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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 07:28

Texte de la pétition:

 

Libérez Somyot! La liberté d'expression n'est pas un crime.

S'il vous plaît, signez cette pétition au Premier ministre thaïlandais

 
Le 19 septembre la Cour pénale thaïlandaise annoncera la date du verdict de Somyot Prueksakasemsuk, éditeur bien connu et, depuis longtemps, militant des droits des travailleurs en Thaïlande. Il peut être condamné à 30 ans de prison.
Nous avons besoin de vos voix pour nous faire entendre.
Clean Clothes Campaign (CCC) continue de faire appel aux autorités thaïlandaises pour qu'elles abandonnent toutes les charges retenues contre Somyot Prueksakasemsuk ainsi que celles contre tous les autres défenseurs des droits humains détenus en vertu de la loi de lèse-majesté. Nous demandons qu'au minimum, Somyot soit libéré sous caution.
Somyot a été arrêté il y a plus d'un an, en avril 2011. Les autorités thaïlandaises affirment que deux articles, parus dans son magazine "Voice of Taksin", ont offensés le Roi de Thaïlande. Il a été accusé de lèse-majesté, un crime passible de 30 ans d'emprisonnement. Somyot a été forcé d'attendre son procès, dans une prison surpeuplée et insalubre, pendant dix-sept mois et la liberté sous caution lui a été refusée huit fois.
CCC travaille en collaboration avec les organisations de droit de l'homme afin d'influencer les gouvernements des pays européens pour qu'ils fassent pression sur le gouvernement thaïlandais. Nous demandons également que tous les défenseurs des droits de l'homme en Thaïlande soient en mesure de mener à bien leurs actions légitimes en faveur des droits humains sans crainte de représailles et sans restrictions ni de harcèlement judiciaire.
Dites au Premier ministre thaïlandais: Libérez Somyot maintenant! La liberté d'expression n'est pas un crime.
Vos signatures seront largement diffusées de sorte que le gouvernement thaïlandais devra nous écouter!

Lien pour signer la pétition:

https://www.cleanclothes.org/urgent-actions/somyot-trial

Un lien en anglais pour plus d'informations et de mises à jour régulières sur le procès:

www.freesomyot.wordpress.com

Nous vous demandons aussi d'envoyer la lettre ci-dessous au Premier ministre thaïlandais et au Président de la Cour de Justice Suprême de Thaïlande.

 
Lettre ouverte: Appel à la libération de Somyot Prueksakasemsuk!
Votre Excellence,
Nous vous écrivons pour vous parler du procès à venir et du maintien en détention de Somyot Prueksakasemsuk qui est jugé suite à des accusations de lèse-majesté. Son procès se déroule actuellement. Il a commencé le 21 Novembre 2011 et se terminera le 19 septembre 2012. Somyot pourrait faire face à une peine maximale de 30 ans d'emprisonnement. Cela fait plus d'un an qu’il est en détention provisoire depuis son arrestation par des fonctionnaires du ministère des enquêtes spéciales en avril 2011.
Nous croyons que le refus de la liberté sous caution fait parti d'une campagne de harcèlement et d'intimidation à l’encontre des défenseurs des droits de l'homme en Thaïlande. Nous demandons aux autorités judiciaires thaïlandaises de garantir que les droits de Somyot Prueksakasemsuk soient maintenus pendant sa détention et qu'il lui soit accordé le droit à un procès équitable, y compris le droit à la liberté sous caution.
Nous vous rappelons respectueusement que la Déclaration des Nations Unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits humains universellement reconnus et les libertés fondamentales, a été adoptée par consensus par l'Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998 et qu’elle reconnaît la légitimité des activités des défenseurs des droits de l'homme, leur droit à la liberté d'association de même qu’elle invite les États membres à veiller à ce qu'ils puissent mener leurs activités sans crainte de représailles.
Nous vous demandons de veiller à ce que Somyot Prueksakasemsuk soit libéré. A défaut de sa libération immédiate et inconditionnelle, nous demandons que Somyot Prueksakasemsuk puisse bénéficier de son droit à la liberté sous caution, conformément aux normes d'un procès équitable en vertu du droit national et international.
Les défenseurs des droits de l'homme en Thaïlande, en particulier ceux qui luttent pour la liberté d'expression, doivent avoir la possibilité de mener à bien leurs actions légitimes en faveur des droits humains sans crainte de représailles. Ils devraient être aussi libres de toutes restrictions, y compris celle du harcèlement judiciaire.
Cordialement

(Signature)

Coordonnées du Premier ministre thaïlandais et du Président de la Cour de Justice Suprême de Thaïlande:

HE Ms Yingluck Shinawatra
Prime Minister of the Kingdom of Thailand
Government House
Pitsanulok Road, Dusit District
Bangkok 10300, Thaïlande

 
M. Pairoj Wayuparp
President of the Supreme Court of Justice of Thailand
6 Ratchadamnoen Nai Road,
Prabarommaharatchawang, Phranakorn 
Bangkok 10200, Thaïlande

 

Cette lettre sera présentée par Thai Labour Campaign et d'autres organisations de Thaïlande aux autorités thaïlandaises avant le 19 septembre 2012.

