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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 13:14

L’armée au secours des élites traditionnelles

Douzième coup d’Etat en Thaïlande

Le Monde diplomatique de juillet 2014, page 16

Lien:

https://www.monde-diplomatique.fr/2014/07/CAMROUX/50617

 

Généralement plus prolixes, les chancelleries occidentales ont accueilli le putsch des généraux thaïlandais avec la plus grande discrétion. Après avoir instauré la loi martiale, le 20 mai, puis écarté les principaux responsables politiques deux jours plus tard, l’armée exerce la totalité du pouvoir. Derrière une neutralité de façade, elle fait le jeu des élites de Bangkok, régulièrement défaites aux élections.

par David Camroux

La Thaïlande a connu dix-huit tentatives de putsch depuis la fin de la monarchie absolue, en 1932. Douze ont abouti. C’est le cas de la dernière, qui a eu lieu le 22 mai 2014, deux jours après la proclamation de la loi martiale par le commandant en chef de l’armée, le général Prayuth Chan-ocha. Durant les sept mois précédents, Bangkok avait été secouée par les manifestations antigouvernementales des ultramonarchistes, les «chemises jaunes» —le jaune étant dans le calendrier bouddhiste la couleur du lundi, jour anniversaire du roi Bhumibol Adulyadej. Orchestrées par le People’s Democratic Reform Committee (PDRC), dirigé par l’ancien vice-premier ministre Suthep Thaugsuban (alors membre du Parti démocrate), elles visaient à provoquer un coup d’Etat judiciaire et militaire. Une fois de plus...

Revenir à un gouvernement faible

En 1992, pourtant, lorsque des citoyens, appartenant essentiellement aux classes moyennes, avaient investi les rues de Bangkok pour dénoncer un gouvernement dominé par les militaires et poussé le roi Bhumibol à intervenir, on pouvait croire le cycle infernal rompu. Puis, à la suite de la crise financière asiatique, on avait pu présumer que la «Constitution du peuple» de 1997 permettrait l’instauration d’une démocratie moderne. Ce texte gommait les aspects les plus excessifs d’un système politique néopatrimonial (1) et encourageait la création de partis politiques disposant d’un réel programme.

Il devait s’ensuivre la victoire en 2001 d’un parti de masse, le Thai Rak Thai («Les Thaïlandais aiment les Thaïlandais»). Son fondateur, sorte de Berlusconi asiatique, M. Thaksin Shinawatra, magnat sino-thaïlandais des affaires et ancien colonel de police dont le fief se trouve à Chiang Mai (dans le Nord) et non à Bangkok, fut nommé premier ministre.

Le modèle démocratique ne résista cependant pas à l’emprise partisane exercée d’abord par le premier ministre, puis par ses opposants, sur des institutions établies pour arbitrer la vie politique du pays : la Cour constitutionnelle, la Commission électorale et la Commission nationale de lutte contre la corruption. En outre, le nouveau système contrariait l’élite économique, militaire et bureaucratique de Bangkok, rassemblée derrière une monarchie qui constitue la clé de voûte de l’ordre social. Le décor était donc planté pour le putsch de 2006 et le renversement — déjà à l’instigation des «chemises jaunes» — du gouvernement Thaksin. Celui-ci venait alors d’être réélu, bien que sa réputation ait été entachée par des affaires de corruption et par de graves violations des droits humains, telles les deux mille exécutions extrajudiciaires commises dans le cadre de sa «guerre contre la drogue».

A première vue, le putsch de mai 2014 ressemble à une réédition de celui de 2006. Cette fois encore, les militaires se sont posés en gardiens de l’unité nationale et en défenseurs de la monarchie. Pourtant, les différences sont importantes. En 2006, les instigateurs du coup d’Etat bénéficiaient de l’appui d’un ancien général et ex-premier ministre, M. Prem Tinsulanonda, qui était chef du Conseil privé du roi et pouvait à ce titre être considéré comme le représentant de Bhumibol lui-même. En mai dernier, ils ne semblent pas avoir reçu l’aval du palais, même tacite. Le roi, 86 ans, et la reine Sirikit, 82 ans, véritable Lady Macbeth, tous deux gravement malades, n’ont fait aucune déclaration publique depuis plus de deux ans.

La perspective de la disparition du monarque se rapprochant chaque jour, il faut voir dans le putsch de 2014 une tentative de mettre en place dans l’urgence un régime propre à y faire face. Trois objectifs sont visés. D’abord, empêcher le retour au pouvoir de M. Thaksin, en exil depuis 2006 bien que son parti ait remporté toutes les élections depuis 2001 (2005, 2006, 2007, 2011 et 2014). Ensuite, en revenir à la situation d’avant 2001, avec un gouvernement et un Etat faibles, de façon à permettre aux élites de l’armée, de la bureaucratie et du monde des affaires de conserver la réalité du pouvoir. Enfin, donner l’occasion aux militaires, une fois de retour dans leurs casernes, de définir leurs prérogatives et de se positionner par rapport à une succession imminente.

Sous la loi martiale, de 1948 à 1972, puis sous des gouvernements quasi civils, l’armée a toujours tenu la monarchie comme l’ultime source de légitimité. Elle intervient en son nom. Le roi Bhumibol incarne l’idéal du dhamma raja, le roi-père bienfaisant et plein de sagesse. Derrière une apparence de neutralité, la «monarchie de réseau», comme la dénomme le chercheur Duncan McCargo (2), représente, autant qu’une force politique, une puissance économique dont la richesse s’élève à quelque 30 milliards de dollars (22 milliards d’euros), détenus en grande partie par le Bureau des biens de la Couronne (Crown Property Bureau).

Non seulement l’héritier de Bhumibol, le prince Maha Vajiralongkorn, dont certains mettent en doute la santé mentale, est impopulaire, mais ceux qui, à Bangkok, soutiennent la monarchie le considèrent comme proche de M. Thaksin et de sa sœur Yingluck, la première ministre destituée. D’où ce dilemme pour les militaires : comment maintenir le mythe de la monarchie quand le futur monarque est indéfendable à leurs yeux ?

Ce contexte de fin de règne explique le moment choisi pour ce dernier coup d’Etat, qui, du point de vue du mouvement antigouvernemental, semblait objectivement superflu. En effet, Mme Yingluck Shinawatra et huit de ses ministres avaient déjà été limogés le 6 mai par la Cour constitutionnelle. Le lendemain, la Commission nationale de lutte contre la corruption avait lancé devant le Sénat (majoritairement composé d’opposants) une procédure visant à la destituer et à la rendre inéligible, de même que tous les membres de son parti. L’affrontement entre ses partisans (les «chemises rouges») et les «chemises jaunes» avait été en grande partie enrayé, et le niveau de violence, sensiblement réduit. Un gouvernement croupion assurait les affaires courantes ; des élections étaient prévues pour juillet 2014, celles de février, boycottées par l’opposition, ayant été invalidées.

Autrement dit, avant même le coup d’Etat, l’opposition extraparlementaire des «chemises jaunes» avait atteint la plupart de ses objectifs, à l’exception — certes importante — de la mise en œuvre d’une réforme constitutionnelle visant à instaurer un Parlement et un gouvernement dont une grande partie des membres ne seraient plus élus, mais nommés. Car, comme l’opposition parlementaire, représentée par le Parti démocrate, n’a pas remporté une seule élection en vingt ans et que le gouvernement renversé bénéficie du soutien de la majorité de la population, le seul moyen de prendre le pouvoir est de changer les règles du jeu. C’est ce que permet le coup d’Etat.

