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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 11:52

Un article du journal suédois Dagens Nyheter

Dagens Nyheter (DN) est certainement le journal le plus influent de Suède. Voici une traduction rapide de l'article:

http://www.dn.se/kultur-noje/internationella-kampanjer-for-gripen-journalist

Les procès tenus en Thaïlande contre les journalistes et les utilisateurs d'internet accusés de lèse-majesté ont conduit à plusieurs campagnes internationales pour obtenir leur libération.
Les "Chemises rouges" sont systématiquement considérés comme des suspects et se voient refuser une caution en attendant que leur cas soient jugés. Parmi eux se trouve Somyot Prueksakasemsuk, un homme qui a passé 20 années à se battre pour de meilleures conditions de travail. Il était aussi le rédacteur en chef du magazine "Voice of Taksin" (La Voix de Taksin) désormais interdit.
Il y a un an, il a été arrêté parce que son magazine avait publié deux articles qui ont été considérés comme entrant dans le champ d'application de la loi lèse-majesté. Il est resté en prison depuis. Ce vendredi, il a reçu la réponse à sa neuvième demande de libération sous caution.
"Malheureusement, le tribunal a de nouveau rejeté la demande," a témoigné sa femme Sukanya Prueksakasemsuk à DN. "Nous sommes très déçus. En outre, Somyot a eu récemment beaucoup de difficulté à communiquer avec son avocat."
La loi de lèse-majesté a été utilisée de nombreuses fois depuis le coup d'Etat militaire de 2006, en particulier par l'ancien gouvernement du Premier ministre Abhisit Vejjajiva.
En Thaïlande, même une légère critique de la monarchie est considérée comme crime de lèse-majesté, pour des raisons politiques, écrit le journal The Nation. Mais le gouvernement actuel de Yingluck Shinawatra n'a pas fait beaucoup pour aider ceux qui sont conduits devant les tribunaux suite à des accusations de diffamation du roi Bhumibol.
Dans chacune des douze affaires jugées depuis 2009 contre les partisans de l'UDD, mieux connu sous le nom de Chemises rouges, la liberté sous caution a été refusée, souligne l'organisation des droits de l'Homme Human Rights Watch. Ceci est en contraste avec le fait que les dirigeants de l'autre camp de la division politique en Thaïlande (les Chemises jaunes du PAD) ont été libérés sous caution le jour même ou ils ont été inculpés de haute trahison.
La loi de lèse-majesté thaïlandaise est une loi utilisée de façon abusive, explique Human Rights Watch. "La manipulation manifestement inéquitable des cas de lèse-majesté est encore aggravée par le fait que les accusés ne soient pas libérés sous caution et soient retenus prisonniers durant toute la durée de leurs procès," écrit l'organisation.
Le procès de l'ancien rédacteur en chef Somyot Prueksakasemsuk a continué jusqu'au 3 mai. Parmi les organisations qui protestent contre son traitement, il y a la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et plusieurs organisations syndicales internationales.


Torbjörn Petersson

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 12:47

Lors du dernier jour du procès Somyot, le 3 mai 2012, ses avocats ont présenté un recours devant la Cour constitutionnelle affirmant que la loi lèse-majesté viole la Constitution de Thaïlande. C'est ce cas qui sera traité en premier, reportant le verdict du procès de Somyot au 19 septembre 2012. La campagne se poursuivra, au cours des mois d'été, pour soutenir Somyot durant son maintien en détention et son combat pour la constitution.

