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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 08:43

Le 10 avril 2010, le gouvernement d’Abhisit Vejjajiva ordonnait la dispersion des manifestants pacifistes par l’armée. Cela a conduit à un massacre épouvantable ou plus d’une vingtaine de manifestants ont perdus la vie.

Quelques jours après, le 19 avril, le journal Bangkok Post publiait dans sa rubrique "opinions" un article de Pavin Chachavalpongpun tirant les leçons de cette boucherie.

Lien de l’article:

http://www.bangkokpost.com/archive/from-the-chaos-may-emerge-a-new-thai-identity/36273

Voici la traduction de cet article:

Du chaos actuel peut émerger une nouvelle identité thaïlandaise

Un article de Pavin Chachavalpongpun (Bangkok Post du 19 avril 2010)

Le fatal face à face entre les chemises rouges et les forces de sécurité durant lequel au moins 24 personnes ont été tuées et plus de 800 autres blessées est la dernière preuve que les jours de "gloire" de la Thaïlande ont pris fin. La position du pouvoir, longtemps dominé par l'élite de Bangkok, est sur le point de s'effondrer.

Le bain de sang dans les rues de Bangkok a transmis un message ferme à l'égard des institutions établies comme quoi le temps où elles monopolisaient le pouvoir d'Etat est révolu. Certains médias locaux sont réticents à utiliser le terme de "guerre civile" pour décrire les brutaux affrontements en cours. Quel que soit le nom qu'on lui donne, le conflit, avec ses profondes racines dans la polarisation idéologique, est en voie de générer des changements politiques.

Déjà la violence qui a éclaté au cours des innombrables batailles politiques a redéfini l'essence même de la nation thaïlandaise. L'identité nationale conçue par l'État est menacée. Apparemment, beaucoup de Thaïlandais sont en train de trouver un sens nouveau dans le fait d'être thaï.

Traditionnellement, la Thaïlande était un pays fier de sa perfection. C'est le seul pays en Asie du Sud-Est qui a réussi à échapper au colonialisme, comme c'est souvent affirmé. Ce succès, comme les anciens chefs thaïs l'ont constaté, a été rendu possible en raison du caractère d’unité imprégné chez tous les Thaïlandais. Cet attribut est également la raison pour laquelle quelques personnes pensent que la Thaïlande est censée être supérieure à ses voisins. C'est ainsi que de nombreux Thaïlandais se percevaient. C'est cette perception même qui a été exploitée par l'Etat dans sa tentative de construire une identité nationale.

À bien des égards, la Thaïlande a eu ses jours de "gloire". Au cours des dernières décennies, la Thaïlande, en dépit d'avoir été gouvernée par de nombreux régimes despotiques, a bénéficié d'un certain niveau de stabilité politique. La stratégie thaïlandaise des deux faces, rebaptisée de façon plus attrayante comme une diplomatie qui se plie habillement au vent, a permis au pays de survivre à différents types de menace. La stabilité politique a été renforcée par de longues années de croissance économique impressionnante. Il n'y a pas de doute, la Thaïlande était loin devant ses voisins déchirés par les guerres.

C'était l'époque où l'élite politique a commencé à repenser l'identité nationale de la Thaïlande, non seulement dans le cadre de l'identification des Thaïs "eux-mêmes" face à des voisins supposés inférieurs, mais aussi dans le renforcement du régime de tous les jours en imposant certaines règles sociales dans le but d'exiger l'obéissance sociale. La Thaïlande est devenue le "Pays du Sourire", car les Thaïlandais étaient apparemment heureux sous la bienveillance de l'élite de Bangkok. Le caractère thaï, comme en témoigne l'hymne national thaïlandais, a vigoureusement promu "la Thaïlande unie par la chair et le sang des Thaïs. C'est une nation qui appartient aux Thaïs à tous les égards ... Les Thaïlandais sont "épris de paix", dit même les paroles de l'hymne national.

Sous les sourires thaïlandais, cependant, la domination politique dans les mains de l'élite de Bangkok a continué. On a dit aux villageois pauvres des régions éloignées de rester asservis, même quand ils ont été laissés dans la pauvreté et paralysés politiquement. Pour beaucoup d'entre eux, être thaïlandais signifiait être soumis politiquement. Les dirigeants prenaient leurs décisions de Bangkok. La perception d'incultes khon ban nok (résidents de l'intérieur du pays) les suivait. L'élite appelait cela un contrat "social". Tous les Thaïlandais semblaient vivre heureux à l'unisson. Jouant sur cette image trompeuse, la Thaïlande a même déclaré au monde que ses touristes étaient les bienvenus dans "Amazing Thailand".

Tout au long de la période de Thaksin Shinawatra, toutefois, le premier ministre milliardaire a chamboulé le consensus politique. Il l'a fait avec une série de programmes populistes, tels que les soins de santé universels et bon marché ainsi que les vaste fonds de développement villageois. En un sens, il a réussi à mettre un sourire sincère sur les visages, en particulier sur ceux des régions du Nord et du Nord-Est. Au cours de son administration de six ans, non seulement ils ont pris le goût d'une vie plus confortable, mais ils se sont vu également offrir la chance d'élire leur dirigeant préféré lors de scrutins électoraux. Tout à coup, leur poids politique est devenu significatif.

Mais leurs sourires ont sérieusement menacés les intérêts et la puissance de l'élite de Bangkok. Trois ans après le coup d'Etat militaire, l'élite de Bangkok lutte contre les "khon ban nok" qui sont maintenant étiquetés comme étant simplement stupides et facilement manipulables. Les affrontements sanglants au cours du week-end précédent ont révélé que ces villageois, en chemises rouges, ne sont plus soumis. Ils cherchent à réinventer une identité nationale propre. Ils sont impatients de rejeter le processus de décision du haut vers le bas de l'identité nationale, tout en faisant campagne pour un renouveau de la façon dont les Thaïlandais doivent exprimer celle-ci.

Le message de la population rurale est clair: une nouvelle Thaïlande avec une nouvelle identité qui ne sera plus soumise, mais dans laquelle les Thaïs connaîtront leurs droits. Les manifestations incessantes confirment l'émergence d'une telle nouvelle identité qui conteste farouchement celle, traditionnelle, créé par les dirigeants de Bangkok. Parfois, cette nouvelle identité permet aux Thaïlandais de se comporter de façon non conventionnelle, comme on l'a vu lors des émeutes d'avril 2009 à Bangkok et les incidents du week-end dernier. Elle révèle aussi la vérité derrière ces images peu attrayantes de la Thaïlande. Autrement dit, la nation thaïlandaise n'est plus le sang et la chair qui unissent les Thaïs, car cette société n'est pas homogène, mais comprend de nombreuses races différentes, et que les gens professent différentes idéologies politiques. Ils n'ont pas besoin de faire semblant d'être les mêmes.

