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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 16:02

Statistiques publiées par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH)

Lien :

https://www.fidh.org/en/region/asia/thailand/thailand-10-figures-you-need-to-know-about-the-crime-of-lese-majeste

 

-Nombre de détenus au moment du coup d'Etat de mai 2014: 6

-Nombre de personnes arrêtées depuis le coup d'Etat de mai 2014: 66

-Nombre de personnes condamnées à des peines de prison depuis le coup d'Etat de mai 2014: 36

-Nombre de personnes détenues en attente de jugement: 18

-Nombre de personnes libérées après avoir été arrêté ou emprisonné: 12

-Nombre de personnes derrière les barreaux: 53

-Nombre d’inculpés pour lèse-majesté jugés et condamnés à des peines de prison par des tribunaux militaires: 24

-Pourcentage des cas impliquant une privation de liberté suite à l'exercice du droit à la liberté d'expression: 74%

-Pourcentage des cas où des personnes ont été libérées sous caution en attendant leur procès: 6%

-Pourcentage des présumés détenus de lèse-majesté en attente de jugement qui ont passé au moins un an derrière les barreaux: 61%

Deux jeunes étudiants emprisonnés pour lèse-majesté, Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong

Deux jeunes étudiants emprisonnés pour lèse-majesté, Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 16:34

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/02/21/monk-trouble/

 

Récemment, les moines thaïlandais ont grognés et luttés. L'incident le plus récent concerne des centaines de moines et leurs partisans résistant à l'armée afin de se recueillir au Puttamonton pour protester contre les actions du moine fasciste Putta-Isara.

Je ne peux pas m’empêcher de me sentir heureux à la vue de moines basculant un véhicule militaire et se bagarrant avec des soldats envoyés par la junte afin d’interdire le rassemblement. Mais qu’est ce qui se cache vraiment derrière ce problème avec les moines?

Selon Somparn Promta de l'Université Chulalongkorn, même les moines ne sont pas à l'abri du conflit rouge-jaune de la société thaïlandaise.

Du côté rouge on trouve les moines qui se sont réunis au Puttamonton. Ils soutiennent la candidature de Pramaha Rachamungkalajarn au poste de patriarche suprême. C’est l'abbé du temple de Pak Nam et le patriarche par intérim. En ce moment, cette faction détient la haute main sur le comité ecclésiastique officiel. Toujours du côté rouge se trouve les moines de la secte Dammakeye (Dhammakaya).

Du côté jaune il y a le moine fasciste Putta-Isara qui a contribué à saboter les élections de février 2014 aux côtés des emeutiers de Sutep. Les partisans de Putta-Isara ont utilisés des armes à feu pour intimider ceux qui souhaitent voter. C’est le moine préférée du Généralissime Prayut et on lui laisse les mains libres pour manifester dans les rues tandis que d'autres manifestations sont interdites. Il est violemment opposé à la candidature de l'abbé du temple de Pak Nam pour devenir patriarche suprême, peut-être parce qu’il convoite le poste pour lui-même. Il a également accusé la secte Dammakeye de vouloir "renverser la monarchie", une accusation habituelle contre l’un des adversaires en Thaïlande.

Du côté jaune se trouve aussi la faction Santi-Asoke proche de Chamlong Simuang qui était un dirigeant phare de la mal nommée Alliance du peuple pour la démocratie (PAD). Aussi bien Putta-Isara que Chamlong ont appuyés le renversement par les militaires du gouvernement élu de Taksin.

Mais ceux du côté rouge ne sont guère des anges non-plus. L'abbé de Pak Nam vient d'être condamné par le Département des enquêtes spéciales pour falsification de documents sur l'importation de vieilles voitures classiques. Cela afin d’éviter de payer des impôts. Il a également salué la junte militaire de Prayut en juillet 2014 dans l'espoir de devenir patriarche suprême. Ce qui est également préoccupant, c’est que les moines qui protestaient au Puttamonton ont également réclamés que le bouddhisme soit consacré comme la religion nationale dans la nouvelle constitution, ce qui amènerait à priver de leurs droits les autres religions, notamment l'Islam. Non seulement c’est totalement réactionnaire, mais cela augmenterait la répression des musulmans malais à Patani.

En même temps, un certain nombre de groupes bouddhistes réactionnaires dans le nord, dirigé par la Société pour la protection du bouddhisme de Chiang Mai, se sont prononcés contre la construction d'un centre de production halal. Cela pue le genre d'islamophobie exprimée par les moines birmans fascistes. Le nord de la Thaïlande a une population musulmane distincte d'origine chinoise qui s’est installée là-bas en suivant d'anciennes routes commerciales.

Quant à Dammakeye, il s’agit d’une secte riche en scandales et souvent accusée d'accumuler des richesses incalculables. Ses adeptes venus des classes moyennes urbaines croient que plus vous donnez, plus vous acquérez de mérite. Ils croient aussi que les gens sont pauvres parce qu'ils ont péché dans leur vie passée. Des gens riches et puissants ont soutenu cette secte pendant des décennies.

Il existait une croyance erronée comme quoi les moines bouddhistes thaïlandais n’étaient pas impliqués dans la politique et ne devaient pas s’y impliquer. La réalité a toujours été différente et ce mythe était simplement une tentative faite par les dirigeants militaires dans les années 1950 afin de contrôler les moines à travers une autorité centralisée.

Il n'y a aucune raison de chercher à déterminer quelle faction représente le "vrai bouddhisme" parce que, comme Karl Marx l’a écrit, ce qui est important dans la religion c’est comment les gens la pratiquent et non ce qui est écrit dans les textes sacrés. Les moines peuvent en découdre entre eux pour tout ce dont je me fous, tant qu'ils ne menacent pas la liberté et la démocratie. En tant qu’athée Je pense que la religion ou toute autre philosophie devraient être une question personnelle et ne devraient rien à voir avec l'état.

Troubles avec les bonzes
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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 18:03

Un article de Sasiwan Mokkhasen

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http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1455537090&section=14

 

Des centaines de moines se sont affrontés avec des militaires lundi 15 février à l'ouest de Bangkok après que les soldats aient bloqué l'entrée du parc bouddhiste Phutthamonthon où ils avaient prévu de se rassembler.

