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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 06:29
Le mythe du "pays du sourire"

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/06/05/the-myth-of-the-land-of-smiles/

 

La vidéo récente d'une famille britannique brutalement attaqué par des voyous ivres dans la station balnéaire thaïlandaise de Hua Hin devrait être suffisante pour dissiper le mythe que la Thaïlande est un "pays du sourire".

 

Famille britannique brutalement agressé à Hua Hin, Thaïlande

Associé à ce mythe est l'idée que d'une certaine manière la religion bouddhiste assure la tolérance et un mode de vie paisible. La vérité est le contraire absolu. Le comportement violent des moines fascistes en Birmanie et en Thaïlande le confirme. Voir http://liberez-somyot.over-blog.com/2016/02/troubles-avec-les-bonzes.html

et https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/02/04/fascist-monks-and-thai-politics/

La Thaïlande est une société violente à bien des égards. Sur le plan politique, la classe dirigeante a toujours eu recours à la violence pour réprimer l'opposition. Nous l'avons vu dans les rues de Bangkok plusieurs fois au cours des cinq dernières décennies. Nous l’avons également vu à Patani. En Thaïlande, le taux d'assassinat est plus élevé qu’aux États-Unis et environ cinq fois plus élevé qu’en Europe occidentale. Les gens décèdent également de mort violente sur les routes en raison de la pauvreté des transports publics, du mauvais état des routes et de la mauvaise conduite. Ceci est une forme de violence causée par l'état de la société.

La violence du fait de voyous ivres se produit aussi régulièrement en Europe occidentale, mais les principales cibles des jeunes voyous sont d'autres jeunes hommes. Cela rend l'attaque répétée sur la femme britannique, qui est âgée de la soixantaine, particulièrement horrible. La culture thaïlandaise est censée enseigner aux gens à respecter les personnes âgées. Comment est-ce arrivé? Elle a été frappée puis a reçu des coups de pied dans la tête alors qu’elle était à terre. Bien sûr, les racistes sont connus pour attaquer les Noirs ou les musulmans en Europe, y compris les personnes âgées et le racisme joue un rôle important dans la promotion de la violence.

Cependant, pour être juste, la vidéo semble montrer qu’elle avait giflé le visage d'un homme thaïlandais plus tôt au cours de l'incident. Mais cela ne justifie pas l'attaque brutale contre elle après.

Ce n’est pas une explication suffisante de dire que l'agression à Hua Hin venait tout simplement du fait que la jeunesse locale cherchait à copier le comportement de la classe dirigeante thaïlandaise, en particulier celui de la junte militaire. Cependant, l’homme fort de la junte, Prayut, menace ceux qui partagent la vidéo ci-dessus de peines de prison parce que cela "donne une mauvaise réputation à la Thaïlande"!

Beaucoup de Thaïs peuvent sembler sourire ou rire facilement, mais c’est souvent un moyen culturel pour couvrir un embarras. En réalité, dans les lieux publics, les gens en Thaïlande sont moins polis que les citoyens de Grande-Bretagne. Certains peuvent ne pas être d’accord avec mon affirmation selon laquelle les Britanniques sont plus polis les uns envers les autres dans les lieux publics. Mais considérez la façon dont les Britanniques ont tendance à tenir les portes ouvertes pour les autres, le nombre de conducteurs qui remercient les autres conducteurs pour leur avoir cédé le passage, comment le fait de faire clignoter vos phares en Grande-Bretagne signifie "allez-y d'abord", alors que cela signifie le contraire en Thaïlande. Considérez le fait que quand les gens descendent du bus à Oxford, ils remercient le conducteur ou les sérieuses tentatives pour montrer un respect général de la vie privée et de la dignité des autres, en particulier dans les hôpitaux et les écoles. Cela vient de luttes collectives passées, en particulier du mouvement syndical, pour promouvoir l'égalité et la dignité. Il n'y a rien de spécifiquement "britannique" à ce sujet. C’est le résultat de la lutte des classes.

Les Thaïlandais sont des gens chaleureux et généreux et sont ouverts d'esprit vis-à-vis des enfants d'une manière qui n’est pas présente dans la société britannique, et ils sont plus spontané pour partager leur repas avec les gens. Donc il ne s’agit pas vraiment de se questionner sur laquelle des deux est une nation "plus agréable". Après tout, l'Empire britannique a une longue et sanglante histoire d'oppression, d'esclavage et de violence.

Biologiquement, les Thaïlandais ne sont pas plus enclins à un comportement particulier que les Européens. Mais il y a des facteurs sociaux importants qui conduisent à la violence dans la société et à un manque de politesse dans les lieux publics. Le facteur le plus important est que la société thaïlandaise est extrêmement hiérarchique. La classe dirigeante continue à faire tout son possible pour veiller à ce qu'une "culture de la citoyenneté et de l'égalité" ne puisse pas se développer. L'idée que les gens doivent respecter les personnes âgées est souvent étroitement associée à des aînés plus puissants comme les enseignants, les parents ou les personnes de rang supérieur, qu’aux pauvres gens âgés. Il n'y a pas encore d'État-providence en Thaïlande et le mouvement syndical est plus faible qu'en Europe occidentale. La lutte collective des classes n'a pas été assez forte jusqu'à présent. Ce sont tous ces facteurs qui conduisent à un manque de respect mutuel et à un manque de conscience collective chez beaucoup de gens ordinaires. Tout le monde est souvent trop occupé à essayer de faire en sorte de pouvoir défendre son mode de vie individuel ou les intérêts de sa proche famille, car il n'y a aucune garantie de la sécurité collective que l'on obtient à partir d'un état providence. Cela explique aussi pourquoi la plupart des Thaïlandais ont si mal à faire la queue.

Ceux qui sont à l'extrémité inférieure du système, comme les voyous de Hua Hin, ne peuvent avoir la sensation d'acquérir une certaine fausse dignité qu’en se saouler et agissant violemment. La violence contre les femmes et les enfants, dans le monde entier, est souvent dû au fait que les hommes opprimés tentent pathétiquement de compenser leur manque de pouvoir dans le monde extérieur par la violence contre les personnes les plus faibles à l’intérieur de leur propre famille.

Le racisme, qui est répandue dans la société thaïlandaise, en particulier vis-à-vis des personnes d'autres pays d'Asie, mais aussi contre les Occidentaux, est encouragé par le nationalisme extrême de la classe dirigeante. Cela fait partie des raisons pour lesquelles les touristes occidentaux sont parfois agressés. Ils sont considérés comme un groupe privilégié de personnes et les femmes occidentales sont considérées comme manquants de morale. Voir http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/09/la-thailande-est-une-societe-extremement-raciste.html

Dans l'ensemble la société thaïlandaise est malade parce qu'elle est gouvernée par une classe dirigeante malade et brutale. Pourtant, des millions de Thaïlandais essaient de mener une vie décente et de qualité où ils tentent de respecter les autres. Telle est la lueur d'espoir pour l'avenir. Mais pour encourager le bon et collectif côté des Thaïlandais, nous avons besoin de mettre fin à la dictature, détruire la hiérarchie, promouvoir l'idée de l'égalité et de la citoyenneté, et construire un État-providence afin de réduire les inégalités.