 

Liberez Somyot2 

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 11:29

Déclaration de Thai Labour Campaign:
Chers tous, amis et camarades
Chaleureuses salutations!
Somyot Prueksakasemsuk devra de nouveau comparaître au tribunal de Bangkok le 19 septembre pour entendre la Cour pénale annoncer la date de la délivrance du verdict de son procès. En même temps, la Cour pénale attend la décision de la Cour constitutionnelle sur sa demande transmise à cette dernière visant à savoir si, oui ou non, la loi de lèse-majesté est inconstitutionnelle suite à une pétition signée par Somyot et ses avocats. Cependant, Somyot pense que la décision de la Cour constitutionnelle ne sera pas donnée ce jour-là et que donc, le verdict dans son cas précis sera à nouveau reporté jusqu'à la réponse de cette dernière.
Cela signifie que Somyot fait potentiellement face de nouveau à une longue détention.
Par conséquent, nous faisons de nouveau appel à votre solidarité internationale pour continuer d'envoyer la lettre de demande de libération de Somyot aux autorités thaïlandaises. Nous devons veiller à ce qu'au moins Somyot soit libéré sous caution en attendant le verdict.

Action de Solidarité:
Agissez dès maintenant! S'il vous plaît souscrivez à cette lettre ouverte aux autorités thaïlandaise avant le 12 septembre 2012 et envoyez le nom de votre organisation à Thai Labour Campaign.
Pour envoyer votre soutien par Email:
Patchanee Kumnak
Program Coordinator
Thai Labour Campaign
Email de Patchanee Kumnak : patchanee@thailabour.org
Cette lettre sera présentée par Thai Labour Campaign ainsi que d'autres organisations de Thaïlande aux autorités thaïlandaise avant le 19 septembre 2012, notamment à:


M. Pairoj Wayuparp
President of the Supreme Court of Justice of Thailand
6 Ratchadamnoen Nai Road,
Prabarommaharatchawang, Phranakorn 
Bangkok 10200, Thaïlande

 
HE Ms Yingluck Shinawatra
Prime Minister of the Kingdom of Thailand
Government House
Pitsanulok Road, Dusit District
Bangkok 10300, Thaïlande

 
Lettre ouverte: Appel à la libération de Somyot Prueksakasemsuk!
Votre Excellence,
Nous vous écrivons pour vous parler du procès à venir et du maintien en détention de Somyot Prueksakasemsuk qui est jugé suite à des accusations de lèse-majesté. Son procès se déroule actuellement. Il a commencé le 21 Novembre 2011 et se terminera le 19 septembre 2012. Somyot pourrait faire face à une peine maximale de 30 ans d'emprisonnement. Cela fait plus d'un an qu’il est en détention provisoire depuis son arrestation par des fonctionnaires du ministère des enquêtes spéciales en avril 2011.
Nous croyons que le refus de la liberté sous caution fait parti d'une campagne de harcèlement et d'intimidation à l’encontre des défenseurs des droits de l'homme en Thaïlande. Nous demandons aux autorités judiciaires thaïlandaises de garantir que les droits de Somyot Prueksakasemsuk soient maintenus pendant sa détention et qu'il lui soit accordé le droit à un procès équitable, y compris le droit à la liberté sous caution.
Nous vous rappelons respectueusement que la Déclaration des Nations Unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits humains universellement reconnus et les libertés fondamentales, a été adoptée par consensus par l'Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998 et qu’elle reconnaît la légitimité des activités des défenseurs des droits de l'homme, leur droit à la liberté d'association de même qu’elle invite les États membres à veiller à ce qu'ils puissent mener leurs activités sans crainte de représailles.
Nous vous demandons de veiller à ce que Somyot Prueksakasemsuk soit libéré. A défaut de sa libération immédiate et inconditionnelle, nous demandons que Somyot Prueksakasemsuk puisse bénéficier de son droit à la liberté sous caution, conformément aux normes d'un procès équitable en vertu du droit national et international.
Les défenseurs des droits de l'homme en Thaïlande, en particulier ceux qui luttent pour la liberté d'expression, doivent avoir la possibilité de mener à bien leurs actions légitimes en faveur des droits humains sans crainte de représailles. Ils devraient être aussi libres de toutes restrictions, y compris celle du harcèlement judiciaire.
Cordialement

Approuvé par Thai Labour Campaign, Thaïlande

Procès pour lèse-majesté du défenseur des droits humains M. Somyot Prueksakasemsuk
Somyot Prueksakasemsuk, 50 ans, est rédacteur en chef du magazine "Voice of Taksin" (Voix de Taksin") devenu "Red Power" ("Pouvoir Rouge")  ainsi qu'un éminent activiste thaïlandais du monde du travail. Il est connu pour ses efforts sans relâche afin de soutenir l'autonomisation du mouvement ouvrier et la mise en place d'un syndicalisme démocratique en Thaïlande. En 2007, il a commencé à éditer le magazine "Voice of Taksin" (la "Voix de Taksin" La Voix des Opprimés), une publication politique qui critiquait le gouvernement d'Abhisit Vejajiva.

Somyot est également le président de l'Alliance démocratique de l'Union du Travail et le leader du groupe 24 Juin pour la Démocratie. Il a joué un rôle actif dans le mouvement chemise rouge et dans la campagne pour abroger la loi de lèse-majesté (article 112 du Code pénal). Somyot a été détenu pendant 21 jours de mai à juin 2010 en vertu du décret d'urgence. Après avoir été libéré, il a changé le nom de sa revue en "Red Power". Avant son arrestation, il était également actif dans la campagne contre la loi de lèse-majesté.

