Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 10:14

Le 13 mai 2010, le général Seh Daeng a été abattu au cours d'une interview par le journaliste du New York Times Thomas Fuller. Il est décédé le 17 mai suivant a l’hôpital.

 

Le général Seh Daeng et sa fille

Le général Seh Daeng et sa fille

Voici la traduction d’un article du New York Times daté du 14 mai 2010:

BANGKOK - Un général dissident thaïlandais a été abattu à Bangkok ce jeudi tandis que les militaires encerclaient le camp des manifestants antigouvernementaux.

Le général Khattiya Sawatdiphol, 59 ans, plus connu sous le nom Seh Daeng, était allié aux manifestants. Il a été touché à la tête par une balle au cours d'une entrevue avec un journaliste. L'Associated Press a contacté un aide de camps non identifié du général qui décrit la blessure de ce dernier comme «grave».

Les manifestants, connus sous le nom de chemises rouges, ont établi leur camp dans le centre de Bangkok pendant plus de deux mois. Cette dernière violence est la plus grave depuis la répression manqué d'avril qui a coûté la vie d'au moins 25 personnes [...]

Des témoins ont entendu une forte explosion, suivie par des rafales de tir automatique près de la zone fortement gardée de Silom, qui est proche de campement des manifestants, selon l'Associated Press.

Lien de la version originale de l’article:

http://www.nytimes.com/2010/05/14/world/asia/14thai.html?ref=global-home

Des Chemises rouges tentent de porter secours au général Seh Daeng qui vient de se faire assassiner

Des Chemises rouges tentent de porter secours au général Seh Daeng qui vient de se faire assassiner

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 10:54

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/05/15/who-will-end-the-long-tradition-of-impunity/

 

Il y a six ans, 4 criminels d'Etat thaïlandais: le général Prayut Chan-ocha, le général Anupong Paojinda, Abhisit Vejjajiva et Sutep Tuaksuban, ont organisé un bain de sang dans les rues de Bangkok. Ils ont ordonné à des tireurs d'élite d'abattre les manifestants chemises rouges pro-démocratie désarmés. Les rues ont été déclarées "zones de tirs libres". Près d'une centaine de personnes ont été abattus de sang-froid. Les troupes postées sur la ligne du métro aérien ont tirées sur des civils ayant trouvé refuge dans un temple voisin. Parmi les morts se trouvait une infirmière bénévole.

Ces criminels d'Etat n'ont jamais montré le moindre remords pour leurs actions. Des déclarations comme "malheureusement, certaines personnes sont mortes" ou "les manifestants ont simplement couru devant les balles" ont révélé leur mentalité.

Quatre ans plus tard, Prayut Chan-ocha et Sutep Tuaksuban ont agi ensemble pour renverser le gouvernement Yingluk démocratiquement élu. Sutep et ses voyous, y compris "Issara", le moine bouddhiste fasciste préféré de Prayut, ont violemment sabotés les élections et, peu après, Prayut a organisé un coup d'Etat militaire et s'est nommé lui-même Premier ministre. Ces deux voyous travaillent encore ensemble pour appuyer l'épouvantable projet de constitution de l'armée.

Peu après le bain de sang de 2010, l'avocat chemise rouge Robert Amsterdam, d'abord engagé par Taksin Shinawat, a compilé un document détaillé des crimes de l'armée. L'objectif était de l'envoyer à la Cour pénale internationale et de traduire ces criminels en justice. Rien ne vint de cette initiative noble mais plutôt naïve.

Une raison pour laquelle ces quatre meurtriers n'ont jamais été traduits en justice à la Cour pénale internationale est que le gouvernement Pua Thai dirigé par Yingluk Shinawat a refusé de voter pour que la Thaïlande se place sous la juridiction de la cour. Certains ont dit que le gouvernement devait faire preuve de prudence parce que les militaires étaient derrière son dos. Peut-être, mais apaiser l'armée ne l'a mené nulle part. Les soldats ont organisé un coup d'Etat de toute façon. Auparavant, le gouvernement de Yingluk avait remporté une victoire écrasante aux élections en 2011 et avait beaucoup de légitimité et de soutien de masse pour s'opposer à l'armée avec l'aide du mouvement chemise rouge. Il a choisi de ne pas agir.

Sans aucun doute, l'une des raisons pour lesquelles le gouvernement Pua Thai était si réticent à engager des poursuites contre les 4 assassins de l'Etat, que ce soit devant un tribunal international ou un tribunal thaïlandais, était que Taksin est lui-même un criminel d'État. Quand il était premier ministre, de nombreux Malais musulmans ont été entassés dans des camions et délibérément assassinés par l'armée et la police à Patani. Un avocat musulman travaillant pour la cause de la justice dans le sud a également disparu, enlevé par la police.

Il y a une ancienne et honteuse tradition des élites thaïlandaises de régler leurs problèmes par l'assassinat. Cela remonte à 1973 et même à au-delà. Aucun fonctionnaire de l'Etat n'a jamais été traduit en justice pour les massacres de civils de 1973, 1976, 1992 ou au cours de la crise actuelle.

Pourtant, les gens qui osent critiquer verbalement le statu quo sont souvent mis en prison pendant des années du fait de la terrible loi de lèse-majesté.

Alors, qui va mettre fin à cette culture de l'impunité? Certainement pas n'importe quel futur gouvernement élu composé des alliés de Taksin ou du soi-disant "Parti Démocrate" d'Abhisit! Ils ont tous montré leurs vraies couleurs.

