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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 16:10

RSF condamne la torture et les mauvais traitements dont sont victime les prisonniers politiques pour lèse-majesté en Thaïlande

Voici le rapport de Reporter Sans Frontière sur les prisonniers politiques pour lèse-majesté en Thaïlande:

Lynchage en prison

Mauvais traitements et stigmatisation des détenus condamnés pour lèse-majesté

Reporters sans frontières (RSF) juge “honteux” les mauvais traitements infligés, tant par les gardiens de prison que par les prisonniers eux-mêmes, aux détenus condamnés en Thaïlande pour crime de lèse-majesté.

Thantawut Thaweewarodomkul est incarcéré depuis le 1er avril 2010 pour avoir posté sur Internet trois messages critiquant le roi. Ce “crime” lui vaut dix ans d’emprisonnement, suivis de trois ans supplémentaires pour violation du Computer Crime Act.

Dans son centre de détention à Bangkok, Thantawut Thaweewarodomkul a été blessé au visage et s’en est tiré avec deux yeux au beurre noir. “Certains gardiens m’ont emmené dans une autre partie de la prison et ont ordonné aux détenus de me frapper”, a-t-il expliqué à l’Agence France-Presse (AFP). Ces pratiques sont fréquentes et, selon les informations recueillies sur place par Reporters sans frontières, il arrive souvent que les co-détenus n’attendent même pas les ordres des geôliers pour passer à tabac les individus condamnés pour lèse-majesté. La Thaïlande fait partie des pays classés “sous surveillance” dans la liste des Ennemis d’Internet, actualisée le 12 mars 2012 par Reporters sans frontières. L’organisation avait publié en 2009 un rapport intitulé “Sa Majesté l’intouchable - ‘Censure et emprisonnements : les abus au nom du crime de lèse-majesté en Thaïlande’”.

A propos de Thantawut:

13 ans de prison pour 3 messages sur Internet

Reporters sans frontières dénonce la condamnation, le 15 mars 2011, de Thanthawut Taweewarodomkul, administrateur d’un site lié aux “Chemises rouges”, Nor Por Chor USA, à 13 ans d’emprisonnement. Il était jugé pour crime de lèse-majesté et violation du Computer Crime Act.

Thanthawut Taweewarodomkul est accusé d’avoir posté trois messages critiquant le roi. Le crime de lèse-majesté lui vaut dix ans d’emprisonnement, suivis de trois ans supplémentaires derrière les barreaux pour violation du Computer Crime Act. Il est incarcéré depuis le 1er avril 2010, date de son arrestation.

Cette condamnation est particulièrement sévère compte tenu du maximum encouru pour le crime de lèse-majesté, qui est de quinze ans de prison. Alors que la Constitution thaïlandaise garantit la liberté d’expression, trente-et-un cas de lèse-majesté ont été répertoriés depuis 2007, dont onze faisant intervenir le Computer Crimes Act, selon le rapport de iLaw Project de décembre 2010.

Thanthawut Taweewarodomkul avait d’abord avoué, lors de son interrogatoire par la police, avoir publié ces messages sur le site, deux sous le pseudo “admin” et un troisième sous un autre nom. Il s’est cependant rétracté pendant son procès.

Son avocat à fait appel. La cour d’appel devrait se prononcer le 18 mars sur sa demande de mise en liberté sous caution. Reporters sans frontières demande que cette libération soit accordée et que les charges soit abandonnées.

La Thaïlande fait partie des pays sous surveillance dans la liste des Ennemis d’Internet, actualisée le 12 mars 2011 par Reporters sans frontières.

Lien de l'article:

http://fr.rsf.org/thailande-13-ans-de-prison-pour-3-messages-17-03-2011,39816.html

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 14:09

Somyot Pruksakasemsuk, 50 ans, est rédacteur en chef du magazine "Voice of Taksin" (Voix de Taksin") devenu "Red Power" ("Pouvoir Rouge")  ainsi qu'un éminent activiste thaïlandais du monde du travail. Il est connu pour ses efforts sans relâche afin de soutenir l'autonomisation du mouvement ouvrier et la mise en place d'un syndicalisme démocratique en Thaïlande. En 2007, il a commencé à éditer le magazine "Voice of Taksin" (la "Voix de Taksin" La Voix des Opprimés), une publication politique qui critiquait le gouvernement d'Abhisit Vejajiva.

Somyot est également le président de l'Alliance démocratique de l'Union du Travail et le leader du groupe 24 Juin pour la Démocratie. Il a joué un rôle actif dans le mouvement chemise rouge et dans la campagne pour abroger la loi de lèse-majesté (article 112 du Code pénal). Somyot a été détenu pendant 21 jours de mai à juin 2010 en vertu du décret d'urgence. Après avoir été libéré, il a changé le nom de sa revue en "Red Power". Avant son arrestation, il était également actif dans la campagne contre la loi de lèse-majesté.

Somyot a été arrêté le 30 avril 2011 à Aranyaprathet, un district situé dans la province de Sa Kaeo sous l'accusation d'avoir violé l'article 112 du Code pénal thaïlandais qui stipule que "quiconque diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l'héritier présomptif ou le régent, sera puni d'un emprisonnement de trois à quinze ans". Selon le ministère public, Somyot est accusé d'avoir autorisé la publication de deux articles dans Voice of Taksin qui font des références négatives vis à vis de la monarchie. Les articles ont été rédigés par Jitr Pollachan, un pseudonyme composé des noms de deux thaïlandais marxistes révolutionnaires. S'il est reconnu coupable, il devra faire face à une peine maximum de 30 ans d'emprisonnement.