Somyot a été arrêté le 30 avril 2011 à Aranyaprathet, un district situé dans la province de Sa Kaeo sous l'accusation d'avoir violé l'article 112 du Code pénal thaïlandais qui stipule que "quiconque diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l'héritier présomptif ou le régent, sera puni d'un emprisonnement de trois à quinze ans". Selon le ministère public, Somyot est accusé d'avoir autorisé la publication de deux articles dans Voice of Taksin qui font des références négatives vis à vis de la monarchie. Les articles ont été rédigés par Jitr Pollachan, un pseudonyme composé des noms de deux thaïlandais marxistes révolutionnaires. S'il est reconnu coupable, il devra faire face à une peine maximum de 30 ans d'emprisonnement.

Son arrestation est intervenue cinq jours seulement après que le Réseau Droits et Démocratie, dans lequel Somyot est impliqué, ait lancé une campagne visant à recueillir 10.000 signatures pour une pétition demandant un examen parlementaire de l'article 112 du Code criminel. Son nom a également été inclus dans un graphique publié par le colonel Sansern Kaewkamnerd, le porte-parole du Centre pour la Résolution des Situations d'Urgence (CRES), le 26 avril 2010. Dans ce tableau figurait de nombreux noms de personnes que le CRES accusait d'être "anti-monarchie". Cependant, aucune preuve crédible n'a été présentée pour appuyer une telle allégation.

Somyot est détenu arbitrairement depuis le 30 avril 2011, soit 15 mois consécutifs. Ses demandes de libération sous caution ont été maintes fois rejetée par le tribunal, une pratique habituelle vis à vis des suspects de lèse-majesté affiliés au mouvement des chemises rouges. Sa dernière demande a été rejetée le 18 mai 2012. C'était la dixième. Ceci est une violation de la garantie constitutionnelle d'un droit à la libération sous caution en vertu du paragraphe 40 de la Constitution thaïlandaise de 2007 censé assurer la protection des inculpés ainsi qu'un droit à un procès équitable en vertu du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP), que la Thaïlande a ratifié en 1996, et les Principes 36 et 39 de l'Ensemble de Principes pour la Protection des Personnes Soumises à une forme quelconque de Détention ou d'Emprisonnement (1988). Une détention provisoire prolongée porte atteinte au droit d'être présumé innocent jusqu'à preuve du contraire, un des droits universels garantis par la Constitution et le PIDCP. Cette détention affecte également Somyot et la capacité de son avocat de préparer adéquatement sa défense.

Le procès de Somyot a débuté le 21 novembre et a eu lieu dans différentes provinces de Thaïlande. Pour les audiences des témoins du procureur, Somyot a été transféré aux provinces de Sa Kaeo (21 novembre 2011), Petchabun (19 décembre 2011), Nakorn Sawan (16 janvier 2011) et Songkla (13 février 2012). La dernière audience a été reportée à la dernière minute et reprogrammé à Bangkok en raison de l'absence de témoins. Malgré le fait que tous les témoins de l'accusation travaillent et vivent à Bangkok, le tribunal a ordonné que les audiences d'audition des témoins se déroulent dans d'autres provinces. Une telle pratique a été critiquée pour avoir entravé la présence et la participation des observateurs du procès, du corps diplomatique ainsi que des journalistes et porté atteinte à son droit à un procès équitable.

Somyot souffre d'hypertension et de la goutte. En raison de la planification des audiences dans les tribunaux provinciaux entre novembre 2011 et février 2012, Somyot a été transféré de prison en prison et a dû se tenir debout dans un camion bondé. Ses chevilles étaient enchaînées avec une chaîne de 10 kg et on lui a refusé l'accès aux installations de la salle de repos pendant le voyage. La distance totale parcourue dans ces conditions a été de 4.000 km à travers le pays. Il est actuellement détenu au Centre de Détention Provisoire de Bangkok, qui est aussi tristement célèbre pour sa surpopulation et ses soins de santé inadéquats. La longue distance parcourue et la détention provisoire prolongée ont aggravées les conditions de santé de Somyot, notamment son hypertension et sa goutte.

Les auditions des témoins se sont terminées le 3 mai 2012, mais le verdict n'a pas encore été rendu. Le 24 avril 2012, l'avocat de Somyot a soumis une requête à la Cour pénale, lui demandant de demander à la Cour constitutionnelle de statuer sur la constitutionnalité de l'article 112. La Cour pénale n'a pas immédiatement donné son accord. Donc, le 27 avril, l'avocat a présenté la demande directement à la Cour constitutionnelle, qui a décidé le 18 mai de la rejeter au motif que Somyot n'avait pas épuisé les autres moyens pour exercer ses droits, tel que requis par l'article 212 de la Constitution et les règles du tribunal. Cependant, le 7 juin, le tribunal correctionnel a décidé de transmettre la demande initiale de son avocat à la Cour constitutionnelle. Le 26 juin, la Cour constitutionnelle a informé son avocat qu'elle avait reçu les deux demandes. La Cour pénale a décidé d'annoncer la date du verdict pour le 19 septembre 2012, en attendant la décision de la Cour constitutionnelle concernant la première demande transmise par le tribunal correctionnel.