Ironie du sort, la loi de lèse-majesté empêche un débat ouvert sur le rôle du Roi. Cela signifie que beaucoup croient à tort que le Roi, faible et inefficace, qui est une créature de l'armée, aurait ordonné les massacres. Il ne l'a pas fait. Mais il ne les a pas condamné non-plus. Il n'a jamais défendu la liberté, la démocratie ou la justice. Sa mort ne changera rien. Les élites sont unies dans leur mépris pour les citoyens ordinaires, nous considérant comme sans valeur tout en vivant sur notre dos.

Aucune puissance extérieure, que ce soit la Cour pénale internationale, les Etats-Unis ou l'UE, n'aidera jamais à traduire les criminels d'État thaïlandais en justice.

Aucune "bonne" Constitution thaïlandaise non plus peut régler ce problème.

La seule force capable de mettre fin à cette impunité est un mouvement pro-démocratie de masse qui peut mettre fin au monopole du pouvoir détenu par les élites et transformer l'Etat thaïlandais, en éliminant le pouvoir de l'armée. Atteindre cet objectif n'est pas facile, mais c'est arrivé avant dans de nombreux pays et cela dépend d'être sérieux au sujet de l'organisation politique et de l'utilisation de la puissance latente de la classe ouvrière.

Comme l'a dit Joe Hill ... ne pleurez pas; organisez-vous!

2010: Des snipers de l’armée thaïlandaise tirent sur les manifestants

2010: Des snipers de l’armée thaïlandaise tirent sur les manifestants

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 10:33

La plupart des journalistes du Nation sont des sympathisants chemises jaunes. Supalak Ganjanakhundee, sans être partisan des Chemises rouges, fait exception.

Voici un article de lui publié le 22 avril 2010 par le journal The Nation.

Lien de l’article original :

http://www.nationmultimedia.com/home/2010/04/22/politics/The-political-battle-becoming-dirtier-by-the-day-30127632.html

Traduction :

Des moyens de plus en plus sales utilisés dans la bataille politique

Un article de Supalak Ganjanakhundee

Les Thaïs semblent attiser les flammes dans l'extension du conflit en cours au lieu de les contenir, avec de nombreux groupes de couleurs différentes qui émergent pour faire face aux manifestants chemises rouges. Cette confrontation ne peut qu'orchestrer la violence, si elle ne conduit pas tout simplement à une guerre civile.

Initialement, l'impasse politique actuelle venait d'un conflit entre le gouvernement d'Abhisit Vejjajiva et d'anciens partisans de Thaksin Shinawata. Aujourd'hui, malheureusement, beaucoup de questions sont soulevées et les gens s'impliquent de plus en plus.

Par exemple, des habitants de Bangkok de la classe moyenne - à bout de patience après le chaos causé par les chemises rouges - ont décidés de descendre dans la rue en chemises multicolores la semaine dernière pour exprimer leur mécontentement. Certains d'entre eux ont déclenchés des affrontements mineurs avec les chemises rouges près de Lumpini Park, tandis que d'autres ont fait un peu de fracas à Silom Road.

Le groupe multicolore est dans la même ligne que les ennemis jurés des chemises rouges, les chemises jaunes de l'Alliance du Peuple pour la Démocratie (PAD). Leurs revendications sont les mêmes - disperser les manifestants.

En fait, et ce n'est pas un secret, les dirigeants du groupe multicolores sont des membres du mouvement PAD, qui a fait tomber les gouvernements soutenus par les chemises rouges de Samak Sundaravej et Somchai Wongsawat en 2008 avant de mettre Abhisit à la barre.

Le mouvement d'extrême droite PAD a donné au gouvernement une semaine pour abattre le mouvement chemise rouge, sinon le groupe - qui se surnomme maintenant gardien du Roi - prendra les choses en mains propres.

Les chemises jaunes du PAD accusent les partisans chemises rouges de M. Thaksin de tenter de parvenir à un changement de régime "dans laquelle le Royaume de Thaïlande deviendrait une république, avec M. Thaksin comme premier président".

Bien que la demande des chemises rouges "pour une nouvelle élection" n'ait rien d'étrange dans une société démocratique, le premier ministre Abhisit souscrit à la conviction de la PAD et répète ses accusations comme quoi les rouges ont commis des "actes de terrorisme" dans le but d'amener un "grand" changement en Thaïlande .

Le mardi, un groupe inconnu de personnes a collé des autocollants à Silom Road disant que le groupe chemise rouge voulait une nouvelle Thaïlande avec Thaksin comme président. Un acte comme celui-ci suggère que l'aile droite et les forces élitiste emploient la vieille tactique d'étiqueter les adversaires comme anti-monarchiste.

L'accusation anti-monarchiste en Thaïlande est assez puissante pour détruire tout le monde. L'institution de la monarchie est fermement établie dans le Royaume depuis longtemps. Il y a des lois sévères pour protéger le monarque de la moindre critique et si quelqu'un est accusé de lèse-majesté, il est difficile pour lui de s'en sortir.

Le 6 octobre 1976, les militants étudiants de l'Université Thammasat ont été massacrés uniquement parce qu'ils étaient accusés d'être anti-monarchistes. Beaucoup d'hommes politiques, y compris le dirigeant chemise rouge Veera Musigapong et certains membres du Parti démocrate, ont eu des expériences amères liées à la loi de lèse-majesté.

Les autocollants sur Silom Road ont provoqués un démenti immédiat de M. Thaksin, et des dirigeants chemises rouges qui ont déclarés mardi que c'était un sale jeu politique. Ils connaissent la puissance des accusations d'anti-monarchie.

Toutefois, si Abhisit et son gouvernement étaient justes et modérés, ils devraient être en mesure de contenir le conflit et d'arrêter cette troisième main qui utilise cette question délicate dans le but de faire empirer les choses.