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 09:42

Une enquête indépendante a montré que lors du référendum d’août prochain, la plupart des sondés vont voter contre le projet de constitution et la proposition de la junte thaïlandaise de permettre aux sénateurs nommés par les militaires à se joindre au vote pour élire les premiers ministres.

Selon le sondage, 84,4 pour cent des répondants ont dit qu'ils allaient refuser le projet, alors que seulement 7,6 pour cent voteront pour le Oui. 2 pour cent s’abstiendront.

Sur la proposition qui propose de donner aux 250 sénateurs nommés par la junte le pouvoir de voter conjointement avec la Chambre des représentants pour sélectionner un premier ministre, 88,8 pour cent des répondants ont dit qu'ils voteraient Non. Seul 5,0 pour cent des sondés envisagent de voter Oui.

Source:

http://prachatai.org/english/node/6218

 

Bangkok: des activistes font campagne pour le Non au referendum bien que cela soit interdit par la junte

Bangkok: des activistes font campagne pour le Non au referendum bien que cela soit interdit par la junte

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 11:40

Thanat Thanawatcharanon, 58 ans, alias Tom Dundee, un chanteur thaïlandais de country devenu militant chemise rouge, a été condamné hier à 7 ans et demi de prison pour lèse-majesté.

Ci-dessous, un article de l’AFP:

Thaïlande: plus de 7 ans de prison pour lèse-majesté pour un chanteur

Bangkok (AFP) - Un chanteur engagé thaïlandais a été condamné mercredi à sept ans et demi de prison pour lèse-majesté, dans un climat de tension politique grandissant, le chef de la junte prévenant qu'il resterait au pouvoir "quel que soit leur degré de haine".

Le chanteur populaire, connu en Thaïlande sous le nom de scène de "Tom Dundee", a été condamné par un tribunal de Bangkok pour des propos tenus en 2013 lors d'un meeting des Chemises rouges, partisans du gouvernement renversé par les militaires en 2014.

La peine maximale pour lèse-majesté est de 15 ans. Pour tout média, même international, reproduire des propos lèse-majesté est passible de poursuites, entraînant une faible couverture de ces procès en Thaïlande.

Un internaute est même poursuivi pour lèse-majesté pour avoir manqué de respect au chien du roi sur internet, une affaire révélatrice de la nervosité de la junte ultra-royaliste.

Mercredi, lors d'un forum, le chef de la junte au pouvoir depuis le coup d'Etat, le général Prayut Chan-O-Cha, a prévenu ses concitoyens qu'il resterait au pouvoir "quel que soit leur degré de haine".

"Je ne partirai pas tant que la paix et l'ordre ne sont pas de retour dans le pays. Je ne partirai pas, quel que soit votre degré de haine", a lancé ce militaire coutumier des déclarations à l'emporte-pièce.

Dans un contexte de grande inquiétude autour de la santé du roi de 88 ans, hospitalisé et invisible depuis des mois, la junte, arrivée au pouvoir au nom de la défense de la monarchie, multiplie les affaires de lèse-majesté.

A l'approche d'un référendum sur un nouveau projet de Constitution prévu le 7 août, la junte est de plus en plus nerveuse. Elle a interdit tout débat et toute campagne sur le texte, qui est jugé antidémocratique par l'opposition.

Celle-ci fait profil bas depuis le coup d'Etat, mais Yingluck Shinawatra, l'ex-Première ministre dont le gouvernement a été renversé, multiplie les déplacements en province, officiellement apolitiques, dans un pays où les manifestations politiques restent interdites depuis deux ans.

Au cœur de la stratégie de la junte: empêcher, grâce à la nouvelle Constitution, le retour au pouvoir par le jeu des élections de Yingluck et de son frère Thaksin Shinawatra, exilé volontaire depuis des années pour échapper à ce qu'il dénonce comme des poursuites judiciaires politiques.

Lien:

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160601.AFP7019/thailande-plus-de-7-ans-de-prison-pour-lese-majeste-pour-un-chanteur.html

 

Thanat Thanawatcharanon alias Tom Dundee

Thanat Thanawatcharanon alias Tom Dundee

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 09:30

En mai 2010, le syndicaliste américain Shamus Cooke publiait un article intitulé "Massacre en Thaïlande: les mains sanglantes des Etats-Unis" ou il dénonçait la responsabilité passive des Etats-Unis lors du massacre des Chemises rouges d’avril/mai 2010 par le gouvernement d’Abhisit Vejjajiva.

Voici cet article:

Massacre en Thaïlande: les mains sanglantes des Etats-Unis

Lorsque la Maison Blanche reste silencieuse alors que les manifestants sont massacrés dans les rues de Bangkok en Thaïlande, on peut avoir des soupçons. Le silence est souvent synonyme de complicité. On ne peut qu'imaginer la réaction des Etats-Unis si le gouvernement vénézuélien avait fait la même chose qu'en Thaïlande: les médias américains et le président Obama auraient hautement condamnés un tel acte, contrairement au silence face au bain de sang qui a eu lieu en Thaïlande.

L'histoire des relations américano-thaïlandaises explique pourquoi. Pendant la guerre du Vietnam, la Thaïlande était l'un des principaux états “anti-communistes" dans une zone qui comprenait la Chine, le Vietnam, la Birmanie, et d'autres pays qui contestaient le capitalisme.

La Thaïlande a ainsi été transformée en un État client des États-Unis qui a fourni de l'argent, des armes et des renseignements du gouvernement américain pour battre les "communistes" de Thaïlande. Cette relation a perduré sous de nombreuses dictatures thaïlandaises qui ont une histoire très sanglante, y compris le massacre d'un nombre incalculable de manifestants que le gouvernement thaïlandais nommait "communistes", ou leur équivalent moderne, des "terroristes".

Les relations américano-thaïlandaises ont commencé à se dégrader lorsque le premier ministre destitué Thaksin Shinawatra a formé une relation plus étroite avec la Chine qui comprenait des accords économiques et militaires. L'Asian Times en résume les conséquences:

"La volonté de M. Thaksin de promouvoir les relations de défense avec la Chine a remis en cause des achats d'armes stratégiques aux Etats-Unis et de nombreux observateurs pensent que c'est l'une des raisons du silence de Washington face au coup d'Etat militaire du septembre 2006 qui a renversé un gouvernement démocratiquement élu." (7 novembre 2008).

