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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 13:23

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/05/01/somyot-prueksakasemsuk-is-still-in-jail/

 

Somyot Prueksakasemsuk est un activiste et le rédacteur en chef d’un magazine thaïlandais qui a été condamné en 2013 à une peine de onze ans pour lèse-majesté. Il a été arrêté le 30 avril 2011 et est en prison depuis ce jour-là.

Somyot est un remarquable militant socialiste. Il a, à plusieurs reprises, refusé d'admettre sa "culpabilité" et de demander au Roi une réduction de sa peine. En prison, il a réussi à travailler dans la bibliothèque où il donne des encouragements aux autres prisonniers afin qu’ils se cultivent. Il conseille également d'autres prisonniers de lèse-majesté sur la façon de faire face à la situation dans laquelle ils se trouvent.

Avant d'éditer un journal chemise rouge, Somyot était un militant syndical. Les syndicalistes de Rungsit ont racontés que Somyot avait été un organisateur syndical très intelligent et habile et qu'il avait conduit les luttes de syndicalisation dans de nombreuses usines de textile à Rungsit, au nord de Bangkok. Quand je suis finalement arrivé à rencontrer Somyot dans les bureaux de son ONG de lutte des travailleurs, nous avons eu des divergences d'opinion sur la politique et le mouvement ouvrier, mais il m'a toujours montré une amitié sincère. Il s’est fait un devoir de m’inviter à parler du socialisme et des questions syndicales dans les groupes d'étude des travailleurs qu’il organisait à Bangkok et Ayutthaya.

Parce qu'il veut que son emprisonnement soit perçu comme une condamnation de la loi de lèse-majesté, il est juste que nous discutions encore de cette terrible loi.

La loi de lèse-majesté en Thaïlande représente une attaque grave envers la liberté de parole, la liberté d'expression et la liberté académique. C’est une atteinte fondamentale à la démocratie organisée par les militaires, le palais et les élites.

Les prisonniers de lèse-majesté sont jugés par des tribunaux secrets. Les juges royalistes prétendent que l'infraction serait "une menace trop sérieuse pour la sécurité nationale" pour permettre un procès ouvert. Cette excuse est également couramment utilisée pour refuser la liberté sous caution à ceux qui sont inculpés en vertu de cette loi.

Les dictatures thaïlandaises ont utilisé l'excuse comme quoi leurs adversaires cherchaient à "renverser la monarchie" afin de tuer des manifestants non armés en 1976 et en 2010. La même excuse est presque toujours utilisée par l'armée quand elle organise des coups d’Etat.

Les peines de prison pour lèse-majesté sont draconiennes. En Thaïlande, les peines de prison pour assassinat ou meurtre sont souvent beaucoup plus courtes que celles pour les personnes accusées d'avoir insulté la monarchie. Quant à ceux qui commettent des crimes d'État, ils jouissent de l'immunité.

Lorsqu’on examine la question de "l’insulte à la monarchie", il est bon de rappeler que le fait de dire simplement la vérité sur le comportement terrible de la famille royale est suffisant pour vous conduire en prison. Plaider que l’on dise seulement la vérité n’est pas une défense admissible. Donc, il est interdit de dire que le Roi a permis que 3 hommes innocents soient exécutés pour la mort de son frère alors qu’il savait qu'ils étaient innocents. Il est interdit de parler de la façon dont le Roi a donné une légitimité à de nombreuses dictatures militaires et comment il a soutenu le bain de sang de 1976 à l'Université Thammasart. Il est interdit de parler de l'idéologie réactionnaire et néolibérale qui se cache derrière "l'économie de suffisance" du Roi. Il est interdit de parler des vues extrémistes de la reine concernant Patani et comment elle a ouvertement soutenu ceux qui voulaient détruire la démocratie. Il est également interdit de parler du comportement brutal et sexiste du prince héritier. Rien de tout cela n’est une "insulte" à la famille royale, car c’est tout à fait vrai.

Un deuxième point à considérer lors de l'examen de la question d'accuser les gens "d’insulte à la monarchie" est que la lèse-majesté et l'institution de la monarchie sont en fait là pour protéger et servir les intérêts de l'armée. Le Roi a longtemps été une créature de l'armée qu’elle utilisait pour justifier ses actions. Ceux accusés "d’insulte à la monarchie" comme moi, ont effectivement critiqué les coups d’Etat thaïlandais et les dictatures militaires.

La lèse-majesté ne concerne pas seulement la censure, la violence et l'intimidation par l'État. L'utilisation généralisée de la loi et la promotion maniaque de la monarchie par les militaires et d'autres, est un feu vert pour que des voyous royalistes et d'autres acteurs non étatiques commettent des violences ou fassent des menaces contre les citoyens. Cela s’applique contre tous ceux qui sont simplement accusés de lèse-majesté par quiconque, qu’ils soient ou non effectivement perçus ou reconnus coupables.

Cette loi obscène devrait être abolie. Elle ne peut pas être modifiée.

Libérez Somyot

Libérez Somyot

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 11:51

Thaïlande : l'ONU s'inquiète du rôle croissant de l'armée au sein du gouvernement

Lien:

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=37088&Cr=Tha%EFlande&Cr1=#.Vx1rl1Z97IU

 

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, s'est déclaré inquiet vendredi du rôle croissant de l'armée au sein de l'administration civile thaïlandaise, alors que le pays se prépare à adopter le projet final de Constitution.

Selon le Haut-Commissaire, plusieurs personnes critiques du projet de Constitution ont déjà été arbitrairement arrêtées, détenues et harcelées depuis que le texte a été rendu public à la fin mars.

Mardi 19 avril 2016, cinq défenseurs des droits humains ont été emmenés dans une prison militaire pour avoir participé à un rassemblement pacifique contre les restrictions imposées par le gouvernement, mais ont depuis été libérés.

M. Zeid s'est dit inquiet d'une éventuelle intensification de la répression contre toute critique suite à des commentaires du Premier ministre et d'autres hauts responsables du gouvernement. Une nouvelle loi régissant les référendums établit des restrictions concernant les groupes et les individus plaidant pour ou contre le projet de Constitution.

Le Haut-Commissaire a estimé qu'un débat public ouvert et dynamique sur le projet de Constitution favoriserait l'unité nationale et renforcerait la légitimité de la Constitution. Il a demandé au gouvernement «d'encourager activement, plutôt que de décourager, le dialogue et l'engagement sur le projet de Constitution». «Ce serait une étape importante dans l'établissement d'une base solide pour une démocratie durable en Thaïlande», a-t-il dit.

Depuis le coup d'Etat militaire de 2014, le gouvernement thaïlandais a décidé de renforcer le rôle de l'armée après des années de bouleversements politiques et de manifestations violentes.