Appeler les manifestants terroristes et transformer une protestation politique normale en une question de sécurité nationale et une menace pour la vénérable institution, est barbare et injuste. En outre, de telles tactiques ne feront que rendre le problème plus compliqué et difficile à résoudre.

Mai 2010: une Chemise rouge en larmes s’essuie les yeux avec un drapeau thaï

Mai 2010: une Chemise rouge en larmes s’essuie les yeux avec un drapeau thaï

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 12:50

Les policiers ont décidé de poursuivre une avocate des droits humains représentant de jeunes militants anti-junte, l'accusant de défier les ordres de la police.

Selon l'ONG Thai Lawyers for Human Rights (TLHR), jeudi 12 mai 2016, le procureur du tribunal du district de Dusit à Bangkok a informé Sirikan Charoensiri, une avocate membre de TLHR, que les enquêteurs de police ont accepté de l'inculper en vertu des articles 142 et 368 du code criminel pour avoir soi-disant propagé de fausses accusations contre les enquêteurs et désobéi aux ordres de la police.

Sirikan est accusé de s'être opposée à une fouille de sa voiture par des policiers dans la nuit du 27 juin 2015 devant le tribunal militaire de Bangkok après que les 14 militants aient été arrêtés et conduits devant la Cour. La police voulait confisquer les téléphones mobiles de certains des militants qui se trouvaient dans la voiture de Sirikan, mais elle a refusé, affirmant que les policiers n'avaient pas de mandat pour fouiller sa voiture.

Le lendemain, elle est allée au poste de police de Samranrat à environ 13 heures pour déposer une plainte pour malversation contre la police en vertu de l'article 157 du Code pénal thaïlandais, en soulignant que les agents avaient illégalement confisqués sa voiture pour la fouiller.

Après avoir écouté les charges, Sirikan a soumis une lettre au procureur, en disant que les agents de police ont tenté de fouiller sa voiture sans mandat de perquisition et qu'elle ne faisait que protéger ses clients.

Sam Zarifi, le directeur régional pour l'Asie et le Pacifique de la Commission internationale des juristes (CIJ), et des envoyés de l'ambassade de Suède étaient présents au tribunal du district de Dusit pour écouter les accusations portées contre Sirikan.

Sirikan est l’avocate de la défense des 14 militants anti-junte qui ont été détenus pour avoir participé à un rassemblement à la mi-2015 afin de protester contre le coup d'Etat de 2014.

Si elle est reconnue coupable en vertu de l'article 142, l'avocate des droits de l'homme pourrait être emprisonné pour un maximum de trois ans.

Source:

http://prachatai.org/english/node/6160

Sirikan Charoensiri

Sirikan Charoensiri

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 12:01

Une odeur de rébellion dans l'arrière-pays thaïlandais

Par Thomas Fuller

Traduit du New York Times du 19 avril 2010

Lien de l’article original:

http://www.nytimes.com/2010/04/24/world/asia/24reds.html?_r=0

 

Khon Kaen, Thaïlande - Les chaumes desséchés de la récolte de riz de l'an dernier crèvent l'œil à travers le sol rouge de l'arrière-pays de la Thaïlande, un vaste pays de culture du riz mais qui présente aujourd'hui un panorama sans vie. Cette région a souffert d'une sécheresse sévère, mais est loin d'être moribonde - l'Issan, le nom sous lequel cette région est connue, est animé par un activisme politique passionné.

Sur ce pauvre et robuste plateau qui abrite un tiers de la population de la Thaïlande, les agriculteurs qui expliquent qu'ils n'ont jamais été intéressés par la politique avant, font don de l'équivalent de centaines de milliers de dollars, un petit billet à la fois, pour le mouvement de protestation des chemises rouges qui manifeste à Bangkok et qui a gravement affaibli le gouvernement. Dans au moins trois villes du nord, loin de la capitale, les chemises rouges tiennent des rassemblements nocturnes, qui attirent parfois des milliers de personnes.

Comme à Bangkok, où des manifestants en chemises rouges ont fait le défi de camper dans un quartier commercial majeur, il y a une grande bouffée d'insurrection dans l'arrière-pays thaï.

À la station de radio Red, une station FM anti-gouvernementale qui fonctionne à partir d'un bureau anonyme de la ville de Khon Kaen, à 450 kilomètres, ou 280 miles, au nord de Bangkok, des disc-jockeys exhortent les supporters à se manifester dans leurs camionnettes ou motos et à perturber les visites des hauts fonctionnaires du gouvernement. Plus tôt ce mois-ci, ils ont réussi à chasser le ministre des Transports, qui était venu pour l'inauguration d'un tunnel.

"Ne venez pas ici - c'est le message", a déclaré Noi Tamrung, un DJ de la station. "Nous rejetons toute personne de ce gouvernement."

Cela démontre la profondeur de la crise car Noi Tamrung est un agent de police à temps plein qui fait campagne contre le gouvernement quand il est au repos. (Noi Tamrung est un pseudonyme, il serait congédié s'il utilisait son vrai nom, explique-t-il.)

La colère et le ressentiment dans la campagne thaïlandaise a commencé avec le coup d'Etat militaire il y a trois ans et demi qui a renversé Thaksin Shinawatra, un magnat milliardaire devenu premier ministre, qui est vu dans cette région comme le premier homme politique à avoir sérieusement pris en compte des préoccupations des pauvres . la richesse de M. Thaksin et son réseau de favoritisme restent d'importants moteurs de la protestation, mais le mouvement semble aussi prendre un caractère plus local, avec les agriculteurs et les villageois qui trouvent une cause commune et expriment une nouvelle affirmation de la conscience de soi.

