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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 09:44

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/364-y-aura-t-il-un-autre-coup-detat-judiciaire-en-thailande.html


La Cour constitutionnelle va-t-elle dissoudre le Parti Pua Thai et provoquer un effondrement du gouvernement élu? C'est une question qui occupe beaucoup d'esprits. L'excuse pour une telle initiative du tribunal serait une soi-disant "tentative de renverser la monarchie" par le gouvernement dans ses efforts visant à modifier la constitution. Toute suggestion selon laquelle le gouvernement de Yingluk voudrait renverser la monarchie est ridicule, mais c'est l'excuse habituelle pour un "coup d'Etat". Malgré le fait qu'un parlement élu ait la légitimité pour passer de nouvelles lois et modifier la constitution et en dépit du fait que la Constitution actuelle ait été élaborée par une junte militaire, il y a des chances que le coup d'Etat judiciaire puisse avoir lieu. Mais quelles sont ces chances?

Facteurs contre un coup d'Etat judiciaire
Le Pua Thai et Taksin ont conclu un accord avec les militaires et ont décidés de ne pas poursuivre les généraux de l'armée pour le massacre de manifestants pro-démocratie. Le Pua Thai et Taksin ont déclaré maintes et maintes fois qu'ils ne modifieront pas la loi de lèse-majesté, qu'ils ne libéreront pas les prisonniers pour lèse-majesté et qu'ils ne toucheront pas aux privilèges spéciaux de l'armée. Il va sans dire qu'ils vont continuer à soutenir la monarchie.

Le Pua Thai est un gouvernement qui sert beaucoup mieux les intérêts de l'armée et des élites en raison de sa relation avec les Chemises rouges et leurs dirigeants de l'UDD. Le gouvernement, en collaboration avec l'UDD, peut contrôler et démobiliser le mouvement de masse des Chemises rouges. Tout autre gouvernement ferait face à de grandes manifestations.

Si le Pua Thai était dissous et que le gouvernement tombait, la vie politique thaïlandaise serait une fois de plus plongée dans le chaos. Le temps remonterait à 2010. Ce serait contre les intérêts à long terme de toute la classe dirigeante, y compris de l'armée.

Après les victoires électorales tant du Thai Rak Thai, du Palang Prachachon et du Pua Thai (différents noms pour un même parti), un autre coup d'Etat contre le gouvernement élu avec un mandat clair de la population n'aurait pas de légitimité, à la fois au sein de la majorité des gens en Thaïlande et à l'échelle internationale.

Les manigances de la Cour constitutionnelle pourraient juste n’être une tactique de négociation pour garder à l'oeil Taksin et le Pua Thai et réaffirmer qu'ils ne pourront pas faire tout ce qu'ils veulent... Cela pourrait ne pas conduire à la chute du gouvernement Yingluk.

Mais les événements politiques ne suivent pas toujours la logique et sont sujets à des conflits et des accidents...

Les facteurs pour un coup d'Etat judiciaire
Les conservateurs de la classe dirigeante ne sont pas qu'un seul corps et sont sujets à des litiges et des rivalités. La Cour constitutionnelle pourrait ne pas écouter les militaires et l'armée elle-même est sujette à des divisions sur des intérêts divers. Une partie des élites pourrait décider de "devoir y aller" pour leurs propres et étroits intérêts de section sans avoir de vue à long terme et sans se soucier de la légitimité aux yeux du monde et de la plupart des Thaïlandais.

Les conservateurs qui voudraient "devoir y aller" sont peut-être si confiants de la victoire ou peut-être trop stupides pour voir les conséquences à long terme d'un retour au chaos où ils pourraient finalement tout perdre si l'accord entre Taksin et les militaires se brisait et les manifestations de masse reprenaient.

Les conservateurs qui voudraient "devoir y aller" pourrait aussi croire que le Pua Thai pourrait simplement être dissous et reformé sous un nouveau nom et les actions de la Cour constitutionnelle pourrait n'être simplement qu'un coup de semonce dans le maquignonnage avec Taksin et le Pua Thai. L'objectif pourrait ne pas être un coup d'Etat en profondeur. Mais c'est une stratégie qui comporte de nombreux dangers et des possibilités d'accidents.

Que faut-il faire?
Il serait stupide de faire des prédictions claires à ce stade. Nous devrons attendre et voir ainsi que continuer à analyser .....

Nous devons nous rappeler qu'aussi bien le Pua Thai que les royalistes conservateurs pourraient être heureux avec une augmentation des tensions politiques dans le but d'effrayer les Chemises rouges et les pousser à accepter un mauvais accord de réconciliation ainsi que celui entre Taksin et les militaires. Cependant, les Chemises rouges progressistes auront à défendre le gouvernement Pua Thai contre un coup d'Etat judiciaire. Cela ne signifie pas que nous cesser de critiquer le gouvernement ou d'abandonner les tentatives de nous organiser indépendamment du Pua Thai et de l'UDD.