«Etendre les pouvoirs de l'armée n'est pas la solution pour reconstruire le paysage politique de la Thaïlande», a déclaré le Haut-Commissaire. «Au contraire, la Thaïlande a des institutions civiles compétentes et devrait chercher à renforcer l'état de droit et la bonne gouvernance, et non pas les affaiblir».

Le 30 mars 2016, le gouvernement militaire a décidé d'accorder à l'armée une série de pouvoirs sur un certain nombre d'infractions. Bien que le gouvernement ait déclaré que ces pouvoirs sont destinés à lutter contre le crime organisé, il est à craindre qu'ils soient utilisés contre des opposants.

En outre, le projet final de Constitution publié en mars institutionnalise le rôle de l'armée dans l'élaboration des politiques et l'application de la loi.

«En priorité, je demande au gouvernement de suspendre l'application de ces lois et ordonnances dangereuses qui ont accordé plus de pouvoir à l'armée», a déclaré M. Zeid.

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 11:46

A l’occasion du 5eme anniversaire de l’emprisonnement du journaliste activiste thaïlandais Somyot Pruksakasemsuk (arrêté le 30 avril 2011), Libérez-Somyot republie 3 lettres de prison écrites par le journaliste activiste.

 

La première a été écrite le 2 mai 2011, quelques jours après son arrestation, alors que le gouvernement non élu d’Abhisit Vejjajiva, responsable du massacre d’avril/mai 2010, était encore au pouvoir :

Lettre de Somyot Preuksakasemsuk à toutes les organisations des droits de l'homme

Le contenu de l'article 112 est vague et contient des lacunes qui ont été exploitées par des gens corrompus en vue de neutraliser d'autres personnes. Dans une société au bord de l'affrontement, ces arrestations sont de nature à placer la monarchie en confrontation directe avec les gens.

Auparavant, plusieurs des principaux dirigeants des Chemises rouges ont été accusés d'avoir commis le crime de lèse-majesté, des radios communautaires ont été fermées et des sites internet bloqués pour empêcher les gens d'obtenir les informations. Cela a abouti à mon arrestation et à l'injuste action juridique qui en découle.

Ainsi, je suis juste une victime de l'abus du droit, une victime du jeu politique dans la lutte acharnée entre le mouvement démocratique et la dictature qui doit passer par des élections.

Je suis une cible que les pouvoirs corrompus, qui se qui proclament de moralité et de charisme supérieurs, veulent apprivoiser afin de maintenir leurs pouvoirs corrompus.

Je ne serais pas la dernière victime aussi longtemps que nous continuons à vivre sous cette règle qui est essentiellement celle d'une dictature, mais qui est présentée comme une démocratie au monde.

Je lutterai pour la liberté jusqu'à mon dernier souffle.

Je suis prêt à renoncer à ma liberté, mais certainement pas à mon humanité.

1. Je n'ai jamais cherché à fuir. Dans mon combat politique, j'ai subi la pression de plusieurs inculpations par des agences gouvernementales, y compris dans une affaire de diffamation contre moi de la part du général Saprang Kalanamitra, ancien commandant de la troisième armée. Le général a été l'un des responsables du coup d'Etat de 2006 et a ensuite été nommé Secrétaire exécutif adjoint du Conseil de Sécurité Nationale (CNS). Après avoir lutté par le processus normal de la justice, j'ai été condamné à une peine d'emprisonnement avec sursis. Dans un autre procès en diffamation par la Commission Nationale Anti Corruption (CNAC), je me suis battu jusqu'à ce que la plainte ait été rejetée. Et jusqu'à mon arrestation je suis apparu en public normalement.

2. En Thaïlande, les travailleurs sont encore soumis à l'exploitation et les rôles des syndicats ont été supprimés. Ils ne sont pas autorisés à défendre un quelconque programme politique. Mais si les syndicats cherchaient à s'élever, ils risqueraient d'être accusés d'avoir commis une infraction selon l'article 112, tout comme moi. Le droit de signaler un cas de lèse-majesté en Thaïlande est a porté de tout le monde. Et statistiquement, pendant la période 2008-2011, près de 500 cas liés à cette infraction ont été admis à la Cour. La plupart des accusés dans ces affaires sont partisans des Chemises rouge. En conséquence, les prisons sont surpeuplées et maintenant l'accès aux services médicaux est gravement compromis. Je souffre beaucoup de la goutte chronique (inflammation douloureuse des articulations) et de plaies enflammées.

J'apprécie profondément votre effort d'écrire une lettre pour demander au gouvernement thaïlandais ma libération ainsi que celle d'autres prisonniers politiques. Ce que je demande est tout simplement un droit fondamental qui doit être accordé à tout être humain; le droit d'être mis en liberté provisoire. Je devrais avoir la liberté de penser et de m'exprimer aussi longtemps que la loi viole les droits des gens. Et pour garantir mon droit légitime à me défendre, il n'y a tout simplement aucune raison de me priver de ma liberté. S'il vous plaît tout le monde, écrivez aux gouvernements et aux organismes concernés. J'ai vraiment hâte d'être libéré ainsi que mes frères et sœurs emprisonnés. Bien que mes amis aient pris soin de moi au cours de mon incarcération, personne ne veut rester enchaîné pendant une longue période. Et après tout, une telle détention est un exercice de pouvoir abusif par l'Etat qui porte atteinte à la liberté de base de l'homme et à la dignité humaine. J'aspire à la même liberté que celle d’un citoyen ordinaire.

Solidairement vôtre,

Somyos Preuksakasemsuk

 

La deuxième a été écrite le 20 aout 2011, trois mois après son arrestation et un mois après l’arrivée du nouveau gouvernement de Yingluck Shinawatra, soutenu par les Chemises rouges, au pouvoir :

A ceux que cela peut concerner,

Je suis détenu à la prison de Bangkok en détention provisoire depuis le 30 avril 2011 pour violation de l'article 112 du Code pénal.

Je tiens à exprimer ma gratitude à ceux qui se sentent concernés, tant au niveau international qu'à l'intérieur du pays, au sujet de leur demande au gouvernement thaïlandais de libérer les prisonniers politiques.

Depuis plus de vingt ans, j'ai été impliqué dans la lutte des travailleurs thaïlandais afin de s'assurer qu'ils vivent avec dignité et soient exempts de la pauvreté.

Certains aspects que j'ai contribué à leur apporter ont été le droit à 90 jours de congé de maternité, le droit de travailler dans un environnement de travail sécuritaire (1996), le Social Security Act (1990). J'ai aussi aidé pour des questions du travail, y compris la rémunération de l'emploi ainsi que l'allocation de chômage (2003).

Les réalisations mentionnées ci-dessus ont été le résultat du mouvement ouvrier thaïlandais. Mon expérience m'a démontré que ces droits ne peuvent émerger qu'à la suite d'un processus démocratique mis en avant par les élections. Dans le passé, les gouvernements militaires ont toujours violé les droits et les libertés des travailleurs.