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 06:28

Le 2 mai, dans la matinée, deux témoins de la défense, un membre du groupe Nitirat professeur de la Faculté de Droit de l'Université Thammasat, le Dr Piyabutr Saengkanokkul et un conférencier de la Faculté d'Administration Sociale de l'Université Thammasat, le professeur agrégé Sudsangun Suteesorn ont témoigné à l'audience du procès pour crime de lèse majesté de l'ancien rédacteur de la revue "Voice of Taksin" (La Voix de Taksin), Somyot Prueksakasemsuk.
Piyabutr a expliqué à l'avocat de la défense qu'en 2000, lui-même ainsi que 5 autres conférenciers ont commencé à mettre en place le groupe qui vise à élargir les connaissances juridiques du public afin de soutenir la règle de droit et des principes de la démocratie. Il a déclaré que la loi de lèse-majesté est l'un des problèmes qui avait retenu l'attention du public pendant plus d'un an - la loi existe et est en constante évolution depuis l'époque ou la Thaïlande était une monarchie absolue. Il a affirmé que sa pénalité avait continuellement augmenté depuis la période de la monarchie absolue notamment de façon spectaculaire après le 6 octobre 1976 (le massacre de l'Université Thammasat) lorsque que le Conseil d'Administration National de Réforme a augmenté la peine de l'ensemble de la loi sur la diffamation afin d'éliminer les droits et la liberté d'expression des étudiants thaïlandais.
Piyabutr a également parlé de l'interprétation de l'article 112 en expliquant que la définition de diffamer, insulter ou menacer de l'article 112, étaient les mêmes que celle de la loi sur la diffamation de l'individu de l'article 326 qui stipule que ceux qui ont été reconnus coupables seront punis d'un emprisonnement ne dépassant pas 1 an ou une amende ne dépassant pas 20.000 bath et de l'article 392 qui stipule que l'individu reconnu coupable sera condamné à une peine d'emprisonnement ne dépassant pas un mois ou une amende ne dépassant pas 1000 bath. Il a déclaré que l'interprétation de la loi était similaire, mais que la peine de l'article 112 était beaucoup plus importante (l'individu reconnu coupable de violation de l'article 112 se voit condamné de 3 à 15 ans de prison) - il a ajouté que l'article 112 ne précise pas la définition de la nature du crime contrairement aux deux autres articles de la loi sur la diffamation et que l'article 112 ne mentionne pas d'exemption de l'infraction dans le cas ou des personnes auraient critiqué la monarchie de bonne foi. Il a déclaré que l'article 112 a également été classé dans la prestation de la sécurité nationale, ce qui était incompatible avec la démocratie et la constitution, la loi n'a pas cherché à protéger les droits et la liberté des accusés parce que ces derniers ne sont généralement pas libérés sous caution.
Piyabutr a également insisté sur le fait que l'article 112 ne devrait pas être classé dans la prestation de la sécurité nationale parce que la diffamation du roi n'avait rien à voir avec la sécurité nationale car elle ne nuisait qu'à la réputation du roi. Il a déclaré que la Thaïlande était régie par la démocratie et non par la monarchie absolue, le système qui donne le pouvoir suprême au roi, donc, bien que la peine de diffamation du roi puisse être plus élevée que celle prévue pour la diffamation de l'individu, elle ne devrait pas être trop sévère. Il y avait des lois similaires à celle de l'article 112 dans d'autres pays, mais la peine y est beaucoup moins sévère et, surtout, l'utilisation et l'application de cette loi y est très faible, celui reconnu coupable n'étant généralement condamné qu'à une amende, ce qui signifie que même si cette loi existe, elle était rarement utilisé et les gens pouvaient aussi critiquer le verdict du tribunal.
Lorsqu'on lui a demandé de commenter le contenu de la revue "Voice of Taksin", Piyabutr a déclaré que son contenu était plus progressiste que celui d'autres magazines, qu'il contenait des articles sur l'histoire, la politique et les gouvernances asiatiques. Piyabutr pense que l'article litigieux écrit par "Jitr Pollachan" discutait de la question concernant "l'Amaart", un mot qui se réfère aux élites qui depuis longtemps influencent la vie politique thaïlandaise. Piyabutr pense que dans l'article intitulé "Plan sanglant" qui mentionne la tentative d'assassinat de M. Thaksin, alors qu'il était Premier ministre, l'écrivain a voulu avertir les gens que ce genre d'histoire pourrait se répéter et aussi mettre en garde l’Amaart de ne pas commettre ce genre d'action à nouveau.
L'article complet ne lui a pas fait pensé au roi et - le personnage appelé "Luang Narueban" dans l'article intitulé "Octobre 6 de 2010", représenterait selon lui l'Amaart et non pas le roi.
Piyabutr a également commenté l'article 8 de la constitution du droit, qui déclare: "le roi doit être intronisé dans une position de culte vénéré et ne doit pas être violenté. Nul ne doit exposer le roi à toute sorte d'accusation ou d'action ". Il pense que le terme "culte vénéré" a été écrit afin d'honorer le roi et non pas de forcer les gens à le faire et le terme "violenté" pourrait être interprété comme quoi le roi ne doit pas être poursuivi et non pas que le roi ne pouvait pas être "critiqué". Il a ajouté que l'amendement BE 2484 de l'article 48 de la loi sur la presse imprimée, qui déclare que l'éditeur du magazine doit être responsable de l'article imprimé, a déjà été révoqué et remplacé par l'amendement BE2550 qui a déclare que rédacteur en chef et l'éditeur ne sont pas responsable des articles imprimés qui contiendraient de la diffamation.
Lorsque le procureur a soumis le passage d'un des articles qui parle de l'histoire de la période critique de Thonburi et Rattanakosin lorsque le roi Taksin était fou et que donc le roi Rama I s'est lui-même couronné comme nouveau roi, Piyabutr a déclaré que le procureur ne pouvait pas utiliser cette partie de l'histoire pour créer un lien vers l'article litigieux car l'écrivain avait raconté l'histoire normalement et n'avait pas l'intention de menacer ou de blesser quiconque.
Piyabutr a déclaré que ce n'était pas le devoir de l'éditeur de trouver le fautif à poursuivre, mais celui des policiers. Il pense aussi que l'histoire traditionnelle qui avait été largement reconnu pourrait ne pas toujours être vraie.
Le professeur agrégé Sudsangun a témoigné que la revue "Voice of Taksin" ciblait les lecteurs chemises rouges. Il prononce le nom du magazine comme "Taaksin" et non "Thaksin". Sudsangun a remarqué que le contenu des deux articles était de la littérature politique non fondées sur des faits, des travaux universitaires ou de l'histoire. Ils ne se réfèreraient pas à la monarchie et il pense que le personnage "Luang Narueban " représenterait le général Prem Tinsulanonda.
Lorsqu'on l'a interrogé sur le monarque et la constitution, Sudsangun a déclaré que le roi exerce son pouvoir en vertu de la constitution. Il a aussi déclaré que jusqu'à présent, il ne savait pas si le nombre de cas de lèse-majesté avait augmenté ou non, mais il savait que la peine de la loi était trop sévère. Il a estimé que les poursuites en vertu de l'article 112 étaient du harcèlement politique.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 14:21