A tout cela s’ajoute la lutte pour le pouvoir que se livrent les élites politiques et économiques de Bangkok et celles des provinces. Depuis la fin de la monarchie absolue, cette concurrence a toujours existé. Elle s’est intensifiée dans les années 1970-1980, lorsque l’armée s’est effacée de la scène — tout en restant toujours prête à intervenir — et que la bureaucratie s’est professionnalisée. A l’origine, et avec la bénédiction du palais, cela aboutissait à un confortable partage du pouvoir, au gré des alternances, entre les membres de l’establishment de Bangkok, soutenus par l’armée et la fonction publique. Une série de gouvernements de coalition faibles permirent à la bureaucratie alliée à l’armée de tenir les rênes du pouvoir, tout en imposant le minimum de contraintes au monde des affaires de Bangkok, qui en profita pour prospérer. La situation évolua lorsque apparurent, dans les années 1980, des dirigeants et des hommes d’affaires dont le pouvoir prenait sa source en province, comme M. Banharn Silpa-archa. M. Thaksin et sa sœur sont les exemples parfaits de cette transition sociopolitique.

Ainsi, la nouvelle traduction sur la scène politique du clivage ville-campagne donna au malaise thaïlandais une seconde dimension, sociale celle-là. Pour les classes moyennes de Bangkok, la population rurale et ses cousins pauvres de la ville sont des «buffles d’eau», honnêtes mais idiots, incapables de comprendre la démocratie. Pourtant, ces gens-là ont assisté par deux fois, en septembre 2006 puis en mai 2014, à des coups d’Etat, et à deux autres reprises, en septembre et en décembre 2008, à la déstabilisation puis au renversement — à travers des manœuvres parlementaires et une instrumentalisation de la justice — de gouvernements qu’ils avaient dûment élu. Et l’occupation du centre de Bangkok, en avril-mai 2010, par les «chemises rouges» favorables à M. Thaksin a abouti à une violente répression au cours de laquelle quelque quatre-vingt-dix manifestants ont été tués (3): de quoi attester le risque de guerre civile qui plane sur la Thaïlande.

Crise de légitimité

Néanmoins, la simple dichotomie ville-campagne ne suffit pas à expliquer la situation. Il faut également souligner l’importante diversité de classes et d’ethnies dans le pays. En dehors des paysans du Nord et du Nord-Est, de nombreux partisans des « chemises rouges » sont des « paysans urbains », ces migrants de l’intérieur qui occupent des emplois non qualifiés dans la région de Bangkok tout en maintenant des liens forts avec leur village d’origine. C’est cette population que M. Thaksin a émancipée en subventionnant des villages et des cantons, en développant l’accès aux soins médicaux et les infrastructures. Le gouvernement de sa sœur a appliqué des mesures encore plus radicales, telles que l’achat de riz à 40 % au-dessus du prix du marché et l’instauration d’un salaire minimum de 300 bahts (environ 7 euros) par jour. La population de l’Isaan, dans le nord-Est, appartenant à l’ethnie lao, que les Thaïs du centre, à la peau plus claire, considèrent avec mépris, n’est plus disposée à accepter un ordre social néoféodal (4).

Pour comprendre la crise de légitimité actuelle, il faut remonter aux réformes menées entre le milieu des années 1850 et les années 1920 par trois rois successifs, Mongkut, Chulalongkorn et Vajiravudh, afin de moderniser et de consolider l’Etat-nation (5). Ces monarques ont accru le rôle de Bangkok comme cœur du pouvoir et conçu l’appartenance à la communauté nationale comme une adhésion aux valeurs de la «thaïté» (thainess), c’est-à-dire la langue, les valeurs et les coutumes des groupes ethniques thaïs du centre du pays. Une instruction publique efficace a entrepris d’homogénéiser une société multiethnique en enseignant une langue thaïe standard et en résumant l’histoire à un schéma narratif unique : si le Siam, comme on appelait alors la Thaïlande, était le seul pays d’Asie du Sud-Est à ne pas avoir été colonisé, c’était grâce à la gouvernance avisée de ses monarques, à son ordre social paternaliste et à son armée.

Toutefois, il manque au nationalisme thaïlandais le mythe fondateur de la patrie tel qu’il peut se constituer lors d’une guerre d’indépendance, quand les clivages sociaux et ethniques sont transcendés. A cet égard, la Thaïlande n’est pas le Vietnam ou l’Indonésie. Résultat : l’identité de citoyen dans une nation, opposée à celle de sujet dans un royaume, manque de force, et les questions de légitimité demeurent irrésolues. Les instigateurs du putsch et les «chemises jaunes» jugent fondés le pouvoir du monarque et la gouvernance que mettent en œuvre des hommes vertueux ; pour les «chemises rouges» et leurs partisans, c’est le processus électoral qui est source de droit et de légalité.

Le coup d’Etat du 22 mai se traduira peut-être par une stabilité à court terme. Mais, plutôt que de résoudre la crise de légitimité, il devrait l’exacerber, sans toucher à ses racines sociales profondes ni aux blocages du pays.

David Camroux

Maître de conférences et chercheur au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po.

(1) Où une apparence extérieure d’Etat moderne recouvre une logique de fonctionnement de type traditionnel (liens clientélistes, népotisme...).

(2) Duncan McCargo, «Network monarchy and legitimacy crises in Thailand», The Pacific Review, vol. 18, no 4, décembre 2005.

(3) Lire David Camroux et Philip S. Golub, « “Rouges” contre “jaunes”, affrontements de classe à Bangkok », et Xavier Monthéard, « Le roi, les élites et le peuple thaï », Le Monde diplomatique, juillet2010.

(4) Cf. Charles Keyes, Finding Their Voice : Northeastern Villagers and the Thai State, Silkworm Books, Chiang Mai, 2014.

(5) Cf. Marc Askew (sous la dir. de), Legitimacy Crisis in Thailand, Silkworm Books, 2010, et Michael Kelly Connors, Democracy and National Identity in Thailand, Nordic Institute of Asian Studies Press, Copenhague, 2007 (1re éd. : 2002).

Deux manifestantes thaïlandaises contre le coup d’Etat

Deux manifestantes thaïlandaises contre le coup d’Etat

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 09:16

A l’occasion du deuxième anniversaire du coup d’Etat, Libérez-Somyot souhaite republier cet article du magazine Southeast Asia Globe:

 

Le Général

 

Un éditorial du magazine Southeast Asia Globe

Lien:

http://sea-globe.com/prayuth-chan-ocha-thailand-southeast-asia-globe/

 

Les mots "coup d'Etat et "nouveau chef militaire" sont devenus synonymes avec la Thaïlande. Le général Prayuth Chan-ocha, chef de l'armée et dirigeant non élu du royaume, a-t-il ce qu'il faut pour sortir le pays de son trou noir?

Le 22 mai 2014, le commandant en chef de l'Armée royale thaïlandaise, le général Prayuth Chan-ocha, a annoncé qu'il prenait les fonctions de Premier ministre de Thaïlande en tant que chef du Conseil national pour la paix et l'ordre (National Council for Peace and Order NCPO). Le 26 mai, le roi Bhumibol Adulyadej a donné sa très importante approbation au coup d'Etat et c'est ainsi qu'a commencé un nouveau chapitre de l'histoire de la Thaïlande - dirigée aujourd'hui par un autre chef militaire.