Un exemple de ceci est que lors du coup d'Etat du 23 Février 1991, le dirigeant syndical, Thanong Pho-aan a été enlevé et on l'a fait disparaître. Les syndicats d'entreprise commerciale de l'Etat ont été abolis et interdits, et la convention collective du secteur privé s'est détériorée.

A la suite du coup d'Etat du 19 Septembre 2006, le gouvernement militaire a modifié la loi de protection du travail qui légitimait l'emploi par des contrats de travail et a gelé le salaire minimum.

Après le putsch de 2006, j'ai commencé à participer au mouvement pro-démocratie contre les forces derrière le coup d'Etat et la junte militaire. Je voulais publier un magazine qui critiquerait vivement le coup d'Etat. Des gens se sont rassemblés pour former le Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD), ou le mouvement des Chemises rouges, qui a organisé des manifestations et des rassemblements, jusqu'à ce que le gouvernement d'Abhisit utilise la force militaire pour l'anéantir en mai 2010. Au moins 91 personnes ont perdu la vie lors de cette répression. Durant cette période, mon magazine a également été censuré, et j'ai été arrêté et détenu dans un camp militaire pendant 21 jours alors que je n'avais pas commis d'infractions.

Après ma libération, j'ai fondé le magazine "Red Power" qui a vivement critiqué le gouvernement et ses politiques. Une des questions clés était que le gouvernement avait promis d'augmenter le salaire minimum à 250 bahts, mais n'a pas tenu sa promesse.

Red Power a aussi cherché à enquêter sur les incidents et les causes de la mort des 91 personnes ainsi que les autres causalités. Néanmoins, sa maison d'édition a été fermée en octobre 2010. Pour continuer l'impression de Red Power, nous avons dû déplacer notre base au Cambodge.

Après le coup d'État 19 Septembre 2006, un certain nombre de militants, de journalistes et de sympathisants chemise rouge ont été raflés et jetés en prison sous prétexte de loi lèse-majesté.

Les journalistes étrangers n'étaient pas autorisés à exercer leur droit à la liberté d'expression et au journalisme d'investigation. Les personnes détenues en attendant le procès ont été soumis à la torture et se sont vues refuser la liberté sous caution ce qui les privaient de leur droit à l'auto-défense.

Trois militants syndicaux ont été accusés de violation de la loi de lèse-majesté. M. Giles Ungpakorn et sa femme ont été forcés de vivre en exil au Royaume-Uni; Junya Yimprasert, dirigeante de la Thai Labour Campaign ne peut plus revenir en Thaïlande; Moi-même, Somyot Pruksakasemsuk, ancien directeur du Centre de Service d'information du Travail et de la Formation, est actuellement détenu sans droit à la liberté sous caution sous inculpation de lèse-majesté.

La majorité de la population thaïlandaise est endoctrinée à croire en "la démocratie avec le roi comme chef de l'Etat" et si quelqu’un exprime des opinions différentes ou est considéré comme une menace à l'institution, il est traité comme un ennemi de l'Etat.

Red Power est la seule plateforme qui permet aux individus d'exprimer librement leurs pensées et opinions. C'est pour cette raison que j'ai été arrêté et inculpé de lèse-majesté.

La loi a été utilisée comme un outil de répression pour supprimer le droit à la liberté d'expression. En outre, les personnes accusées de violer la loi se voient, pour la plupart, refuser la liberté sous caution, ce qui est en violation des normes internationales relatives aux droits humains.

En tant que prisonnier politique, l'incarcération me prive de tous mes droits et libertés. Je trouve que ma vie, qui est d'être simplement « un animal domestiqué dans une cage » est misérable. Les traumatismes physiques et mentaux me blessent gravement. Beaucoup de camarades prisonniers politiques comme moi ont inutilement perdu leur vie familiale ainsi que leur carrière.

J'ai été informé par des visiteurs que des militants des droits humains et des syndicalistes ont exigé la libération par le Gouvernement Royal thaïlandais de tous les prisonniers politiques. Votre mouvement signifie beaucoup pour les Thaïlandais. Il reflète la façon dont la communauté internationale s'efforce d'atteindre le but commun de forger une société pacifique, où chacun pourrait véritablement bénéficier du droit à l'égalité, la liberté et la démocratie.

Je crois fermement en la puissance collective et la solidarité de tous les syndicats et des gens concernés par la justice. Votre lutte pour réclamer la libération de tous les prisonniers politiques en Thaïlande est une première étape vers la démocratisation.

En solidarité,

Somyot Pruksakasemsuk

 

La troisième a été écrite le 1er janvier 2012 plus de 7 mois après son arrestation

 

Chers amis,

En référence à la campagne de 8 organisations internationales des droits de l'Homme d'Asie, d'Europe et du Canada qui ont demandé ma libération au gouvernement thaïlandais ainsi que la révision de la loi n° 112 (la loi de lèse-majesté), je suis très heureux et apprécie vraiment le mouvement significatif qui s’est développé pour protéger les droits humains et la démocratie en Thaïlande. La loi n° 112 est une loi criminelle qui est en place depuis longtemps. Elle conduit à de lourdes sanctions et a été utilisé pour diminuer la liberté et les droits du peuple thaïlandais. Dans les années passées, il y a eu environ 109 procès et plus de 10.000 sites Web qui ont été fermés en raison de la violation de cette loi. Beaucoup de gens inculpés de violation de cette loi ont souffert d'être arrêtés et emprisonnés pour de longues périodes sans traitement équitable, notamment celui du droit à la liberté sous caution. J'ai 50 ans et dans ma vie, j'ai vu quatre périodes de violence politique en Thaïlande. Il y a eu un nombre élevé d'assassinats de dirigeants étudiants, de politiciens et de syndicalistes en raison de la loi de lèse-majesté. En outre, beaucoup de gens ont été contraints à l'exil pour éviter une arrestation. Il s’agit de violations des droits de l'Homme qui sont ignorés par la société thaïlandaise. En raison de notre mouvement et des campagnes, impliquant des organisations internationales des droits humains, en collaboration avec des communautés universitaires et des syndicats, nous avons été en mesure d'alerter la société sur la nécessité de réviser la loi n° 112. Les Thaïlandais sont de plus habilités à recueillir leurs demandes pour l'abolition de cette loi, quelque chose que nous n'avons pas vu au cours des 50 dernières années.

Je vous demande vigoureusement de continuer à faire campagne contre cette loi, indépendamment des conséquences personnelles pour moi-même. Même si je devais passer ma vie entière comme prisonnier politique, je ne capitulerais jamais et ce, jusqu'à mon dernier souffle.