Les gens du plateau nord-est de la Thaïlande, entourée par le fleuve Mékong, parlent des dialectes semblables aux langues laotiennes et cambodgiennes et travaillent généralement comme agriculteurs, travailleurs manuels et travailleurs d'usine. Aujourd'hui, la région, ainsi que celle de l'extrême nord, est le noyau du mouvement chemise rouge, qui tente de forcer le gouvernement du premier ministre Abhisit Vejjajiva à démissionner.

Le cri de ralliement des chemises rouges contre les "doubles standards" de la société thaïlandaise - les riches, l'élite de Bangkok et les chefs militaires qui possèdent l'impunité face aux lois d'après les dirigeants du mouvement, et les pauvres qui sont tenus de rendre compte de leurs actes - a trouvé un terrain fertile chez les agriculteurs comme Takum Srihangkod. M. Takum écoute les émissions de la protestation à Bangkok avec une radio bon marché fabriquée en Chine qu'il range dans son pagne, à côté de sa fronde.

"Abhisit ne veut rien à voir avec les pauvres", déclare Takum en sortant son bétail. Pas même les travaux agricoles les plus fondamentaux interrompent le flot de la rhétorique politique en colère: la radio de M. Takum est resté allumée tandis qu'il s'occupait d'un veau nouveau-né lors d'un accouchement difficile.

Les partisans du gouvernement présentent souvent des chemises rouges comme une foule achetée, des manifestants mercenaires qui recevraient une allocation journalière. Dans un pays ayant une longue tradition d'achat de voix, il semble probable que certains des manifestants ont reçu un soutien, peut-être de leurs héros en exil, M. Thaksin. Mais les villageois hérissent les poils lorsqu'on leur demande s’ils sont payés pour protester. Les autorités locales et les policiers décrivent un vaste effort de collecte de fonds parmi la population pour soutenir les manifestants à Bangkok.

"Nous nous aidons les uns les autres", a déclaré Triem Tongkod, un agriculteur qui cultive du riz gluant dans un village en dehors de Khon Kaen. Des camionnettes munies de haut-parleurs passent régulièrement dans son village régulièrement pour demander des dons. "Vous donnez ce que vous pouvez vous permettre: 20 bahts, 100 bahts," explique M. Triem.

Samedi, dans un temple bouddhiste à environ 40 kilomètres en dehors de Khon Kaen, M. Triem était parmi les milliers de personnes qui assistaient aux funérailles de Praison Tiplom, un manifestant tué le 10 avril par la répression des manifestations chemises rouges à Bangkok. (Un total de 25 personnes sont mortes, dont cinq soldats, dans des circonstances qui restent à étudier.) Les Organisateurs marchaient à travers la foule qui transportait de grandes boîtes remplies de dons en espèces pour la veuve de M. Praison. Ils ont recueilli 310.000 bahts, soit environ $ 9400, selon Num Chaiya, un DJ Rouge de la station de radio qui a aidé à organiser les funérailles.

C'était loin d'être une cérémonie typique sombre, les applaudissements du public devant le cercueil de M. de Praisom, recouvert du drapeau thaïlandais, ont retentis dans le four crématoire à trois reprises. "Saluons ce guerrier du peuple!" a exhorté M. Num à la foule, tandis que certains lâchait des slogans politiques. Presque tous les participants portaient du rouge au lieu du traditionnel noir. Ceux qui ne pouvaient se glisser sous la grande tente étaient dans les bois environnants.

Les organisateurs des chemises rouges ont commencé à vendre des DVD faisant l'éloge des manifestants morts et des scènes montrant la répression du 10 avril. Le long de ce qui est connu sous le nom d'autoroute de l'amitié, construite par les États-Unis au service de ses bases militaires au cours de la guerre du Vietnam, Pornchai Nanthaphothi tient un stand festonné de drapeaux rouges où il vend des DVD sur la répression, ainsi que d'autres accessoires chemise rouge. Sur un bandana qu'il vend il y a écrit les mots: "Je n'ai pas peur de vous."

"Cette région est presque 100 pour cent rouge", déclare M. Pornchai.

Les gouvernements successifs thaïlandais, y compris l'actuel, se sont lancés dans des projets de développement en Issan, mais la région reste "pauvre et mal desservie", explique Krasae Chanawongse, médecin de formation qui a travaillé en tant que ministre dans quatre gouvernements précédents. Le Dr. Krasae affirme que le mouvement de protestation s'explique en partie par l'inégalité des revenus et la nécessité de davantage de médecins, d'universités et de possibilités pour les jeunes en Issan. Il y a un médecin pour 5300 personnes dans le nord, contre un pour 850 à Bangkok et un pour 2800 pour l'ensemble du pays, selon les statistiques gouvernementales.

Le système politique centralisé de la Thaïlande a engendré une "attitude coloniale des gouverneurs" postés ici, selon le Dr Krasae. "Il n'y a pas de consultation, ils sont plus ou moins imposé", explique-t-il.

En raison de sa taille, l'Issan est considérée comme la clé de voûte de la vie politique thaïlandaise. La domination du mouvement chemise rouge indique que M. Abhisit perdrait les élections s'il dissolvait le Parlement comme les manifestants le réclament.

Si cela se produisait, ce serait la première fois que ce gouvernement ferait face à des élections. La coalition a été négociée avec l'aide des militaires il y a 16 mois, après une décision de justice qui a conduit à la dissolution d'un gouvernement affilié aux chemises rouges pour "fraude électorale". Une faction a fait défection vis à vis de la coalition en échange du contrôle des principaux ministères.