 

Pour en savoir plus sur le professeur Giles Ji Ungpakorn, cliquez sur le lien suivant:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-refugie-politique-pour-lese-majeste-giles-ji-ungpakorn-107494514.html

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 06:11

Ci-dessous l'article de l'Agence France Presse

 

BANGKOK - Un Américain d'origine thaïlandaise, condamné en décembre dernier à Bangkok à trente mois de prison pour insulte à la monarchie, a bénéficié d'une grâce royale et a été libéré, a-t-on appris mercredi de sources officielles.

Joe Wichai Commart Gordon avait été arrêté en mai 2011 alors qu'il était en vacances en Thaïlande. Il était accusé d'avoir, depuis les Etats-Unis, traduit en thaï une biographie interdite du roi avant de la poster sur son site.

Une grâce royale lui a été accordée, a indiqué à l'AFP un cadre de l'administration pénitentiaire. Un responsable de la prison de Bangkok a confirmé qu'il avait été libéré mardi en fin de journée.

Gordon, vendeur de voitures dans le Colorado, avait plaidé coupable, ce qui lui avait permis de voir sa peine initiale de cinq ans de détention diminuée de moitié. Il a été pris en charge par l'ambassade américaine.

Nous demandons régulièrement aux autorités thaïlandaises, publiquement et en privé, de s'assurer que la liberté d'expression est protégée en accord avec leurs obligations internationales, a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'ambassade, Walter Braunohler.

Cette libération intervient deux jours avant une rencontre au Cambodge entre la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et la Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra.

La famille royale n'a aucun rôle politique officiel en Thaïlande, mais elle demeure un sujet extrêmement sensible. Le roi Bhumibol Adulyadej, 84 ans, jouit auprès de certains de ses sujets d'un statut de demi-dieu et son image est protégée par une des lois les plus sévères du monde.

L'ensemble de l'arsenal législatif utilisé contre le crime de lèse-majesté, dont le computer act qui a valu à l'Américain d'être condamné, fait pourtant l'objet d'un débat de plus en plus ouvert.

De nombreux militants dénoncent une volonté de museler toute critique du système politique. Et la querelle est devenue brûlante, voire agressive, entre ceux qui veulent maintenir la législation en l'état et ceux qui dénoncent un outil liberticide.

Les poursuites et condamnations pour lèse-majesté se sont multipliées depuis le coup d'Etat militaire de 2006 contre le Premier ministre de l'époque Thaksin Shinawatra, aujourd'hui en exil et considéré par les élites de Bangkok comme un danger pour la monarchie.

Mais les contempteurs de la loi dénoncent le fait que sa soeur, qui a gagné les élections de juillet dernier, n'a pas amélioré la situation.

Plusieurs autres détenus condamnés pour lèse-majesté ont demandé une grâce royale, mais seul ce cas a été approuvé pour l'instant, a indiqué à l'AFP Anon Mumpa, avocat de Joe Gordon.

AFP le 11 juillet 2012

Pour en savoir plus sur le cas de Joe Gordon:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-joe-gordon-104221998.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-lettre-du-prisonnier-politique-joe-gordon-au-president-obama-107802317.html

  

 

 

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 05:32

Le 11 juillet, la Fondation commémorative Somchai Neelapaijit donnera un prix pour honorer et soutenir les défenseurs des droits de l'homme d'aujourd'hui. Le docteur Charnvit Kasetsiri, ancien recteur de l'Université Thammasat, sera le président de la cérémonie.
Plus de 20 personnes et organisations ont été sélectionnés pour ce prix. Le Comité a présélectionnés cinq personnes et en choisira une parmi elles à qui sera décerné le prix. Les autres recevront des certificats en reconnaissance de leurs œuvres. Les cinq noms incluent des individus et des organisations qui luttent pour les droits à la justice, les droits du travail, les droits communautaires et d'autres droits de l'homme.
Le lauréat du se verra accorder la somme de 50 000 baht thaïlandais, tandis que les quatre autres recevront 10.000 baht thaïlandais chacun.
La cérémonie de remise des prix aura lieu le 11 juillet 2012 de 9 heures 30 à 12 heures à la salle de conférence, quatrième étage, Thai Volunteer Service, Huay Kwang District, Bangkok.
Les cinq finalistes pour le prix Somchai Neelapajit 2012 sont les suivants:
1. Mlle Jittra Kotchadej, militante pour les droits du travail et politique
2. M. Rasada Manurasada, avocat des droits humains pour les victimes de la violence dans le sud de la Thaïlande et dans d'autres parties du pays
3. M. Somyot Prueksakasemsuk, militant des droits du travail et militant politique (actuellement détenu en prison)
4. M. Adisorn Kerdmongkol, expert pour les droits des travailleurs migrants
5. Le Groupe Environnement d'Udon Thani, un réseau local de villageois qui défendent les droits de la communauté de l'industrie minière de la potasse.
Jon Ungpakorn, un membre fondateur du comité, a déclaré que la Thaïlande a souffert de problèmes concernant les violations des droits humains des deux organismes d'État ainsi que des mécanismes de l'Etat.
Les cinq noms qui sont en lice pour ce prix sont ceux qui ont combattu pour protéger les droits de l'homme avec courage, vigoureusement, et qui se sont parfois mis en danger afin de défendre les droits de l'homme comme pour le cas de l'avocat des droits humains disparu, Somchai Neelapaijit. Somchai avait combattu au nom des principes des droits de l'homme jusqu'à ce qu'il soit victime d'une disparition forcée. Ce prix vise à honorer et soutenir les défenseurs des droits humains qui ont consacré leur vie à travailler pour protéger les droits de l'homme. Il vise également à ce que la société thaïlandaise reconnaisse les rôles importants que ces individus ou groupes jouent et à faire la lumière sur les problèmes relatifs aux droits de l'homme en Thaïlande, a-t-il continué.
Le Fonds a été créé en 2005 avec 800.000 baht, il a reçu le Prix de Magsaysay. C'est la première année que le Comité remet un prix.