Prayuth Chan-ocha

Prayuth Chan-ocha: Né en mars 1954 dans la province de Nakhon Ratchasima, une province du Nord-est de la Thaïlande, Prayuth Chan-ocha a un baccalauréat ès sciences de l'Académie Royale Militaire de Chulachomklao. Après ses études, il a servi dans le 21eme régiment d'infanterie, plus connu sous le nom de la "Garde de la Reine". Prayuth a joué un rôle majeur dans le coup d'Etat de 2006, qui a renversé le Premier ministre Thaksin Shinawatra. Il a été chef d'état-major de l'Armée royale thaïlandaise de 2008 à 2009 et en est devenu le commandant en chef en 2010. Prayuth siège aujourd'hui dans les conseils d'un certain nombre d'entreprises qui ont des intérêts bancaires ainsi que dans le pétrole.

Il ne fait aucun doute que l'armée - vu par de nombreux Thaïlandais comme la protectrice de la nation - et en particulier Prayuth, a la puissance suffisante pour rester au pouvoir, au moins pour l'instant. "Le fait qu'il s'agit de l'un des secteurs militaires les plus puissants de l'armée, de la Garde de la Reine, prouve sa force," explique le Dr Pavin Chachavalpongpun, professeur associé du Centre de l'Université de Kyoto pour les études du Sud-Est asiatiques. La "Garde de la Reine constitue actuellement le cercle des putschistes, qui domine la vie politique thaïlandaise avec une approbation royale. La connexion de Prayuth avec le palais, sa représentation du réseau de la monarchie et ses approches impitoyables sont ses points forts."

En plus de ces liens royaux, le Dr Charnvit Kasetsiri, un historien thaïlandais à la retraite, souligne que Prayuth bénéficie d'un grand soutien de l'influente classe moyenne de Thaïlande. Ensemble, il s'agit d'un mélange puissant, mais Charnvit est cependant un peu surpris par le timing du coup d'Etat. "Je ne sais pas si Prayuth a pris le pouvoir de sa propre initiative", a déclaré Charnvit. "Il semblait bien travailler avec [l'ancienne Première ministre] Mme Yingluck avant le 22 mai"

Les théories abondent sur ​​le moment et les motifs du coup, avec nombre d'entre elles qui voient la main cachée des partisans de la monarchie tirant les ficelles. Pour Giles Ji Ungpakorn, ancien professeur agrégé de science politique à la Faculté de l'Université Chulalongkorn à Bangkok qui s'est réfugié au Royaume-Uni suite à des accusations de lèse-majesté, le coup d'Etat n'est pas grand-chose de plus qu'un homme qui suit la perception de son propre destin.

"Prayuth n'est qu'un idiot arrogant qui rêve d'être un dictateur militaire du style des années 1960", affirme Giles Ji Ungpakorn. "Il n'y a pas de subtilité dans ses actions et les gens plus intelligents rient de lui derrière son dos. Il a principalement agit par lui-même et n'est certainement pas contrôlée par la monarchie".

Pavin n'est pas d'accord. "Pour un grand projet comme un coup d'Etat, il doit avoir reçu l'instruction de ceux qui gravitent dans des zones plus élevés," affirme-t-il. "Pour le travail au jour le jour, cependant, il a peut-être le pouvoir de décision ultime - comme nous le voyons avec toutes ces politiques absurdes qui ne peuvent avoir été initiées que par Prayuth."

Dans un discours télévisé le 30 mai 2014, Prayuth, avec l'air sévère requis, a proclamé que le but du NCPO était "d'arrêter la violence et sortir de l'impasse" et "de rendre le bonheur au peuple thaïlandais ... ainsi que de mettre la monarchie au-dessus de tous les conflits". Cependant, les véritables raisons du coup d'Etat sont claires, selon Pavin. "La prise du contrôle politique afin de veiller à ce que les élites soient en charge de la succession à venir" est le motif du NCPO selon lui. "Les élections n'ont jamais été à l'ordre du jour [de Prayuth]. Ceux qui rêvent que l'armée va bientôt organiser des élections seront déçus."

Alors que Prayuth a certainement la volonté, ainsi que la puissance, pour devenir le prochain dirigeant de Thaïlande, l'économie relativement développée du Royaume et la situation géopolitique parfois délicate nécessitent beaucoup plus de poids pour tous les points importants.

"Son manque d'habileté diplomatique, ses compétences linguistiques limitées et ses connaissances basiques de la politique internationale feront de son leadership un échec", affirme Pavin. "Regardez la façon dont il a répondu aux sanctions de l'Union Européenne. Au lieu de rassurer l'UE sur un retour rapide à la démocratie, il a parlé du sentiment de fierté de la nation thaïlandaise. Mauvais argument, mauvais timing et réponse hors sujet."

Une chose que Prayuth ne peut pas contrôler est le temps. Il se rapproche rapidement de l'âge de la retraite et, s'il choisit de continuer, il se peut qu'il fasse face à l'opposition de ses pairs militaires. "Il est âgé de 60 ans et devra se retirer du poste de l'armée à la fin de Septembre", explique Charnvit. "Il peut prolonger sa date de départ à la retraite, mais cela pourrait créer des tensions."

Prayuth n'est pas si pressé, selon Pavin. "Le jeu ici est pour lui de rester au pouvoir," dit-il. "La succession royale est imminente. Les enjeux sont élevés."

Cet article avait déjà été publié par Libérez-Somyot en aout 2014.

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/08/le-general.html

 

Le Général Prayuth

Le Général Prayuth

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 09:12

La responsabilité honteuse d'Abhisit lors du massacre de 2010 à Bangkok

Un article de Robert Amsterdam

Lien:

http://robertamsterdam.com/abhisits-shameful-responsibility-for-the-2010-bangkok-massacre/

 

Il y a six ans, le 19 mai 2010, quelques centaines de manifestants thaïlandais pro-démocratie désarmés ont cherché refuge dans l'un des temples les plus célèbres du centre de Bangkok, le Wat Pathum. Ils y étaient allés sous la promesse des autorités thaïlandaises comme quoi le temple resterait un havre de paix désigné et qu'ils pourraient échapper aux tireurs d'élite et aux soldats envoyés sur les rues de la capitale thaïlandaise par le gouvernement de l'époque dirigé par Abhisit "Mark" Vejjajiva. A ce moment-là, après deux mois de protestation, près de 90 personnes - y compris des enfants, des soldats, et des dizaines de civils non armés - avaient été tuées et 2000 personnes avaient été blessées alors que le centre de Bangkok s'était transformé en un champ de bataille.

La nuit d'avant que ces dernières personnes désespérées se soient recroquevillés dans le Wat Pathum, des membres du sénat thaïlandais avait rencontré les dirigeants de la protestation lors d'une ultime tentative afin d'obtenir une résolution pacifique à la manifestation pro-démocratie des Chemises rouges qui avait lentement dégénéré en une crise nationale. Les sénateurs sont allés à cette réunion croyant qu’ils avaient la garantie du Premier ministre Abhisit comme quoi si les leaders de la contestation étaient d'accord pour des discussions inconditionnelles, alors les soldats de son gouvernement cesseraient leur "répression" et permettraient à la manifestation de se disperser pacifiquement.

Les preuves que nous avons publié lors de ces derniers jours - y compris une note de service de la réunion tenue entre les leaders de la contestation et les représentants du Sénat - montre maintenant, sans équivoque, que les dirigeants chemises rouges de l'UDD avaient accepté de telles négociations et étaient plus que disposés à le faire sans aucune condition et à travailler avec les autorités afin de disperser pacifiquement la protestation.