Son arrestation est intervenue cinq jours seulement après que le Réseau Droits et Démocratie, dans lequel Somyot est impliqué, ait lancé une campagne visant à recueillir 10.000 signatures pour une pétition demandant un examen parlementaire de l'article 112 du Code criminel. Son nom a également été inclus dans un graphique publié par le colonel Sansern Kaewkamnerd, le porte-parole du Centre pour la Résolution des Situations d'Urgence (CRES), le 26 avril 2010. Dans ce tableau figurait de nombreux noms de personnes que le CRES accusait d'être "anti-monarchie". Cependant, aucune preuve crédible n'a été présentée pour appuyer une telle allégation (1).

Somyot est détenu arbitrairement depuis le 30 avril 2011, soit 15 mois consécutifs. Ses demandes de libération sous caution ont été maintes fois rejetée par le tribunal, une pratique habituelle vis à vis des suspects de lèse-majesté affiliés au mouvement des chemises rouges. Sa dernière demande a été rejetée le 18 mai 2012. C'était la dixième. Ceci est une violation de la garantie constitutionnelle d'un droit à la libération sous caution en vertu du paragraphe 40 de la Constitution thaïlandaise de 2007 censé assurer la protection des inculpés ainsi qu'un droit à un procès équitable en vertu du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP), que la Thaïlande a ratifié en 1996, et les Principes 36 et 39 de l'Ensemble de Principes pour la Protection des Personnes Soumises à une forme quelconque de Détention ou d'Emprisonnement (1988). Une détention provisoire prolongée porte atteinte au droit d'être présumé innocent jusqu'à preuve du contraire, un des droits universels garantis par la Constitution et le PIDCP. Cette détention affecte également Somyot et la capacité de son avocat de préparer adéquatement sa défense.

Le procès de Somyot a débuté le 21 novembre et a eu lieu dans différentes provinces de Thaïlande. Pour les audiences des témoins du procureur, Somyot a été transféré aux provinces de Sa Kaeo (21 novembre 2011), Petchabun (19 décembre 2011), Nakorn Sawan (16 janvier 2011) et Songkla (13 février 2012). La dernière audience a été reportée à la dernière minute et reprogrammé à Bangkok en raison de l'absence de témoins. Malgré le fait que tous les témoins de l'accusation travaillent et vivent à Bangkok, le tribunal a ordonné que les audiences d'audition des témoins se déroulent dans d'autres provinces. Une telle pratique a été critiquée pour avoir entravé la présence et la participation des observateurs du procès, du corps diplomatique ainsi que des journalistes et porté atteinte à son droit à un procès équitable.

Somyot souffre d'hypertension et de la goutte. En raison de la planification des audiences dans les tribunaux provinciaux entre novembre 2011 et février 2012, Somyot a été transféré de prison en prison et a dû se tenir debout dans un camion bondé. Ses chevilles étaient enchaînées avec une chaîne de 10 kg et on lui a refusé l'accès aux installations de la salle de repos pendant le voyage. La distance totale parcourue dans ces conditions a été de 4.000 km à travers le pays. Il est actuellement détenu au Centre de Détention Provisoire de Bangkok, qui est aussi tristement célèbre pour sa surpopulation et ses soins de santé inadéquats. La longue distance parcourue et la détention provisoire prolongée ont aggravées les conditions de santé de Somyot, notamment son hypertension et sa goutte.

Les auditions des témoins se sont terminées le 3 mai 2012, mais le verdict n'a pas encore été rendu. Le 24 avril 2012, l'avocat de Somyot a soumis une requête à la Cour pénale, lui demandant de demander à la Cour constitutionnelle de statuer sur la constitutionnalité de l'article 112. La Cour pénale n'a pas immédiatement donné son accord. Donc, le 27 avril, l'avocat a présenté la demande directement à la Cour constitutionnelle, qui a décidé le 18 mai de la rejeter au motif que Somyot n'avait pas épuisé les autres moyens pour exercer ses droits, tel que requis par l'article 212 de la Constitution et les règles du tribunal. Cependant, le 7 juin, le tribunal correctionnel a décidé de transmettre la demande initiale de son avocat à la Cour constitutionnelle. Le 26 juin, la Cour constitutionnelle a informé son avocat qu'elle avait reçu les deux demandes. La Cour pénale a décidé d'annoncer la date du verdict pour le 19 septembre 2012, en attendant la décision de la Cour constitutionnelle concernant la première demande transmise par le tribunal correctionnel.

(1) Le 22 Mars 2011, le colonel Sansern Kaewkamnerd a témoigné lors du procès suite à sa plainte en diffamation que ce graphique sur les réseaux anti-monarchie et les liens entre les groupes politiques était uniquement informatif et qu'il n'y avait aucune intention de condamner qui que ce soit du mouvement anti-monarchie.