Ma foi dans la solidarité

Somyot Pruksakasemsuk

Lien de la première publication:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-somyot-lettres-de-prisons-102181744.html

Somyot Pruksakasemsuk

Somyot Pruksakasemsuk

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 10:36

Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné pour des raisons politiques depuis le 30 avril 2011. A l’occasion du 5eme anniversaire de son arrestation, Liberez Somyot republie sa biographie écrite par sa femme en mars 2012:

Biographie de Somyot Prueksakasemsuk

Un article de Sukanya Prueksakasemsuk

Adolescent, Somyot Prueksakasemsuk rejoint le mouvement syndical thaïlandais lorsqu’il commence ses études à l’Université de Ramkhamhang à Bangkok. Dans le cadre du mouvement étudiant, il participe à la lutte pour la démocratie dans les années 1970, prenant part aux manifestations de 1976.

 

Ci-dessous : photo de Somyot quand il était à l’université et publiait le livre de l'année des étudiants.

 

Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné

Somyot a alors commencé à travailler au sein du mouvement ouvrier comme militant des droits humains, travaillant pour des ONG et des organisations de travailleurs qui militaient pour les droits fondamentaux et l'amélioration des salaires et des conditions de travail. Pendant ce temps, il a soutenu les travailleurs de Thai-Belgium, Par Garment et Keder, célèbre victimes d'un incendie industriel, et lancé une campagne nationale pour les droits de maternité en Thaïlande.

 

Ci-dessous : photo de Somyot quand il a été arrêté au cours de la campagne de grève contre les bas salaires des petites usines de Omnoi (zone de la banlieue de Bangkok).

Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné

Ci-dessous : 2 photos de Somyot quand il a rejoint les organisations internationales du travail et offert une formation aux syndicats d'usine.

Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné
Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné

Durant les années 1980 Somyot créé le Centre de Service d'Information du Travail et de la Formation (Centre for Labor Information Service and Training CLIST), mis en place pour assurer la formation nécessaire ainsi que pour donner des conseils aux syndicats locaux qui travaillent dans les zones industrielles de la région de Bangkok dans des secteurs aussi divers que l'automobile, les produits chimiques, l'habillement et les secteurs de l'énergie. Ce travail a été réalisé en collaboration avec un large éventail d’organisations de droits de l'homme et syndicales, tant au niveau national qu’international, bâtissant un réseau bien respecté de militants et d’activistes.

Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné
Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné

En 2005 Somyot se tourne vers l'édition, un vieux rêve. Il créé une maison d’édition ancrée à gauche et lance le Magazine « Siam Praritat », publie des livres de poche qui expliquent le mouvement ouvrier thaïlandais, et des thèmes politiques nationaux comme la démocratie et la justice sociale. Ces publications fournissent des informations et points de vue sur le système thaïlandais, ce dernier n’étant souvent pas bien compris dans le pays et à l'étranger. Dans le cadre du travail de diffusion de sa société, Somyot organise une série de débats publics et de séminaires et utilise des forums en ligne et des blogs pour engager les gens plus largement sur les questions de la vie politique thaïlandaise, du travail et de la justice sociale.

 

Ci-dessous : 2 photos de Somyot visitant la Corée du Sud ou il a étudié le mouvement du travail coréen

Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné
Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné

Pendant cette période Somyot rejoint l’organisation démocratique thaïlandaise, Nor Por Chor plus connu sous le nom de Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (les Chemises rouges) et devient le porte-parole pour les questions de justice sociale et de démocratie en Thaïlande. Mais les autorités thaïlandaises de l’époque (gouvernement d’Abhisit Vejjajiva) essayent de saboter le travail de Somyot et, en 2010, bloquent le compte bancaire de son magazine. Celui-ci est finalement arrêté et détenu en vertu du décret d’urgence d’Abhisit dans une prison militaire en mai et juin 2010, puis est finalement libéré suite à des pressions internationales ainsi que dans le pays.

Le 30 avril 2011, Somyot est de nouveau arrêté à Aranyaprathet, une ville de Thaïlande située à la frontière avec le Cambodge et inculpé de violation de l'article 112 (Loi de Lèse-Majesté). L’accusation s’appuie sur deux articles publiés dans «Voice of Thaksin» (la Voix de Thaksin), le magazine publié par Somyot. Ces articles ont été écrits par un autre auteur. Sa demande de libération sous caution est refusée, au motif que le tribunal estime qu'il aurait l'intention de s'échapper de Thaïlande. La peine maximale pour ces faits est de 15 ans, et constitue un crime grave contre la nation et le roi.

Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné
Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné

Somyot n'a pas écrit ces articles, et pourtant il est détenu depuis 11 mois (cet article a été écrit en mars 2012, aujourd’hui cela fait 5 ans qu’il est emprisonné). 7 demandes de libération sous caution ont été refusées (aujourd’hui, il y a eu 16 demandes de libération sous caution refusées).

Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné
Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné

Somyot a subi un traitement cruel et inhumain tout au long de sa détention. Celle-ci est conçue pour lui causer un maximum de dégâts physiques et psychologiques en le déplaçant à travers toute la Thaïlande pour participer aux auditions des témoins à charge dans quatre différentes provinces (la prison provinciale de Sakaew en novembre 2011, la prison provinciale de Petchaboon en décembre 2011, la prison provinciale de Nakornsawan en janvier 2012 et, pour finir, la prison provinciale de Songkla en février 2012) en dépit du fait que tous les témoins soient basés à Bangkok. Il a parcouru plus de 4.000 kilomètres transportés dans des fourgons cellulaires, enchaînés par des chaînes métalliques pesant plus de 10kg.

 

Ci-dessous : photos de Somyot prises par des groupes de soutien, «Démocratie 24 Juin» et «Liberté pour Somyot» (Free Somyot)

Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné
Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné

Le 27 Juin 2011, une action de protestation a été organisée en Thaïlande par l'Organisation des Travailleurs pour la Démocratie (WOD) en face de la maison d’arrêt pour les prisonniers en détention provisoire de Bangkok.

Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné

Le syndicat coréen des travailleurs des services de santé et de médecine (Korean Health & Medical Wokers' Union - KHMU) a rapporté le 11 Juillet 2011, que des travailleurs syndicalistes faisaient grève pour réclamer la libération de Somyot en face de l’ambassade de Thaïlande à Séoul ou un homme faisait un piquet de grève pendant 2 heures. Le KHMU est membre de la Confédération Coréenne des Syndicats (KCTU). Les piquets de grève d’un homme se sont poursuivis pendant 14 jours consécutifs.

Cela fait 5 ans que Somyot Prueksakasemsuk est emprisonné
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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 17:25

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/04/24/will-you-come-and-join-the-dance-will-you-wont-you-will-you-wont-you/

 

Comme la chanson de la "Fausse-Tortue", les machinations déformées du généralissime Prayut dans la Thaïlande d'Alice au pays des merveilles continuent. La junte est clairement dans un état de paranoïa profonde concernant le projet de constitution et le soi-disant référendum pour le légitimer.