La Thaïlande est entrée maintenant dans un nouveau paysage politique. Les développements récents suggèrent fortement que les forces anti-gouvernementales désirent reconstruire la société thaïlandaise et la rendre plus équitable. Comme il sera impossible de supprimer les divisions de classe, ils ont juste l'espoir que la sous-classe en pleine expansion sera en mesure d'adhérer et d'accéder sans entrave à la politique de l'Etat.

Quelle influence cela aura-t-il sur l'avenir de la Thaïlande? L'Etat devra se faire à ce changement de perception de l'identité chez le peuple. Ils revendiquent de protester pour leurs droits. L'État se verra attribuer une nouvelle responsabilité de veiller à ce que leurs droits soient protégés, que leur bien-être soit amélioré et que les nouvelles organisations des droits de l'homme soient renforcées.

La Thaïlande a longtemps vécu dans un monde féerique dans lequel l'idéal de la perfection supposée efficace éclipsait les énormes différences et les fragmentations de la société. Les conflits meurtriers entre les chemises rouges et les autorités de l'Etat peuvent démontrer la laideur de la Thaïlande réelle. Mais ils exposent également son autre côté - le côté de l'amour du peuple pour les valeurs de la démocratie, une plus grande égalité et une société juste.

 

"Nous n’oublierons pas le massacre du 10 avril" clame la pancarte de cette manifestante

"Nous n’oublierons pas le massacre du 10 avril" clame la pancarte de cette manifestante

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 06:52

L'édition française du magazine Marie Claire a été interdite en Thaïlande en raison d'un article sur le Prince héritier thaïlandais.

Source:

http://prachatai.org/english/node/6026

Vendredi 8 Avril 2016 a été publié un ordre de la police thaïlandaise interdisant l'importation, la vente et la possession en Thaïlande de l'édition française de Marie Claire en vertu de l'article 10 de la Loi sur l'édition qui interdit la vente, l'importation et l'édition de publications réputées avoir diffamé la monarchie thaïlandaise.

L'article, titré "Le Prince qui répudiait ses femmes" avait été publié dans l’édition de novembre 2015 du mensuel féminin.

 

L’édition de novembre 2015 de Marie Claire

L’édition de novembre 2015 de Marie Claire

La première page de l'article incriminé

La première page de l'article incriminé

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 18:13

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/04/03/juntas-lies-about-unemployment-levels/

 

L'économie thaïlandaise est frappée par la récession mondiale et l'impact de la crise politique ainsi que par le régime militaire. Principales zones d'exportation de la Thaïlande: les États-Unis, l'Union européenne et le Japon, sont soit en crise, soit victimes d'une lente croissance. L'économie chinoise connaît actuellement un important ralentissement. Les produits de la mer thaïlandais sont boycottés à cause du scandale du travail des esclaves que la junte ne cherche pas vraiment à résoudre. Les accords commerciaux sont retardés en raison d'un manque de démocratie et le tourisme occidental est en baisse en raison d'un certain nombre de crimes non résolus contre les touristes et à cause du climat politique général. Cette diminution des touristes occidentaux a été en partie compensée par une augmentation des touristes chinois, une autre facette du retournement de la junte vers la Chine depuis qu'elle est boudée par les pays démocratiques occidentaux.

Les difficultés économiques ont un impact sur l'emploi. Le nombre de travailleurs réclamant des prestations de chômage en février dernier a augmenté de 26% par rapport à l'année précédente. Il y a eu un flot continu de limogeages. En janvier de cette année, l'industrie de l'électronique a connu une augmentation de cas de licenciements de 150%, une tendance continue depuis l'année dernière. Octobre dernier a également vu une augmentation annuelle des licenciements dans l'industrie automobile de 143%. Lors des mêmes mois, les licenciements dans l'industrie des produits électriques et dans l'industrie de la bijouterie ont augmenté respectivement de 68% et de 43%.

Malgré cette situation, le porte-parole du ministère du Travail, un lécheur de crachats de la junte, a affirmé que le taux de chômage de Thaïlande était le "plus bas dans le monde". Teerapon Kunmuang, qui travaille pour le général de l'armée qui dirige le ministère, a fièrement proclamé que les chiffres du chômage pour la Thaïlande étaient de "moins de 1%", par rapport à 10,4% pour la France, 7,4% pour les États-Unis, 5,3% pour l'Allemagne, 4% pour Japon, 6,8% pour l'Indonésie et 2,8% pour Singapour. Cela, prétendait-il, était la "preuve" que la direction clairvoyante et sage de Son Excellence le généralissime Prayut avait abouti à ce que la Thaïlande obtienne le "plus haut niveau de bonheur économique dans le monde"!!

Ce galimatias a été répété, mot pour mot, par le porte-parole de la junte, le général Sansurn Keawpon. Ils ont sans doute consulté le même script avant leurs discours. Sansurn a poursuivi en disant que Son Excellence Prayut aimerait que les gens sachent que la junte a fait tout ce qu'elle pouvait pour rendre les gens heureux.

Le problème est que les soi-disant chiffres du chômage en Thaïlande ne peuvent pas être comparés à ceux cités dans les pays les plus industrialisés. La plupart des pays industrialisés compilent les chiffres de ceux qui réclament des prestations de chômage. Pourtant, les chiffres thaïlandais concernent uniquement les demandes de prestations du régime national d'assurance qui couvre une minorité de travailleurs. La Thaïlande n'a pas de réels avantages sociaux et ceux qui sont licenciés sont forcés de compter sur des emplois mal payés et précaires. En fait, un grand nombre de travailleurs, tant dans les zones urbaines et rurales, font face à une baisse de la qualité de l'emploi quand il y a des problèmes économiques. Ces baisses de la qualité du travail ne sont pas prises en compte dans les chiffres du chômage. C'est ce qui est arrivé lors de la crise économique de 1996. Ce sont la qualité de l'emploi et le niveau de vie qui sont les véritables indicateurs de l'emploi en Thaïlande et non pas des chiffres fictifs du chômage.