Le gouvernement des États-Unis a souvent renversé "des gouvernements hostiles" en achetant les militaires de ces pays, un fait d'histoire longuement développé par Tim Weiner dans son livre sur la CIA "Legacy of Ashes". Quand un coup d'Etat soutenu par les États-Unis se produit, le gouvernement américain et les principaux médias du pays donnent une approbation tacite, tandis qu'un hurlement de rage de la part de ces derniers éclate lorsqu'un coup d'Etat arrive contre un gouvernement fantoche des Etats-Unis.

L'Asian Times continue:

"Beaucoup de responsables du coup d'Etat (de 2006) étaient connus comme étant des alliés des États-Unis, y compris les cerveaux présumés et formés par la CIA, Prasong Soonsiri et le président du Conseil privé Prem Tinsulanonda. D'ailleurs, Prasong a ouvertement reconnu son rôle dans le coup..."

Le coup d'État soutenu par les États-Unis contre le premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra est à l'origine de la crise actuelle en Thaïlande. De grandes sections de la classe ouvrière thaïlandaise et de la paysannerie s'identifient encore à Thaksin et réclament son retour. Ils ont recours à des tactiques très militantes pour appuyer leurs revendications, qui, si elles aboutiraient, conduiraient à la restauration de la démocratie en Thaïlande. Le New York Times ajoute:

"La Thaïlande est secouée par une lutte acharnée entre les élites de la nation et ses pauvres privés de leurs droits, ce qui a joué dans les manifestations qui ont paralysé Bangkok pendant des semaines et menacent maintenant de se développer." (Le 15 mai 2010).

Le président Obama n'a pas dit un mot pour soutenir les pauvres de Thaïlande, et son silence a permis à l'élite thaïlandaise d'assassiner des manifestants dans les rues sans faire face à des pressions extérieures. Les États-Unis sont le principal importateur de Thaïlande, tout en fournissant une importante assistance économique et militaire. Une déclaration forte d'Obama pour dissuader les élites de Thaïlande de massacrer les manifestants aurait pu empêcher le bain de sang. Mais il est resté silencieux.

Depuis, des dizaines de manifestants ont été assassinés. Mais pour que l'élite pro-américaine de Thaïlande réussisse à maintenir sa domination politique, des centaines sinon des milliers d'autres devront être liquidés.

En travaillant à maintenir le coup d'Etat en Thaïlande qui a eu lieu à l'époque du gouvernement Bush, le président Obama doit assumer la responsabilité pénale pour les atrocités actuelles. Si la classe ouvrière thaïlandaise n'est pas en mesure de renverser ce gouvernement meurtrier, Obama portera le blâme d'avoir supporté un coup d'État ainsi que le gouvernement qui s'en est suivi et qui devra recourir à la longue à une brutalité massive pour maintenir sa domination.

Lien de la version originale en anglais de l’article:

http://www.globalresearch.ca/massacre-in-thailand-and-obama-s-foreign-policy-stance/19209

 

Shamus Cooke, citoyen des Etats-Unis, est travailleur social, syndicaliste et auteur pour le journal "Workers Action" (Action ouvrière)

 

Shamus Cooke

Shamus Cooke

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 11:18

Un article de Prachatai

Lien:

http://prachatai.org/english/node/6204

 

Après avoir été emprisonné pendant près de deux ans, un chanteur de country chemise rouge anti-establishment bien connu a rétracté ses déclarations antérieures et a plaidé coupable pour une accusation de lèse-majesté.

Lundi matin, à la Cour pénale de Ratchadaphisek à Bangkok, Thanat Thanawatcharanon, 58 ans, alias Tom Dundee, un chanteur de country devenu militant chemise rouge, a plaidé coupable pour une infraction en vertu de l'article 112 du Code criminel, la loi de lèse-majesté.

Thanat a été inculpé de deux chefs d'accusation de lèse-majesté.

Dans le premier cas, il a été accusé d'avoir diffamé la monarchie dans les discours lors de deux rassemblements chemises rouges organisés par le dirigeant chemise rouge Kotee en novembre 2013. Cette affaire est traitée par la Cour militaire alors que le clip YouTube du discours était disponible en ligne jusqu'au 27 juin 2014, soit plus d’un mois après le coup d'état. Il a été arrêté à son domicile dans la province de Phetchaburi en juillet 2014 et est demeuré en détention depuis.

Pendant son emprisonnement, il a été accusé d'une autre infraction en vertu de l'article 112 pour deux de ses discours qui ont été publiés sur YouTube et sont resté en ligne de la fin 2013 au 26 avril 2014. Dans ce cas, il a également été inculpé en vertu de l'article 14 de la loi sur la criminalité informatique, contre l'importation d'informations illégales en ligne.

Contrairement à la première inculpation de lèse-majesté, le deuxième cas est jugé par la Cour pénale car les clips vidéo prétendument diffamant la monarchie ont été supprimés avant le coup d'État de 2014.

Il n’avait jusqu'à présent plaidé coupable que pour la seconde inculpation de lèse-majesté devant la Cour pénale.

Thanat a expliqué à Prachatai qu'il avait choisi de plaider coupable parce qu'il a été emprisonné pendant près de deux ans et qu’il veut juste en terminer avec son cas le plus tôt possible afin de pouvoir demander une grâce royale. L'avocat représentant Thanat a ajouté que son client pourrait également plaider coupable à l'autre accusation de lèse-majesté devant le tribunal militaire lors de l'audience à venir le 21 juin 2016.

Après sa plaidoirie de culpabilité, les juges de la Cour pénale ont prévue de rendre leur sentence le 1er juin à 10 heures.

Avant son arrestation, il a été accusé d’avoir défié le Conseil national de la junte pour la paix et l'ordre (NCPO) en ne se signalant pas à l'armée. Il a ensuite été libéré sous caution.

Thanat s’est sérieusement engagé dans la politique en 2010 avant que le rassemblement chemise rouge ne soit brisé par le gouvernement. Il a décidé de devenir un des leaders des chemises rouges, ce qui signifiait perdre les revenus de ses tournées de concerts. Il avait l'habitude de faire 20-25 concerts par mois, mais après avoir pris part au mouvement, la plupart ont été annulés.

Le chanteur chemise rouge pourrait être emprisonné pendant 30 ans pour ces deux accusations de lèse-majesté.

 

Thanat Thanawatcharanon

Thanat Thanawatcharanon

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 08:25
Stabilité gérée ou démocratie?

J'ai eu récemment une conversation avec un chercheur associé au ministère des Affaires étrangères britannique et je fus surpris et choqué de l'entendre dire: "La Birmanie est le pays le plus démocratique en Asie du Sud-est". Il a poursuivi en affirmant que la chose la plus inquiétante à propos de la Birmanie était qu’Aung San Suu Kyi pourrait être trop rigide pour travailler avec les militaires.

