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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 13:08

Les statistiques en hausse des cas arrêtés en vertu de la Loi de lèse-majesté après le coup d'Etat de 2006 ainsi que les rapports officiels et officieux concernant les difficultés rencontrées par les prisonniers de l'article 112, notamment les soins de santé inaccessibles, le déni du droit à la liberté sous caution, le refus du gouvernement de garantir les droits fondamentaux et la non-reconnaissance de leur statut de "prisonniers politiques" en Thaïlande a conduit à la formation du Réseau des personnes et de la famille des victimes de l'article 112. Pour commencer, le Réseau a deux demandes à formuler:
- La demande de libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers de l'article 112 
- La demande pour la protection des droits fondamentaux des détenus tels qu'ils sont garantis par la Constitution de Thaïlande à savoir le droit à la liberté sous caution, le droit à la santé, et le droit de ne pas être torturé.
En outre, la formation du réseau a l'intention d'exprimer la volonté des membres de la famille de représenter les prisonniers de l'article 112, afin de plaider en faveur de leur libération.
À la conférence de presse au Club des Correspondants Etrangers de Thaïlande (FCCT), qui s'est tenu le jeudi 5 juillet 2012 et au débat qui a eu lieu au Mémorial du 14 Octobre 1973 le samedi 7 Juillet 2012, de nombreux participants étaient présent. Parmi eux se trouvaient le fils de Somyot, Panitan Phruksakasemsuk, M. Sulak Sivaraksa, fondateur et directeur de la fondation "Sathirakoses-Nagapradeepa" qui a été inculpé pour violation de l'article 112, M. Jon Ungpakorn, Représentant du Comité de la Sous-commission des Droits de l'homme nationales, M. Pravit Rojanaphruk, journaliste du quotidien The Nation, M. Sarawut Pratoomraj, défenseur des droits humains de l'Institut pour les droits de l'homme et les membres des familles des personnes touchées par la l'article 112 dont:
Mme Pranee Danwattananusorn (l'épouse de Surachai)
M. Keechiang Thaweewarodomkul (le père de Tantawut)
Mme Rosamalin Tangnoppakun (l'épouse de M. Ampon)
Mme Tam Poochaisang (la mère de Surapak)
M. Nat Sattayapornpisut
Si vous souhaitez de plus amples informations sur le réseau, n'hésitez pas à téléphoner à M. Panitan Phruksakasemsuk (086-660-0270) ou à Mme Sunee Kromram (080-484-3075).

Vous pouvez aussi lire cet article sur la création du réseau:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-creation-d-un-reseau-comprenant-les-familles-des-victimes-de-la-loi-de-lese-majeste-107858355.html

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 16:30

Un réseau de soutien comprenant les familles des personnes touchées par l'article 112 du Code criminel, la loi de lèse-majesté, a été lancé jeudi matin, demandant un traitement équitable ainsi que des soins de santé adéquats et le droit à la liberté sous caution pour tous les détenus restants.

Familles-112.jpg

 

Sukunya Prueksakasemsuk, dont le mari Somyot a été arrêté le 30 avril 2011 et s'est vu constamment refusé la liberté sous caution, a déclaré qu'environ 10 personnes, parents, anciens et actuels des victimes de la loi de lèse-majesté, ont formé le réseau qui fera campagne en leur nom pour un traitement juste et équitable.
Leurs demandes incluent la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques pour lèse-majesté ainsi que l'assurance que leurs droits fondamentaux, qui sont garantis par la Constitution, dont le droit à la liberté sous caution, le droit aux soins de santé et le droit de ne pas être torturé.
"Les campagnes passées n'ont pas réussi à obtenir la libération des victimes de lèse-majesté, mais au moins la société thaïlandaise a en quelque sorte appris sur les conséquences problématiques des accusations portées contre eux.
Nous demandons au gens de comprendre que les détenus pour lèse majesté sont des prisonniers politiques et doivent être dûment pris en considération", a déclaré Sukunya.
Elle a aussi expliqué que le réseau n'a pas obtenu l'aide du gouvernement et qu'il y avait un objectif clair et concret, faire campagne en faveur des prisonniers pour lèse-majesté pour que le verdict final de leur procès soit rendu plus rapidement de sorte qu'ils puissent demander plus vite un pardon royal, afin d'être libérés, et qu'ils puissent aussi obtenir un traitement équitable, en particulier le droit à la liberté sous caution.
Mme Sukunya a encouragé les parents ainsi que les personnes accusées de lèse-majesté, y compris ceux qui ont fui à l'étranger, à se joindre au réseau.
Parmi ceux qui on participé au lancement de la campagne, qui a eu lieu au Club des Correspondants Etrangers de Thaïlande, se trouvent Pranee Danwattananusorn, dont le mari Surachai est emprisonné pour lèse-majesté, et Keechiang Thaweewarodomkul, dont le fils Thantawut est lui aussi détenu pour la même raison.
Mme Pranee a déclaré que les détenus pour lèse majesté ont été traités comme les autres prisonniers politiques, sauf qu'ils se sont vu refuser la liberté sous caution.

M. Keechiang a expliqué qu'il y avait beaucoup de difficultés pour les détenus et leurs proches. C'était comme si les prisonniers étaient tabou dans la société.
Toutefois, Mme Pranee a aussi dit que son mari et Daranee Charncherngsilapakul, qui ont tous deux des problèmes de santé graves, ont été mieux traités depuis la mort en prison d'Ah-Kong détenu pour lèse-majesté.
Surachai a été autorisé à passer un test cardiaque à l'hôpital de la police.
Mme Vipar Daomanee, Membre du Réseau Octobre 1976, a déclaré que son groupe soutenait les victimes de la lèse-majesté.

Sulak Sivaraksa, lui-même accusé de lèse-majesté, est venu apporter son soutien au réseau.
Une page Facebook pour la campagne du réseau sera bientôt crée.

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 18:08

Lien de l'article:

 

http://asie-info.fr/2012/06/11/loi-lese-majeste-scrutee-loupe-thailande-55130.html

 

Un symposium organisé le 7 juin à Bangkok a permis à des universitaires, des militants des droits de l’Homme et des journalistes de discuter publiquement de cette loi controversée.