Des dizaines de moines enragés ont tentés de renverser un camion militaire garé à l'entrée du parc afin d’empêcher les bonzes d’y pénétrer.

Cliquez le lien ci-dessous pour voir la vidéo Youtube:

https://www.youtube.com/watch?v=XCPJ9W7Yfpg

Ce rassemblement violait une interdiction des rassemblements politiques par la junte. Il était prévu que plus de 30.000 moines et bouddhistes se rendent à Phutthamonthon afin d’exiger que le Patriarche Suprême actuel soit nommé à ce poste de façon permanente et que le bouddhisme deviennent la religion d’Etat.

La réunion a également été organisée afin de montrer l'opposition des bonzes vis-à-vis du moine controversé Bouddha Issara, un activiste politique (chemise jaune) qui a adressé une pétition pour dévêtir Phra Dhammachayo, l'abbé d'un grand culte bouddhiste connu sous le nom de Dhammakaya.

À la fin de l’après-midi du 15 février, l'armée a permis l'entrée des moines au parc.

Notre avis:

Libérez-Somyot pense qu’il s’agit d’un affrontement entre deux forces réactionnaires de la société thaïlandaise. Si ces moines avaient été des progressistes ou des dissidents véritables, l’armée aurait tiré dans le tas.

Un affrontement entre deux forces réactionnaires de la société thaïlandaise

Un affrontement entre deux forces réactionnaires de la société thaïlandaise

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 16:42

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/02/14/unique-thai-style-gravitational-waves-can-now-be-measured/

 

La grande nouvelle de cette semaine est que les meilleurs physiciens thaïlandais viennent de découvrir les ondes gravitationnelles "de style thaïlandais" qui se répercutent à travers le pays.

Tout le monde sait que les choses qui se passent en Thaïlande sont uniques et au-delà de la compréhension des penseurs occidentaux. Les sages membres de l'élite thaïlandais ont toujours prêché que nous ne devrions pas "suivre les arrière-côtés" des Occidentaux. Les manières occidentales sont tellement "non-Thaïe". Des choses comme "la démocratie", "les droits de l'homme" et "la dignité humaine et l'égalité" ne sont que de mauvaises inventions faites par des personnes de race blanche et totalement impropres pour la majorité des citoyens thaïlandais qui demeurent des enfants. Cela explique "l’amour" des Thaïlandais de ramper devant les gens de la haute.

Ainsi, alors que le reste du monde a été fasciné par la découverte comme quoi les humains pouvaient désormais mesurer les ondes gravitationnelles, les scientifiques thaïlandais ont pu mesurer les ondes gravitationnelles spéciales de "style thaïlandais" émanant d'un immense trou noir situé au quartier général militaire. L'emplacement de ce trou noir peut maintenant être pointé à l'endroit où le cerveau du généralissime Prayut aurait dû se trouver. La tête de la junte et l'auto-nommé Premier Gangster est le centre de l'univers thaïlandais.

Ces ondes gravitationnelles sont si fortes qu’elles peuvent aspirer d’énormes richesses pour les déposer dans les poches des principaux généraux et de leurs copains. Cela provoque une énorme traction sur les ondes de lumière électro-magnétique, de sorte que la Thaïlande est maintenant enveloppée par une déprimante obscurité. Mais la plus grande découverte est que ça a tellement de pouvoir que cela peut tirer la société thaïlandaise de plusieurs décennies en arrière à l’époque de la guerre froide et des dictatures militaires passées.

D'une manière similaire aux prévisions d’Albert Einstein comme quoi les ondes gravitationnelles pourraient plier et déformer le temps et la distance, les ondes gravitationnelles de style thaïlandais peuvent déformer la vérité et changer l'heure. Donc, dans la Thaïlande d'aujourd'hui la junte militaire est au pouvoir par la "démocratie" dans l'intérêt de la paix et de la réconciliation et le généralissime Prayut fait une "énorme sacrifice" en dirigeant le pays et selon les sondages d'opinion 110% de la population supporte Son Excellence. En fait, à Patani, l'armée ne pratique pas la torture, mais distribue des peluches à la population locale. Le projet de constitution de Meechai est également la charte la "plus démocratique" que le pays n’ait jamais eu.

Les délais sont prolongés et étirés par ces ondes, ce qui signifie que les élections pourront être reportées pour toujours et certains des meilleurs médecins royalistes affirment maintenant qu'ils ont découvert que le processus de vieillissement de Sa Majesté avait été inversé avec succès. Cela signifie que le Roi restera toujours avec la société thaïlandaise, veillant à ce que tous ses sujets soient heureux et satisfaits.

La présence de ces ondes gravitationnelles de style thaïlandais avait été prédite en 2006 par un certain nombre de politologues qui avaient critiqués les différentes répugnantes élites royalistes, les militants de la classe moyenne et les différentes ONG qui soutenaient les mesures antidémocratiques pour éliminer le gouvernement de Taksin. Aujourd'hui, certains de ces réactionnaires, comme l'ancienne sénatrice Rosana et de nombreux politiciens du Parti démocrate, se rendent compte qu'ils ont été aspirés dans le trou noir de Prayut et ils montrent leur mécontentement en émettant à faible amplitude des "gazouillis" qui ont été enregistrées par les microphones des journalistes.

Dans sa diatribe hebdomadaire à la télévision généralissime Prayut a crié qu’il n’était pas "un porc, un chien, une corneille ou un poulet" et qu'il devrait se voir donner le respect car il est le chef de la junte et dirige le haut commandant militaire. Sur ce point, on devrait être à contrecœur d'accord avec lui. Oui, ce n’est pas un porc, un chien, une corneille ou un poulet. Ces animaux sont des créatures sans reproche, contrairement au gangster à la tête du pays. Et naturellement, nous devrons tous offrir au généralissime tout notre respect, car si nous ne le faisons pas, nous pouvons être sûrs qu’on viendra frapper à nos portes et que nous devrons nous payer une visite forcée dans un camp de l'armée pour une "session de changement d'attitude".

Quelle chance nous avons d'être Thaïs !!

[Voir http://bit.ly/20XGjHw]

Les ondes gravitationnelles uniques de "style thaïlandais"

Les ondes gravitationnelles uniques de "style thaïlandais"

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 16:56

Un article de Prachatai

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http://prachatai.org/english/node/5825

 

Les allégations de torture et de mauvais traitements commis par les autorités de l'Etat contre la minorité malaise musulmane dans le sud représentent actuellement le double de celles rapportées en 2014 après le coup d'État.