Certains analystes, comme Adisorn Naowanondha, professeur à l'Université Rajabhat situé dans la ville du nord-est de Nakhon Ratchasima, posent la question de la durabilité et de la longévité des chemises rouges. M. Adisorn, qui s'est déjà présenté comme candidat pour le parti [Démocrate] au pouvoir, compare les chemises rouges à un fan club de M. Thaksin.

"Je pense que lorsque disparaîtra Thaksin, les rouges vont disparaître eux aussi", déclare M. Adisorn, qui décrit M. Thaksin comme étant le ciment qui tient ensemble un mouvement divisé en factions.

Mais les partisans des chemises rouges dans le nord, tout en reconnaissant que M. Thaksin reste une source d'inspiration essentielle pour le mouvement, déclarent qu'ils sont unis sur les grands objectifs.

"Ce n'est pas un mouvement pour Thaksin, c'est un mouvement pour la démocratie", explique Chaisawat Weangwong, un riziculteur de 42 ans. Dans un pays qui a vu plus d'une douzaine de coups au cours des huit dernières années, M. Chaisawat affirme que la crise a ouvert les yeux des gens sur l'influence des militaires dans la vie politique thaïlandaise. M. Chaisawat propose une définition de base de la démocratie: "La majorité choisit le gagnant."

Les stations de radio ont joué un rôle crucial dans la diffusion de ce message. La station de radio Red a connu une expansion rapide depuis le début de sa diffusion en novembre, avec un total de six stations affiliées dans et autour de Khon Kaen qui relaient le signal. Elle fonctionne grâce aux dons et aux recettes publicitaires. Une station de radio dans la grande ville nord-est de Udon Thani a recueilli cette année 6 millions de bahts pour aider à financer la construction de nouvelles installations.

La station a récemment annoncé sur les ondes qu'il y avait des rumeurs comme quoi des soldats avaient été expédiés à partir de Bangkok pour arrêter la radiodiffusion de la station. "Un millier de personnes sont venus dans des camionnettes pour nous soutenir", a déclaré Ruangyut Prasatsawatsiri, un chef local des chemises rouges.

M. Ruangyut explique que 90 pour cent de la police locale est favorable aux chemises rouges et qu'ils avaient transmis des informations sur les projets du gouvernement. "Nous connaissons tous leurs plans, affirme-t-il.

 

La veuve de Praison Tiplom, un manifestant assassiné par l’armée le 10 avril 2010

La veuve de Praison Tiplom, un manifestant assassiné par l’armée le 10 avril 2010

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 09:42

Comment arrêter la bataille sans fin entre les jaunes et les rouges

Traduit du Washington Post du jeudi 15 avril 2010

Lien de l’article original:

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/04/14/AR2010041404391.html

 

La dernière crise politique en Thaïlande est un exemple particulièrement tragique de retour de bâton politique. Trois fois au cours des quatre dernières années, les Thaïlandais opposés au mouvement populiste de Thaksin Shinawatra ont précipités la chute de gouvernements élus démocratiquement en créant le chaos dans les rues de Bangkok. Maintenant, le gouvernement actuel, soutenu par cette même alliance de la classe moyenne, des entreprises et des élites traditionnelles, est acculé par cette même tactique.

Samedi dernier, l'armée thaïlandaise, qui a refusé d'agir contre les "chemises jaunes" anti-Thaksin même quand ils ont fermés l'aéroport international de Bangkok, a tenté de disperser les "chemises rouges" pro-Thaksin. Le résultat a été la pire violence politique des deux dernières décennies, avec 23 manifestants et soldats tués - et une retraite des forces de sécurité. Cela laisse peu d'options au gouvernement du premier ministre Abhisit Vejjajiva à part celle que lui et sa coalition auraient du avoir choisi en premier lieu: des élections libres.

Aucune des deux parties du conflit politique en Thaïlande basé sur les classes n'est un parangon de la démocratie. M. Thaksin, qui vit maintenant en exil, a été un mauvais premier ministre de 2001 à 2006. Il a violé les libertés de la presse et a permis des violations massives des droits de l'homme par les forces de sécurité. Cependant, la racine du conflit qui dure depuis des années en Thaïlande, est le refus de l'ancien établissement d'accepter que M. Thaksin ait reçu le soutien de la majorité du pays. Après un coup d'Etat militaire qui a évincé le leader populiste en 2006, ses partisans ont facilement remporté l'élection qui a finalement eu lieu en décembre 2007. Ensuite, deux Premiers ministres (NDT: Samak et Somchai) ont été forcés de quitter leurs fonctions à la suite de manifestations et de décisions de justice contestables à la fin de 2008, M. Abhisit est arrivé au pouvoir sans être élu grâce aux forces anti-Thaksin. Il ne désirait pas organiser une nouvelle élection, pour la raison évidente que les partisans de M. Thaksin auraient probablement gagnés une fois de plus.

M. Abhisit suggère maintenant qu'il pourrait organiser une élection à la fin de cette année. Cette nouvelle approche est dangereuse et a peu de chances de réussir. Le commandant de l'armée a suggéré lundi qu'il pourrait être nécessaire que le Parlement soit dissous et qu'une nouvelle élection soit organisée immédiatement pour satisfaire la demande des manifestants. Pendant ce temps, le parti de M. Abhisit est sous la menace d'être forcé de démissionner de ses fonctions par une décision de justice - tout comme les deux derniers premiers ministres pro-Thaksin.