L'ONU a fait état de ses sérieuses préoccupations concernant la détention avant le procès des personnes accusées de crime de lèse-majesté et plus spécifiquement de son inquiétude sur le cas de Somyot. Le 9 décembre 2011, Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme de l'ONU, a déclaré que celui-ci est "préoccupé par les longues périodes de détention préventive des accusés en vertu de la loi de lèse-majesté".

Le 20 Décembre 2011, El Hadji Malick Sow, Président-Rapporteur du Groupe de Travail des Nations unies sur la Détention Arbitraire, Gabriela Knaul, Rapporteur Spécial sur l'Indépendance des Juges et des Avocats, Frank La Rue, Rapporteur Spécial de l'ONU sur la Promotion et la Protection des Droits à la Liberté d'Opinion et d'Expression, et Margaret Sekkagya, Rapporteur Spécial sur la Situation des Défenseurs des Droits de l'Homme ont écrits une lettre conjointe au gouvernement thaïlandais faisant état de leurs inquiétudes quant à l'intégrité physique et psychologique de Somyot et sur le fait que sa détention pourrait être liés à son travail en faveur des droits de l'homme ainsi qu'à l'exercice légitime de son droit à la liberté d'opinion et d'expression.

Somyot était l'un des cinq défenseurs des droits de l'homme en lice pour le Prix Somchai Neelapaijit en juillet 2012. Ce prix, qui a été remis par la Fondation commémorative Somchai Neelapaijit, visait à honorer ceux qui ont combattu pour protéger les droits de l'homme avec courage, vigoureusement, et qui se sont parfois mis en danger afin de défendre les droits de l'homme comme pour le cas de l'avocat des droits humains disparu, Somchai Neelapaijit.

Thai Labour Campaign

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 05:14

Les détenus pour lèse-majesté ont demandé à la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH) d'aborder les violations des droits qui les concernent, en particulier le refus de la cour de leur accorder la liberté sous caution.

Les prisonniers politiques ont rencontré le Dr Niran Pitakwatchara de la CNDH.


Niran a déclaré: "Nous allons essayer de travailler là-dessus car nous nous sommes rendu compte que l'article 112 du Code pénal a été utilisé comme outil politique".


Surachai Danwattananusorn a expliqué qu'il a dû demander une grâce royale, ce qui signifie de renoncer à lutter afin de défendre son innocence, car c'est sans espoir dans le système actuel.

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 15:56

Les histoires inventées par les militaires thaïlandais, qui nient l'utilisation de tireurs d'élite (snipers) en avril et mai 2010, atteignent maintenant des niveaux incroyables tels que l'armée de Thaïlande est en train de détruire ses derniers lambeaux de crédibilité. Les mensonges les plus fantaisistes, comme quoi l'armée aurait utilisé des balles à blanc pour réprimer les Chemises rouges, ont été remis au Département des Enquêtes Spéciales (DSI). Cela a été affirmé par le chef de l'armée, le Général Prayuth Chan-ocha.

Prayuth a déposé plainte pour diffamation contre l'avocat des Chemises rouges, Robert Amsterdam, le 18 aout dernier (lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-le-general-prayuth-porte-plainte-contre-robert-amsterdam-109224138.html).

Cette plainte fait suite à la plainte de Robert Amsterdam déposée au Tribunal Pénal International (TPI) de la Haye en 2010 pour crimes de guerre suite à la répression violente de l'armée thaïlandaise contre les Chemises rouges qui s'est soldée par la mort d'au moins 90 civils tués par balle.

Le TPI aurait jugé la plainte de Robert Amsterdam recevable, ce qui signifie en clair que Prayuth devra rendre des comptes à la communauté internationale tout comme les criminels de la guerre en Bosnie ou les Khmers Rouges.

Cela explique l'état de panique actuel du chef de l'armée.

Les deux snipers qui ont été filmés par la presse internationale durant le massacre d'avril/mai 2010 sont le Sergent Saringkan Taweecheep et le Sergent Kacharat Niamrod du cinquième bataillon de cavalerie. Eux aussi auront à rendre des comptes à la justice internationale.

De nombreux citoyens de Thaïlande ont honte de leur armée !

 

Deux criminels, le Sergent Saringkan Taweecheep et le Sergent Kacharat Niamrod du cinquième bataillon de cavalerie:

 

Snipers.jpg

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 08:17

Deux Thaïlandais condamnés pour lèse-majesté ont été libérés de prison après avoir bénéficiés d'une grâce royale.

Sorasit Chongcharoen, directeur de la maison d'arrêt de Bangkok en Thaïlande a expliqué que les deux prisonniers politiques avaient été libérés le vendredi 24 aout 2012.

Les deux détenus sont le militant pro-démocratie Warawut Thanungkorn et le cordonnier Suriyan Kokpeuay.

Warawut a été condamné pour insulte à la monarchie lors d'un discours fait en 2010 tandis que Suriyan a été condamné pour avoir fait une fausse alerte à la bombe à l'hôpital où le roi Bhumibol Adulyadej est soigné depuis 2009.

Tous les deux avaient été condamnés l'an dernier à des peines d'emprisonnement de trois ans dans deux affaires distinctes de lèse-majesté.