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 15:49

Déclaration relative à la plainte du Général Prayuth contre Robert Amsterdam
Le samedi 18 Août 2012, le journal quotidien en langue thaïe, Matichon, a rapporté que le commandant en chef de l'Armée royale thaïlandaise, le général Prayuth Chan-ocha, a chargé le lieutenant-colonel Sayan Khunkhaji de déposer une plainte pour diffamation contre Robert Amsterdam ainsi que sa traductrice. M. Amsterdam est le conseiller juridique de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra et du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD).
La plainte est censée se fonder sur le contenu d'un discours que M. Amsterdam a fait à Bangkok le 19 mai 2012, à l'occasion du deuxième anniversaire de la brutale répression militaire qui a entraîné la mort de quatre-vingt-huit personnes. Pendant ce discours, qui peut être consulté dans son intégralité sur Youtube (lien: http://www.youtube.com/watch?v=ktrrg9Kd8b4&feature=share), M. Amsterdam a dénoncé l'Armée royale thaïlandaise pour avoir massacré des civils et a ensuite critiqué le gouvernement des États-Unis pour avoir fourni des armes à l'armée thaïlandaise et avoir formé les snipers thaïlandais qui ont servi à assassiner des citoyens de Thaïlande. Le discourt de M. d'Amsterdam a été traduit en thaï donc une plainte a aussi été déposée contre la traductrice (NDT il s'agit de l'épouse d'Andrew Spooner).

Le Général Prayuth prétend que ce discourt aurait

"endommagé la réputation de l'Armée royale thaïlandaise."


Les nouvelles de la plainte pénale contre M. Amsterdam et sa traductrice se sont produites bizarrement après que l'Armée royale thaïlandaise et l'ancien Premier ministre Abhisit aient

publiquement menacé le Département des Enquêtes Spéciales (DSI), qui mène sa propre enquête sur la répression de 2010, et aient niés lors d'interviews à la presse, d'avoir déployé des tireurs d'élite pour massacrer des civils en 2010. Il est clair que l'attitude de M. Abhisit et du général Prayuth, qui sont de plus en plus désespérés dans leur quête pour protéger leur impunité face à leurs crimes, témoigne de l'efficacité du travail accompli par M. Amsterdam et par d'autres.
M. Amsterdam demeure engagé dans son effort de tenir les hauts fonctionnaires (y compris M. Prayuth et l'ancien Premier ministre Abhisit Vejjajiva) d'avoir à rendre des comptes pour leurs crimes contre l'humanité commis lors de la répression illégale et meurtrière contre les rassemblements des chemises rouges d'Avril et Mai 2010. Cependant, ce qui est certain, c'est que cette fois, ceux qui ont assassiné des civils pour protéger leur pouvoir et leurs privilèges ne seront pas en mesure d'échapper à un procès pour rendre compte de leurs crimes.

Lien:

http://robertamsterdam.com/thailand/2012/08/19/statement-on-general-prayuths-complaint-against-robert-amsterdam/

 

Dernière information : La Cour Pénale Internationale de La Haye va accepter la plainte de Robert Amsterdam contre Abhisit, Suthep et les généraux Prayuth et Anupong pour crime contre l’humanité.

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 14:59

Pridi, le plus connu des exilés politiques thaïlandais, a écrit le livre "Ma vie mouvementée et mes 21 Ans d'exil en Chine Populaire" en français (Pridi pouvait parler et écrire parfaitement le français) quand il était en exil à Paris (de 1970 à sa mort en 1982). Le chapitre 2 de ce livre retrace sa vie lorsqu’il était un jeune révolutionnaire dans les années 1910/1920. Malheureusement il n'y a pas de traduction ni en thaï ni en anglais du livre de Pridi.

 

pridi-book.jpg

 

Voici le deuxième chapitre de son livre:

Mon adolescence révolutionnaire
par Pridi Banomyong
A l'âge d'onze ans en 1911, j'ai observé un changement spectaculaire et soudain dans la coutume de Chinois d'outre-mer et de leurs enfants qui constituaient environ 25% de la population totale du Siam; presque tous les hommes avaient coupé leur longue queue nattée, coiffure qu'ils avaient adoptée depuis plusieurs siècles. Ils ont expliqué la raison de ce grand changement à la population locale: la monarchie absolue archaïque qui leur avait imposé cette honteuse mode de coiffure avait été renversé par la Révolution républicaine dirigée par le Docteur Sun Yat-sen, qui avait alors demandé à tous les Chinois  d'adopter la mode des cheveux courts comme les Européens (à cette époque) afin que les Chinois ne soient plus ridiculisés par les étrangers à cause de "la queue de leur tête".
Mais à l'école "Toa-Yan d'Audhya (Ayuthaya)", où je faisais mes études secondaires, mon professeur d'Histoire et de Géographie m'expliqua la vraie raison de ce changement. Il me raconta que la plupart des pays indépendants dans le monde avait chacun un gouvernement installé avec le consentement du Parlement dont les membres étaient élus par le peuple, peu importait le statut de leur chef d'Etat respectif qui pouvait être le roi héréditaire ou un simple particulier devenu président de la République par l'élection du peuple pour un temps déterminé. Mon professeur ajouta que, puisque parmi les trois monarchies absolues retardataires (chinoise, russe et siamoise), celle des Chinois avait déjà été renversé, il ne restait plus que celle de la Russie et du Siam et on ne savait pas laquelle des deux disparaitrait la première.