Pourtant, ce qui est arrivé le 19 mai, le jour d'après celui ou les négociations entre le Sénat et les Chemises rouges de l'UDD avaient abouties, montre clairement qu'Abhisit a non seulement agi de mauvaise foi, mais qu'il avait utilisé les représentants du Sénat dans un stratagème pour tromper les leaders de la contestation. Et, vers la fin de l'après-midi du 19 mai, les soldats de l'armée thaïlandaise qu'Abhisit lui-même avait déployé dans les rues de Bangkok, ont tirés et tués certains des civils désarmés qui se recroquevillaient dans le Wat Pathum.

Lors de la nuit du 19 mai, six des personnes qui avaient cherché refuge dans le Wat Pathum ont été tués. Mark MacKinnon, correspondant très respecté et expérimenté, travaillant pour le journal canadien "The Globe and Mail", était présent dans le Wat Pathum et un témoin oculaire des événements qui s'y sont déroulé. En 2011, il a déclaré à la BBC que le temple "était une zone de sécurité désignée" et qu'il "avait passé des heures là-bas sans n'avoir vu d'arme à feu". Le témoignage de MacKinnon est soutenu non seulement par de nombreux autres récits de témoins oculaires, mais, surtout, par les durs et froids faits incontestables d'un rapport criminel médico-légal.

Nous avons récemment publié les conclusions de ce rapport médico-légal et il établit qu'aucune des six personnes abattu dans le Wat Pathum n'avait manipulé des armes à feu ou des explosifs, que tous ont été abattus par des balles venues de la direction de l'endroit où un groupe de soldats thaïlandais étaient positionnés et qu'il n'y avait aucune preuve matérielle démontrant que ces soldats ne faisaient que répondre à des tirs (NDT: un autre témoignage, celui du journaliste australien Steve Tickner qui se trouvait lui-aussi au Wat Phatum le 19 mai, corrobore ces faits. Lien: http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/05/il-y-a-5-ans-le-massacre-d-avril-mai-2010-le-temoignage-du-journaliste-australien-steve-tickner.html)

Alors pourquoi l'ancien premier ministre Abhisit - un homme instruit dans l'une des écoles privées de l'élite les plus chères du Royaume-Uni et qui, ensuite, a été diplômé de l'Université d'Oxford - se livre-t-il à de telles méthodes fourbes et téméraires dans une telle situation volatile? Pourquoi a-t-il permit à ses troupes de mettre en danger la vie de civils thaïlandais et d'en tuer quelques-uns? Abhisit était-il au courant de ses obligations légales en tant que premier ministre de s'assurer que le montant minimum de force ait été utilisé, même lors de la dispersion de rassemblements illégaux?

Les preuves que nous avons publiées révèlent qu'Abhisit a été clairement informé par son procureur général et connaissait très bien les limites légales de l'opération de dispersion qu'il a ordonné.

Face à tout cela, une question évidente se pose - pourquoi Abhisit n'a-t-il pas été tenu pour responsable de ses actes? Avait-il perdu le contrôle des soldats qu'il avait lâché sur les personnes mêmes qu'il était de son devoir de protéger? Et s'il a perdu effectivement le contrôle, pourquoi n'a-t-il pas donné sa démission immédiate et ne s'est-il pas engagé à enclencher une poursuite pénale contre ces officiers et soldats de l'armée thaïlandaise qui avait assassiné des civils désarmés qui s'étaient refugiés dans le refuge désigné par son propre gouvernement?

Comme l'histoire le démontre, Abhisit n'a rien fait de tout cela. Les militants pro-démocratie des droits de l'homme le surnomment maintenant "Mark au 100 cadavres" démontrant son rôle dans ce chapitre sanglant de l'histoire thaïlandaise en répondant aux questions d'un intervieweur de la BBC sur le massacre de Bangkok que "malheureusement certaines personnes sont mortes".

Nous espérons que, grâce à la publication de ces documents, que le peuple thaïlandais pourra commencer à conserver un certain contrôle sur son passé et que l'impunité accordée à Abhisit prendra fin un jour ou l'autre.

Nous espérons que la mort "malheureuse" de l'ensemble des victimes du massacre de Bangkok ne sera pas oubliée et que la justice prévaudra un jour.

Cet article avait déjà été publié par Libérez-Somyot l’année dernière.

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/05/la-responsabilite-honteuse-d-abhisit-lors-du-massacre-de-2010-a-bangkok.html

 

Abhisit Vejjajiva

Abhisit Vejjajiva

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 11:28

Le 17 mai 2010, le journal britannique The Guardian publiait un article de Pokpong Lawansiri affirmant que le gouvernement thaïlandais d’Abhisit Vejjajiva avait prévu à l’avance la répression contre les Chemises rouges qui s’est soldée par une centaine de manifestants tués et environ 2000 autres blessés.

Lien:

http://www.theguardian.com/commentisfree/2010/may/17/thailand-protest

 

Voici l’article en français:

Les dirigeants thaïlandais avaient prévus cette répression

Un article de Pokpong Lawansiri pour The Guardian

Le Premier ministre thaïlandais savait que son "accord de paix" serait rejeté par les Chemises rouges. C'était juste un stratagème pour justifier la brutalité de la répression.

Avant l'opération, les observateurs politiques s'attendaient de la situation se diffuse et se termine par un compromis politique. Le gouvernement a offert de dissoudre le Parlement en septembre et d'organiser une nouvelle élection, le 14 novembre. L'offre semblait idéale, en particulier depuis l'appel des Chemises rouges "pour que le gouvernement dissolve la Chambre dans les 30 jours".

Toutefois, au bout d'une semaine seulement, le gouvernement s'est hâté d'écarter son offre et a utilisé une méthode plus combative. Il a imposé l'état d'urgence à Bangkok ainsi que dans 22 provinces du nord et du nord-est, qui sont connus comme étant des bastions les Chemises rouges, et a envoyé des tireurs d'élite militaire pour "mettre fin à la protestation une fois pour toutes".

Pourquoi le gouvernement thaïlandais a-t-il rapidement modifié sa position de compromis pour une approche plus agressive qui s'apparente à celle de son voisin, la junte militaire birmane?

L'offre du gouvernement était censée être une démonstration de force. C'était une étape stratégique prise à l'avance pour justifier un massacre bien planifié. Le gouvernement savait bien à l'avance qu'elle serait rejeté. Le genre de traité qu'il a proposé n'aurait jamais été acceptable pour les dirigeants chemises rouges et leurs partisans. Et il le savait.

L'accord de "paix" était destiné à échanger de nouvelles élections, en échange d'une gifle contre les dirigeants chemises rouges en les inculpant en vertu de la Loi sur le terrorisme pour leur" rôle "dans la répression militaire du 10 avril, ou 21 manifestants et cinq soldats sont morts. Abhisit et le vice-Premier ministre, Suthep Thaugsuban, d'autre part, bénéficieraient d'une totale impunité. L'accusation de terrorisme est si grave que les inculpés ne peuvent pas bénéficier de la liberté sous caution.

Suite à cela, les Chemises rouges ont proposé une contre-demande au gouvernement. Ils ont convenu de se livrer et de disperser leurs partisans à condition que les chefs de gouvernement, en particulier le vice-premier ministre, soient inculpés pour le meurtre des manifestants.