La question même de la tenue du référendum est un cas de "Voulez-vous, ne voulez-vous pas? Voulez-vous, ne voulez-vous pas?" Parce qu'ils ont peur de perdre.

La question des élections de l'an prochain, qui ont déjà été reportées du calendrier initial de la junte, est également un cas de "Voulez-vous, ne voulez-vous pas? Voulez-vous, ne voulez-vous pas?" La junte laisse entendre que si le projet de constitution est rejeté lors du référendum, les militaires pourraient reporter les élections pour continuer leurs anti-réformes politiques.

La question de savoir quand la junte va démissionner est également un cas de "Voulez-vous, ne voulez-vous pas? Voulez-vous, ne voulez-vous pas?" Le généralissime a récemment demandé "5 ans de plus", brisant les fausses promesses précédentes.

L'état profond de paranoïa de la junte est indiqué par l'interdiction de toute campagne autour du référendum, à l'exception, bien sûr, de la propre campagne pro-constitution de l'armée. Ceux qui seront pris à faire campagne pour le non afin de rejeter cette face de constitution non démocratique risqueront jusqu'à 10 ans de prison. Les programmes de rééducation pour les dissidents ont également été étendus à au moins 7 jours de détention dans des lieux militaires secrets.

Pour plus de détails sur le projet de constitution militaire see:[http://liberez-somyot.over-blog.com/2016/04/pourquoi-nous-devons-encore-nous-opposer-a-la-deuxieme-esquisse-de-la-constitution-de-la-junte.html].

La dernière victime du programme de détentions pour rééducation de la junte est l'ancien député du Parti Pua Thai Watana Muangsook, qui a été à plusieurs reprises arrêté pour s'être opposé au projet de constitution et avoir critiqué la junte.

 

Arrestation de Watana Muangsook

Arrestation de Watana Muangsook

Pourtant, un article de Teeranai Charuvastra et Pravit Rojanaphruk paru dans Khaosod le 22 avril dernier s'est totalement trompé sur ce sujet. [Lien de l'article: http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1461308583&section=11]

L'article affirme que "Ce ne fut que quand (la junte) est venu pour un riche, privilégié et bien relié au Parti Pua Thai que ce dernier a appelé à l'action et demandé aux gens de descendre dans la rue". L'universitaire en exil Pavin Chachavalpongpun a également été cité comme disant que les manifestations de la semaine dernière pour Watana, qui s'est marié avec une femme de la plus riche famille de Thaïlande cotée par Forbes, montrent que le parti préfère l'instigation à la participation.

La vérité est quelque peu différente. Ce n'est pas le Pua Thai ou Taksin qui a incité l'opposition de Watana à la junte ou appelé à des manifestations de rue en réponse à sa détention. C'est un petit groupe de militants se nommant eux-mêmes les "Citoyens résistants" qui ont organisé les modestes manifestations.

Le Pua Thai, Taksin et l'UDD ont depuis longtemps renoncé à toute manifestation ou lutte pour la démocratie. Alors qu'ils ne sont intéressés qu'à rejoindre le jeu lorsque les élections auront finalement lieu, qu'elles soient démocratiques ou non, le point important à comprendre est que Taksin et ses alliés ont peur de la promotion d'un mouvement de masse qui irait au-delà de leur contrôle et essayerait d'apporter un changement plus fondamental dans la société thaïlandaise. Par conséquent, nous ne devrions pas placer nos espoirs dans un leadership venu du Pua Thai, de Taksin ou de l'UDD.

Le problème est qu'un mouvement alternatif venu de la base unie est encore à construire. L'attitude des militants pro-démocratie cités dans l'article de Khaosod révèle le genre de sectarisme qui est trop répandue chez les activistes. Ces militants préfèrent aussi faire de petits coups de publicité ou des manifestations symboliques, au lieu d'essayer de construire un mouvement.

Ce n'est pas important du tout que Watana Muangsook soit un ancien député du Pua Thai MP ou qu'il soit marié à quelqu'un d'une famille riche. Ce n'est pas important qu'il soit basé à Bangkok. Le fait que ce n'est certainement pas un socialiste comme moi n'a pas d'importance non plus. Ce qui importe, c'est qu'il est opposé à l'armée et a refusé de céder. Ceci est le genre de leadership que, à cette occasion, nous aurions dû suivre pour construire une protestation de masse, quel que soit la manière dont Watana va agir à l'avenir. La lutte ne devrait pas être basée sur les individus, mais doit être déterminé par les principes et les différentes opportunités qui se présentent.

Tous les militants de la démocratie auraient dû se rallier à l'organisation d'une manifestation unie quand Watana a été arrêté. Au lieu de cela, un petit groupe a été laissé isolé dans ses protestations. Ce n'est que par des actions de masse que nous pourrons ouvrir un espace démocratique plus grand et organiser une campagne contre la terrible constitution militaire et la dictature en général.

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 14:57

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/04/17/why-the-juntas-draft2-of-the-constitution-should-still-be-opposed

 

Si nous observons les différentes tentatives faites par la junte et ses acolytes pour élaborer des projets constitutionnels qui leur donnent le pouvoir sur les gouvernements élus, on ne peut pas s’empêcher de penser que ces tentatives sont le travail pathétique de gens dont la vision du monde est si étroite et inférieure qu'ils ont pas la capacité ou le souhait de réellement établir des règles politiques démocratiques de base qui seraient acceptées par la majorité des citoyens. Leurs tentatives sont passées du premier projet très enfantin qui parlait constamment de la nécessité d'élire des "bonnes personnes" à cette dernière version qui est douloureusement transparente dans ses tentatives pour conserver le pouvoir de la junte. (Voir http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/08/le-projet-de-constitution-thailandaise-de-la-junte-reporte-indefiniment-le-retour-a-la-democratie.html et http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/04/arriere-antidemocratique-et-infantile-le-projet-de-la-junte-pour-la-constitution-de-2015.html).

Ce n'est pas un projet de constitution; c’est un document décrivant les préjugés de ceux qui ont pris le pouvoir à travers le canon d'une arme à feu.

Ce projet, écrit sous la direction de l’ultra-conservateur Meechai, commence par un prologue de 3 pages plein de mensonges. Le but du prologue est d'écrire un script pour le roi afin de faire la louange du généralissime Prayut et de toutes ses "réalisations", soulignant le fait que Pumipon est juste un outil de l'armée. Le prologue affirme que la constitution empêche les politiciens de prendre le pouvoir pour leurs propres fins, ce qui justifie l'utilisation de coups d'Etat par l'armée pour ses propres fins. Il parle de la démocratie "de style thaïlandais", dont l'histoire a démontré qu’elle correspondait à l'opposé de la démocratie. Il raconte des mensonges flagrants sur la façon dont la population aurait participé à toutes les étapes de la rédaction de ce morceau de papier-cul. La vérité est que les soldats ont à plusieurs reprises empêchés des réunions de discussion sur la constitution et menacé tous ceux qui prônent l'opposition à cette dernière. Enfin, il répète le vieux mensonge usé comme quoi le roi Rama VII "aurait donné la démocratie" au peuple thaïlandais, alors qu'en fait, le Parti populaire a dû mettre un pistolet sur sa tête pour le forcer à renoncer à ses pouvoirs absolus lors de la révolution de 1932.