Le 1er mai, Somyot Prueksakasemsuk a témoigné à la cour de Bangkok que "Jitr Pollachan", qui a écrit les deux articles qui l'ont fait inculper pour lèse-majesté, était le pseudonyme de Jakrapob Penkair. Il a expliqué qu'en 2009 il écrivait pour la revue "Voice of Taksin" (La Voix de Taksin), et était devenu rédacteur en chef pour le numéro 9 du magazine, succédant à Prasang Mongkholsiri, maintenant conseiller du ministre de l'Éducation. Son salaire était de 25 000 bahts par mois. Le magazine n'appartenait pas à une seule personne et l'investissement était partagé par plusieurs personnes. La raison de l'utilisation du nom "Voice of Taksin" était commerciale. Le magazine a critiqué le coup d'État et le Parti Démocrate et défendait la liberté et la démocratie, jusqu'à ce qu'il soit interdit pour avoir critiqué le remaniement de l'armée en 2010.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 13:38

La déclaration du Centre Travailliste du Congrès du Travail:

Nous, au nom du Centre Travailliste du Congrès du Travail, Union de Thaïlande (LCCLUT) ainsi que le réseau des travailleurs avons fait campagne pour la libération de Somyot durant ​​la journée spéciale des travailleurs, le 1er mai 2012. Nous avons fait un discours comme quoi le gouvernement doit libérer Somyot et tous les prisonniers politiques pour restaurer la liberté d'expression du peuple. Somyot a été maltraité et ses droits ont été violés par les autorités thaïlandaises autoritaires, parce qu'il a eu de nombreux rôles dans le Mouvement du Travail thaïlandais pour promouvoir les droits humains et protéger la démocratie ouvrière. Il s'agit d'un moyen de détruire le pouvoir des travailleurs et leur participation politique.