Ce qui doit être clair maintenant, c'est que les tactiques anti-démocratiques, de l'intervention militaire à des barricades de rue en passant par les décisions pratiques de la cour, ne mettront pas fin aux troubles que connaît aujourd'hui la Thaïlande. La seule solution est que les deux parties acceptent que des élections décident qui doit régir la Thaïlande - et que les gagnants ainsi que les perdants respectent les droits fondamentaux civils et politiques.

Les corps de 2 Chemises rouges assassinés par l’armée thaïlandaise

Les corps de 2 Chemises rouges assassinés par l’armée thaïlandaise

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 13:23
Pas le lièvre et la tortue

Il y a un certain nombre de Thaïlandais qui observent l'évolution politique en Birmanie et tombent dans le désespoir lorsqu’ils comparent cela avec la Thaïlande. Le dessin ci-dessus au sujet du lièvre et de la tortue résume ces sentiments. Certains universitaires ont mis en garde sur le fait que la Thaïlande recule alors que la Birmanie avance.

Ceci n'est tout simplement pas vrai. La réalité est que les systèmes politiques des deux pays convergent.

La junte birmane a fait un grand spectacle sur la "remise de pouvoir" à Aung San Suu Kyi et sa Ligue nationale pour la démocratie (LND). Mais cela n'a pu se produire que parce que les généraux birmans sont convaincus que Suu Kyi n'est pas une menace pour leurs intérêts à long terme. Plutôt que d'une junte militaire à nue, pourquoi ne pas avoir Suu Kyi dirigeant un gouvernement civil alors que les militaires conservent les principaux et puissants ministères ainsi que le pouvoir de veto grâce à leurs représentants nommés au parlement et une constitution pro-militaire? C'est évidemment une situation "gagnant-gagnant" aussi bien pour les militaires que pour Suu Kyi, mais ceux qui ont perdu le droit à la liberté et à la démocratie sont les citoyens de Birmanie, particulièrement les musulmans et les minorités ethniques.

Récemment Suu Kyi a été entendue se plaignant d'être interviewée par un présentateur de nouvelles musulman de la BBC. Elle avait été grillée au sujet de sa position islamophobe sur les violents pogromes bouddhistes contre les Rohingyas. Son ministère des Affaires étrangères a demandé aux États-Unis de cesser de se référer aux "Rohingya". Dans le passé, elle a été condescendante envers les autres groupes ethniques, par exemple en écrivant que les "Karens font de bonnes nounous". Ceux qui la défendent disent qu'elle devait refuser de soutenir les musulmans de sorte que l'armée ne puisse pas bloquer son ascension vers une position clé dans le gouvernement. Donc, Suu Kyi a prouvé qu'elle est une politicienne birmane digne de confiance qui ne menace pas le pouvoir de l'armée et du clergé bouddhiste birman dans le pays. Les militaires se sont appuyés sur l'idéologie nationaliste bouddhiste birmane pendant des années. L'armée thaïlandaise utilise un mélange de monarchie et de bouddhisme dans sa version de l'idéologie nationaliste.

Les généraux thaïlandais ont observés attentivement le drame birman. Ils sont occupés à donner des instructions à leurs stipendiés pour écrire une constitution semblable à la constitution militaire birmane. Ils veulent consacrer le pouvoir de l'armée dans le futur et émasculer le pouvoir d'un gouvernement élu. Le Généralissime Prayut promet des élections, peut-être autour de juillet 2017, mais en même temps dit "donnez-moi 5 ans de plus pour arranger les choses"!! Il attend aussi que sa méprisable "feuille de route" politique, garantisse que le pouvoir de l'armée durera au moins 20 ans. Ils utilisent la terreur contre ceux qui s'y opposent et le commandement des opérations de sécurité intérieure est prêt à mobiliser de non-étatiques voyous extrémistes de droite pour soutenir la dictature.

Arrestations de Thaïlandais opposés à la constitution de la junte (1)

Arrestations de Thaïlandais opposés à la constitution de la junte (1)

Arrestations de Thaïlandais opposés à la constitution de la junte (2)

Arrestations de Thaïlandais opposés à la constitution de la junte (2)

Avant les dernières élections en Birmanie, l'armée a fermé les yeux ou soutenu des voyous extrémistes bouddhistes qui se sont déchaînés contre les villageois musulmans. Les gens peuvent encore être punis pour avoir insulté le bouddhisme alors que les extrémistes bouddhistes jouissent de l'impunité. Les doubles normes du système judiciaire thaïlandais ont souvent été discutées dans ce blog. La dernière étant l'acquittement de divers voyous royalistes alors qu'en même temps on emprisonne et harcèle les militants pro-démocratie. Dans le passé, la Cour constitutionnelle, surnommée la "Thai Kangaroo Court", a puni le gouvernement élu de Yingluk pour avoir essayé de construire un système ferroviaire à grande vitesse. Le juge gâteux a pleurniché qu'il serait préférable de mettre à jour les chemins de terre dans les provinces. Cependant, ces imbéciles sont silencieux maintenant alors que la junte de Prayut a annoncé une version similaire mais inférieure du projet ferroviaire.

Pour les généraux thaïlandais, l'attraction du modèle birman est qu'ils peuvent créer une image de démocratie en espérant faire taire toute critique à l'extérieur et à l'intérieur du pays. Les Birmans ordinaires semblent avoir été très enthousiastes au sujet des récentes élections là-bas. Qui plus est, si les choses tournent mal en Birmanie, on pourra faire porter le blâme au gouvernement civil de la NLD. La junte thaïlandaise est actuellement en train d'être blâmée pour les problèmes économiques et doit se décharger de cette responsabilité sur les politiciens civils tout en conservant le pouvoir.