En plus de cela, l'économiste Pichit Likitkijsomboon a souligné que cette terrible définition de ceux qui travaillent en Thaïlande couvre aussi toute personne âgée de plus 15 ans qui a dans les 7 derniers jours effectués au moins 1 heure de travail rémunéré ou 1 heure de travail non rémunéré dans l'entreprise de leur famille .

Étant donné que la junte est extrémiste dans son dogme du marché libre, qui comprend la suffisance économique de l'idéologie du roi, il n'est pas surprenant qu'elle s'oppose à l'augmentation du salaire minimum ou à l'utilisation de l'argent de l'État pour aider les riziculteurs, deux moyens qui pourrait apporter un peu de soulagement et stimuler l'économie interne à court terme.

Le pire, c'est que, dans un effort pour attirer les investissements étrangers, la junte a utilisé ses pouvoirs dictatoriaux pour faire des évaluations d'impact environnemental sur les projets à grande échelle complètement vides de sens. Ironiquement cela a déçu certaines ONG environnementales qui étaient auparavant favorables au coup d'Etat et au gouvernement militaire.

 

Une étudiante thaïlandaise proteste contre la junte

Une étudiante thaïlandaise proteste contre la junte

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 03:04

Une déclaration de Reporters sans frontières

Lien:

https://rsf.org/fr/actualites/thailande-le-journaliste-pravit-rojanaphruk-censure-rsf-promet-la-junte-un-effet-streisand-sans

Thaïlande: Le journaliste Pravit Rojanaphruk censuré: RSF promet à la junte un “effet Streisand” sans précèdent

Reporters sans frontières (RSF) dénonce la censure à l’encontre du journaliste Pravit Rojanaphruk, empêché par la junte militaire de se rendre en Finlande le 3 mai prochain pour une conférence de l’Unesco organisée à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse.

Le 30 mars 2016, le gouvernement a refusé au journaliste Pravit Rojanaphruk, connu pour ses articles au ton critique et sans concession à l’encontre des autorités, la permission de quitter le territoire afin de se rendre à Helsinki pour participer à la journée mondiale de liberté de la presse organisée par l'Unesco. Surveillé par la junte et détenu à deux reprises dans un « camp de réajustement comportemental », le reporter avait été contraint de signer un document l'engageant à demander la permission aux autorités chaque fois qu'il souhaiterait quitter le pays. Interrogé par la presse étrangère, un colonel a déclaré que Pravit Rojanphruk continuait de « violer les ordres du Conseil National pour la Paix et l'Ordre », en critiquant le pouvoir dans ses articles et sur les réseaux sociaux.

Par la voix de son ambassadeur en Thaïlande, le ministère des Affaires étrangères finlandais, à l’origine de l’invitation, a « regretté » la décision des autorités thaïlandaises sur les réseaux sociaux.

Cette violation évidente d'une liberté fondamentale, la liberté de mouvement, d'un journaliste indépendant, ne restera pas sans conséquences, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Il y a fort à parier que le journaliste pourra s'exprimer à distance, en utilisant la vidéo-conférence, ou même par courriel, afin d’envoyer un discours ou une déclaration à l’Unesco à Helsinki. Nous nous chargerons de traduire ce contenu en français et en thaï, puis nous utiliserons nos réseaux pour le diffuser en trois langues au plus grand nombre de médias en Europe, aux États-Unis et dans les pays d'Asie du sud-est, y compris bien sûr en Thaïlande. Si possible nous l'utiliserons à des fins de campagne de sensibilisation à la liberté de l'information. Nous allons enseigner à la junte et à son chef, Prayut Chan-ocha, ce qu'est ' l'effet Streisand '.”

L’effet Streisand, qui doit son nom à la chanteuse américaine Barbara Streisand, est un phénomène au cours duquel la volonté d’empêcher la divulgation et la diffusion d’informations ou d’opinions contribue à la visibilité de ces informations. En poursuivant un photographe en justice en 2003, Barbara Streisand avait encouragé malgré elle près d’un demi millions d’américains à regarder une photo de sa résidence qu’elle souhaitait cacher au public.

Depuis le coup d’Etat militaire de mai 2014, la liberté de la presse est sévèrement réprimée en Thaïlande, classée 134e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015. Le 12 novembre dernier, Reporters sans frontières a publié un rapport d’enquête dressant un état des lieux, un an et demi après le coup d’Etat mené par la junte de Prayut Chan-o-cha. Intitulé « Thaïlande : coup d’Etat permanent contre la presse », ce rapport appelle notamment les autorités thaïlandaises à mettre un terme à l’instrumentalisation du crime de lèse-majesté et à abroger les lois et articles de lois répressifs tels que l’article 112, la loi sur la diffamation criminelle et le Computer Crime Act.

Pravit Rojanaphruk

Pravit Rojanaphruk

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 20:28

En 2008, le chef des Chemises jaunes thaïlandais, Sondhi Limthongkul, appelait à la guerre contre le Cambodge. Une mini-guerre a finalement eu lieu début 2011 mais ce sont les Cambodgiens qui l’ont gagné. Après qu’une vingtaine de soldats thaïlandais et cambodgiens aient été tués, le tribunal international a reconnu que le temple de Preah Vihear ainsi que les 4 kilomètres carres contestés faisaient partie du Cambodge.

Par dépit, les Chemises jaunes ont brulés des drapeaux cambodgiens dans les rues de Bangkok.

Dans le même temps, les Chemises rouges considéraient le Cambodge comme étant un pays ami des partisans de la démocratie en Thaïlande.

Il est à noter que, malheureusement, l’opposant cambodgien d’extrême droite Sam Rainsy est un ami de nombreux fascistes jaunes thaïlandais.

Voilà ce que préconisait en 2008 le fasciste jaune Sondhi Limthongkul à propos du temple de Preah Vihear:

La solution de Sondhi Limthongkul pour le temple de Preah Vihear

Traduction d'un article de Prachatai du 02 août 2008

Durant la nuit du 28 juillet, alors que la dispute de Preah Vihear était négociée entre les gouvernements Thaïs et Cambodgiens à Siem Reap au Cambodge et peu avant la conclusion en 4 points qui fut atteinte à 10 heures du soir, Sondhi Limthongkul, le dirigeant de l'Alliance du Peuple pour la Démocratie (PAD), prit place sur l'estrade à environ 9 heure du soir pour s'adresser à la foule manifestant à coté de Gouvernement House à Bangkok, et proposer ses propres solutions pour régler le problème par la force.