Intitulé "Rhétorique et dissidence", ce symposium, organisé par la journaliste indépendante Lisa Gardner, a réuni des universitaires de renommée internationale comme le politologue irlandais Benedict Anderson et l’écrivain thaïlandais Sulak Sivaraksa, ainsi que des journalistes, comme Pravit Rojanapreuk, du quotidien thaïlandais The Nation et Andrew McGregor Marshall, un ancien reporter de l’agence Reuters, qui a démissionné de son travail pour pouvoir publier les télégrammes diplomatiques américains obtenus par Wikileaks concernant la monarchie thaïlandaise. Pravit Rojanapreuk, qui a fait l’objet récemment d’accusation de crimes de lèse-majesté pour plusieurs articles publiés sur le site internet indépendant Prachatai, a évoqué l’aspect culturel et quasi-religieux de la dévotion de nombreux thaïlandais vis-à-vis de l’institution monarchique. "Il semble y avoir, parmi les Thaïlandais royalistes et ultra-royalistes, un besoin psychologique d’avoir une institution monarchique jouant le rôle de succédané de religion monothéiste. Un besoin d’avoir quelque chose de sacré, au-delà de toute critique, en opposition aux politiciens sales, maléfiques et corrompus", a fait remarquer le journaliste, connu pour ses positions courageuses sur la question du crime de lèse-majesté. Il a également relevé l’ironie selon laquelle cette "réputation malsaine" des politiciens ne pouvait être connue que grâce au travail des médias et aux mécanismes juridiques de contrôle, alors que "rien ne peut être dit sur l’institution monarchique à cause de la loi contre le crime de lèse-majesté et de celle sur les crimes informatiques".

Benedict Anderson, âgé de 76 ans et auteur du célèbre livre sur les nationalismes Communautés imaginées, a raconté, dans un mélange de thaï et d’anglais, quelques anecdotes vécues lors de ses séjours en Thaïlande. Par exemple, il s’est dit frappé, lors d’un voyage dans le sud de la Thaïlande il y a six ans, dans les environs de Chumphon et de Petchaburi, par "l’énorme campagne, organisée par les bureaucrates, pour noyer les routes et les magasins de portraits sans cesse reproduits de la famille royale", comparant cette propagande à celle "d’un politicien qui chercherait à se faire réélire". "Nous devons avoir plus flexibilité et plus de compréhension de ce qu’est aujourd’hui la société thaïlandaise et de ses aspirations", a-t-il dit. Il a aussi évoqué le fait que les statistiques sur l’ordination bouddhique en Thaïlande (chute de 70 % en dix ans) montraient que "l’espace pour le sacré a été sérieusement érodé", ce qui concerne aussi une monarchie qui a toujours eu une aura de sacralité. "Cette chute n’est pas due à un complot, mais à une rapide urbanisation et à l’apparition de nouveaux modes de consommation", a-t-il estimé.

Sulak Sivaraksa, acquitté d’une accusation de crime de lèse-majesté en 1995 et qui se définit lui-même comme un "loyaliste critique", a parlé avec son habituelle franchise, estimant que "si elle voulait survivre, la monarchie devait prendre ses distances avec l’armée et avec le Crown property bureau, qui possède 30 % des terrains à Bangkok". "Ce dont nous avons besoin est un symbole d’unité. Le roi doit être le premier parmi les égaux, sans aucun privilège quel qu’il soit", a-t-il dit.

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 14:14

En avril 2008, Chotisak Onsoong, un jeune militant politique, a été accusé par la police d'avoir insulté la monarchie pour avoir refusé de se lever pendant l'hymne royal qui précède au cinéma toutes les projections de films en Thaïlande.

 

chotisak_onsoong.jpg

 

Le rapport annuel des droits humains pour l'année 2008 du Département d'Etat américain mentionne ce cas: "Le 5 Avril, la police a accusé les militants sociaux Chotisak Onsoong et Songkran Pongbunjan de lèse-majesté pour ne pas s'être tenus debout pendant l'hymne royal dans un cinéma en septembre 2007. Ils ont été libérés sans caution; le cas était sous enquête à la fin de l'année. Les 29 et 30 avril 2008, la station de radio "Metro Life 97" (qui appartient à Sondhi Limtongkul, le principal dirigeant du PAD) a exhorté les auditeurs à agresser physiquement Chotisak alors qu'il se rendait à un débat sur la lèse-majesté ayant lieu à l'Université Thammasat. Le site Web de la station a également affiché des renseignements personnels, y compris son adresse et son numéro de téléphone. Le 14 mars 2009, l'ancien Premier ministre Abhisit Vejjajiva, dans un discours qu'il a prononcé à l'Université d'Oxford, en réponse à une question de Giles Ji Ungpakorn, a déclaré: "On m'a dit que vous avez fait des allégations précises contre la monarchie. Si ce n'est pas le cas, bien sûr, les accusations seront retirées. Tout comme cela a été le cas pour Chotisak que vous avez mentionné."

Toutefois, Chotisak a précisé que les accusations n'ont pas été abandonnées. En juin 2009, le cas de Chotisak était toujours sous enquête. On peut conclure que M. Abhisit a délibérément menti à des fins politiques. L'affaire a été retardée par le procureur à plusieurs reprises avant que Chotisak n'ait été appelé à comparaître pour répondre à son accusation. Il aurait fui la Thaïlande et demandé l'asile politique dans un pays tiers.

Plus d’informations en anglais sur le cas de Chotisak sont disponibles sur ce lien:

 

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/pendingcases/chotisak-onsoong/

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 09:51

Le 4 Juillet, Fête de l'Indépendance américaine

 

Cher Président Obama

 

Je vous écris de la prison de Bangkok en Thaïlande car il s'agit d'une question de vie et de mort. L'autorité thaïlandaise m'accuse de crime de lèse-majesté et d'avoir violé la loi sur la criminalité informatique. Le gouvernement thaïlandais utilise ces lois pour réprimer des militants, des universitaires, des journalistes, des auteurs ainsi que des politiciens et les condamner à dix ans de prison sur la base de multiples accusations. Je ne peux pas lutter seul pour mon cas contre le système judiciaire thaïlandais. Parce que ce système est corrompu, partial, et viole les droits de l'homme. A cet effet, il n'existe aucun traitement équitable. Par exemple, dans mon cas, on me retient prisonnier et on me refuse la liberté sous caution. Je me sens triste de voir que notre liberté d'expression a été insulté, réprimée, et dégradée par un pays du tiers monde comme la Thaïlande. Je voudrais demander à tous les Américains à se lever, de soutenir et de défendre notre fierté, la liberté d'expression inscrite dans la Constitution des Etats-Unis et que le gouvernement thaïlandais ne respecte pas. Le gouvernement américain devrait protester et condamner la Thaïlande pour utiliser ces lois abusives comme un outil afin de protéger l'institution royale de la critique, en particulier pour mon cas dont le "délit" a été commis sur le sol américain, et exiger que la Thaïlande me libère de prison immédiatement.