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 11:02

Tanthawut Taweewarodomkul (également connu sous le nom de Nam) a été arrêté le 1er Avril 2010. Cet homme, âgé de 40 ans et originaire de la province de Pathum Thani, a été arrêté par la police pour avoir diffusé un programme vidéo intitulé "Thailand’s Way Out" sur le site

www.norporchorusa.com qui a été considéré comme crime de lèse-majesté.

  

Photo ci-dessous: Tanthawut Taweewarodomkul

tanthawut

 

La police a affirmé que Tanthawut avait confessé l'avoir distribué sous le nom d'écran de "Red Eagle."

Le procès de Tanthawut a commencé le 4 Février 2011. Pendant le procès, Tanthawut "a déclaré au tribunal qu'il n'avait pas posté le programme en question et qu'il avait été forcé d'avouer par la police qui a utilisé son fils de 10 ans pour obtenir ses "aveux" (l'enfant a été gardé à vue une nuit au poste de police). Il a aussi insisté sur le fait qu'il n'était pas l'administrateur du site.
Le 15 mars 2011, le tribunal a jugé Tanthawut coupable et l'a condamné à un total de 13 ans de prison. Il a fait appel et, le 21 mars 2011, ses avocats ont proposés 1,3 millions de baht en espèces en tant que garantie à la Cour d'appel qui a refusée la liberté sous caution, au motif que les accusations portées contre lui étaient "sérieuses" et qu'il "pourrait s'enfuir."
En avril 2012, vu le peu de progrès de son appel (encore un autre exemple de la cruauté infligée aux victimes de la lèse-majesté en Thaïlande) Tanthawut à retiré son appel afin de solliciter la grâce royale.

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 13:08

Les statistiques en hausse des cas arrêtés en vertu de la Loi de lèse-majesté après le coup d'Etat de 2006 ainsi que les rapports officiels et officieux concernant les difficultés rencontrées par les prisonniers de l'article 112, notamment les soins de santé inaccessibles, le déni du droit à la liberté sous caution, le refus du gouvernement de garantir les droits fondamentaux et la non-reconnaissance de leur statut de "prisonniers politiques" en Thaïlande a conduit à la formation du Réseau des personnes et de la famille des victimes de l'article 112. Pour commencer, le Réseau a deux demandes à formuler:
- La demande de libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers de l'article 112 
- La demande pour la protection des droits fondamentaux des détenus tels qu'ils sont garantis par la Constitution de Thaïlande à savoir le droit à la liberté sous caution, le droit à la santé, et le droit de ne pas être torturé.
En outre, la formation du réseau a l'intention d'exprimer la volonté des membres de la famille de représenter les prisonniers de l'article 112, afin de plaider en faveur de leur libération.
À la conférence de presse au Club des Correspondants Etrangers de Thaïlande (FCCT), qui s'est tenu le jeudi 5 juillet 2012 et au débat qui a eu lieu au Mémorial du 14 Octobre 1973 le samedi 7 Juillet 2012, de nombreux participants étaient présent. Parmi eux se trouvaient le fils de Somyot, Panitan Phruksakasemsuk, M. Sulak Sivaraksa, fondateur et directeur de la fondation "Sathirakoses-Nagapradeepa" qui a été inculpé pour violation de l'article 112, M. Jon Ungpakorn, Représentant du Comité de la Sous-commission des Droits de l'homme nationales, M. Pravit Rojanaphruk, journaliste du quotidien The Nation, M. Sarawut Pratoomraj, défenseur des droits humains de l'Institut pour les droits de l'homme et les membres des familles des personnes touchées par la l'article 112 dont:
Mme Pranee Danwattananusorn (l'épouse de Surachai)
M. Keechiang Thaweewarodomkul (le père de Tantawut)
Mme Rosamalin Tangnoppakun (l'épouse de M. Ampon)
Mme Tam Poochaisang (la mère de Surapak)
M. Nat Sattayapornpisut
Si vous souhaitez de plus amples informations sur le réseau, n'hésitez pas à téléphoner à M. Panitan Phruksakasemsuk (086-660-0270) ou à Mme Sunee Kromram (080-484-3075).