Sondhi expliqua que la Thaïlande était en très grand danger. D'avoir un nouveau ministre des affaires étrangère n'allait pas aider et la souveraineté Thaïe allait seulement davantage s'éroder. Le seul moyen était de chasser le gouvernement en premier et de former un nouveau gouvernement par n'importe quel moyen, ou bien la dispute de Preah Vihear ne serait jamais réglée.

Il proposa une liste des choses à faire pour le prochain gouvernement.

1 : Le prochain gouvernement doit annuler la résolution actuelle du cabinet qui donne son approbation au communiqué commun de la Thaïlande et du Cambodge qui soutient la proposition Cambodgienne d'enregistrer le temple de Preah Vihear au patrimoine mondial de l'UNESCO.

2 : Un comité neutre et indépendant composé de personnes socialement acceptable doit être institué pour analyser ce qui ne va pas et ensuite pour notifier aux Nations Unies que la Thaïlande n'accepte pas la décision de l'UNESCO d'accorder le statut de patrimoine mondial au temple de Preah Vihear à la requête du Cambodge et que la Thaïlande désire remettre en question le verdict de la Cour Internationale de Justice de 1962.

3 : Une lettre officielle doit être envoyée au secrétaire général des Nations Unies l'informant du retrait de la Thaïlande de l'UNESCO et de l'annulation de la reconnaissance que l'UNESCO a donné aux sites archéologiques Thaïlandais.

4 : L'ambassadeur du Cambodge en Thaïlande doit être convoqué pour être informé que la Thaïlande n'a jamais accepté la carte Française dont le Cambodge se réfère.

5 : Une délégation spéciale incluant le (nouveau) premier ministre doit être composée pour rendre visite aux pays qui sont membres du conseil de sécurité des Nations Unies pour leur expliquer, peut être en coulisse, et leur demander de choisir entre l'amitié Thaïe ou celle du Cambodge.

Des agences de relation publique connues dans le monde entier doivent être engagées pour rappeler par l'intermédiaire des médias universels, l'histoire que les Français ont brimés la Thaïlande et un site web, fourni avec les informations correctes, appelé www.realfactsofkhaophraviharn.com devra être crée.

Des académiciens spécialistes en géographie et des experts de photos satellites devront être invités par la Thaïlande à un séminaire à Bangkok, où Hong Kong, où New York, où Sydney, pour insister sur le fait que les lignes de partage des eaux sont universellement acceptées comme lignes de démarcation de frontière, et pour prouver avec des photos satellites que si ces lignes sont prises en compte, Preah Vihear se trouve sur le sol Thaïlandais.

Les ambassadeurs Thaïlandais du monde entier doivent être réunis pour leur assigner d'expliquer la position Thaïlandaise et les faits en considérant le cas dans les médias de chaque pays, et mettre le point sur le fait que la dispute est une conséquence du colonialisme Français, et donner 30 jours au ambassadeurs pour accomplir cette tache sous peine de révocation immédiate.

6 : Les investisseurs Thaïlandais au Cambodge doivent être informés que la Thaïlande n'a pas de politique de promotion des investissements là-bas parce que la dispute va probablement dégénérer dans l'avenir, et avisés de se retirer ou de renoncer à l'aide du gouvernement Thaï.

On doit dire aux Thaïs qui font du business le long de la frontière de se préparer à la fermeture de celle-ci en cas d'escalade du conflit.

7 : Une commission doit être établie pour inviter le Cambodge à des négociations bilatérales. Si la dispute ne peut pas être réglée, la Thaïlande devra adhérer temporairement à la règle de l'ICJ, mobiliser les troupes Thaïes, repousser les Cambodgiens en dehors du territoire Thaïlandais, et informer le Cambodge qu'à part le temple de Preah Vihear, les alentours appartiennent à la Thaïlande, et que la Thaïlande payera n'importe quel prix pour protéger sa souveraineté, même si le coût est une guerre.

"Nous devrons fermer tous les 40 passages frontaliers, et bannir tous les vols pour Phnom Penh et Siem Reap depuis Bangkok; 70 % des vols pour ces deux destinations partent de Bangkok.

Et nous devrons ordonner au ministère de la défense de construire une base navale à Koh Kut et d'y déployer deux bâtiments de combat accompagnés de navires de patrouille, construire une piste d'atterrissage pour des avions de combat F16, abolir le comité de démarcation de frontière maritime et déclarer officiellement notre propre carte maritime.

Le Cambodge sera furieux mais nous n'aurons pas à nous en inquiéter car le Cambodge n'aura pas les nerfs de nous combattre, Ils peuvent maintenant faire du tapage et des menaces parce que nos dirigeants sont des traîtres. Mais s'ils voient que nos soldats ont une position ferme, que le (nouveau) gouvernement Thaï a une position ferme et que le peuple Thaï est près à sacrifier sa vie pour sa souveraineté, ils vont reculer. Le Cambodge ne peut rien faire sauf s'appuyer sur la Thaïlande. S'ils veulent s'appuyer sur le Vietnam, laissons les faire, mais des problèmes vont sûrement surgir entre les vrais Cambodgiens et les Vietnamiens dans l'avenir.

La Chine est ouvertement amie avec tout le monde, mais secrètement la Chine sait, qu'entre la Thaïlande et le Cambodge, elle préfère la Thaïlande.

Quand nous déclarerons toute la zone maritime nous appartenant, le Cambodge va sûrement protester. Mais nous ne discuterons pas. Nous enverrons nos navires de guerre pour occuper toutes les îles et tous les îlots que nous repérerons, ou nos bâtiments jetteront l'ancre dans la zone maritime revendiquée.

Lorsque les Nations Unies établiront un comité pour arbitrer la dispute sur les zones maritimes entre la Thaïlande et le Cambodge, nous nous assiérons à la table et ne seront pas des chiens poltrons comme nous le sommes aujourd'hui, mais nous aurons la main ferme. A ce moment, les compagnies occidentales et les pays qui recherchent des sources d'énergies sauront que le nouveau gouvernement Thaïlandais n'est pas composé de traîtres donc ils soutiendront la position Thaïe.