Maintenant, en ce qui me concerne, les Philippines et l'Indonésie sont de loin les pays les plus démocratiques dans la région, en dépit de leurs défauts. Et avouons-le, la Grande-Bretagne et les États-Unis ne sont pas exactement des démocraties parfaites. En ce qui concerne la Birmanie, elle dispose d’une constitution qui permet une domination militaire de la politique à long terme et la chose la plus inquiétante à propos de Suu Kyi est qu'elle s’est complètement compromise avec les militaires, les idées birmanes nationalistes et islamophobes, et que c’est une néo-libérale.

Alors, que représente cette idée absurde sur la Birmanie?

Les points de vue sur la démocratisation des responsables traditionnels et des politiciens proches de gouvernements occidentaux sont fortement influencés par la théorie de droite des "politiques comparées" soutenue par des universitaires comme Guillermo O'Donnell. Pour ces gens, la transition démocratique ne concerne que le comportement des factions de l'élite et de la façon dont elles gèrent une transition stable vers ce qu'on appelle la démocratie. En fait, ils ne sont pas vraiment intéressés par la liberté, les droits démocratiques et la justice sociale pour la majorité de la population. Ils sont aveugles et terrifiée par la perspective de mouvements de masse de la classe ouvrière et des pauvres se levant pour renverser les régimes autoritaires.

Guillermo O'Donnell

Guillermo O'Donnell

En lisant, grâce à la science politique, de la littérature sur les transitions démocratiques dans les jours avant le renversement de Suharto en Indonésie ou avant le renversement de Marcos aux Philippines, vous pourrez voir que l'idée que ces dictateurs puissent être renversés par des mouvements de masse venus de la base est totalement absente. Mais, en fait, c’est exactement ce qui est arrivé. La même chose peut être dite des soulèvements du printemps arabe et des soulèvements de 1973 et 1992 contre l'armée en Thaïlande. Et la force sociale la plus importante qui peut faire avancer et développer la démocratisation dans tous ces pays, dont la Thaïlande, reste les mouvements de masse des travailleurs et des pauvres.

Même lorsque les théoriciens de droite sont obligés de faire face à la réalité lorsqu'un régime a été renversé par un mouvement de masse, ils tentent de réécrire l'histoire en prétendant que ce fut un mouvement des classes moyennes.

En d'autres termes, l’idée de droite des "politiques comparées" regarde vers le bas les travailleurs et les pauvres et voient les élites et les classes moyennes comme les seules personnes qui peuvent apporter des progrès vers la démocratie. Ceci est une vue qui correspond exactement aux vues exprimées en Thaïlande par les chemises jaunes du PAD, les manifestants antidémocratiques de Sutep, la junte militaire et les idiots responsables de la rédaction des constitutions et des programmes anti-réforme de l'armée.

Pit Pongsawat

Pit Pongsawat

Malheureusement, mon ami et politologue à l’Université Chulalongkorn, Pit Pongsawat, semble également aller de pair avec cette aile droite non-sens des "politiques comparées". Récemment, il a suggéré que nous devrions trouver des façons d'ouvrir un dialogue avec les militaires afin d'apporter la démocratisation. Mais cette "démocratisation" ne sera que de la "Stabilité gérée", très apprécié par la droite. L’actuelle semi-démocratie birmane dominée par les militaires est un exemple clair du produit final de ces idées.

La leçon à tirer est que ce serait une perte de temps de croire que les gouvernements étrangers, en particulier ceux de l'Ouest, puissent être un facteur important dans la réalisation de la démocratie en Thaïlande. Pour eux, leur seul intérêt est d'être capable de faire des affaires avec la Thaïlande. Ils veulent être en mesure de "garder les lignes ouvertes" pour parler aux élites et aux militaires et il y a des voix exprimées dans les milieux gouvernementaux britanniques qui critiquent les principes légèrement démocratiques de l’ambassadeur sortant britannique à Bangkok car ceux-ci "isoleraient" la Grande-Bretagne vis-à-vis de la junte militaire.

Nul doute que le gouvernement des États-Unis essaye également de marcher sur une ligne fine entre le fait d’être considéré comme anti-dictature et celui de pousser la junte thaïlandaise dans les bras des Chinois.

Comme nous l'avons dit à plusieurs reprises dans ce blog, la démocratie, la liberté et la justice sociale ne seront atteintes que grâce à la construction de mouvements sociaux de masse par la base.

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 12:53

Cette déclaration de Yingluck Shinawatra à l’occasion du deuxième anniversaire du coup d’Etat qui a renversé son gouvernement élu a été publiée le 22 mai dernier sur la page Facebook de l’ancienne première ministre.

Lien:

https://www.facebook.com/Y.Shinawatra/photos/a.106877456023385.4057.105044319540032/1235019173209202/?type=3&theater

 

Aujourd'hui, c’est le 2ème anniversaire du coup d'Etat qui a supprimé ses fonctions à mon gouvernement. Plus important encore, c’est le jour où les droits et la liberté du peuple ont été supprimés. Ils ont justifié cette action en prétendant que mon gouvernement ne pouvait plus gouverner le pays et qu’ils devaient prendre en charge le pays afin de procéder au processus de réconciliation.

Je ne peux qu'espérer que les membres du NCPO se souviennent de ce qu'ils ont promis au peuple. Je voudrais leur demander si le processus de réconciliation a été inclus et s’il va dans la bonne direction ou non. Je souhaite aussi que le NCPO permettra d'accélérer la mise en œuvre des réformes qui feront avancer le pays en avant vers le chemin de la démocratie telle que spécifiée dans sa propre feuille de route.

Je m’inquiète de plus en plus parce qu'aujourd'hui, les gens souffrent de difficultés économiques, de pauvreté et de problèmes sociaux critiques, y compris d’un usage de drogues de plus en plus important. Je souhaite qu'ils ramènent rapidement le bonheur au peuple, par le bonheur je veux dire les droits fondamentaux et la liberté qui permettront aux gens de choisir une fois de plus leur propre destin. Ils doivent également répondre d'urgence aux problèmes auxquels sont confrontées les personnes. Je crois que ceci est le meilleur et le seul moyen de s’en sortir pour notre pays.

Cela permettra d'assurer que les deux dernières années n’aient pas été gaspillées. Je garde l'espoir que ce sera le cas.

 

Yingluck Shinawatra

Yingluck Shinawatra

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 11:54

En 1992, l'armée thaïlandaise avait déjà massacré des manifestants qui réclamaient la démocratie.

Contexte

En février 1991, un coup d’État militaire a renversé le gouvernement civil dirigé par Chatichai Choonhavan, élu démocratiquement, et un Conseil national de maintien de la paix (CNMP) a été créé.