Un document non-sens avec ce genre de prologue ne va jamais apporter la liberté et la démocratie.

L'article 5 du projet de constitution donne des pouvoirs spéciaux à un groupe de dirigeants politiques pour déterminer l'avenir du pays "en temps de crise". Ce super organisme disposera d'une majorité nommée par la junte et c’est lui qui déterminera la définition d'une crise.

Comme le précédent projet une ouverture a été créée pour que, dans certaines circonstances, un premier ministre puisse être choisi parmi une personne non élue qui ne sera pas un député. L'article 5 traite de cela, mais en particulier l'article 272, que "iLaw [1]" a mis en évidence comme permettant à un non-MP d’être choisi après la première élection. Si cela devait se produire, et qu’un militaire soit choisi comme prochain premier ministre, ils pourraient alors prolonger le régime militaire.

Selon iLaw, l'article 67 donne des privilèges spéciaux au Bouddhisme Theravada sur toutes les autres religions et supprime les phrases des constitutions précédentes sur la promotion de bonnes relations entre les religions. En plus de cela, l’article 31 ne permet la liberté religieuse que si elle n’est pas une menace pour la sécurité nationale. Cela ouvre la porte à la persécution des musulmans ou des sectes bouddhistes qui ne sont pas approuvées par les militaires.

Dans un nouveau développement, ce terrible projet détruit les droits sociaux pour les citoyens d'une manière néo-libérale typique si populaire parmi les conservateurs.

L’article 47 supprime le concept de soins de santé universels en déclarant simplement que le gouvernement a le devoir de fournir un traitement gratuit aux très pauvres. Comme si l'horloge retournait aux mauvais vieux jours.

Sur la question de l'éducation gratuite, de l'État, l'article 54 de ce projet a été vivement critiqué par de nombreux militants étudiants de l'école parce qu'il parle de fournir gratuitement l'éducation préscolaire tout en supprimant l'éducation gratuite dans les dernières années de l'école secondaire.

Comme avec le précédent projet, la méthode utilisée pour calculer le nombre de députés que chaque parti recevra est conçu pour aider les partis moyens comme le Parti Démocrate. Mais le Sénat sera maintenant à 100% nommé par les militaires et les sénateurs seront en poste pour 5 ans, soit 1 an de plus que les députés élus. Le Sénat aura des pouvoirs accrus sur les gouvernements élus.

La junte a fait en sorte que tous les amendements constitutionnels soient très difficiles à atteindre parce qu'ils auront besoin d'un vote à la majorité des deux chambres siégeant ensemble, 20% de soutien parmi l'opposition et le soutien d'au moins 1/3 des sénateurs nommés. A la fin de ce bout de papier sans valeur, l’article 16 insulte l'intelligence des citoyens, affirmant qu'ils doivent se voir "enseigner" la démocratie, sans doute par des militaires conservateurs qui détestent ce concept en premier lieu.

Ce projet de constitution n'a pas seulement un prologue, mais a aussi un épilogue. Les deux sont tout aussi épouvantables. Le prologue blanchi et justifie les crimes de la junte et fait en sorte que l'influence de l'armée continue après les élections.

Le 12 avril le généralissime Prayut aux mains tachées de sang a admis qu'il ne faisait pas confiance au peuple thaïlandais pour élire un "bon" gouvernement. Ce fut sa justification du projet de constitution. Nous n’avons certainement pas confiance en lui ou ses alliés pour apporter des réformes politiques ou la démocratie!

Parmi les politiciens notables partisans de ce document autoritaire se trouvent Sutep Teuksuban, dirigeant gangster du Parti Démocrate qui s’est violemment opposé aux dernières élections générales, et l’homme politique très corrompu Banharn Silapa-archa. Il n’y a rien d’autre à attendre de ces deux-là.

Nous devons nous opposer vigoureusement à ce projet de constitution. Même s’il passe en quelque sorte lors d’un référendum viciée où toute discussion sur le document sera interdit et que de plus en plus de gens soient entraînés dans des camps de l'armée pour "rééducation", la lutte pour renverser la dictature doit continuer.

[1] http://freedom.ilaw.or.th/en

 

Un bol appelant à voter Non lors du referendum sur la constitution

Un bol appelant à voter Non lors du referendum sur la constitution

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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 11:37

BANGKOK - L'ancienne première ministre Yingluck Shinawatra se trouvait parmi les sympathisants qui se sont déplacés pour célébrer le 25eme anniversaire du journal thaïlandais Khaosod, au cours de laquelle elle a accordé une brève interview à Khaosod English.

Lien:

http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1460103855

 

Ce qui suit est une transcription partielle de son interview par l'éditeur de Khaosod English, Todd Ruiz.

Khaosod English: Dites-moi, vous n'êtes pas impliquée en politique depuis un certain temps, mais vous observez, vous lisez, vous faites attention. Que pensez-vous que seront les défis en Thaïlande dans un avenir proche?

Yingluck Shinawatra: Je pense que le défi de la Thaïlande dans un proche avenir est qu'il est temps maintenant pour la Thaïlande de continuer à avancer dans la voie du référendum sur la constitution. J'espère que cette fois, il sera libre et équitable pour tout le monde de comprendre les deux côtés (pour ou contre), puis à envisager (le vote) sur la base de l'avenir de la Thaïlande.

J'espère donc pendant ce temps, j'espère que la charte tentera de créer un environnement qui soit pacifique et équitable, et la liberté pour chacun d'exprimer sa pensée tout au long du processus et qu'elle essayera de faire des compromis pour trouver les solutions à l'avenir.

KE: Voyez-vous un avenir où vous serez de retour en politique?

YS: Non, je pense que la situation actuelle serait mieux parce que comme vous le savez maintenant, je suis interdite [d’activités politiques]. Donc, je pense que, quel que soit ma position, je serai avec les Thaïlandais. Donc, je pense qu'il est préférable de penser maintenant à tout ce que je peux faire pour aider le pays ... cela ne signifie pas que je dois seulement être une politicienne.

KE: Allez-vous prendre position sur le projet de charte? [Allez-vous voter] Oui ou Non?

YS: Je pense que, pour cette fois, nous devrions parler de Songkran, cela vaut mieux (Rires). Donc, maintenant votre anniversaire tombe à la même époque que Songkran. Donc nous devrions souhaiter comme en thaï un Joyeux Songkran avec du bonheur, de la prospérité et de la paix.