Le Docteur Kengkij Kitirianglarp de la faculté des sciences sociales de l'Université Kasetsart, a déclaré: "L'assassinat du major-général Sawasdiphol Khattiya [aussi connu sous le nom Seh Daeng] est la dernière pièce d'une répression à grande échelle, car beaucoup pensent qu'aux yeux du gouvernement, la répression serait beaucoup plus facile sans Seh Daeng, la personne considérée comme le stratège de sécurité des Chemises rouges."

Cela indique qu'au fond, le gouvernement savait que l'affaire n'irait pas loin. C'était juste un stratagème pour légitimer la répression prévue, arguant que ces "terroristes" voulaient créer une guerre civile, en rejetant l'offre. Le Parti Démocrate, qui domine le gouvernement, sait que si une nouvelle élection avait lieu, il n'aurait qu'une petite chance de conserver le pouvoir.

Le Parti du Pouvoir du Peuple affilié aux Chemises rouges "(mais aujourd'hui disparu), avait remporté une écrasante majorité lors des dernières élections. C'est seulement après le coup d'Etat judiciaire et la dissolution du Parti du Pouvoir du Peuple que le Parti Démocrate, soutenu par l'armée, a pu prendre le pouvoir.

L'histoire de l'homme, qui n'est pas si propre que ça, se termine ici. Un complot d'Abhisit, qui savait clairement où son plan l'entraînerait. Il est évident qu'il va maintenant poursuivre cette répression, ne se souciant pas que des dizaines de personnes soient tuées. Tout cela afin qu'il puisse continuer à être le chef du gouvernement de Thaïlande.

 

La fille du général Seh Daeng pleure devant le corps de son père assassiné par l’armée

La fille du général Seh Daeng pleure devant le corps de son père assassiné par l’armée

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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 10:14

Le 13 mai 2010, le général Seh Daeng a été abattu au cours d'une interview par le journaliste du New York Times Thomas Fuller. Il est décédé le 17 mai suivant a l’hôpital.

 

Le général Seh Daeng et sa fille

Le général Seh Daeng et sa fille

Voici la traduction d’un article du New York Times daté du 14 mai 2010:

BANGKOK - Un général dissident thaïlandais a été abattu à Bangkok ce jeudi tandis que les militaires encerclaient le camp des manifestants antigouvernementaux.

Le général Khattiya Sawatdiphol, 59 ans, plus connu sous le nom Seh Daeng, était allié aux manifestants. Il a été touché à la tête par une balle au cours d'une entrevue avec un journaliste. L'Associated Press a contacté un aide de camps non identifié du général qui décrit la blessure de ce dernier comme «grave».

Les manifestants, connus sous le nom de chemises rouges, ont établi leur camp dans le centre de Bangkok pendant plus de deux mois. Cette dernière violence est la plus grave depuis la répression manqué d'avril qui a coûté la vie d'au moins 25 personnes [...]

Des témoins ont entendu une forte explosion, suivie par des rafales de tir automatique près de la zone fortement gardée de Silom, qui est proche de campement des manifestants, selon l'Associated Press.

Lien de la version originale de l’article:

http://www.nytimes.com/2010/05/14/world/asia/14thai.html?ref=global-home

Des Chemises rouges tentent de porter secours au général Seh Daeng qui vient de se faire assassiner

Des Chemises rouges tentent de porter secours au général Seh Daeng qui vient de se faire assassiner

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 10:54

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/05/15/who-will-end-the-long-tradition-of-impunity/

 

Il y a six ans, 4 criminels d'Etat thaïlandais: le général Prayut Chan-ocha, le général Anupong Paojinda, Abhisit Vejjajiva et Sutep Tuaksuban, ont organisé un bain de sang dans les rues de Bangkok. Ils ont ordonné à des tireurs d'élite d'abattre les manifestants chemises rouges pro-démocratie désarmés. Les rues ont été déclarées "zones de tirs libres". Près d'une centaine de personnes ont été abattus de sang-froid. Les troupes postées sur la ligne du métro aérien ont tirées sur des civils ayant trouvé refuge dans un temple voisin. Parmi les morts se trouvait une infirmière bénévole.

Ces criminels d'Etat n'ont jamais montré le moindre remords pour leurs actions. Des déclarations comme "malheureusement, certaines personnes sont mortes" ou "les manifestants ont simplement couru devant les balles" ont révélé leur mentalité.

Quatre ans plus tard, Prayut Chan-ocha et Sutep Tuaksuban ont agi ensemble pour renverser le gouvernement Yingluk démocratiquement élu. Sutep et ses voyous, y compris "Issara", le moine bouddhiste fasciste préféré de Prayut, ont violemment sabotés les élections et, peu après, Prayut a organisé un coup d'Etat militaire et s'est nommé lui-même Premier ministre. Ces deux voyous travaillent encore ensemble pour appuyer l'épouvantable projet de constitution de l'armée.

Peu après le bain de sang de 2010, l'avocat chemise rouge Robert Amsterdam, d'abord engagé par Taksin Shinawat, a compilé un document détaillé des crimes de l'armée. L'objectif était de l'envoyer à la Cour pénale internationale et de traduire ces criminels en justice. Rien ne vint de cette initiative noble mais plutôt naïve.

Une raison pour laquelle ces quatre meurtriers n'ont jamais été traduits en justice à la Cour pénale internationale est que le gouvernement Pua Thai dirigé par Yingluk Shinawat a refusé de voter pour que la Thaïlande se place sous la juridiction de la cour. Certains ont dit que le gouvernement devait faire preuve de prudence parce que les militaires étaient derrière son dos. Peut-être, mais apaiser l'armée ne l'a mené nulle part. Les soldats ont organisé un coup d'Etat de toute façon. Auparavant, le gouvernement de Yingluk avait remporté une victoire écrasante aux élections en 2011 et avait beaucoup de légitimité et de soutien de masse pour s'opposer à l'armée avec l'aide du mouvement chemise rouge. Il a choisi de ne pas agir.

Sans aucun doute, l'une des raisons pour lesquelles le gouvernement Pua Thai était si réticent à engager des poursuites contre les 4 assassins de l'Etat, que ce soit devant un tribunal international ou un tribunal thaïlandais, était que Taksin est lui-même un criminel d'État. Quand il était premier ministre, de nombreux Malais musulmans ont été entassés dans des camions et délibérément assassinés par l'armée et la police à Patani. Un avocat musulman travaillant pour la cause de la justice dans le sud a également disparu, enlevé par la police.

Il y a une ancienne et honteuse tradition des élites thaïlandaises de régler leurs problèmes par l'assassinat. Cela remonte à 1973 et même à au-delà. Aucun fonctionnaire de l'Etat n'a jamais été traduit en justice pour les massacres de civils de 1973, 1976, 1992 ou au cours de la crise actuelle.

Pourtant, les gens qui osent critiquer verbalement le statu quo sont souvent mis en prison pendant des années du fait de la terrible loi de lèse-majesté.

Alors, qui va mettre fin à cette culture de l'impunité? Certainement pas n'importe quel futur gouvernement élu composé des alliés de Taksin ou du soi-disant "Parti Démocrate" d'Abhisit! Ils ont tous montré leurs vraies couleurs.

Ironie du sort, la loi de lèse-majesté empêche un débat ouvert sur le rôle du Roi. Cela signifie que beaucoup croient à tort que le Roi, faible et inefficace, qui est une créature de l'armée, aurait ordonné les massacres. Il ne l'a pas fait. Mais il ne les a pas condamné non-plus. Il n'a jamais défendu la liberté, la démocratie ou la justice. Sa mort ne changera rien. Les élites sont unies dans leur mépris pour les citoyens ordinaires, nous considérant comme sans valeur tout en vivant sur notre dos.