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 16:10

RSF condamne la torture et les mauvais traitements dont sont victime les prisonniers politiques pour lèse-majesté en Thaïlande

Voici le rapport de Reporter Sans Frontière sur les prisonniers politiques pour lèse-majesté en Thaïlande:

Lynchage en prison

Mauvais traitements et stigmatisation des détenus condamnés pour lèse-majesté

Reporters sans frontières (RSF) juge “honteux” les mauvais traitements infligés, tant par les gardiens de prison que par les prisonniers eux-mêmes, aux détenus condamnés en Thaïlande pour crime de lèse-majesté.

Thantawut Thaweewarodomkul est incarcéré depuis le 1er avril 2010 pour avoir posté sur Internet trois messages critiquant le roi. Ce “crime” lui vaut dix ans d’emprisonnement, suivis de trois ans supplémentaires pour violation du Computer Crime Act.

Dans son centre de détention à Bangkok, Thantawut Thaweewarodomkul a été blessé au visage et s’en est tiré avec deux yeux au beurre noir. “Certains gardiens m’ont emmené dans une autre partie de la prison et ont ordonné aux détenus de me frapper”, a-t-il expliqué à l’Agence France-Presse (AFP). Ces pratiques sont fréquentes et, selon les informations recueillies sur place par Reporters sans frontières, il arrive souvent que les co-détenus n’attendent même pas les ordres des geôliers pour passer à tabac les individus condamnés pour lèse-majesté. La Thaïlande fait partie des pays classés “sous surveillance” dans la liste des Ennemis d’Internet, actualisée le 12 mars 2012 par Reporters sans frontières. L’organisation avait publié en 2009 un rapport intitulé “Sa Majesté l’intouchable - ‘Censure et emprisonnements : les abus au nom du crime de lèse-majesté en Thaïlande’”.

A propos de Thantawut:

13 ans de prison pour 3 messages sur Internet

Reporters sans frontières dénonce la condamnation, le 15 mars 2011, de Thanthawut Taweewarodomkul, administrateur d’un site lié aux “Chemises rouges”, Nor Por Chor USA, à 13 ans d’emprisonnement. Il était jugé pour crime de lèse-majesté et violation du Computer Crime Act.

Thanthawut Taweewarodomkul est accusé d’avoir posté trois messages critiquant le roi. Le crime de lèse-majesté lui vaut dix ans d’emprisonnement, suivis de trois ans supplémentaires derrière les barreaux pour violation du Computer Crime Act. Il est incarcéré depuis le 1er avril 2010, date de son arrestation.

Cette condamnation est particulièrement sévère compte tenu du maximum encouru pour le crime de lèse-majesté, qui est de quinze ans de prison. Alors que la Constitution thaïlandaise garantit la liberté d’expression, trente-et-un cas de lèse-majesté ont été répertoriés depuis 2007, dont onze faisant intervenir le Computer Crimes Act, selon le rapport de iLaw Project de décembre 2010.

Thanthawut Taweewarodomkul avait d’abord avoué, lors de son interrogatoire par la police, avoir publié ces messages sur le site, deux sous le pseudo “admin” et un troisième sous un autre nom. Il s’est cependant rétracté pendant son procès.

Son avocat à fait appel. La cour d’appel devrait se prononcer le 18 mars sur sa demande de mise en liberté sous caution. Reporters sans frontières demande que cette libération soit accordée et que les charges soit abandonnées.

La Thaïlande fait partie des pays sous surveillance dans la liste des Ennemis d’Internet, actualisée le 12 mars 2011 par Reporters sans frontières.

Lien de l'article:

http://fr.rsf.org/thailande-13-ans-de-prison-pour-3-messages-17-03-2011,39816.html

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 14:09

Somyot Pruksakasemsuk, 50 ans, est rédacteur en chef du magazine "Voice of Taksin" (Voix de Taksin") devenu "Red Power" ("Pouvoir Rouge")  ainsi qu'un éminent activiste thaïlandais du monde du travail. Il est connu pour ses efforts sans relâche afin de soutenir l'autonomisation du mouvement ouvrier et la mise en place d'un syndicalisme démocratique en Thaïlande. En 2007, il a commencé à éditer le magazine "Voice of Taksin" (la "Voix de Taksin" La Voix des Opprimés), une publication politique qui critiquait le gouvernement d'Abhisit Vejajiva.

Somyot est également le président de l'Alliance démocratique de l'Union du Travail et le leader du groupe 24 Juin pour la Démocratie. Il a joué un rôle actif dans le mouvement chemise rouge et dans la campagne pour abroger la loi de lèse-majesté (article 112 du Code pénal). Somyot a été détenu pendant 21 jours de mai à juin 2010 en vertu du décret d'urgence. Après avoir été libéré, il a changé le nom de sa revue en "Red Power". Avant son arrestation, il était également actif dans la campagne contre la loi de lèse-majesté.

Somyot a été arrêté le 30 avril 2011 à Aranyaprathet, un district situé dans la province de Sa Kaeo sous l'accusation d'avoir violé l'article 112 du Code pénal thaïlandais qui stipule que "quiconque diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l'héritier présomptif ou le régent, sera puni d'un emprisonnement de trois à quinze ans". Selon le ministère public, Somyot est accusé d'avoir autorisé la publication de deux articles dans Voice of Taksin qui font des références négatives vis à vis de la monarchie. Les articles ont été rédigés par Jitr Pollachan, un pseudonyme composé des noms de deux thaïlandais marxistes révolutionnaires. S'il est reconnu coupable, il devra faire face à une peine maximum de 30 ans d'emprisonnement.