Le Centre des juristes musulmans (Muslim Attorney Centre MAC), une organisation de la société civile pour l'aide juridique dans l’extrême sud, a publié un rapport , le mardi 2 février 2016, sur les allégations de torture et de mauvais traitements contre les suspects d’insurrection du sud profond arrêtés et détenus en 2015 en vertu des lois spéciales de sécurité dans la région.

Dans les provinces du sud de la Thaïlande ou la violence sévit, une région anciennement appelé Patani, composée des provinces de Pattani, Yala et Narathiwat ainsi que quatre districts de la province de Songkhla, les autorités peuvent détenir des citoyens sans procès pendant 37 jours en vertu de la loi sur la sécurité intérieure et du décret d'urgence. Des lois spéciales de sécurité sont en vigueur dans la région depuis plus d'une décennie.

Dans ce rapport, le MAC a enregistré les allégations de torture et de mauvais traitement de 33 détenus dans la région, avec 11 cas à Pattani, 15 à Yala, 6 à Narathiwat et un à Songkhla.

Le nombre de cas est presque le double de celui donné dans un rapport établi par la Cross Cultural Foundation et le Duay Jai Group le mois dernier, qui avaient rapportés au moins 18 cas de torture et de mauvais traitements depuis le coup d'état du 22 mai 2014.

La documentation est basée sur les allégations faites par d'anciens détenus et leurs familles.

Sur les 33 cas, le MAC a précisé que 29 détenus auraient été battus ou frappés avec des objets durs, 7 autres auraient été placés dans une pièce maintenue à une température très basse, 5 détenus auraient été étouffés, et 4 autres auraient été électrocutés.

En outre, il y aurait plusieurs cas dans lesquels les détenus auraient été percés avec des aiguilles, torturés avec des pinces, contraints de boire leur propre urine, déshabillés, se seraient vu injectés des produits chimiques non spécifiés, torturés dans les organes génitaux, et menacés d'exécution.

Le MAC a ajouté dans le rapport que la documentation des allégations était difficile parce que la plupart des membres de la famille étaient étroitement surveillés par des agents de l'État, quand ses membres ont rendu visite aux détenus. Dans certains cas, les fonctionnaires ont pris des photos de membres de la famille des détenus lors de leur visite.

Le MAC a été autorisé à parler aux détenus uniquement via un écran d'ordinateur sous la surveillance serrée des fonctionnaires. En outre, les responsables se voyaient généralement réduire le temps de visite autorisé aux détenus, malgré le fait que dans la plupart des centres de détention les membres des familles des prisonniers reçoivent l’autorisation de visites de 30 minutes.

Le MAC conclut que, malgré les pourparlers de paix en cours entre MARA Pattani, une coalition de groupes d'insurgés du Sud, et l'Etat thaïlandais, la torture et les exécutions extrajudiciaires sont encore répandus dans le Sud profond, en partie en raison du fait que la plupart des représentants de l'État ne sont jamais tenus responsables de leurs actions en raison des lois spéciales de sécurité imposées dans la région.

L'organisation a suggéré que si l'Etat répond aux graves problèmes de droits humains de la torture et de la culture de l'impunité, de la paix dans le Sud profond durable continuera d'être rien de plus qu'un rêve pieux.

Selon un rapport alternatif soumis à l'ONU en 2014 sur le respect de la Thaïlande envers la Convention contre la torture, 393 cas sur 3456 violations des droits de l’homme dans le Grand Sud sont liées à des mauvais traitements et à de la torture par des fonctionnaires de l'Etat.

Les différents moyens de torture utilisés par les militaires thaïlandais

Les différents moyens de torture utilisés par les militaires thaïlandais

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 09:22

Une déclaration de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH)

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https://www.fidh.org/en/region/asia/thailand/un-body-demands-immediate-release-of-lese-majeste-detainee

 

(Paris, Bangkok) Un organisme de l'ONU a demandé que la Thaïlande libère immédiatement la détenue pour lèse-majesté Pornthip Munkong, surnommée Golf, et lui accorde une indemnité pour la détention arbitraire à laquelle elle a été soumise, selon les informations reçues par la FIDH.

Pornthip Munkong surnommée Golf

Pornthip Munkong surnommée Golf

Dans un avis adopté le 2 décembre 2015, le Groupe de travail des Nations-Unies sur la détention arbitraire (UNWGAD) a déclaré que la détention de Golf était arbitraire car elle contrevenait aux articles 9 et 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) et les articles 9 (3) et 19 (2) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (International Covenant on Civil and Political Rights ICCPR). La Thaïlande est un État partie de l’ICCPR. Les dispositions mentionnées garantissent le droit fondamental à la liberté, le droit à un procès équitable et le droit à la liberté d'opinion et d'expression.

"Golf et tous les autres détenus pour lèse-majesté ne devraient pas passer une minute de plus derrière les barreaux. La privation de liberté pour le simple exercice des droits garantis par les instruments juridiques internationaux pertinents est non seulement arbitraire mais aussi odieuse" a déclaré Karim Lahidji, président de la FIDH

Le 23 février 2015, la Cour pénale de Bangkok a condamné Golf à deux ans et demi de prison en vertu de l'article 112 du Code pénal de la Thaïlande. L'article 112 stipule que "quiconque diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l'héritier du trône ou le régent sera puni d'un emprisonnement de trois à 15 ans." Golf a été reconnue coupable d'avoir commis le crime de lèse-majesté pour avoir joué dans une pièce de théâtre politique appelé Jao Sao Maa Paa (La fiancée du loup) à l’université Thammasat de Bangkok en octobre 2013. La pièce, qui parlait d’une monarchie de fiction, est réputée avoir insulté le roi Bhumibol Adulyadej.

Actuellement Golf est incarcéré à l'établissement correctionnel pour femmes de Bangkok. Elle a été privée de sa liberté depuis son arrestation le 15 août 2014, à l'aéroport international de Hat Yai, dans la province de Songkhla.

Golf est la troisième détenue pour lèse-majesté en Thaïlande dont la privation de liberté a été déclarée arbitraire par l’UNWGAD.