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 12:21

Communiqué de presse
DÉCLARATION
Thaïlande: la Cour doit libérer le journaliste poursuivi en vertu de la loi lèse-majesté
ARTICLE 19 le 30 avril 2012

ARTICLE 19 a présenté une réclamation au Procureur de la Cour Pénale de Bangkok à propos de M. Somyot Pruksakasemsuk, faisant valoir que la poursuite pénale de M. Somyot Pruksakasemsuk en vertu de la loi de lèse-majesté thaïlandaise viole son droit à liberté d'expression. ARTICLE 19 soutient que le tribunal devrait rejeter toutes les accusations portées contre M. Somyot Pruksakasemsuk et exige sa libération inconditionnelle de prison. Ce faisant, le tribunal devrait recommander que toutes les dispositions sur le crime de lèse-majesté doivent être constitutionnellement examinées par la Cour constitutionnelle thaïlandaise et abrogé par le législateur thaïlandais.
Cet argument d’ARTICLE 19 fait valoir que la loi de lèse-majesté viole le droit à la liberté d'expression car elle constitue une mesure inutile et disproportionnée pour protéger la réputation des membres de la famille royale thaïlandaise. Il fait valoir que la poursuite d'une personne en vertu de ces dispositions, en particulier en matière d'intérêt public - comme dans le cas de M. Somyot Pruksakasemsuk, dont l'inculpation a eu lieu peu de temps après sa collection de signatures de pétition pour un examen parlementaire et la révocation de la loi sur le crime de lèse-majesté en Thaïlande - est une attaque particulièrement grave à la liberté d'expression. À l'appui de ces arguments, ARTICLE 19 se fonde sur les décisions ainsi que sur les déclarations des tribunaux internationaux et régionaux et des autorités - y compris le Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies et le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la Liberté d'Opinion et d'Expression - en particulier sur les lois de lèse-majesté, ainsi que sur les restrictions à la liberté d'expression pour protéger la réputation de personnalités publiques et, plus généralement, d'officiels et en relation avec "l'intérêt public" du droit à la parole.
La Thaïlande a connu une hausse sans précédent du nombre de cas de lèse-majesté poursuivis par la police et les tribunaux au cours des six dernières années, et aujourd'hui la cour criminelle de Bangkok émettra également un verdict contre Mme Chiranuch Premchaiporn, le gestionnaire du journal en ligne portail Prachatai qui a été arrêté le 6 Mars 2009 lors d'une répression contre les médias en ligne (note: le verdict a été reporté au 30 mai 2012 par la Cour de Bangkok). Si Mme Chiranuch Premchaiporn est reconnue coupable, elle risque jusqu'à 20 ans de prison.
Ces dernières années, les organisations internationales intergouvernementales et non gouvernementales, y compris ARTICLE 19, ont exprimé leur préoccupation au sujet de la loi de lèse-majesté thaïlandaise, en notant qu'elle ne contient pas d'exceptions et use de termes vagues et d'absence de toute orientation sur les arrestations et les poursuites. Elle a été utilisée pour poursuivre des individus pour avoir diffamé ou insulté non seulement les personnes mentionnées dans les dispositions de la lèse-majesté, mais aussi les membres de la famille élargie du roi ainsi que l'institution de la monarchie et l'hymne royal. Les sanctions prévues en vertu des dispositions de la loi de lèse-majesté sont très dures (une peine de 3 à 15 ans de prison) et beaucoup plus importantes que celles contenues dans la plupart des lois sur la diffamation pénale. En outre, ces dispositions de la loi de lèse-majesté sont également particulièrement sensibles à la violence politique et ont eu un effet paralysant particulièrement grave sur la liberté d'expression.
CONTEXTE
M. Somyot Pruksakasemsuk, rédacteur en chef du magazine "La Voix des Opprimés" (Voix de Taksin), a été arrêté et inculpé en vertu de l'article 112 du Code pénal thaïlandais sur la lèse-majesté le 30 avril 2011. Aujourd'hui (30 avril 2012) marque le premier anniversaire de son arrestation et de sa détention, car il est resté en détention provisoire depuis cette date, malgré huit demandes de liberté sous caution. M. Somyot Pruksakasemsuk est aussi un militant des droits des travailleurs affiliés à l'Alliance Démocratique des Syndicats, et est connu pour son soutien actif à la fois pour l'émancipation des travailleurs et au droit à la liberté d'association en Thaïlande et à l'étranger. Il est accusé d'avoir permis à deux articles qui font des références négatives à la monarchie d'être publié dans "La Voix des Opprimés".