Vous pouvez aussi lire cet article sur la création du réseau:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-creation-d-un-reseau-comprenant-les-familles-des-victimes-de-la-loi-de-lese-majeste-107858355.html

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 16:30

Un réseau de soutien comprenant les familles des personnes touchées par l'article 112 du Code criminel, la loi de lèse-majesté, a été lancé jeudi matin, demandant un traitement équitable ainsi que des soins de santé adéquats et le droit à la liberté sous caution pour tous les détenus restants.

Familles-112.jpg

 

Sukunya Prueksakasemsuk, dont le mari Somyot a été arrêté le 30 avril 2011 et s'est vu constamment refusé la liberté sous caution, a déclaré qu'environ 10 personnes, parents, anciens et actuels des victimes de la loi de lèse-majesté, ont formé le réseau qui fera campagne en leur nom pour un traitement juste et équitable.
Leurs demandes incluent la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques pour lèse-majesté ainsi que l'assurance que leurs droits fondamentaux, qui sont garantis par la Constitution, dont le droit à la liberté sous caution, le droit aux soins de santé et le droit de ne pas être torturé.
"Les campagnes passées n'ont pas réussi à obtenir la libération des victimes de lèse-majesté, mais au moins la société thaïlandaise a en quelque sorte appris sur les conséquences problématiques des accusations portées contre eux.
Nous demandons au gens de comprendre que les détenus pour lèse majesté sont des prisonniers politiques et doivent être dûment pris en considération", a déclaré Sukunya.
Elle a aussi expliqué que le réseau n'a pas obtenu l'aide du gouvernement et qu'il y avait un objectif clair et concret, faire campagne en faveur des prisonniers pour lèse-majesté pour que le verdict final de leur procès soit rendu plus rapidement de sorte qu'ils puissent demander plus vite un pardon royal, afin d'être libérés, et qu'ils puissent aussi obtenir un traitement équitable, en particulier le droit à la liberté sous caution.
Mme Sukunya a encouragé les parents ainsi que les personnes accusées de lèse-majesté, y compris ceux qui ont fui à l'étranger, à se joindre au réseau.
Parmi ceux qui on participé au lancement de la campagne, qui a eu lieu au Club des Correspondants Etrangers de Thaïlande, se trouvent Pranee Danwattananusorn, dont le mari Surachai est emprisonné pour lèse-majesté, et Keechiang Thaweewarodomkul, dont le fils Thantawut est lui aussi détenu pour la même raison.
Mme Pranee a déclaré que les détenus pour lèse majesté ont été traités comme les autres prisonniers politiques, sauf qu'ils se sont vu refuser la liberté sous caution.

M. Keechiang a expliqué qu'il y avait beaucoup de difficultés pour les détenus et leurs proches. C'était comme si les prisonniers étaient tabou dans la société.
Toutefois, Mme Pranee a aussi dit que son mari et Daranee Charncherngsilapakul, qui ont tous deux des problèmes de santé graves, ont été mieux traités depuis la mort en prison d'Ah-Kong détenu pour lèse-majesté.
Surachai a été autorisé à passer un test cardiaque à l'hôpital de la police.
Mme Vipar Daomanee, Membre du Réseau Octobre 1976, a déclaré que son groupe soutenait les victimes de la lèse-majesté.

Sulak Sivaraksa, lui-même accusé de lèse-majesté, est venu apporter son soutien au réseau.
Une page Facebook pour la campagne du réseau sera bientôt crée.

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 18:08

Lien de l'article:

 

http://asie-info.fr/2012/06/11/loi-lese-majeste-scrutee-loupe-thailande-55130.html

 

Un symposium organisé le 7 juin à Bangkok a permis à des universitaires, des militants des droits de l’Homme et des journalistes de discuter publiquement de cette loi controversée.

Intitulé "Rhétorique et dissidence", ce symposium, organisé par la journaliste indépendante Lisa Gardner, a réuni des universitaires de renommée internationale comme le politologue irlandais Benedict Anderson et l’écrivain thaïlandais Sulak Sivaraksa, ainsi que des journalistes, comme Pravit Rojanapreuk, du quotidien thaïlandais The Nation et Andrew McGregor Marshall, un ancien reporter de l’agence Reuters, qui a démissionné de son travail pour pouvoir publier les télégrammes diplomatiques américains obtenus par Wikileaks concernant la monarchie thaïlandaise. Pravit Rojanapreuk, qui a fait l’objet récemment d’accusation de crimes de lèse-majesté pour plusieurs articles publiés sur le site internet indépendant Prachatai, a évoqué l’aspect culturel et quasi-religieux de la dévotion de nombreux thaïlandais vis-à-vis de l’institution monarchique. "Il semble y avoir, parmi les Thaïlandais royalistes et ultra-royalistes, un besoin psychologique d’avoir une institution monarchique jouant le rôle de succédané de religion monothéiste. Un besoin d’avoir quelque chose de sacré, au-delà de toute critique, en opposition aux politiciens sales, maléfiques et corrompus", a fait remarquer le journaliste, connu pour ses positions courageuses sur la question du crime de lèse-majesté. Il a également relevé l’ironie selon laquelle cette "réputation malsaine" des politiciens ne pouvait être connue que grâce au travail des médias et aux mécanismes juridiques de contrôle, alors que "rien ne peut être dit sur l’institution monarchique à cause de la loi contre le crime de lèse-majesté et de celle sur les crimes informatiques".