À la suite des élections générales truquées de mars 1992, le général Suchinda Kraprayoon, un des principaux artisans de ce coup d’État, a été nommé Premier ministre.

En mai 1992, des milliers de personnes ont manifesté pour protester contre cette nomination. Au cours des manifestations, les forces de sécurité ont ouvert le feu à hauteur de tête sur des manifestants non armés et ont frappé à coups de matraque et de pied des civils qui ne constituaient pas une menace pour leur sécurité.

Selon les statistiques officielles, 52 personnes ont été tuées, des centaines d’autres ont été blessées et 34 ont "disparu" sans laisser de trace mais cette répression a sans doute fait des centaines de victimes (plus d’un millier si l’on en croit les rumeurs de l’epoque).

Contrairement au massacre d’octobre 1976 de l’Université Thammasat, le roi est intervenu pour éviter un bain de sang qui avait déjà eu lieu mais qui aurait pu être pire sans son intervention.

Ci-dessous 4 articles du journal français L'Humanité et 2 articles du journal belge Le Soir parus durant ces événements:

 

BANGKOK COLERE

Article du journal L'Humanité paru le 21 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273409

Le mouvement de protestation s'amplifie malgré la répression. Divisions dans l'armée. Plus de cent morts, des centaines de blessés, des milliers d'arrestations.

LE gouvernement thaïlandais a décrété mercredi soir le couvre-feu à Bangkok, de 21 heures à 4 heures. Cette décision, annoncée à la télévision, fait suite à une journée marquée par de nouvelles manifestations de rue et des bruits insistants sur des combats opposant, au nord de Bangkok, des troupes loyales et hostiles au gouvernement du général Suchinda Kraprayoon.

La troupe a de nouveau ouvert le feu mercredi après-midi sur des milliers de manifestants répandus dans le centre de Bangkok. Selon la police, les manifestants ont commencé leur mouvement de protestation en brisant des vitrines et en pillant des magasins. Ils ont ensuite entrepris de mettre le feu à des édifices.

Le premier ministre, le général Suchinda Kraprayoon, qui devait donner une conférence de presse télévisée depuis le siège du gouvernement, a brusquement quitté les lieux pour une destination inconnue.

L'opposition pose comme condition préalable à une solution politique de la crise la démission du général Suchinda. Pour des millions de Thaïlandais, il est le principal responsable des émeutes sanglantes qui se poursuivent depuis trois jours. Elle demande qu'il soit remplacé par une personnalité dûment élue au Parlement, ce qui suppose une réforme constitutionnelle.

Selon des sources thaïlandaises et des diplomates étrangers, les chefs modérés de l'armée se seraient mis d'accord pour tenter d'obtenir le départ, volontaire ou forcé, du général Suchinda, désigné premier ministre le 7 avril, et de son beau-frère, le commandant en chef de l'armée Issrapong Noonpackdee. Un nom est avancé avec insistance pour lui succéder à titre transitoire, celui du général à la retraite Prem Tunsilanond, soixante-douze ans.

Des troupes fidèles à la hiérarchie modérée de l'armée thaïlandaise feraient mouvement depuis le nord du pays vers Bangkok, croit-on savoir de sources thaïlandaises et étrangères. Des diplomates confient par ailleurs avoir été saisis de rapports signalant des combats entre soldats au nord de la capitale. De source policière, on se borne à confirmer le mouvement de troupes, sans toutefois préciser leur position actuelle ni leur importance.

Des indications sur une scission au sein de l'armée ont commencé à filtrer mardi, 48 heures après le début des émeutes. Mercredi matin, ces mêmes sources donnaient à entendre que les responsables militaires modérés s'étaient mis d'accord pour tenter d'obtenir le départ volontaire ou forcé du premier ministre.

Les émeutes qui se poursuivent depuis dimanche à Bangkok auraient fait au moins cent morts. Des centaines de personnes ont été blessées, et l'on compte quelque 3.000 arrestations.

 

THAILANDE LE ROI INTERVIENT POUR RESOUDRE LA CRISE

Article du journal L'Humanité paru le 21 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273336

Le premier ministre thaïlandais, Suchinda Kraprayoon a annoncé, mercredi soir, à la télévision la libération immédiate des personnes arrêtées lors des incidents de ces derniers jours et une amnistie pour ceux qui ont pris part aux manifestations. Parmi les personnes libérées figure le chef de l’opposition, Chamlong Srimuang qui est également apparu pour appeler la population au calme. Le premier ministre a aussi annoncé que le parlement allait entamer, dès lundi, une révision de la constitution, ce qui constituait l’une des principales revendications de l’opposition et des manifestants. Ces déclarations ont eu lieu après une rencontre entre Suchinda Kraprayoon, le roi Bhumibol Adulyadej, l’ancien premier ministre Prem Tinsulanond et Chamlong Srimuang. Ce dernier a indiqué que l’intervention du roi était à l’origine de ces mesures d’apaisement. La télévision a d’ailleurs montré le souverain s’entretenant avec le premier ministre soutenu par les militaires, M. Chamlong, et M. Prem Tinsulanond, un ancien premier ministre, qui a gardé beaucoup de prestige et jouit de la confiance du roi. Le débat constitutionnel devrait commencer lundi. L’opposition réclame qu’y soit incluse l’obligation pour le premier ministre d’être un élu du Parlement. Ce n’est pas le cas de M. Suchinda qui ne s’était pas présenté aux élections générales du 22 mars dernier et qui, avant de devenir premier ministre le 7 avril, était commandant en chef des forces armées. "Le gouvernement va essayer de résoudre le problème, a dit M. Chamlong. Nous allons travailler avec toutes les parties concernées pour garantir un retour à la normale. S’il vous plaît, restez calmes et ne prenez plus part à des désordres. Je demande votre coopération."

 

ROYALE INTERVENTION A BANGKOK

Article du journal L'Humanité paru le 22 mai 1992

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http://www.humanite.fr/node/273239