Que Dieu vous bénisse, Dieu bénisse l'Amérique. Sincèrement votre

Joe Gordon

Prison de Bangkok

Thaïlande

 

 

 

Pour plus d'informations sur le cas de Joe Gordon, cliquez sur le lien suivant:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-joe-gordon-104221998.html

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 08:43

Lien de l'interview:

 

 

http://www.lepetitjournal.com/societe/actu-societe/113146-interview--piyabutr-saengkanokkul-membre-du-groupe-contreverse-nitirat.htmlHYPERLINK "/societe/actu-societe/113146-interview--piyabutr-saengkanokkul-membre-du-groupe-contreverse-nitirat.html?tmpl=component&print=1&layout=default&page="  

 

Piyabutr Saengkanokkul, chargé d’enseignement en droit public à la faculté de droit de l’Université de Thammasat, est membre du groupe Nitirat. Agé de 32 ans, il a étudié en France pendant 8 ans où il a obtenu un doctorat en droit public. Il présente le groupe d’universitaires Nitirat qui fait parler de lui depuis l'an passé de par son combat contre l’influence des élites dans le monde politique

 

LePetitJournal.com Bangkok : Pouvez-vous présenter le groupe Nitirat ?
Piyabutr Saengkanokkul : Il est composé de sept membres, tous enseignants à la faculté de droit de Thammasat à Bangkok : Worajate Pakeerat, Jantajira Iammayura, Thapanan Nipitakul, Teera Suteewarangkurn, Sawatree Suksri, Poonthep Sirinupong et moi-même. Le groupe compte deux femmes et la moyenne d’âge varie de 26 à 50 ans. Nous avons en commun d’avoir tous étudié à l’étranger, en France ou en Allemagne, et une passion du droit doublée de la volonté de nous rendre utile pour la société thaïlandaise. Le mot Nitirat reflète bien le sens de notre démarche : il signifie "le droit au service du peuple". Le groupe a été officiellement constitué le 19 septembre 2010, quatre ans, jour pour jour, après le coup d’Etat ayant renversé l’ancien Premier ministre Thaksin et quelques mois après les tragiques événements d’avril-mai 2010 ayant fait près d’une centaine de morts et 600 blessés à Bangkok.
Le groupe existait déjà auparavant, mais de manière informelle. Nous nous réunissions pour commenter dans les revues juridiques les décisions de la Cour constitutionnelle. Nous étions parvenus au constat commun que les décisions rendues par les juges constitutionnels après le 19 septembre 2006 avaient finalement abouti à valider le coup d’Etat et toutes les normes juridiques qui ont été adoptées par le pouvoir issu de ce coup d’Etat. Il s’agit d’une situation d’instrumentalisation du droit à des fins politiques. Nous critiquions dans nos commentaires de jurisprudence cette réalité, mais nous étions impuissants face à cela. Nous avons décidé de parler au public et de formuler des propositions, bref de devenir un acteur au lieu d’être juste commentateur.

 

Quels sont les objectifs du groupe Nitirat ?
Le groupe Nitirat s’est fixé deux objectifs : créer une véritable idéologie de l’Etat de droit en Thaïlande et contribuer à réformer en profondeur la vie politique thaïlandaise. Mettre en place un véritable Etat de droit nécessite une vraie culture démocratique, un souci des droits de l’homme et une connaissance réelle des principes fondamentaux du droit et des libertés publiques. Réformer la vie politique impose un changement de perspective : il faut que le peuple thaïlandais prenne en main son destin et ne le confie plus à des institutions (armée, monarchie, pouvoir judiciaire) qui ne doivent pas être des acteurs politiques. Sans réalisation de ces deux objectifs, la succession interrompue de violences et de coups d’Etat qui marque l’histoire contemporaine du royaume se poursuivra.
Le groupe Nitirat a commencé par organiser trois conférences de débats à l’Université de Thammasat. La première, en novembre 2010, portait sur le thème "Juges et démocratie" ; la seconde, en décembre 2010, sur le thème "Monarchie et démocratie" ; et la troisième, en février 2011, sur le thème "Armée et démocratie". Nous avons relayé le contenu de ces conférences sur différents supports : revues, CD, vidéos disponibles sur Youtube etc. L’accueil a été favorable. Après cette période initiale de débats, nous avons voulu formuler des propositions concrètes, mais en restant sur le terrain juridique.

Quelles sont justement ces propositions ?
En mars 2011, nous avons proposé de réformer l’article 112 du code pénal thaïlandais qui réprime le crime de lèse-majesté, compte tenu du nombre excessif de personnes poursuivies. Nous avons reçu un soutien à notre proposition, notamment parmi les journalistes, les artistes, les intellectuels mais aussi au sein du peuple. Et la presse anglophone présente en Thaïlande (ndlr : The Nation et Bangkok Post), la presse internationale ainsi que les ambassades ont commencé à s’intéresser à nos travaux. Une campagne a été lancée pour déposer au Parlement, dans le cadre du droit constitutionnel de pétition, une proposition de loi visant à réformer l’article 112. Grâce à l’aide d’associations, nous avons recueilli près de 30.000 signatures et nous les avons déposées au bureau du président du Parlement en mai 2012.
En septembre 2011, nous avons publié un rapport proposant aux pouvoirs publics et aux juristes de constater l’illégalité du coup d’Etat et la nullité de tous les actes juridiques adoptés par le gouvernement issu du putsch. Ce rapport, suivi d’une conférence à l’Université de Thammasat en janvier 2012, a fait beaucoup de bruit. C’est à partir de ce moment-là que nous avons été critiqués par les élites. Elles se sont senties menacées parce que ce sont elles qui ont "validé" le coup d’Etat : juges, personnel politique, militaires, entourage du roi, hauts fonctionnaires etc. Du jour au lendemain, le groupe Nitirat a été accusé d’être un allié de Thaksin et d’être financé par les "Chemises rouges". Les menaces et les insultes dans les médias et sur internet ont commencé.
Nous avons enfin commencé notre travail de réécriture de la constitution de 2007 : c’est le point central de notre démarche. Nous avons déjà établi un canevas de texte. Un projet détaillé de constitution sera présenté d’ici à la fin de l’année 2012. Il faut que soit adoptée une nouvelle constitution vraiment démocratique que tous les représentants institutionnels, y compris le roi, devront s’engager à respecter par une prestation de serment. Soyons raisonnables : ce n’est pas envisageable avec le roi actuel, qui est vénéré par la population. Mais nous espérons bien que son successeur sera tenu de respecter cette règle de bon sens dans une monarchie constitutionnelle, comme cela est le cas en Belgique, aux Pays-Bas, en Norvège, en Grande-Bretagne etc.