La vidéo de l'interview

Yingluck dans les bureaux du journal Khaosod

Yingluck dans les bureaux du journal Khaosod

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 07:24
Les dangers du Songkran

Pour ceux qui envisagent d'avoir du plaisir à jeter de l'eau pendant le festival de Songkran, il y a beaucoup de dangers dont vous devez vous garder.

Tout d'abord, si nous croyons aux valeurs morales conservatrices, Songkran est un moment de terrible débauche. Toute participation vous enverra en enfer ou vous assurera de renaître en tant que créature humble indicible, comme, par exemple, un partisan de la junte ou un souffleur de sifflet chemise jaune.

Mais il y a de la lumière au bout du tunnel! Le généralissime Prayut s'est lui-même nommé à la tête d'un comité national pour prévenir les grossesses chez les adolescentes. Ses talents ne connaissent pas de limites! Il a également déclaré que toutes les personnes portant des vêtements étriqués lors du Songkran seront sévèrement punies. Les militaires savent toujours mieux que les autres.

Bien sûr, les gens faisant partie de l'élite dirigeante sont des gens très moraux, du genre à ne jamais avoir de nombreuses maîtresses ou payer pour des services sexuels ou quelque chose comme ça.

Deuxièmement, il y a le nombre terrible d'accidents de la route; un hommage au laisser-faire des politiques de tous les gouvernements, passés et présents, qui ont refusé de construire des transports publics sûrs et abordables au profit des masses. Les longues heures de travail et les courtes vacances de la plupart des gens qui travaillent signifient également que quelques jours de plaisir sont emballés dans une période courte et intense ou tout le monde se déplace et boit en même temps.

Dans sa sagesse infinie, le généralissime Prayut a proposé de raccourcir les vacances de Songkran pour économiser l'eau. Cela pourrait être une mesure très populaire... mais qui ne ferait qu'empirer les choses.

Mais beaucoup, beaucoup, plus important et qui est aussi un danger potentiel pour la sécurité nationale, c'est le choix des bols en plastique que vous utilisez.

Quoi que vous fassiez, n'utilisez en aucun cas un bol en plastique rouge pour jeter de l'eau sur les gens. Récemment, un villageois de Chiang Mai a été inculpé en vertu de l'article 116, qui couvre la sécurité intérieure, pour avoir affiché une photo de lui-même à côté d'un bol en plastique rouge. Il a été convoqués à comparaître devant le tribunal militaire local. Un ancien membre du parti Pua Thai du parlement de la province de Nan a également été inculpé pour la même "infraction".

Les dangers du Songkran

Les soldats ont défoncé les portes et fouiller les véhicules pour attraper les terroristes transportant ou distribuant ces bols en plastique rouge, en particulier ceux avec la signature de Taksin sur eux.

Selon les gens qui chattent sur les médias sociaux, la junte a conçu son propre bol en plastique jaune officiellement approuvé avec un slogan accrocheur disant que "Son Excellence Prayut est la personne la plus intelligente du monde". Assurez-vous que vous utilisez uniquement le bol approuvé par la junte lors des festivités de Songkran.

Les dangers du Songkran

Assurez-vous également que vous ne jetez pas de l'eau sur les chiens de rue brun car, dans ce cas, vous pourriez être jeté en prison suite à des accusations de lèse-majesté pour avoir insulté le chien du roi.

La junte thaïlandaise a annoncé une chasse à l'homme à l'échelle nationale pour le ou les responsables de la chanson "Red Bowl Song" sur Youtube qui fait référence aux "soldats thaïlandais" comme étant des "buffles d'eau". Vous pouvez regarder la vidéo en cliquant sur le lien ci-dessous mais dépêchez-vous avant qu'elle ne soit retirée de Youtube...

https://www.youtube.com/watch?v=MZMa3RswBoQ

Si vous êtes un homme politique ou toute autre personne qui "ne comprend pas" l'esprit de la fête, alors vous risquez d'être kidnappé pendant 7 jours pour une séance de rééducation avec les compliments du général "Face de Porc" Prawit. Vous risqueriez alors de manquer tout le festival de Songkran. Certains types de l'armée ont sombrement laissé entendre que les gens gênants seraient envoyés dans des camps de rééducation à Patani où les militaires peuvent recourir à la torture en toute impunité. Ils tuent même leurs propres recrues de l'armée de temps en temps quand les choses deviennent un peu rudes.

Cependant, dans le cas des vrais militants pour la démocratie, la seule bataille de l'eau qui en vaut la peine est, pour nous, de cracher tous ensemble pour noyer tous ces criminels militaires qui dirigent le pays!

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 08:43

Le 10 avril 2010, le gouvernement d’Abhisit Vejjajiva ordonnait la dispersion des manifestants pacifistes par l’armée. Cela a conduit à un massacre épouvantable ou plus d’une vingtaine de manifestants ont perdus la vie.

Quelques jours après, le 19 avril, le journal Bangkok Post publiait dans sa rubrique "opinions" un article de Pavin Chachavalpongpun tirant les leçons de cette boucherie.

Lien de l’article:

http://www.bangkokpost.com/archive/from-the-chaos-may-emerge-a-new-thai-identity/36273

Voici la traduction de cet article:

Du chaos actuel peut émerger une nouvelle identité thaïlandaise

Un article de Pavin Chachavalpongpun (Bangkok Post du 19 avril 2010)

Le fatal face à face entre les chemises rouges et les forces de sécurité durant lequel au moins 24 personnes ont été tuées et plus de 800 autres blessées est la dernière preuve que les jours de "gloire" de la Thaïlande ont pris fin. La position du pouvoir, longtemps dominé par l'élite de Bangkok, est sur le point de s'effondrer.

Le bain de sang dans les rues de Bangkok a transmis un message ferme à l'égard des institutions établies comme quoi le temps où elles monopolisaient le pouvoir d'Etat est révolu. Certains médias locaux sont réticents à utiliser le terme de "guerre civile" pour décrire les brutaux affrontements en cours. Quel que soit le nom qu'on lui donne, le conflit, avec ses profondes racines dans la polarisation idéologique, est en voie de générer des changements politiques.

Déjà la violence qui a éclaté au cours des innombrables batailles politiques a redéfini l'essence même de la nation thaïlandaise. L'identité nationale conçue par l'État est menacée. Apparemment, beaucoup de Thaïlandais sont en train de trouver un sens nouveau dans le fait d'être thaï.

Traditionnellement, la Thaïlande était un pays fier de sa perfection. C'est le seul pays en Asie du Sud-Est qui a réussi à échapper au colonialisme, comme c'est souvent affirmé. Ce succès, comme les anciens chefs thaïs l'ont constaté, a été rendu possible en raison du caractère d’unité imprégné chez tous les Thaïlandais. Cet attribut est également la raison pour laquelle quelques personnes pensent que la Thaïlande est censée être supérieure à ses voisins. C'est ainsi que de nombreux Thaïlandais se percevaient. C'est cette perception même qui a été exploitée par l'Etat dans sa tentative de construire une identité nationale.