Pour contacter ARTICLE 19:

communications@article19.org

Pour toute question concernant cette déclaration, adressez vous à Sejal Parmar:

sejal@article19.org

Le document est disponible sur demande en anglais et en thaï.

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 14:11

Aujourd'hui, le 1er mai 2012, près de 1000 travailleurs, des syndicalistes, des ONG, des étudiants, des jeunes et des partis politiques ont défilé à Kuala Lumpur pour la Journée internationale des travailleurs. Ce rassemblement visait à exprimer les revendications des travailleurs de Malaisie. Dans cette manifestation se trouvait une bannière pour la libération de Somyot Pruksakasemsuk et de tous les prisonniers politiques de la loi de lèse-majesté. Les manifestants de Malaisie honoraient ainsi Somyot comme militant syndical engagé qui a travaillé sans relâche pour défendre les droits des travailleurs. Aujourd'hui Somyot est toujours en prison.

 

Somyot-Malaisie-1.jpg

 

Somyot-Malaisie-2.jpg

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 13:53

À 10 heures, le 30 avril 2012, les membres de l'Organisation des Travailleurs pour la Démocratie se sont rassemblés devant la maison d'arrêt de Bangkok pour exiger la libération de Somyot Pruksakasemsuk. Somyot est emprisonné à Bangkok en détention provisoire depuis un an et son droit à la libération sous caution lui a été systématiquement refusé depuis le 30 avril 2011. Ensuite, les manifestants se sont rendus à la Maison du Gouvernement et ont soumis une pétition au Premier ministre. 112 lettres signées par des militants des droits de l'Homme à travers le monde ont aussi été envoyées au gouvernement thaïlandais pour demander la libération de Somyot. Avant de quitter la Maison du Gouvernement, les manifestants ont scandé "Somyot libre" et chanté la chanson et de solidarité des travailleurs pour soutenir Somyot.

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 08:19

Thaïlande : lèse-majesté et censure, un petit goût de chasse aux sorcières

 

 

Lien de l'article:

 

 

http://www.monde-libertaire.fr/international/15484-thailande-lese-majeste-et-censure-un-petit-go%C3%BBt-de-chasse-aux-sorcieres

 

Des débats tels que n’en a jamais connu la Thaïlande, première monarchie constitutionnelle d’Asie du Sud-Est, agitent le « pays du sourire » autour de la loi contre le crime de lèse-majesté en vigueur, qui permet la condamnation de quiconque émet la moindre critique visant la famille royale.
Élément déclencheur de cette agitation : la proposition de Nitirat, groupe d’universitaires de l’université Thammasat – l’une des plus prestigieuses du pays, réputée progressiste –, d’amender la loi, dans le but de mettre fin à l’utilisation de celle-ci à des fins de règlements de comptes politiques, fait fréquent depuis les affrontements politiques de 2010. Il n’en a pas fallu davantage pour provoquer l’ire de divers groupes de droite, comme l’association des anciens étudiants en droit de Thammasat (comptant parmi ses rangs quelques figures du Parti démocrate, d’opposition), ou l’association des étudiants en journalisme. Elles exigent le renvoi pur et simple des pétitionnaires de l’université.
Sondhi Limthongkul, magnat des médias et virulent leader des Chemises jaunes (groupe de pression royaliste et ultranationaliste), accuse même Nitirat d’être financé par des « capitalistes américains » ayant pour but de renverser la monarchie et de s’emparer des ressources naturelles de la Thaïlande. Et en profite pour dénoncer les éléments subversifs que constituent pour son organisation médias indépendants, « gauchistes », ONG, universitaires, etc.