Pouvez-vous expliquer en quoi consiste "l’instrumentalisation du droit" depuis 2006 ?
En Thaïlande, il y a trois institutions en théorie sans rôle politique qui interviennent beaucoup dans la vie politique : l’armée, la monarchie et le pouvoir judiciaire. Le groupe Nitirat considère que ces trois institutions puissantes ne devraient pas avoir de rôle politique. S’agissant des juges, force est de constater qu’ils ont fait un usage du droit à des fins d’élimination de certains membres de la vie politique et qu’ils sont imprégnés d’idéologies royaliste et militaire. Par exemple, les juges pensent souvent qu’ils disent le droit au nom du roi, alors qu’ils doivent rendre la justice au nom du peuple thaïlandais. Au lieu de rester un instrument autonome de régulation de la société, le droit a été mis au service du jeu politique et de la protection de certaines élites. Les juges ont ainsi donné leur approbation au coup d’Etat et à toute la législation adoptée par le pouvoir qui en est issu, alors qu’il s’agit manifestement d’actes et de textes illégaux. En exigeant le respect des textes adoptés antérieurement, ils n’ont pas défendu l’Etat de droit. Dans un véritable pays démocratique, les juges refusent d’appliquer les textes issus d’un gouvernement illégal. Le groupe Nitirat est né de ce constat et il est avant tout, au-delà de la question de législation réprimant le crime de lèse-majesté (qui l’a fait connaître dans les médias internationaux), un groupe d’universitaires contre le coup d’Etat et ses conséquences.

Pourriez-vous donner des exemples de cette "instrumentalisation du droit" ?
Je vais vous donner trois exemples flagrants. En mai 2007, la Cour constitutionnelle a pris la décision de dissoudre le parti Thai Rak Thai et de déclarer inéligibles 111 membres de son bureau politique pour 5 ans. Cette décision a été prise en application d’un décret-loi adopté par le général Sonthi autorisant la dissolution d’un parti et le bannissement de la vie politique dans certains cas. Or, les faits reprochés au Thai Rak Thai étaient antérieurs à septembre 2006. Ce faisant, en appliquant un décret-loi à la légalité douteuse pour des faits antérieurs, la Cour constitutionnelle a violé une des règles essentielles de tout Etat de droit qui est le principe de non-rétroactivité d’une loi prévoyant de lourdes sanctions pénales ou administratives. En septembre 2008, la Cour constitutionnelle a interdit au Premier ministre Samak de continuer à exercer ses fonctions parce qu’il avait reçu une rémunération pour quelques cours de cuisine à la télévision, au motif que la constitution de 2007 interdit au Premier ministre d’avoir toute autre activité professionnelle. Mais les faits reprochés à Samak portaient sur une rémunération ponctuelle, faible en son montant (3.000 bahts), pour une activité ludique. S’agit-il d’une activité professionnelle ? On peut sérieusement en douter. Il est arrivé à un Premier ministre dans le passé de se faire rémunérer pour une conférence donnée à la faculté et cela n’a jamais posé de problème particulier. Le texte constitutionnel ne disait rien sur ce type de rémunération ponctuelle et limitée. Or, la Cour, s’agissant d’un texte sanction qui doit faire l’objet d’une interprétation stricte, a retenu une interprétation large. Compte tenu du caractère bénin de la faute commise et de la gravité de la sanction prise, le principe de proportionnalité n’a pas non plus été respecté. Voilà deux règles de base de tout Etat de droit qui n’ont pas été appliquées. En décembre 2010, la Cour constitutionnelle a ordonné la dissolution du Palang Prachachon, parti successeur du Thai Rak Thai, et a déclaré inéligibles 109 membres de son bureau politique pour 5 ans. La procédure a été beaucoup trop rapide, sans respect des droits de la défense et du respect du contradictoire. Sa rapidité s’explique très certainement par la volonté de donner satisfaction aux "Chemises jaunes" qui occupaient les aéroports de Bangkok. D’ailleurs, dès le lendemain de la décision, l’occupation a été levée. La raison de la dissolution tient au fait qu’un membre du Palang Prachachon avait été condamné pour avoir violé la loi électorale en achetant des voix. Là encore, le principe de proportionnalité entre les faits reprochés (un cas unique d’achat de votes) et l’étendue de la sanction n’a pas été respecté. Ces trois exemples montrent que la Cour constitutionnelle n’a pas hésité à se mettre au service de l’armée ou d’un camp politique, oubliant que son rôle était de s’en tenir aux règles de l’Etat de droit.

Quels sont les prochains projets du groupe Nitirat ?
Nous avons quatre projets à l’esprit. Nous allons tout d’abord intensifier notre lutte contre les effets juridiques du coup d’Etat. Il s’agit de promouvoir un projet de loi constitutionnelle qui reconnaîtra que tous les actes juridiques pris en application du gouvernement issu d’un coup d’Etat sont nuls et sans effet. C’est aussi un moyen de prévenir tout putsch pour l’avenir, ce qui est essentiel en Thaïlande compte tenu de son histoire. Deuxième projet : favoriser la réconciliation. Celle-ci ne pourra se faire que si les Thaïlandais se disent la vérité et regardent en face les évènements des dernières années. Une réconciliation sincère n’est pas un compromis, un accord politique bancal, une réécriture de l’histoire. Elle suppose que tous les sujets qui fâchent et tous les événements sanglants soient débattus et passés en revue. Par ailleurs, une réconciliation ne pourra se faire sans une remise en cause de l’impunité complète dont bénéficient les auteurs d’actes illégaux. Troisième projet : écrire et proposer une nouvelle constitution, qui remplacera celle de 2007, dépourvue de légitimité. Quatrième et dernier projet : vulgariser auprès de la population thaïlandaise les sciences juridiques et l’histoire politique du pays. On oublie trop souvent que Thammasat a été crée par Pridi Banomyong en 1934, un juriste devenu responsable politique qui souhaitait mettre le savoir au service du peuple thaïlandais. Dans les années 1970, les étudiants avaient repris cet idéal et organisé des cours au profit des paysans. Nous voulons poursuivre cette tradition, en organisant des cycles de 12 semaines de cours gratuits, qui permettront aux Thaïlandais d’avoir accès aux connaissances juridiques de base et aussi de connaître l’histoire politique de leur pays. Il s’agit d’aller au-delà de ce qui est proposé le plus souvent dans les médias ou à l’école et qui s’apparente plus à une histoire de la royauté qu’à une histoire du peuple et de ses dirigeants politiques.