Aucune puissance extérieure, que ce soit la Cour pénale internationale, les Etats-Unis ou l'UE, n'aidera jamais à traduire les criminels d'État thaïlandais en justice.

Aucune "bonne" Constitution thaïlandaise non plus peut régler ce problème.

La seule force capable de mettre fin à cette impunité est un mouvement pro-démocratie de masse qui peut mettre fin au monopole du pouvoir détenu par les élites et transformer l'Etat thaïlandais, en éliminant le pouvoir de l'armée. Atteindre cet objectif n'est pas facile, mais c'est arrivé avant dans de nombreux pays et cela dépend d'être sérieux au sujet de l'organisation politique et de l'utilisation de la puissance latente de la classe ouvrière.

Comme l'a dit Joe Hill ... ne pleurez pas; organisez-vous!

2010: Des snipers de l’armée thaïlandaise tirent sur les manifestants

2010: Des snipers de l’armée thaïlandaise tirent sur les manifestants

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 10:33

La plupart des journalistes du Nation sont des sympathisants chemises jaunes. Supalak Ganjanakhundee, sans être partisan des Chemises rouges, fait exception.

Voici un article de lui publié le 22 avril 2010 par le journal The Nation.

Lien de l’article original :

http://www.nationmultimedia.com/home/2010/04/22/politics/The-political-battle-becoming-dirtier-by-the-day-30127632.html

Traduction :

Des moyens de plus en plus sales utilisés dans la bataille politique

Un article de Supalak Ganjanakhundee

Les Thaïs semblent attiser les flammes dans l'extension du conflit en cours au lieu de les contenir, avec de nombreux groupes de couleurs différentes qui émergent pour faire face aux manifestants chemises rouges. Cette confrontation ne peut qu'orchestrer la violence, si elle ne conduit pas tout simplement à une guerre civile.

Initialement, l'impasse politique actuelle venait d'un conflit entre le gouvernement d'Abhisit Vejjajiva et d'anciens partisans de Thaksin Shinawata. Aujourd'hui, malheureusement, beaucoup de questions sont soulevées et les gens s'impliquent de plus en plus.

Par exemple, des habitants de Bangkok de la classe moyenne - à bout de patience après le chaos causé par les chemises rouges - ont décidés de descendre dans la rue en chemises multicolores la semaine dernière pour exprimer leur mécontentement. Certains d'entre eux ont déclenchés des affrontements mineurs avec les chemises rouges près de Lumpini Park, tandis que d'autres ont fait un peu de fracas à Silom Road.

Le groupe multicolore est dans la même ligne que les ennemis jurés des chemises rouges, les chemises jaunes de l'Alliance du Peuple pour la Démocratie (PAD). Leurs revendications sont les mêmes - disperser les manifestants.

En fait, et ce n'est pas un secret, les dirigeants du groupe multicolores sont des membres du mouvement PAD, qui a fait tomber les gouvernements soutenus par les chemises rouges de Samak Sundaravej et Somchai Wongsawat en 2008 avant de mettre Abhisit à la barre.

Le mouvement d'extrême droite PAD a donné au gouvernement une semaine pour abattre le mouvement chemise rouge, sinon le groupe - qui se surnomme maintenant gardien du Roi - prendra les choses en mains propres.

Les chemises jaunes du PAD accusent les partisans chemises rouges de M. Thaksin de tenter de parvenir à un changement de régime "dans laquelle le Royaume de Thaïlande deviendrait une république, avec M. Thaksin comme premier président".

Bien que la demande des chemises rouges "pour une nouvelle élection" n'ait rien d'étrange dans une société démocratique, le premier ministre Abhisit souscrit à la conviction de la PAD et répète ses accusations comme quoi les rouges ont commis des "actes de terrorisme" dans le but d'amener un "grand" changement en Thaïlande .

Le mardi, un groupe inconnu de personnes a collé des autocollants à Silom Road disant que le groupe chemise rouge voulait une nouvelle Thaïlande avec Thaksin comme président. Un acte comme celui-ci suggère que l'aile droite et les forces élitiste emploient la vieille tactique d'étiqueter les adversaires comme anti-monarchiste.

L'accusation anti-monarchiste en Thaïlande est assez puissante pour détruire tout le monde. L'institution de la monarchie est fermement établie dans le Royaume depuis longtemps. Il y a des lois sévères pour protéger le monarque de la moindre critique et si quelqu'un est accusé de lèse-majesté, il est difficile pour lui de s'en sortir.

Le 6 octobre 1976, les militants étudiants de l'Université Thammasat ont été massacrés uniquement parce qu'ils étaient accusés d'être anti-monarchistes. Beaucoup d'hommes politiques, y compris le dirigeant chemise rouge Veera Musigapong et certains membres du Parti démocrate, ont eu des expériences amères liées à la loi de lèse-majesté.

Les autocollants sur Silom Road ont provoqués un démenti immédiat de M. Thaksin, et des dirigeants chemises rouges qui ont déclarés mardi que c'était un sale jeu politique. Ils connaissent la puissance des accusations d'anti-monarchie.

Toutefois, si Abhisit et son gouvernement étaient justes et modérés, ils devraient être en mesure de contenir le conflit et d'arrêter cette troisième main qui utilise cette question délicate dans le but de faire empirer les choses.

Appeler les manifestants terroristes et transformer une protestation politique normale en une question de sécurité nationale et une menace pour la vénérable institution, est barbare et injuste. En outre, de telles tactiques ne feront que rendre le problème plus compliqué et difficile à résoudre.

Mai 2010: une Chemise rouge en larmes s’essuie les yeux avec un drapeau thaï

Mai 2010: une Chemise rouge en larmes s’essuie les yeux avec un drapeau thaï

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 12:50

Les policiers ont décidé de poursuivre une avocate des droits humains représentant de jeunes militants anti-junte, l'accusant de défier les ordres de la police.

Selon l'ONG Thai Lawyers for Human Rights (TLHR), jeudi 12 mai 2016, le procureur du tribunal du district de Dusit à Bangkok a informé Sirikan Charoensiri, une avocate membre de TLHR, que les enquêteurs de police ont accepté de l'inculper en vertu des articles 142 et 368 du code criminel pour avoir soi-disant propagé de fausses accusations contre les enquêteurs et désobéi aux ordres de la police.

Sirikan est accusé de s'être opposée à une fouille de sa voiture par des policiers dans la nuit du 27 juin 2015 devant le tribunal militaire de Bangkok après que les 14 militants aient été arrêtés et conduits devant la Cour. La police voulait confisquer les téléphones mobiles de certains des militants qui se trouvaient dans la voiture de Sirikan, mais elle a refusé, affirmant que les policiers n'avaient pas de mandat pour fouiller sa voiture.

Le lendemain, elle est allée au poste de police de Samranrat à environ 13 heures pour déposer une plainte pour malversation contre la police en vertu de l'article 157 du Code pénal thaïlandais, en soulignant que les agents avaient illégalement confisqués sa voiture pour la fouiller.

Après avoir écouté les charges, Sirikan a soumis une lettre au procureur, en disant que les agents de police ont tenté de fouiller sa voiture sans mandat de perquisition et qu'elle ne faisait que protéger ses clients.

Sam Zarifi, le directeur régional pour l'Asie et le Pacifique de la Commission internationale des juristes (CIJ), et des envoyés de l'ambassade de Suède étaient présents au tribunal du district de Dusit pour écouter les accusations portées contre Sirikan.

