3401
http://www.prachatai.com/english/node/3399
http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2012/10/10/lese-majeste-constitutional/
Nous craignons que le jugement ne sera pas favorable à Somyot ni aux autres prisonniers politiques pour lèse-majesté et portera atteinte à la liberté d'expression en Thaïlande.
Nous attendons également que la Cour annonce la date de son verdict. Le tribunal pénal va faire usage de cet arrêt de la cour constitutionnelle pour rendre sa décision sur le cas de Somyot.
Camarades, s'il vous plaît, soyez en permanence prêt à apporter votre soutien, nous ne renoncerons pas et continuerons de lutter pour la libération de Somyot et des autres prisonniers politiques pour lèse-majesté en Thaïlande!
Continuer de diffuser cette pétition en ligne pour demander la libération de Somyot

Lien en anglais:
http://freesomyot.wordpress.com/2012/09/09/submit-your-protest-letter-again/

Lien en français:

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article25046
Un grand merci!
En solidarité
Campagne Free Somyot
Le 11 octobre 2012

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 17:51

Le porte-parole de l'ambassade américaine Walter Braunohler a déclaré à l'Associated Press que Joe Gordon avait été libéré de la prison de Bangkok assez tard le 10 Juillet: "Nous sommes heureux que Sa Majesté le Roi Bhumibol Adulyadej ait accordé à Joe Gordon une grâce royale, ce qui lui a permis d'être libéré de prison", a-t-il dit. "Nous exhortons les autorités thaïlandaises sur une base régulière, aussi bien en privé qu'en public, à Bangkok et à Washington, que la liberté d'expression soit protégée conformément à leurs obligations internationales."

 

Photo ci-dessous: Joe Gordon dans son uniforme de prisonnier lorsqu’il était détenu:

Joe Gordon

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