Avez-vous été menacés ou gênés dans votre action ou dans votre carrière ?
Nous n’avons pas été gênés dans notre carrière universitaire ni sanctionnés. Les enseignants de l’Université bénéficient d’une liberté de parole et d’action qui est respectée, Dieu merci. En revanche, l’un d’entre nous, Worajate Pakeerat, a été attaqué sur le parking de la faculté et frappé à plusieurs reprises. Son agresseur, qui a dit avoir agi pour protéger le roi, a été arrêté et condamné par la justice à 6 mois d’emprisonnement avec sursis. Par ailleurs, pratiquement tous les jours, chacun d’entre nous (mais surtout Worajate et moi-même, parce que nous avons été invités à parler sur Voice TV, Nation TV et Thai PBS) reçoit de nombreux courriers et des appels téléphoniques qui vont de la diffamation aux menaces en passant par les insultes. Par exemple, la page Facebook du groupe a fait l’objet de près de 30.000 commentaires négatifs. Il n’est pas rare que l’on me menace de mort ou que l’on exige des autorités qu’elles m’expulsent de mon propre pays ! Je pourrais porter plainte mais je ne veux pas entrer dans ce jeu-là. En outre, dans une démocratie, il faut accepter la critique, même excessive. Je ne me laisse pas impressionner. Certes ma famille et mes amis s’inquiètent, mais il est hors de question d’abandonner notre démarche juste, parce que quelques personnes ne l’acceptent pas.
Propos recueillis par Ghislain POISSONNIER

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 10:39

Texte de l'appel:

le 21 Juin 2012 à 10 heures, nous, qui sommes membres de différents syndicats de l'organisation du travail tels que les syndicats "Confédération Coréenne du Commerce", l'AMRC, la "Campagne Travailliste Thaïe" (Thai Labour Campaign), l'Association Coréenne pour la Solidarité Internationale, Les "Travailleurs Solidaires Unis" (Workers Solidarity All Together), l'Action Travail en Chine, etc , demandons au gouvernement thaïlandais la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques pour lèse-majesté, y compris Somyot Prueksakasemsuk, ainsi que leur amnistie et la modification de la loi de lèse-majesté (article 112), afin de restaurer une véritable démocratie en Thaïlande.


SE Mme Yingluck Shinawatra
Premier ministre du Royaume de Thaïlande
Government House
Pitsanulok Road, Dusit district
Bangkok 10300, Thaïlande

Cc. M. Chaiyong SATJIPANON

Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire
Ambassade royale de Thaïlande en Corée
653-7, Hannam-dong, Yongsan-gu, Seoul 140-210


Le 21 juin 2012

Votre Excellence,
Nous vous écrivons cette lettre au nom des organisations internationales du travail et de celles de Corée du Sud pour exprimer notre solidarité avec le militant syndical Somyot Prueksakasemsuk.

Nous exigeons la libération de Somyot Prueksakasemsuk qui est détenu depuis le 30 Avril 2011. M. Somyot Prueksakasemsuk s'est consacré à la démocratie et au mouvement ouvrier en Thaïlande et à la solidarité internationale en tant que militant, spécialiste du travail et journaliste. En particulier, il a montré une forte solidarité vis-à-vis du mouvement syndical en Corée. Il a traduit et popularisé une chanson de solidarité coréenne pour le mouvement syndical thaïlandais. Par conséquent le mouvement syndical coréen et la société civile en particulier, s'intéressent et se préoccupent de sa situation.

Il a été emprisonné car il face à des accusations en vertu de l'article 112 du Code criminel (la loi de lèse-majesté). La liberté sous caution lui a été refusée et sa détention a été prolongée. Nous sommes profondément préoccupés par le fait que le gouvernement thaïlandais utilise la loi lèse-majesté pour opprimer M. Somyot Prueksakasemsuk qui a critiqué l’ancien gouvernement thaïlandais à travers le magazine "Red Power".

En outre, nous avons appris que Yingluck Shinawatra, Premier ministre du Royaume de Thaïlande, qui a été soutenu par le mouvement des Chemises rouges, reste ferme sur la politique de ne pas modifier la loi de lèse-majesté, car cela n’était pas dans programme électoral de son parti lors de la dernière campagne électorale. Dans cette circonstance, M. Amphol Tangnoppakul, un prisonnier politique âgé de 62 ans, victime de la loi de lèse-majesté, est décédé le 8 mai 2012 en prison. Il a été condamné à 20 ans de détention après avoir été reconnu coupable de lèse-majesté pour avoir prétendument envoyer un message SMS au secrétaire personnel de l'ex-Premier ministre Abhisit.

La tragédie dont a été victime M. Amphol Tangnoppakul n'est pas le seul cas. Il y a encore de nombreux prisonniers politiques pour lèse-majesté. Ils se voient constamment refuser le droit à la liberté sous caution et un traitement médical hors de la prison. La loi de lèse-majesté est une loi antidémocratique, contre le mouvement du travail et vise à supprimer le mouvement social en Thaïlande. Nous exigeons que les prisonniers politiques du gouvernement thaïlandais soient libérés et que la loi de lèse-majesté soit modifiée.

Nous vous rappelons que la Déclaration des Nations Unies sur le Droit et la Responsabilité des Individus, Groupes et Organes de la Société, qui protège les droits humains universellement reconnus ainsi que les libertés fondamentales et qui a été adoptée par consensus par l'Assemblée Générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, reconnaît la légitimité des activités des défenseurs des droits de l'homme, leur droit à la liberté d'association et invite les États à veiller à ce qu'ils puissent mener leurs activités sans crainte de représailles. Nous croyons que l'abus continu de la Loi de lèse-majesté est politiquement motivée et préjudiciable à la reconstruction de la démocratie en Thaïlande. Ces lois doivent être examinées conformément aux normes internationales des droits de l'homme.

Donc, nous sommes appelons les autorités thaïlandaises à
1. Relâchez inconditionnellement tous les prisonniers politiques pour lèse-majesté, y compris M. Somyot Prueksakasemsuk et de leur accorder l'amnistie.
2. Modifier l'article 112 du Code criminel (la loi de lèse-majesté).
Cordialement,

Appel soutenu par les organisations suivantes:
1. Confédération Coréenne des Syndicats (KCTU), (Corée)
2.
Korean House for International Solidarity (Corée)
3. Workers Solidarity All Together (Corée)
4. Thai Labour Campaign (Thaïlande)
5. Parti Progressiste Uni (Corée)
6. Korea Contingent Workers Center (Corée)
7. Workers' Assistance Center (Philippines)
8. Sedane Labour Resource Center (Indonésie)
9. Local Initiative for OSH Network
10. Asia Monitor Resource Centre (Hong Kong)
11.
Globalization Monitor (Hong Kong)
12. Yokohama Action Research (Japon)
13. Labour Action China (Hong Kong)
14. Citoyens de la Terre (Taiwan)
15.
International Campaign for Responsible Technology (ICRT), (Etats-Unis)

 

Photo: manifestation devant l'ambassade de Thaïlande à Seoul pour la libération des prisonniers politiques

  

Coree-2.jpg  

 

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 16:24

Cher tous, amis et camarades.
Chaleureuses salutations du Groupe de Soutien en Malaisie pour la Démocratie en Thaïlande!
S'il vous plaît prenez connaissance de la dernière mise à jour sur le cas de Somyot et des autres prisonniers politiques pour lèse-majesté en Thaïlande.