Dès lors, je commençai à m'intéresser à la Révolution en Chine dirigée par Sun Yat-Sen, surtout aux batailles entre l'armée impériale et républicaine, comme tous les garçons de mon âge qui aiment aller au cinéma pour voir des films de combat ou de westerns. A cette époque, les journaux n'étaient pas répandues au Siam, surtout dans ma province natale; pour assouvir ma soif de nouvelles, mon père se procura quelques vieux journaux appartenant à l'un de mes cousin, officier de l'armée royale. C'est en lisant ces vieux journaux que j'ai pu, petit à petit prendre connaissance des méfaits du régime monarchique contre lequel les Chinois s'étaient révoltés et qu'ils avaient remplacé par un gouvernement républicain.
A peine un an après, c'est à dire en 1912, une grande nouvelle se propagea dans tout le pays: le gouvernement royal du Siam avait découvert un parti révolutionnaire clandestin qui voulait renverser la Monarchie absolue. A cet effet, plus d'une centaine de révolutionnaires avaient été arrêtés et condamnés par un tribunal spécial à la réclusion à perpétuité ou à la peine de mort. Mais le roi Rama VI fit preuve d'indulgence en commuant la peine de mort à la réclusion à perpétuité, puis réduisant celle-ci à vingt ans de prison; ceux qui avaient été condamnés dès le premier jugement à vingt ans de prison ont pu bénéficier du sursis.
Il est certain que le gouvernement n'a pas pu découvrir tous les membres du parti (par exemple parmi eux Boon Ek qui travaillait comme employé local à l'ambassade de France et qui s'était joint à ce parti sans en informer son ambassadeur, etc.).
L'instigateur de ce mouvement révolutionnaire, le sous-lieutenant Rial Srichan, âgé seulement de dix-huit ans, avait enrôlé son ami intime, le sous-lieutenant Charoon Satames, âgé de vingt-quatre ans, et le sous-lieutenant Netr Poonvivat, âgé de dix-huit ans (à qui avait été confié le secrétariat du parti).
Ces jeunes officiers continuèrent à enrôler d'autres officiers appartenant à diverses unités spécialement à la première division de la garde royale. Ensuite ils trouvèrent un docteur qui accepta d'être le chef du parti; ce dernier était le frère ainé de l'instigateur, le capitaine médecin Leng Srichan, qui était le médecin personnel du prince héritier; ainsi, tout comme le mouvement révolutionnaire chinois, ce parti avait pour chef un médecin. Le lieutenant Charoon na Banschang, gradé de l'Ecole de droit, se joignit à l'organisation; on lui attribua la fonction de commissaire politique. Certains étudiants en droit se joignirent également à cette organisation.
Au cours de la procédure devant le tribunal spécial, un juge reprocha à un sous-lieutenant du régiment de la garde royale d'avoir été infidèle au roi; l'accusé expliqua courageusement au juge qu'il aimait la nation plus que le roi lui-même et, étant donné qu'il était dans le régiment le plus proche du roi, il connaissait mieux ce qui se passait à la Cour royale que les autres soldats et civils. Il s'était alors rendu compte que les plaisirs et les extravagances de la Cour entrainaient la nation à la décadence; ceci avait contribué à sa prise de conscience et l'avait poussé à participer au mouvement révolutionnaire.


Une section de la jeunesse à qui j'appartenais avait de la sympathie pour ces condamnés politiques, à tel point que nous en avons parlé souvent à l'école secondaire et à l'école de droit de ministère de la Justice, où je m'inscrivis en 1917 (En témoignage de notre sympathie pour nos ainés révolutionnaires, après la révolution de 1932, notre gouvernement démocratique a redonné à ces condamnés leur grade respectif qu'on leur avait retiré lors de leur jugement) [...]
En 1918, la révolution bolchevique en Russie fut annoncée dans les journaux de Bangkok de diverses tendances. Mais ce qui m'intéressait, c'était l'abolition de la monarchie absolue du tsar. Cet événement me rappela ce dont mon professeur m'avait parlé à l'école secondaire. Entre le Siam et la Russie, lequel des deux abolirait le premier sa monarchie?
Comme celle de la Russie venait d'être abolie, j'espérais ardemment qu'il en serait de même pour le Siam.
Écrit par Pridi Banomyong en 1973

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 15:36

Appel international: S'il vous plaît apporter votre soutien au Réseau des Membres des Familles des Personnes touchées par la loi de lèse-majesté, l'article 112

Offrez votre solidarité par le biais d'un don financier

Un nouveau réseau d'amis et des familles des personnes touchés par l'article 112 a été lancée le 5 juillet dernier au FCCT à Bangkok. Les familles, dont celle de Somyot, et les amis des personnes détenues luttent depuis plus d'un an pour leur libération et le réseau vise à les soutenir ainsi qu'à sensibiliser le public sur la situation des prisonniers politiques en Thaïlande. Voici les coordonnées bancaires pour transférer votre soutien financier:

Nom de la banque: Krung Thai Bank

Numéro de compte bancaire: no. 481-0-14800-9. 

Century Branch Bangkok, Bangkok, Thaïlande.

Les noms des titulaires du compte autorisés à faire un retrait: Mme Pranee Danwattananusorn, Mme Rosmalin Tangnoppakun, M. Panitan Prueksakasemsuk.