Après nous être retirés de l'UNESCO, nous notifierons officiellement aux 7 pays membres du Comité du Patrimoine Mondial que nous ne les autoriserons pas à pénétrer dans notre pays pour restaurer le temple de Preah Vihear. Ils devrons décoller en hélicoptère à partir du Cambodge pour rejoindre le temple. Nous ne leur autoriserons même pas d'utiliser les toilettes qui se trouvent sur le sol Thaï.

C'est la seule chose à faire pour nous et nous pouvons le faire, croyez moi.

Négocier avec un état voyou comme le Cambodge ne peut pas être fait avec notre faiblesse et tant que nous aurons ces traîtres. Nous devons réaliser l'unité de la Nation sur ce litige du Preah Vhear et sur la souveraineté Thaïe et alors nous aurons cette "force de la terre" pour négocier avec le Cambodge.

C'est urgent. Je crois que lorsque nous utiliserons cela, ce qui peut arriver dans le pire des cas serait un retour à 1962, quand le Cambodge a pu prendre le temple mais rien d'autre.

Mais ce qui est certain, que nous arrivions ou pas à un accord, c'est que le nouveau gouvernement devra interdire aux joueurs Thaïs de pénétrer dans le casino de Poipet, parce que le propriétaire du casino, qui est Thaï, doit partager ses profits avec Hun Sen (le premier ministre du Cambodge)."

 

Une fasciste chemise jaune souffleuse de sifflet lors des manifestations pour renverser le gouvernement élu de Yingluck

Une fasciste chemise jaune souffleuse de sifflet lors des manifestations pour renverser le gouvernement élu de Yingluck

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 12:31

Le 1er janvier 2010 a été publié dans le magazine "Voice of Taksin" de Somyot un article de fond qui comparait Thaksin Shinawatra avec le fameux roi Taksin qui a sauvé le Siam des Birmans il y a plus de 200 cents ans.

Le média des chemises jaunes, ASTV-Manager, avait déclaré à l’époque que l’article était un affront grave vis-à-vis de la dynastie actuelle.

Sur la couverture, on pouvait voir une photo de la statue du Roi Taksin à Wongwian Yai situé sur le côté Thon Buri de la rivière Chao Phraya, avec comme titre "le karma cyclique de l'histoire, le retour de Taksin", tandis que la couverture arrière montre une photo de Thaksin Shinawatra.

L’article de la page 6, écrit sous un nom de plume [qui peut être traduit comme mousquetaire de Thon Buri, une ville qui fut la capitale du règne du roi Taksin et qui fait maintenant partie de Bangkok] raconte les compétences du Roi et sa fin tragique, quand il fut tué ainsi que tous les membres de sa famille.

L'histoire officielle enseignée dans les écoles raconte que le roi Taksin est devenu fou et a été la cause du chaos dans le pays. Sa courte dynastie a été remplacée par l'actuelle dynastie Chakri. Sa fin tragique a suscité la sympathie dans le cœur des Thaïlandais depuis plus de 200 ans. Certains universitaires indépendants, qui sont sceptiques au sujet de l'histoire des vainqueurs, ont effectué des recherches et pensent que le roi Taksin n'était pas fou et que son trône a été renversé lors d'un coup d'état, d'après l'article du magazine. L'article poursuit en disant que le roi Taksin n'aurait pas reçu les honneurs qui lui étaient dû en raison de la dynastie Chakri, et qu'il y aurait eu une tentative d'effacer le nom de Krung Thon Buri [Thon Buri capitale] de la mémoire du peuple.

L'article explique que Thaksin se trouve avoir quelques similitudes avec le Roi Taksin, ils sont tous les deux des gens du Nord, ont des origines chinoises, ont sauvés le pays de grandes crises (l'invasion birmane et les dettes vis à vis du FMI), et ont des noms similaires.

L'article dit aussi que le gouvernement d’Abhisit (au pouvoir à l’époque de la parution de l’article) avait tenté d'accuser les chemises rouges de préparer un "plan Taksin 2" pour renverser le régime, mais sans donner de preuves à ce jour.

Vers la fin, l'article explique aussi que l'ancien Premier ministre Khuang Abhaiwongse, un des membres fondateurs et le premier chef du Parti Démocrate, descendait de Chao Phraya Abhai Phubes (Ban) qui avait rejoint le coup d'état qui a renversé le roi Taksin.

"Les conflits politiques en Thaïlande reflètent encore et se connectent à l'histoire du roi Taksin. Et qui sait si cela ne finira jamais, et qui seront les prochaines victimes? Est-ce que les hauts faits du passé seront vengés? 2010 apportera la réponse au karma cyclique de Taksin," concluait hâtivement l'article.

Source:

http://www.prachatai.com/english/node/1563

 

La couverture et la dernière page du magazine "Voice of Taksin" daté du 1er janvier 2010

La couverture et la dernière page du magazine "Voice of Taksin" daté du 1er janvier 2010

Annexe, chronologie de la vie du Roi Taksin (selon l'histoire officielle thaïlandaise):

1734: Naissance de Taksin d'un père chinois et d'une mère thaïe.

1763: Il arrête une invasion birmane à Phetchaburi.

1767:

7 avril : Prise d'Ayuthaya par les Birmans. Taksin réussi à s'enfuir peu avant le chute de la capitale avec 500 hommes.

Juin: Il prend Chantaburi et organise une armée de 5000 hommes.

Octobre: Il prend Thonburi.

Novembre: Il chasse la garnison bimane d'Ayuthaya et se fait proclamer roi de Thonburi.

1768: Échec d'une nouvelle attaque bimane. Taksin prend le contrôle de Phitsanulok.

1768/1769: Prise de Phimai, de Battambang et de Siem Reap.

1775: Le Siam annexe Chiang Mai et le Lanna.

1776: Une attaque birmane est repoussée. Le Siam est réunifié.

1781: Une révolution de palais (coup d’Etat) évince Taksin sous le prétexte qu’il serait soi-disant devenu fou. Taksin est exécuté. Le général Chakri se fait couronner et fonde la dynastie du même nom.

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 13:51

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/03/27/military-uses-human-shield-policy-in-patani/

 

Au milieu du mois de mars, des séparatistes armés ont attaqué un bunker de l'armée à côté de l'Hôpital Jaw-eye-rong à Naratiwat. Au cours de la fusillade qui a suivi, les séparatistes se sont retranchés dans l'hôpital où ils ont tiré sur l'armée à partir des fenêtres. Ils se sont ensuite échappés par l'arrière de l'hôpital dans les collines. On pense que l'hôpital était la seule échappatoire disponible qui leur était ouvert. Aucun patient, visiteur dans le bâtiment ou employé de l'hôpital n'a été blessé.