Le 19 novembre 2014, l’UNWGAD avait déclaré que la détention du militant étudiant Patiwat Saraiyae, surnommé Bank, était arbitraire. Bank a été arrêté le 14 août 2014 sous l’inculpation de de lèse-majesté pour sa participation à la pièce de théâtre Jao Sao Maa Paa. Le 23 février 2015, il a été condamné à deux ans et demi de prison.

Le 30 août 2012, l’UNWGAD avait déterminé que la détention de l'ancien militant syndical Somyot Phrueksakasemsuk était arbitraire. Somyot été arrêté le 30 avril 2011 pour avoir permis, dans le magazine ou il était rédacteur en chef, la publication de deux articles satiriques qui ont été jugés insultants pour la monarchie. Le 23 janvier 2013, Somyot a été condamné à 10 ans de prison pour deux chefs d'accusation de lèse-majesté.

Comme dans le cas de Golf, l’UNWGAD exhorte le gouvernement thaïlandais à libérer immédiatement Bank et Somyot et à leur accorder une indemnisation.

"De nombreux organismes des Nations Unies des droits de l'homme ont censuré la Thaïlande pour l'abus de ses lois de lèse-majesté. Il est temps pour la Thaïlande de tenir compte de la jurisprudence de l'ONU et de se conformer à ses obligations juridiques internationales " a déclaré Jaturong Boonyarattanasoontorn, le président de l’UCL.

Sous le pouvoir actuel de la junte militaire, le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO), le nombre de personnes détenues ou emprisonnées en vertu de l'article 112, a augmenté de façon significative. Depuis le coup d'Etat militaire du 22 mai 2014, au moins 35 personnes ont été condamnées à des peines de prison pour violation de l'article 112 (1). Vingt-trois d'entre elles ont été jugés par des tribunaux militaires. En outre, au moins 22 personnes sont détenues en attente de leur procès pour des accusations de lèse-majesté. Au moment du coup d’Etat du 22 mai 2014, il y avait six personnes derrière les barreaux pour lèse-majesté.

Contacts pour la presse:

FIDH: M. Arthur Manet (français, anglais, espagnol) - Tel: 33672284294 (Paris)

FIDH: Mme Audrey Couprie (français, anglais, espagnol) - Tel: 33648059157 (Paris)

UCL: M. Jaturong Boonyarattanasoontorn (thaï, anglais) - Tel: 66890571755 (Bangkok)

Notes

(1) Ce chiffre ne comprend pas les cas d'arrestation et d'emprisonnement en vertu de l'article 112 de personnes ayant des liens avec le prince héritier de Thaïlande, Maha Vajiralongkorn.

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 17:54
Pourquoi la Thaïlande aurait-elle besoin d'une armée?

Dans un récent article, Ajarn Niti Eauwsiwong a posé la question: "quel est le but d'avoir une armée." Naturellement, cela a provoqué une tempête d'insultes de la part du plutôt mal éclairé généralissime et de ses divers sous-fifres. Prayut a perdu à nouveau le contrôle de lui-même (a-t-il déjà réussi à le conserver?) et a crié que les militaires étaient là pour que ces "chiens" comme ceux du milieu universitaire et des médias puissent se poser la question.

Certaines personnes ont, à tort, caractérisé l'armée, dans le cas des régimes autoritaires comme l'Indonésie de Suharto ou la Birmanie, comme étant un "Etat dans l'Etat". Ceci est trompeur et n’est pas réellement vrai. L'hypothèse est que les militaires auraient en quelque sorte "usurpé" le pouvoir d'Etat. Cependant, les militaires ou les "corps spéciaux d'hommes armés" font partie intégrante de l'Etat capitaliste moderne et cet état peut prendre plusieurs formes politiques. Dans un passé récent, il y avait aussi bien des pays démocratiques qu’autoritaires parmi les États d'Europe occidentale. L’Espagne, l'Italie et l'Allemagne ont été des dictatures fascistes.

La prédominance de l'armée dans le contrôle politique de l'Etat dans l’Indonésie de Suharto ou en Birmanie n’est pas un écart par rapport à l’idéologie dominante de l'Etat capitaliste, il s’agit juste d’une forme qui reflète la faiblesse des autres factions de la classe dirigeante en compétition face à des tensions et des crises au sein de la société.

Aujourd'hui, la Thaïlande est gouvernée par une dictature militaire et même quand les militaires ne sont pas au pouvoir, ils ont eu différents degrés d'influence. Mais n’imaginez jamais un instant que Prayut aurait été en mesure d’organiser son coup d'Etat militaire et de s’accrocher au pouvoir s'il n'avait pas eu le soutien d'autres sections de la classe dirigeante thaïlandaise; les capitalistes et les bureaucrates de l'élite. Avec les généraux de l'armée, ces élites forment la classe dirigeante. Elles sont à la fois un groupe de factions rivales mais aussi unies dans leur détermination à se cramponner au pouvoir de classe. Le roi est leur symbole de socialisation de l'unité de classe et du nationalisme parmi les citoyens qu’ils gouvernent. Lorsque cette socialisation ne fonctionne pas, elles utilisent alors la lèse-majesté ou la force brute.

Récemment, les généraux ont aboyés comme des chiens, en réponse à la question d’Ajarn Niti, comme quoi l'armée serait "la barrière" pour garder le pays. Le problème est que les citoyens ordinaires ne sont pas integrés dans une telle barrière. Elle est exclusivement destinée à la classe dirigeante. Qui plus est, l'armée thaïlandaise a toujours lamentablement échoué à défendre le pays contre une invasion extérieure. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s’est rapidement rendue aux Japonais. A l'époque de l'expansion impérialiste, elle était impuissante face aux Britanniques et aux Français.

Alors, quel est le but de l'armée thaïlandaise?

La réponse courte est qu'elle a deux fonctions principales.