 

1

Organiser la répression sur internet
Fait nouveau, des débats autour de la monarchie sont relayés par les grands médias du pays. Cela étant peut-être lié à la volonté forte du nouveau gouvernement thaïlandais de se doter de l’appareil répressif « nécessaire » pour faire face aux menaces venant d’internet et des réseaux sociaux, et de le faire savoir.
L’État, via son ministère de l’Information et des Technologies de la communication, a inauguré le 1er décembre, à Bangkok, le Csoc (Centre d’opération de cyber-sécurité), conviant des représentants du Conseil national de sécurité, de l’Agence nationale des renseignements, de la police royale thaïlandaise et des forces armées. Son but : lutter contre les contenus virtuels inappropriés, ceux de Facebook et Twitter figurant en ligne de mire. Et il entend bien collaborer directement avec les entreprises concernées.
Twitter, société richissime
2 comptant 300 millions d’utilisateurs, a récemment annoncé qu’elle n’hésiterait pas à participer à la censure de ses contenus en vertu de réglementations nationales spécifiques. Une décision saluée par le président de l’Association des journalistes thaïlandais et par un gouvernement 3 qui travaille déjà avec deux géants du net : Facebook et Google.
Après le blocage de dizaines de milliers de sites internet, le pouvoir ne compte pas s’arrêter là. Il a le projet de faire appel aux fournisseurs d’accès ou aux propriétaires de sites, y compris à l’étranger, pour censurer les contenus estimés dangereux.
1,5 million de baths (environ 38 000 €) seraient, selon le quotidien The Nation
4, dépensés quotidiennement par le gouvernement dans sa lutte anti-cyber-lèse-majesté. C’est que, à défaut de discussions dans les foyers ou en public, les débats se multiplient sur internet, malgré les risques. Et les accusations et condamnations abondent, faisant souvent suite à des campagnes de dénonciations anonymes relayées par courriels, pages Facebook ou de blogs en « captures d’écran » à l’appui, agrémentés de données personnelles sur les coupables présumés.
La dénonciation anonyme est encouragée et, via des sites comme protecttheking.net, toutes les démarches peuvent être réalisées en quelques clics.

Condamnations et affaires en cours
Il n’existe aucun chiffre officiel faisant état du nombre d’affaires de lèse-majesté en cours. Le site Thaï Political Prisoners évoque onze condamnations ces dernières années, et les procédures en attente seraient nombreuses
5.
La dernière sanction en date est celle qui a frappé A. Tangnoppakul, 61 ans, condamné fin novembre 2011 à vingt ans de prison pour des SMS envoyés à Abbhisit Vejjajiva, ex-Premier ministre, jugés insultants pour la monarchie.
Mais rien n’illustre mieux le féroce climat antiliberté d’expression que l’affaire Anthony Chai. Ce citoyen américain d’origine thaïlandaise a été arrêté lors d’un séjour en Thaïlande, sans accusation officielle, pour des messages écrits sur internet. L’arrestation faisait suite à l’obtention par les renseignements d’informations permettant de le localiser. Anthony Chai affirme que les données ont été fournies par Netfirms, hébergeur du site internet d’où provenaient les messages jugés diffamatoires. Le site a plus tard été fermé, sans raison donnée ; sur « conseil » du gouvernement, selon Chai.
Il affirme également avoir été convoqué à plusieurs entretiens avec des officiers des renseignements thaïlandais sur le territoire américain. Ceux-ci lui auraient proposé de devenir un informateur et de faciliter l’arrestation d’internautes antimonarchistes
6.