À bien des égards, la Thaïlande a eu ses jours de "gloire". Au cours des dernières décennies, la Thaïlande, en dépit d'avoir été gouvernée par de nombreux régimes despotiques, a bénéficié d'un certain niveau de stabilité politique. La stratégie thaïlandaise des deux faces, rebaptisée de façon plus attrayante comme une diplomatie qui se plie habillement au vent, a permis au pays de survivre à différents types de menace. La stabilité politique a été renforcée par de longues années de croissance économique impressionnante. Il n'y a pas de doute, la Thaïlande était loin devant ses voisins déchirés par les guerres.

C'était l'époque où l'élite politique a commencé à repenser l'identité nationale de la Thaïlande, non seulement dans le cadre de l'identification des Thaïs "eux-mêmes" face à des voisins supposés inférieurs, mais aussi dans le renforcement du régime de tous les jours en imposant certaines règles sociales dans le but d'exiger l'obéissance sociale. La Thaïlande est devenue le "Pays du Sourire", car les Thaïlandais étaient apparemment heureux sous la bienveillance de l'élite de Bangkok. Le caractère thaï, comme en témoigne l'hymne national thaïlandais, a vigoureusement promu "la Thaïlande unie par la chair et le sang des Thaïs. C'est une nation qui appartient aux Thaïs à tous les égards ... Les Thaïlandais sont "épris de paix", dit même les paroles de l'hymne national.

Sous les sourires thaïlandais, cependant, la domination politique dans les mains de l'élite de Bangkok a continué. On a dit aux villageois pauvres des régions éloignées de rester asservis, même quand ils ont été laissés dans la pauvreté et paralysés politiquement. Pour beaucoup d'entre eux, être thaïlandais signifiait être soumis politiquement. Les dirigeants prenaient leurs décisions de Bangkok. La perception d'incultes khon ban nok (résidents de l'intérieur du pays) les suivait. L'élite appelait cela un contrat "social". Tous les Thaïlandais semblaient vivre heureux à l'unisson. Jouant sur cette image trompeuse, la Thaïlande a même déclaré au monde que ses touristes étaient les bienvenus dans "Amazing Thailand".

Tout au long de la période de Thaksin Shinawatra, toutefois, le premier ministre milliardaire a chamboulé le consensus politique. Il l'a fait avec une série de programmes populistes, tels que les soins de santé universels et bon marché ainsi que les vaste fonds de développement villageois. En un sens, il a réussi à mettre un sourire sincère sur les visages, en particulier sur ceux des régions du Nord et du Nord-Est. Au cours de son administration de six ans, non seulement ils ont pris le goût d'une vie plus confortable, mais ils se sont vu également offrir la chance d'élire leur dirigeant préféré lors de scrutins électoraux. Tout à coup, leur poids politique est devenu significatif.

Mais leurs sourires ont sérieusement menacés les intérêts et la puissance de l'élite de Bangkok. Trois ans après le coup d'Etat militaire, l'élite de Bangkok lutte contre les "khon ban nok" qui sont maintenant étiquetés comme étant simplement stupides et facilement manipulables. Les affrontements sanglants au cours du week-end précédent ont révélé que ces villageois, en chemises rouges, ne sont plus soumis. Ils cherchent à réinventer une identité nationale propre. Ils sont impatients de rejeter le processus de décision du haut vers le bas de l'identité nationale, tout en faisant campagne pour un renouveau de la façon dont les Thaïlandais doivent exprimer celle-ci.

Le message de la population rurale est clair: une nouvelle Thaïlande avec une nouvelle identité qui ne sera plus soumise, mais dans laquelle les Thaïs connaîtront leurs droits. Les manifestations incessantes confirment l'émergence d'une telle nouvelle identité qui conteste farouchement celle, traditionnelle, créé par les dirigeants de Bangkok. Parfois, cette nouvelle identité permet aux Thaïlandais de se comporter de façon non conventionnelle, comme on l'a vu lors des émeutes d'avril 2009 à Bangkok et les incidents du week-end dernier. Elle révèle aussi la vérité derrière ces images peu attrayantes de la Thaïlande. Autrement dit, la nation thaïlandaise n'est plus le sang et la chair qui unissent les Thaïs, car cette société n'est pas homogène, mais comprend de nombreuses races différentes, et que les gens professent différentes idéologies politiques. Ils n'ont pas besoin de faire semblant d'être les mêmes.

La Thaïlande est entrée maintenant dans un nouveau paysage politique. Les développements récents suggèrent fortement que les forces anti-gouvernementales désirent reconstruire la société thaïlandaise et la rendre plus équitable. Comme il sera impossible de supprimer les divisions de classe, ils ont juste l'espoir que la sous-classe en pleine expansion sera en mesure d'adhérer et d'accéder sans entrave à la politique de l'Etat.

Quelle influence cela aura-t-il sur l'avenir de la Thaïlande? L'Etat devra se faire à ce changement de perception de l'identité chez le peuple. Ils revendiquent de protester pour leurs droits. L'État se verra attribuer une nouvelle responsabilité de veiller à ce que leurs droits soient protégés, que leur bien-être soit amélioré et que les nouvelles organisations des droits de l'homme soient renforcées.

La Thaïlande a longtemps vécu dans un monde féerique dans lequel l'idéal de la perfection supposée efficace éclipsait les énormes différences et les fragmentations de la société. Les conflits meurtriers entre les chemises rouges et les autorités de l'Etat peuvent démontrer la laideur de la Thaïlande réelle. Mais ils exposent également son autre côté - le côté de l'amour du peuple pour les valeurs de la démocratie, une plus grande égalité et une société juste.

 

"Nous n’oublierons pas le massacre du 10 avril" clame la pancarte de cette manifestante

"Nous n’oublierons pas le massacre du 10 avril" clame la pancarte de cette manifestante

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 06:52

L'édition française du magazine Marie Claire a été interdite en Thaïlande en raison d'un article sur le Prince héritier thaïlandais.

Source:

http://prachatai.org/english/node/6026

Vendredi 8 Avril 2016 a été publié un ordre de la police thaïlandaise interdisant l'importation, la vente et la possession en Thaïlande de l'édition française de Marie Claire en vertu de l'article 10 de la Loi sur l'édition qui interdit la vente, l'importation et l'édition de publications réputées avoir diffamé la monarchie thaïlandaise.

L'article, titré "Le Prince qui répudiait ses femmes" avait été publié dans l’édition de novembre 2015 du mensuel féminin.

 

L’édition de novembre 2015 de Marie Claire

L’édition de novembre 2015 de Marie Claire

La première page de l'article incriminé

La première page de l'article incriminé

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