La première fonction est de protéger le pouvoir de la classe dirigeante des défis des mouvements de masse afin d'élargir l'espace démocratique. Toutes les armes, les chars et autres équipements militaires utilisés par l'armée ont été utilisés contre les citoyens thaïlandais. A Bangkok, elle a tiré sur des manifestants en 1973, 1976, 1992 et 2010. Elle a mené une guerre civile contre les communistes qui désiraient une société plus égalitaire et elle est actuellement engagée dans une vicieuse guerre à Patani pour empêcher l'autodétermination malaise musulmane. Elle a aussi parfois mis en scène des coups d'Etat militaires afin de "garder la ligne" contre les menaces politiques civiles. Mais le plus souvent, les coups d'État militaires servaient l'intérêt personnel militaire, ce qui nous amène au second but de l'armée.

Le deuxième objectif de l'armée thaïlandaise est de satisfaire l'avidité pure du corps des officiers. Même lorsqu'elle n’est pas au cœur du pouvoir politique, l'armée fournit de riches et corrompues opportunités pour ceux qui sont dans les premiers rangs. La corruption sur les achats d'armes, les fonds excédentaires de l'État pour les activités militaires et la possibilité de siéger dans les conseils d'administration des entreprises d'Etat, font que tous les généraux se remplissent les poches. Ajoutez à cela le commerce illégal de stupéfiants, le trafic d'êtres humains et d'autres activités de type mafieux. Et quand les militaires sont à l’intérieur du pouvoir politique comme maintenant, les possibilités d'enrichissement sont illimitées.

Le but de cette méchante et parasite organisation est d'agir comme un obstacle au progrès politique et de détourner des ressources importantes pour la santé, l'éducation et le bien-être général de la plupart des citoyens.

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 11:54

Une conception personnelle et béhavioriste de la culture et de la façon dont elle a joué en arrière-plan lors de l'agitation politique en Thaïlande, tout ceci venu d'un paria culturel.

Un article de Joe Chasinga

Lien:

https://medium.com/@jochasinga/thai-what-taiwan-48c1c1083a80#.a8wrik7nh

 

La panique était tellement dans l'air que l’on pouvait presque la sentir.

C'était le 25 mai 2014, pendant une chaude et ensoleillée après-midi. Ma femme et moi nous sommes rendus à la station de BTS de Siam Square afin de rencontrer ses collègues pour un pot d’adieu au Central World Plaza avant de partir pour New York en juin. Nous soudain reçu un appel d'une autre collègue nous disant qu'elle avait décidé de rentrer chez elle en voiture dix minutes avant le rendez-vous. Elle n'osait pas continuer; la route ayant été fermée.

Le carrefour de Rajchaprasong, un site habituel pour les manifestations politiques, ironiquement traduit en thaï littéral comme "la royale (raja-) demande (-prasong)", avait été bloqué et évacué par une force militaire de 50 Humvees équipées de mitrailleuse et de nombreux soldats braquant des M-16 étaient postés devant le Central World Plaza et tout le long de la route jusqu’à Siam Square. Les gens se précipitaient hors du centre commercial, et beaucoup marchaient sur l’avenue vide à six voies ayant l’air confus et stressés. Beaucoup prenaient des photos avec leurs téléphones mobiles et partageaient cela sur les réseaux sociaux comme des fous. Quelqu'un a crié, "Le "strabisme" s’empare de Bangkok!" La panique était tellement dans l'air que l’on pouvait presque la sentir. Nous, dans l'une de nos rares occasions d'accords, avons appelé les participants pour annuler la réunion et nous sommes précipités à la maison.

J'ai appris plus tard qu'un petit groupe de manifestants s’étaient rassemblés à proximité pour protester contre le coup d'Etat, et que l'armée, en prenant des mesures pour les chasser et arrêter certains d'entre eux, avait bloqué l’avenue. J’ai appris plus tard que "strabisme" était l’un des surnoms donnés au général de l'armée, Prayuth Chan-ocha, qui avait organisé un autre putsch militaire le 22 mai 2014 en dépit de ses biens connus vœux publics de ne pas intervenir et sa promesse de ne pas faire de coup d'Etat.

Les manifestants du 25 mai contre le coup d’Etat

Les manifestants du 25 mai contre le coup d’Etat

C'était le deuxième coup d'Etat en huit ans depuis celui de 2006 qui avait renversé le magnat des télécommunications devenu Premier ministre Thaksin Shinawatra et le 19ème coup (en comptant les tentatives non-réussites) dans l'histoire démocratique du "Detroit de l'Est."

Comme membre typique de la classe moyenne thaïlandaise d’origine chinoise, j'ai eu la chance d'avoir des parents qui m'ont envoyé étudier dans des écoles internationales depuis que j’étais tout petit. Au-delà de leur attente de voir leur fils parler couramment l'anglais, j'avais involontairement pris le goût de la philosophie occidentale, la musique classique, la littérature anglaise et même l'histoire de l'origine de l'Amérique moderne à travers des études américaines sociales fournies à un âge relativement jeune.

Il s'est avéré que plus tard, l'apprentissage de cette mentalité était un acquis indésirable et craignant que leur fils ne puisse pas prospérer dans la société locale, ils ont décidé de me sortir de l'école secondaire à la fin de ma 10eme année et m’ont fait étudier à la maison pendant un an pour l’examen d'entrée à l’université. J'ai marqué mon chemin dans la plus prestigieuse université de la nation, où je suis vite devenu un outsider parfait.

Nous payons même respect aux arbres sacrés!

Comme je l’ai rapidement appris à l'intérieur de l'université parmi mes collègues étudiants thaïlandais qui avaient subi l'éducation traditionnelle thaïlandaise, nous les Thaïlandais sommes un gâchis hypocrite au niveau pédagogique. Nous avons, par cette façon de penser, appris à révérer tout sauf nos propres droits et le respect de soi-même, et pourtant notre désir naturel d’évoluer et d’être nous-mêmes sont tellement réprimés que nous devons fuir derrière la scène, souvent sous la forme de rumeurs et de coups-bas. Notre culture a également adopté tant de normes religieuses, de croyances et d’influences culturelles, mais au lieu d'embrasser cette diversité et d'accepter ces différences, nous sommes devenus d’esprit petit et monotone; soit vous passez par le chemin "thaï" pour faire les choses ou alors laissez faire la communauté.