1 - Action de solidarité internationale à Séoul, en Corée

Le 21 juin 2012, des militants syndicaux, des syndicalistes coréens de la Confédération Coréenne des Syndicats, du groupe socialiste et des groupes de travail asiatiques ont organisé une manifestation et présenté une lettre à l'ambassade de Thaïlande à Séoul appelant à la libération de Somyot et de tous les prisonniers politiques en Thaïlande. Ils appellent également à la modification de la loi de lèse-majesté.
THAÏLANDE / COREE DU SUD: pour la libération de Somyot Prueksakasemsuk
Le 28/06/2012  par Prachatai
Un communiqué de presse conjoint remit au Premier ministre de Thaïlande par le droit international du travail et des organisations de mouvements sociaux
Lien en anglais:
http://www.prachatai.com/english/node/3278


Photos: la solidarité internationale d'action pour la liberté en Thaïlande

Lien en anglais:
http://www.facebook.com/media/set/?set=a.461406077222268.118952.134583549904524&type=1


2 - Un nouveau livre sur Somyot lancé le 16 Juin 2012
Un nouveau livre sur Somyot a été écrit en thaï. Le livre contient des histoires au sujet de Somyot et de son travail ainsi que des témoignages d'amis et de collègues à travers le monde. Le livre est disponible en thaï.

Lien en anglais:
http://freesomyot.wordpress.com/2012/06/24/new-book-about-somyot/~~V


3 - Un appel à signer la pétition en ligne pour la libération de Somyot et à droite pour renflouer
S'il vous plaît continuez à envoyer des lettres au gouvernement thaïlandais pour réclamer sa libération.

Ci-dessous les liens de la lettre à signer en ligne:

Lien en anglais:
http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1383

Lien en français:

http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1384


4 - Lancement du Réseau des membres des familles des personnes touchées par la loi de lèse-majesté (article 112)
Un lancement officiel du Réseau des médias nationaux et internationaux sur les événements suivants:

Le 5 et 7 juillet 2012.
Communiqué de presse pour les médias internationaux le 5 juillet 2012 de 10 heures 30 à 12 heures (midi) au FCCT.

Communiqué de presse pour les médias thaïlandais, suite à un séminaire intitulé "Ouvrez les portes des prisons pour nos amis 112". Cette conférence se déroulera au Monument du 14 Octobre, Avenue Ratchadamneun, le 7 juillet 2012 de 13:00 à 16:30 heures.
Les intervenants du séminaire seront:
- Sulak Sivaraksa
- Nirand Pitakwatchara M.D.
- Pravit Rojanaphruk
- Sarawut Pratumraj
- Saowalak Pongam
- 4 membres des familles de prisonniers 112 - 2 d'entre eux intervenant pour la première fois en public
Organisé par Tai Pruksakasemsuk
S'il vous plaît aidez à faire connaître la mission du réseau national et international et venez assister au communiqué de presse ou diffusez ces informations aux parties concernées.
5- Des lettres de prisonniers pour lèse-majesté en Thaïlande appellent à un soutien international.
Des prisonniers politiques thaïlandais se tournent vers Amnesty pour demander de l'aide.
Après avoir attendu des années le soutien d'Amnesty International, les détenus pour lèse-majesté espèrent que leur lettre sortie clandestinement leur apportera le soutien des ONG.
Ce qui suit est une traduction en anglais de la lettre adressée directement à Amnesty International par un prisonnier politique en Thaïlande, Thanthawut Taweewarodomkul, qui a été condamné à 13 ans de prison pour violation de la loi draconienne de lèse-majesté.
Elle a été sortie clandestinement de la prison de Bangkok puis a été remise en main propre à Londres, le 11 juin 2012, à Amnesty International par un ancien commissaire national thaïlandais des droits de l'homme, Jaran Ditapichai. Thanthawut a également demandé que la lettre soit publiée.

Lien de la lettre en anglais:
http://asiancorrespondent.com/84065/exclusive-thai-political-prisoners-turn-to-amnesty-for-help/


D'autres informations sur Somyot et les prisonniers politiques de Thaïlande sont disponible sur les liens suivants:
http://freesomyot.wordpress.com/
http://www.facebook.com/pages/Free-Somyot/122999694453000
http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/
http://www.prachatai.com/english/~~V

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 15:50

En octobre 2010, Andrew Spooner a interviewé une Thaïlandaise réfugiée politique au Royaume-Uni. Il s’agit de Tan qui est toujours exilée en Angleterre. Ci-dessous cette interview:

Entretien avec une Thaïlandaise réfugiée politique au Royaume-Uni
Traduit de Bangkok Pundit
Par Andrew Spooner
Plus tôt ce mois-ci j'ai pris contact avec une Thaïlandaise avec un statut de réfugié politique qui lui a été accordée au Royaume-Uni. Elle vit dans une maison simple, dans une rue typique, dans une très typique ville anglaise de province. "Tan" (sa réelle identité, pour sa protection, est anonyme) a subie de nombreuses menaces de la part de personnes qu'elle affirme être connectés aux chemises jaunes d'extrême-droite du PAD, qu'elle a été contrainte de fuir en Thaïlande pour chercher refuge dans un autre pays. Sa demande de statut de réfugié a été acceptée par les autorités du Royaume-Uni (des preuves de persécutions doivent être fournie aux autorités du Royaume-Uni pur qu'elles acceptent une personne comme "réfugiée") et elle a maintenant l'autorisation de rester au Royaume-Uni pendant cinq ans.
Ce qu'il faut rappeler aux lecteurs, c'est que, tandis que les chemises rouges ont été impitoyablement écrasé par l'Etat thaïlandais, toutes les actions équivalentes de l'extrême droite du PAD et de leurs partisans chemises jaunes sont totalement impunies par l'Etat thaïlandais. Le PAD et leurs partisans sont apparemment libres de commettre des actes de violence et d'intimidation en toute impunité. La question qu'on peut se poser est; les extrémistes violents du PAD agissent-ils pour le compte de puissants éléments au sein du régime thaïlandais? Et, si oui, peut-on compter sur la protection des ressortissants thaïlandais par l'Etat thaïlandais, en vertu de la règle de droit, quand ils sont menacés par le PAD? La seule réponse pour le moment, et les autorités britanniques semblent d'accord, c'est que non, ils ne peuvent pas compter sur cette protection.
"Je suis citoyenne de Thaïlande et j'ai obtenu une maîtrise de l'Université Thammasart, à Bangkok en Thaïlande, en 2006. Après mon diplôme, j'ai été employé comme chercheur par une ONG internationale. J'ai quitté la Thaïlande au début de 2009. J'avais reçu des menaces de mort sur mon téléphone mobile personnel. Mon mari a reçu des insultes par la poste à son bureau et d'autres menaces des partisans du coup d'Etat militaire de 2006. La situation politique en Thaïlande s'était détériorée depuis un certain temps et il y avait de sérieuses inquiétudes au sujet du manque de justice et de l'absence de primauté du droit. Les actes de violence politique commis par les chemises jaunes du PAD avaient lieu presque chaque jour et les lois répressives ont été utilisées pour faire taire les critiques du gouvernement. J'ai laissé toutes mes affaires chez moi, à Bangkok et je suis partie avec seulement une petite valise. J'ai dû démissionner de mon poste et laisser mes amis et ma famille derrière moi. Je n'ai jamais vécu dans un autre pays que la Thaïlande auparavant.
J'ai demandé l'asile politique au Royaume-Uni car si je retournait en Thaïlande, je serais en danger de persécution, aussi bien par des organisations non étatiques que par l'État en raison de mes propres activités politiques ainsi qu'à une association étroite avec mon mari. Depuis l'an 2000 nous avions écrit des livres et des article ensemble et avions collaboré à un certain nombre de projets pour les droits de l'homme. Aucun de nous n'a jamais été impliqués dans des actes violents. Nous nous sommes simplement impliqués en faveur de la démocratie et des droits de l'homme ainsi que contre le coup d'Etat militaire de 2006 et la destruction de la démocratie qui s'en est suivie.
Les acteurs non étatiques dont je parle sont les partisans du PAD fasciste qui ont saisis le palais du gouvernement et provoqués la chute de ce dernier, ont utilisé la violence et des armes devant le Parlement et ont pris le contrôle des deux aéroports internationaux en 2008. En tant que militante d'une ONG, je connaissais personnellement de nombreux partisans du PAD et ils me connaissaient assez bien pour me faire des menaces de mort sur mon téléphone portable et m'insulter au visage quand je travaillais pour l'ONG.
Au téléphone, ces gens ont dit des choses comme: "Regarde ... tu vas bientôt disparaître"... "Tu vas prendre une balle ".... "Regarde autour de toi lorsque tu te déplaces, tu vas disparaître". J'ai essayé d'ignorer ces menaces à l'époque, afin de maintenir en moi un certain niveau de santé mentale. Les sites du PAD, comme le site web ASTV avait l'habitude de publier des détails sur les gens et d'encourager des violences envers les activistes chemises rouges pro-démocratie. La persécution par des acteurs non étatiques ainsi que par l'État comprend, des agressions physiques et des assassinats, mais aussi des comportements dégradants.
J'ai dû montrer aux autorités britanniques que j'étais en danger de persécution par des acteurs non étatiques ainsi que par l'État en raison de la totale décomposition de l'État de droit et l'augmentation de la violence politique en Thaïlande depuis le coup d'État de 2006. La violence politique depuis 2006 a été perpétrées principalement par l'Etat thaïlandais, mais aussi par des partisans du PAD. Cela comprenait des soldats tirant sur des manifestants non armés, des tentatives d'assassinat contre des militants et la pose de bombes. Le nombre de prisonniers politiques a également été en croissance rapide. J'ai dû prouver qu'il y avait une grave détérioration des droits de l'homme et de la primauté du droit en Thaïlande qui se traduisait par ma persécution et par l'absence de protection suffisante de l'État thaïlandais à mon égard. J'ai été en mesure de démontrer que le gouvernement actuel se composait de membres du PAD et était soutenu par l'armée. D'éminents universitaires britanniques et activistes des droits de l'homme ont écrit des lettres d'appui pour soutenir ma demande de statut de réfugié. J'ai également cité de nombreux rapports sur les droits de l'homme internationaux et des articles de journaux faisant autorité.
J'ai maintenant le statut de réfugié et le droit de rester en Grande-Bretagne pendant cinq ans. Je suis actuellement étudiante en anglais."

Lien de l’interview en anglais:
http://asiancorrespondent.com/siamvoices/thailand-s-real-refugee-problem-an-interview

Lien en français:

http://thailande.vraiforum.com/t2689-Entretien-avec-une-thailandaise-refugiee-politique-au-Royaume-Uni.htm

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 13:39

Giles Ji Ungpakorn était professeur agrégé de sciences politiques à l'Université Chulalongkorn de Bangkok.

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C'est également un écrivain prolifique sur la crise politique thaïlandaise et un activiste. Le mouvement "Turn Left" (Virage à Gauche) de Giles se déclare socialiste et est affilié à la 4ème Internationale. En France, il est soutenu par le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). Certain de ses article ont été repris par ce blog.

Liens:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-birmanie-les-deux-faces-des-elections-103460884.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-da-torpedo-104172773.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-le-voyage-de-yingluk-a-bahrein-insulte-la-memoire-des-chemises-rouges-massacre-par-les-militaires-il-105295581.html

D'autres articles peuvent se lire sur la page en français du site de Giles Ji Ungpakorn.

Lien:

http://redthaisocialist.com/francais.html


Giles a fui la Thaïlande début février 2009. Le cas de lèse-majesté contre lui devait être entendu par un tribunal de Bangkok, le 9 février 2009. Giles, qui détient la double nationalité thaïlandaise et britannique, est parti pour l'Angleterre. Il s'est dit préoccupé par le fait qu'il ne recevrait pas un procès équitable.
En mars 2009, un tribunal thaïlandais a émis un mandat pour son arrestation.
Au début de novembre 2009, Giles a de nouveau été accusé de lèse-majesté. L'accusation se rapporte à son blog. Un groupe de nationalistes du PAD a porté plainte devant la police. C'est une inculpation intéressante car elle porte sur des infractions présumées commises en dehors de la Thaïlande.
Au début de 2011, le dernier livre de Giles "Thailand’s Crisis and the fight for Democracy" a été officiellement interdit en Thaïlande, plus d'un an après qu'il ait été publié. Cela signifie que personne n'est autorisé à l'importer dans le pays. Giles affirme cependant que le livre désormais interdit était presque épuisé lorsque l'interdiction a été annoncée. Il dispose d'une version en langue thaïe disponible en téléchargement gratuit.
Lien des principaux documents concernant l'affaire:
Lien pour le téléchargement gratuit du livre "Un Coup d'Etat pour les riches" de Giles Ji Ungpakorn (en français):

http://redthaisocialist.com/attachments/article/119/Un%20coup%20d'etat%20pour%20les%20riches+.pdf

Lien de "Global Voice" en français sur le manifeste "Siam Rouge":

http://fr.globalvoicesonline.org/2009/03/04/3107/

Le 13 Janvier 2009, peu avant son départ en exil, Giles Ji Ungpakorn a fait un communiqué de presse sur son inculpation de lèse majesté. Le voici ci-dessous en français:

Déclaration de presse du professeur associé Giles Ji Ungpakorn concernant l'inculpation de Lèse Majesté

Comme vous le savez, j'ai été assigné à comparaître par le commissariat de police de Pathumwan pour un interrogatoire dans la mâtiné du mardi 20 janvier 2009 à 10 heures. Je suis accusé de Lèse Majesté. Cette inculpation provient de mon livre "Un Coup d'état pour les Riches", publié en 2007. Ceux qui sont jugés coupables de Lèse Majesté sont condamnés à une lourde peine de prison.