Benedict Anderson, âgé de 76 ans et auteur du célèbre livre sur les nationalismes Communautés imaginées, a raconté, dans un mélange de thaï et d’anglais, quelques anecdotes vécues lors de ses séjours en Thaïlande. Par exemple, il s’est dit frappé, lors d’un voyage dans le sud de la Thaïlande il y a six ans, dans les environs de Chumphon et de Petchaburi, par "l’énorme campagne, organisée par les bureaucrates, pour noyer les routes et les magasins de portraits sans cesse reproduits de la famille royale", comparant cette propagande à celle "d’un politicien qui chercherait à se faire réélire". "Nous devons avoir plus flexibilité et plus de compréhension de ce qu’est aujourd’hui la société thaïlandaise et de ses aspirations", a-t-il dit. Il a aussi évoqué le fait que les statistiques sur l’ordination bouddhique en Thaïlande (chute de 70 % en dix ans) montraient que "l’espace pour le sacré a été sérieusement érodé", ce qui concerne aussi une monarchie qui a toujours eu une aura de sacralité. "Cette chute n’est pas due à un complot, mais à une rapide urbanisation et à l’apparition de nouveaux modes de consommation", a-t-il estimé.

Sulak Sivaraksa, acquitté d’une accusation de crime de lèse-majesté en 1995 et qui se définit lui-même comme un "loyaliste critique", a parlé avec son habituelle franchise, estimant que "si elle voulait survivre, la monarchie devait prendre ses distances avec l’armée et avec le Crown property bureau, qui possède 30 % des terrains à Bangkok". "Ce dont nous avons besoin est un symbole d’unité. Le roi doit être le premier parmi les égaux, sans aucun privilège quel qu’il soit", a-t-il dit.

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 14:14

En avril 2008, Chotisak Onsoong, un jeune militant politique, a été accusé par la police d'avoir insulté la monarchie pour avoir refusé de se lever pendant l'hymne royal qui précède au cinéma toutes les projections de films en Thaïlande.

 

chotisak_onsoong.jpg

 

Le rapport annuel des droits humains pour l'année 2008 du Département d'Etat américain mentionne ce cas: "Le 5 Avril, la police a accusé les militants sociaux Chotisak Onsoong et Songkran Pongbunjan de lèse-majesté pour ne pas s'être tenus debout pendant l'hymne royal dans un cinéma en septembre 2007. Ils ont été libérés sans caution; le cas était sous enquête à la fin de l'année. Les 29 et 30 avril 2008, la station de radio "Metro Life 97" (qui appartient à Sondhi Limtongkul, le principal dirigeant du PAD) a exhorté les auditeurs à agresser physiquement Chotisak alors qu'il se rendait à un débat sur la lèse-majesté ayant lieu à l'Université Thammasat. Le site Web de la station a également affiché des renseignements personnels, y compris son adresse et son numéro de téléphone. Le 14 mars 2009, l'ancien Premier ministre Abhisit Vejjajiva, dans un discours qu'il a prononcé à l'Université d'Oxford, en réponse à une question de Giles Ji Ungpakorn, a déclaré: "On m'a dit que vous avez fait des allégations précises contre la monarchie. Si ce n'est pas le cas, bien sûr, les accusations seront retirées. Tout comme cela a été le cas pour Chotisak que vous avez mentionné."

Toutefois, Chotisak a précisé que les accusations n'ont pas été abandonnées. En juin 2009, le cas de Chotisak était toujours sous enquête. On peut conclure que M. Abhisit a délibérément menti à des fins politiques. L'affaire a été retardée par le procureur à plusieurs reprises avant que Chotisak n'ait été appelé à comparaître pour répondre à son accusation. Il aurait fui la Thaïlande et demandé l'asile politique dans un pays tiers.

Plus d’informations en anglais sur le cas de Chotisak sont disponibles sur ce lien:

 

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/pendingcases/chotisak-onsoong/

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 09:51

Le 4 Juillet, Fête de l'Indépendance américaine

 

Cher Président Obama

 

Je vous écris de la prison de Bangkok en Thaïlande car il s'agit d'une question de vie et de mort. L'autorité thaïlandaise m'accuse de crime de lèse-majesté et d'avoir violé la loi sur la criminalité informatique. Le gouvernement thaïlandais utilise ces lois pour réprimer des militants, des universitaires, des journalistes, des auteurs ainsi que des politiciens et les condamner à dix ans de prison sur la base de multiples accusations. Je ne peux pas lutter seul pour mon cas contre le système judiciaire thaïlandais. Parce que ce système est corrompu, partial, et viole les droits de l'homme. A cet effet, il n'existe aucun traitement équitable. Par exemple, dans mon cas, on me retient prisonnier et on me refuse la liberté sous caution. Je me sens triste de voir que notre liberté d'expression a été insulté, réprimée, et dégradée par un pays du tiers monde comme la Thaïlande. Je voudrais demander à tous les Américains à se lever, de soutenir et de défendre notre fierté, la liberté d'expression inscrite dans la Constitution des Etats-Unis et que le gouvernement thaïlandais ne respecte pas. Le gouvernement américain devrait protester et condamner la Thaïlande pour utiliser ces lois abusives comme un outil afin de protéger l'institution royale de la critique, en particulier pour mon cas dont le "délit" a été commis sur le sol américain, et exiger que la Thaïlande me libère de prison immédiatement.