Son arrestation est intervenue cinq jours seulement après que le Réseau Droits et Démocratie, dans lequel Somyot est impliqué, ait lancé une campagne visant à recueillir 10.000 signatures pour une pétition demandant un examen parlementaire de l'article 112 du Code criminel. Son nom a également été inclus dans un graphique publié par le colonel Sansern Kaewkamnerd, le porte-parole du Centre pour la Résolution des Situations d'Urgence (CRES), le 26 avril 2010. Dans ce tableau figurait de nombreux noms de personnes que le CRES accusait d'être "anti-monarchie". Cependant, aucune preuve crédible n'a été présentée pour appuyer une telle allégation (1).

Somyot est détenu arbitrairement depuis le 30 avril 2011, soit 15 mois consécutifs. Ses demandes de libération sous caution ont été maintes fois rejetée par le tribunal, une pratique habituelle vis à vis des suspects de lèse-majesté affiliés au mouvement des chemises rouges. Sa dernière demande a été rejetée le 18 mai 2012. C'était la dixième. Ceci est une violation de la garantie constitutionnelle d'un droit à la libération sous caution en vertu du paragraphe 40 de la Constitution thaïlandaise de 2007 censé assurer la protection des inculpés ainsi qu'un droit à un procès équitable en vertu du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP), que la Thaïlande a ratifié en 1996, et les Principes 36 et 39 de l'Ensemble de Principes pour la Protection des Personnes Soumises à une forme quelconque de Détention ou d'Emprisonnement (1988). Une détention provisoire prolongée porte atteinte au droit d'être présumé innocent jusqu'à preuve du contraire, un des droits universels garantis par la Constitution et le PIDCP. Cette détention affecte également Somyot et la capacité de son avocat de préparer adéquatement sa défense.

Le procès de Somyot a débuté le 21 novembre et a eu lieu dans différentes provinces de Thaïlande. Pour les audiences des témoins du procureur, Somyot a été transféré aux provinces de Sa Kaeo (21 novembre 2011), Petchabun (19 décembre 2011), Nakorn Sawan (16 janvier 2011) et Songkla (13 février 2012). La dernière audience a été reportée à la dernière minute et reprogrammé à Bangkok en raison de l'absence de témoins. Malgré le fait que tous les témoins de l'accusation travaillent et vivent à Bangkok, le tribunal a ordonné que les audiences d'audition des témoins se déroulent dans d'autres provinces. Une telle pratique a été critiquée pour avoir entravé la présence et la participation des observateurs du procès, du corps diplomatique ainsi que des journalistes et porté atteinte à son droit à un procès équitable.

Somyot souffre d'hypertension et de la goutte. En raison de la planification des audiences dans les tribunaux provinciaux entre novembre 2011 et février 2012, Somyot a été transféré de prison en prison et a dû se tenir debout dans un camion bondé. Ses chevilles étaient enchaînées avec une chaîne de 10 kg et on lui a refusé l'accès aux installations de la salle de repos pendant le voyage. La distance totale parcourue dans ces conditions a été de 4.000 km à travers le pays. Il est actuellement détenu au Centre de Détention Provisoire de Bangkok, qui est aussi tristement célèbre pour sa surpopulation et ses soins de santé inadéquats. La longue distance parcourue et la détention provisoire prolongée ont aggravées les conditions de santé de Somyot, notamment son hypertension et sa goutte.

Les auditions des témoins se sont terminées le 3 mai 2012, mais le verdict n'a pas encore été rendu. Le 24 avril 2012, l'avocat de Somyot a soumis une requête à la Cour pénale, lui demandant de demander à la Cour constitutionnelle de statuer sur la constitutionnalité de l'article 112. La Cour pénale n'a pas immédiatement donné son accord. Donc, le 27 avril, l'avocat a présenté la demande directement à la Cour constitutionnelle, qui a décidé le 18 mai de la rejeter au motif que Somyot n'avait pas épuisé les autres moyens pour exercer ses droits, tel que requis par l'article 212 de la Constitution et les règles du tribunal. Cependant, le 7 juin, le tribunal correctionnel a décidé de transmettre la demande initiale de son avocat à la Cour constitutionnelle. Le 26 juin, la Cour constitutionnelle a informé son avocat qu'elle avait reçu les deux demandes. La Cour pénale a décidé d'annoncer la date du verdict pour le 19 septembre 2012, en attendant la décision de la Cour constitutionnelle concernant la première demande transmise par le tribunal correctionnel.

(1) Le 22 Mars 2011, le colonel Sansern Kaewkamnerd a témoigné lors du procès suite à sa plainte en diffamation que ce graphique sur les réseaux anti-monarchie et les liens entre les groupes politiques était uniquement informatif et qu'il n'y avait aucune intention de condamner qui que ce soit du mouvement anti-monarchie.