Nous avons les dieux et les symboles hindous partout, et même vénérons nos rois comme étant la réincarnation de Rama, et en même temps nous vénérons des images de Bouddha. Nous obéissons à nos instructeurs quand ils imposent leurs doctrines occidentales clonés et obsolètes à leurs élèves. Nous devons faire un Wai (façon thaïlandaise de payer la révérence) pour tout et à tout le monde, à nos parents, aux enseignants, aux statues et même à des arbres supposés sacrés! Lors d'une journée de cérémonie spéciale appelée Waikru, les élèves sont censés ramper au niveau des pieds des enseignants et leur faire un Wai. Voyez ci-dessous comment notre dernière premier ministre évincée, Yingluck Shinawatra, devait se conduire lorsqu’elle rencontrait Son Altesse Royale la Princesse Maha Chakri.

Yingluck Shinawatra et la Princesse Maha Chakri

Yingluck Shinawatra et la Princesse Maha Chakri

C’est presque gravé dans le subconscient des Thaïlandais qu'ils doivent quelque chose à quelqu'un à tout moment, et que leurs vies sont prédestinées plutôt que définissables.

Ne vous méprenez pas, j'ai beaucoup de respect pour les personnes âgées et aussi pour les personnes qui méritent ce respect. Mais moi, avec ma sensation la plus profonde d'être un humain, n'arrive pas à comprendre la logique des gens qui paient révérence à une statue, même quand ils sont dans un bus qui passe devant. C’est presque gravé dans leur subconscient qu'ils doivent quelque chose à quelqu'un à tout moment, et que leurs vies sont prédestinées plutôt que définissables.

A mon avis, cette norme d’extra-respect et d'auto-infériorisation ouvre un immense espace pour la corruption et est principalement responsable de la corruption poignante de mon pays. C’est un fait que nous ne pouvons pas nous tirer de quoi que ce soit en Thaïlande sans payer un seul baht à l'avancement publique (sans parler des taxes). Nous ne pouvons pas nous tenir debout de manière autonome sans nous faire arnaquer par des bureaucrates mafieux (Demandez à quelqu'un qui possède une entreprise en Thaïlande). C'est, à mon avis, la racine de tous les maux cachés et de la crise politique récurrente qui ont empêchés la nation de progresser pendant de nombreuses années. Comment?

La structure sociale thaïlandaise est simple. Elle se compose des royalistes et des élites, des capitalistes, des classes moyennes et des pauvres. Je n’y inclue pas le gouvernement, parce qu’il s’agit juste d’un verni démocratique et d’une plaisanterie. L’armée est considérée comme une force étant la propriété exclusive des royalistes plutôt que celle de la nation. Par conséquent, la violence, comme décrite dans le livre Powershift d’Alvin Toffler, est contrôlée par le rang le plus élevé. Maintenant, du fait de l'âge de l'information, alors que l'Internet a commencé à se développer de façon exponentielle et à s'infiltrer parmi les classes les plus pauvres, le rang le plus bas a commencé à atteindre un nouveau niveau, celui de la connaissance. Il a donc commencé à ouvrir les yeux, à regarder autour et à en apprendre davantage sur les origines de sa pauvreté. La campagne populiste de l’ancien et controversé premier ministre Thaksin Shinawatra n’avait fait qu'alimenter l’incubation du nouveau savoir.

Le gouvernement thaïlandais n’est que "du pain et des jeux" pour le peuple.

Maintenant, les royalistes et les élites, et même les capitalistes qui avaient payés (aux deux sens du terme) suffisamment de "respect" aux premiers, se considèrent comme étant les dirigeants et attendent que les pauvres se prosternent devant eux et suivent leur destin qui est de revenir à la ferme dans les zones rurales, mendier de l'argent dans les villes ou voler des aliments et des médicaments et rentrer à la maison en faisant un Wai à toutes les merdes imaginables. Thaksin Shinawatra était tout simplement un capitaliste à forte tête et qui était perçu comme un danger grandissant par notre "Big Daddy", mais il a fait une erreur stupide en allant rechercher la faveur de la masse des pauvres au lieu du contraire. Parce que, bien que les pauvres soient de plus en plus éduqués, ce n'étaient pas eux qui détenaient les armes et dirigeaient les chars. En tant que magnat des télécommunications, il a sous-estimé la puissance des balles.

Ma femme, traditionnellement éduquée, fait parmi de ceux qui ont la chance d’être éclairé. Elle a pu étudier dans une université de prestige en subissant le minimum de SOTUS (bizutage des seniors) ce qui l’a tenue écartée de Nadaland (un surnom sarcastique de la Thaïlande des aveugles). Nous étions conscients de la fracture, et nous avions tous deux assistés à beaucoup de stupides et peu profonds "je-sais-tout" patriotiques de la part de nos collègues et amis chemises jaunes. Cela ressemblait aux temps révolutionnaires de la Chine ou d'autres endroits semblables, et nous pouvions presque les imaginer portant des uniformes kaki avec une étoile rouge boutonnée sur le béret et les femmes gardant une coupe de cheveux tressée.

L'ignorance, c'est le pouvoir !

Prêtez attention maintenant, alors que je soulève une très importante question: si les rangs les plus élevés de la nation thaïlandaise contrôlent la richesse ainsi que la violence, et que les basses classes acquièrent de plus en plus de connaissances, qu’est ce qui spécifie la classe moyenne? Une réponse simple: l'ignorance.

Lorsque vous avez un esprit assez étroit, une journée de travail mal rémunérée qui vous vous donne une mentalité encore plus étroite, et une campagne gouvernementale qui sonne comme si on vous enlevait un peu de votre pouvoir et même le pouvoir des personnes que vous rêverez de manière si aveuglante pour le donner aux pauvres qui composent la majorité de la population, alors vous dirigez votre haine contre ces derniers. Vous les traitez même de babouins qui ne méritent pas le droit de vote. Une vague de haine et de sanction sociale ont ensuite suivies, surtout en ligne. Maintenant, les élites ont encore acquis plus de puissance grâce à l'ignorance de la classe moyenne. Et le fait que le groupe de gens soi-disant les plus instruits et progressifs, qui sont censés infliger des changements et rester au côté des pauvres ont irrémédiablement pris une position inverse erronée, est ce qui a fait toute la différence dans la lutte […]

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 16:15
Le déjà-vu constitutionnel

Un article de Giles Ji Ungpakorn

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/01/31/constitutional-deja-vu/

 

Le processus "d’anti-réformes constitutionnelles" de la Thaïlande cahote comme certains anciens dinosaures. Le fait de donner plus d'emplois aux supporters de la junte en les finançant par plus d'argent public, a été gaspillé par un autre processus de rédaction de la pseudo-constitution. Le dernier projet était une abomination autoritaire et la nouvelle version de Meechai n’est pas vraiment différente (voir http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/08/le-projet-de-constitution-thailandaise-de-la-junte-reporte-indefiniment-le-retour-a-la-democratie.html

et http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/04/arriere-antidemocratique-et-infantile-le-projet-de-la-junte-pour-la-constitution-de-2015.html).