En réponse à cet événement, Suhaimee Dulasa, un ancien étudiant de Patani et leader des jeunes leaders, a écrit un article disant que "les deux côtés étaient fous".

Malgré le fait que personne à l'intérieur de l'hôpital n'ait été blessé, de telles tactiques de la part des séparatistes sont indéfendables et risquent de détruire la légitimité de la lutte pour l'autodétermination. Tel est le cas même lorsque toutes les voies d'évacuation pourraient avoir été bloquées par l'armée.

Naturellement, le généralissime Prayut a ordonné aux forces de sécurité d'éliminer tous les groupes armés séparatistes dès que possible. En réalité, il n'y a aucune possibilité de solution militaire pour cette guerre.

La Commission nationale des droits de l'homme thaïlandaise n'a pas tardé à condamner les hommes armés qui ont attaqué le poste militaire. Cette même commission n'a jamais condamné les militaires pour leurs coups d'Etats et leur continuelle destruction des droits humains ni la loi de lèse-majesté.

Cependant, contrairement aux diverses fausses "organisations de défense des droits humains" qui condamnent seulement les séparatistes, ou ceux qui condamnent simplement les deux côtés, nous devons critiquer l'armée thaïlandaise pour avoir bâti un bunker à côté d'un hôpital. En plus de cela, nous ne devons jamais oublier que la violence des opprimés ne doit jamais être assimilée à la violence des oppresseurs. Les combattants de Patani ont le droit de se battre pour l'autodétermination. Cependant leur stratégie armée ne peut jamais conduire à la liberté parce qu'elle exclut la majorité des gens et rejette la nécessité d'établir des mouvements sociaux.

Suhaimee Dulasa souligne que l'armée thaïlandaise a une longue tradition de mettre délibérément en place des bunkers militaires juste à côté des hôpitaux. Les soldats établissent également des bunkers dans les marchés ainsi qu'à l'intérieur des écoles et des temples bouddhistes. Ceci en dépit du fait qu'ils savent que les points de contrôle militaires et les bunkers sont les principales cibles des attaques séparatistes dans cette guerre entre les combattants de Patani et l'Etat thaïlandais.

En dehors de la nécessité de créer une illusion comme quoi les militaires seraient là afin de "protéger" les gens des "bandits séparatistes", on ne peut que soupçonner le fait qu'ils essaient de se défendre en utilisant des civils ordinaires dans les hôpitaux, les écoles et les marchés comme boucliers humains.

Sans surprise, le commandement de la sécurité intérieure affirme que les camps militaires à côté des hôpitaux sont là pour empêcher les séparatistes d'attaquer des "cibles faciles". Ceci est un mensonge. Les séparatistes n'ont aucun intérêt à attaquer les hôpitaux ou les marchés. Leur but est d'attaquer l'armée et la police et les personnes qui collaborent avec les forces de sécurité. Dans le passé, des écoles ont été brûlées et des enseignants ont été attaqués, mais c'est parce que l'éducation scolaire est utilisé comme une arme idéologique par l'Etat thaïlandais afin de détruire la culture et l'histoire de Patani. La modification de cette politique permettrait de protéger les écoles. Les bunkers militaires ne pourront jamais les protéger.

Des temples bouddhistes ont été attaqués pour des raisons similaires que les écoles et parce que les militaires ont parrainé des attaques sur certaines mosquées, mais aussi parce que des membres du personnel de l'armée ont été recrutés pour devenir moines. Ce n'est pas une guerre entre les musulmans et les bouddhistes, mais une guerre entre ceux qui veulent l'indépendance de Patani et le répressif Etat thaïlandais. Cependant, un certain nombre de moines bouddhistes d'extrême droite tentent d'attiser la haine contre les musulmans. Récemment, le moine birman raciste Wiratu, célèbre pour l'organisation de pogromes contre les Rohingyas, a visité la Thaïlande pour prendre part à une réunion bouddhiste.

L'essentiel est que, dans le court terme, les bunkers militaires devraient être déplacés loin des hôpitaux, des écoles, des marchés et des temples et, à plus long terme, l'armée devrait être complètement retirée de Patani.

L'Hôpital Jaw-eye-rong à Naratiwat lors de l’attaque

L'Hôpital Jaw-eye-rong à Naratiwat lors de l’attaque

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 10:17

Le 21 mars 2012, nous avions publié notre premier article sur ce site. Voici cet article:

"Liberté pour Somyot Pruksakasemsuk

Cher tous, amis et camarades.

S'il vous plaît aidez à faire circuler ce communiqué de presse aux médias de votre pays ainsi qu'à vos amis et associés

Nous avons besoin de votre soutien lors des prochains mois pour intensifier la campagne Free Somyot (liberté pour Somyot) et pendant les procès d'avril/mai 2012

http://freesomyot.wordpress.com/2012/03/12/press-release-free-somyot-pruksakasemsuk/~~V

Communiqué de presse! Free Somyot Pruksakasemsuk

LIBERTÉ POUR SOMYOT PRUKSAKASEMSUK

L'éditeur thaïlandais est toujours emprisonné pour des accusations de lèse-majesté

Dans le monde entier, des partisans intensifient leur action pour libérer le Thaïlandais Somyot Pruksakasemsuk. Le militant vétéran de la démocratie et des droits des travailleurs est en prison depuis avril 2011 pour lèse-majesté. Il est emprisonné uniquement sous le régime de la détention provisoire. À ce jour, les accusations portées contre lui n'ont pas été prouvées. Dans tous les cas, il n'est pas accusé d'avoir lui-même écrit les articles en question. Il est uniquement inculpé de "publication et de diffusion" de deux articles dans le journal "Voice of Thaksin", dont il était le rédacteur en chef, mais pas l'éditeur. L'acte d'accusation allègue que ce faisant, il a "osé diffamer, insulter et menacer Sa Majesté le Roi Bhumipol Adulyadej du Royaume de Thaïlande". Les textes complets de ces deux articles sont inclus dans l'acte d'accusation. Les témoins experts ont témoigné qu'ils ne se réfèrent pas au roi ou à d'autres membres de la famille royale thaïlandaise.