Bhumibol Adulyadej a convoqué le général-premier ministre et son opposant de la veille le général Chamlong Les discussions pour une réforme constitutionnelle doivent reprendre lundi au Parlement APRES l’intervention du roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, les premiers signes de détente sont apparus hier à Bangkok, où l’on annonçait coup sur coup la libération des quelque 3.000 détenus arrêtés depuis dimanche et la levée du couvre-feu. Le souverain thaïlandais, bien que sans pouvoirs constitutionnels réels, est une personnalité respectée par une grande majorité de l’opinion publique, d’autant plus qu’il n’intervient publiquement que très rarement - et seulement en période de crise grave - dans les affaires du pays. Dans la nuit de mercredi à jeudi, il a reçu le général-premier ministre Sichunda Kraprayoon, responsable de la répression, et l’ex-général Chamlong Srimuang, leader de l’opposition parlementaire. Ce dernier a été libéré de la prison où les hommes de Sichunda l’avaient enfermé mardi soir. Les deux hommes se sont engagés à reprendre les discussions en vue de l’élaboration d’un amendement de la Constitution destiné à interdire les fonctions de premier ministre à toute personne ne faisant pas partie du Parlement. Le roi a demandé aux deux adversaires de la veille d’«éviter de se battre dans (leur) propre maison» et de «se rencontrer en tête à tête plutôt que de s’affronter, pour essayer de régler le problème». Dès lundi, les deux chambres thaïlandaises - une Assemblée nationale dominée par les partis promilitaires et un Sénat dont tous les membres sont désignés par les généraux - devront débattre de ce processus. Selon l’AFP, le souverain aurait chargé l’un de ses conseillers privés, le général Prem Tinsulanond, ancien premier ministre de 1980 à 1988, de « superviser » l’opération. Jeudi matin, l’armée a levé le couvre-feu décrété la veille et les barrages dans la capitale. A l’exception des écoles qui restaient fermées, les administrations et les commerces ont rouvert leurs portes. Les transports publics circulaient normalement. En un quart d’heure, la Bourse a pris 56 points jeudi matin, mais cette soudaine euphorie des spéculateurs locaux n’était pas encore partagée par les firmes étrangères. Les investisseurs étrangers craignent toujours la reprise des manifestations. Sans attendre les déclarations royales, à Washington, le département d’Etat a indiqué que, contrairement à certaines déclarations, aucun programme de ventes d’armes à la Thaïlande n’avait été annulé. A Bruxelles, la CEE a demandé à toutes les parties «d’agir avec la plus grande retenue», tout en demandant aux militaires de «s’abstenir de recourir à nouveau à la violence». Jeudi soir, quelques milliers de personnes étaient à nouveau rassemblées sur la place de la Démocratie à Bangkok pour se recueillir en mémoire des victimes de la répression. Une centaine de personnes ont été tuées par les militaires et plus d’un millier blessées depuis dimanche soir.

 

AMERE VICTOIRE

Article du journal L'Humanité paru le 25 mai 1992

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http://www.humanite.fr/node/273106

Les manifestants de Bangkok ont obtenu le départ du premier ministre, mais l’amnistie accordée par le roi aux responsables du bain de sang est lourde de menaces pour l’avenir LE premier ministre de Thaïlande, le général Suchinda Kraprayoon, a annoncé sa démission dimanche à la télévision, au cours d’une allocution apparemment enregistrée à l’avance. «Pour endosser mes responsabilité des erreurs et faciliter le débat parlementaire sur la nouvelle constitution, j’ai présenté ma démission au roi, a-t-il dit. J’espère qu’à partir de cet instant, toutes les parties s’efforceront d’aplanir les conflits et les divergences dans l’intérêt de l’unité, de la réconciliation et de la coopération». Il a exprimé ses regrets pour les morts et les dégâts causés dans la capitale lors des manifestations de la semaine dernière, estimant qu’il faudrait «des années pour en effacer les traces dans le cœur des gens et dans l’économie nationale». Rappelons que la répression des manifestations de la semaine dernière à Bangkok a fait cent morts selon les chiffres officiels, plusieurs centaines selon d’autres sources. Agé de cinquante-huit ans, le général Suchinda était devenu premier ministre le 7 avril dernier. L’opposition s’était aussitôt insurgée contre l’accession à la tête du gouvernement d’un officier qui, un an plus tôt, avait dirigé un coup d’Etat militaire pour renverser le gouvernement de Chatichai Choonhavan. Les rumeurs qui circulaient samedi affirmant que le général était en fuite et avait pris l’avion pour Copenhague ou Stockholm ont été démenties. Il se trouvait toujours dans la capitale thaïlandaise et s’est rendu dimanche matin au temple de Bovornivet pour demander la bénédiction du patriarche bouddhiste. Cette démarche donne à penser que le général s’apprête effectivement à partir en exil. D’autant que l’amnistie générale décrétée dimanche par le roi Bhumibol pour toutes les personnes ayant été mêlées aux événements des derniers jours lui laisse le champ libre. Elle semble le résultat de longues tractations entre le roi et l’armée. Elle aura pour effet de mettre le général Suchinda et les responsables militaires des fusillades à l’abri de poursuites. Une décision qui risque d’être fort mal accueillie par la population. L’opposition a en effet réclamé que soient traduits en justice le général Suchinda et d’autres chefs militaires, notamment le commandant en chef Kaset Rojananil et le commandant de l’armée de terre Issarapong Noonpakdi. Ce dernier n’est autre que le beau-frère du général Suchinda. Dimanche matin, 50.000 personnes au moins ont assisté à un office célébré devant le monument à la démocratie, à la mémoire des nombreuses victimes tombées au cours des manifestations, qui s’étaient déroulées pour la plupart devant le monument. Beaucoup portaient des vêtements noir et blanc, en signe de deuil. Des guirlandes de fleurs ont été déposées au pied du monument et de la nourriture a été offerte à quelque 300 moines bouddhistes, suivant la tradition. Les gens manifestaient à la fois leur peine et leur colère, estimant que «ceux qui ont donné l’ordre de tirer sur le peuple doivent être punis».

 

L'ARMEE THAILANDAISE MENACE DE SEVIR

Article du journal Le Soir paru le 30 mai 1992

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http://archives.lesoir.be/l-armee-thailandaise-menace-de-sevir_t-19920530-Z05E1G.html

La crise reste entière face à des généraux incontournables

L'armée thaïlandaise menace de sévir

Nous ne tolérerons plus que l'armée soit humiliée davantage et nous entendons garantir la protection de son honneur et de nos supérieurs jusqu'au sacrifice de notre vie. C'est la déclaration qui a été publiée vendredi par des hauts officiers réunis autour de leur commandant de l'armée de terre, le général Issarapong Noonpakdee, le beau-frère du général Suchinda Kraprayoong qui a été acculé à démissionner dimanche de son poste de Premier ministre après avoir réprimé dans le sang le mouvement des protestations contre la dictature des militaires. Aussi, le général Issarapong, s'adressant à l'opposition qui a exigé (malgré l'amnistie générale) qu'il soit traduit en justice ainsi que le général Suchinda et le maréchal Kaset Rojananil, commandant en chef de l'armée de l'air, a averti l'opposition: ne m'obligez pas à me transformer en bête traquée.

Certains observateurs, par ailleurs, n'écartent pas un coup de force militaire surtout si la Cour constitutionnelle décide de lever cette amnistie. Décrétée par le général Suchinda avant d'annoncer sa démission, elle met à l'abri des poursuites tous ceux qui ont été impliqués dans les émeutes de la semaine dernière, à commencer par lui-même ainsi que ses deux officiers de l'armée de terre et de l'armée de l'air. Mais les partis d'opposition, estimant qu'elle devait couvrir seulement les manifestants, ont contesté auprès de la Cour constitutionnelle sa validité. Le verdict de la Cour ne sera pas annoncé avant le 10 juin.