Pour un transfert international, utilisez le code SWIFT KRTHTHBK

Adresse de la Banque:

Krung Thai Bank

Century Building, no. 15

Kwaeng Phayatai Road, Khet Rajthawee

Bangkok 10400

Thaïlande

Pour toute question, vous pouvez écrire à la page facebook du réseau:

http://www.facebook.com/112FamilyNetwork/info

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 16:17

Cher tous, amis et camarades
Chaleureuses salutations
Nous souhaitons mettre à jour les événements sur le cas de Somyot et des autres affaires concernant la Loi de Lèse-majesté

En juillet 2012, certains cas ont été graciés, d'autres reconnus coupables et de nouveaux cas ont été accusés en vertu de cette loi.
Une série de campagnes a été lancé en Thaïlande afin d'accélérer la campagne pour la libération de Somyot. Elles se poursuivront durant tout le mois d'août et continueront jusqu'à la prochaine audience du procès de Somyot, le 19 septembre 2012.
Nous vous appelons à continuer de signer la lettre de protestation en ligne pour appeler à la libération de Somyot.

Lien de la pétition en anglais:
http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1383

Lien de la pétition en français:

http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1384


Lien du communiqué de presse de la campagne "Free Somyot":
http://freesomyot.wordpress.com/2012/05/14/press-release/

Un appel au Bureau des Nations Unies pour les Droits de l'Homme et à L'Union Européenne afin qu'ils envoient un délégué visiter les détenus politiques de lèse-majesté emprisonnés a été lancé:
Le Réseau des Familles des Détenus 112 a envoyé une lettre au Bureau du Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l'Homme (HCDH) ainsi qu'à la délégation de l'UE en Thaïlande.
La lettre a été signée par Sukunya Prueksakasemsuk, l'épouse de Somyot, et le groupe appelle à une visite officielle par un agent du HCDH et un délégué de l'UE à Bangkok pour vérifier les mauvaises conditions de détention des détenus pour lèse-majesté, mentionnant spécifiquement six prisonniers qui subissent des conditions de détentions particulièrement difficiles.
Liens en anglais:
http://www.facebook.com/media/set/?set=a.347028165374226.78937.339071509503225&type=1

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2012/08/03/25720/

Lien en français:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-lettre-du-reseau-des-familles-des-detenus-112-au-bureau-regional-pour-l-asie-du-sud-est-du-commissai-108777912.html


Un représentant de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme a visité Somyot en prison
Le 24 juillet 2012, une ONG internationale pour la protection des droits humains, la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH), a fait une première visite officielle à la maison d'arrêt de Bangkok. Le représentant de la FIDH pour l'Asie a visité Somyot ainsi que d'autres prisonniers politiques pour lèse-majesté afin de discuter de leur traitement et de la situation actuelle. La FIDH est la première ONG internationale à avoir effectué une visite publique aux prisonniers politiques thaïlandais, un geste très apprécié et encourageant.

Lien en anglais:
http://freesomyot.wordpress.com/2012/07/28/international-federation-of-human-rights-visits-somyot/~~V

Lien en français:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-la-federation-internationale-des-droits-de-l-homme-a-rendu-visite-a-somyot-108616170.html


Un autre cas de lèse-majesté s'est produit en juillet 2012:
Thitinant Kaewchantranont, une Thaïlandaise résidente en Nouvelle-Zélande a été accusée de lèse-majesté et ne s'est pas rendu à l'aéroport pour un vol à destination d'Auckland (Nouvelle-Zélande) alors qu'elle possédait un billet d'avion. La police l'a ensuite envoyé dans un hôpital psychiatrique.

Lien de l'article du Bangkok Post (en anglais) sur ce cas:
http://www.bangkokpost.com/news/politics/302972/lese-majeste-suspect-admitted-to-hospital


Une demande de libération sous caution rejetée:
La demande d'une caution sous caution pour Surapak Puchaisaeng (Tam) a été rejeté de nouveau. Triste nouvelle pour la maman de Tam alors que va avoir lieu la fête des mères (le jour de la fête des mères en Thaïlande est le 12 aout, l'anniversaire de la Reine qui est la "mère" de tous les Thaïlandais).
https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/pendingcases/surapak-puchaisaeng/~~V


Le procès pour lèse-majesté d'un homme qui aurait vendu des vidéos diffamatoires pour la monarchie a commencé:
Le procès pour lèse-majesté d’Ekachai Hongkangwan, un homme arrêté pour trafic de vidéos piratées d'un documentaire de la chaine de télévision australienne "Australian Broadcasting Corporation" (ABC) sur l'avenir de la monarchie thaïlandaise et la loi de lèse-majesté.

Lien en anglais:
http://prachatai.com/english/node/3298

Une plainte pour lèse-majesté à l'encontre d'un homme qui refusait de se lever lors de la diffusion de l'hymne royal au cinéma a été annulée:
Le ministère public a décidé de classer une affaire de lèse-majesté contre Chotisak Onsoong et son amie qui ont refusés de se lever lors de la diffusion de l'hymne royal dans un cinéma de Bangkok en 2007.
Lien en anglais:
http://www.prachatai.com/english/node/3299

Lien en français sur ce cas:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-exile-politique-chotisak-onsoong-107812626.html

Un prisonnier politique, Joe Gordon, gracié:
Le Roi a pardonné et gracié l'Américain d'origine thaïlandaise Joe Gordon, emprisonné pour crime de lèse-majesté. Il a été libéré le 11 juillet 2012

Lien en anglais:
http://www.bangkokpost.com/news/local/302015/king-pardons-us-man-jailed-for-lese-majeste

Lien en français:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-le-prisonnier-politique-joe-gordon-libere-108018621.html


Un ancien prisonnier politique pour lèse-majesté, Nat Sattayapornpisut, a témoigné sur ses conditions de détention:

Lien en anglais:
http://www.prachatai.com/english/node/3316

Lien en français:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-prisonnier-politique-libere-nat-sattayapornpisut-temoigne-108892781.html

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 14:12

Nat Sattayapornpisut a été libéré le 19 avril de cette année après avoir passé 2 ans et 4 mois de prison. Il a été emprisonné pour l'envoi d'e-mails à un ami étranger contenant des liens vers certains matériaux, disponibles sur l'Internet, considérés comme offensant pour la monarchie thaïlandaise.
Maintenant âgé de 29 ans, il est né et a vécu à Bangkok. Quand il avait deux ans, son père s'est suicidé à la suite de la ruine de son entreprise et, vingt ans plus tard, sa mère est morte d'un cancer. Tout ce qui lui reste de sa famille est son frère cadet, sa grand-mère qui s'est occupé de lui et quelques parents éloignés.
Il s'est inscrit dans un collège pour étudier la finance et le système banquaire, mais a abandonné en raison d'une aversion pour les salles de classe depuis l'enfance. Il s'est tourné vers le commerce électronique et a été attiré par la politique après le coup d'Etat de 2006, car il était curieux de savoir ce qui s'était passé dans les coulisses. Cela l'a amené à fouiller dans les informations provenant de diverses sources sur Internet.
Il n'a jamais assisté à aucun des rassemblements politiques ni ne s'est impliqué avec les partis politiques. Il a suivi avec enthousiasme l'information et en particulier les nouvelles politiques de "Same Sky" (Fah Diew Kan, "Même Ciel" en français, actuellement http://www.konmuankan.com), un pionnier des forums politiques sur Internet traitant de la monarchie à l'époque.
À la mi-2009, il a envoyé des e-mails contenant des liens vers des clips vidéo et des photographies de certains membres de la famille royale thaïlandaise, qui étaient disponible sur l'Internet, à Emilio Esteban, le pseudo d'un Anglais vivant en Espagne, qu'il avait rencontré via l'Internet. Et l'Anglais, en utilisant des alias stoplesemajeste, a posté ces clips sur son site Internet.
Dans leur enquête sur le cas de Suwicha Thakor, arrêté en Janvier 2009, qui avait été découvert à cause d'une connexion avec Esteban, le Département des Enquêtes Spéciales et le Ministère de l'Information et de la Technologie des Communications ont envoyé leurs représentants interroger Esteban en Espagne. Bien qu'ils ne puissent pas prendre d'action en justice contre lui, ils ont réussi à accéder à son compte e-mail et ont trouvés l'e-mail de Nat.
Le 13 octobre 2009, Nat a été arrêté dans son appartement par le DSI. Selon son témoignage, cet après-midi là, il entendit inhabituellement frapper fortement à sa porte, et quand il ouvrit, environ 10 hommes et femmes vêtus de vêtements officiels ont pénétrés chez lui. Ils lui ont montré un mandat d'arrêt et l'ont notifié de son crime. Il se sentait très inquiet et a été menotté. Les fonctionnaires ont fouillés sa chambre et saisi ses documents, des CD, son ordinateur, son agenda ainsi que son téléphone portable.
Il a été emmené au quartier général du DSI et inculpé d'infractions en vertu de la Loi de 2007 sur la criminalité informatique. Il a été détenu au bureau du DSI pendant deux nuits, et pendant de longs interrogatoires, on lui a demandé des détails sur son utilisation d'Internet, y compris la façon d'accéder à son compte e-mail.
Il a été envoyé à la maison d'arrêt de Bangkok, et a passé 12 autres nuits avant d'être libéré grâce à une caution de 200.000 baht en espèces versée par ses parents.
Un mois plus tard, il a été convoqué à la DSI et a été inculpé de lèse-majesté.
Le 14 décembre 2009, un jour dont il se rappelle comme l'un des pires jours de sa vie, il s'est rendu à une convocation du tribunal, seul et sans avocat car il n'avait aucune idée vers qui il pourrait se tourner. Les fonctionnaires de justice lui ont demandés ce qu'il avait décidé de faire dans son cas et lui ont affirmé que s'il avouait, un verdict serait rendu tout de suite.
Il était totalement dans l'obscurité, et il était bien
conscient qu'il était presque impossible de lutter contre ce genre de cas. Son cerveau a travaillé dur pour spéculer sur la pénalité dont il écoperait et sur la réduction de peine dont il bénéficierait s'il avouait.