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 15:49

Déclaration relative à la plainte du Général Prayuth contre Robert Amsterdam
Le samedi 18 Août 2012, le journal quotidien en langue thaïe, Matichon, a rapporté que le commandant en chef de l'Armée royale thaïlandaise, le général Prayuth Chan-ocha, a chargé le lieutenant-colonel Sayan Khunkhaji de déposer une plainte pour diffamation contre Robert Amsterdam ainsi que sa traductrice. M. Amsterdam est le conseiller juridique de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra et du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD).
La plainte est censée se fonder sur le contenu d'un discours que M. Amsterdam a fait à Bangkok le 19 mai 2012, à l'occasion du deuxième anniversaire de la brutale répression militaire qui a entraîné la mort de quatre-vingt-huit personnes. Pendant ce discours, qui peut être consulté dans son intégralité sur Youtube (lien: http://www.youtube.com/watch?v=ktrrg9Kd8b4&feature=share), M. Amsterdam a dénoncé l'Armée royale thaïlandaise pour avoir massacré des civils et a ensuite critiqué le gouvernement des États-Unis pour avoir fourni des armes à l'armée thaïlandaise et avoir formé les snipers thaïlandais qui ont servi à assassiner des citoyens de Thaïlande. Le discourt de M. d'Amsterdam a été traduit en thaï donc une plainte a aussi été déposée contre la traductrice (NDT il s'agit de l'épouse d'Andrew Spooner).

Le Général Prayuth prétend que ce discourt aurait

"endommagé la réputation de l'Armée royale thaïlandaise."


Les nouvelles de la plainte pénale contre M. Amsterdam et sa traductrice se sont produites bizarrement après que l'Armée royale thaïlandaise et l'ancien Premier ministre Abhisit aient

publiquement menacé le Département des Enquêtes Spéciales (DSI), qui mène sa propre enquête sur la répression de 2010, et aient niés lors d'interviews à la presse, d'avoir déployé des tireurs d'élite pour massacrer des civils en 2010. Il est clair que l'attitude de M. Abhisit et du général Prayuth, qui sont de plus en plus désespérés dans leur quête pour protéger leur impunité face à leurs crimes, témoigne de l'efficacité du travail accompli par M. Amsterdam et par d'autres.
M. Amsterdam demeure engagé dans son effort de tenir les hauts fonctionnaires (y compris M. Prayuth et l'ancien Premier ministre Abhisit Vejjajiva) d'avoir à rendre des comptes pour leurs crimes contre l'humanité commis lors de la répression illégale et meurtrière contre les rassemblements des chemises rouges d'Avril et Mai 2010. Cependant, ce qui est certain, c'est que cette fois, ceux qui ont assassiné des civils pour protéger leur pouvoir et leurs privilèges ne seront pas en mesure d'échapper à un procès pour rendre compte de leurs crimes.

Lien:

http://robertamsterdam.com/thailand/2012/08/19/statement-on-general-prayuths-complaint-against-robert-amsterdam/

 

Dernière information : La Cour Pénale Internationale de La Haye va accepter la plainte de Robert Amsterdam contre Abhisit, Suthep et les généraux Prayuth et Anupong pour crime contre l’humanité.

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 14:59

Pridi, le plus connu des exilés politiques thaïlandais, a écrit le livre "Ma vie mouvementée et mes 21 Ans d'exil en Chine Populaire" en français (Pridi pouvait parler et écrire parfaitement le français) quand il était en exil à Paris (de 1970 à sa mort en 1982). Le chapitre 2 de ce livre retrace sa vie lorsqu’il était un jeune révolutionnaire dans les années 1910/1920. Malheureusement il n'y a pas de traduction ni en thaï ni en anglais du livre de Pridi.

 

pridi-book.jpg

 

Voici le deuxième chapitre de son livre:

Mon adolescence révolutionnaire
par Pridi Banomyong
A l'âge d'onze ans en 1911, j'ai observé un changement spectaculaire et soudain dans la coutume de Chinois d'outre-mer et de leurs enfants qui constituaient environ 25% de la population totale du Siam; presque tous les hommes avaient coupé leur longue queue nattée, coiffure qu'ils avaient adoptée depuis plusieurs siècles. Ils ont expliqué la raison de ce grand changement à la population locale: la monarchie absolue archaïque qui leur avait imposé cette honteuse mode de coiffure avait été renversé par la Révolution républicaine dirigée par le Docteur Sun Yat-sen, qui avait alors demandé à tous les Chinois  d'adopter la mode des cheveux courts comme les Européens (à cette époque) afin que les Chinois ne soient plus ridiculisés par les étrangers à cause de "la queue de leur tête".
Mais à l'école "Toa-Yan d'Audhya (Ayuthaya)", où je faisais mes études secondaires, mon professeur d'Histoire et de Géographie m'expliqua la vraie raison de ce changement. Il me raconta que la plupart des pays indépendants dans le monde avait chacun un gouvernement installé avec le consentement du Parlement dont les membres étaient élus par le peuple, peu importait le statut de leur chef d'Etat respectif qui pouvait être le roi héréditaire ou un simple particulier devenu président de la République par l'élection du peuple pour un temps déterminé. Mon professeur ajouta que, puisque parmi les trois monarchies absolues retardataires (chinoise, russe et siamoise), celle des Chinois avait déjà été renversé, il ne restait plus que celle de la Russie et du Siam et on ne savait pas laquelle des deux disparaitrait la première.