Meechai

Meechai

Le dernier projet est plus subtil que le projet de l'an dernier, réduisant le non-sens sur les dirigeants "bons" et camouflant le tout-puissant "Comité pour déterminer la stratégie de l'Etat et appliquer la réconciliation" sous un différend costume.

Ce dernier "Projet Meechai" vise à la création d’une Cour non élue encore plus puissante constitutionnellement. Cette dernière aurait le pouvoir de limoger un gouvernement élu. Ce corps "Supra-démocratique", nommé par les militaires et les conservateurs non-élus du Sénat et composé de réactionnaires de confiance, aura le pouvoir d'opposer son veto à toutes les politiques du gouvernement. Le Sénat sera entièrement nommé par un processus corrompu de copains de la junte élisant des sénateurs parmi eux.

Tout gouvernement élu à l'avenir devra respecter les "Politiques de l'Etat", comme indiqué dans la constitution, et la "Stratégie nationale". La durée de vie de la présente junte sera prolongée après qu’un gouvernement élu soit installé de façon à demeurer une force directrice dans la détermination de la "Stratégie nationale", selon des principes conservateurs. Tout gouvernement qui dépense "trop" pour les pauvres ou dévie de quelque façon de la ligne de "Stratégie nationale" fera objet d’une censure de la part de la Cour constitutionnelle.

Divers comités anti-réforme de la junte pourront toujours continuer à travailler après les élections. La junte elle-même sera une force directrice dans la "réforme de l'éducation" après l'élection. L'idée que des têtes de cons militaires comme Prayut puissent demeurer en charge de la politique de l'éducation fait que pour toute personne saine d'esprit, il ne restera plus qu’à rire et à pleurer en même temps.

Un Premier ministre non-élu qui ne sera pas un député élu sera toujours autorisé, même si vous devez examiner attentivement divers articles de la constitution afin de constater cela.

Les hauts dirigeants politiques de la faction de Taksin seront interdits de politique. Les sénateurs ne devront pas être associés à de présents ou récemment retraités politiciens, mais il n'y a aucun obstacle pour que des officiers militaires récemment retraités deviennent des sénateurs.

Les libertés et les droits civils seront autorisés, tant qu'ils ne seront pas une menace pour la "sécurité nationale" et les gouvernements élus devront appliquer les politiques néo-libérales de libre marché, en collaboration avec l'idéologie d’économie de suffisance du roi.

Le dernier projet a été rejeté par la propre assemblée nommée par la junte parce que ses membres avaient peur, à juste titre, qu’il soit mis à la poubelle par l'électorat lors d’un referendum. Le démarrage du processus de rédaction a, de nouveau, également été un moyen de gagner plus de temps pour la dictature afin qu’elle puisse rester au pouvoir et aussi une façon d'essayer de tirer vers le bas les citoyens afin qu'ils acceptent tout de même ces vieilleries de manière à ce que l'ensemble de ce fastidieux processus puisse être terminé.

Heureusement, de nombreux dirigeants pro-démocratie ont déjà dénoncé cet odieux document. Le dirigeant chemise rouge Nattawut Saikua a décrit l'effet de cette constitution comme étant "l'incarcération de tout futur gouvernement élu comme un oiseau chanteur emprisonné dans une cage dorée". Chaturon Chaisang, l'un des politiciens thaïlandais les plus honnêtes et ayant le plus de principes, a affirmé que les gens devraient se préparer à s'y opposer.

Pendant ce temps, la junte continue à maltraiter et à réprimer les militants pro-démocratie. Un membre étudiant du Mouvement pour la Nouvelle Démocratie (NDM) a été enlevé par des soldats dans le milieu de la nuit, conduit les yeux bandés dans un champ, et a reçu des coups de pied et des menaces avant d'être temporairement détenus dans un poste de police. Lui, ainsi que d'autres étudiants du NDM, avaient tentés de dénoncer la corruption militaire et ils ont refusés de cesser de protester contre le manque de démocratie.

En réponse aux questions sur le traitement de ces étudiants, le généralissime Prayut a hurlé à la presse que les universitaires devraient enseigner à leurs élèves à "respecter la loi" plutôt que leur enseigner la démocratie et les droits humains. Voici un exemple de l’hypocrisie provenant du soldat qui a organisé un coup d'Etat militaire illégal, a déchiré la constitution et a auparavant assassiné des manifestants non armés dans les rues. Pour les bouffons comme Prayut, "la loi", c’est ce que lui-même et sa bande de voyous décrète qu'elle soit.

Prayut a également affirmé que l'égalité des sexes ruinerait la société thaïlandaise.

Qu'une constitution démocratique puisse émerger d'une junte dirigée par un homme comme Prayut est au-delà des domaines de la plus ridicule fiction. Comme je l'ai maintes fois posté sur ce site, toutes les futures élections tenues en vertu de la constitution parrainée par la junte ne seraient simplement qu’un "modèle birman" d’ersatz de démocratie, avec le réel pouvoir demeurant dans les mains de l'armée et des conservateurs.

Il ne devrait avoir aucun répit dans les exigences de démocratie et pour le rejet de la dictature. Cependant, un changement démocratique ne se fera pas par de dignes déclarations des gouvernements étrangers ou en plaçant nos espoirs égarés sur les gestes symboliques d’individus courageux mais impuissants comme les étudiants du NDM.

Nous devrions également questionner le "crétinisme constitutionnel", très prisé par les intellectuels et les commentateurs en Thaïlande. Les constitutions ne créent pas de la démocratie. La démocratie se construit grâce à des mouvements sociaux puissants qui luttent pour les droits humains et l'autonomisation des citoyens. Étant donné le nombre de constitutions différentes et inutiles qui encombrent l'histoire thaïlandaise, on pourrait être tenté de faire valoir que l'absence de constitution, la création d'une "coutume et d’une pratique" de base pour les élections à tous les niveaux et le fait de forcer les élites à respecter les souhaits de la majorité, pourrait être un pas plus efficace pour progresser.