Que Dieu vous bénisse, Dieu bénisse l'Amérique. Sincèrement votre

Joe Gordon

Prison de Bangkok

Thaïlande

 

 

 

Pour plus d'informations sur le cas de Joe Gordon, cliquez sur le lien suivant:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-joe-gordon-104221998.html

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 08:43

Lien de l'interview:

 

 

http://www.lepetitjournal.com/societe/actu-societe/113146-interview--piyabutr-saengkanokkul-membre-du-groupe-contreverse-nitirat.htmlHYPERLINK "/societe/actu-societe/113146-interview--piyabutr-saengkanokkul-membre-du-groupe-contreverse-nitirat.html?tmpl=component&print=1&layout=default&page="  

 

Piyabutr Saengkanokkul, chargé d’enseignement en droit public à la faculté de droit de l’Université de Thammasat, est membre du groupe Nitirat. Agé de 32 ans, il a étudié en France pendant 8 ans où il a obtenu un doctorat en droit public. Il présente le groupe d’universitaires Nitirat qui fait parler de lui depuis l'an passé de par son combat contre l’influence des élites dans le monde politique

 

LePetitJournal.com Bangkok : Pouvez-vous présenter le groupe Nitirat ?
Piyabutr Saengkanokkul : Il est composé de sept membres, tous enseignants à la faculté de droit de Thammasat à Bangkok : Worajate Pakeerat, Jantajira Iammayura, Thapanan Nipitakul, Teera Suteewarangkurn, Sawatree Suksri, Poonthep Sirinupong et moi-même. Le groupe compte deux femmes et la moyenne d’âge varie de 26 à 50 ans. Nous avons en commun d’avoir tous étudié à l’étranger, en France ou en Allemagne, et une passion du droit doublée de la volonté de nous rendre utile pour la société thaïlandaise. Le mot Nitirat reflète bien le sens de notre démarche : il signifie "le droit au service du peuple". Le groupe a été officiellement constitué le 19 septembre 2010, quatre ans, jour pour jour, après le coup d’Etat ayant renversé l’ancien Premier ministre Thaksin et quelques mois après les tragiques événements d’avril-mai 2010 ayant fait près d’une centaine de morts et 600 blessés à Bangkok.
Le groupe existait déjà auparavant, mais de manière informelle. Nous nous réunissions pour commenter dans les revues juridiques les décisions de la Cour constitutionnelle. Nous étions parvenus au constat commun que les décisions rendues par les juges constitutionnels après le 19 septembre 2006 avaient finalement abouti à valider le coup d’Etat et toutes les normes juridiques qui ont été adoptées par le pouvoir issu de ce coup d’Etat. Il s’agit d’une situation d’instrumentalisation du droit à des fins politiques. Nous critiquions dans nos commentaires de jurisprudence cette réalité, mais nous étions impuissants face à cela. Nous avons décidé de parler au public et de formuler des propositions, bref de devenir un acteur au lieu d’être juste commentateur.

 

Quels sont les objectifs du groupe Nitirat ?
Le groupe Nitirat s’est fixé deux objectifs : créer une véritable idéologie de l’Etat de droit en Thaïlande et contribuer à réformer en profondeur la vie politique thaïlandaise. Mettre en place un véritable Etat de droit nécessite une vraie culture démocratique, un souci des droits de l’homme et une connaissance réelle des principes fondamentaux du droit et des libertés publiques. Réformer la vie politique impose un changement de perspective : il faut que le peuple thaïlandais prenne en main son destin et ne le confie plus à des institutions (armée, monarchie, pouvoir judiciaire) qui ne doivent pas être des acteurs politiques. Sans réalisation de ces deux objectifs, la succession interrompue de violences et de coups d’Etat qui marque l’histoire contemporaine du royaume se poursuivra.
Le groupe Nitirat a commencé par organiser trois conférences de débats à l’Université de Thammasat. La première, en novembre 2010, portait sur le thème "Juges et démocratie" ; la seconde, en décembre 2010, sur le thème "Monarchie et démocratie" ; et la troisième, en février 2011, sur le thème "Armée et démocratie". Nous avons relayé le contenu de ces conférences sur différents supports : revues, CD, vidéos disponibles sur Youtube etc. L’accueil a été favorable. Après cette période initiale de débats, nous avons voulu formuler des propositions concrètes, mais en restant sur le terrain juridique.