Dès lors, je commençai à m'intéresser à la Révolution en Chine dirigée par Sun Yat-Sen, surtout aux batailles entre l'armée impériale et républicaine, comme tous les garçons de mon âge qui aiment aller au cinéma pour voir des films de combat ou de westerns. A cette époque, les journaux n'étaient pas répandues au Siam, surtout dans ma province natale; pour assouvir ma soif de nouvelles, mon père se procura quelques vieux journaux appartenant à l'un de mes cousin, officier de l'armée royale. C'est en lisant ces vieux journaux que j'ai pu, petit à petit prendre connaissance des méfaits du régime monarchique contre lequel les Chinois s'étaient révoltés et qu'ils avaient remplacé par un gouvernement républicain.
A peine un an après, c'est à dire en 1912, une grande nouvelle se propagea dans tout le pays: le gouvernement royal du Siam avait découvert un parti révolutionnaire clandestin qui voulait renverser la Monarchie absolue. A cet effet, plus d'une centaine de révolutionnaires avaient été arrêtés et condamnés par un tribunal spécial à la réclusion à perpétuité ou à la peine de mort. Mais le roi Rama VI fit preuve d'indulgence en commuant la peine de mort à la réclusion à perpétuité, puis réduisant celle-ci à vingt ans de prison; ceux qui avaient été condamnés dès le premier jugement à vingt ans de prison ont pu bénéficier du sursis.
Il est certain que le gouvernement n'a pas pu découvrir tous les membres du parti (par exemple parmi eux Boon Ek qui travaillait comme employé local à l'ambassade de France et qui s'était joint à ce parti sans en informer son ambassadeur, etc.).
L'instigateur de ce mouvement révolutionnaire, le sous-lieutenant Rial Srichan, âgé seulement de dix-huit ans, avait enrôlé son ami intime, le sous-lieutenant Charoon Satames, âgé de vingt-quatre ans, et le sous-lieutenant Netr Poonvivat, âgé de dix-huit ans (à qui avait été confié le secrétariat du parti).
Ces jeunes officiers continuèrent à enrôler d'autres officiers appartenant à diverses unités spécialement à la première division de la garde royale. Ensuite ils trouvèrent un docteur qui accepta d'être le chef du parti; ce dernier était le frère ainé de l'instigateur, le capitaine médecin Leng Srichan, qui était le médecin personnel du prince héritier; ainsi, tout comme le mouvement révolutionnaire chinois, ce parti avait pour chef un médecin. Le lieutenant Charoon na Banschang, gradé de l'Ecole de droit, se joignit à l'organisation; on lui attribua la fonction de commissaire politique. Certains étudiants en droit se joignirent également à cette organisation.
Au cours de la procédure devant le tribunal spécial, un juge reprocha à un sous-lieutenant du régiment de la garde royale d'avoir été infidèle au roi; l'accusé expliqua courageusement au juge qu'il aimait la nation plus que le roi lui-même et, étant donné qu'il était dans le régiment le plus proche du roi, il connaissait mieux ce qui se passait à la Cour royale que les autres soldats et civils. Il s'était alors rendu compte que les plaisirs et les extravagances de la Cour entrainaient la nation à la décadence; ceci avait contribué à sa prise de conscience et l'avait poussé à participer au mouvement révolutionnaire.


Une section de la jeunesse à qui j'appartenais avait de la sympathie pour ces condamnés politiques, à tel point que nous en avons parlé souvent à l'école secondaire et à l'école de droit de ministère de la Justice, où je m'inscrivis en 1917 (En témoignage de notre sympathie pour nos ainés révolutionnaires, après la révolution de 1932, notre gouvernement démocratique a redonné à ces condamnés leur grade respectif qu'on leur avait retiré lors de leur jugement) [...]
En 1918, la révolution bolchevique en Russie fut annoncée dans les journaux de Bangkok de diverses tendances. Mais ce qui m'intéressait, c'était l'abolition de la monarchie absolue du tsar. Cet événement me rappela ce dont mon professeur m'avait parlé à l'école secondaire. Entre le Siam et la Russie, lequel des deux abolirait le premier sa monarchie?
Comme celle de la Russie venait d'être abolie, j'espérais ardemment qu'il en serait de même pour le Siam.
Écrit par Pridi Banomyong en 1973

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 15:36

Appel international: S'il vous plaît apporter votre soutien au Réseau des Membres des Familles des Personnes touchées par la loi de lèse-majesté, l'article 112

Offrez votre solidarité par le biais d'un don financier

Un nouveau réseau d'amis et des familles des personnes touchés par l'article 112 a été lancée le 5 juillet dernier au FCCT à Bangkok. Les familles, dont celle de Somyot, et les amis des personnes détenues luttent depuis plus d'un an pour leur libération et le réseau vise à les soutenir ainsi qu'à sensibiliser le public sur la situation des prisonniers politiques en Thaïlande. Voici les coordonnées bancaires pour transférer votre soutien financier:

Nom de la banque: Krung Thai Bank

Numéro de compte bancaire: no. 481-0-14800-9. 

Century Branch Bangkok, Bangkok, Thaïlande.

Les noms des titulaires du compte autorisés à faire un retrait: Mme Pranee Danwattananusorn, Mme Rosmalin Tangnoppakun, M. Panitan Prueksakasemsuk.

Pour un transfert international, utilisez le code SWIFT KRTHTHBK

Adresse de la Banque:

Krung Thai Bank

Century Building, no. 15

Kwaeng Phayatai Road, Khet Rajthawee

Bangkok 10400

Thaïlande

Pour toute question, vous pouvez écrire à la page facebook du réseau:

http://www.facebook.com/112FamilyNetwork/info

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