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 11:48

Gildas Le Lidec, qui a été notamment ambassadeur de France au Cambodge de 1994 à 1998 et en Thaïlande de 2009 à 2011, a écrit un livre, «De Phnom Penh à Abidjan», sur sa vie de diplomate. L’un des intérêts de ce livre, c’est qu’il était en poste à Bangkok lors de la répression sanglante des Chemises rouges ordonnée par le tristement célèbre premier ministre de l’époque, Abhisit Vejjajiva. Gildas Le Lidec avait de la sympathie pour les Chemises rouges et il a d’ailleurs failli provoquer un incident diplomatique en 2011 lorsque dans le discours qu’il a fait devant le premier ministre Abhisit et son gouvernement à l’occasion de son départ de l’ambassade, il a souligné que ce n’était pas en massacrant des gens que l’on obtenait la démocratie. Dans son livre, il parle aussi de la différence des protocoles royaux des monarchies du Cambodge et de la Thaïlande et de la loi de lèse-majesté thaïlandaise.

Ci-dessous un extrait du livre «De Phnom Penh à Abidjan» de Gildas Le Lidec:

A dix ans d’intervalle, j’ai pu vérifier les différences de mode, de ton et de fonctionnement qui séparaient des cours royales distantes de moins de mille kilomètres l’une de l’autre et venant pourtant d’origines et de rites si similaires. Le protocole royal thaïlandais me paraissait empreint de rigueur, de pesanteur et d’opacité […] Les codes qui régissait la cour du Palais Khémarin à Phnom Penh me semblaient en comparaison allégés, vraisemblablement du fait de la personnalité même de Norodom Sihanouk, de son ton libre et facétieux et de l’image de drôlerie qu’il projetait sur le corps diplomatique dont il cherchait sans doute la complicité. J’ai encore le souvenir cauchemardesque des tours de table qu’il organisait à la fin des diners ou il recevait les ambassadeurs, demandant à chacun de chanter à tour de rôle le refrain le plus populaire de son pays […] La ligne de partage entre ces deux cours était à mes yeux essentiellement marquée par les prosternations que les sujets de part et d’autre de la frontière se devaient d’accomplir en salutations de leurs souverains respectifs ou «ayant-droit» des familles royales. Autant était terrifiante la soumission des Thaïlandais se jetant littéralement à terre au passage des suzerains, quitte à être piétinés par une princesse insouciante de 23 ans, autant était noble et beau le geste de chacun des membres de la famille royale khmère d’immédiatement se pencher pour empêcher que la prosternation aille jusqu’à une position pouvant être interprétée comme humiliante. Que la monarchie siamoise s’appuie encore sur un article presque inique de la Constitution pour punir de quinze ans d’emprisonnement le crime de lèse-majesté qualifiant comme tel le moindre manquement de respect pourrait en dire long sur «l’attachement» prêté à ce peuple envers la famille royale comprise dans sa formation la plus large. Au-delà des codes protocolaires et de fondements religieux très similaires, l’esprit m’a semblé bien diffèrent selon qu’on était sur les bords de la Chao Phraya ou du Tonlé Sap.

J’avoue, a ce terme de la délivrance mémorielle, avoir été profondément marqué par la révolte des «chemises rouges» qui, à Bangkok, ont au printemps 2010 tenu deux mois durant le cœur de cette gigantesque mégalopole […] Des échoppes campagnardes étaient improvisées aux différents carrefours du centre financier et commercial du pays, les parfumant de senteurs variées de la cuisine de l’Issan, considérée au nord-est de la Thaïlande comme la partie la plus pauvre du pays. On y retrouvait le naturel, la gentillesse et la gouaille des gens de cette région, qui ignoraient encore qu’ils étaient déjà les victimes de cette immense mascarade. Une atmosphère amicale, bigarrée et joyeuse s’en dégageait, qui me rappelait mai 68 à Paris, du moins dans sa partie monôme. Ce déploiement sauvage prenait un aspect profondément émouvant dans un pays autrement rivé sur d’institutionnelles pesanteurs et de notoires restrictions de liberté. Les images d’Epinal entretenues sur ce premier pays d’Asie à s’être ouvert au tourisme occidental de masse cachent de plus en plus difficilement les injustices, les déséquilibres, les exclusions qui en sont la réalité. La manifestation s’acheva dans le drame qu’annonçaient immanquablement les mesures de sécurité extrêmes prises pour la circonscrire. Comme si quelques dizaines de milliers de Bretons ou d’Auvergnats, descendus de leur province, avaient occupé, pour un Fest-noz magistral, soixante jours durant le centre de Paris, de la gare du Nord au Luxembourg, en érigeant des barricades et en veillant à faire la fête dans cet espace ainsi délimité. La réponse du gouvernement a été d’entourer le «foyer d’insurrection» de vingt mille soldats équipés lourdement comme s’ils partaient en campagne en Afghanistan et de les mettre en faction soixante jours durant sous une chaleur de plomb. Il était dès lors inévitable, faute de négociation ou d’utilisation de forces policières de proximité entrainées à cet effet, qu’une répression sanglante s’abatte, faisant plus de quatre-vingt-dix morts. Mais comme a l’habitude, aucune responsabilité ne fut et ne sera sans doute jamais retenue. Ainsi va depuis des décades la Thaïlande. Son sort se joue chaque fois dans un théâtre d’ombres ou des politiciens puissants et souvent masqués s’arrangent toujours pour retarder l’éclosion pourtant si nécessaire de l’aggiornamento siamois. Faute d’imagination et de générosité, les classes nanties de Bangkok épuisent à satiété des réflexes de défense d’arrière-garde sans avoir conscience qu’elles sapent les fondements même de l’institution royale qu’elles prétendent défendre.

Pages 175, 176, 177, 178 du livre «De Phnom Penh à Abidjan» de Gildas Le Lidec

Couverture du livre «De Phnom Penh à Abidjan»

Couverture du livre «De Phnom Penh à Abidjan»

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