Quelles sont justement ces propositions ?
En mars 2011, nous avons proposé de réformer l’article 112 du code pénal thaïlandais qui réprime le crime de lèse-majesté, compte tenu du nombre excessif de personnes poursuivies. Nous avons reçu un soutien à notre proposition, notamment parmi les journalistes, les artistes, les intellectuels mais aussi au sein du peuple. Et la presse anglophone présente en Thaïlande (ndlr : The Nation et Bangkok Post), la presse internationale ainsi que les ambassades ont commencé à s’intéresser à nos travaux. Une campagne a été lancée pour déposer au Parlement, dans le cadre du droit constitutionnel de pétition, une proposition de loi visant à réformer l’article 112. Grâce à l’aide d’associations, nous avons recueilli près de 30.000 signatures et nous les avons déposées au bureau du président du Parlement en mai 2012.
En septembre 2011, nous avons publié un rapport proposant aux pouvoirs publics et aux juristes de constater l’illégalité du coup d’Etat et la nullité de tous les actes juridiques adoptés par le gouvernement issu du putsch. Ce rapport, suivi d’une conférence à l’Université de Thammasat en janvier 2012, a fait beaucoup de bruit. C’est à partir de ce moment-là que nous avons été critiqués par les élites. Elles se sont senties menacées parce que ce sont elles qui ont "validé" le coup d’Etat : juges, personnel politique, militaires, entourage du roi, hauts fonctionnaires etc. Du jour au lendemain, le groupe Nitirat a été accusé d’être un allié de Thaksin et d’être financé par les "Chemises rouges". Les menaces et les insultes dans les médias et sur internet ont commencé.
Nous avons enfin commencé notre travail de réécriture de la constitution de 2007 : c’est le point central de notre démarche. Nous avons déjà établi un canevas de texte. Un projet détaillé de constitution sera présenté d’ici à la fin de l’année 2012. Il faut que soit adoptée une nouvelle constitution vraiment démocratique que tous les représentants institutionnels, y compris le roi, devront s’engager à respecter par une prestation de serment. Soyons raisonnables : ce n’est pas envisageable avec le roi actuel, qui est vénéré par la population. Mais nous espérons bien que son successeur sera tenu de respecter cette règle de bon sens dans une monarchie constitutionnelle, comme cela est le cas en Belgique, aux Pays-Bas, en Norvège, en Grande-Bretagne etc.

Pouvez-vous expliquer en quoi consiste "l’instrumentalisation du droit" depuis 2006 ?
En Thaïlande, il y a trois institutions en théorie sans rôle politique qui interviennent beaucoup dans la vie politique : l’armée, la monarchie et le pouvoir judiciaire. Le groupe Nitirat considère que ces trois institutions puissantes ne devraient pas avoir de rôle politique. S’agissant des juges, force est de constater qu’ils ont fait un usage du droit à des fins d’élimination de certains membres de la vie politique et qu’ils sont imprégnés d’idéologies royaliste et militaire. Par exemple, les juges pensent souvent qu’ils disent le droit au nom du roi, alors qu’ils doivent rendre la justice au nom du peuple thaïlandais. Au lieu de rester un instrument autonome de régulation de la société, le droit a été mis au service du jeu politique et de la protection de certaines élites. Les juges ont ainsi donné leur approbation au coup d’Etat et à toute la législation adoptée par le pouvoir qui en est issu, alors qu’il s’agit manifestement d’actes et de textes illégaux. En exigeant le respect des textes adoptés antérieurement, ils n’ont pas défendu l’Etat de droit. Dans un véritable pays démocratique, les juges refusent d’appliquer les textes issus d’un gouvernement illégal. Le groupe Nitirat est né de ce constat et il est avant tout, au-delà de la question de législation réprimant le crime de lèse-majesté (qui l’a fait connaître dans les médias internationaux), un groupe d’universitaires contre le coup d’Etat et ses conséquences.