Finalement, il a décidé de plaider coupable car il ne savait pas quoi faire d'autre.
Ce jour-là, le tribunal l'a reconnu coupable de trois chefs d'accusations pour l'envoi de trois e-mails (personnels et non pas publics) les 22-23 juillet 2009, et l'a condamné à 9 ans de prison, mais a réduit cette peine de moitié car il avait plaidé coupable.
"Le juge a lu un verdict bref, disant que la sentence de l'accusé, c'est à dire moi-même, était de 4 ans et 6 mois de prison. J'étais choqué et sans voix. Le juge a dû répéter la phrase parce qu'il me voyait pâle et immobile et pensait que je n'avais pas compris. Je réalisais soudain que j'allais être emprisonné pendant des années. Ensuite, les Fonctionnaires de la Cour m'ont emmené dans une cellule. Je me sentais très mal et effrayé", raconte Nat.
Il a été emprisonné à la zone 4 de la maison d'arrêt de Bangkok, et a dû produire 5 kg de moules en papier tous les jours durant plus de la moitié de sa première année d'emprisonnement. Malgré une demande officielle pour que les condamnés travaillent afin de réduire le stress d'être emprisonné, il se sentait encore plus stressé d'être obligé de faire ce travail.
Vers le milieu de l'année 2010, il a été recruté par le personnel pénitentiaire du département de l'éducation de la prison pour enseigner ses compétences en informatique aux autres détenus.
Il estime que son temps en prison a été le point le plus bas dans sa vie. Il ne pouvait pas s'adapter à la vie à l'intérieur de la prison à cause
de son habitude d'être seul dans son propre monde. "La vie en prison, c'est comme être à l'école et dans un marché tout le temps, c’est bruyant et encombré", explique Nat.
"Pendant les premiers jours, je pensais que j'allais mourir là-bas. Je n'ai jamais pensé que je pourrais le supporter, mais j'ai survécu à cette tourmente. Je n'ai jamais pu m'adapter à la vie en prison. J'étais déprimé et cela se voyait toujours sur mon visage. Beaucoup de détenus m'ont demandé si je le supporterais", dit-il.
Il recevait la visite de son frère cadet et de sa grand-mère de temps en temps, mais pas celle d'autres parents. Il a envisagé le suicide, mais a finalement enduré son calvaire et s'est bien comporté jusqu'à ce qu'il soit promu au statut de prisonnier exemplaire.
Au cours de son temps, il fait la connaissance d'autres prisonniers pour lèse-majesté à commencer par Wanchai qui était dans la même zone, Warawut Thanangkorn qui a été déplacé dans son quartier au début de 2011, puis Thanthawut Thaweewarodomkul. C'est Thanthawut qui a expliqué aux visiteurs de prison les cas de Nat et Wanchai. En conséquence, à partir de la mi-2011, Nat, qui avait déjà été rarement visité auparavant, a eu plus de visiteurs, y compris des chemises rouges et autres personnes concernées ce qui lui a rendu un peu plus supportable la vie derrière les barreaux.
"Les détenus pour lèse-majesté doivent subir des conditions de détention beaucoup plus difficile que les prisonniers de droit commun. Bien que de nombreux prisonniers soient sympathiques et perçoivent le châtiment comme étant trop sévère, d'autres considèrent que le crime de lèse-majesté est l'incarnation du mal et méprisent les prisonniers pour lèse-majesté et leur lancent des malédictions au visage. Certains disent qu'ils sont méchants et sans valeur et que la lèse-majesté est pire que le viol et le meurtre. Certains responsables utilisent un langage grossier et les traitent d'une façon déshumanisante. Je devais me mettre à genoux lorsqu'ils me parlaient. Les prisonniers et les fonctionnaires appartiennent à des castes différentes. Quand ils lisent les dossiers des nouveaux prisonniers, les prisonniers doivent être agenouillés sur le sol tandis que les fonctionnaires sont assis sur des chaises. Et ils nous parlent rudement et avec mépris", explique Nat.
En tant que prisonnier exemplaire, sa peine d'emprisonnement a été réduite à deux reprises suite à une amnistie impliquant des événements royaux, et il a été libéré le 19 Avril 2012.
Il devait se présenter régulièrement à la cour durant sa probation, jusqu'à ce qu'il ait récemment reçu un "certificat d'innocence" de la prison, ce qui garantit qu'il a complètement purgé sa peine.
Il est retourné à la prison pour rendre visite à ses amis, et se sent mal qu'ils soient toujours détenus.