Sirikan est l’avocate de la défense des 14 militants anti-junte qui ont été détenus pour avoir participé à un rassemblement à la mi-2015 afin de protester contre le coup d'Etat de 2014.

Si elle est reconnue coupable en vertu de l'article 142, l'avocate des droits de l'homme pourrait être emprisonné pour un maximum de trois ans.

Source:

http://prachatai.org/english/node/6160

Sirikan Charoensiri

Sirikan Charoensiri

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 12:01

Une odeur de rébellion dans l'arrière-pays thaïlandais

Par Thomas Fuller

Traduit du New York Times du 19 avril 2010

Lien de l’article original:

http://www.nytimes.com/2010/04/24/world/asia/24reds.html?_r=0

 

Khon Kaen, Thaïlande - Les chaumes desséchés de la récolte de riz de l'an dernier crèvent l'œil à travers le sol rouge de l'arrière-pays de la Thaïlande, un vaste pays de culture du riz mais qui présente aujourd'hui un panorama sans vie. Cette région a souffert d'une sécheresse sévère, mais est loin d'être moribonde - l'Issan, le nom sous lequel cette région est connue, est animé par un activisme politique passionné.

Sur ce pauvre et robuste plateau qui abrite un tiers de la population de la Thaïlande, les agriculteurs qui expliquent qu'ils n'ont jamais été intéressés par la politique avant, font don de l'équivalent de centaines de milliers de dollars, un petit billet à la fois, pour le mouvement de protestation des chemises rouges qui manifeste à Bangkok et qui a gravement affaibli le gouvernement. Dans au moins trois villes du nord, loin de la capitale, les chemises rouges tiennent des rassemblements nocturnes, qui attirent parfois des milliers de personnes.

Comme à Bangkok, où des manifestants en chemises rouges ont fait le défi de camper dans un quartier commercial majeur, il y a une grande bouffée d'insurrection dans l'arrière-pays thaï.

À la station de radio Red, une station FM anti-gouvernementale qui fonctionne à partir d'un bureau anonyme de la ville de Khon Kaen, à 450 kilomètres, ou 280 miles, au nord de Bangkok, des disc-jockeys exhortent les supporters à se manifester dans leurs camionnettes ou motos et à perturber les visites des hauts fonctionnaires du gouvernement. Plus tôt ce mois-ci, ils ont réussi à chasser le ministre des Transports, qui était venu pour l'inauguration d'un tunnel.

"Ne venez pas ici - c'est le message", a déclaré Noi Tamrung, un DJ de la station. "Nous rejetons toute personne de ce gouvernement."

Cela démontre la profondeur de la crise car Noi Tamrung est un agent de police à temps plein qui fait campagne contre le gouvernement quand il est au repos. (Noi Tamrung est un pseudonyme, il serait congédié s'il utilisait son vrai nom, explique-t-il.)

La colère et le ressentiment dans la campagne thaïlandaise a commencé avec le coup d'Etat militaire il y a trois ans et demi qui a renversé Thaksin Shinawatra, un magnat milliardaire devenu premier ministre, qui est vu dans cette région comme le premier homme politique à avoir sérieusement pris en compte des préoccupations des pauvres . la richesse de M. Thaksin et son réseau de favoritisme restent d'importants moteurs de la protestation, mais le mouvement semble aussi prendre un caractère plus local, avec les agriculteurs et les villageois qui trouvent une cause commune et expriment une nouvelle affirmation de la conscience de soi.

Les gens du plateau nord-est de la Thaïlande, entourée par le fleuve Mékong, parlent des dialectes semblables aux langues laotiennes et cambodgiennes et travaillent généralement comme agriculteurs, travailleurs manuels et travailleurs d'usine. Aujourd'hui, la région, ainsi que celle de l'extrême nord, est le noyau du mouvement chemise rouge, qui tente de forcer le gouvernement du premier ministre Abhisit Vejjajiva à démissionner.

Le cri de ralliement des chemises rouges contre les "doubles standards" de la société thaïlandaise - les riches, l'élite de Bangkok et les chefs militaires qui possèdent l'impunité face aux lois d'après les dirigeants du mouvement, et les pauvres qui sont tenus de rendre compte de leurs actes - a trouvé un terrain fertile chez les agriculteurs comme Takum Srihangkod. M. Takum écoute les émissions de la protestation à Bangkok avec une radio bon marché fabriquée en Chine qu'il range dans son pagne, à côté de sa fronde.

"Abhisit ne veut rien à voir avec les pauvres", déclare Takum en sortant son bétail. Pas même les travaux agricoles les plus fondamentaux interrompent le flot de la rhétorique politique en colère: la radio de M. Takum est resté allumée tandis qu'il s'occupait d'un veau nouveau-né lors d'un accouchement difficile.

Les partisans du gouvernement présentent souvent des chemises rouges comme une foule achetée, des manifestants mercenaires qui recevraient une allocation journalière. Dans un pays ayant une longue tradition d'achat de voix, il semble probable que certains des manifestants ont reçu un soutien, peut-être de leurs héros en exil, M. Thaksin. Mais les villageois hérissent les poils lorsqu'on leur demande s’ils sont payés pour protester. Les autorités locales et les policiers décrivent un vaste effort de collecte de fonds parmi la population pour soutenir les manifestants à Bangkok.

"Nous nous aidons les uns les autres", a déclaré Triem Tongkod, un agriculteur qui cultive du riz gluant dans un village en dehors de Khon Kaen. Des camionnettes munies de haut-parleurs passent régulièrement dans son village régulièrement pour demander des dons. "Vous donnez ce que vous pouvez vous permettre: 20 bahts, 100 bahts," explique M. Triem.

Samedi, dans un temple bouddhiste à environ 40 kilomètres en dehors de Khon Kaen, M. Triem était parmi les milliers de personnes qui assistaient aux funérailles de Praison Tiplom, un manifestant tué le 10 avril par la répression des manifestations chemises rouges à Bangkok. (Un total de 25 personnes sont mortes, dont cinq soldats, dans des circonstances qui restent à étudier.) Les Organisateurs marchaient à travers la foule qui transportait de grandes boîtes remplies de dons en espèces pour la veuve de M. Praison. Ils ont recueilli 310.000 bahts, soit environ $ 9400, selon Num Chaiya, un DJ Rouge de la station de radio qui a aidé à organiser les funérailles.

C'était loin d'être une cérémonie typique sombre, les applaudissements du public devant le cercueil de M. de Praisom, recouvert du drapeau thaïlandais, ont retentis dans le four crématoire à trois reprises. "Saluons ce guerrier du peuple!" a exhorté M. Num à la foule, tandis que certains lâchait des slogans politiques. Presque tous les participants portaient du rouge au lieu du traditionnel noir. Ceux qui ne pouvaient se glisser sous la grande tente étaient dans les bois environnants.

Les organisateurs des chemises rouges ont commencé à vendre des DVD faisant l'éloge des manifestants morts et des scènes montrant la répression du 10 avril. Le long de ce qui est connu sous le nom d'autoroute de l'amitié, construite par les États-Unis au service de ses bases militaires au cours de la guerre du Vietnam, Pornchai Nanthaphothi tient un stand festonné de drapeaux rouges où il vend des DVD sur la répression, ainsi que d'autres accessoires chemise rouge. Sur un bandana qu'il vend il y a écrit les mots: "Je n'ai pas peur de vous."

"Cette région est presque 100 pour cent rouge", déclare M. Pornchai.