Le procès a mis Somyot, âgé de 50 ans, sous une grande pression physique et psychologique. Le tribunal a insisté pour le déplacer d'une province à une autre lors de l'audition des témoins à charge, même si tous les témoins sont en fait basés à Bangkok. En tout, il a été transporté plus de 4000 kilomètres dans des fourgons cellulaires. Il est obligé de porter des chaînes de métal pesant plus de 10kg.

La libération sous caution de Somyot est donc devenue une priorité pour ses partisans. Mais la liberté sous caution a été refusée à sept reprises - la dernière fois en février 2012, juste après la grève de la faim du fils de Somyot, Tai, pendant 112 heures pour exiger la libération de son père. La longueur du jeûne était une référence à l'article 112 du Code criminel de Thaïlande, qui prescrit des peines sévères pour les actes de lèse-majesté. S'il est reconnu coupable, Somyot pourrait faire face à 15 ans d'emprisonnement pour chacun des deux articles publiés.

La loi lèse-majesté de Thaïlande a été critiquée localement et à l'étranger. En décembre 2011, par exemple, le Haut Commissariat pour les droits de l'homme a exprimé son inquiétude sur "les procès en cours et les peines sévères de personnes reconnues coupables de lèse-majesté en Thaïlande et l'effet paralysant que cela peut avoir sur la liberté d'expression dans le pays". Des journalistes thaïlandais et étrangers sont tombés sous le coup de cette loi. En décembre dernier, le blogueur américain Joe Gordon a été condamné à deux ans et demi de prison sous l'inculpation d'utilisation de l'Internet pour diffuser des informations qui insultaient la monarchie thaïlandaise. En 2009, des correspondants étrangers basés à Bangkok ont été parmi les personnes interrogées par la police après qu'une plainte pour lèse-majesté ait été déposée contre l'ensemble du conseil du Club des Correspondants Étrangers de Thaïlande.

Somyot Pruksakasemsuk est bien connu dans le mouvement syndical international pour son travail novateur sur l'organisation des syndicats en Thaïlande et dans d'autres pays nouvellement industrialisés. Son emprisonnement a suscité des protestations de travailleurs à la fois en Thaïlande et à l'étranger. En novembre 2011, les organisations, y compris la "Clean Clothes Campaign" et l'Alliance de Presse du Sud-est Asiatique ont écrit une lettre conjointe au Premier ministre thaïlandais Yingluck Shinawatra, appelant à la suppression des accusations portées contre Somyot ou à sa liberté provisoire. Ils ont également demandé que la loi thaïlandaise de lèse-majesté soit revue, afin de "s'assurer de sa conformité avec les obligations internationales en matière des droits de l'homme de Thaïlande.

Pour informations:

• Des mises à jour régulières du procès sont disponibles sur le site de la campagne, ainsi que des articles ou vidéo des entrevues avec Somyot, son fils Tai, ses avocats et partisans, et des documents biographiques. Lien: http://freesomyot.wordpress.com/

• Il y a une page spéciale sur Facebook: Lien: http://www.facebook.com/pages/Free-Somyot/122999694453000?ref=ts

• La campagne peut fournir des copies de l'acte d'accusation contre Somyot dans la version officielle thaïlandaise ainsi qu'une traduction en anglais.

• Des photos non copyright de Somyot en prison et au tribunal sont disponibles sur demande, ainsi que des photos de ses campagnes et de sa carrière dans l'organisation.

• Depuis le 15 novembre 2011 une lettre de la "Clean Clothes Campaign" et d'autres organisations au Premier ministre thaïlandais est en ligne. Lien: http://www.cleanclothes.org/component/docman/doc_download/46-ua-thailand-somyot-15-11-2011

• La note du Point de Presse de l'ONU du 9 décembre 2011 est aussi en ligne. Lien: http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=11704&;LangID=E

Contacts de personnes:

Anglophone: Sukanya Pruksakasemsuk, tél. + 66 81 847 5132

Thaïophone: Jitra Kotchadej, tél. + 66 87 020 6672"

Le lien de ce tout premier article:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-liberte-pour-somyot-pruksakasemsuk-102010291.html

 

Le premier but de ce site était de réclamer la libération des prisonniers politiques et donner de leurs nouvelles. Il l'est toujours mais peu à peu ce site a évolué en site d'actualité politique au fur et à mesure que les événements s'accéléraient en Thaïlande. Le grand tournant à été la recrudescence de la crise politique en octobre 2013 (le début des manifestations fascistes du PDRC de Suthep pour renverser le gouvernement élu de Yingluck).

Le 11 juillet 2014, la nouvelle junte militaire du général Prayut a estimé que les informations contenues dans le site "Libérez-Somyot" menaçaient sa sécurité et a donc décidé de le bloquer. Depuis, il n’est accessible en Thaïlande que par l’intermédiaire d’un proxy.

Afin de contourner ce blocage, "Libérez-Somyot" recopie l’intégralité de ses articles sur sa page Facebook qui, elle, n’est pas bloquée en Thaïlande.

Lien de la page Facebook de "Libérez-Somyot" :

https://fr-fr.facebook.com/Lib%C3%A9rez-Somyot-126463447412109/timeline/

Du 21 mars 2012 à aujourd'hui, 1000 articles ont été publiés sur ce site (l’article que vous êtes en train de lire est le 1000ème), soit une moyenne de 250 articles par an.

Merci à nos fideles lecteurs.

 

1er mai 2013, deux manifestantes chemises rouges présentent une affiche réclamant la libération des prisonniers politiques

1er mai 2013, deux manifestantes chemises rouges présentent une affiche réclamant la libération des prisonniers politiques

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 13:09
Les classes moyennes chemises jaunes

Les classes moyennes chemises jaunes

Les classes moyennes de Thaïlande sont violemment opposé à la démocratie

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/03/20/thai-middle-classes-are-violently-opposed-to-democracy/

 

Au cours des dernières décennies, tant de sottises ont été écrites sur le soi-disant pouvoir progressif des "classes moyennes". Pourtant, les classes moyennes thaïlandaises sont généralement égoïste, profiteuse, passéiste et lâche.

Récemment, un groupe de la classe moyenne des chemises jaunes, partisans du politicien voyou du Parti Démocrate Sutep Teuksuban, a rendu une visite de solidarité au tireur "pop-corn" qui purge actuellement une longue peine de prison pour avoir tiré au fusil automatique contre des personnes soutenant le droit de vote lors de l'élection de 2014. Suite à cela, une personne a été tuée et 3 autres sérieusement blessées.