Quelques données historiques
En Thaïlande, monarchie constitutionnelle depuis 1932, rarissimes sont les voix dissidentes ou critiques de la monarchie. Le roi Bhumibol Adulyadej (Rama IX, neuvième de la dynastie Chakri) est sur le trône depuis 1950. Il est considéré par l’immense majorité des Thaïlandais comme un dieu vivant, culte ayant son origine dans la tradition bouddhiste du « Dieu-Roi » (devaraja), au centre des cultures des royaumes du Sud-Est asiatique depuis des siècles
7. Sur le point de tomber en désuétude à la suite de l’abolition de la monarchie absolue en 1932 8, il fut réactivé, savamment modernisé et entretenu par la monarchie et les pouvoirs successifs (politiques, militaires et religieux) depuis 1950, bien conscients des bénéfices qu’ils pouvaient tirer de l’association avec un souverain d’origine divine.
Les Thaïlandais sont, dès le plus jeune âge, soumis à une propagande infantilisante, les références à la monarchie et à l’autorité venant occuper une partie importante du champ culturel et de l’imaginaire national. La vie au « pays du sourire » est rythmée par les marques de dévotion permanentes de ses sujets à l’égard du monarque ; et par le respect absolu des hiérarchies sociales héritées de la monarchie.
Le roi contrôle directement le clergé (sangha) dont il nomme les dirigeants. Ses liens avec les dictateurs successifs ayant dirigé le pays depuis les années cinquante ne sont plus un secret, malgré le refus des médias internationaux, à de rares exceptions, d’aborder la question avec le sérieux qu’elle mériterait, lui préférant la fable d’un souverain protecteur, bienveillant et politiquement neutre.
Sa fortune, selon Forbes, est évaluée à une trentaine de milliards de dollars (chiffres 2011), soit soixante-dix fois celle de la reine d’Angleterre.
Depuis peu, de timides critiques de la monarchie voient le jour sur internet, dépassant le strict cadre universitaire auquel elles étaient jusque-là confinées. Elles font en partie suite à la sanglante lutte qui a opposé les Chemises rouges au gouvernement du Parti démocrate en 2010 (les premiers accusaient les seconds d’avoir été portés au pouvoir par un coup d’état) et aux débats qu’elle a provoqués dans l’opinion.

P. Pellicer


1. Prachatai, 28-01-12: « Sondhi : american capitalists are behind plot to overthrow monarchy ».
https://prachatai3.info/english/node/3020


2. La Tribune, 06-01-11: « Twitter valorisé 7 milliards de dollars ? »
3. Bangkok Post, 30-01-12: « ICT to lay down law on Twitter accounts ».
4. The Nation, 19-12-11: « Cyber surveillance vulnerable to abuse ».
5. Bangkok Post, 14-07-11: « Sqr Ldr’s lese majeste trial begins ».
6. Bangkok Post, 11-09-11: « A question of freedom of speech ».
7. Culte qui date – au moins – de l’avènement des puissants empires khmers sur les territoires actuels de la Thaïlande et du Cambodge. On la fait parfois remonter, sous une forme proche de la tradition actuelle, au IXe siècle (règne du souverain Jayavarman II). Elle est une des caractéristiques du bouddhisme Theravâda (petit véhicule), tendance majoritaire dans la région.
8. Un syndicaliste était même allé jusqu’à menacer de poursuivre le roi en justice pour diffamation. Geste tombé dans l’oubli, d’une portée jamais égalée depuis, sauf peut-être en 2008, quand un certain C. Onsoong refusa de se lever pour l’hymne national précédant les films au cinéma, avant d’être immédiatement dénoncé à la police. L’affaire est toujours en attente de jugement.

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 10:04

Le tribunal de Bangkok a reporté son verdict dans l'affaire Prachatai. Le verdict du procès de Chiranuch Premchaiporn, prévu aujourd'hui, a été repoussé au 30 mai. Chiranuch risque jusqu'à 20 ans de prison et est accusé de ne pas avoir retiré assez rapidement des commentaires de lecteurs qui ont été jugés insultants envers la famille royale.

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