Liens:

L’article de Prachatai (en anglais) dont s’est inspiré cet article :

http://www.prachatai.com/english/node/3316

 

Le cas de Nat précédemment traité par l’auteur de ce blog:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-prisonnier-politique-thailandais-nat-sattayapornpisut-108202944.html

 

Les articles sur Tanthawut parus dans ce blog:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-prisonnier-politique-thailandais-tanthawut-taweewarodomkul-107949923.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-le-prisonnier-politique-thailandais-tanthawut-taweewarodomkul-ecrit-une-lettre-a-amnesty-internation-108071678.html

 

L’article de ce blog sur Wanchai:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-autre-prisonnier-pour-lese-majeste-wanchai-saetan-103861506.html

 

 

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 13:35

Réseau des Personnes Touchées par l'Article 112 et des Membres de leurs Familles
Le 23 Juillet 2012
Bureau régional pour l'Asie du Sud-est du Commissaire aux Droits de l'Homme (HCDH)
Nations Unies
Bangkok, Thaïlande
Cher Bureau Régional à Bangkok
Je vous écris en référence à notre réunion du 20 Juillet 2012 qui a eu lieu de 13 heures 30 à 14 heures au siège de l'ONU [à Bangkok].
Lors de la réunion, j'ai partagé avec vous les objectifs du Réseau des Personnes Touchées par l'Article 112 et des Membres de leurs Familles, ainsi que des problèmes urgents affectant les prisonniers qui sont détenus à la Maison d'arrêt de Bangkok en détention provisoire (Hommes), et à la prison centrale de Klong Prem (Femmes), y compris le refus systématique de leur droits à la liberté sous caution par le tribunal malgré des demandes répétées avec preuves à l'appui, le manque d'accès aux soins médicaux adéquats, le fardeau de certaines procédures et la limitation du temps de visite aux prisonniers imposée aux visiteurs et membres de leurs familles.
En outre, certains parents de ces prisonniers ont des difficultés à rendre visite aux membres de la famille détenus ou emprisonnés en raison de leurs faibles revenus, du manque de soutien financier, de la sanction sociale des voisins et de la société, ou pour d'autres raisons. Par conséquent, les prisonniers sont abandonnés et se sentent déprimés, ce qui entraîne des problèmes de santé mentale et physique. Les conditions de détention dans la plupart des prisons thaïlandaises, qui sont lamentables, aggravent les conditions de santé des détenus.
En tant que représentante du Réseau des Personnes Touchées par l'Article 112 et des Membres de leurs Familles (souvent appelé "Réseau des Familles des Détenus 112"), je voudrais demander que des représentants du Bureau régional du HCDH à Bangkok visitent officiellement ces personnes détenues pour lèse-majesté dans les prisons de Bangkok. Nous avons listé ci-dessous les prisonniers ou les détenus dont une visite par le HCDH devrait être prioritaire:
1. Mme Darunee Chancherngsipakul, emprisonné à la prison centrale de Klong Prem, souffre terriblement d'un abcès dentaire.
2. M. Somyot Prueksakasemsuk, détenu à la Maison d'arrêt de Bangkok, souffre de maladies sous-jacentes, une hypertension et la goutte. Il ne bénéficie pas d'un accès régulier et adéquat aux services médicaux et n'a pas eu de check-up médical ni de test sanguin durant ses 15 mois d'incarcération. Ces maladies sous-jacentes pourraient se détériorer sans symptômes.
3. M. Surachai Darnwattananusorn, emprisonné à la Maison d'arrêt de Bangkok, a subi un check-up médical et attend maintenant une opération de sa prostate.
4. M. Thantawut Thaweewarodomkul, emprisonné à la Maison d'arrêt de Bangkok, a été condamné à une peine de 13 ans et a un fils âgé de 11 ans qui est pris en charge par un ami.
5. M. Wanchai Sae-Ton, emprisonné à la Maison d'arrêt de Bangkok, est un Singapourien-Thaïlandais qui a été condamné à une peine d'emprisonnement de 15 ans. Sa femme ne peut lui rendre visite qu'une fois par mois en raison de contraintes financières.
6. M. Surapak Puchaisang, qui a été arrêté et détenu pendant 9 mois à la Maison d'arrêt de Bangkok, a vu ses demandes de liberté sous caution rejetée à plusieurs reprises.
Le Réseau des Familles des Détenus 112 reconnaît que le Haut-commissariat et l'ONU sont au courant des violations des droits de l'homme liées à l'article 112 et à ses applications, et ont parlé de la peine inutile, disproportionnée et prolongée de détention avant et pendant le procès, ce qui affecte à la fois la santé et les droits à un juste procès des détenus. Cela serait grandement apprécié si vous pouviez effectuer une visite des prisonniers dans un proche avenir et fournir un soutien à nos membres qui, comme vous pouvez le constater, est nécessaire.
Cordialement
Sukanya Prueksakasemsuk
Au nom du Réseau des Personnes Touchées par l'Article 112 et des Membres de leurs Familles

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 14:15

Le 24 Juillet 2012, le groupe international des droits de l'homme, la FIDH, Fédération Internationale des Droits de l'Homme, a fait une première visite officielle à la maison d'arrêt de Bangkok. Le représentant pour l'Asie de la FIDH a visité Somyot et d'autres prisonniers politiques pour lèse-majesté afin de discuter de leur traitement et de la situation actuelle. La FIDH est la première ONG internationale à avoir effectué une visite publique des prisonniers politiques thaïlandais, une initiative très appréciée et encourageante.

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 14:07

Un groupe de professeurs de droit de l'Université Thammasat exige la dissolution de la Cour Constitutionnelle.
Worachet Pakeerut, un professeur de droit et dirigeant du groupe Nitirat, a demandé lors d'un meeting à l'Université Thammasat, la dissolution de la Cour constitutionnelle à la suite de son verdict sur l'offre d'amendement de la Constitution.
Les conférenciers accusent la cour d'abuser de son autorité et d'intervenir dans le travail du pouvoir législatif par l'émission d'une décision sur le choix du gouvernement de modifier la constitution.
La Cour a rejeté les tentatives de modifier l'article 291 de la Constitution actuelle sous le prétexte que cela serait dangereux pour le système de monarchie "constitutionnelle" du pays.
Elle a déclaré qu'une modification de la présente charte doit passer par un référendum public parce que la constitution actuelle a été approuvée par un référendum similaire. Elle oublie cependant de préciser que ce "referendum" pour l'actuelle constitution a été mené dans des conditions plus que sujette à caution pour la démocratie. Il a eu lieu en 2007, alors qu'une junte militaire était au pouvoir. Il était interdit de faire de la propagande pour le "Non" (des gens ont été arrêtés pour l'avoir fait) et il y a eu du bourrage d'urnes dans les provinces du Sud. Malgré cela, le "Non" a obtenu plus de 40 pour cent des voix.
Lors d'une conférence de presse, les professeurs du Groupe Nitirat, Worachet Pakeerut, Janjira Iemmayura et Piyabutr Saengkanokkul, ont appelés au remplacement des juges de la Cour Constitutionnelle par de nouveaux juges moins inféodés au pouvoir suprême.

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