Donc un temps mort qui pourrait être mis à profit par le roi Bhumibol pour faire entendre raison aux deux camps. Une date qui correspond d'ailleurs à la session conjointe du Parlement (réunissant la Chambre des représentants issue des élections de mars dernier et le Sénat dont les membres ont été désignés par la junte du général Suchinda, auteur du coup d'État de février 1991) qui sera consacrée à l'adoption, en troisième et dernière lecture, des amendements de la Constitution promulguée l'an dernier par la junte. Selon ces révisions, les sénateurs ne participeront plus aux votes de censure du gouvernement, le Parlement sera présidé par le président de la Chambre et non par celui du Sénat et le Premier ministre devra désormais être un membre de la Chambre des représentants. La révolte populaire a éclaté justement pour protester contre la nomination, le 5 avril, du général Suchinda, un sénateur non élu, à la tête du gouvernement par les cinq partis majoritaires à la Chambre.

Mais la crise reste entière tant que les généraux demeurent incontournables: les cinq partis majoritaires ont déjà proposé à la succesion de Suchinda, le maréchal de l'air Somboon Rahong qui dirige le parti Chart. Les quatre partis d'opposition, ont, de leur côté, avancé à la même sucession, l'ex-général Chaowalit Yongchaiyudh du parti de la Nouvelle Aspiration.

ABED ATTAR

 

LE ROI NOMME UN PREMIER MINISTRE INTERIMAIRE DES ELECTIONS ANTICIPEES EN THAILANDE

Article du journal Le Soir paru le 11 juin 1992

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http://archives.lesoir.be/le-roi-nomme-un-premier-ministre-interimaire-des-electi_t-19920611-Z05FK4.html

Le Roi nomme un Premier ministre intérimaire

Des élections anticipées en Thaïlande

Coup de théâtre à Bangkok: le roi Bhumibol a nommé mercredi M. Anand Panyarachun, Premier ministre. C'est une personnalité neutre et respectée qui succède au général Suchinda démissionnaire à la suite des manifestations violentes contre le pouvoir de l'armée qui ont été réprimées, le mois dernier, dans un bain de sang. M. Anand, 59 ans, est un ancien diplomate de carrière avant de devenir un homme d'affaires qui avait été choisi par le général Suchinda après son coup d'Etat de février 1991, pour diriger un cabinet provisoire chargé de préparer des élections générales qui eurent lieu en mars dernier. Peu après sa nomination, M. Anand a annoncé la formation d'un gouvernement d'intérim et des nouvelles élections dans quatre mois. Toute société qui a subi un tel traumatisme a besoin de retrouver son équilibre, a-il-déclaré en faisant référence à la crise, la plus grave depuis la chute de la dictature des maréchaux en 1973.

Tout en cherchant à désamorcer la crise politique par ce choix, le roi a du même coup mis fin aux manoeuvres des partis politiques pro-militaires, majoritaires à la Chambre des représentants, qui avaient proposé, à la succession de Suchinda, le maréchal de l'air à la retraite Somboon Rahong, qui est un député membre du parti Thai Chat (Nation thaïe) connu pour être un homme dévoué au commandant en chef des Forces armées et chef de l'armée de l'air le général Kaset Rojananil. La candidature de Somboon avait, d'ailleurs été rejeté immédiatement par les partis de l'opposition et les groupes pro-démocratiques, le fer de lance du mouvement des protestations populaires contre Suchinda, en menaçant de descendre à nouveau dans la rue.

Mais, avant de proposer au Roi la candidature de Somboo, le président de la Chambre des représentants Arthit Urairat, du parti Tahi Chat, avait préféré attendre l'amendement de la Constitution (promulguée sous la junte de Suchinda l'an dernier), en troisième et dernière lecture. Cette révision, décidée mercredi, comporte notamment une disposition réduisant sensiblement les pouvoir du Sénat dont les 270 membres ont été désignés par la junte. Aussi et surtout, la révision rend obligatoire l'appartenance du Premier ministre à la Chambre des représentants dont les 360 membres sont élus directement. C'est la nomination à la tête du gouvernement du général Suchinda, qui ne se présentait pas aux élections de mars dernier, qui a déclenché, on le sait, la colère populaire.

Immédiatement après cette révision, le Roi a pris l'initiative de désigner M. Anand à la tête d'un gouvernement intérimaire avec la mission de dissoudre la Chambre des représentants et l'organisation des élections anticipées. La dissolution de la Chambre et le retour des Thaïlandais aux urnes avaient, en fait, été réclamé, dans un communiqué rendu public le 2 juin, par les milieux d'affaires les plus influents de la capitale. Ils ont recommandé l'installation d'une équipe gouvernementale «neutre» pour expédier les affaires courantes entre l'intervalle séparant la dissolution de la Chambre et la formation d'un gouvernement issu de nouvelles élections.

ABED ATTAR

 

Le journal thaïlandais "The Nation" daté du 20 mai 1992

Le journal thaïlandais "The Nation" daté du 20 mai 1992

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 12:54
Patnaree Chankij

Patnaree Chankij

Patnaree Chankij est accusé de lèse-majesté par la junte. La BBC a fait un excellent reportage sur son cas, avec la vidéo ci-dessous et des photographies de Patnaree et de sa vie. Il commence comme cela:

«Une femme de ménage en Thaïlande est inculpée par le gouvernement pour avoir posté le commentaire "je vois" sur Facebook. Elle est accusée d'insulte à la monarchie - une accusation qui peut conduire à des peines de prison allant jusqu'à 15 ans. Cependant, elle explique qu'on l’a puni parce que son fils est un activiste...»

Lien de l’article de la BBC:

http://www.bbc.com/news/world-asia-36328865

Il est difficile de penser que ce n'est pas le cas. Comme nous l'avons dit précédemment, elle est prise en otage par la dictature militaire qui cherche à intimider son fils Sirawith Seritiwat et d'autres membres du Mouvement pour une Démocratie Nouvelle.

La dictature et le dictateur se servent d’une pauvre femme, une mère célibataire qui lutte pour élever ses enfants, afin de souligner qu’ils sont des dirigeants difficiles et sans compromis. Ce que cette accusation démontre, cependant, c’est que le régime est composé d’une bande de voyous.