En Thaïlande, les opposants de la junte sont menacés tous les jours et beaucoup sont entraînés dans des camps militaires pour des sessions de changement d'attitude. L'utilisation de la lèse-majesté pour enfermer les opposants au gouvernement se poursuit. La junte tente d'adoucir certains politiciens de l'aile politique de Taksin afin qu'ils puissent devenir des créatures apprivoisées et domestiquées prêtes à faire des compromis avec les militaires.

Ce n'est donc pas une question de lièvre thaïlandais étant laissé en arrière par la tortue birmane dans la course pour la démocratie. Il s'agit plus d'une image de deux gangsters armés jusqu'aux dents marchant main dans la main vers le coucher de soleil et un sombre avenir sans liberté imminente.

Pourtant, il y a un rayon de lumière dans cet horizon assombris. Les militaires thaïlandais sont de plus en plus inquiets par le fait que la grande majorité des citoyens éteignent leurs postes de télévision pendant les émissions quotidiennes de la junte sur toutes les chaines après les nouvelles. Il est dit que le niveau de la consommation d'électricité plonge de manière significative à ce moment.

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 12:42

A l’occasion du sixième anniversaire du massacre d’avril/mai 2010 ou l’armée thaïlandaise, sous les ordres d’Abhisit Vejjajiva, de Suthep Thaugsuban et du général Prayut Chan-ocha a massacré une centaine de manifestants pacifistes chemises rouges, Libérez-Somyot tient à rappeler les accusations de tortures et de mauvais traitements des militaires thaïs vis-à-vis des détenus chemises rouges.

Voici quelques photos de prisonniers chemises rouges capturés par l’armée thaïlandaise le 19 mai 2010:

6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?

Certaines comparaisons entre les photos des prisonniers tendraient à prouver que les militaires thaïlandais auraient tirés des balles dans les chevilles de certains d'entre eux alors qu'ils étaient ligotés (légendes en thaï):

6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?

D'autres photos, qui montrent des moines ligotés, ont énormément choqué beaucoup de Thaïlandais:

6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?
6eme anniversaire du massacre d’avril/mai 2010: Les prisonniers chemises rouges ont-ils été torturés?

Il y a aussi le problème des bus qui ont disparus. Seul la moitié des bus de prisonniers ont regagnés leur provinces, Témoignage d'un journaliste anglais:

"Quel sort pour les manifestants qui ont été "reconduits" par les bus de l'administration :

Hier, les autorités ont indiqué que des bus seraient mis à disposition pour évacuer les manifestants de leur campement et les reconduire chez eux. J'ai vu de loin quelques chemises rouges à l'intérieur de ces bus, qui avaient l'air de femmes et ...d'enfants. Les bus se trouvaient hier après-midi du côté Patunam du site de manifestations.

Il faut que je trouve des informations sur le nombre réel de ceux qui sont partis dans ces bus et s'ils sont rentrés chez eux sains et saufs, car selon une rumeur les bus sont partis vers le Sud et non le Nord comme promis par les autorités.

Je suis très inquiet que ces gens aient pu être emmenés dans des bases militaires pour interrogatoire ou pire.

Le CRES n'a pas répondu à ma question.

Si quelqu’un a une information, s’il vous plaît postez un commentaire sur ce site:

https://gjbkk.wordpress.com/2010/05/20/what-happened-to-the-red-shirts-that-boarded-the-government-buses-to-escort-protesters-home/"

(Il semble cependant que le lien ci-dessus ait été inactivé)

Un cas de mauvais traitement apparaît distinctement dans cette vidéo ou un militaire écrase violemment son pied sur la tête d'un prisonnier:

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 13:23

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/05/01/somyot-prueksakasemsuk-is-still-in-jail/

 

Somyot Prueksakasemsuk est un activiste et le rédacteur en chef d’un magazine thaïlandais qui a été condamné en 2013 à une peine de onze ans pour lèse-majesté. Il a été arrêté le 30 avril 2011 et est en prison depuis ce jour-là.

Somyot est un remarquable militant socialiste. Il a, à plusieurs reprises, refusé d'admettre sa "culpabilité" et de demander au Roi une réduction de sa peine. En prison, il a réussi à travailler dans la bibliothèque où il donne des encouragements aux autres prisonniers afin qu’ils se cultivent. Il conseille également d'autres prisonniers de lèse-majesté sur la façon de faire face à la situation dans laquelle ils se trouvent.

Avant d'éditer un journal chemise rouge, Somyot était un militant syndical. Les syndicalistes de Rungsit ont racontés que Somyot avait été un organisateur syndical très intelligent et habile et qu'il avait conduit les luttes de syndicalisation dans de nombreuses usines de textile à Rungsit, au nord de Bangkok. Quand je suis finalement arrivé à rencontrer Somyot dans les bureaux de son ONG de lutte des travailleurs, nous avons eu des divergences d'opinion sur la politique et le mouvement ouvrier, mais il m'a toujours montré une amitié sincère. Il s’est fait un devoir de m’inviter à parler du socialisme et des questions syndicales dans les groupes d'étude des travailleurs qu’il organisait à Bangkok et Ayutthaya.

Parce qu'il veut que son emprisonnement soit perçu comme une condamnation de la loi de lèse-majesté, il est juste que nous discutions encore de cette terrible loi.

La loi de lèse-majesté en Thaïlande représente une attaque grave envers la liberté de parole, la liberté d'expression et la liberté académique. C’est une atteinte fondamentale à la démocratie organisée par les militaires, le palais et les élites.

Les prisonniers de lèse-majesté sont jugés par des tribunaux secrets. Les juges royalistes prétendent que l'infraction serait "une menace trop sérieuse pour la sécurité nationale" pour permettre un procès ouvert. Cette excuse est également couramment utilisée pour refuser la liberté sous caution à ceux qui sont inculpés en vertu de cette loi.