1. La Loi de lèse-majesté thaïlandaise empêche le bon fonctionnement d'une Monarchie Constitutionnelle Démocratique car elle restreint la liberté de parole et d'expression et n'autorise pas l'explication et la transparence de l'institution de la Monarchie. La population thaïlandaise est encouragée de croire que nous vivons dans "un ancien système de Monarchie", à mi-chemin entre une "Sakdina" (société féodale) et une Monarchie mi-constitutionnelle mi-absolue.

2. En Thaïlande, l'utilisation de la Loi de lèse-majesté est une tentative d'interdire toute discussion au sujet d'une des institutions les plus importantes. Le but est d'empêcher les pensées critiques et d'encourager un système "d'apprentissage machinal" parmi le peuple. Par exemple, une fois que le Roi a donné sa bénédiction à "l'Economie Suffisante", Nous sommes tous supposés l'accepter et l'aduler sans nous poser de question. Par chance, ce type de lavage de cerveau ne marche plus très bien dans la société thaïlandaise, malgré le fait qu'une société ne pouvant pas discuter ouvertement d'économie et de programmes politiques ne peut que rester arriérée et sous-développée.

3. Les militaires prétendent souvent qu'ils sont les "défenseurs de la Monarchie Constitutionnelle", alors que, tout au long de leur histoire, ils ont fait des coups d'Etats anticonstitutionnels. Ces putschs sont toujours légitimés par l'argument de protéger la Monarchie. Le coup d'état du 19 septembre 2006 est un bon exemple. Plutôt que de défendre la Monarchie en tant que telle, l'armée cherche à se donner une légitimité elle-même en se référant au Roi. Ainsi la Loi de lèse-majesté est utilisée comme un outil par les militaires et les autres élites partisanes de l'autoritarisme dans le but de protéger leurs intérêts plutôt que de préserver la Monarchie Constitutionnelle. La promotion de l'image comme quoi la Monarchie serait toute puissante (une image anticonstitutionnelle) fait partie de cette auto-légitimation par l'armée et des autres forces conservatrices.

4. Dans la plupart des pays démocratiques, les Monarques Constitutionnels jouissent de la stabilité bien qu'ils soient sujet à l'examen minutieux du public. Donc, nous devons conclure que la Loi de lèse-majesté thaïlandaise n'est pas faite dans le but de procurer la stabilité à cette institution mais sert d'autres objectifs.

5. Ceux qui m'accusent de lèse-majesté le font parce que je me suis opposé inflexiblement par principe aux coups d'états militaires et aux dictatures. Beaucoup d'autres activistes font face à de similaires inculpations pour la même raison. Nous ne devons pas oublier leur situation critique. Nous devons mener une campagne politique nationale et internationale pour défendre les droits démocratiques en Thaïlande et pour l'abolition de la Loi de lèse-majesté.

Mon livre "Un Coup d'état pour les Riches"

J'ai écrit et publié ce livre quelques mois après le coup d'état du 19 septembre 2006. Ce livre était une tentative de publier une analyse académique de la crise politique thaïlandaise d'un point de vue pro-démocratie. Bien que j'y critique constamment les abus des droits de l'homme du gouvernement Thaksin, je soutenais que le putsch était complètement injustifié. J'expliquais que ceux qui avaient soutenus le coup d'Etat, les militaires, le PAD, des hommes d'affaires mécontents et les fonctionnaires néo-libéraux et conservateurs, étaient unis dans leur mépris pour les pauvres. Ils n'ont aucune foi en la démocratie parce qu'ils croient que les plus démunis sont trop stupides pour avoir le droit de vote. Ils haïssent aussi le parti de Thaksin parce qu'il pouvait gagner les élections et qu'eux ne le pouvaient pas.

Un autre thème important de mon livre est l'interrogation sur un "fait" perçu que la crise n’était que le résultat d'une dispute entre la Monarchie et Thaksin. Plus que tous les autres, c'est celui de mes arguments qui a pu faire enrager les militaires, vu qu'ils espéraient utiliser la légitimité royale pour justifier leur coup. J'ai aussi tenté de stimuler une discussion sur le fait que si, oui ou non, une Monarchie Constitutionnelle se doit de défendre la Constitution et la Démocratie. Dans un autre paragraphe du livre, j'essayais de faire un compte rendu historique de la Monarchie pour soutenir que c'est maintenant une institution moderne et non pas féodale.

J'ai maintenant vendu toutes les 1000 copies du livre "Un Coup d'Etat pour les Riches", mais on peut se le procurer en le téléchargeant de mon blog http://wdpress.blog.co.uk/ et du site web de "International Socialist Tendency" en Grande Bretagne. Juste après avoir été édité, le livre fut retiré de la vente par la librairie de l'université Chulalongkorn et, peu après, par celle de l'université Thammasart.

Je rejette totalement l'accusation comme quoi j'ai commis un crime quelconque en écrivant et éditant ce livre. Je suis préparé à combattre toutes les accusations de lèse-majesté dans le but de défendre la liberté académique, celle d'expression et la démocratie en Thaïlande.

Vu que cette accusation a été déposée par un agent de la Branche Spéciale, l'actuel gouvernement du Parti Démocrate doit être interrogé sur son rôle dans ce cas et dans beaucoup d'autres. Le nouveau Premier Ministre a déclaré qu'il voulait prendre des mesures énergiques et fermes contre la lèse majesté et beaucoup de cas récents ont été pris en charge par la police.

Giles Ji Ungpakorn
13 Janvier 2009

Ce que vous pouvez faire:
1. Écrire une lettre de protestation à l'adresse suivante:
Prime Minister Abhisit Vejjajiva, Government House, Bangkok, Thailand. Fax +66(0)29727751
2. Écrire une lettre de protestation à l'ambassadeur thaïlandais de votre pays
Adresse en France : Ambassade Royale de Thaïlande 8 rue Greuse 75016 Paris. Fax 0156260445
Adresse en Belgique : Ambassade Royale de Thaïlande 2 sq. du Val-de-la-Cambre B1050 Bruxelles. Fax 026483066
Adresse en Suisse : Ambassade Royale de Thaïlande Kirchstrassse 56, 3097 Liebefered (Berne). Fax 0319703035
Adresse au Canada : Ambassade Royale de Thaïlande 180 Island Park Ottawa (Ontario) K1Y-0A2. Fax (613) 7226624

3. Demander qu'Amnesty International s'occupe de tous les cas de lèse-majesté en Thaïlande.

4. Réclamer l'abolition de la Loi de lèse-majesté.

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