Le reportage de la BBC

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 12:44
Le gangster Rodrigo Duterte élu Président des Philippines

L'élection du "seigneur de la guerre" et gangster local de la ville de Davao, Rodrigo Duterte, soulève de nombreuses questions. L'homme a commis de nombreuses violations des droits de l'homme en ordonnant les exécutions extrajudiciaires de milliers de petits délinquants. Certains d'entre eux étaient des enfants. Ses escadrons de la mort été constitués de policiers, d'hommes armés embauchés et de combattants de l'ex-Parti communiste. Après son récent succès à l'élection présidentielle, il a promis de rétablir la peine de mort, abolie en 2006, et se vantait que certains "criminels" seraient suspendus jusqu'à ce qu'ils soient décapités.

Le gangster Rodrigo Duterte élu Président des Philippines

Duterte est également célèbre pour son attitude épouvantable vis-à-vis des femmes, en plaisantant sur le viol et l'assassinat d'une religieuse australienne lors d'une émeute de prison. Il a dit qu'il regrettait de n'avoir pas été le premier à la violer.

Duterte est un homme politique de droite réactionnaire qui utilise la rhétorique populiste afin de faire appel aux travailleurs et aux pauvres. Il a dit qu'il nommerait des gens du Parti communiste maoïste des Philippines (PCP) à des postes de responsables de l'environnement, de la réforme rurale et du travail. Il s'est délibérément bâti une image "d'homme fort" dans l'intention de faire appel aux éléments les plus rétrogrades de la société, y compris les sections des classes moyennes qui sont préoccupés par la criminalité. Ses commentaires anti-femmes s’accordent étrangement avec son soutien pour les personnes GLBT. Le but de tout ce mélange des idéologies est uniquement pour obtenir un soutien de masse. Il n'y a aucun principe là-dedans.

Son flirt avec les maoïstes du PCP était réciproque de la part de Jose Maria Sison, le fondateur du PCP, qui a dit qu'il est temps pour la réconciliation. Aujourd'hui, les maoïstes du PCP ne sont pas une force de progrès. Au mieux leur idéologie maoïste dans le passé était une forme de conservatisme stalinien autoritaire et de nationalisme. Comme tous les partis staliniens, ils sont obsédés par des alliances inter-classe avec des politiciens bourgeois. Les "maoïstes" des partis communistes de Chine et du Népal prennent désormais en charge les politiques économiques néo-libérales.

Si Duterte ne parle pas seulement en l'air sur le fait de nommer des communistes à des postes ministériels, ces nominations n'entraîneront pas de politiques progressistes sérieuses. Il existe un précédent historique de nomination d’un gauchiste comme Ministre du Travail aux Philippines. Après le renversement du dictateur Marcos, Augusto Sánchez du KMU, une fédération syndicale militante et influencée par le PCP, a été nommé à la tête du ministère du Travail par Corazon Aquino. Quand les politiciens bourgeois nomment des personnes perçues comme des gauchistes à des postes ministériels, c’est dans le but de mieux contrôler les mouvements sociaux, y compris les syndicats. Lorsque leur travail est fait, ils sont ensuite jetés aux oubliettes. C’est ce qui est arrivé à Sánchez.

Avant la victoire de Duterte, Sonny Melencio du parti de gauche non-stalinien "Partido Lakas ng Masa" (traduit littéralement par "Parti de la Force des Masses"), a écrit que les socialistes ne devraient pas soutenir les principaux candidats lors de ces élections. [Voir http://bit.ly/1WEyXKb]

Le gangster Rodrigo Duterte élu Président des Philippines

Le candidat du Parti libéral, choisi pour succéder au fils d'Aquino, Benigno Noy Noy, était le principal rival de Duterte. Comme Melencio le souligne, la victoire de Duterte montre que la population en avait marre du vieux "trapo" ("chiffon sale"), les politiciens d'élite qui n’ont rien fait pour améliorer la vie des gens ordinaires et des pauvres. La victoire de Duterte est également due à la faiblesse de l’alternative de gauche.

Il poursuit en expliquant que Duterte lui rappelle un peu Juan Peron, l’ex-dictateur populiste de l'Argentine qui avait mis en place des alliances entre la gauche et la droite. Pourtant, Duterte ne montre aucun signe d’intention d'utiliser l'Etat afin de mettre en place des politiques corporatistes comme Peron.

Melencio a justement rejeté l'idée que Duterte est un "étranger" parce qu'il vient en fait d'une élite politique locale qui domine l'île de Mindanao.

Il est intéressant de comparer Duterte avec Taksin Shinawat de Thaïlande. Les deux hommes sont responsables de violations des droits de l'homme. Taksin a essayé de se créer une image d’homme fort et est responsable de milliers d'exécutions extrajudiciaires dans sa guerre contre la drogue. Les deux hommes ont aussi obtenu le soutien d’ex-maoïstes. Cependant, Taksin n’était pas un politicien gangster local. C’était un riche homme d'affaires qui a mis en place certaines politiques pro-pauvres importantes, y compris le système de soins de santé universels.

Lorsque l'on compare Duterte avec Taksin, une question importante se pose à propos de la politique du Partido Lakas ng Masa vis- à-vis de Duterte après l'élection. Le ton de Melencio est trop conciliant envers ce gangster et ses partisans. Il soutient que les anciens partis "trapo" de l'élite sont l'ennemi principal. Mais Duterte est également l'ennemi des travailleurs. Il affirme que la gauche devrait marcher aux côtés des partisans de Duterte et il se félicite de l'alliance proposée par Jose Maria Sison avec Duterte. Pourtant, la gauche doit rester totalement indépendante des politiciens bourgeois, en particulier de ceux qui abusent des droits humains. La gauche a besoin de mettre en avant une véritable plate-forme alternative afin de faire campagne pour un Etat-providence, les droits syndicaux et la fin de l'oppression par l'Etat. Ce que nous avons fait en Thaïlande pendant le gouvernement de Taksin.

Bien sûr, la gauche doit également s’opposer à toute tentative de coup d'État par les partis traditionnels et les militaires et si un tel putsch devait se produire et qu’un mouvement social pro-démocratie énorme devait survenir, alors il serait bon de se tenir aux côtés des supporters de Duterte en s’opposant aux menaces contre la démocratie. Voilà pourquoi nous étions avec les chemises rouges en Thaïlande, tout en maintenant notre indépendance vis-à-vis de Taksin et des dirigeants UDD soutenus par Taksin.

 

Le gangster Rodrigo Duterte élu Président des Philippines

Maintenant, il n’est pas temps pour la gauche de bâtir n’importe quel type d'alliance avec Duterte. Pendant trop longtemps, la gauche en Asie du Sud-est a passé du temps à construire des alliances inter-classe dans l'espoir d'un raccourci vers le pouvoir. Les socialistes non-staliniens aux Philippines sont beaucoup plus forts et influents que nous en Thaïlande et il serait dommage de perdre la possibilité de devenir encore plus fort.

Pour en savoir plus sur les partis communistes de l'Asie du Sud-Est, voir le lien ci-dessous:

http://bit.ly/1OEfsJo

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