Le  tireur "pop-corn"

Le tireur "pop-corn"

Le tireur "pop-corn" a tiré en cachant son fusil à l'intérieur d'un grand sac de pop-corn vert et jaune. Lui ainsi qu'un certain nombre d'autres hommes armés ont récuperés leurs armes à l'arrière d'un véhicule à Lak Si à Bangkok avant d'aller commettre un saccage violent. Aucun des autres hommes armés n'ont été capturés ou puni et peu d'efforts ont été faits pour attraper les tueurs restants.

Tueur du PDRC

Tueur du PDRC

Tueur du PDRC

Tueur du PDRC

Le tireur "pop-corn" a été photographié de nombreuses fois et des photos et vidéos de ses actions ont été largement diffusées: par conséquent, il est devenu un sacrifice nécessaire pour les anti-démocrates.

Lak Si est le lieu où le moine fasciste Bouddha Isara a bloqué le bureau de vote, refusant de permettre aux gens d'exercer leur droit de voter. Le fasciste Bouddha Isara a fait une déclaration après que le tireur "pop-corn" ait été condamné à la prison, déclarant qu'il avait participé aux frais de sa défense et le soutiendrait toujours.

Cet odieux moine et Sutep Teuksuban, qui ont dirigés les différentes bandes anti-électorales, devraient être mis en prison pour avoir été les maîtres-penseurs et les bailleurs de fonds de ces actions violentes. Mais ne retenez pas votre souffle. Le fasciste Bouddha Isara est le moine favori du généralissime Prayut et a reçu carte blanche pour organiser des manifestations réactionnaires et répandre sa crasse. Nous ne devons pas oublier non plus que le chef de la junte et le dirigeant à deux faces du Parti démocrate, Abhisit Vejjajiva, sont coupables d'assassinats en masse dans la rue quand ils ont organisé la repression des manifestants pro-démocratie en 2010.

Les classes moyennes de Thaïlande haïssent et méprisent la majorité des gens ordinaires et les pauvres. Elles détestent le fait que le riche magnat Taksin ait gagné les cœurs et les esprits de la plupart des gens ordinaires avec ses soins de santé universels et ses politiques favorables aux pauvres. Les classes moyennes détestent la démocratie parce que leur parti n'est pas élu par la majorité. Elles veulent revenir en arrière à l'époque où les travailleurs et les petits agriculteurs restaient à leur place et subissaient leur pauvreté en silence. Elles veulent garder leurs privilèges mal acquis par le maintien des inégalités sociales et économiques. Elles sont lâches parce qu'elles adulent les riches et et les puissants et rampent devant la monarchie. Elles se cachent aussi derrière les hommes de l'armée. La perturbation violente des élections a été conçu pour provoquer une crise qui soit utilisée comme une excuse pour organiser un autre coup d'Etat militaire.

La "commission électorale" pourrie, qui, en premier lieu, n'a pas réussi à bien organiser les élections de 2014, a blâmée la foule de Sutep et le gouvernement de Yingluck pour l'échec des élections. Apparemment, selon cette organisation sans valeur, Yingluck n'aurait pas dû dissoudre le Parlement pour faire face à la crise quand il était évident que l'opposition était violemment opposés à des élections car elle savait qu'elle allait les perdre! Les emeutiers de Sutep ont réagi en demandant à leur "papa", le généralissime Prayut, de "s'arranger" pour que seul Yingluk et la commission électorale soient coupables.

Le chef de la commission électorale a dépensé de grandes quantités d'argent public pour des voyages d'études à l'étranger après le coup d'Etat. On se demande pourquoi son équipe et lui-même sont encore en place, étant donné qu'il n'y aura pas d'élections démocratiques avant un lointain futur, surtout après les rodomontades récentes du général "à face de porc" Prawit Wongsuwan. Prawit, le chef adjoint de la junte, a grommelé sur la nécessité d'avoir des sénateurs nommés afin de superviser tout gouvernement civil à l'avenir. Apparemment, il s'agit d'une mesure à toute épreuve afin d'éviter toute nécessité future d'un coup d'Etat militaire.

Prawit "face de porc"

Prawit "face de porc"

Alors que les réactionnaires de la classe moyenne et leur moine favori se sont vu donnés le feu vert pour mobiliser politiquement, les travailleurs célèbrant la journée internationale des femmes ont été arrêtées pour avoir exprimés leur opposition à l'article 44 ou à "la loi parce que je le dis" (http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/12/la-loi-parce-que-je-le-dis-de-prayut.html) et à d'autres aspects du régime autoritaire. Leurs affiches ont été arrachées par la police.

Affiches arrachées par la police

Affiches arrachées par la police

Policiers saisissant les affiches

Policiers saisissant les affiches

Comme je l'ai souvent maintenu, l'avenir de la démocratie thaïlandaise est entre les mains des travailleurs, spécialement quand ils s'organiseront.

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 12:33

Un article de Thai Political Prisoners

Lien:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2016/03/16/no-rule-of-law-under-the-military-dictatorship/

La dictature militaire thaïlandaise utilise des "lois" et "décrets", comme l'article 44, qu'elle a créé pour faciliter sa propre règle et réprimer les opposants politiques. Pour les membres de la junte, cette fiction juridique fait que toutes ses actions sont "légale" et ils peuvent prétendre respecter la "règle de droit". Rien n'est plus éloigné de la vérité.

Ceci est parfaitement illustré dans le cas récent de Sarawut Bamrungkittikhun, qui a été dernièrement été enlevé à son domicile de Surat Thani par une force de 30 militaires et policiers le 9 mars 2016. Malgré cela, le 13 mars, les autorités ont affirmé qu'ils ne savaient rien sur son arrestation ou ses allées et venues.

Sarawut a été détenu au secret jusqu'à sa libération, sept jours après son "arrestation". En outre, il a été déplacé sur des milliers de kilomètres entre les bases militaires de sa province natale et de Bangkok allez-retour.

Sarawut était l'administrateur de la page Facebook "Poet Praden" (Open Issues)... Lors de son arrestation, son téléphone mobile et son ordinateur portable ont été confisqués.

Cependant, quand il a été libéré sans procès, son ordinateur portable et son téléphone mobile lui ont été rendus.

Ces événements illustrent la nature du régime voyou, son impunité auto-déclarée et sa volonté de terroriser ses propres citoyens. Il n'y a aucune règle de droit sous la dictature militaire.

 

Aucune règle de droit sous la dictature militaire de Thaïlande
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