Les gouvernements successifs thaïlandais, y compris l'actuel, se sont lancés dans des projets de développement en Issan, mais la région reste "pauvre et mal desservie", explique Krasae Chanawongse, médecin de formation qui a travaillé en tant que ministre dans quatre gouvernements précédents. Le Dr. Krasae affirme que le mouvement de protestation s'explique en partie par l'inégalité des revenus et la nécessité de davantage de médecins, d'universités et de possibilités pour les jeunes en Issan. Il y a un médecin pour 5300 personnes dans le nord, contre un pour 850 à Bangkok et un pour 2800 pour l'ensemble du pays, selon les statistiques gouvernementales.

Le système politique centralisé de la Thaïlande a engendré une "attitude coloniale des gouverneurs" postés ici, selon le Dr Krasae. "Il n'y a pas de consultation, ils sont plus ou moins imposé", explique-t-il.

En raison de sa taille, l'Issan est considérée comme la clé de voûte de la vie politique thaïlandaise. La domination du mouvement chemise rouge indique que M. Abhisit perdrait les élections s'il dissolvait le Parlement comme les manifestants le réclament.

Si cela se produisait, ce serait la première fois que ce gouvernement ferait face à des élections. La coalition a été négociée avec l'aide des militaires il y a 16 mois, après une décision de justice qui a conduit à la dissolution d'un gouvernement affilié aux chemises rouges pour "fraude électorale". Une faction a fait défection vis à vis de la coalition en échange du contrôle des principaux ministères.

Certains analystes, comme Adisorn Naowanondha, professeur à l'Université Rajabhat situé dans la ville du nord-est de Nakhon Ratchasima, posent la question de la durabilité et de la longévité des chemises rouges. M. Adisorn, qui s'est déjà présenté comme candidat pour le parti [Démocrate] au pouvoir, compare les chemises rouges à un fan club de M. Thaksin.

"Je pense que lorsque disparaîtra Thaksin, les rouges vont disparaître eux aussi", déclare M. Adisorn, qui décrit M. Thaksin comme étant le ciment qui tient ensemble un mouvement divisé en factions.

Mais les partisans des chemises rouges dans le nord, tout en reconnaissant que M. Thaksin reste une source d'inspiration essentielle pour le mouvement, déclarent qu'ils sont unis sur les grands objectifs.

"Ce n'est pas un mouvement pour Thaksin, c'est un mouvement pour la démocratie", explique Chaisawat Weangwong, un riziculteur de 42 ans. Dans un pays qui a vu plus d'une douzaine de coups au cours des huit dernières années, M. Chaisawat affirme que la crise a ouvert les yeux des gens sur l'influence des militaires dans la vie politique thaïlandaise. M. Chaisawat propose une définition de base de la démocratie: "La majorité choisit le gagnant."

Les stations de radio ont joué un rôle crucial dans la diffusion de ce message. La station de radio Red a connu une expansion rapide depuis le début de sa diffusion en novembre, avec un total de six stations affiliées dans et autour de Khon Kaen qui relaient le signal. Elle fonctionne grâce aux dons et aux recettes publicitaires. Une station de radio dans la grande ville nord-est de Udon Thani a recueilli cette année 6 millions de bahts pour aider à financer la construction de nouvelles installations.

La station a récemment annoncé sur les ondes qu'il y avait des rumeurs comme quoi des soldats avaient été expédiés à partir de Bangkok pour arrêter la radiodiffusion de la station. "Un millier de personnes sont venus dans des camionnettes pour nous soutenir", a déclaré Ruangyut Prasatsawatsiri, un chef local des chemises rouges.

M. Ruangyut explique que 90 pour cent de la police locale est favorable aux chemises rouges et qu'ils avaient transmis des informations sur les projets du gouvernement. "Nous connaissons tous leurs plans, affirme-t-il.

 

La veuve de Praison Tiplom, un manifestant assassiné par l’armée le 10 avril 2010

La veuve de Praison Tiplom, un manifestant assassiné par l’armée le 10 avril 2010

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 09:42

Comment arrêter la bataille sans fin entre les jaunes et les rouges

Traduit du Washington Post du jeudi 15 avril 2010

Lien de l’article original:

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/04/14/AR2010041404391.html

 

La dernière crise politique en Thaïlande est un exemple particulièrement tragique de retour de bâton politique. Trois fois au cours des quatre dernières années, les Thaïlandais opposés au mouvement populiste de Thaksin Shinawatra ont précipités la chute de gouvernements élus démocratiquement en créant le chaos dans les rues de Bangkok. Maintenant, le gouvernement actuel, soutenu par cette même alliance de la classe moyenne, des entreprises et des élites traditionnelles, est acculé par cette même tactique.

Samedi dernier, l'armée thaïlandaise, qui a refusé d'agir contre les "chemises jaunes" anti-Thaksin même quand ils ont fermés l'aéroport international de Bangkok, a tenté de disperser les "chemises rouges" pro-Thaksin. Le résultat a été la pire violence politique des deux dernières décennies, avec 23 manifestants et soldats tués - et une retraite des forces de sécurité. Cela laisse peu d'options au gouvernement du premier ministre Abhisit Vejjajiva à part celle que lui et sa coalition auraient du avoir choisi en premier lieu: des élections libres.

Aucune des deux parties du conflit politique en Thaïlande basé sur les classes n'est un parangon de la démocratie. M. Thaksin, qui vit maintenant en exil, a été un mauvais premier ministre de 2001 à 2006. Il a violé les libertés de la presse et a permis des violations massives des droits de l'homme par les forces de sécurité. Cependant, la racine du conflit qui dure depuis des années en Thaïlande, est le refus de l'ancien établissement d'accepter que M. Thaksin ait reçu le soutien de la majorité du pays. Après un coup d'Etat militaire qui a évincé le leader populiste en 2006, ses partisans ont facilement remporté l'élection qui a finalement eu lieu en décembre 2007. Ensuite, deux Premiers ministres (NDT: Samak et Somchai) ont été forcés de quitter leurs fonctions à la suite de manifestations et de décisions de justice contestables à la fin de 2008, M. Abhisit est arrivé au pouvoir sans être élu grâce aux forces anti-Thaksin. Il ne désirait pas organiser une nouvelle élection, pour la raison évidente que les partisans de M. Thaksin auraient probablement gagnés une fois de plus.

M. Abhisit suggère maintenant qu'il pourrait organiser une élection à la fin de cette année. Cette nouvelle approche est dangereuse et a peu de chances de réussir. Le commandant de l'armée a suggéré lundi qu'il pourrait être nécessaire que le Parlement soit dissous et qu'une nouvelle élection soit organisée immédiatement pour satisfaire la demande des manifestants. Pendant ce temps, le parti de M. Abhisit est sous la menace d'être forcé de démissionner de ses fonctions par une décision de justice - tout comme les deux derniers premiers ministres pro-Thaksin.

Ce qui doit être clair maintenant, c'est que les tactiques anti-démocratiques, de l'intervention militaire à des barricades de rue en passant par les décisions pratiques de la cour, ne mettront pas fin aux troubles que connaît aujourd'hui la Thaïlande. La seule solution est que les deux parties acceptent que des élections décident qui doit régir la Thaïlande - et que les gagnants ainsi que les perdants respectent les droits fondamentaux civils et politiques.

Les corps de 2 Chemises rouges assassinés par l’armée thaïlandaise

Les corps de 2 Chemises rouges assassinés par l’armée thaïlandaise

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