Les dictatures thaïlandaises ont utilisé l'excuse comme quoi leurs adversaires cherchaient à "renverser la monarchie" afin de tuer des manifestants non armés en 1976 et en 2010. La même excuse est presque toujours utilisée par l'armée quand elle organise des coups d’Etat.

Les peines de prison pour lèse-majesté sont draconiennes. En Thaïlande, les peines de prison pour assassinat ou meurtre sont souvent beaucoup plus courtes que celles pour les personnes accusées d'avoir insulté la monarchie. Quant à ceux qui commettent des crimes d'État, ils jouissent de l'immunité.

Lorsqu’on examine la question de "l’insulte à la monarchie", il est bon de rappeler que le fait de dire simplement la vérité sur le comportement terrible de la famille royale est suffisant pour vous conduire en prison. Plaider que l’on dise seulement la vérité n’est pas une défense admissible. Donc, il est interdit de dire que le Roi a permis que 3 hommes innocents soient exécutés pour la mort de son frère alors qu’il savait qu'ils étaient innocents. Il est interdit de parler de la façon dont le Roi a donné une légitimité à de nombreuses dictatures militaires et comment il a soutenu le bain de sang de 1976 à l'Université Thammasart. Il est interdit de parler de l'idéologie réactionnaire et néolibérale qui se cache derrière "l'économie de suffisance" du Roi. Il est interdit de parler des vues extrémistes de la reine concernant Patani et comment elle a ouvertement soutenu ceux qui voulaient détruire la démocratie. Il est également interdit de parler du comportement brutal et sexiste du prince héritier. Rien de tout cela n’est une "insulte" à la famille royale, car c’est tout à fait vrai.

Un deuxième point à considérer lors de l'examen de la question d'accuser les gens "d’insulte à la monarchie" est que la lèse-majesté et l'institution de la monarchie sont en fait là pour protéger et servir les intérêts de l'armée. Le Roi a longtemps été une créature de l'armée qu’elle utilisait pour justifier ses actions. Ceux accusés "d’insulte à la monarchie" comme moi, ont effectivement critiqué les coups d’Etat thaïlandais et les dictatures militaires.

La lèse-majesté ne concerne pas seulement la censure, la violence et l'intimidation par l'État. L'utilisation généralisée de la loi et la promotion maniaque de la monarchie par les militaires et d'autres, est un feu vert pour que des voyous royalistes et d'autres acteurs non étatiques commettent des violences ou fassent des menaces contre les citoyens. Cela s’applique contre tous ceux qui sont simplement accusés de lèse-majesté par quiconque, qu’ils soient ou non effectivement perçus ou reconnus coupables.

Cette loi obscène devrait être abolie. Elle ne peut pas être modifiée.

Libérez Somyot

Libérez Somyot

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 11:51

Thaïlande : l'ONU s'inquiète du rôle croissant de l'armée au sein du gouvernement

Lien:

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=37088&Cr=Tha%EFlande&Cr1=#.Vx1rl1Z97IU

 

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, s'est déclaré inquiet vendredi du rôle croissant de l'armée au sein de l'administration civile thaïlandaise, alors que le pays se prépare à adopter le projet final de Constitution.

Selon le Haut-Commissaire, plusieurs personnes critiques du projet de Constitution ont déjà été arbitrairement arrêtées, détenues et harcelées depuis que le texte a été rendu public à la fin mars.

Mardi 19 avril 2016, cinq défenseurs des droits humains ont été emmenés dans une prison militaire pour avoir participé à un rassemblement pacifique contre les restrictions imposées par le gouvernement, mais ont depuis été libérés.

M. Zeid s'est dit inquiet d'une éventuelle intensification de la répression contre toute critique suite à des commentaires du Premier ministre et d'autres hauts responsables du gouvernement. Une nouvelle loi régissant les référendums établit des restrictions concernant les groupes et les individus plaidant pour ou contre le projet de Constitution.

Le Haut-Commissaire a estimé qu'un débat public ouvert et dynamique sur le projet de Constitution favoriserait l'unité nationale et renforcerait la légitimité de la Constitution. Il a demandé au gouvernement «d'encourager activement, plutôt que de décourager, le dialogue et l'engagement sur le projet de Constitution». «Ce serait une étape importante dans l'établissement d'une base solide pour une démocratie durable en Thaïlande», a-t-il dit.

Depuis le coup d'Etat militaire de 2014, le gouvernement thaïlandais a décidé de renforcer le rôle de l'armée après des années de bouleversements politiques et de manifestations violentes.

«Etendre les pouvoirs de l'armée n'est pas la solution pour reconstruire le paysage politique de la Thaïlande», a déclaré le Haut-Commissaire. «Au contraire, la Thaïlande a des institutions civiles compétentes et devrait chercher à renforcer l'état de droit et la bonne gouvernance, et non pas les affaiblir».

Le 30 mars 2016, le gouvernement militaire a décidé d'accorder à l'armée une série de pouvoirs sur un certain nombre d'infractions. Bien que le gouvernement ait déclaré que ces pouvoirs sont destinés à lutter contre le crime organisé, il est à craindre qu'ils soient utilisés contre des opposants.

En outre, le projet final de Constitution publié en mars institutionnalise le rôle de l'armée dans l'élaboration des politiques et l'application de la loi.

«En priorité, je demande au gouvernement de suspendre l'application de ces lois et ordonnances dangereuses qui ont accordé plus de pouvoir à l'armée», a déclaré M. Zeid.

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article