Pourriez-vous donner des exemples de cette "instrumentalisation du droit" ?
Je vais vous donner trois exemples flagrants. En mai 2007, la Cour constitutionnelle a pris la décision de dissoudre le parti Thai Rak Thai et de déclarer inéligibles 111 membres de son bureau politique pour 5 ans. Cette décision a été prise en application d’un décret-loi adopté par le général Sonthi autorisant la dissolution d’un parti et le bannissement de la vie politique dans certains cas. Or, les faits reprochés au Thai Rak Thai étaient antérieurs à septembre 2006. Ce faisant, en appliquant un décret-loi à la légalité douteuse pour des faits antérieurs, la Cour constitutionnelle a violé une des règles essentielles de tout Etat de droit qui est le principe de non-rétroactivité d’une loi prévoyant de lourdes sanctions pénales ou administratives. En septembre 2008, la Cour constitutionnelle a interdit au Premier ministre Samak de continuer à exercer ses fonctions parce qu’il avait reçu une rémunération pour quelques cours de cuisine à la télévision, au motif que la constitution de 2007 interdit au Premier ministre d’avoir toute autre activité professionnelle. Mais les faits reprochés à Samak portaient sur une rémunération ponctuelle, faible en son montant (3.000 bahts), pour une activité ludique. S’agit-il d’une activité professionnelle ? On peut sérieusement en douter. Il est arrivé à un Premier ministre dans le passé de se faire rémunérer pour une conférence donnée à la faculté et cela n’a jamais posé de problème particulier. Le texte constitutionnel ne disait rien sur ce type de rémunération ponctuelle et limitée. Or, la Cour, s’agissant d’un texte sanction qui doit faire l’objet d’une interprétation stricte, a retenu une interprétation large. Compte tenu du caractère bénin de la faute commise et de la gravité de la sanction prise, le principe de proportionnalité n’a pas non plus été respecté. Voilà deux règles de base de tout Etat de droit qui n’ont pas été appliquées. En décembre 2010, la Cour constitutionnelle a ordonné la dissolution du Palang Prachachon, parti successeur du Thai Rak Thai, et a déclaré inéligibles 109 membres de son bureau politique pour 5 ans. La procédure a été beaucoup trop rapide, sans respect des droits de la défense et du respect du contradictoire. Sa rapidité s’explique très certainement par la volonté de donner satisfaction aux "Chemises jaunes" qui occupaient les aéroports de Bangkok. D’ailleurs, dès le lendemain de la décision, l’occupation a été levée. La raison de la dissolution tient au fait qu’un membre du Palang Prachachon avait été condamné pour avoir violé la loi électorale en achetant des voix. Là encore, le principe de proportionnalité entre les faits reprochés (un cas unique d’achat de votes) et l’étendue de la sanction n’a pas été respecté. Ces trois exemples montrent que la Cour constitutionnelle n’a pas hésité à se mettre au service de l’armée ou d’un camp politique, oubliant que son rôle était de s’en tenir aux règles de l’Etat de droit.

Quels sont les prochains projets du groupe Nitirat ?
Nous avons quatre projets à l’esprit. Nous allons tout d’abord intensifier notre lutte contre les effets juridiques du coup d’Etat. Il s’agit de promouvoir un projet de loi constitutionnelle qui reconnaîtra que tous les actes juridiques pris en application du gouvernement issu d’un coup d’Etat sont nuls et sans effet. C’est aussi un moyen de prévenir tout putsch pour l’avenir, ce qui est essentiel en Thaïlande compte tenu de son histoire. Deuxième projet : favoriser la réconciliation. Celle-ci ne pourra se faire que si les Thaïlandais se disent la vérité et regardent en face les évènements des dernières années. Une réconciliation sincère n’est pas un compromis, un accord politique bancal, une réécriture de l’histoire. Elle suppose que tous les sujets qui fâchent et tous les événements sanglants soient débattus et passés en revue. Par ailleurs, une réconciliation ne pourra se faire sans une remise en cause de l’impunité complète dont bénéficient les auteurs d’actes illégaux. Troisième projet : écrire et proposer une nouvelle constitution, qui remplacera celle de 2007, dépourvue de légitimité. Quatrième et dernier projet : vulgariser auprès de la population thaïlandaise les sciences juridiques et l’histoire politique du pays. On oublie trop souvent que Thammasat a été crée par Pridi Banomyong en 1934, un juriste devenu responsable politique qui souhaitait mettre le savoir au service du peuple thaïlandais. Dans les années 1970, les étudiants avaient repris cet idéal et organisé des cours au profit des paysans. Nous voulons poursuivre cette tradition, en organisant des cycles de 12 semaines de cours gratuits, qui permettront aux Thaïlandais d’avoir accès aux connaissances juridiques de base et aussi de connaître l’histoire politique de leur pays. Il s’agit d’aller au-delà de ce qui est proposé le plus souvent dans les médias ou à l’école et qui s’apparente plus à une histoire de la royauté qu’à une histoire du peuple et de ses dirigeants politiques.

Avez-vous été menacés ou gênés dans votre action ou dans votre carrière ?
Nous n’avons pas été gênés dans notre carrière universitaire ni sanctionnés. Les enseignants de l’Université bénéficient d’une liberté de parole et d’action qui est respectée, Dieu merci. En revanche, l’un d’entre nous, Worajate Pakeerat, a été attaqué sur le parking de la faculté et frappé à plusieurs reprises. Son agresseur, qui a dit avoir agi pour protéger le roi, a été arrêté et condamné par la justice à 6 mois d’emprisonnement avec sursis. Par ailleurs, pratiquement tous les jours, chacun d’entre nous (mais surtout Worajate et moi-même, parce que nous avons été invités à parler sur Voice TV, Nation TV et Thai PBS) reçoit de nombreux courriers et des appels téléphoniques qui vont de la diffamation aux menaces en passant par les insultes. Par exemple, la page Facebook du groupe a fait l’objet de près de 30.000 commentaires négatifs. Il n’est pas rare que l’on me menace de mort ou que l’on exige des autorités qu’elles m’expulsent de mon propre pays ! Je pourrais porter plainte mais je ne veux pas entrer dans ce jeu-là. En outre, dans une démocratie, il faut accepter la critique, même excessive. Je ne me laisse pas impressionner. Certes ma famille et mes amis s’inquiètent, mais il est hors de question d’abandonner notre démarche juste, parce que quelques personnes ne l’acceptent pas.
Propos recueillis par Ghislain POISSONNIER

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Published by liberez-somyot
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